00:0013h15, Europe 1 Info.
00:03Merci de nous rejoindre sur Europe 1, Europe 1 Info, la suite à 13h47 sur Europe 1.
00:07Vous écoutez Clélie Mathias et aujourd'hui avec vous Clélie, le journaliste Eliott Mamman
00:11et le chroniqueur politique et communiquant Jean-Michel Salvatore.
00:15Vous vous souvenez des mots de la veuve du gendarme Éric Comine qui avait été tué il y a un an, en août 2024, à Mougins, dans les Alpes-Maritimes.
00:23Il avait été percuté par un délinquant multirécidiviste de nationalité capverdienne.
00:28Elle dénonce de nouveau, aujourd'hui encore, la défaillance de la justice française.
00:34La justice a été le faux soyeur de mon époux et de notre famille, a-t-elle expliqué au point.
00:39C'est le résultat de 40 années qui amène, je pense, à une certaine indifférence.
00:43Les gars, ils tuent ouvertement et puis bon, ce n'est pas grave.
00:46Allez, on va faire 4 ou 5 ans et puis on va être libérés.
00:48C'est ce qu'elle dit et souvenez-vous encore une fois des mots du discours qu'elle avait tenu l'an dernier.
00:53Écoutez-la.
00:54Et depuis, il y a eu d'autres refus d'obtempérer, d'autres drames et évidemment aussi d'autres moments qui ont marqué la France.
01:13Et on se souvient de ces mots d'Emmanuel Macron. Est-ce qu'on vit dans un branch washing sur les faits divers, comme y a-t-il pu le dire, Jean-Michel Salvatore ?
01:22Non, moi, je ne crois pas, évidemment.
01:24Moi, ce qui me frappe, si vous voulez, c'est qu'il y a plusieurs années, quand une personne était victime d'un fait divers,
01:30elle avait tendance à dire « j'ai confiance dans la justice de mon pays ».
01:34Et là, c'est tout l'inverse.
01:34C'est ce qu'on disait beaucoup. J'ai confiance dans la justice de mon pays.
01:38Aujourd'hui, on voit bien que de plus en plus de victimes, en fait, osent sortir de l'anonymat,
01:46refusent de se laisser invisibiliser par le système et parlent.
01:50Et parlent très fort pour dénoncer très souvent la justice, la justice défaillante, la justice complaisante, la culture des excuses.
01:59Alors, évidemment, il y a toujours une différence entre une victime qui, précisément, a parfois des désirs de vengeance ou de haine,
02:11et puis la justice qui doit, d'une certaine façon, avoir un rôle de pondération.
02:17Mais il y a tellement de différences, il y a un tel fossé qui existe aujourd'hui entre les victimes et la justice,
02:24que là, il y a un divorce, et là, on voit de plus en plus souvent des victimes parler et mettre en cause la justice.
02:31Et moi, je trouve que là, c'est quand même assez grave, parce qu'on n'est plus dans le système où on faisait confiance dans la justice de notre pays,
02:38mais on est dans un système de véritable défiance vis-à-vis des magistrats.
02:42Et on l'a vu avec la femme d'Éric Comine, mais on l'a vu aussi avec la mère d'Elias.
02:49Et même, d'une certaine façon, dans un genre totalement différent, avec Gisèle Pellicot.
02:54Gisèle Pellicot, qui a été victime de viols répétés organisés par son mari,
03:00elle a accepté de témoigner, elle a refusé le huis clos.
03:05Et finalement, son discours, c'était de dire, voilà, il faut que tout le monde se rende compte de ce qu'on m'a fait.
03:10Et c'est, d'une certaine façon, une façon de faire pression sur la justice en disant, il va falloir les condamner à une juste peine.
03:16Et sur la société aussi, parce que pour revenir sur Gisèle Pellicot,
03:20pour revenir sur ce qui s'est passé avec le streamer Jean Portmanov il y a quelques jours aussi,
03:25personne n'a alerté aussi, et personne n'a levé la voix en disant, mais qu'est-ce qui se passe là ?
03:31Oui, alors, sur Internet, sur le fait divers d'Internet, c'est plus compliqué,
03:38parce qu'il y a des problèmes de régulation, ce sont des sites qui sont logés à l'extérieur,
03:42qui sont logés en général très loin, dans le cas d'Espécité en Australie,
03:46donc c'était beaucoup plus compliqué.
03:47Là, si vous voulez, moi ce qui me surprend, si vous voulez,
03:50c'est qu'on a de plus en plus de victimes qui parlent,
03:52et qui mettent en cause véritablement la justice.
03:56Et l'autre mamane, vous êtes d'accord avec ce que Jean-Michel Salvatore vient de dire ?
