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  • il y a 2 heures
Retrouvez notre émission spéciale "Attentat à Moscou : vers une riposte de Poutine ?", présentée par par Olivier Ravanello sur BFMTV ce lundi 3 août 2026.

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Transcription
00:00Autre information importante de l'après-midi, c'est celle qui concerne la Russie.
00:05Et la question qui se pose, c'est que va faire Poutine suite à l'attaque, à l'explosion, à
00:12l'attentat qui a été mené au cœur de Moscou, au cœur du système russe,
00:16et qui a visé l'un des responsables militaires de l'opération en Ukraine.
00:21Il s'appelle Alexandre Tchaïko.
00:23Le bilan de cette explosion, qui est une bombe qui a été déposée par une jeune femme extrêmement importante, au
00:30moins 5 morts, 19 blessés.
00:31On ne sait pas si Alexandre Tchaïko fait partie des victimes à ce stade.
00:36Ce qui est sûr, c'est que, et c'est même assez étrange, ni les autorités ukrainiennes ni les autorités
00:41russes n'ont réagi, n'ont même communiqué.
00:43On va prendre tout de suite la direction de Moscou pour rejoindre notre correspondant, Jean-Didier Revant, qui est sur
00:50place.
00:50Jean-Didier, est-ce que les Russes commentent cette information ?
00:55Pas de réaction officielle, je le disais.
00:58Néanmoins, est-ce que la presse s'en fait l'écho ?
01:01Est-ce qu'autour de vous, on parle de cet attentat qui est, encore une fois,
01:06c'est un peu comme si ça s'était déroulé au cœur de l'avenue Montagne à Paris ?
01:11Alors oui, effectivement, c'est le centre de la capitale.
01:13Ce n'est pas non plus l'avenue la plus chère de la ville.
01:17Mais c'est évidemment, ça se passe à quelques kilomètres du Kremlin.
01:20Donc c'est effectivement préoccupant.
01:22Les médias en parlent, bien évidemment.
01:24On l'en voit dans les journaux.
01:26Tous les journaux ont mentionné cette affaire, l'explosion.
01:30D'après ce qu'on sait, ce qu'ils en disent, c'est qu'Alexandre Tchaïko,
01:34le chef des forces aérospatiales russes, était dans ce restaurant
01:38pour célébrer son 55e anniversaire.
01:41Qu'une femme, avec un explosif, a essayé d'y pénétrer, mais qu'elle s'est fait interpeller par un
01:47responsable,
01:48un agent de la sécurité.
01:49Et c'est à ce moment-là que l'explosif aurait détonné, provoquant justement trois morts sur le coup,
01:57cinq de suite de leurs blessures.
01:59Il reste encore 19 blessés.
02:00Ce qu'on sait, c'est que, ce que rapportent les médias russes en tout cas,
02:03c'est qu'Alexandre Tchaïko n'était pas à proximité immédiate de l'explosion,
02:07mais au fond du restaurant.
02:08Et c'est pour ça qu'il n'aurait pas été touché.
02:11Mais encore, ce sont des informations à prendre avec des pincettes,
02:14dans la mesure où le comité d'enquête russe,
02:17qui est l'organe chargé de faire la lumière sur ce qui s'est passé,
02:19a bien évidemment lancé une enquête pour attaque terroriste.
02:23Mais pour l'instant, on n'a pas de communication de nom des victimes
02:26ou des personnes qui étaient présentes dans l'établissement samedi soir.
02:30Ensuite, pour ce qu'en pensent les Russes,
02:31ils savent, depuis que des drones s'abattent en région de Moscou,
02:36voire même dans la capitale pour certains,
02:38qu'ils ne sont pas à l'abri.
02:39Mais ce n'est pas de nature à changer leur mode de vie, leur rythme de vie.
02:44Comme on le dit, la vie et ses habitudes sont imparables.
02:48Il faut aller travailler, il faut s'occuper des enfants.
02:51Et donc, dans ces cas-là, ils continuent à vivre comme si de rien n'était.
02:54Merci beaucoup, Jean-Didier Revoix, en direct de Moscou pour BFM TV.
02:58Philomène Rémy, quelles peuvent être les motivations, les raisons
03:01qui ont poussé à cette opération inédite, audacieuse, au cœur de Moscou ?
03:08Alors, pour connaître les raisons, il faudrait savoir qui est derrière cette attaque.
03:12Pour l'instant, on reste très prudent, parce qu'il n'y a eu aucune revendication,
03:15aucune déclaration de Moscou et aucune déclaration des autorités ukrainiennes.
03:19En revanche, ce qu'on peut dire, c'est qu'Alexandre Tchéko, si c'est bien la cible,
03:23ce n'est pas n'importe qui.
03:24Cet homme, c'est le chef de l'armée de l'air depuis mai 2026, de l'armée de l
03:28'air russe.
03:29Ça veut dire, autrement dit, que c'est l'homme qui décide chaque jour où, quand et comment
03:34les missiles, les drones et les avions russes touchent le sol ukrainien.
03:39Il faut savoir qu'avant cela, il a fait ses armes sur le terrain, en Syrie.
03:43En 2015, il a été chef d'état-major de l'armée russe sur le territoire syrien.
03:48Après, il a évolué au sein de l'état-major.
03:50Et puis, entre 2019 et 2021, il a encore fait des allers-retours en Syrie,
03:54mais aussi début 2022, au début de l'invasion à grande échelle de la Russie en Ukraine.
04:00C'est l'homme qui est accusé d'avoir commandité le massacre de Boucha.
04:05Boucha, on le rappelle, c'est une localité qui se trouve à quelques kilomètres de la capitale de Kiev.
04:10Et ce sont ces images, je ne sais pas si vous vous rappelez, de corps de civils dans les rues.
04:16Il y a eu plus de 450 civils qui ont été tués, des massacres et des atrocités,
04:21bien sûr, qui ont été documentées par plusieurs médias, par des organisations internationales,
04:26des violences sexuelles sur des femmes.
04:28Il faut savoir que cet homme, il est accusé par l'Ukraine, mais aussi par l'Union européenne de crimes
04:33de guerre.
04:33Ça fait donc, Marianne Babich, deux raisons du point de vue des Ukrainiens d'éliminer cet homme,
04:39à la fois une forme de vengeance pour Boucha et en même temps quelque chose de très opérationnel, de très
04:45immédiat.
04:46C'est celui qui, dans cette guerre aérienne, cette guerre des drones qui a été lancée depuis plusieurs semaines par
04:53Zelensky,
04:54est celui qui répond.
04:54Oui, tout à fait, il y a des raisons.
04:56De plus, le 31 juillet aussi, il y avait une attaque contre le chef de la garde nationale ukrainienne, Khartia,
05:03qui s'est produit aussi en Ukraine et où on voit la piste russe apparemment.
05:08Donc, peut-être, mais on n'a pas du tout de déclaration exacte de la part du gouvernement ukrainien.
05:15Et ça vous étonne, ça n'y a pas de réaction ?
05:17Non, cela ne m'étonne pas parce qu'à vrai dire, le gouvernement ukrainien est très centré dans leur déclaration
05:23sur tout ce qui se passe en Ukraine, sur nos problèmes de la guerre,
05:28parce que même si on parle de cet attentat, et oui, il y a des morts et des blessés,
05:33mais quand même en Ukraine aussi, tous les jours, il y a des morts et des blessés.
05:36Aujourd'hui, par exemple, à Zaporizhia, il y avait, on pourrait dire que c'est un vrai acte terroriste,
05:41il y avait huit bombes aériennes guidées qui ont été lancées par les Russes,
05:46et il y a un mort, il y a 30 ans blessés, et c'est à Zaporizhia.
05:50Il y a aussi, dans les régions de Kherson, aujourd'hui, il y avait cinq câbles qui ont été lancés.
05:56Toute la journée, il y a des alertes aériennes, dans la région de Kharkiv, dans la région de Dnipro,
06:00dans la région d'Odessa, il y a, chaque fois, il y a des drones qui sont lancés par les
06:04Russes,
06:04et si les Ukrainiens arrivent quand même à abattre plus de 90% des drones,
06:09les missiles balistiques, c'est plus compliqué.
