- il y a 7 mois
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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Jean-Michel Salvatore et Joseph Massé-Scaron pour commenter l'actualité.
00:09Nous accueillons la ministre de la Transition écologique.
00:11Bonsoir Agnès Pannier-Renaché.
00:13Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:14Merci d'être avec nous jusqu'à 20h pour faire le point.
00:17Et ma question est simple, Agnès Pannier-Renaché,
00:19est-ce que vous y croyez encore comme François Bayrou ou vous préparez vos bagages ?
00:23Moi mon objectif c'est déjà de revenir à la question qui est posée.
00:26La question qui est posée par le Premier ministre, elle est sur le constat.
00:31Est-ce qu'on fait le constat que la situation des finances publiques de notre pays est dégradée
00:36à un tel point qu'il faut prendre des mesures immédiates et massives ?
00:42Immédiates et massives, c'est-à-dire de l'ordre de 40 milliards d'euros d'économie.
00:49Mais les oppositions ne voient pas du tout cette même question, ne la posent pas du tout de la même façon.
00:54Mais cette question, elle restera posée le 9 septembre.
00:57C'est-à-dire que quoi qu'il arrive le 9 septembre,
00:59Donc c'est ma partie ?
01:01Non mais on sera toujours face à un mur de dette,
01:04on sera toujours face à une urgence écologique.
01:06Vous allez me dire à un mur d'opposition ?
01:07Non, un mur de dette, une urgence écologique,
01:11et à la nécessité de devoir payer nos prêteurs.
01:14Et moi, en tant que responsable politique,
01:17je préfère donner moins d'argent à mes prêteurs
01:20et d'avoir des taux d'intérêt qui sont sous contrôle
01:22et de dépenser plus d'argent pour les politiques et pour le service public.
01:26Ce que vous dites, c'est en substance ce que disent les oppositions.
01:32Joseph, prenez la parole parce que je n'ai pas dû...
01:34Il y a quelque chose, pardonnez-moi Madame la ministre,
01:36c'est qu'on a du mal, enfin, qui s'emboîte mal.
01:40C'est-à-dire, comment peut-on engager la responsabilité sur un constat ?
01:46On a besoin...
01:48Pardonnez-moi, mais constitutionnellement, je ne comprends pas tout à fait.
01:51Je ne comprends pas.
01:51Dans ce constat, vous avez aussi des propositions.
01:54Mais bien sûr, mais juste, constitutionnellement,
01:57on va rentrer un peu dans la technique,
01:59si ça n'a pas grand intérêt,
02:00mais l'article 49-1 propose de faire un vote
02:04sur une déclaration de politique générale.
02:05Voilà. Donc, est-ce que vous êtes pour ou contre
02:07cette déclaration de politique générale ?
02:09Si la déclaration de politique générale,
02:11comme le dit le Premier ministre,
02:12se concentre sur...
02:14Est-ce que vous êtes d'accord avec le constat ?
02:16C'est-à-dire, nous avons une situation de finances publiques
02:19qui est fortement dégradée
02:21et qui appelle les mesures massives et immédiates
02:24de l'ordre de 40 milliards d'euros
02:26qui doivent s'incarner dans un projet de loi de finances 2026.
02:30Des mesures qui donc, par leur ampleur,
02:33sont nécessairement impopulaires.
02:35Parce que, quoi qu'il arrive,
02:37on peut traiter le train de vie de l'État,
02:39on peut faire des progrès partout,
02:41couper ce qui est nécessaire,
02:43mais 40 milliards d'euros par construction,
02:45ça nous concerne tous.
02:47On est tous dans le même bateau.
02:47Non, non, nous sommes d'accord.
02:48Nous connaissons le discours.
02:49Mais pardonnez-moi.
02:50Je me permets d'insister.
02:51Mais dedans, il y a des propositions,
02:52il va y avoir des propositions qui vont être faites dans ce discours.
02:54Mais le Premier ministre l'a dit.
02:56Ou pas.
02:57Le Premier ministre l'a dit.
02:58Nous avons...
02:59Il y a un budget qui a été construit.
03:01Ce budget, il est, je cite de tête,
03:05amendable, changeable, etc.
03:08Ce sur quoi nous ne pouvons pas bouger,
03:12c'est en gros l'ampleur de l'effort à faire.
03:14C'est grosso modo 40 milliards d'euros.
03:17Et vous voyez que je ne suis pas à 43,8 milliards d'euros.
03:19C'est l'effort, l'importance de l'effort.
03:22Et si, effectivement, on a du mal à tomber d'accord,
03:25ne serait-ce que sur ce diagnostic.
03:27Et on voit bien qu'il y a une tentation, quand même,
03:29de beaucoup de nos oppositions,
03:30de dire, non, mais, il faut faire moins,
03:33il ne faut pas faire ça, d'ailleurs.
03:34On est contre le gouvernement Bayrou.
03:36On entend tout et son contraire.
03:38On entend les socialistes qui disent,
03:39on propose un budget, non pas de 44 milliards, mais de 22.
03:44Et on entend d'autres dire,
03:45mais ce n'est pas 44 milliards qu'il faut,
03:47c'est 100, voire 150.
03:49Jean-Michel Salvatore.
03:50Oui, mais le sujet, en fait,
03:51sur le constat, je pense qu'il y a beaucoup de Français
03:55qui peuvent se retrouver.
03:56La question qui me semble essentielle,
03:58c'est en fait, c'est la personnalité de la personne
04:01qui pose la question et qui fait le constat.
04:03C'est finalement le pyromane
04:05qui se transforme en pompier.
04:07Parce qu'en fait, les Français se disent,
04:08mais comment se fait-il que M. Bayrou
04:11et derrière lui, M. Macron,
04:13nous demandent de faire tant d'efforts
04:15sur une situation qui est si grave,
04:17alors que finalement, cette situation grave,
04:19c'est leur responsabilité ?
04:22Alors, reprenons un peu l'histoire
04:24du budget de notre pays.
04:26Moi, je suis née en 1974.
04:29Vous me voyez venir.
04:30Depuis que je suis née,
04:31depuis que je suis née,
04:33non, c'est 1973.
04:36J'ai plus d'un demi-siècle,
04:37je n'ai jamais, jamais
04:39connu un budget en équilibre.
04:41Cette responsabilité du déficit
04:44et de la dette,
04:45c'est une responsabilité
04:46qui est partagée
04:47par tous les partis politiques
04:49et par tous les gouvernements.
04:50Et j'invite chacun à balayer devant sa porte
04:521 000 milliards d'euros,
04:551 000 milliards d'euros de dette en plus
04:56entre 2005 et 2015,
04:581 000 milliards d'euros entre 2015 et 2025.
05:01Et si je regarde de plus près
05:03ces 1 000 milliards d'euros de plus,
05:05vous savez qu'en gros,
05:07on apprécie que 40 à 50 %
05:09de cette dette est liée aux retraites.
05:12Elle est liée aux retraites.
05:14À peu près la moitié.
05:15Pourquoi ?
05:16Pas parce que les retraités sont méchants,
05:18mais parce que,
05:19eh bien, dans les années 50 et 60,
05:22il y a beaucoup de gens qui sont nés
05:23et mathématiquement,
05:25ils sont arrivés à la retraite
05:26entre 2015 et 2025
05:28parce que notre espérance de vie...
05:31Et parce que notre espérance de vie...
05:33Je vais jusqu'au bout.
05:33Vous êtes ministre de 2018 ?
05:35Je vais jusqu'au bout.
05:36Et parce que notre espérance de vie
05:37a augmenté.
05:38Et qui a proposé une réforme des retraites
05:40justement pour mettre sur la table
05:44cette difficulté ?
05:46C'est ces gouvernements successifs
05:48auxquels j'ai participé.
05:51Et on peut considérer que la discussion
05:53a été extraordinairement difficile.
05:55Ce sont des mesures qui sont impopulaires.
05:57Mais là, c'est derrière nous.
05:57C'est bon, ça a été un 49-3
05:58et la retraite est un 64 ans.
06:00Même si vous et moi savons très bien
06:01que ça devrait être plutôt 66 ou 67.
06:0467, bien sûr.
06:05Enfin, on est encore face
06:08à des oppositions,
06:10que ce soit d'ailleurs
06:11le Rassemblement National
06:13ou sur les partis
06:16du Nouveau Front Populaire
06:17qui contestent la validité
06:19de cette réforme des retraites.
06:20On va écouter le Rassemblement.
06:22Je donne un exemple très simple,
06:23mais ce n'est pas du tout
06:24pour polémiquer.
06:25C'est pour dire qu'on est tous
06:26dans le même bateau
06:27et qu'à un moment,
06:28il faut affronter le mur des réalités.
06:29Et le moment est arrivé.
06:30Et le mur des réalités,
06:31on l'affronte en se mettant
06:32tout le monde autour de la table.
06:33Et si personne ne veut venir,
06:35eh bien, on est un peu obligé
06:36de solaniser le moment
06:38et de dire,
06:38OK, est-ce que la situation
06:40des finances publiques
06:41est fortement dégradée ?
06:43Et est-ce qu'effectivement,
06:45tous ensemble,
06:45on se relève les manches,
06:46même si on n'est pas d'accord
06:48entre nous,
06:48pour trouver un chemin ?
06:50Il y a différentes manières
06:52de le solaniser.
06:53Et pour le Rassemblement national,
06:55c'est surtout la dissolution
06:57qui est prise.
