Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 minutes
Il craint pour sa sécurité au point de travailler dans des bureaux transformés en bunker. Comment Vladimir Poutine fait-il face aux ripostes de l'Ukraine sur son territoire ? Depuis la multiplication des attaques de drones sur Moscou et des attentats contre des généraux russes, le maître du Kremlin a renforcé jusqu'à l'extrême les mesures de sécurité autour de lui. "Poutine, la grande paranoïa ?", une enquête signée Michaelle Gagnet, Juan Palencia, Jean-Baptiste Arnaud avec Réjane Prud'homme. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01C'est une mise en scène comme les aime Vladimir Poutine.
00:05En mai dernier, le chef du Kremlin est filmé arrivant au volant de sa berline dans un hôtel du centre
00:12de Moscou.
00:17Il y retrouve son ancienne institutrice, Vera Gourevitch, 92 ans, pour l'emmener dîner au Kremlin, une scène qui n
00:26'a rien de spontané.
00:30Cette séquence a été mise en scène pour montrer à quel point Poutine, il reste proche au peuple, qu'il
00:37n'oublie pas ses institutrices, malgré le poids de son travail, le poids aussi des décisions qu'il doit prendre.
00:46Il gère lui-même la situation, il n'a pas besoin de chauffeur, il est en bonne forme, donc il
00:50y a beaucoup de signaux qui sont envoyés par cette vidéo.
00:55Dans cet hôtel, il croise aussi un touriste, à qui il semble adresser spontanément la parole, sans crainte pour sa
01:03sécurité.
01:32Merci.
01:37Ce touriste n'est autre qu'un ancien employé qui travaillait pour une des villas du président.
02:04A l'approche d'échéance électorale, Vladimir Poutine soigne son image.
02:13Trois mois plus tard, sur la chaîne publique Russie 1, le président russe met en scène un de ses rares
02:19déplacements en Sibérie.
02:25Avec une foule très enthousiaste.
02:39Il va dans les villes russes et il rencontre des gens dans la rue, spontanément, soi-disant.
02:50Cette stratégie vise à contrer une image qui a commencé à être assez persistante dans la société russe et dans
02:57le monde entier.
02:58De Poutine qui est enfermé dans ses résidences très sécurisées, qu'il ne va plus voir les gens.
03:09Des images de propagande pour montrer que le chef du Kremlin reste populaire et que tout est sous contrôle.
03:20Pourtant, aujourd'hui, l'opinion russe vacille.
03:30Sur Internet, apparaissent des vidéos de citoyens russes qui osent contester la politique du chef du Kremlin,
03:36comme cette femme qui a perdu son fils sur le front.
03:47La menace vient aussi du ciel.
03:50Les drones ukrainiens visent désormais Moscou et Saint-Pétersbourg.
03:55Des véhicules piégés explosent au cœur de la capitale.
04:02Vladimir Poutine se sait menacé.
04:05Le chef du Kremlin renforce les mesures de sécurité autour de lui jusqu'à la paranoïa
04:10et réprime toute voix discordante, signe d'une grande fébrilité.
04:16La seule raison pour des repressages comme ça, c'est la peur.
04:19Vladimir Poutine a peur.
04:21Il a peur de l'opposition, il a peur de la société russe, il a peur des citoyens russes.
04:33Véronika Dorman est l'une des rares journalistes à avoir eu accès à un document confidentiel sur le chef de
04:40l'État russe.
04:41Une note des services de renseignement européens, appelée le Kremlin en état d'alerte.
04:47Grâce à mes contacts, je me suis procuré ce document, qui est un document très important pour les journalistes qui
04:51suivent la Russie,
04:52parce que les informations depuis Moscou filtrent très peu, depuis le début de la guerre.
04:57On ne sait pas vraiment ce qui se passe à l'intérieur, on sait encore moins ce qui se passe
05:01dans le Kremlin.
05:02Et donc, ça nous permet de voir dans quel état d'esprit se trouve Vladimir Poutine.
05:06Dans ce document, il est clairement indiqué que le chef du Kremlin craint des tentatives d'assassinat.
05:13Poutine se sent de plus en plus menacé, de plus en plus acculé.
05:16Il craint pour sa vie.
05:19Le document nous dit que la liste des lieux visités régulièrement par le président russe a été réduite.
05:23Et lui et sa famille ont cessé de se rendre régulièrement aussi dans les résidences habituelles de la région de
05:28Moscou et de Valdaïs.