06:11Bien, on l'a vu, pendant ces derniers 48 heures, il y avait quand même une trentaine de missiles
06:15qui ont été lancés par les Russes sur Kiev, sur la capitale,
06:19et on a réussi à abattre juste un seul missile.
06:22Et de plus, en Ukraine, à vrai dire, on s'étonne qu'on parle plus de cet attentat, par exemple,
06:28à Moscou,
06:29que, par exemple, d'un missile qui a quand même parcouru 100 kilomètres en Pologne
06:34et qui n'a pas été abattu, qui est tombé en Pologne et qui a parcouru 100 kilomètres.
06:39Donc, c'est quand même sur le territoire européen.
06:41Et nous, on se préoccupe plus de l'attentat, soi-disant, qui s'est produit à Moscou
06:46que ce qui se passe sur nos territoires actuellement et sur les actions qu'on doit faire.
06:51Donc, l'Ukraine a toujours besoin...
06:53Tout fait sens, c'est vrai, mais en Ukraine, on est très centré sur comment on peut faire,
07:00comment on peut arrêter cette guerre.
07:01Et on voit qu'il n'y a qu'une seule raison, qu'une seule voie, c'est renforcer les
07:06sanctions,
07:07c'est avoir plus d'armement, parce que la guerre ne va pas s'arrêter apparemment
07:12avec la mort de Poutine ou la mort de son entourage le plus proche.
07:17Donc, en Ukraine, on tient vraiment à la réalité, au fait, et aux actions que nous, nous pouvons faire.
07:23On va aller, justement, en Ukraine, à Kiev, rejoindre notre correspondant sur place, Cyril Amourski.
07:29Rebonjour, Cyril.
07:30Une question toute simple.
07:32Est-ce que, lorsqu'on voit la façon dont s'est déroulée cette opération, cet attentat, cette explosion,
07:39une femme qui rentre, qui porte une bombe artisanale, qui fait énormément de victimes,
07:45mais ça ne ressemble pas à un mode opératoire militaire,
07:48est-ce qu'il y a un doute que ce soit l'armée ukrainienne, les services ukrainiens qui soient derrière
07:54?
07:55Est-ce que ça peut être une autre piste ?
07:58Écoutez, vos excellents intervenants en plateau ont très bien résumé la situation.
08:02Pour l'instant, on ne sait absolument pas, en fait, si c'était l'Ukraine qui était derrière cette attaque
08:06ou bien quelqu'un d'autre.
08:07Ce qu'on sait, en revanche, c'est que le profil du général qui a été ciblé,
08:10à savoir Alexandre Tchaïko, et bien évidemment, c'est un profil qui intéresse l'Ukraine.
08:14C'est un profil qui est prioritaire, je dirais, parmi les cibles ukrainiennes,
08:18tout simplement parce que, comme l'a dit Philomène et comme l'a dit également Marianne Babich,
08:22c'est quelqu'un qui est responsable des crimes à Boucha,
08:25mais c'est surtout la personne aujourd'hui qui se charge des opérations aériennes
08:29et donc des attaques sur le sol ukrainien.
08:32Il y a seulement deux jours, la capitale a été touchée,
08:35neuf personnes ont été tuées, plus d'une trentaine de personnes ont été blessées.
08:38Et quand on regarde les attaques sur les derniers jours,
08:40il y a également la ville de Lviv qui a été ciblée,
08:41où il y a eu des dizaines de blessés, une personne qui a été tuée.
08:44Marianne a également parlé notamment de Zaporizhia.
08:46Au cours des dernières heures, il y a eu plusieurs explosions dans cette ville
08:49qui est proche du front, plus d'une trentaine de personnes ont été blessées.
08:52Et enfin, vers Kriwerit, la ville d'origine du président ukrainien,
08:56il y a un petit village qui a été ciblé et lors de cette attaque,
09:00dix personnes ont été tuées.
09:01Donc compte tenu de ces actions et compte tenu du profil de ce général,
09:05on peut estimer que c'est tout à fait possible que l'Ukraine ait organisé cette attaque à Moscou.
09:11Pour autant, il n'y a pas de revendication officielle du côté ukrainien
09:14et disons qu'il n'y a pas de réaction autre que celle du ministre des Affaires étrangères en Russie
09:19à ce sujet.
09:19Donc pour l'instant, plusieurs pistes sont possibles et donc il faut rester au conditionnel.
09:23Le président Zelensky a posté sur les réseaux sociaux cette phrase en disant
09:31« Nous comprenons clairement que nous avons affaire à un Poutine qui espère prolonger la guerre davantage encore ».
09:38Est-ce qu'en Ukraine, on est déjà dans un scénario de guerre extrêmement longue ?
09:45Je dis extrêmement, puisque quatre ans de guerre à l'échelle du continent européen,
09:50ça nous fait remonter à la Seconde Guerre mondiale.
09:54Oui, à vrai dire, cette guerre en réalité, cela fait déjà 12 ans qu'elle dure.
09:57Quatre ans et demi à grande échelle, 12 ans depuis le début des combats à l'est du pays avec
10:01l'annexion de la Crimée.
10:02Et donc évidemment ici, malheureusement, quand on discute avec les Ukrainiens
10:05et les faits leur donnent raison, il n'y a absolument aucun espoir que la guerre puisse se terminer prochainement.
10:10Pourquoi ? Parce que justement, le président ukrainien avait annoncé il y a exactement 40 jours
10:14qu'une opération allait députer avec des frappes contre les territoires occupés par la Russie,
10:20mais également en profondeur en Russie.
10:22Et on voit que la Russie n'a pas changé d'un iota ses revendications et sa base des négociations.
10:28Les Ukrainiens aujourd'hui demandent une chose, mettre un terme au combat sur les lignes de front actuelles.
10:32Et donc tout ce qu'on voit aujourd'hui sur le territoire russe,
10:35quand on parle des entrepôts de Wildberries, cette amazone russe,
10:37quand on parle des frappes sur les nœuds logistiques, quand on parle des frappes contre le secteur pétrolier, gazier, énergétique.
10:43Tout cela participe justement à cette stratégie ukrainienne de mettre une pression de plus en plus importante sur la Russie
10:48pour qu'elle puisse accepter à un moment ou à un autre de négocier.
10:51Pour l'instant, le président ukrainien en tout cas est très clair,
10:54il ne voit aucun changement dans le comportement des autorités russes,
10:57aucun changement du comportement de la part de Vladimir Poutine.
10:59Bien au contraire, on voit que la situation se détériore.
11:02Et le mois de juin et de juillet fut les mois les plus meurtriers en termes de perte civile
11:06depuis le tout début de l'invasion à grande échelle, ou plutôt depuis le mois d'avril 2022.
11:11Merci beaucoup Cyril, en direct de Kiev pour BFM TV.
11:15Philomène, vous avez passé en reportage beaucoup de temps dans ces tranchées
11:18sur la ligne de front entre la Russie et l'Ukraine.
11:21On voit à l'image de jeunes soldats, des dronistes.
11:26Il y a aussi d'autres visages qui sont ceux de soldats beaucoup plus vieux,
11:31de gens qui sont rentrés dans l'armée, qui ont pris l'uniforme en étant beaucoup plus vieux.
11:35Est-ce que cette génération-là est prête à ce que cette guerre dure aussi longtemps ?
11:39Est-ce qu'elle est capable d'encaisser aussi longtemps ?
11:42Cette génération, elle n'a pas trop le choix, en fait.
11:45Ce sont des hommes qui ont été mobilisés.
11:47Moi, j'ai en souvenir un homme qui m'a dit,
11:49en fait, moi je suis un simple mécanicien, je suis ni un énorme patriote,
11:53j'ai simplement été réquisitionnée.
11:55En revanche, ce qui m'a frappée quand je suis allée,
11:57il faut bien se rendre compte que quand on est sous terre avec eux,
12:01ils perdent toute notion du temps.
12:03Ces hommes, ils ne savent plus s'il fait jour, s'il fait nuit.
12:06Les permissions, elles sont censées arriver tous les trois mois.
12:09Ce n'est pas le cas sur le terrain.