06:57On écoute Marine Le Pen
06:58et Jordan Bardella.
06:59Nous n'attendons en réalité rien.
07:02Sa pensée est totalement bloquée.
07:05Il n'est absolument pas capable
07:06de remettre en cause
07:08la politique qu'il a menée.
07:12On peut s'attendre
07:13et on doit s'attendre à tout,
07:14y compris d'abord
07:15un retour aux urnes
07:16par une dissolution
07:17de l'Assemblée nationale.
07:18Ils engageront toutes nos forces
07:19dans la bataille
07:20pour l'emporter.
07:21Beaucoup de Français nous attendent
07:22et à minima,
07:23tous les Français nous regardent.
07:24Voilà.
07:25Les urnes,
07:26on balaye tout,
07:27on fait reset
07:27comme avec un ordinateur.
07:29Vous tirez la prise
07:30quand ça ne marche vraiment plus du tout.
07:31Vous tirez la prise
07:32et puis vous rebranchez
07:33avec de nouvelles tests,
07:35un nouvel gouvernement
07:36et une nouvelle équipe.
07:38Qu'est-ce que vous en pensez,
07:38Agnès Pannier-Rinaché ?
07:39Moi, la seule question que je pose,
07:42c'est quelles sont les propositions
07:43des uns et des autres
07:44pour faire un budget en équilibre ?
07:46Ils ont esquissé quelques propositions.
07:47On peut faire...
07:48Enfin, je veux dire,
07:49le fait de changer les députés
07:52s'il y a un changement
07:54ou de les réélire
07:55s'ils sont réélus.
07:56De changer en tout cas
07:57la composition de l'Assemblée.
07:58En quoi ?
07:59En quoi ?
08:00Alors,
08:00en quoi ça change ?
08:02La question qui est posée,
08:04c'est
08:04quelles sont les voies et moyens
08:06de réduire le déficit public
08:07et de mettre sous contrôle la dette ?
08:09C'est-à-dire que le fait
08:10d'avoir une majorité même relative
08:12ne changerait pas ?
08:13Je crois que nous avons traversé
08:15plusieurs situations
08:17de majorité relative
08:18et que ce qu'on voit,
08:20c'est que,
08:21et d'ailleurs les Français
08:22ont voté en ce sens
08:23il y a moins d'un an,
08:25c'est qu'il faut du compromis.
08:26Et d'ailleurs,
08:26la situation de la France
08:27n'a rien de particulier
08:29au sens où
08:30les votes sont éclatés.
08:33Regardez à l'étranger,
08:35en Allemagne,
08:36en Belgique,
08:37aux Pays-Bas,
08:38en Suède,
08:39au Danemark,
08:40on est obligé
08:43de s'accorder
08:43et de créer des coalitions.
08:45Donc,
08:46pensez que
08:47par un coup de baguette magique,
08:49on va...
08:49Ce n'est pas une baguette magique,
08:50il y a des propositions.
08:50Monsieur Chenu,
08:51Sébastien Chenu,
08:52disait par exemple
08:53qu'on trouvait facilement
08:54100 milliards
08:55dans le manque d'activité
08:57des travailleurs
08:59d'origine étrangère.
09:01Alors,
09:01je crois qu'il y a
09:01un certain nombre
09:02d'études économétriques
09:03assez profondes
09:05qui ont montré
09:05que,
09:06et ce n'est pas moi
09:06qui les ai menées,
09:08ce sont des organismes
09:09qui d'ailleurs
09:10dépendent de l'État
09:13et qui montrent
09:13le coût de l'immigration
09:14puisque vous avez
09:15d'un côté
09:15les charges sociales
09:18et les recettes
09:20qu'apportent
09:21les travailleurs immigrés
09:22et de l'autre côté
09:23les coûts
09:23qui représentent
09:24en termes social,
09:26cotisations sociales,
09:27santé, etc.
09:28étaient à peu près
09:29équilibrés.
09:30Ce n'est pas moi
09:31qui le dit,
09:32ce sont ces études.
09:33Et là encore,
09:34j'invite chacun
09:35à être très modeste
09:36parce que
09:37vous voyez bien...
09:38C'est des études anciennes
09:38parce que toutes les études
09:39aujourd'hui
09:40donnent exactement le contraire.
09:42Toutes les études,
09:42sans exception,
09:43toutes les économistes
09:44disent qu'il y a un déséquilibre.
09:45Pardonnez-moi,
09:45Madame la ministre.
09:46Alors,
09:46je me permets d'insister
09:47parce que
09:48ces études
09:50intègrent,
09:51lorsqu'elles mettent
09:52en évidence
09:53un déséquilibre,
09:54elles prennent en compte
09:55les enfants.
09:57Or,
09:57effectivement,
09:58mais c'est la même chose
09:59pour les Français,
09:59si vous prenez en compte
10:00les enfants,
10:01les enfants vont effectivement
10:02à l'école
10:02et le temps de leur jeunesse
10:05représente un coût
10:06qui ensuite se transforme
10:08en création de valeur
10:09lorsqu'ils travaillent.
10:10C'est la création de valeur
10:11tout au long
10:12de notre vie.
10:15Et il ne vous aura pas échappé,
10:16mais moi,
10:16je parle beaucoup
10:17avec les chefs d'entreprise,
10:18j'ai été pendant 4 ans
10:19en charge
10:19de l'industrie.
10:21Moi,
10:21j'avais des patrons
10:22d'entreprise
10:22qui me disaient
10:23nous,
10:24pour faire tourner la boutique,
10:26on a besoin d'immigrés.
10:27Aucun Français
10:28ne veut venir.
10:28C'est ce qu'on disait
10:29dans les années 70.
10:30Mais pardon,
10:31non, monsieur.
10:31Madame la ministre,
10:32revoyez votre logiciel
10:34avec respect.
10:34C'est ce qu'on disait
10:35dans les années 70.
10:35Excusez-moi,
10:36j'étais chef d'entreprise
10:38pendant plus de 6 ans
10:41d'une entreprise
10:42qui a employé
10:425 000 salariés.
10:44Ça,
10:44c'est concret.
10:45J'ai travaillé
10:46avec des chefs d'entreprise
10:47industrielles,
10:48dans l'aéronautique,
10:50dans la construction navale.
10:51Et vous avez quel ratio
10:52de Français
10:53et non-Français
10:54dans vos entreprises ?
10:55Vous diriez
10:56qu'en 50-50 ?
10:56Je vais vous dire,
10:57je ne faisais pas la statistique.
10:59Moi,
10:59je recrutais des gens
11:00qui étaient
11:01travailleurs,
11:02motivés.
11:03Je ne leur demandais
11:04même pas
11:05parce qu'on était
11:06dans des métiers
11:06du loisir,
11:09donc du service.
11:10Je les formais moi-même.
11:12Je les accompagnais
11:13pour qu'ils aient
11:13un diplôme.
11:15Et lorsque je vous parle
11:16d'industriel,
11:17je vous parle d'industriel
11:18en 2022,
11:19en 2023.
11:21Et je peux vous citer
11:21des exemples.
11:22Peut-être,
11:22ils ne souhaiteront pas
11:23être cités.
11:24Des gens qui vous disent
11:24très clairement,
11:25eh bien aujourd'hui,
11:27ne serait-ce que
11:28dans la construction nucléaire,
11:29c'est difficile de tourner.
11:31Dans le BTP,
11:32c'est difficile.
11:33Dans la restauration,
11:34c'est difficile.
11:35C'est une réalité.
11:36On peut fermer les yeux,
11:37on peut être dans le déni,
11:38mais c'est une réalité.
11:39Ou faire de l'immigration choisie
11:41comme fait Mme Mélanie
11:42en Ientali.
11:42Bah oui.
11:43Mais vous savez que Mme Mélanie
11:45a proposé de régulariser
11:48plus de 400 000 étrangers.
11:49Oui, mais c'est de l'immigration choisie.
11:50C'est ce que vous avez brisé
11:51sur le feu sous Nicolas Sartosie.
11:52Je suis à l'aise
11:53avec le fait de régulariser
11:54des travailleurs étrangers
11:56qui ont fait la démonstration
11:58de leur motivation
12:00et de leur attachement
12:02peut-être à la France.
12:02Et je trouve terrible
12:04de les stigmatiser
12:05parce qu'ils seraient étrangers
12:06alors qu'ils bossent,
12:08ils payent leurs cotisations sociales,
12:10ils créent de la richesse en France
12:11et ils rendent des services en France.
12:12A condition, Mme Mélanie,
12:14pardonnez-moi,
12:14à condition que ce soit
12:15un, comme l'a rappelé Pierre,
12:17de l'immigration choisie
12:18et de deux,
12:19s'il y a le moindre problème
12:20sur les immigrés,
12:20c'est qu'on puisse
12:21renvoyer ces immigrés.
12:24Ce qui ne se passe pas véritablement.
12:26Des réponses d'Agnès Panné-Ruchet
12:27sur ce point précis
12:28juste après la pause
12:29et puis je vous signale
12:30que c'est la rentrée
12:31et que de 7h à 9h,
12:32vous retrouvez bien sûr
12:33Europe 1 Matin
12:33avec Dimitri Pavlenko,
12:34toute l'équipe,
12:35Anissa Haddadi,
12:36Olivier Delagarde,
12:37Sonia Mabrouk,
12:37Vincent Hervouet,
12:38toutes les signatures d'Europe 1.
12:40C'est bien sûr de 7h à 9h
12:41autour de Dimitri et Anissa.
12:44A tout de suite,
12:45le rappel de l'actualité,
12:46on retrouve Agnès Panné-Runachet.
12:47A tout de suite sur Europe 1.
12:48Europe 1 Soir,
12:4919h, 21h,
12:51Pierre de Villeneuve.
12:52Toujours avec Joseph Massescaron,
12:54avec Jean-Michel Salvator,
12:55avec Agnès Panné-Runachet.
12:58En fait,
12:58pour reprendre la discussion
12:59là où elle était,
13:01Madame la ministre
13:02de la transition écologique,
13:04j'ai l'impression
13:04que ce que vous craignez,
13:05c'est que si d'aventure
13:07le RN arrive à ses fins
13:10et arrive au pouvoir
13:12avec plus de députés RN
13:15encore plus à l'Assemblée
13:16qu'aujourd'hui,
13:17avec peut-être l'un d'entre eux
13:20à Matignon,
13:22c'est qu'ils ont promis
13:24une solution budgétaire
13:27pour le budget
13:28à travers notamment
13:30la suppression des différentes aides
13:31à l'immigration.
13:34c'est qu'en fait,
13:36ils refassent
13:37vos mesures à vous.
13:39C'est ça ce que vous craignez.
13:40C'est que finalement,
13:41ils reprennent des mesures
13:42qu'ils ont jugées
13:44mauvaises
13:45parce que c'était
13:45la seule solution.
13:47J'essaye un peu
13:48de lire dans votre tête,
13:49mais j'ai l'impression
13:51que c'est ce que vous voulez nous dire.
13:52Je dis juste que...
13:53Parce que jusqu'à présent,
13:54le socle commun,
13:56que vous soyez vous-même
13:57ou de Modem
13:59ou les autres,
14:00disent
14:00mais en fait,
14:01ce que propose le RN,
14:02ça ne suffit pas.
14:03C'est-à-dire que ça va faire
14:043, 4, 5,
14:05ça dépend des gens
14:07qu'on reçoit,
14:08milliards,
14:09mais ça ne fera jamais 40.
14:10Alors qu'on a besoin de 40
14:11et il manque 35.
14:12En réalité,
14:13peut-être qu'ils vont les trouver 35,
14:14mais est-ce qu'ils ne vont pas
14:15appliquer les mêmes méthodes
14:16que vous proposez ?
14:16Mais peut-être,
14:17mais dans ce cas-là,
14:17qu'ils le disent...
14:19Ah non, c'est le jeu politique.
14:21Non, le jeu politique,
14:22en fait,
14:22ce n'est pas de se tourner
14:23autour de l'un derrière l'autre.
14:25Le jeu politique,
14:26c'est en responsabilité.
14:27Moi, je suis désolée,
14:28je viens de la société civile.
14:29Si je suis rentrée en politique,
14:30c'est que précisément,
14:31je croyais en un certain nombre
14:32de choses
14:32et je croyais notamment
14:33au fait que
14:35lorsqu'on agissait,
14:37c'était pour avoir
14:37des résultats.
14:38Et vous êtes déçue ?
14:38Et donc aujourd'hui,
14:40j'ai...
14:41Non mais...
14:42Attendez,
14:42vous êtes...
14:43Vous êtes...
14:43Non mais je vous écoute
14:45et vous me dites
14:45l'enjeu du jeu politique,
14:47c'est de cacher son jeu
14:49et d'être élu.
14:49Non !
14:50L'enjeu du jeu politique,
14:51c'est d'avoir des résultats
14:52pour les Françaises et les Français.
14:53Pardonnez-moi,
14:54mais je suis encore
14:54dans ce romantisme
14:55de l'action publique.
14:56Je pense que vous êtes
14:57dans le romantisme.
14:57Hier, j'entendais Sonia Mabrou
14:58qui disait très justement
14:59au Premier ministre
15:00qu'il n'y avait pas de vérité,
15:02qu'il y avait de la sincérité politique.
15:05Ce matin, d'ailleurs,
15:06chez Pascal Praud,
15:07dans le débrief de l'interview,
15:09elle a raison.
15:10C'est-à-dire que
15:11tout le monde cherche une vérité
15:12qui en réalité n'existe pas.
15:13Enfin, oui,
15:14mais à la fin du...
15:15Justement...
15:15Mais je suis d'accord avec vous,
15:16c'est prendre en otage les Français.
15:18Et voilà.
15:19Et moi, je ne suis pas là pour ça.
15:20Ce n'est pas la façon
15:21dont je vois les choses.
15:22Ce n'est vraiment pas
15:23la façon dont je vois les choses.
15:2440 milliards d'euros d'économie,
15:26on les fait comment ?
15:27Moi, je peux vous dire,
15:28les deux jours fériés supprimés,
15:30je suis contre.
15:32Mais je ne dis pas
15:32je vais me rouler par terre
15:34et je vais voter contre
15:36moi-même et le gouvernement.
15:38Je dis, c'est mon boulot,
15:40trouver une alternative.
15:41C'est quoi ?
15:42Et vous avez trouvé ?
15:42Comment on fait ?
15:44Nous, on a des propositions,
15:45effectivement,
15:46avec Gabriel Attal,
15:47avec mon groupe Renaissance,
15:48en disant,
15:49nous, on est prêts à négocier,
15:50on est prêts à faire bouger
15:52le curseur.
15:52C'est quand même assez particulier.
15:53Vous êtes ministre du gouvernement
15:54et vous êtes contre
15:55l'une des mesures phares
15:57de votre premier ministre.
15:58C'est quand même une drôle de façon
15:59de faire de la politique.
15:59Mais pas du tout.
16:01Mais pas du tout.
16:02Je suis désolée,
16:02vous êtes en train de découvrir
16:03qu'on est une coalition.
16:04La solidarité gouvernementale,
16:06c'est une règle immanente.
16:07Quand on est en majorité absolue
16:09et que c'est le même...
16:10Pardon,
16:11quand on est en majorité absolue,
16:13c'est parfaitement légitime.
16:15Mais là, encore une fois...
16:16Mais vous imaginez,
16:17les Français,
16:17comment peuvent-ils s'y retrouver
16:18lorsqu'ils vous écoutent ?
16:20François Bayrou a dit blanc hier
16:22et vous dites noir ce soir
16:23sur Europe 1.
16:24C'est quand même incontréhensible
16:25et ce n'est pas très mobilisateur.
16:27Mais je ne partage pas du tout
16:28votre point de vue.
16:29En fait,
16:30on est en train de découvrir
16:31que le débat repose
16:32sur des contradictions
16:34et le fait de devoir trouver
16:36des chemins
16:36et de faire des compromis.
16:37Et qu'il y a des sujets...
16:38En général,
16:38ça ressemble beaucoup
16:39à un puzzle.
16:40Et qu'il y a des...
16:40Non,
16:41mais vous avez déjà fait
16:42une négociation ?
16:43Vous avez fait comme tout le monde
16:44une négociation ?
16:45Vous avez fait comme tout le monde.
16:46Et il a arbitré.
16:48Il a arbitré.
16:49Et vous venez de dire
16:49que vous n'êtes pas d'accord avec lui.
16:50Et je viens de dire
16:51que mon groupe
16:52était prêt
16:53et comme d'ailleurs
16:54l'avait demandé
16:55le Premier ministre,
16:56il avait dit
16:56toutes les mesures
16:57sont amendables,
16:59toutes les mesures
16:59sont modifiables
17:00pourvu que vous respectez
17:02l'ampleur de l'effort
17:04de 40 milliards d'euros.
17:05Et nous,
17:05on est rentrés
17:06dans cette logique-là.
17:07Et pardon,
17:08mais comment font
17:09les autres Européens ?
17:10Tous,
17:11tous,
17:12ils travaillent
17:12dans des coalitions
17:13où ils ne sont pas d'accord
17:14au départ.
17:15Ils trouvent des compromis.
17:16Mais ce n'est pas du tout
17:17le même système politique,
17:18Agnès Pannier-Rochet.
17:18Mais,
17:19ah bon ?
17:20Ah oui ?
17:20Ce n'est pas des démocraties
17:22élues avec un parlement
17:23et des coalitions ?
17:24Ce sont des coalitions.
17:25Mais nous,
17:26on n'a pas de système de coalition.
17:27On découvre la coalition
17:28et visiblement,
17:28c'est mal parti.
17:29On vient de découvrir
17:30qu'on n'avait pas gagné.
17:31Mais comment vous croyez
17:33qu'on a réussi
17:35à passer le budget
17:36de loi de finances 2025 ?
17:38De justesse,
17:39je vous le rappelle.
17:39Certes,
17:39mais il est passé.
17:40Ben oui,
17:41mais vous avez vu
17:42quand même
17:42quel cirque ça a été
17:43à l'Assemblée nationale.
17:44Tout le monde a dû se mettre
17:45autour de la table.
17:46Et là,
17:46on est quatre mois
17:47avant le 31 décembre 2026.
17:49Et ce qui importe aux Français,
17:50ce qui importe aux élus de terrain,
17:52moi j'étais à Arras
17:53dans ma circonscription samedi,
17:56j'ai vu des maires,
17:57j'ai vu beaucoup de citoyens
17:59et de citoyennes.
18:00Ce qui leur importe,
18:01c'est de la stabilité
18:02et un budget.
18:04Ce n'est pas le barnum.
18:04Ils y croient encore.
18:05Ce n'est pas le barnum politique.
