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Anne Fulda reçoit Vanessa Schneider pour son livre «La peau dure» dans #HDLivres

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00:00bienvenue bienvenue à l'heure des livres Vanessa Schneider on est ravis de vous recevoir alors
00:05vous êtes journaliste une plume connue vous êtes également écrivain essayiste alors on a entendu
00:12parler beaucoup de votre roman tu t'appelais Maria Schneider qui a été traduit dans de nombreuses
00:18langues qui a été adaptée au cinéma et là vous venez de publier un livre qui est une sorte d'enquête
00:22de quête personnelle sur votre père qui était Michel Schneider un très beau livre qui s'appelle
00:28La peau dure qui est paru chez Flammarion c'est un livre d'amour lucide sensible intense sans
00:35concession c'est pas la première fois que vous écrivez sur votre famille votre deuxième livre
00:40était sur votre famille déjà sur la famille de la mère de votre père écrit sur votre cousine donc
00:45Maria Schneider mais ce livre sur votre père on a l'impression qu'en fait il devait être écrit
00:51c'était quelque chose que vous aviez en vous probablement depuis longtemps non oui oui depuis
00:56longtemps en fait j'ai su j'ai perçu assez tôt pas enfant évidemment mais dès l'adolescence que
01:02mon père était un personnage assez atypique et du coup romanesque de par son histoire parce
01:07qu'il avait eu cette enfance effroyable dont on avait un peu des bribes avec une mère alcoolique
01:12un père dont il appris qu'il n'était pas son père je savais ma mère me disait qu'il s'était
01:18rencontré il est habité tout seul à l'hôtel quand il avait 14 ans une déchéance sociale aussi très forte la
01:24pauvreté et puis son parcours il a fait un parcours après académique assez remarquable donc il y avait
01:31cette enfance et cette histoire qui était très particulière avec aussi l'exil de sa famille qui
01:38venait de Roumanie par sa mère et puis son caractère qui était haut en couleurs à la fois c'était
01:44c'était quelqu'un qui était à la fois brillant et sombre qui était colérique imprévisible donc oui j'ai
01:53j'ai toujours su que c'était un personnage après il ya une phrase un petit peu décisive qui m'a dit
01:59parce qu'entre autres métiers il était psychanalyste et un jour c'était une quinzaine d'années avant sa
02:05mort il était très très fier de sa formule il avait beaucoup de formules mon père était très fier de
02:10sa formule et il me dit nous sommes la première génération à avoir à la fois tuer le père et le
02:15fils avoir fait en somme toute table rase et des ascendants et des descendants et là je me suis
02:20dit oh c'est incroyable de formuler les choses comme ça une forme d'affranchissement incroyable parce
02:25que j'imagine vous le dites d'ailleurs il est psychanalyste votre mère était aussi donc bon vous savez ce que
02:31c'est tuer le père vous n'êtes pas choqué par la formule mais tu es le père et le fils c'est ça la
02:36transgression ultime ça c'était la transgression ultime et surtout j'ai ce qui m'a ça m'a donné
02:41envie de creuser ce qui au delà de sa singularité à lui était aussi quelque chose de générationnel
02:47c'est à dire que c'est vrai que c'est une génération d'hommes mon père il est né en 44 on appelle les
02:53baby boomers qui ont connu vraiment la prospérité les trente glorieuses qui ont pas eu à chercher du
03:00travail qui ont connu la liberté sexuelle sans le sida qui s'est affranchie de beaucoup beaucoup de
03:09choses une espèce de génération béni des dieux et qui a occupé après les postes de pouvoir et qui
03:15n'ont pas voulu les lâcher alors génération béni des dieux et en ce qui concerne votre père génération
03:19qui était maoïste le petit livre rouge avait sa place chez vous avant effectivement de se glisser
03:26avec bonheur dans dans les appareils du pouvoir tout en gardant une forme d'intégrité mais quand
03:32même c'est ce qu'on a beaucoup reproché à ces à ces gauchistes alors mon père comme beaucoup
03:37d'hommes de sa génération a fait a eu cet engagement révolutionnaire à l'extrême gauche il faut se
03:44resituer aussi dans le contexte de l'époque où on savait pas tout ce qui se passait les horreurs des
03:50régimes communistes et de ce qui se passait en chine en tout cas là juste après les années 68 donc
03:57oui mon père s'est engouffré dans cet engagement en plus dans une un groupuscule particulièrement dur
04:02et radicale et puis après ben voilà après les années 80 il y a eu cette espèce de bascule dans la société
04:12de marché où tout d'un coup et c'était très troublant en fait en tant qu'enfant parce que on on nous
04:18éduque selon des tout un tas de règles de principes nous on n'avait pas le droit d'austérité d'ailleurs alors
04:24alors tout à fait oui d'austérité et puis on avait de la société de consommation la société de
04:30consommation pouvait pas consommer des produits américains aussi parce que c'était un peu le diable
04:34les états unis ont voilà on jouait avec des jouets en bois pas de plastique il y avait une dimension
