- il y a 5 mois
La rentrée pourrait être très agitée pour le Premier ministre, François Bayrou. La question du vote du budget 2026 le met face à un risque de censure. Ce texte, qui permettrait de faire 43.8 milliards d'économies, doit être examiné alors que le socle présidentiel ne dispose pas de majorité.
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00:00Le compte à rebours est lancé pour François Bayrou, le Premier ministre menacé de censure de toutes parts.
00:05Son plan budgétaire à 44 milliards d'euros d'économies, rejeté par une grande majorité de la classe politique.
00:10Alors, François Bayrou cherche à jouer son va-tout.
00:13Et si les Français finissaient, eux, par le rallier, encore faut-il trouver les bons arguments cette fois.
00:18C'est ce qu'il va tenter demain après-midi.
00:21Grande conférence de presse, Sophie Dupont, on vous retrouve au fort de Brégançon,
00:25où le Premier ministre a été reçu à dîner par Emmanuel Macron en cette fin de semaine.
00:29C'est un plan reconquête qu'ils ont élaboré ensemble.
00:35C'est en tout cas ce que Matignon laisse entendre aujourd'hui.
00:37Ce que je peux vous dire, c'est qu'Emmanuel Macron se trouve toujours au fort de Brégançon, dans sa résidence d'été, où est arrivé fin juillet.
00:44Le chef de l'État qui joue un petit peu les prolongations, car l'année dernière, à la même date, il avait déjà quitté les lieux.
00:49Mais Emmanuel Macron, il se montre quand même concentré sur la rentrée.
00:53Il a reçu, vous l'avez dit, jeudi soir, à dîner son Premier ministre.
00:56Et moins de 48 heures après, Matignon a annoncé cette conférence de presse qui se tiendra demain à 16h de François Bayrou.
01:03Matignon qui fait cette annonce en rappelant bien au préalable que les deux hommes se sont rencontrés cette semaine.
01:08Manière donc de faire comprendre que cette conférence de presse, elle a tout simplement été validée par le président de la République,
01:14au moment où François Bayrou, il est menacé de censure sur le budget et où les appels au blocage et à la grève se multiplient.
01:21Le Premier ministre qui a besoin de tenter de convaincre les Français et d'envoyer des messages aux oppositions, il a d'ores et déjà commencé à le faire.
01:28En parallèle, le gouvernement, il va commencer aussi les concertations avec les syndicats et les formations politiques,
01:34car l'exécutif a aujourd'hui un objectif, c'est la stabilité, comme on a appelé Emmanuel Macron en début de semaine,
01:41dans le contexte international actuel. Emmanuel Macron, qui va d'ailleurs, lui, toujours être préoccupé par la situation internationale,
01:48car à peine parti du fort de Brégançon, il se rendra mercredi en Moldavie, toujours sur fond de guerre en Ukraine.
01:54– Sophie Dupont avec Agathe Pichon, en direct du fort de Brégançon, pour les dernières informations sur BFM TV.
02:00Bonjour Bernard Sananès. – Bonjour.
02:01– Président de l'Institut de sondage Elab. Il joue son va-tout, demain, François Bayrou ?
02:06– Pas demain, mais en tout cas tout au long de ce mois de septembre, entre le 10 septembre, la mobilisation annoncée,
02:11la motion de censure qui se préfigure, évidemment c'est un mois décisif pour François Bayrou.
02:16On voit bien qu'il essaie aujourd'hui de ne pas rester, j'allais dire, comme une cible immobile.
02:20Les appels à la censure se multiplient, les appels à la mobilisation également,
02:25et il essaie de jouer avec les cartes qu'il a dans sa main.
02:27J'allais dire, il lui en reste une, et elle n'est pas négligeable, c'est le constat.
02:30Le constat, il était partagé par les Français.
02:33Je vous rappelle un sondage que nous avions fait pour BFM TV au lendemain de sa conférence de presse du 15 juillet,
02:38quand le Premier ministre avait dit « notre pronostic vital comme État est engagé »,
02:41eh bien il y avait deux Français sur trois qui partageaient ce constat,
02:43notamment bien sûr dans le socle commun, chez les électeurs Renaissance, chez les électeurs LR.
02:47Et donc il va essayer de jouer là-dessus cette carte de « ok, on n'est peut-être pas d'accord avec les mesures,
02:52mais on ne peut pas échapper à ce constat ».
02:54Et puis la deuxième chose, c'est que peut-être il s'est vu ouvrir ce week-end une petite fenêtre d'opportunité
02:59avec l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon dans la mobilisation.