05:29Ce qui veut dire qu'on ne sait pas où ils sont.
05:33Le document des services de renseignement évoque un bunker rénové à Krasnodar, au sud-ouest de la Russie,
05:40dans lequel travaille Vladimir Poutine, pendant que les médias russes assurent la communication à l'aide d'images préparées en
05:46amont.
05:49Les interviews sont préenregistrées et publiées à intervalles réguliers, à des fins de communication et surtout de sécurité.
05:56Parce que, en fait, Poutine est très rarement là où l'image le place à l'instant T.
06:02C'est pour échapper au renseignement, à la surveillance et effectivement à un drone qui saurait exactement où aller le
06:09taper.
06:12Une information confirmée par les journalistes d'investigation russes qui suivent Vladimir Poutine.
06:19J'ai des amis journalistes qui couvrent les déplacements de Poutine.
06:25Et ils m'ont toujours dit en rigolant, tu penses qu'il est au Kremlin ?
06:29En fait, il est à Sochi.
06:31Je le sais parce que j'étais avec lui.
06:36En fait, ils ont créé une réplique de son bureau au Kremlin dans plein d'endroits différents.
06:41C'est pour ça qu'on ne sait jamais où il est.
06:45Plus étonnant, ce document énumère les nouvelles mesures prises par les services de sécurité du chef de l'État.
06:53Certaines visent directement l'entourage de Vladimir Poutine.
06:57Les cuisiniers, les chauffeurs, les femmes de ménage ne peuvent plus emprunter les transports en commun,
07:02n'ont plus le droit à des téléphones connectés à Internet,
07:05donc que des téléphones déconnectés qui ne puissent pas être utilisés comme des radars
07:08ou comme des indicateurs de position ou être mis sous écoute.
07:13Et des systèmes de surveillance accrus ont été installés au domicile,
07:15donc dans les domiciles du personnel.
07:19Je pense que c'est un signe de sa paranoïa grandissante.
07:23La situation sur le champ de bataille n'est pas très bonne.
07:26Et ce sentiment de fragilité du pays, ça alimente la paranoïa.
07:31Ça alimente l'idée que tout doit être sous contrôle.
07:37Une paranoïa renforcée par l'assassinat de cinq généraux depuis 2024 à Moscou, en proche banlieue.
07:45Des attentats à la voiture piégée pour trois d'entre eux.
07:56Igor Kirilov a été tué par une bombe dissimulée dans une trottinette.
08:02L'ancien ambassadeur de France en Russie, Pierre Lévy,
08:05se souvient de cet événement qui a secoué le Kremlin.
08:08À l'époque où j'étais à Moscou, c'est un autre signe, parmi d'autres,
08:13comme les pénuries d'essence, les frappes de drones, que la guerre est présente.
08:20Ça, c'est très nouveau aussi.
08:23Pour lui, c'est absolument insupportable.
08:27Ça entraîne bien sûr des mesures de sécurité supplémentaires.
08:30Ça affecte son image et ça le conduit aussi à l'escalade.
08:35Ça se rapproche. Il a commencé cette guerre, il était tout seul dans sa tour d'ivoire,
08:39tout ça c'était extrêmement loin, il se sentait en sécurité.
08:43Et maintenant, c'est dans sa ville à lui, à Moscou,
08:45et dans sa ville à lui, à Saint-Pétersbourg, que l'ennemi opère.
08:49Vladimir Poutine est devenu obsédé par la menace.
08:55Symbole de cette crainte, le 9 mai, lors de la grande fête nationale
08:59qui symbolise la victoire de la Russie sur l'Allemagne nazie.
09:02La cérémonie militaire est expédiée.
09:06Le 9 mai, c'est la commémoration de la victoire dans la Grande Guerre Patriotique.
09:12Traditionnellement, c'est un étalage d'abord de puissance,
09:16avec un défilé aérien, des troupes en uniforme de la Seconde Guerre mondiale,
09:22des délégations étrangères.
09:28Et cette année, il y a eu une cérémonie que j'appellerais furtive,
09:33un discours d'une dizaine de minutes, très classique, sans annonces, sans substances.
09:51J'ai interprété ça comme un acte de faiblesse, finalement.
09:57C'est le défilé le plus court dans l'histoire russe.
