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  • il y a 4 mois
Retour chronologique sur les grands personnages de l'histoire

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans les belles figures de l'histoire.
00:02Notre belle figure aujourd'hui c'est Saint Jean-Gabriel Perboire
00:05qui a eu un itinéraire extraordinaire.
00:08A l'origine, un berger du Quercis et dans le Lot,
00:11devenu le premier saint de Chine où il est mort martyr à 38 ans.
00:15Une courte vie héroïque, d'autant que son martyr a duré pendant toute une année
00:19à subir des sévices, des interrogatoires, la torture.
00:23On part à la découverte de cette figure héroïque avec le père Jean-Yves Ducourneau.
00:28Bonjour mon père.
00:28Bonjour Améric.
00:29Vous êtes l'auteur d'une biographie de Saint Jean-Gabriel Perboire
00:33qui s'appelle Une semence d'éternité publiée chez Edikos.
00:36Et vous êtes également, je le signale, missionnaire, prêtre de la Congrégation de la Mission
00:40qu'on appelle plus familièrement les Lazaristes, la famille de Saint Vincent de Paul
00:44et de Jean-Gabriel Perboire.
00:47Et vous êtes aussi ancien aumônier militaire, auteur de plusieurs livres
00:49dont le dernier porte sur les vertus, voyage au pays des vertus chez Salvatore.
00:54Véronique Jacquet est avec nous. Bonjour Véronique.
00:56Bonjour Améric, bonjour à tous.
00:57Et cette émission, vous le savez, est en partenariat avec France Catholique.
01:02Alors tout de suite, on va partir à la découverte de l'actualité du Saint Jean-Gabriel Perboire.
01:08C'est à Paris que ça se passe, à la chapelle des Lazaristes où s'est rendu Éloi Rochebrune.
01:13Et vous allez le voir, la dévotion à ce saint, le premier saint de Chine, perdure encore aujourd'hui.
01:18Chez les Lazaristes à Paris, Saint Jean-Gabriel repose en paix.
01:25Nous découvrons ce sarcophage dans lequel il y a donc les restes de Jean-Gabriel,
01:33J.G. Perboire.
01:37Ces restes ont été rapportés de Chine après son exécution en septembre 1840.
01:42Le sarcophage est exposé à la dévotion des fidèles.
01:45Les ex-votos accrochés au mur témoignent des nombreuses grâces reçues.
01:48Le premier saint de Chine a beaucoup intercédé pour les conversions et les guérisons.
01:52C'était quelquefois des filles de charité, quelquefois des simples croyants, des chrétiens de tous les jours,
01:58ont posé sur le corps du malade une relique de Jean-Gabriel et ont prié.
02:06Ces reliques miraculeuses se trouvent dans un musée à côté de la chapelle,
02:10derrière une vitrine des effets personnels de saint Jean-Gabriel, mais aussi les objets de son martyr.
02:15La corde qui a lié ses mains, la corde qui l'a étranglée et le voile qui couvrait le visage de M. Gabriel Perboire au moment de la strangulation.
02:28Pour les lazaristes, ces objets rappellent le sacrifice et l'exemple donné par leurs confrères.
02:33Il le dit, il l'écrit, une seule chose est nécessaire, Jésus-Christ.
02:38C'est une vie totalement donnée à Jésus.
02:41Pour moi, c'est un témoin du don de sa vie au Seigneur.
02:46Dernier trésor spirituel dédié à saint Jean-Gabriel, ce grand tableau exposé dans les escaliers,
02:51il représente son martyr, la torture et la strangulation,
02:55et cet épitaphe en caractère chinois qui veut dire « propagateur d'une religion abominable ».
03:00L'œuvre a été exposée sur la façade de la Basilique Saint-Pierre, le jour de sa canonisation, le 2 juin 1996.
03:07Voilà, c'est impressionnant de voir notamment effectivement les instruments du supplice, Véronique,
03:13mais il faut évidemment commencer par le début avec, c'est un humble fils de paysan du Lot,
03:19qui va devenir ensuite le premier saint de Chine.
