Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 an
Ils constituent aujourd'hui la menace la plus agressive en matière de renseignement étranger en France : les agents secrets russes. A côté des espions qui agissent sous couverture diplomatique, Moscou déploie désormais un nouveau type d'agents, recrutés en nombre via les réseaux sociaux pour submerger les services de contre-espionnage. Dans cette enquête exceptionnelle, vous allez ainsi découvrir comment l'un de ces hommes de l'ombre est suspecté d'avoir tenté de commettre un attentat en région parisienne quelques jours avant les Jeux Olympiques. "Espions de Poutine, la nouvelle menace", un document Ligne Rouge signé Benoit Sarrade avec Juan Palencia et Nicolas Duchêne. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00En France, l'un de ces nouveaux agents est suspecté d'avoir voulu commettre un attentat.
00:10C'était en juin 2024, là encore juste avant les Jeux Olympiques.
00:16Un russe formé à la manipulation d'explosifs aurait été envoyé en mission sur la zone de l'aéroport de Roissy.
00:30C'est clairement l'action la plus grave menée par les services de renseignement russe depuis le début de la guerre en Ukraine.
00:41Que s'est-il passé ?
00:46Dans cet hôtel, situé à 2 km des pistes d'atterrissage, le 3 juin 2024, une explosion retentit.
01:00« Ça vous dit rien le 3 juin ? Il y a eu une explosion ? »
01:05« Sans doute. »
01:06« Ça vous parle ? »
01:07« Sans doute. »
01:07« Vous êtes ? »
01:09« Journaliste. »
01:10« Ah, c'est la possibilité de réconciliation. »
01:12« Ah. »
01:12« Parce que c'est interdit. »
01:14« Qui ? »
01:14« Silence poli. Porte close. »
01:21Les gendarmes intervenus après l'explosion nous parlent sous couvert d'anonymat.
01:27Nous retranscrivons mot pour mot leurs propos.
01:30« Quand on est intervenu sur l'hôtel, il n'y avait pas de signe faible, pas la moindre alerte indiquant qu'il y avait quelque chose de bizarre. »
01:37« Ça a été traité de manière normale. »
01:39« Et c'est après analyse du produit qu'on s'est rendu compte de ce que c'était. »
01:44« Du péroxyde d'acétone, un explosif puissant et très instable, souvent utilisé lors des attentats suicides. »
01:54« Au premier, Maxime Dviernik, un Russe de 26 ans, gravement brûlé au visage et aux bras. »
02:03« Autour de lui, des petites bombes qu'il devait déclencher avec son téléphone. »
02:11« Qui est Maxime Dviernik ? Comment est-il venu en France ? »
02:21« Il pose devant la tour Eiffel et aurait envoyé cette photo à son agent traitant pour prouver son arrivée à Paris. »
02:29« Sa famille le croit alors dans leur région d'origine, le Donbass, une province ukrainienne, pro-russe. »
02:37« Sa mère a accepté de nous parler. »
02:43« Allô, Maria ? Oui, c'est moi. »
02:50« Bonjour, je suis journaliste. Je vous appelle à propos de votre fils. »
02:56« On avait planifié des vacances. Il devait être libre début juin. »
03:00« C'est à ce moment-là qu'on est revenu à la maison. »
03:03« Dans le Donbass ? Et que s'est-il passé ensuite ? »
03:06« Il n'était pas à la maison. Et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à le chercher. »
03:10« Je suis allée voir la police, j'ai questionné ses amis. »
03:12« Puis on me dit qu'il était parti à l'étranger. »
03:17Maria Dviernik reçoit alors la photo de son fils devant la tour Eiffel, d'un numéro inconnu, sans plus d'explication.
03:24« Inquiète, elle publie un avis de disparition. »
03:30« Non, Maxime Stanislavivovitch Dviernik, taille 1m80, cicatrice sur l'avant-bras, dernier signe de vie, le 31 mai 2024, en provenance de France. »
03:46« Avant sa disparition, Maxime Dviernik travaillait dans cette mine, au nord de la Russie. »
03:54« Ingénieur de formation, il arpentait chaque jour les galeries pour y détecter d'éventuelles anomalies. »
04:00« Un travail payé un peu plus de 1000 euros par mois. »
04:04« Maxime voulait gagner plus. »
04:06« Selon un de ses anciens collègues, c'est la raison pour laquelle il serait parti. »
04:12« On a beaucoup travaillé ensemble et beaucoup discuté. »
04:16« Et puis un jour, il m'a dit qu'il démissionnait, qu'il allait partir à Norilsk en Sibérie. »
04:20« Parce que là-bas, il y a aussi des mines et que les salaires y sont bien plus élevés. »
04:26« À la place du grand nord sibérien, Paris. »
04:33« C'est sans doute pour des motivations financières. »
04:35« L'équivalent de 10 000 euros payés en crypto-monnaie lui ont été promis pour chaque cible frappée. »
04:42Les enquêteurs ont retracé son itinéraire.
04:45Donbass, Russie, Biélorussie, Pologne, Allemagne et enfin la France.
04:52En bus et en voiture.
04:54Un parcours discret sous les capteurs traditionnels des autorités.
04:59Aucun passage par un aéroport.
05:01« Maxime peut après son arrivée effectuer un repérage vers sa cible.
05:05Un magasin de bricolage où étaient stockés de grandes quantités de produits inflammables. »

Recommandations