Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
L'avenir à Matignon de François Bayrou, et avec lui celui de son gouvernement, se joue ce lundi 8 septembre. Alors que le Premier ministre a prononcé un discours de politique générale, c'est au tour des oppositions de s'exprimer avant le vote de confiance des députés. En cas d'échec, François Bayrou ainsi que son gouvernement devront démissionner. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Alors que vous vous enfoncez dans la quatrième République, je vous appelle à revenir à la cinquième.
00:08Son texte nous renvoie à l'article 5 qui octroie au président de la République un pouvoir d'arbitrage
00:14et dans ce cadre à l'article 12 qui prévoit la dissolution de l'Assemblée nationale.
00:20La dissolution n'est pas un caprice, c'est un levier institutionnel pour sortir des blocages
00:27et permettre le fonctionnement démocratique, c'est-à-dire normal et fluide des institutions.
00:33J'entends dire ici et là qu'il n'y aura pas de dissolution parce qu'Emmanuel Macron n'y aurait pas intérêt.
00:40Mais ni les règles de la démocratie ni la Constitution ne prévoient que le président de la République agisse par intérêt.
00:49Il doit agir par devoir et en l'occurrence dans l'intérêt supérieur du pays.
00:57Et s'il dispose de pouvoir pour permettre l'exercice de la démocratie et le fonctionnement des institutions,
01:06c'est pour les mettre en œuvre quand la situation l'exige.
01:11Tout laisse penser juridiquement, politiquement, voire moralement,
01:15que la dissolution n'est donc pas pour lui une option, mais une obligation.
01:20Or, en dehors de la dissolution mécanique d'après-présidentiel ou de la dissolution ubuesque de 1997,
01:29le droit de dissolution à trouver dans l'histoire a s'appliqué dans plusieurs circonstances précises.
01:35En 1962, quand le gouvernement n'a pu disposer de majorité stable.
01:39En 1968, quand le pays fut soumis à une grave crise sociale et politique.
01:45Au regard de la pratique constitutionnelle, il n'est pas illégitime de dire qu'en ce 8 septembre 2025,
01:52il n'y a pas une condition remplie, mais deux, et même davantage.
01:58Un, le pouvoir législatif est paralysé par une absence de majorité.
02:01Deux, le pays connaît une crise sociale latente qui peut exploser à tout moment.
02:07Et trois, il connaît une crise financière, le tout dans un contexte international instable
02:13et avec une guerre aux portes de l'Europe.
02:16Cet état de fait devrait suffire à dissoudre.
02:20Un grand pays comme la France ne peut pas vivre avec un gouvernement de papier,
02:25surtout dans un monde tourmenté et dangereux.
02:28Dans un monde qui vit des révolutions technologiques
02:32et des basculements géopolitiques historiques
02:34qui réclament des décisions immédiates.
02:39En 2024, M. Macron n'a pas péché en prononçant la dissolution.
02:44Un président n'a jamais tort de s'en remettre au peuple.
02:48Le scrutin des Européennes de 2024 était à ce point accablant pour la majorité
02:53qu'il pouvait et même qu'il devait dissoudre.
02:56L'erreur d'Emmanuel Macron ne fut pas de dissoudre,
03:01mais sa faute fut entre les deux tours de consacrer son énergie présidentielle
03:07et celle de ses amis politiques à fausser le fait majoritaire d'alternance qui se dégageait.
03:14Après une présidentielle, il y a un fait majoritaire qui s'exprime naturellement aux législatives qui suivent.
03:25Personne n'y trouve rien à redire.
03:27Cela s'inscrit dans une logique institutionnelle bien ancrée
03:30et permet au pays d'être dirigé et gouverné.
03:33Mais il arrive qu'en cours de mandat présidentiel,
03:37une élection législative voie émerger un fait majoritaire d'alternance.
03:41Tout autant, celui-ci doit être respecté,
03:44même s'il annonce et impose au président une cohabitation.
03:47Avec tous ses défauts, François Mitterrand, alors président en 1986,
03:52a laissé se constituer une majorité alternative de droite.
03:56Il en fut de même pour Jacques Chirac en 1997,
04:01avec cette fois-ci une cohabitation socialiste.
04:04Ces deux cas montrent que le président de la Vème République
04:07a le devoir de s'effacer devant le vote populaire qui s'exprime.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations