00:00Sur la retraite par capitalisation, moi je vais vous dire que je n'ai pas de tabou.
00:04Mais venir parler de retraite par capitalisation devant des chefs d'entreprise,
00:09c'est aussi assumer devant eux que c'est des cotisations supplémentaires.
00:12Ou alors que c'est de l'argent qui va en moins vers le régime général.
00:16Et donc, lorsque vous aurez trouvé un plan de transition vers le régime par capitalisation,
00:23alors il faudra le présenter parce qu'en toute humilité, sans avoir de tabou,
00:27la transition n'est pas simple.
00:28Et pour l'instant, de tous ceux qui parlent de retraite par capitalisation,
00:31encore une fois, moi je n'ai pas de tabou parce que je pense que dans un pays qui a un taux d'épargne très important,
00:35il faut qu'on réfléchisse à la façon, M. Attal, non pas de flécher ses capitaux vers l'Union Européenne,
00:42mais de les flécher vers les entreprises françaises.
00:44On pourrait continuer à débattre très longtemps et je pense que vous pouvez...
00:47Pardon, j'en viens juste sur des lignes qui sont, me semble-t-il,
00:51il y a des passerelles qui ont été naturellement évoquées sur le fait que la France avait des atouts.
00:55On a parlé de l'énergie nucléaire, le fait de pouvoir bénéficier d'un prix français de l'électricité,
00:59ça me semble indispensable.
01:00Mais il y a aussi deux modèles de société qui s'affrontent.
01:03Mon modèle de société, ce n'est pas le droit à la paresse.
01:06Je pense que la France, elle s'est construite sur l'idée du travail.
01:09Et donc si demain, on veut remettre le pays sur les rails,
01:12si demain, on veut relancer l'activité économique,
01:14alors il faut effectivement plus de liberté pour nos chefs d'entreprise,
01:17mais il faut aussi faire confiance à ceux qui travaillent.
01:19Et notre modèle social ne pourra pas être stable à l'avenir s'il est ouvert à la terre entière.
01:27Et donc quand on cherche des économies, moi je vais vous dire, ça me fait un petit peu mal,
01:31parce que quand on accueille 500 000 personnes chaque année dans notre pays,
01:35des visas de travail, c'est 50 000.
01:36Il y en a 450 000 autres qui rentrent dans notre pays.
01:39Que font-ils et qui payent ?
01:41Je voudrais que vous puissiez arriver à la confiance.
01:42Simplement parce que vous avez parlé de paresse et de travail,
01:46quand vous dites que vous voulez favoriser le travail.
01:48Vous vous opposez à ce que Rune Rotailleau appelait le décret à TAL,
01:51qui est la réforme de l'assurance chômage,
01:53que j'avais construite avec Catherine Vautrin quand j'étais Premier ministre,
01:55qui a été interrompue par la dissolution,
01:57qui est disponible, qui permet d'aligner les règles de l'assurance chômage française
02:01sur la moyenne des pays européens,
02:03pour, c'est vrai, inciter davantage à l'activité.
02:05Vous vous opposez à cette réforme.
02:07En tout cas, vous vous y opposiez encore il y a deux semaines.
02:08Est-ce que, quand vous dites qu'il faut inciter au travail, à l'activité,
02:12vous nous dites que vous avez changé d'avis
02:13et que finalement vous soutenez cette réforme de l'assurance chômage ?
02:16Ou est-ce que vous gardez votre position sur la réforme de l'assurance chômage ?
02:19Un dernier mot.
02:19Ce qui veut dire que vous n'êtes pas totalement cohérent.
02:20Votre réforme, elle fragilise surtout les cadres.
02:23Et moi, je pense que le problème dans notre pays,
02:25et l'un des indicateurs dont personne n'a parlé aujourd'hui,
02:28c'est que la productivité de l'économie française,
02:30entre 2017 et 2025, elle stagne.
02:33Et le sujet essentiel, c'est qu'il n'y a pas assez de gens
02:37qui, en quantité, travaillent dans notre pays.
02:39Il est anormal qu'alors que le premier emploi stable
02:42soit de 27 ans en Allemagne,
02:45qu'il soit de 23 ans en France,
02:46il faut pousser les jeunes plus tôt sur le marché du travail.
02:49Il faut mettre en place le collège modulaire.
02:51C'est une erreur que de considérer que toute une classe d'âge,
02:53que toute une génération,
02:54doit être poussée vers des Bac plus 5 à l'université.
02:58Parce que la réponse aussi aux besoins d'un d'oeuvre de nos entreprises,
03:02c'est de faire ce qui se fait en Allemagne ou en Suisse,
03:04c'est de mieux orienter plus tôt, plus jeune,
03:07et de revaloriser les métiers manuels.
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