- il y a 4 mois
Pour ce nouvel épisode de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective internationales de TVL, Edouard Chanot joint à New Delhi Ram Divedi, industriel indien et fondateur du think tank Kutniti.
Plus de la moitié de la population de la planète, et la volonté clairement affichée de contredire l'Occident : Xi Jinping accueillait à Tianjin les 31 août et 1er septembre pour le sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghaï 20 chefs d'Etat, dont Vladimir Poutine, mais aussi et surtout Narendra Modi. Une démonstration de puissance d'un trio que l'Occident n'a pas vu venir.
Trump a-t-il poussé New Delhi et Pékin à s'entendre en dépit de leur brouille récente ? Comment Modi résiste-t-il aux pressions américaines ? Pourquoi l'Inde maintient-elle sa relation avec la Russie ?
Plus de la moitié de la population de la planète, et la volonté clairement affichée de contredire l'Occident : Xi Jinping accueillait à Tianjin les 31 août et 1er septembre pour le sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghaï 20 chefs d'Etat, dont Vladimir Poutine, mais aussi et surtout Narendra Modi. Une démonstration de puissance d'un trio que l'Occident n'a pas vu venir.
Trump a-t-il poussé New Delhi et Pékin à s'entendre en dépit de leur brouille récente ? Comment Modi résiste-t-il aux pressions américaines ? Pourquoi l'Inde maintient-elle sa relation avec la Russie ?
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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
00:29Plus de la moitié de la population de la planète est la volonté clairement affichée de contredire l'Occident.
00:35Xi Jinping accueillait à Tianjin les 31 août et 1er septembre 2025 20 chefs d'État, dont Vladimir Poutine bien sûr, mais aussi et surtout Narendra Modi.
00:46Une réconciliation entre les deux géants, chinois et indiens, et une démonstration de puissance d'un trio que l'Occident n'a pas vu venir.
00:54Alors pour en parler, nous sommes en liaison avec New Delhi et Ram Divedi, industriel indien et fondateur du think tank Kutniti.
01:03Ram Divedi, bonjour.
01:05Bonjour Edouard.
01:05Et merci d'avoir encore une fois répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
01:10Alors, selon les termes utilisés par Xi Jinping lui-même, l'OCS, l'Organisation de Coopération de Shanghai, qui à l'origine était une organisation régionale, est devenue, selon lui, un rempart de la stabilité mondiale.
01:25Est-ce un constat, une envie, un désir qui est partagé aussi en Inde, à New Delhi ?
01:32Oui et non. L'Inde a une particularité par rapport aux deux autres grands véants qui sont part de cette organisation qui sont la Russie et la Chine.
01:39C'est que l'Inde n'est pas un pays anti-occidental. L'Inde est un pays non-aligné.
01:44Et du coup, le problème de l'Inde, c'est que c'est un pays qui n'est pas très fort en géopolitique et qui est toujours un peu balancé entre être pro-américain et être pro-chinois.
01:52L'Inde est globalement plutôt pro-russe, pas sur tous les points, notamment sur les points militaires, mais plutôt pro-russe en général.
02:01Par contre, c'est un peu bizarre d'être entre les deux.
02:04Là où le symbole est fort, c'est que ça faisait 7 ans que Xi Jinping et Modi ne s'étaient pas rencontrés.
02:09Et surtout, c'est que cette réunion fait face à un accroissement des tarifs de la part des États-Unis sur l'Inde très récent.
02:17Donc, en fait, c'est vu comme un signe de quand on attaque l'Inde, l'Inde va aller trouver d'autres alliés, renforcer en tout cas d'autres alliances.
02:25Alors, vous évoquez en effet toutes les questions que je voulais vous poser, à la fois le lien avec la Russie, le rapport, le renouveau avec Xi Jinping et la Chine.
02:35Xi veut refuser, selon ses propres termes, l'hégémonisme.
02:38Poutine, lui, a appelé à l'essor d'un monde multipolaire.
02:43Deux questions, Ramdi Vedi.
02:45Comment, d'une part, expliquer cette « accélération » de l'histoire ?
02:50Et comment l'Inde, selon vous, voudrait-elle se placer ?
02:54On sait en effet que l'administration, le gouvernement de Modi, depuis plusieurs années, depuis presque une décennie, évoque un multi-alignement, voire même une position de pivot.
03:08En fait, il y a un truc que l'Inde n'aime pas trop, c'est le monde bipolaire, comme il y a pu l'avoir pendant les guerres froides,
03:14ou comme maintenant, avoir un bloc américain, un bloc chinois, c'est un truc avec lequel l'Inde n'est pas très à l'aise.
03:21La proposition, là, c'est de faire un monde multipolaire.
03:24En fait, ce que l'Inde aimerait, c'est un monde non-polaire, avec uniquement un peu des puissances régionales.
03:29L'Inde est une puissance régionale, ce n'est pas une énorme puissance internationale, c'est une énorme puissance démographique, c'est une énorme puissance économique,
03:36l'année prochaine sera la troisième puissance économique mondiale.
03:39C'est une puissance technologique sur plein de points.
03:41Ce n'est pas une puissance géopolitique, c'est une grosse puissance militaire, mais encore une fois,
03:44qui n'a pas de volonté de projection de puissance à l'international.
03:47Donc en fait, ce que l'Inde aimerait est être un peu dans son coin.