03:02Bien sûr, pour le mouvement, c'est un soutien très important qui va démultiplier les forces
03:06qui soutiennent la mobilisation du 10 septembre.
03:10Mais ce n'est pas pareil d'être contre le budget de François Bayrou,
03:13et ce n'est pas pareil de souhaiter le blocage du pays.
03:15Et le Premier ministre essaie sans doute de jouer là-dessus en disant
03:17« ben voilà, il y a l'opposition au budget, l'opposition aux mesures que j'ai proposées,
03:21on va peut-être en discuter », a-t-il dit,
03:24mais il y a aussi ceux qui veulent bloquer le pays.
03:27Et là, il peut espérer, dans une partie de son électorat,
03:30non pas devenir majoritaire quand vous présentez un budget comme cela,
03:33vous savez que vous êtes forcément impopulaire,
03:34mais en tout cas rééquilibrer un peu les forces
03:36entre ceux qui sont aujourd'hui, il faut le rappeler, très opposés à ce budget,
03:39près de deux tiers des Français selon nos confrères d'Arrice,
03:42et ceux qui en soutiennent l'objectif.
03:44– Bonjour Xavier Akoveli, merci de nous avoir rejoint,
03:47sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine, vice-président du Sénat.
03:50Qu'est-ce qui peut être différent dans cette conférence de presse demain
03:53que celle qu'il a voulu faire aux Français avant qu'il parte en vacances le 15 juillet ?
03:57– Je pense que c'est aussi pour l'occasion du Premier ministre
04:00l'occasion de faire un peu le point sur les travaux parlementaires
04:04qui ont eu lieu ou pas pendant l'été.
04:06Est-ce que les partis politiques ont travaillé pendant l'été
04:08pour faire des contre-propositions au Premier ministre,
04:10en respectant l'objectif qui est de cette réduction des économies de 44 milliards,
04:17mais avec effectivement des propositions alternatives ?
04:20Nous, c'est ce qu'on essaye de faire avec Territoire de progrès, avec Renaissance.
04:23On va faire des contre-propositions à partir du 30 août,
04:26lors de notre réunion à Paris,
04:29et on va faire un certain nombre de propositions justement pour améliorer ce budget.
04:32Parce que moi, vous savez, je pense que pour qu'un budget soit accepté,
04:38il faut qu'il soit acceptable et il faut qu'il soit compris.
04:40Et aujourd'hui, ce que les Français demandent,
04:42moi j'étais encore sur le terrain hier à Surenne dans ma ville,
04:44les Français me demandent plus de justice sociale,
04:48plus de justice fiscale, la lutte contre la fraude.
04:52On voit par exemple la fraude à la TVA,
04:54c'est 20 à 25 milliards d'euros de manque à gagner pour l'État.
04:58C'était un rapport d'ailleurs de la sénatrice Nathalie Goulet qui parlait de ça.
05:01Donc on a aujourd'hui un certain nombre de mesures à mettre en place
05:05pour trouver des recettes supplémentaires sans pénaliser
05:08et sans faire de matraquage sur les Français.
05:10On va en parler dans un instant,
05:11parce que c'est ça qui est reproché, de faire toujours payer les mêmes.
05:14Votre collègue, sénateur de Paris, est avec nous,
05:17Yann Brossat, porte-parole du Parti communiste français.
05:19Bonjour.
05:22François Bayrou qui précise à nos collègues de la tribune dimanche
05:25« Ceci, je veux remettre les choses en place sans ambiguïté
05:29et envoyer un message de mobilisation et de responsabilité.
05:32C'est clairement le clivage qu'il veut mettre en place pour cette rentrée responsabilité
05:37contre ceux qui appellent à tout bloquer ? »
05:40Je pense que l'irresponsabilité, elle est du côté du gouvernement
05:44qui veut faire payer les Français les plus modestes
05:47pour pouvoir continuer à maintenir les revenus des plus riches.
05:51Parce que ce qui se dessine avec ce budget,
05:53c'est une punition généralisée pour la grande masse des travailleurs de notre pays,
05:57qui vont devoir bosser deux jours supplémentaires sans revenus supplémentaires,
06:02pour les chômeurs qui vont voir leur indemnité baisser,
06:05pour les retraités qui vont voir leur pension bloquée,
06:08pour les malades qui vont subir un doublement des franchises médicales.
06:11Je pense que l'irresponsabilité, elle est de ce côté-là,
06:14surtout dans un pays où on a déjà un niveau de précarité,
06:18de pauvreté extrêmement élevé.
06:19Les dernières statistiques de l'INSEE montrent que nous battons des records
06:22en matière de pauvreté.