18:07Je peux vous dire,
18:07ça c'était très clair
18:08dans leur tête.
18:09La stabilité,
18:09il fallait commencer
18:09par ne pas dissoudre,
18:10Madame le ministre.
18:12On va parler de stabilité,
18:13à la disconscription.
18:15Jean-Michel.
18:15Mais malgré tout,
18:16vous faites faire la démonstration
18:19finalement d'un très grand désordre
18:20à la tête de l'État.
18:22Il y a quand même
18:22une petite musique
18:23qui est en train de monter
18:24beaucoup dans le pays.
18:25En fait,
18:26la co-construction,
18:27c'est un désordre.
18:28Est-ce que je peux
18:29terminer la question ?
18:29Je vous en prie.
18:30Il y a quand même
18:31une petite musique
18:31qui se développe dans le pays
18:33et même dans certains partis politiques
18:35qui touche à une question
18:37qui jusqu'à présent
18:38était une question sacrilège.
18:40La question sacrilège
18:40sous la Vème République,
18:42c'est de demander
18:43la démission
18:43du Président de la République.
18:45Or là,
18:45il y a de plus en plus de monde
18:47qui demande
18:48la démission
18:49du Président de la République
18:50parce que tout le monde
18:51voit bien
18:51que le sujet
18:53est impossible à régler
18:55et que même
18:56à l'intérieur du gouvernement,
18:57vous n'êtes pas d'accord
18:57entre vous.
18:58Comment vous réagissez
18:59à ces demandes
19:00de plus en plus pressantes
19:01d'une élection présidentielle
19:03anticipée ?
19:03Mais je crois surtout
19:04que ce sont les égaux
19:05qui parlent
19:06et que ces égaux
19:07parlent tellement fort
19:08qu'ils sont prêts
19:10à sacrifier les institutions
19:11du pays
19:12et la stabilité du pays
19:13pour leur petit avenir politique.
19:18Et moi, je n'accepte pas ça.
19:19Je suis désolée.
19:20Ce que vous êtes en train de dire...
19:23Et précisément,
19:23nous ne sommes pas
19:24dans la stabilité.
19:24Un Président de la République,
19:26ce n'est pas un kleenex jetable.
19:28Ce n'est pas un kleenex jetable.
19:29Ça représente quelque chose.
19:31C'est une institution
19:31au-delà de l'homme.
19:33Et ce qui se joue
19:35à l'Assemblée nationale,
19:36c'est une stricte représentation
19:38du vote des Français.
19:40Et ça fait d'il y a un an.
19:41C'est la stricte représentation
19:43du vote des Français.
19:44Et en fait,
19:44ce que les Français nous ont dit,
19:46c'est qu'il y avait
19:46trois grandes forces politiques.
19:49Une force à droite,
19:50à l'extrême droite,
19:51une force qui représentait
19:53le bloc central
19:53et une force
19:55qui était
19:56divers droite
19:57et divers gauche.
19:58Une force bloc central
19:59divers droite
20:00et divers gauche.
20:01Et une force
20:02qui était
20:02extrême gauche
20:03et on va dire
20:05un peu à gauche.
20:06Mais voilà
20:07ce que nous ont dit
20:08les Français.
20:09Et là encore,
20:11c'est le sujet
20:12que nous avons
20:13si on veut revenir
20:14un peu à la responsabilité.
20:15Moi, j'en appelle
20:15à la responsabilité.
20:16D'ailleurs,
20:17beaucoup de responsables politiques
20:18disent nous,
20:19on est prêt à discuter.
20:20François Hollande
20:21dit,
20:21je suis d'accord
20:22pour dire que
20:23le diagnostic
20:23qui est posé
20:27est grave.
20:28Je ne suis pas d'accord
20:29avec la solution.
20:30Très bien,
20:31parlons-en ensemble.
20:32Moi, j'ai le sentiment
20:32que le Parti Socialiste...
20:34j'ai reçu Jérôme Guet
20:35de Gérôme Grand Rendez-Vous.
20:37C'est fini.
20:38Ils ne veulent plus.
20:39Ça ne marchera plus.
20:40Donc, si ce n'est pas
20:41parce que François Hollande
20:41dit qu'il est d'accord
20:42avec le diagnostic
20:43que ça fonctionnera.
20:45Écoutez...
20:46Je ne comprends pas
20:47comment est-ce que
20:47dans le bloc central
20:48et à commencer
20:49par le Premier ministre
20:50à Matignon
20:51se disent,
20:52en fait,
20:52là, j'ai encore
20:53un money time
20:54où je peux
20:55retourner la situation.
20:57Non, non, je ne vous parle
20:58pas des personnes.
20:59Je ne vous parle pas
21:00des personnes,
21:00je vous parle
21:01de la négociation
21:02sur le budget.