03:51Il y a un plan de l'Inde qui s'appelle Atman et Bol Palat, qui n'est pas vraiment connu en dehors de l'Inde,
03:55qui a un plan sur 50 ans.
03:56Ça veut dire self-reliance, je ne saurais pas le traduire en français, c'est le fait d'avoir une l'Inde indépendante.
04:03En gros, ce que fait le plan, c'est de se dire, on va prendre toutes les clés de dépendance du pays et on va les couper sur les trucs stratégiques.
04:11L'Inde continuera à importer du champagne de France, par exemple.
04:15Ce n'est pas stratégique, mais sur tous les autres sujets, l'Inde va être indépendant et ça fait suite un peu à la fois la crise du Covid
04:22et puis les différentes guerres qu'il y a eu récemment en se disant, on ne sait pas trop vers où le monde va aller.
04:27Nous, on a un immense empire, civilisation qui existe depuis des milliers d'années sous l'Himalaya.
04:32Tant qu'on est autonome de notre côté et souverain, on est tranquille.
04:35Donc, ce n'est pas du tout une notion hégémonique de conquête du monde, de vouloir créer un nouvel ordre mondial ou quoi que ce soit.
04:41C'est juste nous, on va être tous dans notre coin tranquille.
04:43Après, le problème, c'est que ça ne marche pas comme ça.
04:46Il faut des alliances.
04:48On l'a vu, il y a eu un conflit en Inde avec le Pakistan au mois de mai.
04:51Et ce qui était assez dur pour aller en Inde, il faut voir que l'Inde n'avait pas beaucoup d'alliés.
04:54En gros, il n'y a pas eu beaucoup de pays contre l'Inde et pas beaucoup de pays pro-Linde.
04:58Voilà, tu veux faire le pays neutre.
05:00On va montrer que c'est un pays neutre et il n'y a pas beaucoup d'alliances.
05:03Et donc là, l'Inde se cherche à voir s'il y a moyen d'avoir un vœu d'alliance un peu plus fort actuellement.
05:11Avec la Russie, c'est ce qu'il y a depuis longtemps.
05:12Avec la Chine, c'était le cas dans l'histoire, mais c'était un peu moins le cas récemment.
05:17Alors, il y a une vidéo qui a beaucoup fait parler d'elle depuis 24, 48, 24 heures.
05:23C'est celle de la poignée de main des retrouvailles entre Modi, Poutine et Xi.
05:27Nous la voyons à l'image.
05:29Mais croyez-vous, Ramdi Vedi, à la solidité de ce trio, de cette relation entre les trois chefs d'État
05:36et comment il pourrait bouleverser l'ordre mondial ?
05:41Déjà, il y a dans le trio trois participants.
05:44Entre la Chinelle et la Russie, l'un n'est pas partie prenante.
05:47Les relations ont l'air un peu compliquées, surtout avec la guerre entre la Russie et l'Ukraine actuellement.
05:53Si on prend par contre chaque axe, l'axe russo-indien marche bien depuis longtemps.
05:58L'Inde est un pays qui a une profondeur historique très importante.
06:02Moi, je n'étais pas né, vous non plus.
06:04En 71, il y a eu une guerre au Bangladesh, une guerre civile poussée par le Pakistan,
06:09qui a fait des millions et des millions de morts.
06:12Bangladesh avait demandé à l'Inde, aux États-Unis, en premier, d'intervenir.
06:14Ils ne sont pas intervenus.
06:15L'Inde est intervenu militairement à gagner la guerre.
06:18Mais pendant ce conflit, les Américains et les Britanniques ont voulu attaquer l'Inde.
06:21Ils filonnaient les ports indiens, en fait.
06:24On est en pleine guerre froide.
06:25Et au moment où les bateaux de l'OTAN, en gros, arrivent sur les côtes indiennes,
06:30la marine russe s'interpose.
06:31À l'époque, c'est les Soviétiques.
06:33Et l'Inde n'oubliera jamais, en fait, le fait que les Soviétiques ont sauvé l'Inde à ce moment-là.
06:37Et du coup, ça a créé d'excellentes relations.
06:39On peut faire un peu un parallèle avec la France.
06:40La France a beaucoup aidé l'Inde dans la guerre du Cargill en 99.
06:43Et du coup, ça a permis à ce qu'on voit actuellement,
06:46les ventes de rafales, de sous-marins militaires, ainsi de suite.
06:49L'Inde a une longue mémoire, on va dire.
06:52Donc, il y a de bonnes relations avec la Russie,
06:54même si l'Inde n'a jamais trop compris le conflit russo-ukrainien
06:56et en voulu un peu aux russes de l'avoir fait dans leur coin.
07:00Et puis, je pourrais parler après de tout ce qui est pétrole,
07:04puisque l'Inde est connue pour être un énorme exportateur de pétrole raffiné.
07:08L'Inde n'a pas de brut, n'a pas de pétrole, mais importe du brut et le raffine.
07:11La plus grosse raffiné de pétrole au monde, elle est dans l'ouest de l'Inde.
07:14Elle appartient à un groupe en Inde qui s'appelle Reliance.
07:16L'État indien a aussi un énorme raffineur de pétrole.
07:19Avec l'ingénierie, la pharmaceutique et l'électronique,
07:22c'est ce que l'Inde exporte le plus.
07:24Avec ce qui est rigolo, c'est que la plupart des clients sont des Occidentaux
07:27qui blâment l'Inde de le faire alors qu'ils achètent ces produits-là.
07:30Le plus gros achat de zenzel de l'Inde est l'Ukraine.
07:33Donc, de ce côté russe, il n'y a pas vraiment de problème.
07:38Il y a beaucoup de problèmes militaires aussi qui sont effectivement avec la Russie,
07:41notamment le S-500.
07:42Donc, le futur du S-400 devrait être développé entre les Russes et les Andiens.
07:46Il y a déjà les missiles qui sont faits ensemble.
07:48Et puis après, il faut voir un truc, c'est que c'est vraiment dans le sujet.
07:51C'est que récemment, tous ces pays-là sont mis à faire des échanges commerciaux
07:54en monnaie locale.
07:55Donc, quand les Russes vendent du brut aux Andiens, ils sont payés en roupies.
08:00Maintenant, qu'est-ce qu'ils vont faire avec les roupies ?
08:02Donc, on voit de plus en plus les Russes acheter de moins en moins de produits chinois
08:05et de plus en plus de produits indiens sur des biens manufacturés.
08:07Des téléphones, par exemple, des pièces automobiles et ainsi de suite.
08:11Donc, il y a un chiffre des Russes depuis la Chine vers l'Inde,
08:15même si ça reste un partenaire très fort de l'Inde.
08:18Mais si je prends l'autre axe, qui est l'axe indochinois,
08:21là, il faut voir qu'on a quand même des milliers d'histoires en commun.
08:24On a des milliers de kilomètres de frontières, alors que la Russie, c'est un peu plus loin,
08:27mais la Chine, c'est notre frontière.
08:28On a une civilisation qui a quelques grosses racines communes.
08:33Les plus importants, c'est le bouddhisme, qui est une religion qui vient d'Inde et du Népal
08:36et qui s'est beaucoup développée en Chine.
08:39Et les relations, en fait, finalement, dans des milliers d'années d'histoire,
08:41on n'a jamais eu trop de guerres.
08:43Finalement, on a toujours été pays en paix,
08:45alors que la frontière ouest de l'Inde a toujours été en guerre
08:47depuis les milliers d'années, depuis Alexandre le Grand, en fait.
08:50Donc, il n'y a pas vraiment de raison historique de se battre avec les chinois.
08:54Il y a juste eu des clashes à la frontière.
08:56Récemment en vide.
08:57Récemment en 2020.
08:592020, en mai 2020, c'est là où ça...
09:01On a jeté un petit froid entre Pékin et Nudehéli.
09:04Exactement.
09:04Après, c'est des problèmes à la frontière.
09:06On est au milieu de l'Himalaya, il n'y a pas grand-chose non plus.
09:08Et puis après, il y a un truc dont on parle moins,
09:10c'est le SPEC, c'est le China-Pakistan Economic Corridor,
09:13qui est en fait une énorme partie des nouvelles routes de la soie,
09:16qui passent de l'ouest de la Chine, qui traversent le Pakistan,
09:20qui leur donnent accès à l'océan Indien, en face de Dubaï, en gros.
09:23Et ça, c'est un plus gros problème pour l'Inde.
09:26Mais récemment, et moi, c'est un peu un travail que je fais avec mon think tank,
09:29je discute beaucoup avec des think tanks chinois, je vais souvent en Chine.
09:32Les Chinois ont besoin des Indiens actuellement.
09:34À chaque fois qu'il y a eu des problèmes avec la Chine de géopolitique,
09:37que ce soit des tarifs ou d'autres problèmes, notamment liés à Trump,
09:40il y a toujours trois pays.
09:41Il faut savoir qu'en géopolitique de la Chine,
09:43dès que la Chine a un problème, il y a trois pays qui en bénéficient.
09:45Le premier, c'est le Mexique, puisque le Mexique a la frontière américaine.
09:49Le deuxième, c'est le Vietnam, puisque géographiquement,
09:51c'est la suite, c'est la continuité de la Chine sur la côte.
09:53Et le troisième, c'est l'Inde.
09:55Même si on tient de volume, je mettrais l'Inde en deuxième,
09:57puisque c'est un autre grand pays qui a des capacités technologiques.
10:01Et un des groupes de la Chine, par exemple,
10:03a perdu le marché du téléphone portable.
10:05Ils en ont encore, mais la plus grosse c'est le téléphone portable au monde.
10:08Maintenant, elle est en Inde, c'est Samsung.
10:09L'iPhone commence à être fait de plus en plus en Inde.
10:12Les Stasme achètent des iPhones indiens.
10:13Et donc, ils commencent à perdre un peu pied dans certains secteurs,
10:17au profit encore de ces trois pays-là.
10:18Et donc, ils chercheraient à rentrer en Inde.
10:20Donc, il y a eu pas mal de...
10:21Le symbole de la poignée de main au SCO,
10:25cet événement est important,
10:27mais il y a d'autres choses qui se sont arrivées récemment.
10:29Un peu plus discrète, on va dire.
10:30C'est que l'Inde est en train d'autoriser les investissements chinois en Inde
10:35à autour de 25%.
10:36Alors, pourquoi 25% ?
10:37Parce que la minorité de blocage est de 26% dans le Grand-Indien.
10:40Alors, il y a une liste au noir qui existe,
10:43qui n'est pas publique,
10:44mais en gros, il n'y a pas de défense,
10:45pas de nucléaire, pas de télécommunication.
10:47Mais sur d'autres secteurs,
10:48qui sont des biens manufacturés, de l'automobile, et ainsi de suite,
10:51je pense qu'on va avoir de plus en plus d'investissements chinois en Inde.
10:54De plus en plus d'investissements chinois.
10:55Alors, nous allons en reparler peut-être.
10:58Petit retour,
11:00il y a quelques semaines,
11:01Trump a, rappelons-le,
11:02imposé des tarifs douaniers à 50% pour l'Inde
11:04pour avoir acheté du pétrole russe.
11:06Vous avez esquissé ce problème, Ramdi Vedi.
11:08Alors, hier,
11:09les photos de Modi et ses propos vis-à-vis de Poutine
11:12ont aussi beaucoup fait jaser.
11:15Il a qualifié Poutine de « cher ami »,
11:16cela pourrait sembler de la simple diplomatie.
11:19Il est monté,
11:19il s'est fait photographier dans la voiture du président russe,
11:22ça pourrait aussi sembler anecdotique.
11:24Il a commenté sur X,
11:25toujours un plaisir de le voir,
11:26ou encore, je cite,
11:27« les conversations avec lui sont toujours enrichissantes ».
11:31Lors d'une rencontre avec la délégation russe,
11:35il a déclaré,
11:36Modi bien sûr,
11:37« l'Inde et ses partenaires resteront solidaires,
11:40même dans les situations les plus difficiles.
11:42Notre partenariat »,
11:43et il s'adresse à l'heure de devenir Poutine,
11:45« n'est pas seulement important pour notre pays,
11:47mais pour le monde ».
11:48Donc, vous aviez dit,
11:49il a quelques instants,
11:49Ramdi Vedi,
11:50que le conflit en Ukraine
11:51n'avait pas tout à fait été compris en Inde.
11:54Comment se fait-il,
11:55quelques mois,
11:55quelques années après,
11:56que Modi
11:57prenne à ce point
11:58le contre-pied de l'Occident
11:59sur le dossier russe
12:01et sur une relation
12:02avec Vladimir Poutine ?
12:04Je pense que déjà,
12:05ils sont amis.
12:07C'est un peu les échos que j'ai ici
12:08du ministère de la République étrangère.
12:09Je pense qu'ils ont vraiment développé une amitié.
12:11Ces deux chefs d'État
12:11qui sont au pouvoir depuis très longtemps,
12:13Poutine depuis plus de 20 ans,
12:15Modi arrive au pouvoir en 2014,
12:16donc ça fait 11 ans qu'il est là.
12:18Donc, ils se connaissent extrêmement bien,
12:20ils sont vus.
12:21C'est pas comme avec la Chine.
12:22Ils se voient plusieurs fois par an,
12:23ils ont des tonnes d'événements ensemble,
12:25donc je pense qu'ils ont développé une complicité.
12:27Et globalement,
12:27la Russie a toujours été un partenaire fiable,
12:30il faut être honnête avec ça.
12:33Effectivement,
12:34la guerre en Ukraine est un peu un problème
12:35pour l'Inde
12:36parce que ça a jeté la Russie
12:38un peu contre le monde occidental.
12:39Et encore une fois,
12:40l'Inde n'est pas un pays anti-occidental.
12:41Donc, c'est un peu une position inconfortable
12:43d'avoir un allié aussi important
12:45qui est en bisbille
12:47avec le reste du monde.
12:50Là, actuellement,
12:51l'Inde essaie de jouer un gros coup.
12:53Je ne sais pas si vous avez vu,
12:54mais l'Inde a invité
12:55et Poutine et Zelensky
12:56à venir en Inde à la fin de l'année.
12:58Les deux ont accepté.
13:00Maintenant, le jeu de l'Inde,
13:00c'est de les faire venir au même moment.
13:02En gros,
13:02l'Inde veut jouer au jeu du réconciliateur.
13:05L'Inde a appelé
13:05à lancer ses le feu en Ukraine.
13:07C'est une formule consacrée,
13:08on va dire,
13:08mais l'Inde souhaite
13:09qu'il n'y ait pas plus de conflits
13:11dans cette partie du monde-là.
13:13Donc, on va voir
13:13si l'Inde pourra
13:14faire un levier de sa neutralité
13:18pour faire avancer un peu les discussions.
13:20Ce que Trump a essayé de faire
13:21récemment,
13:22c'est-à-dire que la solution
13:24viendra de l'Inde.
13:24On va voir.
13:26Alors,
13:27encore une fois,
13:27vous êtes en Inde,
13:28nous évoquons la Russie.
13:29Alors,
13:29je voudrais faire un petit résumé
13:31de ce que Poutine a pu dire
13:33au sommet de l'ECS
13:34pour ensuite vous donner
13:35l'avis,
13:36votre avis,
13:37même aussi l'avis
13:37plus généralement de l'Inde.
13:39Petit résumé.
13:40Cette crise n'a pas été déclenchée
13:42par l'attaque de la Russie
13:43en Ukraine,
13:44a fait valoir Vladimir Poutine
13:45le 1er septembre à Tianjin.
13:48Pour le président russe,
13:49elle est le résultat
13:50d'un coup d'État en Ukraine,
13:52soutenu et provoqué par l'Occident.
13:54Poutine a fustigé
13:55la répression de Kiev
13:56contre les habitants du Donbass,
13:57ayant refusé ce renversement.
13:59Selon lui,
14:00les tentatives constantes
14:01de l'Occident
14:02pour attirer Kiev dans l'OTAN
14:03ont été la deuxième cause
14:05de la guerre.
