00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h40, est-ce que le mouvement Bloquons Tout Demain a des points communs, je vous le disais, avec les Gilets Jaunes de 2018 ?
00:12Nous sommes avec l'une des figures de l'époque, Maxime Nicole, qui est avec nous. Bonjour Maxime Nicole.
00:20Bonjour.
00:21Est-ce que vous allez participer à ce mouvement du 10 septembre ?
00:26Alors participer, j'y participe d'une certaine manière, puisque je diffuse des informations concernant ce mouvement, depuis que j'en ai pris connaissance.
00:33Après, je vais y participer de deux manières. Une manière qui sera en dehors des réseaux et en dehors de la médiatisation,
00:40puisqu'on a vu pendant le mouvement des Gilets Jaunes ce que ça coûtait de se mettre dans les rues et d'aller face à la police et de subir la réponse de répression d'État.
00:50Et une deuxième participation qui sera celle qui était l'appel de base de ce mouvement, c'est-à-dire le boycott, le retrait de son argent en liquide
00:58et l'utilisation de tous les moyens possibles pour montrer sa contestation.
01:04Donc les grèves, les diffusions d'informations sur les ronds-points, les blocages de sites qui sont un petit peu critiques pour le gouvernement,
01:12le fait d'aller voir ces élus et de ne pas les laisser tranquilles concernant le quotidien des gens qui sont en train de plus en plus de tomber dans une situation compliquée.
01:24C'est d'ailleurs ce qu'on... Vu que la question c'est y a-t-il des rapports ou des liens avec le mouvement des Gilets Jaunes, c'est ce qu'on peut constater.
01:30Oui, c'est ça. Quels sont les points communs forts pour vous, Maxime Nicole, entre ce mouvement demain et le mouvement des Gilets Jaunes,
01:38qui était un mouvement très spontané, alors que là, on a l'impression que c'est plus organisé quand même ?
01:43Il y a plusieurs points communs. La première chose que je pourrais dire, c'est que comme le mouvement des Gilets Jaunes,
01:49les médias ont été pris de court, l'État a été pris de court, puisque c'était sorti un peu de nulle part.
01:54Et donc les mêmes méthodes sont utilisées que celles qui ont été utilisées pendant le mouvement des Gilets Jaunes.
01:58On essaie de trouver des têtes, on essaie de stigmatiser la personne qui aurait lancé ce mouvement
02:03sans essayer de comprendre pourquoi les gens sont dans la rue
02:06ou pourquoi les gens vont contester toutes les mesures du gouvernement et veulent un changement radical.
02:11Je précise quand même qu'au début du mouvement des Gilets Jaunes,
02:14on était quand même plusieurs à aller sur les plateaux de télé et à demander la démission d'Emmanuel Macron.
02:19Aujourd'hui, la démission d'Emmanuel Macron est remise sur le tapis.
02:22On a le vote de confiance qui a donné un résultat qui est très probant.
02:26Personne ne veut de ce gouvernement et personne ne veut de cette politique.
02:29Le deuxième point commun, c'est le fait que ce mouvement soit complètement hétéroclite.
02:35C'est-à-dire que ça touche toutes les classes sociales.
02:37Moi, j'ai des patrons d'entreprise qui m'envoient des messages en disant
02:40« Je ferme mon entreprise le 10 septembre, je donne des jours à mes employés, je fais grève,
02:44je participe au blocage, etc. »
02:46Ça touche les classes médianes, ça touche les CSP, CSP+, les patrons de TPE, PME.
02:51Ça touche toutes les personnes qui étaient dans le mouvement des Gilets Jaunes,
02:54mais de façon plus globale.
02:56On voit plus de 60% des Français qui veulent la démission d'Emmanuel Macron.
03:00On voit plus d'un Français sur deux qui soutient ce mouvement,
03:03en tout cas sous la forme de boycott et de grève.
03:09On arrive à un moment où les gens ont vu ce que les Gilets Jaunes ont subi,
03:13ont eu le temps de regarder pendant sept ans quel était le retour
03:17et les décisions qui avaient été prises au niveau politique.
03:19Et on se rend compte que c'est toujours les mêmes qui vont trinquer,
03:22c'est-à-dire le peuple français.
03:23Peu importe s'ils sont pour ou contre ce mouvement,
03:26c'est toujours les mêmes qui payent des factures,
03:27c'est toujours les mêmes qui vont devoir faire des efforts, serrer la ceinture.
03:30Pendant que dans le même temps, on a des politiques qui s'adressent à nous,
03:33comme des enfants, en costard-cravate, en mangeant du homard,
03:37en prenant des avions de luxe, en se baladant à droite, à gauche...
03:40Oui, bon, mais après, ça c'est une image, certains diront caricaturale,
03:46que c'est aussi une responsabilité peut-être collective, Maxime Nicole.
03:51Est-ce que, d'ailleurs sur un plan politique, puisque vous l'abordez,
03:55est-ce que c'est un mouvement plus de gauche ou de droite ?
03:59Parce que certains disent que c'est la gauche radicale qui est derrière.
04:03Alors c'est exactement ce dont je vous parlais au début de l'entretien,
04:05c'est-à-dire que les médias essayent de trouver d'où viendrait et de quelle partie viendrait ce mouvement,
04:09par quel mouvement a été appuyé ce mouvement.
04:11Sauf que ce mouvement se veut appartisan.
04:13C'est aussi un autre des points communs du mouvement des Gilets jaunes.
