00:00En France, l'un de ces nouveaux agents est suspecté d'avoir voulu commettre un attentat.
00:10C'était en juin 2024, là encore juste avant les Jeux Olympiques.
00:16Un russe formé à la manipulation d'explosifs aurait été envoyé en mission sur la zone de l'aéroport de Roissy.
00:30C'est clairement l'action la plus grave menée par les services de renseignement russe depuis le début de la guerre en Ukraine.
00:41Que s'est-il passé ?
00:46Dans cet hôtel, situé à 2 km des pistes d'atterrissage, le 3 juin 2024, une explosion retentit.
01:00« Ça vous dit rien le 3 juin ? Il y a eu une explosion ? »
01:05« Sans doute. »
01:06« Ça vous parle ? »
01:07« Sans doute. »
01:07« Vous êtes ? »
01:09« Journaliste. »
01:10« Ah, c'est la possibilité de réconciliation. »
01:12« Ah. »
01:12« Parce que c'est interdit. »
01:14« Qui ? »
01:14« Silence poli. Porte close. »
01:21Les gendarmes intervenus après l'explosion nous parlent sous couvert d'anonymat.
01:27Nous retranscrivons mot pour mot leurs propos.
01:30« Quand on est intervenu sur l'hôtel, il n'y avait pas de signe faible, pas la moindre alerte indiquant qu'il y avait quelque chose de bizarre. »
01:37« Ça a été traité de manière normale. »
01:39« Et c'est après analyse du produit qu'on s'est rendu compte de ce que c'était. »
01:44« Du péroxyde d'acétone, un explosif puissant et très instable, souvent utilisé lors des attentats suicides. »
01:54« Au premier, Maxime Dviernik, un Russe de 26 ans, gravement brûlé au visage et aux bras. »
02:03« Autour de lui, des petites bombes qu'il devait déclencher avec son téléphone. »
02:11« Qui est Maxime Dviernik ? Comment est-il venu en France ? »
02:21« Il pose devant la tour Eiffel et aurait envoyé cette photo à son agent traitant pour prouver son arrivée à Paris. »
02:29« Sa famille le croit alors dans leur région d'origine, le Donbass, une province ukrainienne, pro-russe. »
02:37« Sa mère a accepté de nous parler. »
02:43« Allô, Maria ? Oui, c'est moi. »
02:50« Bonjour, je suis journaliste. Je vous appelle à propos de votre fils. »
02:56« On avait planifié des vacances. Il devait être libre début juin. »
03:00« C'est à ce moment-là qu'on est revenu à la maison. »
03:03« Dans le Donbass ? Et que s'est-il passé ensuite ? »
03:06« Il n'était pas à la maison. Et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à le chercher. »
03:10« Je suis allée voir la police, j'ai questionné ses amis. »
03:12« Puis on me dit qu'il était parti à l'étranger. »
03:17Maria Dviernik reçoit alors la photo de son fils devant la tour Eiffel, d'un numéro inconnu, sans plus d'explication.
03:24« Inquiète, elle publie un avis de disparition. »
03:30« Non, Maxime Stanislavivovitch Dviernik, taille 1m80, cicatrice sur l'avant-bras, dernier signe de vie, le 31 mai 2024, en provenance de France. »
03:46« Avant sa disparition, Maxime Dviernik travaillait dans cette mine, au nord de la Russie. »
03:54« Ingénieur de formation, il arpentait chaque jour les galeries pour y détecter d'éventuelles anomalies. »
04:00« Un travail payé un peu plus de 1000 euros par mois. »
04:04« Maxime voulait gagner plus. »
04:06« Selon un de ses anciens collègues, c'est la raison pour laquelle il serait parti. »
04:12« On a beaucoup travaillé ensemble et beaucoup discuté. »
04:16« Et puis un jour, il m'a dit qu'il démissionnait, qu'il allait partir à Norilsk en Sibérie. »
04:20« Parce que là-bas, il y a aussi des mines et que les salaires y sont bien plus élevés. »
04:26« À la place du grand nord sibérien, Paris. »
04:33« C'est sans doute pour des motivations financières. »
04:35« L'équivalent de 10 000 euros payés en crypto-monnaie lui ont été promis pour chaque cible frappée. »
04:42Les enquêteurs ont retracé son itinéraire.
04:45Donbass, Russie, Biélorussie, Pologne, Allemagne et enfin la France.
04:52En bus et en voiture.
04:54Un parcours discret sous les capteurs traditionnels des autorités.
04:59Aucun passage par un aéroport.
05:01« Maxime peut après son arrivée effectuer un repérage vers sa cible.
05:05Un magasin de bricolage où étaient stockés de grandes quantités de produits inflammables. »