06:24Et donc je pense que la responsabilité, elle serait plutôt du côté de ceux
06:29qui ne veulent pas de ce budget et qui voudraient qu'on redémarre tout ça à zéro
06:33avec une logique de justice sociale qui paraît bien éloignée
06:37de celle qui domine aujourd'hui du côté du gouvernement.
06:41On voit que les choses s'accélèrent avec cette conférence de presse
06:43annoncée hier par Matignon.
06:46Aurore Malval, bonjour, rédactrice en chef du site du magazine Marianne.
06:50Certains ministres n'étaient encore hier même pas au courant
06:52que François Bayrou allait donner cette conférence de presse
06:55parce que le compte à rebours est enclenché là, ça y est.
06:57Le budget commence en octobre, mais les députés font leur entrée dans un mois
07:02et ils annoncent déjà, en tout cas pour les insoumis,
07:04une motion de censure dès le premier jour.
07:05Effectivement, ils avaient déjà prévenu au 15 juillet
07:09lorsque François Bayrou a profité en fait aussi des vacances parlementaires
07:13pour annoncer ses pistes justement d'économie pour ce budget 2026.
07:18Ils savaient qu'il ne pourrait pas être immédiatement censuré.
07:21Mais déjà les oppositions, en tout cas la France insoumise avait dit
07:23nous déposerons une motion de censure pour une rentrée je dirais un peu musclée.
07:28Et en fait je pense que François Bayrou a senti aussi ces derniers jours
07:32et peut-être ces dernières semaines la situation se tendre un petit peu.
07:35Et ce qu'il veut surtout éviter, c'est que cette colère prenne corps dans la rue,
07:39qu'il y ait effectivement un mouvement d'ampleur, un mouvement social
07:43et qui du coup trouverait à la différence, par exemple on parle beaucoup des Gilets jaunes
07:48pour comparer un petit peu cette mobilisation un peu nébuleuse, un peu citoyenne
07:52qui s'organise aussi à la fois sur les réseaux sociaux et avec des organisations plus classiques.
07:59La différence avec les Gilets jaunes, c'est que là il y a un débouché politique immédiat.
08:03C'est ce dépôt d'une motion de censure le 22 septembre, le vote le 23.
08:08Donc ce que veut François Bayrou, c'est déminer le sujet
08:11pour que l'étincelle finalement ne fasse pas flamber le pays.
08:16En rebond, si je peux me permettre, il y a un lien qui est très fort
08:19dans la dynamique politique et sociale, c'est le lien entre succès ou pas
08:24de la mobilisation du 10 septembre et vote de la censure.
08:26Si la mobilisation du 10 septembre est réussie, du 10 ou celle des jours suivants,
08:30si les syndicats appellent à rejoindre un autre mouvement,
08:33effectivement les députés qui font la clé du vote de censure,
08:36je pense par exemple au vote au groupe socialiste,
08:38les 66 députés du groupe socialiste, aux députés du Rassemblement national,
08:42vont être enclin quand ils vont rentrer dans leur circonscription à dire
08:44« ben voilà, j'ai mesuré la colère dans ma ville, dans ma préfecture,
08:48et donc je suis favorable à la censure. »
08:51Si la mobilisation est moyenne, ce n'est pas le cas.
08:53C'est aussi pour ça que peut-être le Premier ministre va chercher,
08:55on verra demain, à déminer, à ouvrir sur certaines pistes
08:58pour éviter que cette mobilisation prenne, comme on le disait, trop d'ampleur.
09:02Elle va être cruciale, cette mobilisation du 10 septembre pour vous ?
09:04Elle va être cruciale et puis elle peut aussi être un vrai chaos pour la France.
09:09Je rappelle quand même que la censure qui avait été votée
09:12par les mélenchonistes et par les lépénistes,
09:15je vous rappelle qu'elle a coûté 100 millions d'euros par jour,
09:1812 milliards en tout sur le budget de l'État.
09:20C'est ça la réalité.
09:21Aujourd'hui, si nous devons trouver aussi 44 milliards,
09:24c'est aussi en partie parce qu'on a eu la censure qui a coûté aux finances de l'État.
09:28Donc, que les Français, que nous ne soyons pas complètement satisfaits par ce budget,
09:33moi je vous l'ai dit, je ne suis pas complètement satisfait
09:35et pourtant je soutiens ce gouvernement.
09:37Donc je vais faire des propositions parce que c'est mon rôle,
09:39je suis payé aujourd'hui par les Français pour faire des propositions,
09:42pour voter des lois et pour voter des budgets.