14:06Les dirigeants ukrainiens
14:07opposés à l'entrée du pays
14:08dans l'alliance,
14:09ayant été écartés.
14:10Vladimir Poutine a déclaré,
14:12espéré que sa rencontre
14:13avec Donald Trump
14:14ouvrait la voie à la paix.
14:16Le dirigeant russe
14:16a remercié la Chine et l'Inde
14:17pour leurs efforts
14:18en vue de résoudre le conflit.
14:20Selon Yuri Uchakov,
14:21conseiller du Kremlin,
14:23Poutine a discuté en privé
14:24des derniers contacts
14:25entre Moscou et Washington
14:26avec Xi Jinping,
14:28puis Narendra Modi.
14:29Il a aussi salué
14:30le rôle de la Turquie d'Erdogan,
14:31qui a organisé cette année
14:32trois réunions bilatérales
14:34entre la Russie et l'Ukraine.
14:35Le sommet 2025 de l'OCS
14:37a pleinement justifié
14:39sa réputation d'alternative
14:41en devenir à l'OTAN.
14:46L'Inde, vous le dites,
14:47Ramdi Vedi,
14:48veut être entre l'Occident
14:50et, j'ai envie de dire,
14:51le sud global.
14:52Face au conflit ukrainien,
14:53quelles sont les options
14:54qui s'offrent à Modi ?
14:56Donc, il reste allié
14:57avec Vladimir Poutine.
14:58Il ne veut pas une brouille
14:59totale avec l'Occident.
15:00Il veut essayer de ravibocher,
15:02c'est un bien grand mot peut-être,
15:04l'Ukraine et la Russie.
15:05Quelles sont les pistes
15:06qui s'ouvrent à lui ?
15:07Comment peut-il naviguer
15:08dans ce désordre mondial ?
15:11La première chose à voir,
15:13c'est qu'il y a un problème
15:14de politique intérieure
15:15et de politique extérieure.
15:16L'Inde a un pays
15:17qui est beaucoup plus centré
15:18sur la politique intérieure
15:19qu'extérieure.
15:19Ce n'est pas un grand pays
15:21de la géopolitique.
15:22L'important d'Inde,
15:22c'est de gagner
15:22les élections locales,
15:24c'est de développer le pays.
15:25L'Inde a une très grosse croissance.
15:26Là, on vient d'avoir
15:27des nouveaux chiffres de la croissance.
15:28On a 7,9% ce trimestre,
15:30donc c'est la locomotive
15:31de la croissance mondiale.
15:33Le problème,
15:33c'est que c'est un conflit
15:34qui est loin.
15:35Nous, on a beaucoup de conflits
15:37à nos frontières.
15:39Le Pakistan a trois guerres civiles
15:40en interne.
15:41Le Népal a une révolution communiste.
15:43La Birmanie a eu
15:44une double guerre civile
15:45au sein du pays.
15:46Le Sri Lanka a eu
15:48une faillite économique
15:49il y a deux ans.
15:50Le Bangladesh a eu un coup d'État
15:51l'année dernière.
15:52Nos frontières sont très,
15:53très, très compliquées.
15:54Heureusement qu'il reste
15:55tout à l'instant
15:56pour se tenir à peu près correctement.
15:58Si vous voulez,
15:58des Slaves qui se battent
15:59à des milliers de kilomètres d'ici,
16:00ça ne parle pas vraiment en Inde.
16:04Alors qu'on a tant de conflits
16:05à nos frontières.
16:07Du coup,
16:07quand il va vouloir régler
16:09ce truc-là,
16:10ça ne va pas vraiment
16:11parler aux Andiens.
16:11Ça va vraiment juste être
16:12une stratégie
16:15pour les relations internationales,
16:18même si, encore une fois,
16:19le poids de l'Inde
16:20n'est pas énorme ici.
16:24Plus important encore,
16:26c'est le rapprochement
16:26entre l'Inde et la Chine.
16:28C'était la première fois
16:29depuis neuf ans
16:30que Modi retournait en Chine.
16:33C'est la première fois
16:33depuis sept ans
16:34qu'il se revoyait,
16:37qu'il revoyait en effet
16:38Xi Jinping.
16:40Comment vivez-vous ?
16:41Vous l'avez commencé
16:42à l'esquisser,
16:43Ramdi Bedi,
16:44le travail que vous menez
16:45avec les Chinois.
16:47Comment vivez-vous
16:48ce rapprochement ?
16:48Comment l'Inde vit-elle
16:50ce rapprochement
16:50qui est aussi quand même
16:52teinté d'un peu de concurrence,
16:53bien sûr ?
16:55Il y a une concurrence,
16:56c'est les deux pays
16:57les plus peuplés du monde.
16:59On est frontaliers,
17:00on a 4000 km de frontières.
17:02Un des enjeux de la Chine
17:03que j'ai pu avoir
17:04de leur part,
17:05c'est leur problème de natalité.
17:07L'Inde a le même problème.
17:08L'Inde est vu
17:09que c'est un pays très peuplé,
17:10mais les gens
17:11ne font plus vraiment
17:11d'enfants en Inde.
17:13On est 1,9
17:14enfants par femme
17:14actuellement.
17:16Mais la Chine a eu
17:17ce changement démographique
17:18bien avant nous.
17:19Ils sont déjà
17:20en train de calculer
17:22les problèmes de natalité,
17:24alors que nous,
17:25on a encore 30-40 ans
17:26devant nous,
17:26donc on ne se pose pas
17:27trop la question actuellement.
