00:00La France est un pays socialement et politiquement singulier,
00:04ce n'est pas la première fois qu'on se pose la question
00:05et tout le monde l'aura observé.
00:08Et c'est un pays où on crie toujours avant d'avoir mal.
00:11Parce que ce qui est terrible, c'est que cette journée d'action demain,
00:14de mobilisation du 18 septembre,
00:16elle a été organisée il y a quelques temps maintenant,
00:18mais pour contester la politique et le budget
00:21qui était préparé par M. Bayrou.
00:23Bayrou a été mis dehors par le Rassemblement National et la gauche
00:28et est arrivé un nouveau Premier ministre
00:31qui vient avec de nouveaux arguments.
00:35Un nouveau Premier ministre, attendez, les Français vont défiler,
00:38comme vous l'avez dit, peut-être un million de Français dans la rue.
00:42On ne connaît pas son gouvernement, ce Premier ministre,
00:44on ne connaît pas son projet de budget.
00:46Il n'a rien dit pour l'instant.
00:47Il n'a rien dit, il a fait quelques petites avancées sur les deux jours fériés,
00:51ça c'est sûr qu'ils ne vont pas être supprimés,
00:54sur les avantages acquis et à vie des Premiers ministres
00:58et puis ce soir aussi, il écrit une lettre au maire
01:02et ça c'est très important parce que les maires étaient très inquiets
01:04de la réduction de leur dotation par M. Bayrou et par M. Barnier avant lui d'ailleurs.
01:10Mais donc à peine arrivé, Sébastien Lecornu est déjà pris en tenaille ?
01:13Alors il est pris en tenaille, il est pris en tenaille par deux Frances,
01:17comme dirait M. Retailleau, la France qui s'engage et la France qui enrage,
01:22c'est-à-dire la France d'un côté qui veut payer moins d'impôts,
01:26qui veut moins de lois, moins de normes,
01:30et puis de l'autre côté une France qui elle veut justement avoir plus de pouvoir d'achat
01:35et souvent ça passe par des hausses d'impôts.
01:37Mais la réponse, elle est pour Sébastien Lecornu, elle n'est pas sociale là,
01:42elle est politique et là il est pris en tenaille par deux partis,
01:46évidemment pas la France insoumise qui a déjà dit qu'il voulait sa tête,
01:51pas le Rassemblement National qui a dit la même chose,
01:54mais par le Parti Socialiste et le Rassemblement National.
01:59Alors je vous invite à écouter les uns et les autres,
02:01on va commencer par le Parti Socialiste par exemple.
02:07On verra bien ce qu'il répond à l'issue de ses consultations,
02:11pour l'instant nous sommes restés sur notre faim
02:12et nous verrons bien ce qu'il a à nous dire dans les prochains jours,
02:16si dans les prochains jours nous sommes réinvités à Matignon
02:18et évidemment nous reviendrons à Matignon
02:20parce que nous voulons savoir ce que le Premier ministre a à dire,
02:24non seulement à nous mais aux Français.
02:25Et alors ça c'était ce matin à la santé de Matignon
02:28et M. Retailleau ce matin aussi au micro d'Apolline de Malherbe dit ceci.
02:33La différence qu'on a dans ce fameux socle commun à LR,
02:38c'est que nous n'appartenons pas à la majorité présidentielle.
02:42On est venu au gouvernement pour éviter le pire et les pires.
02:46Le pire c'était le chaos et les pires c'était la gauche mélanchonisée.
02:51Alors comment faire ?
02:52Un de ses conseillers de M. Lecornu ce matin me disait
02:55qu'il avait le couteau sous la gorge.
02:58Pendant qu'un autre conseiller disait il va falloir qu'il sache twister.
03:02Vous connaissez Eddie Mitchell, John Lydon,
03:06twist again, Eddie Cochrane évidemment.
03:08Alors il faut que notre Premier ministre Sébastien Lecornu
03:11qui n'est pas du temps du twist,
03:14il va falloir qu'il twist entre les deux.
03:16M. Fort est arrivé fort, si je puis dire,
03:21d'un sondage qu'il avait commandé à l'IFOP
03:23ou alors là ça fait plaisir à Mélanie.
03:25À Amélie.
03:26À Amélie pardon, qu'est-ce que je dis ?
03:27C'est joli aussi mais c'est pas le droit de me tromper.
03:30Qui dit que la taxe Zuckman c'est très bien,
03:33une grande majorité de Français la veulent, ce qui est vrai.
03:36Qui veulent revenir sur les retraites, ce qui est vrai aussi.
03:39Enfin plein de mesures sociales et qui lui donnent raison.
03:43Et puis de l'autre côté vous avez M. Rotaillot qui dit
03:47non non pas question, nous on s'en va si c'est ça
03:50parce qu'il faut aussi des mesures anti-immigration.
03:52Comment est-ce que Sébastien Lecornu peut sortir de cette nasse ?
03:56Alors c'est une chose à laquelle on n'a pas beaucoup pensé.
03:59Mais Sébastien Lecornu, il va avoir du mal à sortir de cette nasse.
04:03Pourquoi ?
04:04Parce qu'il y a des municipales ma chère Elsa, bientôt.
04:08Et ces municipales, ces élections municipales,
04:12les LR et les socialistes sont très forts,
04:15très représentés dans les municipalités,
04:17les 35 000 municipalités de notre pays.
04:19Les LR, à mon avis, ils peuvent s'en sortir tout seuls
04:23la plupart du temps.
04:26En revanche, les socialistes,
04:28et vous aurez remarqué qu'il y avait Mme Johanna Roland
04:30avec la délégation socialiste, maire de Nantes.
04:32Il y a plein de villes.
04:34S'ils ne sont pas alliés avec le reste des formations de gauche,
04:39ils les perdent.
04:40C'est Paris, c'est Marseille.
04:41Enfin ils les perdent, ils peuvent les perdre.
04:43Paris, Marseille, Rennes, Nantes, Lille.
04:46Et d'autres encore, beaucoup d'autres.
04:48Donc c'est pour ça que je ne vois pas les socialistes aujourd'hui
04:53se dire, on donne quittus au Premier ministre.
04:58Abélie, Elsa.
04:59Deux remarques pour répondre à la question de la chronique d'Yves.
05:02Une manifestation demain, pour quoi faire ?
05:04Pour avertir, c'est un avertissement.
05:06Le Premier ministre dit, on va faire de la rupture.
05:08C'est bien, mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient.
05:11Bon, je pense que les Français demain vont avertir le gouvernement
05:14pour leur dire, attention, une rupture, il doit y avoir.
05:16Par ailleurs, Yves, vous disiez que la France crie peut-être avant d'avoir mal,
05:20mais ce n'est peut-être pas pour rien.
05:21Nous sommes 27e au classement mondial du bonheur brut par habitant.
05:25C'est peut-être pas mal de crier avant d'avoir mal, pour avoir moins mal ensuite.
05:29Même quand on est heureux, on crie quand même.
05:32Alors moi j'enfoncerai le clou.
05:33Yves est habitué à être pris en tenaille entre Amélie et moi.
05:37J'adore ça.
05:38On le voit, on le voit.
05:39Mais je pense que très traditionnellement, un rapport de force, ça se construit.
05:44Il n'y a pas de politique.
05:45Sans rapport de force, c'est à ça que ça sert de sortir dans la rue.
05:48Alors ce qui va être intéressant, c'est de savoir comment on va répondre Sébastien Lecornu.
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