09:43Mais que nous allions jusqu'à bloquer le pays
09:46avec les conséquences économiques que ça peut avoir sur l'ensemble des Français,
09:51non, ça je suis opposé.
09:53Donc oui, il faut maintenant que les partis politiques
09:56prennent leurs responsabilités, se mettent autour de la table,
09:59fassent des contre-propositions, fassent avancer le débat parlementaire
10:03pour avoir un budget qui soit de justice sociale
10:06et qui puisse nous permettre de répondre aux attentes des Français
10:09et aussi aux attentes économiques, c'est-à-dire trouver ces 44 milliards d'économies.
10:13– Yann Brossat, est-ce qu'on peut se le permettre aujourd'hui en France,
10:17dans le contexte actuel, ces nouveaux blocages ?
10:19– Enfin, je trouve que c'est quand même extraordinaire d'entendre aujourd'hui
10:23des leçons de bonne gestion budgétaire de la part de gens
10:26qui ont augmenté la dette du pays de 1 000 milliards d'euros.
10:29Je rappelle que François Bayrou, qui nous explique en ce moment
10:31qu'il veut redresser les finances du pays, a voté tous les budgets depuis 8 ans,
10:37a soutenu tous les budgets depuis 8 ans,
10:38ceux qui nous conduisent à la situation budgétaire que nous connaissons en ce moment.
10:42Donc je veux bien, c'est le son de responsabilité, c'est le son de sérieux,
10:46mais à un moment donné, il faut savoir se regarder dans la glace.
10:48Et par ailleurs, puisque Xavier Lacoveli, à juste titre, nous dit
10:52il faut mettre des propositions sur la table, il faut regarder les travaux parlementaires,
10:56et bien regardons par exemple ce qu'a fait la commission d'enquête parlementaire
10:59Transpartisan par définition sur les aides publiques aux entreprises,
11:04où on s'aperçoit que chaque année, l'État verse 211 milliards d'euros
11:07d'aides publiques aux entreprises sans contrepartie.
11:10Certaines le méritent, certaines assurément pas,
11:13notamment de très grosses entreprises qui touchent des aides publiques,
11:16qui font de l'optimisation fiscale, qui licencient,
11:19qui versent des dividendes astronomiques à leurs actionnaires.
11:21Si on veut faire des économies, regardons de ce côté-là,
11:24mettons sous condition les aides publiques aux entreprises.
11:27Si vous investissez dans l'emploi, on vous aide.
11:30Si en revanche, vous faites le choix de l'optimisation fiscale et des licenciements,
11:33vous remboursez les aides que vous avez touchées.
11:36Voilà une proposition de bon sens, et je suis sûr que sur un sujet comme celui-là,
11:40si on décide de se mettre ensemble, on est capable d'avancer.
11:43On va y revenir, Yann Brossat, sur le fond, aux contre-propositions aussi,
11:47mais sur la question du blocage.
11:49On voit que des syndicats, et pas des moindres, la CGT, Force Ouvrière,
11:53sont beaucoup plus réticents par rapport à ce mouvement du 10 septembre de tout bloquer.
11:58Ce n'est pas comme ça qu'on fait nation, dit le patron de Force Ouvrière,
12:00uniquement en appelant au blocage.
12:04Vous savez, il y a plusieurs échéances qui arrivent.
12:07Il y a une première échéance qui est le 1er septembre,
12:09où l'intersyndicale doit se réunir.
12:11Je suis persuadé que l'intersyndicale prendra un certain nombre d'initiatives,
12:16et puis ensuite, il y aura la journée du 10 septembre.
12:18Mais je pense que les syndicats ont un rôle central à jouer.
12:21Ce qui est sûr, c'est que le blocage, ça n'est pas un objectif.
12:23Le blocage, ça peut être un moyen, un moyen de légitime défense populaire
12:28si le gouvernement persiste à vouloir punir les Français,
12:31comme c'est le cas aujourd'hui, en les soumettant à des mesures
12:35qui sont particulièrement rudes, notamment pour les plus modestes.
12:38Xavier Coveli, François Bayrou, il a essayé tout l'été de parler directement au français,
12:42comme il l'avait déjà fait avant leur départ en vacances le 15 juillet,
12:44comme il m'a tenté de le faire demain, avec ses vidéos FB Direct.
12:48Ce qu'on retient sur toutes ces vidéos, c'est qu'il persiste et signe,
12:50il veut faire travailler les Français deux jours fériés de plus, sans être payé.
12:54C'est ça qu'on retient de cet été, pas sûr que ça convainque beaucoup de Français.
12:57Non, et puis moi, je vous le dis à titre personnel, je ne suis pas non plus convaincu.