17:28Et du coup,
17:29face à ça,
17:31face à l'augmentation
17:32du prix des salaires,
17:34du prix du mètre carré,
17:35c'est un pays
17:36qui est de moins en moins
17:37compétitif
17:38d'un point de vue
17:39de production.
17:40Et donc l'Inde
17:40peut être un bon partenaire
17:42pour ça.
17:42Et puis aussi,
17:43il y a le fait que
17:44les produits chinois,
17:45il y a quand même
17:45pas mal de places
17:46de pays sur Terre
17:47sur lesquelles
17:47qui ont des problèmes.
17:48Ils sont devenus
17:48très forts en automobiles,
17:49par exemple.
17:50Moi, j'ai des usines,
17:50je fais du matériel militaire
17:51automobile,
17:52je fais des voitures
17:52pour d'autres marques et tout.
17:54Les tarifs qu'ils ont
17:55sur l'automobile
17:55en Europe,
17:57en Amérique du Nord,
17:57en Sud,
17:58sont compliqués,
17:58donc il ne reste plus
17:59beaucoup de marchés
18:00ou alors c'est des marchés
18:01qui n'ont pas le pouvoir
18:02d'achat ou pas la capacité
18:03d'acheter leurs produits.
18:04Donc l'Inde,
18:05c'est un super marché pour eux,
18:07puis c'est juste à côté.
18:09Donc ils voient l'Inde
18:10comme un partenaire,
18:11je pense,
18:12business de production
18:14et d'achat avant tout,
18:16avant de le voir
18:17comme un partenaire géopolitique.
18:19Et donc,
18:19il y a pas mal
18:19de rapprochements
18:20qui ont été faits.
18:20On a repris les vols commerciaux
18:22récemment,
18:23les visas,
18:24les investissements
18:25et ainsi de suite.
18:26Donc ça va être intéressant.
18:28Qui en effet avait été gelé
18:29depuis les problèmes
18:30de 2001 dans l'Himalaya.
18:33TikTok est toujours interdit.
18:34Pardon ?
18:35TikTok est toujours banni en Inde,
18:37par contre.
18:37TikTok est toujours banni en Inde.
18:39Mais alors,
18:40doit-on en tirer la conclusion
18:42que Trump,
18:43qui voulait punir l'Inde
18:45d'une certaine manière
18:46pour avoir acheté du pétrole russe,
18:48s'est tiré une balle dans le pied ?
18:49Il a poussé l'Inde
18:51et la Chine à s'entendre,
18:52mais aussi évidemment la Russie.
18:54Est-ce tout cela
18:55grâce à Trump ?
18:56Sûrement,
18:59je pense que ça a pas mal joué.
19:00En gros,
19:01autant l'Inde est un pays
19:02qui n'est pas du tout
19:03anti-occidental,
19:05autant l'Inde se méfie
19:06énormément
19:06des institutions américaines.
19:08Et je pense que,
19:09au-delà du fait
19:10d'avoir approché
19:10en bilatéral
19:12ou trilatéral
19:12ces trois pays-là,
19:14ce que les décisions
19:16de Trump vont faire,
19:17c'est pousser ces pays-là
19:19à créer un autre univers à eux.
19:20Alors,
19:20ça va prendre pas mal de formes.
19:22Là,
19:22on a commencé à parler aujourd'hui
19:23d'avoir une banque de développement,
19:25une sorte d'anti-black rock
19:26asiatique,
19:28en gros,
19:28dans lequel c'est des pays
19:29qui ont beaucoup d'argent,
19:30mine de rien,
19:31qui ont beaucoup de capacités,
19:31surtout,
19:32au-delà du fait d'avoir de l'argent,
19:33ils ont de l'excédent financier
19:35à la fin de l'année.
19:36Donc,
19:36ils peuvent développer
19:37pas mal d'investissements ensemble.
19:39D'ailleurs,
19:39ça a une grande question
19:40à la demande aux Européens,
19:41c'est est-ce que les Européens
19:41essaieront de s'aligner
19:42et de participer
19:44à ces nouveaux projets bancaires
19:47ou resteront du côté américain ?
19:48D'ailleurs,
19:49les Européens vont souvent
19:49être un peu la vare
19:50de l'ajustement ici.
19:51Je pense que sur le
19:52Comité International
19:53et la World Bank,
19:55ces pays-là
19:56vont aussi essayer
19:56de faire quelque chose.
19:58Je ne l'ai pas vu passer,
19:59mais mon intuition dit
20:00que tout ce qui est
20:01avant de notation,
20:01c'est comme Moody's
20:02et Sandra Van Pours,
20:04les analystiques
20:05n'en peuvent plus,
20:05en fait,
20:06de ces agences-là
20:06qui donnent des credit ratings
20:07de manière complètement aléatoire.
20:09Donc,
20:10ils vont vouloir faire
20:10leurs agences à eux aussi.
20:13Donc,
20:13il y a pas mal de projets
20:14en fait,
20:15méta-nationaux
20:16qui pourraient émerger
20:18soit du groupe des BRIC,
20:20soit du SCO,
20:21avoir soit un mélange des deux.
20:24Et là,
20:24pour le coup,
20:24l'Inde est très,
20:25très,
20:25comment dire,
20:27partante pour créer
20:28des nouvelles institutions.
20:29Et d'ailleurs,
20:29le président Poutine
20:30a déclaré,
20:31je le crois aujourd'hui,
20:32qu'il considérait
20:32cette organisation
20:33comme du néocolonialisme.