12:11Et ces hommes qui avaient une cinquantaine d'années sur le papier,
12:16ils avaient l'air d'avoir 70 ans, en fait.
12:18Il y a effectivement cet épuisement psychologique,
12:20mais il y a aussi un épuisement physique qui se lie sur leur visage.
12:24Dans leurs yeux, des hommes qui n'ont même pas vu leurs petits-enfants naître.
12:28Et en fait, ce qu'ils me disaient, ces hommes,
12:30c'est que cette guerre, elle ne peut pas s'arrêter pour rien.
12:34Ils ne veulent pas aujourd'hui que l'Ukraine cède des territoires dans ces négociations,
12:39parce qu'ils nous disent, dans ces cas-là,
12:40tous ces frères d'armes qui sont tombés sur le terrain avant,
12:43ce seraient des morts pour rien.
12:45Et ça, ce n'est pas acceptable pour les Ukrainiens aujourd'hui.
12:48Mika Blujon-Méret, vous êtes chercheur en géopolitique,
12:50vous enseignez à l'école de guerre.
12:53On est bien dans un scénario où l'importance de la tactique est fondamentale.
12:59Qu'est-ce que peut faire Poutine, suite à l'explosion, à l'attentat qu'on a vu ?
13:05Qu'est-ce qu'il peut faire aussi pour reprendre l'avantage dans cette guerre des drones
13:09qui a été amorcée par le président Zelensky depuis quelques semaines ?
13:12Avant la tactique, il faut revenir à un vrai changement stratégique
13:16qui est la capacité de l'Ukraine à avoir cette capacité
13:19à frapper derrière les lignes le plus loin possible.
13:22Là, on a vu encore aujourd'hui, que ce soit sur les raffineries,
13:25que ce soit sur les nœuds logistiques, que ce soit sur les entrepôts,
13:28par exemple de Wildberries, qu'on cite de plus en plus,
13:31effectivement, encore aujourd'hui, un entrepôt Wildberries
13:33a été frappé par un drone FP1 ukrainien à 200 km, 180 km derrière Moscou.
13:39Et de fait…
13:40Pourquoi bombarder des entrepôts Amazon ?
13:43Parce que la stratégie, effectivement, a changé.
13:46C'est-à-dire que, là, avant de rentrer dans une dimension tactique,
13:50la stratégie, maintenant que les Ukrainiens ont cette capacité,
13:52grâce à ces drones, faits en interne,
13:55issues, en fait, d'une frustration,
13:57qui était celle de ne pas avoir accès aux capacités à longue portée
14:01promises par les Occidentaux de manière générale,
14:03et notamment par les États-Unis, qui ne sont en fait jamais véritablement venus,
14:06et bien cette capacité-là, aujourd'hui, leur donne les moyens de passer d'une guerre,
14:10tout simplement de réponse, à une guerre d'attrition en profondeur.
14:15Et cette guerre d'attrition en profondeur,
14:17frapper des entrepôts logistiques qui touchent les PME,
14:20qui touchent les épiceries, qui touchent le quotidien des uns et des autres,
14:24frapper les raffineries, qui touchent évidemment la capacité,
14:27non pas à produire du pétrole, mais à raffiner le pétrole pour produire des produits
14:31de type essence, diesel, etc., ça permet effectivement d'aller toucher le cœur
14:36du nœud logistique dont la société russe et l'armée russe,
14:39les deux, ont besoin pour avancer.
14:41Et ensuite, en termes de tactique, il y a effectivement un changement
14:45depuis quelques semaines, deux, trois semaines,
14:47c'est-à-dire qu'ils ne vont pas juste frapper les grands entrepôts
14:50ou les grandes raffineries, mais de plus en plus de cibles
14:53de moyennes capacités et même des capacités logistiques,
14:58c'est-à-dire par exemple d'approvisionnement en produits pétroliers,
15:01par exemple de la Crimée, en frappant directement les camions-citernes
15:05avec des petits drones yamikazes.
15:07Donc petit à petit, on voit que cette nouvelle stratégie
15:10se décline en tactiques différentes.
15:12Et que peut faire Vladimir Poutine par rapport à ça ?
