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  • il y a 4 mois
L'avenir à Matignon de François Bayrou, et avec lui celui de son gouvernement, se joue ce lundi 8 septembre. Dès 15 heures, le Premier ministre prononcera un discours de politique générale avant de faire face au vote de confiance des députés.

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Transcription
00:00En sauf énorme revirement, les députés devraient sceller à partir de 15h le sort du Premier ministre.
00:04Les oppositions sont toutes déterminées à le voir tomber.
00:07C'est une journée cruciale qui démarre.
00:09Comment va-t-elle se dérouler ? A quoi faut-il s'attendre ?
00:12Quels enjeux ? Pour quelles conséquences ?
00:14C'est le dossier du 8h.
00:15Avec Pauline de Saint-Rémy qui nous accompagne.
00:17Bonjour Pauline, directrice adjointe de la rédaction Politico et directrice de l'ouvrage
00:21La surprise du chef aux éditions de Noël.
00:23Et Dominique Rousseau est également avec nous.
00:25Bonjour, professeure de droit constitutionnel à l'université parien Panthéon-Sorbonne.
00:30Auteur de 6 thèses pour que la démocratie continue aux éditions, Odile Jacob.
00:35Je veux d'abord vous poser une première question.
00:38Dominique Rousseau, sauf surprise, sauf miracle, sauf coup de théâtre,
00:41François Bayrou deviendra le Premier ministre de la Ve République à tomber suite à un vote de confiance.
00:47Ce n'est pas une motion de censure, c'est un vote de confiance.
00:50Expliquez-nous les particularités de ce scrutin et comment va se dérouler cette journée.
00:53Vous avez raison, c'est le 42e gouvernement qui va demander la question de confiance
00:59sur la base du 49.1.
01:01Alors il y a trois alinéas, le 1, le 2 et le 3.
01:04Sur le 2 et le 3, c'est la motion de censure.
01:07Et pour renverser un gouvernement, il faut la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale.
01:13Donc plus de 289.
01:15En ce qui concerne la question de confiance, c'est le gouvernement qui demande aux députés
01:21de lui dire s'ils ont sa confiance ou pas.
01:25Et là, ce n'est pas la majorité absolue qu'il faut, c'est uniquement les votes pour, les votes contre et les abstentions.
01:33Ce qui fait qu'il est beaucoup plus facile de renverser un gouvernement sur le 49.1 que sur le 49.2 et le 49.3.
01:40C'est pour ça que les premiers ministres dont vous avez parlé jusqu'à présent n'ont posé la question de confiance
01:45que s'ils étaient sûrs d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
01:49Si l'on fait les comptes ce matin, mathématiquement, on est loin du compte.
01:53Pauline, le scénario semble écrit d'avance.
01:56J'imagine qu'il est lucide.
01:57François Bayrou, il s'en doute.
01:59Est-ce qu'il y a encore des enjeux cet après-midi et des enjeux aussi pour la suite ?
02:03Oui, d'ailleurs, les dernières prises de parole de François Bayrou,
02:05parce qu'il a beaucoup parlé ces derniers temps, ont montré qu'il ne se faisait plus beaucoup d'illusions.
02:10Il y a quand même, à mon sens, deux enjeux.
02:11Un enjeu personnel pour lui.
02:13À quoi va ressembler sa déclaration de politique générale ?
02:16D'habitude, on fait ça quand on vient d'être nommé et qu'on expose son programme.
02:20Là, selon toute vraisemblance, ça risque de ressembler à un discours d'adieu.
02:23Je pense que lui, ça n'est pas son intention de prononcer un discours d'adieu,
02:27parce qu'il a bien l'intention de continuer à exister dans la vie politique.
02:29Ça, c'est pour le cas personnel de François Bayrou.
02:31Et puis, il y a un enjeu un peu plus technique, mais en même temps très politique,
02:34en tout cas pour les semaines à venir.
02:37Dans le détail, combien de voix François Bayrou aura-t-il en sa faveur
02:41dans ce qu'on appelle le socle commun, c'est-à-dire chez les députés macronistes,
02:45au sens large, macronistes, philippistes, bayrouistes,
02:48et aussi au sein du groupe Les Républicains, qui a priori part très divisé.
