Une journée de mobilisation est prévue le 18 septembre à l'appel des syndicats. Selon une source policière à BFMTV, elle devrait être plus suivie et "moins politisée à gauche". Fraichement nommé Premier ministre, Sébastien Lecornu doit faire face à une colère sociale qui traverse les quatre coins du pays.
00:00Ça ne vous rappelle pas le conclave que le précédent Premier ministre avait convoqué.
00:05On sait ce qu'il en est sorti.
00:06Alors c'est vrai qu'il y a des colères partout, là.
00:08Vous savez, vous avez vu hier le Contou, qui était d'origine incertaine.
00:12Le 18, il y a un appel à la grève générale de la part des syndicats.
00:17Vous avez aussi d'autres mouvements, comme le mouvement piloté par Alexandre Jardin.
00:23Les Gueux.
00:23Les Gueux, vous avez plein de mouvements.
00:25Et à cela, le Premier ministre, le nouveau Premier ministre, le jeune Sébastien Lecornu,
00:31dit la rupture, je vais engager des ruptures, rassurez-vous,
00:35je vais essayer de réconcilier la société civile, la vie réelle avec la vie politique,
00:42et on va y arriver.
00:43Le seul problème, c'est que toutes ces colères, elles émanent de personnes qui veulent une chose,
00:49c'est le départ du Président de la République.
00:52Ils ne peuvent plus le voir en peinture, si vous me permettez l'expression.
00:56Et le pauvre Premier ministre, dans les sondages, il arrive avec une cote détestable.
01:0369% des Français disent, ça ne va rien changer, on ne veut pas de lui.
01:08C'est un sondage notamment d'Odoxa pour le Figaro.
01:11La seule chose pour Le Cordu qui va être très difficile, c'est que ces colères,
01:18elles ne disent pas toutes la même chose et elles ne revendiquent pas toutes la même chose.
01:23On en a été témoins tous les deux, Maxime, mardi soir, lors d'une émission qui s'appelait Le Forum.
01:28Dans Le Forum, regardez.
01:30Je vois qu'on a un Président de la République, un bout en train qui va en guerre.
01:34Nous, notre véritable guerre, c'est de remplir les frigos de chaque Français.
01:37Il aurait dû respecter le choix des Français et voter la cohabitation.
01:40J'en attends absolument rien.
01:42C'est la continuité de Macron.
01:43Et Macron n'a pas compris.
01:45Et moi, je pense qu'ils le mettent ce soir.
01:47C'est une provocation populaire.
01:48Arrêtons avec les constats et les constats.
01:50Chacun fait son constat, mais personne n'agit.
01:53Arrive à un moment, il va falloir qu'on mette quelqu'un à la tête de ce pays qui est capable de bosser.
01:58Je n'attends absolument rien du Premier ministre.
02:00Par contre, j'aimerais beaucoup m'adresser au Président et il faudrait qu'il parte.
02:04Voilà, c'est surtout ça la solution.
02:06Vous voulez dire, Yves, que la France est plus divisée que jamais ?
02:09Elle est complètement divisée.
02:10Vous avez, en gros, deux types de colère pour schématiser.
02:14Vous avez une colère qui est une colère qui dit anticapitaliste, qui est décroissante,
02:23qui est une colère contre les riches, qui est une colère aussi contre le système en général.
02:29C'est ce que j'appellerais la colère insoumise, pour faire vite.
02:32Et puis en face, vous avez une autre colère, qui est une colère justement qui dit moins d'impôts, moins de normes, arrêtez de nous emmerder, qui est une colère anti-émigrationniste aussi.
02:43Et donc, c'est ce que j'appellerais une colère nationaliste.
02:46Et alors, ces deux Frances, elles sont inconciliables.
02:49Ces deux colères sont inconciliables.
02:51Et elles sont, la seule chose qu'elles ont en commun, c'est qu'elles détestent le président de la République et qu'elles réclament son départ.
02:58Et vous savez, il y a une phrase que j'aime beaucoup qui dit, les ennemis de mes ennemis sont mes amis.
03:03Et bien, c'est exactement ce qui se passe entre cette France insoumise et cette France nationaliste.
03:08Alors, le premier ministre, il va avoir du mal, si vous voulez, à être face à eux, parce que ces deux Frances-là, dans les urnes, eh bien, elle est majoritaire.
03:19C'est plus d'un Français sur deux qui, en 2024, lors des élections législatives, a voté pour l'un ou l'autre de ces deux colères.
03:29Mais au milieu de tout ça, que peut faire Sébastien Lecornu ?
03:32Eh bien, pas grand-chose. Pas grand-chose.
03:34Parce que cette vague populiste, elle vient de loin. Il en hérite.
03:38Depuis 40 ans, ces 40 ans d'impuissance du personnel politique, et j'allais dire, j'allais ajouter aussi, de promesses non tenues et parfois d'incompétence.
03:49Donc, si vous voulez, il y a un tel ressentiment que ce qu'ils veulent, c'est faire exploser, et l'un et l'autre, ils veulent faire exploser le système.
04:00Donc, ça ne se résoudra que d'une façon, me semble-t-il, c'est avec l'élection présidentielle, qu'elle soit anticipée ou pas, qu'elle se tienne en 2027,
04:11mais à une condition, c'est qu'il y ait un homme ou une femme, je ne sais pas qui, qui, comme le général de Gaulle en 1958, vous savez,
04:18c'était la crise, un peu comme aujourd'hui, eh bien, arrive et emporte le pays pour le rassembler et pour qu'il aille, pour lui éviter la faillite.
04:28Parce que là, la faillite, elle sera peut-être économique, mais elle est aussi politique.
04:32Réaction Elsa Amélie.
04:34Eh bien, je partage le pessimisme de Yves, le pessimiste.
04:38Non, mais ce qui est bien, c'est que Yves nous a dit tout à l'heure, non, non, mais vous inquiétez pas, il y aura une autre positive.
04:41Une autre positive, je ne l'avoue pas, une autre positive, et à la lecture...
04:45Si on a quelqu'un qui arrive en 2027...
04:46Ah oui, c'était ça, la positive.
04:48Alors, écoutez Yves, j'ai bien du mal à voir comment nous allons tenir de cette façon pendant encore un an et demi,
04:55si élection présidentielle est anticipée, il n'y a pas.
04:58Il pourrait y avoir avant.
04:59Il me semble qu'il y a quand même une demande qui transcende l'ensemble des partis, en tout cas, l'ensemble des électeurs,
05:05c'est celle de la restauration du fonctionnement du service public.
05:08Je pense que là-dessus, il y a un consensus pour que l'État fonctionne encore.
05:12Les Français ont un rapport très particulier à l'État qui nous protège, qui est notre interlocuteur privilégié.
05:17Il y a cette attente partout.
05:18Mais ça, il y a une condition à ça. Il faut de l'argent.
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