15:15À part faire confiance à M. Tchaïko, qui était en charge justement
15:18de la défense aérienne et de l'attaque aérienne,
15:20et on voit effectivement pourquoi il est ciblé ici,
15:22si effectivement ce sont les Ukrainiens qui l'ont ciblé,
15:25il faut bien le rappeler encore une fois, ça fait quatre jours
15:27ici sur ce plateau qu'on dit que ce n'est pas certain
15:30que ce soit les Ukrainiens.
15:31Et bien de fait, à part faire confiance effectivement à l'aérospatial
15:34pour essayer de, pas juste se défendre,
15:37mais reprendre une capacité de frappe plus forte,
15:40ce qu'ils n'ont pas aujourd'hui,
15:42eh bien il n'y a pas grand-chose à faire.
15:44C'est-à-dire qu'on peut tout à fait imaginer
15:46sur les prochaines semaines, sur les prochains mois,
15:47que la Russie continue à multiplier les frappes sur les civils,
15:51multiplie les frappes sur les infrastructures énergétiques,
15:53sur les infrastructures d'eau, etc.,
15:55pour continuer la même tactique
15:57qui est en l'occurrence d'essayer de frapper
15:59les populations civiles, moyennant des crimes de guerre.
16:02Marianne, vous qui êtes ukrainienne,
16:04est-ce que vous pensez vraiment au fond de vous
16:07que ces Russes, que vous connaissez très bien,
16:10cette opinion russe est capable de lâcher Poutine,
16:13de se retourner contre lui ?
16:15À vrai dire, j'avais surtout cet espoir en 2022,
16:19au printemps, je n'étais pas la seule ukrainienne
16:21à espérer qu'il y aurait justement un retournement
16:26avec l'aide peut-être même d'autres pays,
16:28mais malheureusement ça ne s'est pas produit.
16:30Donc aujourd'hui, quand même, on voit cette réussite
16:34de la campagne stratégique de Volodymyr Zelensky.
16:36Il a annoncé ces 40 jours de ces actions,
16:39de ces frappes dans la profondeur en Russie.
16:41On voit que ça influence aussi la population civile en Russie.
16:44Peut-être qu'il y aurait un mécontentement,
16:48mais pour le moment, on n'espère pas en fait.
16:52En Ukraine, la population a déjà pris conscience
16:54qu'on doit juste penser à ce que nous,
16:56nous pouvons faire pour arrêter cette guerre.
16:59Et on voit bien quand il y a de telles ampleurs
17:04des actes, des frappes de la part de la Russie.
17:06Il y a encore ces jours-ci, par exemple,
17:08selon le service de renseignement ukrainien,
17:09il y a 15 Tsirkon qui ont été livrés encore
17:12dans la région de Kursk.
17:14Il y a encore une vingtaine de missiles nord-coréens
17:16qui ont été livrés dans la région de Bransk.
17:19Apparemment, c'est pour une nouvelle frappe
17:21mixte avec des missiles et des drones.
17:23Quand on voit cette ampleur encore des frappes,
17:26et ces morts et ces blessés de tous les jours,
17:29on voit bien que ce n'est pas seulement Vladimir Poutine
17:31qui tue les ukrains, c'est aussi en partie
17:34la population russe, parce qu'ils font partie
17:37des forces armées russes.
17:38Donc malheureusement, on ne voit pas du tout d'espoir
17:42que ça va s'arrêter de la part du côté russe.
17:44Donc il faut vraiment plutôt qu'on voit
17:47ce que nous pouvons faire.
17:48On a besoin de renforcer notre système
17:50de lutte antiaérienne, surtout en Ukraine,
17:52pour défendre notre population civile
17:54et rester fort ici en Europe.
17:56C'est très important pour l'Ukraine,
17:57parce que sinon, il y a vraiment aussi
18:01cette angoisse en Ukraine qu'on reste abandonné
18:04par les pays européens.
18:06En même temps, c'est l'Ukraine qui protège
18:08aussi l'Europe aujourd'hui.
18:10Merci beaucoup à vous tous d'avoir analysé
18:13cette situation en Russie.
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