13:00Je pense que tout travail mérite salaire et que supprimer des jours fériés devrait être revu.
13:09En tout cas, c'est 1,5 milliard, je crois, par jour férié d'économiser.
13:14Et donc, moi, je pense qu'il y a d'autres mesures aujourd'hui à mettre en place
13:19plutôt que de faire travailler plus ceux qui déjà travaillent.
13:22Je pense honnêtement que, c'est ce que j'entends sur le terrain,
13:25les gens en ont marre que ce soit toujours les mêmes qui payent,
13:28toujours ceux qui travaillent, toujours ceux de la classe moyenne
13:32qui gagnent trop pour être aidés et bénéficiés de la solidarité nationale
13:37et en même temps payent quasiment 100% des impôts.
13:41Et donc, aujourd'hui...
13:41C'est exactement ce que dit François Bayrou.
13:43Donc, votre colère, elle doit aller contre lui.
13:45C'est au Premier ministre qu'il faut le dire.
13:46Il faut peut-être rejoindre le mouvement et l'opposition, alors.
13:48Pardonnez-moi, juste, je suis plutôt libre dans ma parole.
13:51Et je vous ai dit, et je le dis depuis le mois de juillet,
13:53nous, nous ferons des contre-propositions
13:55puisque toutes les mesures annoncées par le Premier ministre
13:57ne nous convaincent pas.
13:58Voilà, donc, sur la question de l'abattement des 10% pour les retraités,
14:02je ne suis pas convaincu aussi que toucher les retraités
14:04puisse être, ça rapporte, je crois, 900 millions seulement
14:07au budget de l'État.
14:08Je ne suis pas sûr que sur les 44 milliards,
14:10il n'y a pas d'autres économies.
14:11Je vous l'ai dit tout à l'heure, il y a un rapport de Nathalie Goulet,
14:13la sénatrice Nathalie Goulet, qui parle...
14:15La fraude à la TVA, c'est 20 à 25 milliards.
14:16La fraude à l'URSSAF, c'est 7 milliards.
14:19On a 1,1 million de personnes dont les droits ont pris fin
14:21et qui continuent à toucher encore des droits.
14:246,3 milliards d'indus dans la branche famille, donc par la Sénatrice.
14:27Et c'est nouveau ?
14:28Là, il y a aujourd'hui...
14:28Est-ce que c'est nouveau, tout ça ?
14:30Je n'ai pas dit que c'était nouveau, sauf qu'aujourd'hui, on a...
14:32Non, mais dans ce cas-là, il fallait faire avance,
14:33si c'est si facile de trouver ces milliards.
14:34Et c'est pour ça, d'ailleurs, que Nathalie Goulet se bat
14:36depuis plusieurs années sur la question de la lutte
14:38contre la fraude fiscale et la fraude sociale.
14:40Mais pour répondre à Yann Brossat, moi, je veux bien,
14:42mais si on avait écouté le groupe communiste au Sénat
14:44et à l'Assemblée nationale depuis plusieurs années,
14:47et notamment depuis 8 ans,
14:48ce n'est pas 1 000 milliards de dettes supplémentaires qu'on aurait,
14:50c'est le double, voire le triple.
14:52Aujourd'hui, un tiers de notre dette, effectivement,
14:55repose sur les aides qui ont été mises en place
14:57pour les entreprises et pour les Français,
15:00notamment pendant la Covid.
15:01Donc oui, on a protégé les Français,
15:04ça a un coût, on savait très bien
15:05que l'argent ne tomberait pas du ciel,
15:07il faudrait un moment le rembourser.
15:09Maintenant, il y a besoin de serrer la vis
15:10sur, en tout cas, les dépenses de l'État
15:13qui sont indues et retrouver des recettes
15:16qui sont dues à l'État
15:17et notamment sur la fraude fiscale et la fraude sociale.
15:20Yann Brossat, à un moment, il faut serrer la vis.
15:23Non, mais là où je ne suis pas d'accord
15:25avec ce que dit Xavier Iacovelli,
15:27c'est qu'au fond, il y a un tabou avec ce gouvernement.
15:29Il y a des gens qui bénéficient
15:30d'une espèce de totem d'immunité.
15:32Dès lors qu'on parle de mettre sous condition
15:34les aides publiques aux entreprises,
15:36vous ne voulez pas en entendre parler.
15:38Et une fois de plus, quand même,
15:39on a un rapport sénatorial
15:40qui était présidé par un sénateur,
15:42LR, certes, à l'initiative du groupe communiste,
15:45mais présidé par un sénateur LR
15:48qui propose de mieux regarder
15:50ces aides publiques aux entreprises,
15:51d'arrêter cette gabegie
15:53qui consiste à verser des aides publiques
15:54qui n'aboutissent strictement à rien,
15:57si ce n'est à enrichir des boîtes
15:58qui n'en ont pas besoin.