04:16Donc forcément, il y a des tentatives de récupération, de la droite comme de la gauche.
04:20Mais je pense que les gens, et c'est encore quelque chose qui n'est pas du tout caricaturel et qui se démontre,
04:26le mouvement majoritaire français, c'est l'abstention de vote blanc.
04:29Donc c'est ni de droite ni de gauche.
04:30Les gens aujourd'hui qui ne veulent plus d'Emmanuel Macron, la plupart sont des gens qui sont appartisants.
04:35Mais ils l'ont réélu, ils l'avaient réélu quand même.
04:39On peut toujours discuter de ça, mais réélu avec combien de gens qui ont voté ?
04:43Quelle majorité est-ce que ça représente ?
04:44Aujourd'hui, on a quand même un président qui a le taux le plus bas de confiance populaire.
04:49Et on est à une deuxième étape d'un des plus grands mouvements sociaux.
04:54Donc est-ce que ça, il faut le prendre en considération ?
04:56Ensuite, vous parlez de caricature.
04:57Je pense qu'effectivement, quand on regarde nos politiques en France comme à l'étranger aujourd'hui, c'est très caricatural.
05:03Ce n'est plus du tout des politiciens.
05:05Quand vous avez des gens comme Bayrou, quand vous avez des gens comme Macron qui prennent les gens de haut,
05:09tout en profitant des privilèges dont ils sont propriétaires utilisateurs,
05:15et qui sont financés par l'argent public, je pense que les gens à qui on demande de faire des efforts,
05:21et là je pense à toutes les personnes qui sont impactées par les mesures sociales et économiques qui sont prévues,
05:26toutes ces personnes-là trouvent ça très caricatural effectivement d'avoir des politiques aujourd'hui qui sont aussi ridicules, je pense.
05:34Maxime Nicole, certains ne sont pas, comme à l'époque des mouvements des Gilets jaunes, comprennent,
05:43mais on craigne la violence.
05:45Qu'est-ce que vous leur répondez ?
05:47Je leur réponds, je pense que, vous savez, la violence qui a été montrée par les caméras pendant les manifestations,
05:54elle a été vécue différemment de ceux qui regardaient la télévision et qui voyaient des poubelles brûlées et des affrontements de rue,
06:00et ceux qui étaient dans les manifestations.
06:01Moi j'en fais partie, ceux qui étaient dedans, j'ai été plusieurs fois en garde à vue,
06:05plusieurs dizaines de fois en garde à vue, j'ai été violenté, matraqué,
06:09et pourtant j'ai jamais lancé un pavé sur un policier,
06:11et jamais été condamné à quoi que ce soit après une garde à vue, j'ai toujours été relâché sans suite.
06:15Donc la violence, effectivement, je pense que c'est très simple à comprendre,
06:20s'il n'y avait pas de violence d'Etat dans la vie des gens de tous les jours,
06:23qu'elle soit physique, psychologique, financière, économique,
06:26je pense qu'il n'y aurait pas de gens dans la rue tout simplement,
06:28et il n'y aurait pas de colère dans la rue, donc il n'y aurait pas de violence.
06:30Ensuite, quand vous voyez par exemple le dispositif qui avait été mis en place pendant les Gilets jaunes,
06:35c'était 90 000 policiers sur la ville de Paris,
06:37aujourd'hui, Rotailleux annonce 80 000 policiers mobilisés,
06:41plutôt que d'apporter une réponse,
06:42qui est celle de récupérer un peu sa souveraineté populaire,
06:46et de faire en sorte que les gens arrêtent de faire n'importe quoi
06:48quand ils sont élus avec nos institutions et notre argent public,
06:51et bien la réponse c'est 80 000 policiers,
06:53c'est les commandes de blindés que Macron avait faites,
06:5790 véhicules blindés Centaure,
06:59qui sont des véhicules anti-émeutes,
07:00c'est 65 millions d'euros de munitions de fusils d'assaut,
07:03c'est la création de la BRAVEM,
07:04c'est la création de la CRS-8,
07:06ça c'est des réponses d'État à une colère populaire.
07:09C'est vrai, mais en même temps,
07:11certains demandent à l'État aussi de les protéger s'il y a des problèmes,
07:15donc non mais après, je comprends vos revendications,
07:17et puis certains, on peut les comprendre aussi par rapport à ça.
07:20Un dernier mot, Maxime Nicole,
07:22qu'est-ce que vous devenez, ce que se demandent les auditeurs ?
07:25Alors les auditeurs, c'est très gentil comme question,
07:28mais la seule chose que les gens ont besoin de savoir,
07:30c'est que je ne touche pas d'argent public,
07:31je n'ai aucun lien de collusion avec des lobbies,
07:34et je ne suis attaché à aucun parti politique.
07:37Pour le reste, c'est de la vie privée,
07:38et en ayant été très médiatisé,
07:41et en sachant à quel point ça peut détruire une vie,
07:42je prends très soin de garder ma vie privée privée,
07:45tant qu'elle ne touche ni à l'intérêt de l'État,
07:47ni à l'argent public,
07:48ni à la politique de ce pays,
07:50en fonction effective, on va dire.
07:52Oui, bien sûr.
07:54Merci beaucoup,
07:55merci en tout cas d'avoir répondu à nos questions,
07:57Maxime Nicole,
07:58et demain, vous allez participer,
08:01vous l'avez dit quand même,
08:02à ce mouvement Bloquons-Tout,
08:04ce mouvement demain 10 septembre.
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