21:03Je vous parle
21:03de la négociation
21:04sur le budget.
21:05La négociation
21:06sur le budget,
21:06elle se fait
21:07à l'Assemblée nationale.
21:07Oui, je sais.
21:08Elle se fait
21:08entre les groupes politiques.
21:10Et j'ai un peu envie de dire,
21:11et d'ailleurs,
21:12c'est ce qu'a dit
21:12le Premier ministre hier.
21:15Il a dit très clairement,
21:16ça peut être
21:16Pierre, Paul ou Jacques
21:17qui est en charge.
21:19La négociation,
21:20elle se joue
21:21entre les partis politiques.
21:22Et vous pouvez changer
21:23Pierre, Paul ou Jacques,
21:25ça ne changera pas
21:25le sujet de fonds
21:26qui est comment
21:27on se dote d'un budget
21:29et comment on accepte
21:30enfin de se mettre
21:31autour de la table.
21:32Il nous reste quelques secondes
21:33et Agnès Pannier-Runacher,
21:35vous et moi,
21:35nous nous connaissons
21:36depuis longtemps
21:36et vous venez souvent
21:37dans ce studio
21:37et je vous remercie
21:38de votre fidélité.
21:39Je voudrais juste
21:39une réponse franche
21:40parce que vous avez
21:40toujours été franche.
21:42Est-ce que vous n'en avez pas marre ?
21:43Est-ce que vous n'avez pas tout donné ?
21:46Vous êtes ministre de l'écologie.
21:47Quelle écologie aujourd'hui ?
21:49Vous êtes pris un boomerang
21:51sur les ZFE, d'ailleurs...
21:53Qui n'est toujours pas voté.
21:54Mais oui, mais voyez,
21:55c'est aussi les Français
21:57qui ont tranché
21:58et qui disent
21:58oui, c'est bien la voiture électrique
22:00mais nous, on est des vieilles bagnoles
22:01et il faut qu'on aille bosser.
22:02Et ce n'est pas les Français
22:02qui m'ont tranché,
22:03ce n'est pas vrai.
22:04Mais c'est pas vrai.
22:04C'est la présentation nationale.
22:06Et regardez l'augmentation,
22:08comment dire...
22:09Vous voyez, ce que je veux dire,
22:10c'est que je comprends bien.
22:12Vous défendez une action
22:14et sans doute
22:15vous avez fait énormément
22:16dans votre...
22:17Mais ça ne fonctionne pas.
22:18Est-ce que vous n'êtes pas déçu ?
22:19Vous qui venez,
22:20comme vous l'avez dit,
22:21du privé,
22:21est-ce que vous ne vous dites pas
22:22en fait, j'ai tout donné
22:23mais ça ne fonctionne pas ?
22:25Alors, je ne le dirais pas comme ça.
22:27Mais ?
22:27Moi, je dirais que
22:28ce qui m'intéresse,
22:30c'est qu'on sorte
22:31par le haut de cette crise.
22:32Nous ne sommes pas
22:32le seul pays
22:33à être confronté à une crise.
22:35Nous ne sommes pas
22:35le seul pays
22:36à être confronté...
22:36Je reconnais votre pessimisme,
22:37votre optimisme, mais...
22:38Mais ce n'est pas une question
22:39d'optimisme,
22:40c'est une question
22:40de responsabilité.
22:42La Belgique est restée
22:43sans gouvernement
22:43pendant des mois.
22:45L'Allemagne a eu du mal
22:46à positionner son gouvernement.
22:49L'Allemagne,
22:49c'est un grand pays.
22:50Ce n'est pas la même industrie,
22:51la Belgique.
22:52Donc, non,
22:53encore une fois,
22:54je suis désolée,
22:55mais on a un...
22:57Comment dire ?
22:58Un devoir de responsabilité.
23:00C'est tout ce que j'ai à dire.
23:01Et ça se fait avec moi,
23:02sans moi,
23:02ce n'est pas mon sujet, en fait.
23:04Moi, je le fais par conviction.
23:06Je le fais parce qu'effectivement,
23:07je crois que l'écologie,
23:08ce n'est pas un sujet de planète.
23:09C'est un sujet d'hommes et de femmes.
23:11C'est un sujet de santé.
23:13C'est un sujet de qualité
23:14de cadre de vie.
23:15Bien.
23:15C'est même un sujet
23:15de pouvoir d'achat.
23:17Parce que...
23:17Sortir par le haut.
23:18Quand l'alimentation augmente,
23:20c'est parce que les récoltes
23:21sont en train de flamber.
23:23Tout simplement
23:23parce qu'on a du dérèglement climatique.
23:25Merci beaucoup.
23:25Si on affronte pas ça,
23:26on passe à côté des sujets.
23:27Merci Agnès Pannier-Réunach.
23:28C'est d'un...
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