03:22Oui, il est né en 1802, donc juste après la Révolution française, dans le Lot, très précisément à Mongesti.
03:29Il est né d'une famille d'agriculteurs.
03:31Alors, 8 enfants, 6 vont entrer dans les ordres ou en religion.
03:35Il aurait dû reprendre la ferme familiale, puisqu'il est l'aîné,
03:37mais il a entendu en fait très tôt l'appel de Dieu, et puis la Providence va changer les plans des parents.
03:43Alors, Jean-Gabriel, en fait, accompagne un jour son petit frère Louis au petit séminaire de Montauban.
03:49Au lieu de le laisser, il demande à son oncle, qui est là, et qui est un enseignant, un religieux lazariste,
03:54qui dirige l'établissement, de pouvoir rester lui aussi.
03:56Et en fait, l'oncle comprend que chez cet enfant, il y a des dispositions pour étudier,
04:01et il pense d'ailleurs, en l'interrogeant sérieusement, que Dieu a des plans sur lui.
04:06Donc, il écrit aux parents qu'il se plie à la volonté divine,
04:09tout en sachant finalement qu'il perd un fils pour la relève à la ferme familiale.
04:14Alors ensuite, au petit séminaire de Montauban,
04:16Jean-Gabriel découvre la vie du père François-Régis Clé,
04:20qui a été martyrisé en Chine quelques années plus tôt.
04:23Et alors, son exemple suscite chez lui un tel enthousiasme qu'il veut l'imiter.
04:28Aller en Chine, mourir en martyr, et auparavant, évidemment, devenir comme lui, lazariste.
04:33C'est quand même un sacré programme pour un tout jeune homme, quand même, je vous le rappelle.
04:36Alors, le chemin va être long quand même avant d'arriver en Chine.
04:39Il va être ordonné à 24 ans.
04:41On l'envoie à Saint-Flour, dans le Cantal, pour occuper la chaire de théologie au séminaire.
04:46Et puis ensuite, il va être envoyé chez les lazaristes à Paris pour s'occuper du noviciat.
04:50Bon, alors, en fait, ça s'apparente à une promotion, mais lui, il déchante.
04:54Pourquoi ? Parce qu'au même moment, il voit son petit frère Louis partir pour la Chine.
04:59Et il se dit, moi, j'ai hâte de le rejoindre.
05:02Sauf qu'en fait, c'est supérieur lazariste.
05:04Et les médecins disent non, vous ne partirez jamais.
05:07Vous avez une santé beaucoup trop fragile.
05:09Mais là encore, la Providence s'emmêle.
05:12Son frère Louis meurt pendant le voyage en prononçant ses dernières paroles.
05:15Je laisse un frère prêtre.
05:17J'espère qu'il viendra un jour me remplacer.
05:19Et alors, Jean-Gabriel, en fait, va attendre encore 4 ans avant de pouvoir partir en Chine.
05:24Il va user à la corde, si j'ose dire, ses supérieurs avec sa volonté.
05:28Et en fait, c'est quand il n'y croit plus, quand il a dépassé les 30 ans,
05:32quand on se dit qu'il est trop vieux pour la mission,
05:34qu'en fait, de guerre-lasse, on lui dit, allez, c'est bon, tu peux y aller.
05:37Et donc, il va mettre le cap sur Macao en mars 1835 depuis le port du Havre.
05:42Il y aura 5 mois de traversée avant de poser le pied en Chine.
05:46Alors, père Ducourneau, avant d'évoquer évidemment cette épopée, le contexte de l'époque.
05:51Pourquoi un tel enthousiasme pour le martyre ?
05:54Alors, l'enthousiasme, c'était justement pour aller porter la croix du Christ dans les terres,
05:59ce qu'on appelait les terres infidèles.
06:00Pourquoi ? Parce qu'en France, on se disait, donc, dans les années 1800,
06:06au début des années 1800, juste après la restauration,
06:09que l'église de France, ça y est, elle est installée.
06:12Donc, les jeunes prêtres n'ont que trois missions possibles.