15:59Ça pose quand même une question.
16:01Comment est-ce qu'on peut, dans le même temps,
16:02ne pas toucher à cela
16:03alors que vous vous apprêtez,
16:05en tout cas le gouvernement que vous soutenez,
16:07s'apprête à ponctionner les Français
16:10et notamment les plus modestes,
16:11de manière extrêmement rude.
16:13La question centrale en cette rentrée,
16:15c'est la question de la justice sociale.
16:17Les Français ne peuvent pas accepter
16:18de se faire plumer
16:19alors que dans le même temps,
16:21on a des gens qui se gavent
16:22et on a des entreprises
16:23qui touchent des aides publiques
16:25sans aucune espèce de contrepartie.
16:27Ça s'appelle la justice
16:28et je pense que c'est vraiment ça
16:29qui doit être mis à l'ordre du jour
16:31si on souhaite que le pays puisse avancer.
16:32Aurore Malval, la justice sociale,
16:35ça va être le thème de cette rentrée ?
16:37Oui, j'allais dire,
16:37c'est le thème crucial
16:39et je pense qu'il y a une question
16:40qui se pose et qui s'est déjà posée
16:42ces derniers mois,
16:43c'est celle aussi du consentement à l'impôt
16:44qui est étroitement liée
16:46et là, ce plan, en tout cas d'économie,
16:48tel qu'il est présenté,
16:50beaucoup de gens disent
16:51que ça attaque justement
16:52ce consentement à l'impôt.
16:53Combien de temps les Français
16:55vont accepter de faire corps
16:57pour justement financer
16:58une dépense publique
17:01qui, ils jugent, ne correspond pas
17:03à ce qu'ils vivent au quotidien
17:05et d'ailleurs, il faut bien faire la différence
17:06entre la dépense publique
17:07et le fonctionnement des services publics
17:09qui, eux, restent plutôt stables
17:11et qui souffrent.
17:12On le voit avec ce qui se passe
17:13dans l'éducation nationale,
17:14on voit avec ce qui se passe à l'hôpital,
17:15dans la vie de tous les jours,
17:16les Français ne constatent pas
17:18un bon fonctionnement
17:20de ces services publics
17:21et pourtant, cette dépense augmente.
17:22Donc effectivement,
17:23que tout le monde soit mis à contribution
17:25et de façon juste,
17:27c'est une demande qui est majeure
17:28et qui se retrouve d'ailleurs
17:29dans tous les électorats.
17:31Vous l'avez sur les sondages récents,
17:3470% des Français soutiennent
17:35justement le mouvement du 10 septembre,
17:37ce n'est pas anodin
17:38et il y en a même presque 40%
17:40chez les électeurs du Bloc central.
17:42Donc, encore une fois,
17:43c'est une remise en cause
17:44un peu là de ce qui est présenté
17:45qui se fait à tous les niveaux.
17:47On a l'impression que c'est quand même
17:47totem contre totem.
17:49Totem de ne pas toucher
17:49à l'imposition des plus aisés.
17:52Totem, au contraire,
17:53de ne pas faire payer
17:54que ceux qui sont dans la classe moyenne.
17:57Et au final, même dans le Bloc central,
17:59certains ne s'y retrouvent plus.
18:01Vous savez, dans la société française,
18:02la question de la justice
18:04est une question majeure,
18:06j'allais dire historiquement.
18:07On a régulièrement,
18:09je dirais en dehors du contexte du budget,
18:10près du Français sur 10
18:11qui considère qu'on vit aujourd'hui
18:12dans une société française
18:13qui est injuste.
18:14Donc, toute mesure,
18:16et c'est le cas en tout cas
18:17de la perception du budget
18:18qui a été présentée,
18:19toute mesure qui donne le sentiment
18:20de ne pas rectifier,
18:21voire d'aggraver ces injustices,
18:24est immédiatement rejetée.
18:25Immédiatement rejetée.
18:26Donc, les Français,
18:27moi, je trouve que parfois,
18:28on dit que les Français
18:28sont contre les efforts, etc.
18:30Ce n'est pas tout à fait exact.
18:31Ça demande, évidemment,
18:32les Français ne vont pas aller
18:33dans la rue pour dire
18:34qu'ils sont d'accord
18:35pour faire des efforts.
18:37Mais il y a une partie
18:38de ces efforts qui sont compris.