02:52Il y aura au moins une bonne partie du groupe qui va s'abstenir.
02:55Si vous voulez, ça va en dire long sur l'équation politique actuellement
02:59à l'Assemblée nationale après huit mois de François Bayrou.
03:01Est-ce que Les Républicains sont toujours vraiment prêts à soutenir
03:04un gouvernement de coalition ? Et oui, lequel ?
03:06Le résultat, là, aujourd'hui, on estime qu'il y aura, selon les estimations
03:10qui varient un petit peu, entre 330 et 370 au plus large,
03:15vote contre François Bayrou sur 577 députés.
03:18Et est-ce que c'est ça ?
03:19Alors justement, est-ce que c'est ça qui va déterminer la suite ?
03:22Est-ce qu'Emmanuel Macron va regarder le détail du vote
03:25pour déterminer le successeur de François Bayrou ?
03:27Il le regardera certainement de près.
03:29En plus, il aime bien regarder les choses dans les détails.
03:32Donc je n'en doute pas.
03:33Ça sera un des facteurs pour la suite.
03:36Maintenant, j'entendais l'édito d'Arthur Berda tout à l'heure.
03:39On est encore totalement dans l'incertitude.
03:41À ce stade, on ne sait même pas s'il compte s'exprimer ce soir,
03:44s'exprimer un petit peu plus tard.
03:45On ne sait même pas si François Bayrou compte déposer sa démission ce soir.
03:48On se rappelle que Michel Barnier, quand il avait été renversé
03:50sur une motion de censure, ne l'avait pas fait le soir
03:52parce qu'il ne voulait pas qu'il y ait des images de nuit
03:54de lui allant à l'Élysée.
03:55Est-ce qu'il le fera demain matin ? Est-ce qu'Emmanuel Macron va très vite
03:58vouloir dire quelles sont ses intentions
04:00avant, par exemple, la journée du 10 septembre
04:03et le grand blocage ?
04:03Justement, Dominique Rousseau, pour la suite,
04:06on ne peut plus, si François Bayrou tombe,
04:08il ne peut plus nommer un Premier ministre
04:10issu du socle commun.
04:12Ça veut dire quoi ? Un Premier ministre de gauche ?
04:13Ça veut dire une nouvelle dissolution ?
04:15Ça va dépendre effectivement du nombre de voix
04:19qui se sont rapportées pour François Bayrou.
04:22Si il n'y a que 180-190 voix de confiance,
04:25ça veut dire que le socle commun n'existe plus.
04:28Et à ce moment-là, le président de la République
04:30pourrait, devrait essayer de faire avec l'autre partie
04:35de l'hémicycle, c'est-à-dire la partie gauche.
04:38Mais évidemment, la partie gauche n'a que 121 voix.
04:41Donc, on retombe sur le même problème.
04:45De sorte que la solution qui devrait finir par s'imposer,
04:50qu'on le veuille ou non, c'est la dissolution
04:51de l'Assemblée nationale.
04:53Alors, soit immédiatement, soit après avoir essayé
04:56un nouveau gouvernement qui lui-même se heurterait
04:59à une motion de censure sur le budget.
05:01Ce qui ressort quand même, l'impression qu'on a,
05:03c'est qu'Emmanuel Macron fera tout pour éviter
05:05la dissolution qu'il ne souhaite absolument pas.
05:07Tout simplement parce que si elle venait à donner
05:09des résultats qui soient les mêmes qu'il y a un an
05:11ou même pires pour lui, il serait alors vraiment
05:13en première ligne face aux Français.
05:15Et la question de sa démission se posera.
05:17Mais je voulais surtout préciser que,
05:18je pense que pour l'instant, il envisage
05:20de nommer un premier ministre du socle commun.
05:23Alors, à ce moment-là, il va à l'échec immédiatement.
05:25Les discussions qu'il y a en coulisses montrent
05:30que certains s'y préparent, comme Sébastien Lecornu,
05:32notamment le ministre des Armées,
05:32qui a passé des coups de fil tout le week-end.
05:33Et pour l'instant, ce n'est pas dans ses plans.
05:35Emmanuel Macron dissout de l'Assemblée nationale.
05:36Merci beaucoup à tous les deux.
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