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  • il y a 7 mois
Déjà condamné pour agressions sexuelles, Gérard Depardieu va affronter un nouveau procès, pour les viols présumés de Charlotte Arnould. La comédienne, accompagnée de son avocate Carine Durrieu Diebolt, est l'invitée en exclusivité de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 03 septembre 2025.

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Transcription
00:00Il est 8h17, face à Fogiel, l'interview de Marc-Olivier Fogiel, ça fait des années qu'elle se bat contre Gérard Depardieu, qu'elle accuse de l'avoir violée.
00:11Elle vient de remporter une manche importante, puisque le comédien sera bien jugé pour viol.
00:16Marc-Olivier, vous recevez ce matin Charlotte Arnoux et son avocate, maître Karine Durieux-Diébol.
00:21Bonjour à toutes les deux.
00:22Bonjour.
00:22Merci beaucoup d'être venu ce matin sur RTL.
00:25Hier, on a appris, en même temps que vous, que Gérard Depardieu allait être jugé pour les viols dont vous l'accusez, Charlotte.
00:31Pour commencer, comment vous avez réagi ?
00:34Ça fait 7 ans que vous attendiez la décision d'hier.
00:37Totalement, j'ai réagi de manière...
00:39Enfin, c'était un énorme soulagement.
00:42Et je n'ai pas réalisé, je crois, tout de suite, tant c'est énorme et tant...
00:45En fait, l'attente est tellement longue que j'y crois, mais qu'on n'y croit plus.
00:49Enfin, ça n'arrive jamais.
00:50Et ce temps est si long et si douloureux.
00:53Et c'est tellement un enfer.
00:55Un enfer ?
00:56Ah oui, ça a été 7 ans d'enfer absolu, où j'ai traversé les abysses desquels je ne pensais pas réchapper, sincèrement.
01:04Donc hier, pour vous, c'est une première victoire ?
01:07Oui, on va vers une forme de vérité judiciaire.
01:11C'est une reconnaissance, quand même, malgré tout, qui est tellement importante.
01:15Vérité judiciaire contestée par l'avocat de Gérard Depardieu, qui lui aussi, évidemment, prend la parole.
01:21Maître, votre confrère, déjà, fait appel et met en cause la juge d'instruction, qu'il trouve partiale, en fait.
01:26Oui, tout à fait.
01:28Alors, il est dans son rôle de la défense, mais peut-être une défense un petit peu excessive,
01:32puisque la décision de la juge d'instruction est un aboutissement de la procédure,
01:37mais elle n'a pas été toute seule à se prononcer sur la qualification de viol.
01:41On a eu une mise en examen initiale par Mme Mylène Huguet.
01:46La partie adverse avait fait appel de cette mise en examen, qui a été confirmée par la Cour d'appel.
01:52Donc, on a eu trois magistrats qui sont prononcés en confirmation de la mise en examen.
01:57Un procureur de la République, qui a été en ce sens-là également.
02:01On a eu des réquisitions définitives du parquet en juillet, qui a été en ce sens.
02:05Ça veut dire que le parquet va en ce sens, et la juge d'instruction.
02:09On a eu une multitude de magistrats qui ont tous été dans le même sens,
02:14parce que dans ce dossier, on a des éléments de preuve.
02:16Toujours est-il qu'il fait appel, Charlotte, vous parliez d'enfer, l'enfer continue,
02:20vous craignez finalement que ce procès n'arrive jamais ?
02:24J'ai confiance, et je garde totalement confiance.
02:27Par contre, je sais qu'il va user de tout ce qu'il peut faire,
02:30et il a aussi, du coup, la défense à la hauteur de l'argent qu'il a,
02:34parce que tout ça, ça coûte cher, et donc du coup, il peut rallonger comme il veut,
02:36donc il peut faire appel, et ensuite, il peut saisir la cour de cassation.
02:39Donc tout ça peut renvoyer ce procès au calendre grec ?
