Guillaume Perrault : «Il y a une volonté de dramatisation de François Bayrou. Il a un énorme orgueil. Cette idée dicte aussi sa conduite. Il est soucieux de l'image qu'il veut laisser. S'il tombe, il préfère tomber avec éclats. On est la risée des pays voisins.»
00:00Là, il y a une volonté de dramatisation de François Hubertus, c'est vraiment, comme on le disait, moi ou le chaos.
00:04C'est l'illustration de ce qu'on disait.
00:06Moi ou le chaos, c'est vraiment, c'est certainement le précédent historique qu'il a à l'esprit.
00:11Puis l'autre grand précédent, c'est Mendes France en 54-55, qui tombe pour des histoires assez dérisoires,
00:17après avoir conclu la paix en Indochine et après avoir mis fin à une querelle sur la communauté européenne des défenses
00:25qui avaient divisé les Français sur la Quatrième République.
00:28Donc il a ses deux grands précédents.
00:30Vous savez, Bayrou, que j'ai un peu pratiqué, comme beaucoup de journalistes politiques, il a un énorme orgueil.
00:36Ce n'est pas péjoratif dans ma bouche, c'est neutre.
00:39C'est-à-dire que ça fait 30 ans au moins que son orgueil lui a permis de tenir les mauvais jours.
00:46Et il en a eu beaucoup dans sa vie politique.
00:49Chirac a quand même voulu le tuer en créant l'UMP en 2002, en fondant l'UDF dans l'UMP.
00:54Il a réussi à sauver sa boutique.
00:56Donc Sarkozy a essayé d'avoir sa tête.
00:59Il a toujours résisté.
00:59Il a toujours résisté.
01:01Et donc cette idée lui-même, qui est très puissante, dicte aussi sa conduite.
01:04Et je suis sûr qu'il est très soucieux de l'image qu'il veut laisser.
01:09Et s'il faut qu'il tombe, eh bien il préfère visiblement que ce soit avec éclat, au terme d'une dramatisation qu'il maîtrise, plutôt que de s'épuiser dans des négociations au cours de la loi de finances, de la cession budgétaire, où finalement il pense qu'il va finir à genoux et partir sous les tomates.
01:28Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que tout ça n'est pas une bonne nouvelle pour nous.
01:32Et je crains qu'on soit un peu larisé des pays voisins.
01:37Vous savez, dans les années 80, les Français aimaient beaucoup se moquer de l'Italie en disant que c'était un pays paralysé où rien ne marchait.
01:44Et pour beaucoup d'Italiens cultivés, la Ve République, c'était l'exemple à suivre.
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