18:39Par exemple,
18:40tout le chantier
18:41de la lutte contre les fraudes,
18:43de la réduction des excès, etc.
18:44Ce sont des chantiers
18:45qui pourtant concernent
18:46beaucoup de gens,
18:47mais qui sont soutenus.
18:49En revanche, effectivement,
18:50la mesure des jours fériés,
18:52elle est devenue,
18:52vous l'avez dit,
18:53emblématique, totémique.
18:55Et c'est vrai qu'elle,
18:56j'allais dire,
18:57elle crée presque
18:58un point de rupture
18:59avec l'écoute
18:59sur les autres mesures.
19:01C'est-à-dire,
19:01tant qu'il y a ça,
19:02c'est compliqué pour l'opinion
19:04d'entrer dans le reste du budget.
19:06Donc, on verra
19:06s'il y a un bouger,
19:08comme on dit,
19:09du gouvernement
19:10sur ces questions ou pas.
19:11On se demande
19:12comment ça peut passer.
19:13On se demande
19:13si la jurisprudence
19:15Michel Barnier
19:16n'est finalement pas
19:18une fatalité désormais
19:19pour tous les premiers ministres.
19:20Dans ce contexte,
19:21en tout cas,
19:22il veut faire une conférence
19:22de presse
19:23pour s'adresser aux Français.
19:24Mais enfin,
19:24ce sont les députés
19:25qui auront le dernier mot
19:26de la censure ou non.
19:27Et pour le coup,
19:28même les socialistes
19:29sont assez frontales
19:32face à ce qu'a proposé
19:33François Bayrou.
19:34Ce qui est sûr,
19:35c'est que l'arrivée
19:35de François Bayrou
19:36à Matignon
19:37n'a pas changé
19:38l'équilibre parlementaire
19:40à l'Assemblée nationale.
19:42Il y a une tripartition
19:44aujourd'hui
19:44de notre Parlement
19:46qui fait
19:46qu'il n'y a pas
19:47de majorité,
19:48qu'elle soit absolue
19:48ou relative
19:50à l'Assemblée nationale.
19:51Mais moi,
19:52je pense qu'on peut
19:53se retrouver effectivement
19:53sur un certain nombre
19:54de propositions.
19:55Et je pense
19:56que Yann Brossat
19:56pourra acquiescer
19:58sur cette proposition.
19:59Par exemple,
20:00sur les allocations familiales.
20:02Aujourd'hui,
20:02on a des allocations familiales
20:04quand on...
20:04Je ne sais pas moi,
20:05quelqu'un qui est au 4,40,
20:07qui gagne,
20:07je ne sais pas,
20:07plus de 15,
20:0820 000 euros
20:09par mois,
20:11touche pour deux enfants
20:1237 euros
20:13d'allocations familiales.
20:14Est-ce que vraiment,
20:15aujourd'hui,
20:16cette personne,
20:17ce couple,
20:17cette famille,
20:18a besoin des 37 euros
20:19d'allocations familiales
20:21par mois
20:22pour élever ses enfants ?
20:23Moi,
20:23je ne pense pas.
20:24Je pense,
20:24par contre,
20:25que la justice
20:26ferait que ces 37 euros,
20:27on les remette
20:28sur les allocations familiales
20:30dès le premier enfant.
20:31Ça,
20:31ça serait une mesure
20:32de justice fiscale,
20:33de justice sociale
20:34et qui permettrait
20:35de soutenir
20:36ceux qui en ont réellement besoin.
20:37Moi,
20:37je suis contre l'assistanat,
20:38je suis pour la solidarité
20:39et je suis pour donner
20:41à ceux qui en ont réellement besoin
20:42et que chacun contribue
20:43à hauteur de ses moyens.
20:45Je pense aussi
20:45qu'il faut voir
20:46sur la question
20:47de l'impôt citoyen.
20:48Aujourd'hui,
20:48ce n'est pas normal
20:49que les impôts
20:50soient payés uniquement
20:51par la classe moyenne
20:52principalement.
20:53Donc,
20:53il y a aussi des mesures.
20:54Il y a des mesures aussi
20:55sur la question
20:55de la prévention.
20:57Non,
20:57mais juste pour s'arrêter là,
20:59vous dites que vous êtes
20:59pour la solidarité,
21:00mais par contre,
21:01on ne touche pas aux retraités
21:02qui ont un niveau de vie
21:03bien plus important
21:04que les actifs.
21:05Qui vous dit ça ?
21:06Tous les chiffres le montrent.
21:08C'est pour eux
21:08qu'ils épargnent le plus aujourd'hui.