20:34Ce que l'Inde,
20:35ce que les Africains,
20:36ce que les Sud-Américains,
20:37ce que les Asiatiques
20:37considèrent aussi
20:38en général,
20:40à voir ce que les Européens
20:41en pensent.
20:41Parce que les Européens
20:42en sont aussi tributaires.
20:44Alors,
20:44pour ce qui est de l'Europe,
20:46justement,
20:46comment l'Inde aujourd'hui,
20:48qui est en plein essor,
20:49qui travaille
20:50ces nouvelles relations,
20:51ces nouvelles alliances,
20:53comment l'Inde
20:53perçoit-elle
20:54le rôle de l'Europe
20:55vis-à-vis de la guerre
20:56en Ukraine,
20:57vis-à-vis d'eux-mêmes,
20:59vis-à-vis des États-Unis,
21:00sentent-ils
21:01un sentiment de,
21:03j'ai envie de dire,
21:03de revanche
21:03vis-à-vis de l'Europe ?
21:06Déjà,
21:06l'Inde,
21:06c'est parce que c'est
21:07que l'Europe,
21:08l'Inde,
21:09un jour,
21:09les Français ont expliqué
21:11aux Indiens
21:11que c'était que l'État-nation,
21:12la France est vraiment
21:13un État-nation,
21:14l'Inde,
21:14c'est une ère
21:15civilisationnelle,
21:17continent,
21:18on va dire.
21:20Donc,
21:20l'Inde est très à l'aise
21:21de parler avec des pays
21:22comme la France
21:22en tant qu'État-nation,
21:23en direct.
21:25L'Inde a de très bonnes relations
21:26avec la France,
21:27l'Inde est un des pays,
21:28avec peut-être le Japon,
21:29qui a les meilleures relations
21:30dans les grands pays indiaux,
21:31pas du Népal,
21:33dans les meilleures relations
21:34avec l'Inde.
21:35Par contre,
21:37le fait d'avoir un dialogue
21:39avec l'Union Européenne,
21:40ça,
21:40l'Inde ne comprend pas vraiment.
21:42Avoir des délégations
21:43de Français
21:43qui n'ont que deux drapeaux,
21:44un drapeau français,
21:45un drapeau européen,
21:46c'est compliqué
21:47à expliquer ici.
21:48Donc,
21:49l'Inde parle beaucoup
21:50avec des pays européens,
21:52la France,
21:53la Suisse,
21:53la Belgique,
21:54la Pologne,
21:54ensuite,
21:55ça a une très bonne relation.
21:58Mais l'Europe,
21:59en général,
21:59c'est compliqué.
22:00Et pour faire suite
22:01à votre question,
22:01après,
22:02le support,
22:03en fait,
22:04qui devient un peu
22:05ultra-poussé
22:09des Européens
22:09à la guerre en Ukraine
22:10est un peu bizarre
22:11puisque l'Inde,
22:12en fait,
22:13souhaite que cette guerre
22:13s'arrête.
22:14Je dis,
22:14pour le coup,
22:14l'Inde n'est pas du tout
22:15pro-russe sur la guerre
22:16en Ukraine.
22:16L'Inde est très neutre
22:17là-dessus,
22:18surtout celui-là.
22:19Mais ne comprend pas
22:19vraiment le fait
22:20que les Européens
22:22ne cherchent pas vraiment
22:23de négociations
22:24et cherchent au contraire
22:24à pousser de plus en plus
22:25l'Ukraine à la guerre.
22:27Et c'est terrible
22:28ce qui arrive aux Ukrainiens
22:29et à pousser les Ukrainiens
22:31à mieux que aux derniers Ukrainiens
22:32sans prendre eux-mêmes
22:33vraiment part au conflit.
22:35Je vais revenir
22:36sur le problème
22:37avec Donald Trump.
22:38Donald Trump,
22:39donc,
22:39rappelons-le,
22:39a imposé des sanctions
22:41secondaires à 50%
22:42à l'Inde
22:43pour avoir acheté
22:44du pétrole russe.
22:46L'Inde,
22:46Modi,
22:47a refusé ce chantage.
22:49Des achats
22:50d'armements américains
22:52ont été suspendus,
22:52notamment de véhicules
22:54strikers.
22:55Donc,
22:56l'Inde et Modi
22:56veulent
22:57résister.
22:59quels sont
23:00les atouts
23:01de l'Inde
23:02face à Donald Trump ?
23:05Sur quoi
23:05Modi peut-il
23:06compter ?
23:08Il a quelques cartes
23:09dans sa manche,
23:11on va dire,
23:11mais les Américains
23:12en ont aussi.
23:13Globalement,
23:14Modi aime beaucoup
23:15Donald Trump.
23:16Il avait déjà
23:17fait un mandat,
23:17ils avaient déjà
23:19eu un mandat en commun.
23:21Globalement,
23:22les Indiens,
23:22que ce soit
23:23les Indiens d'Inde
23:23ou les Indiens
23:24des Etats-Unis,
23:25sachant que les Indiens
23:25sont la diaspora
23:26la plus riche des Etats-Unis
23:27et sont plutôt
23:28pro-républicains en général
23:30et donc plutôt pro-Trump.
23:32Donc,
23:33honnêtement,
23:34ici en Inde,
23:34les gens voyaient
23:35plutôt d'un bon oeil
23:35l'arrivée de Trump
23:36au pouvoir.