10:01Ce défilé de 2026 a révélé à quel point le Kremlin a peur pour la vie personnelle de Vladimir Poutine,
10:08parce que c'est le moment quand, effectivement, Poutine s'expose aux attaques.
10:12L'image de Poutine sur une tribune de la Place Rouge,
10:16avec des soldats autour qui sont attaqués par les drones,
10:20où Poutine doit courir, se cacher, se montrer quand quelqu'un est finalement faible,
10:24qui a des peurs, ce sont des images, bien sûr,
10:26qui auraient ruiné entièrement son autorité en Russie, mais aussi dans le monde entier.
10:36Quelques semaines plus tard, lors du voyage du président russe à Astana,
10:40au Kazakhstan, les mesures de sécurité sont draconiennes.
10:45Le cortège présidentiel est impressionnant.
10:4820 voitures, 14 motards, un hélicoptère de surveillance sillonne la ville,
10:53préalablement vidé de ses habitants.
10:55Un des véhicules est même doté d'un système mobile de brouillage antidrone.
11:00Selon des journalistes d'investigation russe,
11:03Vladimir Poutine aurait été récemment traumatisé par l'assassinat du leader iranien,
11:08Ali Rahménaï, tué avec sa famille par des missiles israéliens.
11:12L'idée que la mort puisse venir du ciel,
11:15et de manière totalement imprévisible,
11:18évidemment, cela a eu un impact émotionnel très important sur lui.
11:24Mais qui protège réellement Vladimir Poutine ?
11:27Dans la note recueillie par la journaliste de Libération,
11:30une scène raconte comment le chef du Kremlin met sous pression sa garde rapprochée
11:35après l'attentat d'un général à Moscou.
11:38Ce passage-là, dans ce document, décrit de manière assez précise
11:42à la fois l'angoisse de Vladimir Poutine suite à cet assassinat.
11:46Et moi, ce qui m'a frappée à la première lecture de ce passage-là,
11:49c'est justement, ça montre qu'on a une information vraiment à l'intérieur.
11:54Ce jour-là, Vladimir Poutine demande à voir les responsables
11:57des services de renseignement et de sécurité.
12:00La note évoque...
12:02Une réunion restreinte convoquant les dirigeants des structures de force,
12:06appelés Siloviki.
12:08Autour de la table, Alexandre Bornikoff, le patron du FSB, l'ex-KGB.
12:14Victor Zolotov, le chef de la Garde nationale,
12:18responsable de la sécurité intérieure.
12:20Et Valéry Gerasimov, le chef de l'état-major des armées.
12:26La note précise...
12:27Ils se sont mutuellement rendus responsables des manquements sécuritaires
12:31face aux attaques des services ukrainiens.
12:33On a l'impression de la transcription d'un dialogue.
12:36Le directeur du service fédéral de sécurité, le FSB, Alexandre Bornikoff,
12:39s'est quant à lui défendu, soulignant l'impossibilité d'empêcher
12:43systématiquement les attaques.
12:44Et donc là, il fait des reproches au ministérius de la Défense
12:46qui est une autre branche de Siloviki, de ne pas avoir fait son boulot.
12:51On a l'impression d'être dans une réunion
12:54avec un patron qui réunit ses employés pour dire
12:56« bon, qu'est-ce qui s'est passé ? »
12:57Et ils sont tous là « c'est pas moi, c'est pas moi, c'est pas moi ! »
12:59et de se renvoyer la balle.
13:01On sait qu'il y a aussi une compétition entre tel ou tel service
13:05et que Poutine joue beaucoup de cette compétition
13:07parce qu'il en a besoin pour garder tout le monde sous sa coupe.
13:12À l'issue de cette réunion très tendue, le document précise...
13:16Vladimir Poutine a appelé au calme
13:18et chargé les participants de présenter des solutions.
13:22Mais Vladimir Poutine va finalement faire appel à un autre service,
13:27le FSO, le service fédéral de protection,
13:30et lui confie la sécurité de 10 généraux de premier plan.
13:34Le FSO, c'est vraiment sa garde rapprochée,
13:38c'est vraiment le service de sécurité qui gère
13:40la sécurité personnelle de Vladimir Poutine
13:42et des plus hauts gradés dans la hiérarchie du Kremlin.
13:47Depuis le début de la guerre en Ukraine,
13:49cette unité est devenue très puissante en Russie.