21:09Aujourd'hui,
21:10les retraités
21:11sont souvent ceux
21:12qui aident leurs enfants
21:13et leurs petits-enfants
21:14au quotidien.
21:15Et donc,
21:15oui,
21:15il y a peut-être de l'épargne,
21:16mais il y a aussi...
21:17Donc,
21:17voyons sur la question
21:18des successions,
21:19revoyons sur la question
21:20des donations
21:20pour faire en sorte
21:21que l'argent aille plus
21:23facilement à ceux
21:24qui en ont besoin,
21:25c'est-à-dire les actifs,
21:27les plus jeunes.
21:28Oui,
21:28moi,
21:28je suis d'accord
21:29pour revoir ces questions-là.
21:30Mais aujourd'hui,
21:31taper les retraités
21:32sur une mesure fiscale
21:33qui va rapporter
21:34à peine
21:35un milliard d'euros,
21:36900 millions
21:36aujourd'hui
21:37dans les caisses de l'État...
21:38Mais il faut que tout le monde
21:39fasse un effort ou pas ?
21:40Mais tout le monde
21:41doit faire un effort.
21:42Sauf les retraités ?
21:42Non,
21:43les retraités,
21:44indirectement,
21:45ils vont faire aussi des efforts
21:46puisque s'il y a une année blanche,
21:47il y aura aussi une année...
21:49Donc,
21:49ils vont également faire un effort.
21:50Mais toucher l'abattement
21:51des 10 %,
21:52moi,
21:52je trouve que c'est une erreur.
21:53Donc,
21:54il y a ça,
21:54il y a ces mesures aussi.
21:55Moi,
21:55je pense que l'industrie
21:56agroalimentaire aujourd'hui
21:57qui nous empoisonne,
21:58qui coûte 125 milliards d'euros
22:01à l'assurance maladie
22:02chaque année
22:02sur la question
22:03du surpoids
22:04et de l'obésité,
22:05ça touche 6 millions de personnes.
22:07On ne fait rien
22:08sous prétexte du lobby
22:09du sucre.
22:10Donc,
22:10on a aussi besoin
22:11de faire des économies là-dessus.
22:12Mais il faut avoir
22:13du courage politique
22:14et c'est ce que nous porterons
22:15au sein du débat parlementaire.
22:17Yann Brossat,
22:18plutôt peut-être
22:19que d'appeler
22:20à bloquer le pays
22:21parce que bloquer,
22:22c'est bien,
22:23ça n'apporte pas de propositions
22:24et donc pas de solutions.
22:25Est-ce que vous soutiendrez
22:26l'idée d'un référendum ?
22:27C'est François Bayrou lui-même
22:28qui en avait émis l'idée
22:29il y a quelques mois
22:30sauf que ce n'est pas sa prérogative,
22:32c'est celle du président
22:32de la République.
22:33Un référendum
22:33sur le budget.
22:35Le référendum,
22:36il a eu lieu
22:37aux dernières élections législatives.
22:38Moi,
22:38je ne suis pas fermé
22:39à des tas de référendums.
22:41Mais en tout cas,
22:41les Français se sont prononcés
22:43aux dernières élections législatives
22:45et jamais
22:46les partisans
22:48du socle commun
22:49n'ont proposé
22:50les mesures
22:50qui sont annoncées
22:51aujourd'hui
22:51par François Bayrou.
22:52Quel dommage
22:53qu'il ne se soit pas présenté
22:54aux élections législatives
22:55en disant
22:56qu'il allait soumettre
22:56les Français
22:57à du travail supplémentaire
22:59non payé
23:00au doublement
23:00des franchises médicales,
23:01au gel des pensions
23:02de retraite.
23:03À ce moment-là,
23:03les Français auraient pu voter
23:04en connaissance de cause.
23:06En tout cas,
23:06il n'a pas de légitimité
23:07pour mener cette politique.
23:09S'il veut soumettre
23:09tout ça à un référendum,
23:10il n'y a pas de problème.
23:11Et je suis très confiant
23:12dans le vote
23:13qui serait celui des Français.
23:14D'ailleurs,
23:15ils le disent déjà
23:15lorsqu'ils sont interrogés
23:17par sondage interposé
23:18et je suis convaincu
23:19qu'ils le diront aussi
23:19dans la rue.
23:20Mais en tout cas,
23:21pour ce qui est d'un référendum,
23:22chiche qu'il y aille,
23:23pas de problème.
23:24Merci beaucoup.
23:25Merci à tous les quatre
23:26d'avoir été mes invités
23:28dans le live week-end
23:29sur BFM TV.
23:30– Sous-titrage FR –
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