00:00Pour elle, les Mexicains parlent le mexicanais.
00:02Un idiome dont elle n'a jamais réussi à percer les mystères malgré le mescal.
00:05Mais heureusement, elle est plus calée réseaux sociaux que linguistiques.
00:08Maintenant, c'est l'heure de votre veille sanitaire.
00:10Et aujourd'hui, vous profitez du fait qu'on reçoive Anne-Cécile
00:12pour nous parler des communautés de femmes sur les réseaux qui craignent pour leur sécurité.
00:16Oui, il y a dix ans maintenant, le mouvement social, politique et féministe MeToo
00:19est venu révolutionner la vie de millions de femmes.
00:21Des victimes ont pu se libérer d'un poids et certains de leurs bourreaux être condamnés.
00:25Et tout ça a démarré d'un hashtag.
00:27Aujourd'hui, les plateformes et les réseaux se sont multipliées
00:30et y permettent aux femmes de créer de plus en plus de communautés d'entraide.
00:34Et parmi elles, on retrouve notamment des groupes, des applications et des sites
00:37où elles peuvent partager leurs expériences et dénoncer l'identité de certains hommes
00:41qu'elles accusent de violence, de toxicité ou d'agression.
00:45C'est le cas de l'application américaine Tea.
00:47Tea étant une expression, avoir du thé sur quelqu'un, savoir des gossip, savoir des ragots.
00:52Et depuis le mois de juillet, elle fait beaucoup parler.
00:54Déjà parce qu'elle cartonne et revendique plus de 4 millions d'utilisatrices
00:57mais surtout parce qu'elle met en danger ses propres utilisatrices.
01:02Alors comment ça Manon ?
01:02Et bien fin juillet, l'application a été victime d'une faille de sécurité.
01:06Résultat, plus de 72 000 selfies et cartes d'identité de ces utilisatrices
01:11ont été dévoilées sur un forum 4chan par des misogynes en quête de revanche.
01:15Selon la BBC, des cartes Google Maps avec les adresses de certaines de ces femmes ont aussi été créées
01:21ainsi que des sites pour les humilier en les notant sur leur physique.
01:25Une dizaine de femmes ont porté plainte contre Tea qui a déclaré avoir renforcé sa sécurité depuis.
01:29Mais le mal est fait et ça montre qu'il ne faut surtout pas sous-estimer les groupes masculinistes.
01:34On en parlait, très actifs sur les réseaux et qui vouent une haine à ces communautés d'entraide.
01:38Ils estiment que c'est illégal de dénoncer des hommes sans que les accusations ne soient vérifiées.
01:44Un discours qui est aussi tenu par d'autres personnes sur les réseaux
01:47qui estime que cette pratique s'apparente à du doxing.
01:49Vous nous rappelez ce qu'est le doxing ?
01:51Et bien c'est une pratique sur internet qui consiste à dévoiler des informations personnelles sur une personne
01:55dans le but de lui nuire.
01:57La fin de cette phrase est importante, dans le but de lui nuire.
02:00Car est-ce que ces femmes cherchent vraiment à nuire à quelqu'un
02:02ou à se protéger entre elles dans une société où les chiffres des féminicides restent alarmants ?
02:07Pour moi, c'est évident que c'est une question de sécurité.
02:09Même si je peux comprendre que ce type de démarche fasse débat
02:12sachant que des identités d'hommes sont dévoilées à leur insu.
02:15Mais il y a aussi un vrai sujet autour de la cybersécurité de ces plateformes.
02:19Tee en a été l'exemple parfait.
02:21Car elles vendent le fait que leurs utilisatrices puissent y être anonymes.
02:25Alors qu'aujourd'hui, être anonyme sur internet, c'est devenu quasiment impossible.
02:29Et pourquoi Manon ?
02:30Dans le cas de Tee, au moment de l'inscription, il faut quand même prouver qu'on est bien une femme.
02:34Et pour ça, ça passe par dévoiler une photo de soi ou de sa carte d'identité.
02:39Ce sont ces informations qui ont fuité.
02:41Pour les groupes Facebook Are We Dating The Same Guy, qui sont sur le même modèle,
02:45ces informations appartiennent à Meta, qui a déjà été mis en cause pour d'innombrables fuites de données personnelles.
02:50Et puis, même s'ils sont privés et que chaque profil est vérifié,
02:54infiltré des groupes Facebook est quand même à la portée de tous.
02:57Pareil pour le site français Coabuse, qui met en lien des victimes d'un même agresseur.
03:01Comme l'a relevé le compte Instagram Le Droit C'est Nous,
03:04il est géré par un seul homme sans expérience en cybersécurité
03:07et le questionnaire à remplir est un simple Google Form.
03:10Alors oui, c'est important qu'en tant que femmes, nous puissions nous retrouver dans des communautés en ligne,
03:15surtout face à la montée de la manosphère.
03:17Mais il faut quand même nous protéger.
03:18Il faut s'assurer que les safe plays qu'on nous vend le sont réellement.
03:22Car la violence du camp d'en face ne fait que nous conforter dans le fait que ces communautés sont essentielles aujourd'hui.
03:28Merci Manon.
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