13:55À Vilnius, en Lituanie,
13:57où de nombreux opposants russes ont trouvé refuge,
14:00nous avons rencontré Vladimir Milov,
14:03qui fut vice-ministre de l'industrie
14:05dans le premier gouvernement de Vladimir Poutine en 2002.
14:08Il a pu observer de près le fonctionnement
14:11de l'unité d'élite chargée de la sécurité du maître du Kremlin.
14:16Il a une sorte de garde prétorienne,
14:20le service fédéral de protection appelé FSO.
14:25Il est composé d'environ 50 000 agents.
14:28C'est une armée.
14:29Sa seule tâche est de protéger Poutine.
14:32Hurra !
14:34Hurra !
14:34Hurra !
14:35Hurra !
14:37Ils sont très bien payés,
14:39entraînés et équipés.
14:41Et ils ne sont là que pour une chose,
14:44quoi qu'il arrive,
14:45même en cas de guerre nucléaire,
14:47protéger cette personne.
14:50Ilia Rodziewanski vit lui aussi en exil à Vilnius.
14:54Menacé, ce journaliste d'investigation
14:57a dû fuir son pays en 2021.
15:00Il enquête depuis de nombreuses années sur le FSO
15:03qui protège Vladimir Poutine.
15:07Le seul but de ce service est de fournir à Poutine
15:10tout ce dont il a besoin.
15:13Ils sont responsables de sa sécurité
15:15lors des voyages officiels,
15:16mais aussi privés.
15:18Ils s'assurent que Poutine mange bien,
15:20que Poutine dorme bien,
15:22que Poutine soit en sécurité.
15:25Certains sont chargés des communications secrètes,
15:28d'autres des achats de nourriture
15:29ou de ses voitures.
15:32Si quelqu'un essaie de le tuer,
15:33ils seront les premiers à intervenir.
15:37Dans le cadre de ces investigations,
15:40ce journaliste a réussi un scoop.
15:43Il a interviewé cet homme,
15:45Gleb Karakulov,
15:46un agent du FSO qui a déserté.
15:48Un témoignage rare sur la sécurité
15:51au cœur du pouvoir.
15:53Durant sa carrière,
15:55il a effectué 180 missions à l'étranger,
15:57durant lesquelles il était chargé
15:59de la sécurité des communications
16:02de Vladimir Poutine.
16:04L'interview se fait à distance,
16:06alors que l'ex-agent du FSO
16:08se trouve dans un lieu tenu secret,
16:10en Turquie.
16:12Quand avez-vous décidé
16:13de quitter votre emploi ?
16:17En février 2022,
16:19une guerre criminelle a commencé
16:22et j'ai décidé
16:23de ne pas me voiler la face.
16:25Je ne pouvais pas rester
16:27au service de ce président,
16:29que je considère
16:30comme un criminel de guerre.
16:35L'ex-agent du FSO
16:36a observé ces dernières années
16:38des changements d'attitude
16:39chez le chef du Kremlin.
16:43Il passe la plupart de son temps
16:44dans ses résidences
16:47que les médias appellent
16:48des bunkers.
16:51Il n'utilise ni Internet,
16:53ni téléphone portable.
16:57Il a maladivement peur
16:59qu'on intente à sa vie.
17:01Lors d'un voyage au Kazakhstan,
17:03alors que d'habitude,
17:05on installe le système de communication
17:07dans le bureau de l'ambassadeur,
17:09cette fois-ci,
17:10on a dû l'installer
17:10dans l'abri anti-bombe
17:11dans l'ambassade russe.
17:15C'est une forme de paranoïa,
17:17car vous êtes sur le territoire
17:18d'un pays étranger
17:19qui assure votre sécurité
17:21et votre ambassade
17:22est elle-même protégée.
17:27Vladimir Poutine a-t-il peur
17:29qu'il y ait un attentat
17:30contre lui
17:30lors de ses voyages
17:31à l'étranger
17:32pour qu'il ait besoin
17:33de se réfugier
17:34dans un bunker
17:34pour communiquer ?
17:35À quoi servirait cet abri,
17:37sinon ?
17:38C'est exactement ça.
17:40Il a peur ?
17:44Pour se protéger
17:45d'un attentat,
17:46mais aussi
17:46d'une éventuelle
17:47révolte populaire,
17:49Vladimir Poutine
17:49compte aussi
17:50sur la garde nationale
17:51confiée
17:52à Viktor Zolotov,
17:54un de ses anciens
17:55gardes du corps.