02:43Je ne sais pas, en fait.
02:45Et vous serez patiente ?
02:46Est-ce que j'ai le choix ? Non.
02:48Mais c'est de la survie, en fait.
02:51C'est-à-dire que la justice met tellement entre parenthèses,
02:54et il y a tellement, en fait, avec toute la stratégie de la défense,
02:58c'est de la victimisation, et ça fait aussi partie de la victimisation secondaire,
03:02que moi, je me prends, et en fait, c'est invivable.
03:05Quand vous parlez de patience, en fait, je pense qu'on peut parler de persévérance,
03:11de besoin de justice, de besoin de vérité pour Charlotte,
03:14et qu'elle a suivi ce trajet judiciaire, mais avec une grande, grande dignité.
03:20Vraiment une très grande dignité.
03:22Depuis, donc, les faits présumés, les 7 et 13 août 2018,
03:28vous avez 22 ans, on se souvient de l'histoire,
03:30vous allez chez Gérard Depardieu, un ami de votre père, pour parler d'une pièce.
03:34Alors non, je me permets d'en faire la rectification,
03:37parce que c'est repris un peu partout.
03:39Je n'allais pas du tout chez lui pour répéter, donc en fait...
03:41Je n'ai pas dit répéter, mais...
03:42En tout cas, une pièce, il n'est pas question du tout d'une pièce,
03:46donc c'est l'ami de mon père, il m'a tenu bébé dans ses bras,
03:50et en fait, il me dit, viens me dire où t'en es un peu au niveau de la danse,
03:55du piano, combien tu payes de loyer, des choses hyper banales.
03:58Et c'est en fait, c'est au cours des 15 premières minutes,
04:01où il me dit, quels sont tes projets ?
04:03Je lui dis, j'aimerais passer le conservatoire supérieur d'art dramatique.
04:06Et là, il me dit, pardon, tu devrais peut-être travailler
04:09les femmes savantes ou la double inconstance de Marie Vaud.
04:13Vous montez dans sa chambre, vous dites qu'il y a une pénétration vaginale,
04:16tout bascule au bout des 15 minutes, c'est-à-dire qu'il me sidère
04:19et qu'il y a la surprise et la contrainte morale qui arrivent très très très vite,
04:22et c'est-à-dire qu'il me pose des questions tellement sidérantes,
04:25choquantes et d'une telle violence inouïe,
04:27qu'en fait, je me retrouve en état de sidération à ne plus pouvoir réagir.
04:30Ça n'a aucun sens qui est en train de se produire.
04:32Lui, il écrit, on se souvient, dans une lettre ouverte au Figaro,
04:35jamais, au grand jamais, je n'ai abusé d'une femme,
04:38je ne suis ni un violeur, ni un prédateur.
04:42Il dit que vous êtes venu chez lui une première fois,
04:44le pas léger, montant de votre plein gré dans sa chambre.
04:46Hier, son avocat dit d'ailleurs qu'il y a des caméras de surveillance
04:50dans le salon de Gérard Depardieu, où on vous voit vous embrasser,
04:53langoureusement vous promener, rigoler.
04:55Alors ça, c'est insupportable.
04:56Encore une fois, a-t-il vu véritablement les images,
04:59ou s'en est-il référé à la traduction et à l'expertise écrite des images ?
05:06Je ne sais pas quoi dire, mais...
05:08Maître, là-dessus, l'avocat, il est dans son rôle.
05:12Il est dans son rôle d'interprétation,
05:14mais il donne quand même aussi beaucoup, beaucoup de fausses informations.
05:18Il n'a pas arrêté à travers le procès des volets verts,
05:21il faut quand même rappeler qu'il y a une vingtaine de femmes.
05:23Dans laquelle Gérard Depardieu a déjà été condamné pour agression.
05:27Vous étiez avocate de l'une des plaignantes.
05:29Et vous, Charlotte, vous assistiez au procès.
