00:00Il y a des moments politiques particuliers dans la petite histoire d'une mandature
00:04ou dans la plus grande histoire de la vie parlementaire d'un pays.
00:10Celui-ci en est un, c'est un moment de vérité.
00:13Le moment où les responsables sont contraints d'étaler le résultat désastreux
00:17de cinq décennies de gestion dispendieuse.
00:22Le spectacle piteux d'un effondrement pour le pays,
00:26d'un désastre pour les Français d'aujourd'hui
00:28et parce que les conséquences engagent les générations de demain pour la nation.
00:34Et c'est dans ces moments de crise, dans ces moments où le roi apparaît nu
00:38que se révèlent dans le naufrage des formations déconsidérées
00:41les petites et grandes lâchetés, les opportunismes honteux, les connivences cachées.
00:49Je n'aurais pas la cruauté de décrire les méprisables roucoulades
00:52d'aspirants ministres auxquels nous assistons.
00:55Ce que l'on retiendra surtout,
00:59c'est la solidarité inébranlable et malvenue d'anciennes forces politiques
01:05qui ont en commun le poids d'un bilan déshonorant
01:09et pour seul projet de se maintenir au pouvoir.
01:12Coute que coûte, quoi qu'il en coûte, dirait quelqu'un.
01:15Aujourd'hui, ne se joue pas le sort politique d'un homme
01:20qui sait que les exigences du combat politique dépassent évidemment les personnes.
01:26C'est l'honneur de la politique et c'est parfois la noble servitude que de l'accepter.
01:31C'est pourquoi je m'étonne que M. Bayrou ait pu, à un instant,
01:34croire que je pouvais lier ma décision de voter ou non la confiance à mon intérêt personnel.
01:38C'est mal connaître le Rassemblement national
01:43et c'est ignorer l'intensité de notre engagement exclusif au service de la France.
01:50Ce moment marque la fin de l'agonie d'un gouvernement fantôme,
01:55d'un gouvernement qui n'eut de gouvernement que le nom.
01:58En huit mois, des ministres, souvent invisibles ou transparents,
02:04n'ont été capables de produire que cinq textes législatifs,
02:08dont trois sur Mayotte en raison du dramatique épisode Shido.
02:13A l'évidence, le pays n'est pas gouverné.
02:16Est-il même seulement administré ?
02:20Dès lors, à quoi bon maintenir un gouvernement qui ne gouverne pas ?
02:23Les Français ne s'y trompent pas, puisqu'ils sont 60% à souhaiter la censure de ce gouvernement.
02:30Et vous, M. le Premier ministre,
02:32vous êtes si habitué à la déconnexion de la représentation parlementaire
02:36avec l'opinion que vous vous étonnez
02:38que les députés, dans leur majorité, puissent exprimer cette volonté populaire.
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