17:57Elle mène
17:58toutes les missions
17:59de maintien de l'ordre
18:00voulues par le Kremlin.
18:02La garde nationale
18:04est essentiellement
18:05composée
18:06de la police anti-émeute
18:07et des anciennes troupes
18:08du ministère de l'Intérieur
18:10que le pouvoir soviétique
18:11utilisait
18:12pour réprimer
18:13les soulèvements
18:13dans le pays.
18:20C'est en réalité
18:23une armée
18:24d'environ 350
18:25à 370 000 hommes
18:27conçus
18:28pour faire face
18:29à d'éventuelles émeutes.
18:35Si le chef du Kremlin
18:36se protège tant,
18:37c'est qu'il se méfie
18:38de tous
18:39et veut tout contrôler.
18:41Pour preuve,
18:42depuis le début
18:43de la guerre en Ukraine,
18:44il a donné tout pouvoir
18:45au service secret russe,
18:47le FSB,
18:48successeur du KGB,
18:50dirigé par son ami
18:51de 30 ans,
18:52Alexander Bortnikov.
18:53Le FSB
18:54est devenu
18:55un organe
18:55de surveillance
18:56omniprésent
18:57en Russie.
18:59Aujourd'hui,
19:00le FSB
19:01n'est pas seulement
19:02un service de sécurité.
19:04C'est aussi un moyen
19:05pour le gouvernement russe
19:06d'exercer son contrôle
19:08sur toute la société.
19:10C'est devenu
19:11un véritable mode
19:11de gouvernance du pays.
19:14Nous savons
19:15qu'il y a des agents
19:16du FSB
19:16absolument partout,
19:18dans les ministères,
19:20dans les agences fédérales
19:21et même
19:22dans les grandes entreprises.
19:28Il y a quelques années,
19:30nous avons enquêté
19:31sur un tout petit
19:31aéroport militaire
19:33situé dans le centre
19:34de la Russie.
19:35Eh bien,
19:36nous avons découvert
19:37qu'il y avait
19:37au moins 40 agents
19:39du FSB
19:39pour surveiller
19:40cet aéroport.
19:4240 personnes
19:43pour espionner
19:44une structure
19:44aussi petite.
19:46Et cette situation
19:47est la même
19:48partout ailleurs.
19:51Pour ce spécialiste
19:52des services
19:53de renseignement,
19:54les conséquences
19:55de cette mainmise
19:55du FSB
19:56sont la paralysie
19:57de l'État russe
19:58et le règne
19:59de la peur.
20:02Le problème,
20:04c'est que lorsqu'on
20:04travaille dans un ministère
20:05ou une agence fédérale
20:07et que l'on voit
20:07des collègues
20:08arrêtés par le FSB,
20:09on passe psychologiquement
20:11en mode survie.
20:17Donc les gens
20:18hésitent à faire remonter
20:19à leur supérieur
20:20au Kremlin
20:20toute information
20:22qui pourrait être
20:22perçue comme critique
20:23ou négative.
20:29mais ça veut dire
20:30que Vladimir Poutine
20:30lui-même
20:31n'est pas bien informé
20:32de ce qui se passe
20:32dans le pays ?
20:33Oui, je pense
20:36qu'il est très clair
20:36que dans de nombreux
20:37cas, Poutine
20:38ne comprend pas
20:39réellement
20:39ce qui se passe
20:39dans le pays.
20:41Un président coupé
20:42de sa population
20:43et qui musèle
20:45toute voix discordante.
20:46Car le FSB
20:47cible tous ceux
20:48qui sont opposés
20:49à la politique du Kremlin
20:50ou simplement
20:51osent la critiquer.
20:55Les défenseurs
20:56des droits humains
20:57comptent de 3000
20:58à plus de 4600
21:00prisonniers politiques
21:01en Russie.
21:08Vladimir Karamurza
21:09est un des principaux
21:10opposants
21:11à Vladimir Poutine.
21:13Traqué par le FSB,
21:14il est resté deux ans
21:15dans les prisons russes
21:16jusqu'en août 2024.
21:19Il a aussi été victime
21:21de deux tentatives
21:22d'empoisonnement
21:23et vit aujourd'hui
21:24aux Etats-Unis.
21:25Les représailles
21:26envers les opposants
21:27traduisent selon lui
21:29une grande inquiétude
21:30du pouvoir.
21:32La plus grande peur
21:33de n'importe quel dictateur,
21:35c'est la peur
21:35de son propre peuple.