06:16La mission de former d'autres prêtres, qui étaient déjà dévolus aux lazaristes.
06:21La mission de faire une vie de paroisse.
06:25Bon, c'était pas trop, voilà, c'était pas du conservatisme religieux,
06:29mais ça pouvait y ressembler.
06:34Et puis, partir.
06:36Partir sur ces terres inconnues, ces terres lointaines,
06:38avec cet idéal missionnaire d'aller jusqu'au bout, jusqu'au bout de la mission.
06:43Et on savait que certains pays de mission étaient interdits aux Européens, dont la Chine.
06:51Et à partir de là, on savait que c'était un voyage sans retour.
06:54Et donc, il y avait une force vraiment humaine, spirituelle de ces jeunes,
06:57qui était motivée jusqu'au bout des ongles, pour aller porter Jésus-Christ.
07:02Voilà.
07:02Et comme disait le père Lamblin, Jésus, c'est la raison de vivre de Jean-Gabriel Perbois,
07:08comme la raison de vivre de tous les lazaristes et de tous les chrétiens,
07:10puisque Saint-Massain de Paul rappelait, dans les statuts de la Congrégation,
07:15la règle de la mission, c'est le Christ.
07:18– Mais alors, est-ce qu'on peut dire que l'épisode révolutionnaire,
07:21on n'est quand même pas très loin, à l'époque de Saint-Jean-Gabriel,
07:24a raffermi, en quelque sorte, la foi des catholiques,
07:27qui, au XVIIIe siècle, avaient pu, peut-être, s'attiedir ?
07:30– Eh bien, il y avait la peur de la persécution.
07:35Et finalement, ces prêtres réfractaires à la Révolution
07:39ont maintenu ce noyau de spiritualité, cette force,
07:43cette force de la foi, dans laquelle, finalement,
07:48a baigné Saint-Jean-Gabriel et son oncle aussi.
07:51L'oncle Jacques faisait partie des prêtres
07:54qui avaient refusé de signer le serment.
07:56Et donc, à partir de là, c'était lui-même un exemple.
07:59Et Véronique l'a rappelé, c'est l'oncle de Jean-Gabriel.
08:03Et Jean-Gabriel était très intime à Montauban avec cet oncle.
08:07– Et puis, sans doute, a-t-il appris aussi le sens du don héroïque,
08:12on le verra par la suite, à travers son martyr,
08:14au sein de sa famille, déjà ?
08:16– Alors, déjà, tout petit, enfin, tout jeune,
08:19c'était quelqu'un qui œuvrait pour la ferme familiale
08:22avec, justement, l'idée de reprendre la ferme.
08:26Et à partir de là aussi, le curé lui confiait la direction des classes,
08:31enfin, voilà, la récitation du catéchisme.
08:33Enfin, c'était quelqu'un qui était très…
08:35– Qui était généreux, déjà.
08:36– Très généreux, voilà.
08:37Il avait cette spiritualité du don qui était innée en lui.
08:41– Alors, Véronique, en Chine, lorsqu'il arrive,
08:45la mission de Jean-Gabriel s'avère quand même extrêmement compliquée dans ce pays.
08:50– En fait, depuis le départ des Jésuites à la fin du XVIIIe siècle,
08:54150 000 Chinois, finalement, se sont livrés à eux-mêmes,
08:58se sont abandonnés à leur sort, plutôt dans l'Empire du Milieu.
09:01Ils sont persécutés et, évidemment, les attendent de l'aide.
09:04Alors, Jean-Gabriel pose de nuit et plus que discrètement le pied à Macao.
09:09Les missionnaires arrivent, mais ils se doivent d'être discrets.
09:12Évidemment, il ne faut surtout pas qu'il se fasse remarquer.
09:15Alors, Macao, c'est un comptoir portugais.
09:18En quatre mois, à Macao, il apprend les rudiments du Chinois.
09:21Donc, ça va quand même très vite.
09:23Ensuite, c'est le départ sur des routes qui sont quasiment inexistantes.