04:00Mais d'ailleurs, ce qui est particulièrement préoccupant,
04:02c'est que précisément, il faudrait qu'il y ait une véritable prise de conscience
04:05de la part des pouvoirs publics, de l'urgence de la situation,
04:08et du désarroi des Français par rapport à un certain nombre de ces faits divers,
04:11dont on se fait régulièrement l'écho dans les médias,
04:13puisqu'il faut qu'une réponse soit apportée par les pouvoirs publics
04:17avant que les Français en viennent à estimer qu'un autre modèle institutionnel,
04:21c'est-à-dire que sortir de la démocratie libérale,
04:23serait la seule manière pour eux de voir l'État assurer leur sécurité.
04:27Ce n'est évidemment pas ce que je pense.
04:28Je pense qu'il est entièrement possible, dans nos instances démocratiques,
04:31telles qu'elles sont actuellement définies,
04:32dans notre état de droit d'assurer la sécurité de tous,
04:35mais par rapport à ce qui est identifié comme une forme de laxisme
04:37par une majorité de Français d'enquête d'opinion en enquête d'opinion,
04:41il faut de toute évidence qu'il y ait une véritable action de l'État.
04:44Et à cet égard, on peut tout de même estimer qu'il y a une espèce de déconnexion
04:47lorsque le Président de la République évoque un brainwashing.
04:50En réalité, on comprend totalement ce qu'il veut dire d'un point de vue idéologique.
04:53Il est plutôt dans une perspective constructiviste.
04:56Il estime que les faits divers ne sont pas véritablement diffus dans la société,
05:00mais qu'il y a une espèce de déformation médiatique,
05:02puisqu'à partir du moment où les médias en parlent,
05:03alors cela deviendrait une préoccupation des Français.
05:06Il me semble au contraire que l'on peut opposer que le cheminement est plutôt inverse.
05:09C'est-à-dire que c'est parce qu'il y a un désarroi tout particulier
05:12d'un point de vue sécuritaire au sein de la population
05:15que les médias se font écho de ce désarroi.
05:19Mais donc on comprend bien que par rapport à la prise de conscience
05:21de l'urgence de la situation, Emmanuel Macron a de toute évidence
05:24encore un tout petit peu de trajet à faire.
05:25Il y a une sorte de malentendu.
05:27Et justement, Isabelle Piboulot qui a vécu un drame,
05:30elle est journaliste à CNews, son compagnon a été agressé vendredi dernier,
05:33c'était porte-de-vente dans le 14e arrondissement de Paris.
05:36Son compagnon a juste voulu la protéger, elle, parce qu'elle était insultée
05:41et il s'est interposé et il a reçu sept coups de couteau.
05:46Il est heureusement en vie, mais ce n'est pas passé loin évidemment.
05:50Elle était très émue hier chez Pascal Praud.
05:53Elle a envoyé donc ce message au président de la République.
05:55Il est temps que les consciences s'éveillent.
05:58Et ma parole aujourd'hui, elle est pour ça.
06:00Parce que ma première agression, j'ai eu honte d'en parler.
06:03Des amis proches étaient au courant, mais certains de mes copains l'ont appris là,
06:07quand j'en ai parlé sur les réseaux sociaux, un an après,
06:10parce que j'avais honte d'avoir été une femme qui touchait dans la rue.
06:13Mais j'avais honte.
06:15Je ne sais pas pourquoi, c'est inexplicable.
06:17Il faut le vivre pour le comprendre.
06:18Et aujourd'hui, la honte doit changer de camp.
06:20La honte, elle n'est pas à nous.
06:21Maintenant, évidemment, ça sera placé à la justice.
06:23Je pense que je suis bien placée pour, avec tout le respect que je dois à notre président de la République,
06:29M. Emmanuel Macron, est-ce que vous pensez qu'un drame comme ça relève du brainwashing ?
06:33Est-ce que vous pensez que les larmes d'une mère qui est inquiète pour son enfant,
06:37qui pense que son enfant va mourir, alors qu'elle est rentrée chez elle,
06:41c'est du lavage de cerveau ?
06:42C'est tout.
06:43Isabelle Pivolo qui fait référence à ce qui s'est passé pour elle l'an dernier,
06:46puisqu'elle a été victime d'une agression sexuelle.
06:49Et c'est ce qu'elle dit.
06:49Elle a eu honte d'en parler.
06:50Maintenant seulement, sa parole se libère et elle en vient donc à ses mots
06:55et à cette adresse au président de la République, Jean-Michel Salvatore.
06:58Moi, je trouve que c'est intéressant parce que, d'une certaine façon,
07:01bon, elle est journaliste, et en fait, c'est une sorte de making-of d'un fait divers.
07:07C'est-à-dire que là, on vit le fait divers du côté de la victime
07:10et elle nous le raconte par le menu.
07:13C'est-à-dire que ce n'est pas juste...
07:15Vous voyez ce que je veux dire ?
07:15C'est-à-dire qu'elle nous donne des détails,
07:18elle nous explique exactement l'enchaînement des faits,
07:20la détresse qui a été la sienne,
07:22la matière dont elle a vécu,
07:24les coups portés...
07:25C'est...
Commentaires