21:40La déclaration de peur
21:41la plus claire
21:43de la part du Kremlin,
21:44c'était la décision
21:45d'écarter Yabloko,
21:47le seul parti anti-guerre
21:49discutant
21:50pour les élections législatives
21:51le vent septembre
21:52parce que malgré
21:54ce qu'il raconte
21:55la propagande du Kremlin,
21:56Vladimir Poutine sait très bien
21:57qu'il y a des millions
21:58et des millions
21:59de gens en Russie.
22:00qui s'opposent à cette guerre,
22:01qui s'opposent à cette dictature,
22:03qui s'opposent à lui
22:04personnellement.
22:07En faisant ça,
22:09le Kremlin
22:09a montré à tout le monde
22:12que l'empereur
22:13n'a pas de vêtements,
22:14que tous ces fables
22:16que la guerre
22:17en Ukraine
22:18est très populaire
22:18en Russie,
22:19c'est un grand mensonge.
22:22Dans le sud
22:23de la France,
22:24nous avons rencontré
22:25Boris Nadezhdin,
22:26un des symboles
22:28de la répression du Kremlin
22:29envers ses opposants.
22:32À 63 ans,
22:34cet ancien député
22:35a été contraint
22:35de fuir précipitamment
22:37la Russie
22:37en août 2026.
22:40Menacé d'arrestation,
22:41il risquait une lourde peine
22:42de prison.
22:43Il est parti seul,
22:45laissant derrière lui
22:46sa femme et ses quatre enfants.
22:49Vous savez,
22:50en 2024,
22:51lorsque je me suis présenté
22:53à l'élection présidentielle,
22:54je critiquais
22:55la politique de Poutine.
22:57Et c'était possible
22:58à ce moment-là.
23:02Mais cette année,
23:03en 2026,
23:04quand j'ai fait campagne
23:05pour les législatives,
23:07le premier mot
23:07que j'ai écrit
23:08sur mon programme,
23:09c'était le mot paix.
23:11Et le premier point,
23:12c'était que nous devions
23:13arrêter la guerre.
23:14Mais maintenant,
23:15c'est la ligne rouge.
23:16Et les hommes politiques
23:17comme moi,
23:18qui sommes opposés
23:19à la guerre,
23:20nous sommes totalement
23:21empêchés de nous présenter.
23:23Et je suis désormais
23:24poursuivi en justice.
23:27L'ex-député
23:28a été classé
23:29agent de l'étranger
23:30par le Kremlin.
23:31Une accusation
23:32qui entraîne
23:32presque systématiquement
23:34des peines de prison.
23:39Ça a été un choc.
23:41Cela fait 40 ans
23:42que je fais de la politique
23:43en Russie,
23:43dont 20 ans
23:44dans l'opposition.
23:45Et je n'avais jamais
23:46eu de problème.
23:47Mais cette fois,
23:48le régime s'est durci
23:49parce que la société russe
23:50est elle-même
23:51en train de changer.
23:58Aujourd'hui,
24:00les drones ukrainiens
24:00frappent quasiment
24:01chaque jour
24:02des villes russes.
24:03Dans ma circonscription,
24:04en périphérie de Moscou,
24:06il y a presque quotidiennement
24:07des frappes ukrainiennes
24:08sur les maisons.
24:09Les gens meurent.
24:11L'état d'esprit
24:12de la population
24:12a profondément changé.
24:14En Russie,
24:15le moral se dégrade
24:16de plus en plus
24:17et le soutien
24:18à Vladimir Poutine
24:19ne cesse de chuter.
24:21Il y a une chose
24:22dont je suis sûr.
24:23La politique de Poutine
24:24n'a pas d'avenir
24:25à long terme.
24:26Et notamment
24:27parce qu'une partie
24:28de la jeunesse
24:28est contre nous.
24:37Vladimir Poutine
24:39peut-il encore
24:40rester au pouvoir ?
24:42Est-il,
24:42comme les opposants
24:43l'avancent,
24:44fragilisé ?
24:45Redoute-t-il
24:46d'être renversé ?
24:48En septembre 2026,
24:50dans le magazine
24:51The Economist,
24:53une source rapporte
24:54qu'il aurait déclaré
24:55avoir peur d'être pendu.
24:58Romane Badanin
24:59enquête sur Vladimir Poutine
25:01depuis 20 ans.