09:26Donc, il faut quand même s'imaginer l'aventure que cela représentait.
09:29Et il va évidemment à la rencontre de communautés clandestines.
09:33Il parcourt 1500 kilomètres à pied en six mois.
09:37Il est évidemment habillé à la chinoise avec une longue tresse,
09:40des moustaches, le crâne rasé, le tout pour ne pas se faire remarquer.
09:44L'entrée des Européens est interdite dans l'Empire de Chine.
09:48Le moindre Européen qui se fait attraper est condamné à mort, de toute façon.
09:51Donc, puissions-nous tous les gagner à Jésus-Christ ?
09:54Écrit-il à l'un de ses frères qui restait dans le Lot.
09:57On voit vraiment que pour lui, c'était important
10:00et qu'il y avait ce côté intrépide pour gagner tous les cœurs à Jésus-Christ.
10:04Mais alors, la mission est extrêmement difficile.
10:07Il tombe malade, il manque de mourir.
10:10Heureusement, il n'est pas seul.
10:11Il est accompagné de prêtres des missions étrangères.
10:14Mais quand même, il rencontre la misère, la misère des Chinois livrée à eux-mêmes,
10:19les grosses chaleurs et surtout une crise spirituelle
10:21qui va vraiment manquer de le terrasser.
10:24C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, il se dit
10:25« Mais qu'est-ce que je suis venu faire là ? »
10:27Il connaît une nuit de la foi.
10:29Il craque.
10:30Il ne sait plus ce qu'il est venu faire en Chine.
10:32Il se demande d'ailleurs toujours s'il croit en Dieu.
10:35Et heureusement, mais ça, ça reste très mystérieux,
10:38vous allez nous en parler, père Ducourneau,
10:39il a une vision du Christ qui dissipe les ténèbres
10:42et le désespoir qu'il a envahi.
10:44Alors, cependant, c'était sans compter sur le viceroy Tchéo
10:48qui va déclencher la persécution dans la province de Houpé
10:52où se trouve Jean-Gabriel Perboire.
10:54Et là, il va connaître un très très long chemin de croix.
10:57Alors, on va en reparler dans un instant.
10:58Mais juste avant, père Ducourneau, expliquez-nous quand même
11:02cette véritable épopée, Véronique nous en a parlé,
11:05de ces missionnaires qui partaient effectivement sans espoir de retour.
11:08C'était vraiment des pionniers.
11:10On est un peu, toute proportion gardée,
11:11un peu comme dans la conquête de l'Ouest,
11:14mais sauf que là, c'est vers l'Asie.
11:15Oui, et puis on connaissait le contexte effectivement
11:17dont Véronique a parlé,
11:19à savoir que les Européens savaient
11:22qu'en mettant le pied sur la Chine impériale,
11:25dans la Chine impériale,
11:26ils étaient menacés de mort.
11:28Pourquoi ? À cause de cette guerre de l'opium
11:30qui était finalement la guerre des Anglais
11:34contre l'Empire chinois,
11:36puisque cette guerre de l'opium
11:38était la première ressource finalement
11:40de l'Empire colonial anglais.
11:42Donc, cette guerre a commencé en 1839,
11:46soit au moment des persécutions.
11:49À partir de ce moment-là,
11:50il y a eu des persécutions,
11:52non seulement dans le Goupé,
11:53mais aussi ailleurs,
11:54justement en raison de cette présence des Européens
11:56qui étaient considérés comme des personnes
11:59qui voulaient détruire l'Empire.
12:00Donc, les religieux sont considérés
12:01comme des agents de l'étranger en quelque sorte.
12:03Oui, c'est ça.
12:03Mais finalement, ça n'a pas beaucoup changé depuis lors.
12:06Et puis, on a mené une secte étrangère
12:08qui était susceptible de détruire finalement
12:12la civilisation locale
12:13et aller jusqu'à détruire l'Empire.
12:15C'était ce qui était annoncé.
12:17Donc, il fallait arrêter cela.
12:19Et à partir de là,
12:21les missionnaires du Christ
12:22ne sont pas là pour faire la guerre
12:25ou pour s'enrichir.