05:31Et on va dire les choses, clairement, vous en êtes pris plein la figure.
05:35C'était 17 minutes d'acharnement.
05:38Et chose qu'il a refaite hier.
05:39de violences, d'injures.
05:41Et je vais vous confier que je m'apprête à saisir l'ordre des avocats.
05:47Vous vous saisissez l'ordre des avocats contre votre confrère pour fausses informations ?
05:50Je l'envisage pour des fausses informations, pour des injures.
05:54Pour des injures à mon égard, pour des injures à l'égard des partis civils.
05:58Il a été quand même l'avocat, et ça je dois le saluer et le remercier à cet égard,
06:03qui a amené à la première condamnation d'un agresseur sexuel pour victimisation secondaire.
06:09Il a fait entrer la victimisation secondaire dans le droit français.
06:12Merci Maître Assouz.
06:13Mais vous dites, ce n'est pas ce qui se passe sur les images de vidéosurveillance.
06:16Il se passe quoi sur ces images de vidéosurveillance, en fait, alors ?
06:19Ce qu'on voit très nettement, ce sont des viols et des agressions sexuelles.
06:24Et surtout, le premier acte sexuel est une main dans le short de Charlotte Arnoux
06:31qui vient d'arriver sur place, donc 15 minutes après son arrivée,
06:35dans un contexte qui est tout sauf de la séduction.
06:37Il n'est pas question de séduction.
06:39Il est question de prendre des nouvelles de Charlotte Arnoux.
06:41Et on a des éléments matériels dans ce dossier,
06:43parce qu'on a un message de Gérard Depardieu qui l'invite.
06:47C'est lui qui l'invite.
06:48C'est lui qui insiste.
06:49C'est lui qui est empressé de la voir.
06:50Clairement, quand vous entend, Maître, Charlotte,
06:53vous diriez que Gérard Depardieu est un prédateur sexuel ?
06:56Bien évidemment, sans aucun doute.
06:58Et je pense que tout était prémédité.
07:00Et quand j'arrive chez lui, je me doute absolument.
07:03En plus, je baisse 37 kilos.
07:05Je m'achète deux petites pommes en me disant,
07:07là là, j'espère qu'il n'a pas préparé de petit déjeuner.
07:09Il ne faut absolument pas que je grossisse.
07:10Je suis vraiment dans l'anorexie.
07:13Et vous tombez dans un piège ?
07:16Non, mais en fait, jamais.
07:18C'est impensable.
07:19Jamais je pense à ça.
07:19Vous pensez que lui...
07:22Dès lors où il me dit, je fantasme sur toi depuis une semaine,
07:25je ne fais que penser qu'à toi tous les jours.
07:27En fait, on a un empressement réel de Gérard Depardieu dans ce dossier
07:31qui insiste pour que Charlotte vienne.
07:34On a les messages, on a la téléphonie qui accrédite cela.
07:37Et au terme de 15 minutes où elle est présente, il agit par surprise.
07:42Je tiens à souligner que c'est un mode opératoire qui est récurrent
07:46à travers le témoignage de toutes les femmes qui ont décrit des violences sexuelles
07:49qui sont plus d'une vingtaine.
07:51Plus d'une vingtaine de femmes.
07:52La question qui se pose forcément, sans vous mettre en accusation,
07:54mais pour comprendre, qu'est-ce qui fait que vous y retournez ?
07:57Puisque vous y retournez, quelques jours après,
08:00ce qui fait écrire à Gérard Depardieu,
08:02elle est revenue une seconde fois,
08:04il n'y a jamais eu, entre elle et moi,
08:06contrainte, violence, ni protestation.
08:09Il y a bien un moment où vous y retournez,
08:11malgré ce que vous décriez vous-même et votre avocate.