25:03Journaliste d'investigation russe
25:04exilé aux Etats-Unis,
25:06il a accès à des sources
25:07privilégiées
25:08au cœur du Kremlin.
25:11Bien sûr,
25:12Vladimir Poutine
25:13redoute une tentative
25:15d'assassinat
25:15et la possibilité
25:17d'un coup d'État.
25:22On peut affirmer
25:23qu'une partie
25:23des élites russes
25:24est mécontente
25:25de la guerre.
25:26et de la situation actuelle.
25:31Et Poutine
25:32le sait parfaitement.
25:36Mais ses responsables
25:37font eux-mêmes
25:38partie du système.
25:40Ils sont eux aussi
25:41complètement corrompus.
25:44Ils savent
25:45qu'en cas de chute
25:46de Poutine,
25:47ils auraient probablement
25:48bien davantage à perdre
25:50qu'à gagner.
25:56pour l'instant,
25:57ils restent donc
25:58dans l'ombre,
25:59tandis que Poutine
26:00continue de se méfier d'eux.
26:01C'est une forme
26:02de statu quo à la russe.
26:05qui peut succéder à Vladimir Poutine ?
26:08Le chef de l'État russe
26:09l'a-t-il seulement envisagé ?
26:12Dans ce documentaire
26:13de propagande
26:14diffusé sur la chaîne
26:15d'État russien,
26:17Vladimir Poutine
26:18ouvre les portes
26:19de son appartement
26:20privé au Kremlin.
26:22Il veut apparaître
26:24comme un homme
26:24qui vit simplement
26:25et reste en pleine forme
26:27à 73 ans.
26:30Le film
26:31C'est...
26:31de la partie
26:32C'est la main
26:34C'est la main
26:34C'est la main
26:36C'est la main
26:37stato de la main
26:41dans leuc de l'eau
26:45сколько en tientie сейчас продолжаете заниматься sport en pas chasse la poutière
26:49à la chasse et bassin qu'à j'ai envie de me faire une chose que la grosse tabla car
26:59interrogeé par le journaliste il évoque alors la question de sa propre succession
27:04Vous ne pensez pas, qui est-ce que дальше ?
27:09Je me dis toujours, et en fin de l'étude, on peut-être que ça peut être à cause de
27:17l'étude,
27:18mais en fin de l'étude, c'est à cause de la personne, de la population, de la population, de
27:23la population, de la population,
27:24de la population, de la population, de la population, de la population,
27:30et il ne doit pas être à cause de la population.
27:34Donc, quand je pense à l'étude, et je pense à l'étude,
27:38je pense à l'étude, que il doit être un homme,
27:44et il doit être un homme, pour que le monde ait un homme,
27:49qui a pu être capable de atteindre cette confiance de la population.
27:55Vous regardez toujours et regardez tous ces potentiels ?
28:00Oui, c'est ça.
28:04Il veut régler toujours,
28:06Poutine veut rester au pouvoir indéfiniment.
28:12Au fil des années, il a systématiquement écarté tous ceux qui pouvaient représenter,
28:17même potentiellement, une menace pour lui.
28:22Cela montre que, psychologiquement, Vladimir Poutine n'est pas prêt à envisager sa succession.
28:28Ce n'est tout simplement pas dans son ADN politique.
28:34Alors, si quelque chose lui arrivait, s'il mourait soudainement d'une crise cardiaque, par exemple,
28:40que se passerait-il ?
28:47Je pense qu'il pourrait y avoir un conflit interne, voire un affrontement violent.
28:53Bien sûr, au sein de l'élite russe, plusieurs personnalités pourraient vouloir prendre sa place.
29:00On connaît certains noms.
29:02Sergei Sobyanin, le maire de Moscou.
29:05Ou encore, Mirail Michoustine, le premier ministre.
29:10Mais aujourd'hui, tous restent dans l'ombre.
29:15Ils cachent leurs ambitions, y compris à Poutine lui-même.
29:19Pour eux, c'est une question de survie.
29:23Depuis le début de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine a renforcé son pouvoir et éliminé toute contestation.
29:29Mais derrière l'image d'un homme tout-puissant, il apparaît de plus en plus isolé et affaibli par les
29:34menaces qui l'entourent.
29:35?!
29:36Enviele...
29:37M.K.
29:38M.K.
29:39...
29:40M.K.
29:40Sous-titrage FR ?
Commentaires

Recommandations