04:40aussi écologique on nous racontait les histoires du président mao et puis en fait à une vie à une
04:47vitesse quand même assez rapide puisque en quelques années j'ai vu mon père non seulement abandonner
04:54toute illusion utopique mais trouver finalement que les états unis c'est formidable
05:00et que l'économie de marché finalement on s'en accommodait bien et donc c'est je trouvais que
05:08c'était quelque chose d'intéressant aussi à explorer d'un point de vue sociologique voilà
05:13alors il ya sa carrière et puis à ses comportements de d'hommes de père et vous reviennent des souvenirs
05:19assez d'ailleurs accompagné parfois de cauchemars assez inquiétant par exemple il vous souvenez qui vous
05:25un jour il vous a perdu dans la forêt il était en balade avec vous et que vous vous êtes
05:30perdu une autre fois il ya eu un accident de voiture assez oui il dit je suis ébloui je suis
05:36ébloui et il ne freine pas s'arrête pas c'est un peu effrayant de découvrir des aspects comme ça
05:44parce qu'il était à la fois très aimable au sens de vont être aimé et il avait des côtés détestables
05:49et presque effrayant oui alors c'était cruel aussi parfois dans ses dans ses phrases et puis quelque
05:55chose en effet de quoi je pense que mon père il y avait quelque chose qui n'avait jamais été réparé de
06:00son enfance donc il y avait une souffrance qui restait très à vif il avait en effet un côté noir avec je
06:07pense des pulsions un peu autodestructrice et destructrice et c'est vrai que c'était grandir auprès
06:14d'un homme comme ça c'est très inquiétant parce qu'on sait jamais sur quel pied danser exactement on
06:22savait jamais quand est ce qu'il allait se fâcher quand est ce qu'il allait il faisait des choses très
06:28imprévisibles donc oui ça donnait un rapport au monde et aux autres un petit peu un petit peu
06:35inquiétant oui parce que c'était et en même temps ça pouvait être un père très câlin avec qui on échangeait
06:41beaucoup qui pouvait faire des blagues oui avec qui faisait de la cuisine avec nous pas très bien
06:46mais bon voilà qui qui aimait ses enfants mais il savait pas faire en fait il savait pas faire il
06:51avait pas de comme il lui-même avait pas été élevé par des parents c'était quelque chose de très flou
06:57pour lui en fait tout ça alors et puis bien sûr il y a il y a les livres qui sont très présents les
07:02livres qui l'ont qui l'ont aidé à survivre d'une certaine façon quand il était enfant les livres dont il a
07:06besoin c'est quelque chose et puis un amour des livres de la lecture de l'écriture qui vous a
07:11transmis néanmoins et vous le racontez quand vous vous commencez à écrire et que vous devenez
07:17romancière et non plus essayiste alors ça ça devient compliqué oui et c'était très inattendu en fait pour
07:22moi parce que je me suis mis à écrire assez tard sur la famille mais c'était pas tant le sujet qui
07:27le dérangeait c'était que pour lui c'était sa place en fait donc il était non seulement il était
07:32haut fonctionnaire il était psychanalyste quand j'ai commencé à être journaliste il s'est mis à écrire dans
07:37les journaux quand mon frère est devenu enseignant il s'est mis aussi enseigné ponctuellement bon après
07:42ça là ça lui a pas tellement plu et en effet comme il avait lui énormément publié mais on faisait des
07:48choses très différentes qui n'avaient rien à voir l'un avec l'autre ça a déclenché une une colère qui
07:54était une peur quoi il s'est senti vraiment menacé et pour moi ça a été quelque chose de très
08:00douloureux et très incompréhensible parce que je voyais autour de moi des des amis qui suivaient le
08:07chemin professionnel de leurs parents et généralement les parents sont assez fiers quand on de transmettre
08:13le goût d'un métier à ses enfants et et moi il le voyait pas comme ça c'était et c'est allé très très
08:19loin parce que il m'a même demandé de changer de nom à une période il y avait il y a eu une période où
08:25c'est devenu très parochistique et alors bon alors votre livre s'appelle la peau dure c'est un très
08:31joli titre alors la peau dure c'est ce que dit votre père il dit j'ai la peau dure lorsque la fin de sa
08:36vie il veut vous rassurer en disant ne t'inquiète pas j'ai la peau dure et finalement il y a un joli
08:41passage dans la liste des choses que vous énumérez que vous a légué ou que vous a appris votre père il
08:47y a pêle-mêle la recette de lapis saladière la liberté le goût des mots évidemment l'indépendance
08:51caravive et il y a aussi la peau dure finalement vous ressemblez pas mal oui je pense et puis je
08:57pense que pour résister à un homme comme ça qui prenait énormément de place qui était aussi
09:02autoritaire qui était très impressionnant il a fallu aussi oui se construire une carapace
09:10donc quelque part je la partage avec lui cette peau dure oui en tout cas c'est un très beau livre très
09:15bien écrit ça c'est vraiment je vous le conseille ça s'appelle la peau dure c'est paru chez flammarion
09:20merci beaucoup vanessa chenner merci beaucoup anne
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