12:27D'ailleurs, c'est un des objets du procès
12:30que subira Jean-Gabriel.
12:33Mais pour ces missionnaires,
12:35il y a cette phrase de Jean-Gabriel
12:37que je cite ici.
12:39Dans le crucifix, l'évangile et l'eucharistie,
12:41nous trouvons tout ce que nous pouvons désirer.
12:44Donc, à partir de là, voilà leur richesse.
12:47Voilà leur richesse.
12:47Et c'est ce qui a fait tenir Jean-Gabriel.
12:49Il disait à un moment donné,
12:50devant ces montagnes,
12:51dont on voit ici quelques images,
12:55j'aurais été prêt, avec les dents,
12:58à grimper.
12:59C'est tellement...
13:00Bon, et tout le monde a eu pitié de lui
13:01à un moment donné, effectivement,
13:02parce qu'il était, rappelons-le,
13:04de santé dite fragile.
13:07Mais pourtant, il a...
13:08Et malgré cela, son martyr va durer...
13:10Oui, il l'a tenu.
13:11Mais c'est cette foi en Christ
13:13qui a été son principal bagage, effectivement.
13:15Mais il n'était pas tout seul.
13:18Certes, il y avait les missions étrangères de Paris.
13:20Il y avait aussi les communautés lazaristes.
13:23Il y avait les missions.
13:24Donc, c'était des lieux, des havres de paix.
13:27Et ça faisait du bien,
13:28parce que les missionnaires reprenaient un peu souffle,
13:31un peu force,
13:32avec cette communauté qui était vivante,
13:35qui était pratiquante et chantante,
13:37qui était heureuse d'avoir ces missionnaires à leur côté.
13:40Venons-en, Véronique, vraiment à, je dirais,
13:44l'épicentre de sa vie, qui est son martyr,
13:46mais qui va durer, lui, un an.
13:48Et ça, c'est resté dans l'histoire.
13:49Ah oui, un martyr qui dure un an.
13:51Vous imaginez être torturé, finalement, à petit feu,
13:54comme ça, pendant un an,
13:55en connaissant, en plus, l'issue.
13:57Dans une Chine impériale
13:59où les chrétiens sont perçus comme une menace,
14:00en fait, il a eu son Judas,
14:02comme le Christ qui a été vendu pour quelques pièces.
14:05Il a été dénoncé par l'un de ses paroissiens,
14:07contre un peu d'argent.
14:08Ensuite, il est emmené de ville en ville.
14:10Et chaque fois, il est interrogé et torturé publiquement.
14:14Évidemment, pour inviter les Chinois convertis
14:16à abjurer leur foi, pour faire peur aux Chinois.
14:19Il est, par exemple, obligé de rester une demi-journée
14:22à genoux sur des chaînes de fer.
14:24Et en même temps, il est suspendu à une poutre de bambou.
14:27Donc, vous imaginez, il ne peut pas bouger du tout.
14:29Et en même temps, il a les genoux qui sont broyés.
14:32Il arrive, finalement, à Unchangfu,
14:34qui est aujourd'hui la ville de Oran,
14:37la septième ville de Chine.
14:38Où il va subir plus de 20 interrogatoires,
14:41tout en supportant diverses tortures
14:44avec une variété d'une grande cruauté.
14:47Il va, par la suite, subir un martyr
14:49qui ressemble étrangement avec celui du Christ.
14:52Il va être flagellé.
14:54Il va tomber sous les coups de bâton.
14:56Il va être privé de nourriture.
14:57Il va être exposé publiquement, pour l'exemple.
15:00Et chaque fois, il refuse d'abjurer sa foi.
15:05Et il refuse surtout de piétiner le crucifix.
15:08On lui dit, piétine le crucifix.
15:10Qu'est-ce que ça représente ?
15:11C'est qu'un bout de bois avec un petit Christ qui est en plâtre.
15:14Vas-y.
15:15Et lui, il dit, non, non, c'est mon seigneur.