23:37Quand ils arrivent
23:37au pouvoir,
23:38les tarifs étaient 26%,
23:39ce qui est 1% de plus
23:40que le Canada
23:41ou le Mexique,
23:41donc c'était
23:42des très bons tarifs.
23:43Donc l'Inde
23:43s'était sentie
23:43très privilégiée.
23:45Et puis,
23:45petit à petit,
23:46c'est parti,
23:47on va dire,
23:48il y a eu
23:48de plus en plus
23:48de problèmes
23:49avec l'excuse
23:50du pétrole russe,
23:51sachant que
23:52les clients finaux
23:55sont des Européens,
23:56des Américains,
23:56ainsi de suite,
23:57voire des Ukrainiens.
23:58Donc,
23:59c'est vraiment quelque chose
24:00qui n'a pas été
24:00vraiment compris ici.
24:02Maintenant,
24:02dans les leviers de pouvoir
24:03qu'il peut y avoir,
24:04il y en a plusieurs
24:05qui vont à plein de niveaux.
24:07Je peux prendre
24:07le truc le plus trivial
24:08qui est le fait
24:08que Trump lui-même
24:09a des milliards d'euros
24:10d'investissement en Inde,
24:11les sociétés de Trump,
24:12donc ça reste un business man
24:13avant tout.
24:14La diaspora indienne
24:16aux Etats-Unis
24:17est ultra puissante.
24:18Il y a tous les gros patrons
24:19de la tech,
24:19les patrons de Microsoft,
24:20de Google.
24:21Il y a Tussi Gabbard
24:22qui est un doux
24:22qui est la patronne
24:23du service de renseignement
24:24américain.
24:24Cash Patel
24:25qui est d'origine indienne
24:26qui est le patron du FBI.
24:28J.D. Vance,
24:28le vice-prison
24:29est marié qu'une Indienne.
24:30Il y en a plein.
24:31Vivek Ramsamy
24:32qui était l'autre
24:33candidat républicain
24:34à côté de Trump.
24:35Donc,
24:36il y a une communauté
24:36qui est assez puissante
24:37et les Indiens
24:37sont d'énormes donateurs
24:39du parti républicain.
24:41J.D. Vance
24:41appelle Asha
24:41qui est la plus grosse matrice
24:42des noms blancs américains
24:44du parti républicain.
24:47Donc,
24:47ça va être une diaspora
24:48à gérer aussi.
24:49Après,
24:50il y a un peu
24:50un sentiment
24:51qui est vu ici
24:51c'est que c'est du bluff.
24:53Il ne va pas laisser
24:53les tarifs
24:54pendant très longtemps
24:54et ce qu'il va chercher
24:55à développer
24:56c'est un FTR
24:57Free Trade Agreement
24:58un contrat de libre-échange
25:00entre les deux pays.
25:01On a signé un récemment
25:02avec le Royaume-Uni
25:03avec les Émirats Arabes Unis.
25:05Il y en a un en négociation
25:06avec l'Europe.
25:07Et finalement,
25:08le modèle britannique
25:09a bien marché.
25:10En gros,
25:10ce que les Indiens ont fait
25:11c'est de dire
25:11que toutes les voitures de luxe
25:12peuvent rentrer en Inde
25:13maintenant sans taxe
25:14donc les Royce Royce
25:15et son Martin
25:15et en échange
25:20c'est une marque
25:20Jaguar et Land Rover
25:22mais c'est Tata
25:22je possède Jaguar et Land Rover
25:23mais c'est une marque britannique
25:24et en échange
25:26l'Inde peut exporter
25:27du textile
25:28que les Britanniques
25:29ne fabriquent plus
25:29depuis 100 ans.
25:30Donc si les Indiens
25:31et les Américains
25:32vont trouver des secteurs
25:33sur lesquels
25:33ils ne sont pas compétiteurs
25:34et pouvoir les faire passer
25:36ça peut être intéressant.
25:37Sachant qu'il faut voir
25:37que Trump a aussi annoncé
25:39qu'il voulait faire passer
25:40les efforts de biens manufacturés
25:42de 120 milliards
25:42à 500 milliards
25:43à 2030
25:44en 5 ans
25:45donc c'est énormissime
25:46mais le problème actuel
25:47c'est que les Américains
25:49ont un énorme déficit commercial
25:50vis-à-vis de l'Inde.
25:51Ils ont 48 milliards
25:52d'euros par an
25:52de pertes
25:53vis-à-vis des Indiens
25:54en termes de déficit commercial.
25:57Et bien ce serait donc
25:58du bluff
25:59selon vous
25:59et selon l'Inde
26:00la politique de Trump
26:02vis-à-vis de New Delhi
26:03et bien en tout cas
26:03ce sera le mot de la fin.
26:05Ramdi Vedi
26:05merci beaucoup
26:06d'avoir répondu
26:07encore une fois
26:07à l'appel de Choc du Monde
26:09je rappelle
26:09que vous êtes industriel
26:11indien
26:11et fondateur
26:12du Think Tank Cogniti.
26:14Ramdi Vedi
26:14merci encore
26:15et à bientôt.
26:16Merci à tous
26:17d'avoir suivi
26:18cet épisode
26:18de Choc du Monde
26:19surtout n'oubliez pas
26:20de le commenter
26:21de le partager
26:22et de le liker
26:23avec le petit pouce bleu.
26:24Merci aussi à tous
26:25bonne soirée
26:26et à bientôt.
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