08:13Bien sûr, mais en fait, le 7 août, je me dis que je suis morte,
08:16ma vie est finie et je mets le corps,
08:22c'est une sorte de mort psychique qui me met dans un tel état
08:25que je suis dans un flou de je ne sais pas ce qui m'arrive,
08:28en même temps, il n'y a rien qui va et c'est un drame qui est en train de se passer.
08:31Et en fait, j'y vais, je n'ai pas l'intention de le revoir.
08:34Il me rappelle encore une fois, tout est à son initiative.
08:37Et moi, j'ai la boule au ventre pendant une semaine,
08:39enfin pendant une semaine, je ne sais pas, qui va me rappeler.
08:42Mais du coup, j'y vais pour lui dire ces quatre vérités
08:45et pour lui dire effectivement, en fait, qu'il n'avait pas le droit.
08:48Et là, ça recommence.
08:51Pour me confronter à lui.
08:52Vous êtes confronté à lui, d'ailleurs, indirectement,
08:54dans le cadre du procès qu'il a déjà, j'allais dire, subi,
08:59ce n'est pas le terme, auquel il a été contraint,
09:01pour lequel il a été condamné.
09:03Ça a été extrêmement violent pour vous, vous étiez en larmes.
09:07Ce procès, s'il arrive, il arrivera certainement un jour,
09:09malgré les recours, vous l'attendez comment ?
09:12Maintenant.
09:13Vous êtes prête ?
09:14En fait, le plus dur, c'est maintenant, non ?
09:16Le plus dur, oui.
09:17Je pense que je vais être broyée.
09:19Mais en même temps, il fait déjà sa plaidoirie.
09:22C'est-à-dire que je sais maintenant ce qu'il va dire.
09:26Donc, à partir de là, ça a été un choc, effectivement,
09:29parce que d'être salie, d'être calomniée,
09:32qu'il y ait des mensonges, que tout soit déformé,
09:34c'est insupportable.
09:35Mais tout ça, ça va se produire ?
09:38Évidemment, mais j'en suis consciente.
09:39Et vous êtes prête ?
09:40Mais je serai prête, parce que j'ai la vérité avec moi,
09:42je n'ai pas peur.
09:43Vous n'avez pas peur ?
09:44Non, mais il me fait mal,
09:45parce que je pense que la défense veut faire mal.
09:48Il y a de la violence qui est gratuite.
09:51Il raconte une autre histoire que celle qui ressort du dossier.
09:54C'est pour ça qu'on est sereine sur le fond.
09:56Parce qu'en fait, on a un dossier qui est très solide, sur le fond.
09:59Et c'était exactement la même chose pour l'affaire des volets verts.
10:02Il avait raconté une autre histoire, mais même dans les médias.
10:06Et au final, ma seule intention à moi, c'était d'aller sur le fond du dossier.
10:10Et sur le fond, vous attendez sa condamnation.
10:12Vous irez mieux après ?
10:13Je pense que ça sera une partie de ma guérison.
10:18Vous êtes guérie aujourd'hui ?
10:19Non.
10:20Non, non.
10:21Avec la justice et tout ce que ça engage,
10:23et tout ce que ça ravive à chaque fois et chaque jour, c'est impossible.
10:26Il nous reste 20 secondes.
10:27Gérard Depardieu écoutera cette interview.
10:29Vous lui dites quoi ce matin ?
10:31C'est difficile.
10:34Je pense qu'Anneau Grimbert avait dit des choses très très importantes
10:36et qu'il aurait eu un rôle à jouer en regagnant un peu d'humanité.
10:41Merci Charlotte Arnoux.
10:42Merci Maître d'être venu ce matin pour votre première prise de parole
10:45depuis la décision d'hier sur RTL.
10:46Merci à toutes les deux.
10:47Merci beaucoup.
10:48Merci à vous.
10:49Je n'ai pas peur.
10:49Il me fait mal, mais je n'ai pas peur, disait à l'instant.
10:51Charlotte Arnoux à votre micro.
10:52Marc-Olivier accompagné.
10:53Merci.
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