15:17Il est hors de question que je touche à un crucifix.
15:20Et il est finalement exécuté, en étant, on l'a vu sur les images,
15:24suspendu à un gibet en forme de croix.
15:27Il va subir, en fait, une lente strangulation.
15:31Et il va rendre l'âme le 11 septembre 1840 à seulement 38 ans.
15:35Alors, ce qui est intéressant, c'est que tout de suite après ce supplice,
15:40les Chinois sont bouleversés à la vue de son visage qui a tant souffert
15:44et qui, pourtant, reflète beaucoup de paix, beaucoup de sérénité.
15:47Et certains même diront avoir vu une croix s'illuminer dans le ciel.
15:51Et puis, son corps sera récupéré par un catéchiste
15:53qui donne de l'argent à des gardes, en fait, pour les soudoyer,
15:56pour que sa dépouille ne parte pas dans une fosse commune.
16:00Il va reposer quelque temps en terre chrétienne,
16:02à côté de Saint-François-Régis Clé, qu'il admirait tant
16:05et à qui il voulait tant ressembler
16:07et qui avait été martyrisé 20 ans plus tôt.
16:10Et puis, sa tombe va devenir, évidemment, rapidement
16:12un lieu de pèlerinage pour les Chinois convertis.
16:16Et sa dépouille va être ensuite transférée rue de Sèvres à Paris,
16:19donc à la maison mère des Lazaristes, 20 ans après sa mort.
16:22On l'a vu dans le reportage.
16:24On peut donc toujours voir sa dépouille dans la tombe
16:26que vous voyez s'afficher à l'écran.
16:28« Je suis heureux de mourir pour le Christ. »
16:31Ce seront ses dernières paroles de nos jours.
16:34On le trouve toujours représenté,
16:36notamment dans toutes les petites églises du Lot,
16:39habillé de son costume traditionnel chinois,
16:41les cheveux coiffés, attaché à la croix qu'il a tant chérie.
16:45Merci beaucoup, Véronique.
16:46C'était diffiant de voir tout ce qu'il a subi.
16:49Mais, père Ducourneau, comment a-t-il trouvé la force,
16:51justement, de ne pas renier sa foi
16:53et de tenir à travers toutes ses épreuves ?
16:55Sa force, c'était le Christ indéniablement.
16:58Il était vraiment attaché au Christ
17:02et rien ne pouvait le séparer de cet amour du Christ,
17:06ni la détresse, ni le supplice.
17:08C'est le texte, d'ailleurs, qu'on a lu ce matin à la prière
17:10dans l'Épître aux Romains.
17:13C'est une foi extraordinaire.
17:14Une foi ?
17:17Je pense que si on commence à dire que c'est une foi extraordinaire,
17:20ça veut dire que ce sont des hommes extraordinaires.
17:21Non, effectivement.
17:24Mais c'est héroïque de le dire.
17:25Voilà, c'est peut-être héroïque.
17:28Mais la foi est une force, la foi est une vertu.
17:30J'en parle dans mon livre Voyage au pays des vertus.
17:33La foi est une vertu, c'est une force qui vient de Dieu.
17:37Elle est donnée à chacun, à nous de cultiver cela.
17:40De cultiver cela avec l'amour que l'on a pour Dieu.
17:43Et c'est cet amour que Jean-Gabriel avait pour Dieu
17:46qui a cultivé son humanité et qui a fait ce qu'il est devenu.
17:51Et son amour du martyr, il faut se méfier de ça,
17:55parce qu'en fait, quand un chrétien cherche délibérément le martyr,
17:59ce n'est pas un objet de canonisation.
18:03Le martyr, c'est une conséquence.
18:05Il annonce le Christ.
18:07Saint Grégoire de Naziance, au IVe siècle,
18:09a rappelé que le chrétien ne doit pas chercher le martyr,
18:13mais lorsque ce martyr se présente, on ne doit pas s'y dérober.
18:17Il faut l'accepter.
18:18Voilà, il faut l'accepter, il ne faut pas avoir ce que l'acheter.
18:21Mais alors, là, du Cournot, on dit, il y a un adage fameux que vous connaissez,
18:25le sang des martyrs et semences de chrétienté.
18:27Aujourd'hui, donc, deux siècles après, quasiment, ou un siècle et demi,
18:30il y a un renouveau spirituel en Chine.
18:31Est-ce qu'on peut l'attribuer à tous ces martyrs,
18:33parce qu'il n'est pas le seul, qu'ils sont morts ?
18:35Alors, au renouveau, je ne sais pas,
18:36mais il y a peut-être davantage, pour nous, occidentaux,
18:40davantage une espèce d'ouverture à la foi des communautés chrétiennes chinoises,
18:47depuis les accords avec le pape François, notamment.
18:50Mais je pense qu'il y a toujours des chrétiens qui vivent,
18:55il y a toujours des chrétiens aujourd'hui qui sont martyrisés,
18:59et prisonniers pour leur foi.
19:01Il ne faut pas l'oublier non plus, effectivement.
19:02Il ne faut pas l'oublier non plus, voilà.
19:04Véronique, quelques livres, s'il vous plaît,
19:06pour approfondir cette figure de Saint-Père Bois.
19:09Eh bien, le livre du père Jean-Yves Ducourneau,
19:12édition Médias Paul, c'est une semence d'éternité,
19:15Saint Jean-Gabriel Perbois, prêtre de la mission Premier Saint de Chine,
19:19voilà, évidemment, pour connaître cette épopée extraordinaire.
19:22Et puis, deux livres pour vous éclairer, justement,
19:24sur le renouveau du christianisme en Chine.
19:27Il y a le renouveau éclatant du spirituel en Chine,
19:29ça s'est signé Claude Meyer aux éditions Bayard.
19:32Et puis, les chrétiens dans la Chine de Xi Jinping par Michel Chambon de Clermont,
19:37ça c'est aux éditions du Cerf.
19:38Bien entendu, on n'oublie pas France Catholique qui fait sa une cette semaine
19:42sur deux seins qui vont être canonisés le 7 septembre 2025.
19:46Il s'agit de Carlo Acutis et de Pier Giorgio Frassetti,
19:49avec un zoom, évidemment, sur leurs points communs,
19:52qui vous sont soulignés par le père Vincent de Mello,
19:55notamment comme point commun.
19:57Il y a le fait qu'ils ne sont pas issus de familles catholiques pratiquantes
20:01et qu'ils avaient un grand amour de l'Eucharistie,
20:03ce qui prouve que la sainteté peut surgir de n'importe quelle famille.
20:06Donc, c'est encourageant.
20:08Merci beaucoup, Véronique.
20:09Alors, Saint-Père Boire est fêté le 11 septembre.
20:12Et puis, une citation qui est de lui,
20:15« Plutôt mourir que renier, ma foi », c'est ce qu'il a dit.
20:19Et effectivement, ça résume bien.
20:20Merci beaucoup, père Ducourneau.
20:21Je renvoie donc à vos deux livres « Une semence d'éternité »
20:25publié nouvellement, et c'est important de le dire, chez Edikos.
20:29Et puis, « Voyage au pays des vertus », vous reviendrez pour nous en parler.
20:32C'est publié ces temps-ci, ces jours-ci, chez Salvatore.
20:36Merci à Yaël Benhamou, aux équipes techniques de CNews,
20:39et à vous d'avoir suivi cette émission.
20:41Et puis, dans « Enquête d'esprit », demain, nous parlerons justement
20:43de ces deux canonisations de jeunes qu'ont-elles à nous dire aujourd'hui,
20:48Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassetti,
20:50« Deux jeunes Italiens, un siècle d'intervalle, leur vie est passionnante ».
20:54Et vous serez donc au rendez-vous.
20:55Nous aurons également sur l'antenne la diffusion en direct
20:59de la messe de canonisation depuis Rome.
21:01Ce sera à partir de 10h ce dimanche.
21:03Très bonne journée.
21:04En attendant, à vous tous.
21:05Alors, vous dóndez-vous les
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