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  • il y a 8 mois
Le streameur Raphaël Graven, alias Jean Pormanove (ou JP), est mort ce lundi 18 août en plein live sur la plateforme Kick. L'autopsie réalisée sur le corps du défunt a révélé ce jeudi 21 août que "les causes probables du décès apparaissent donc d’origine médicale et/ou toxicologique."

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Transcription
00:00Les résultats de l'autopsie concernant la mort de Jean Pormanov, ce streamer mort en direct qui a ému bien sûr tout le pays.
00:11Paul Conge, résultat de l'autopsie qui ne permet pas de faire un lien entre les violences subies pendant le direct et sa mort.
00:17Oui, c'était une autopsie dont les résultats étaient extrêmement attendus depuis la mort en direct de Jean Pormanov.
00:23La conclusion de cette autopsie, c'est que sa mort à Jean Pormanov, elle ne résulte pas des maltraitances qu'il a subies pendant les 12 jours qui ont précédé son décès.
00:33On rappelle qu'il avait été en direct pendant plus de 12 jours, filmé 24 heures sur 24, exposé aux humiliations, brimades et violences physiques de ses partenaires.
00:43Une autopsie qui a eu lieu ce matin par deux médecins légistes.
00:47Et à l'issue des opérations, voici leur conclusion, absence de lésions traumatiques, notamment au niveau du visage ou du crâne, qui pourraient expliquer son décès, absence de lésions correspondant à des brûlures.
00:59Les médecins tout de même relèvent qu'il a quelques échymoses et quelques lésions et cicatrices sur le corps, notamment sur ses jambes.
01:07Mais à la lumière de ces éléments, les médecins estiment que son décès n'est pas lié à l'intervention d'un tiers, n'est pas lié à l'intervention d'un des autres streamers qu'on a pu apercevoir dans la vidéo.
01:19À ce stade, les médecins légistes penchent plutôt pour une mort d'origine médicale ou toxicologique.
01:25Donc des analyses complémentaires ont été demandées.
01:28Il a notamment fait état dans ce communiqué du Parquet de Nice de ses problèmes de santé.
01:33En revanche, les investigations se poursuivent, évidemment, sur les causes de sa mort.
01:39Et il faudra voir si d'autres éléments pourront être mis en lien avec son décès.
01:45Merci beaucoup, Paul Conch.
01:46Kesso Diallo et Véronique Feff sont avec moi sur ce plateau pour aller plus loin.
01:49Véronique, c'est vrai qu'il y a bien sûr le gouvernement qui se saisit de la question avec la ministre de l'Éducation nationale,
01:55puisqu'on apprenait ces derniers jours qu'il s'agissait finalement de personnes qui mettaient de l'argent pour que ce streamer soit humilié en direct.
02:04Ça pose véritablement des questions sur cette jeunesse qui est confrontée à la banalisation de cette violence sur les réseaux.
02:11Ça pose la question de la protection de l'enfance face à ces spectacles.
02:15Et cette affaire, elle a mis en lumière l'impunité dans laquelle qui règne sur ces réseaux et qui permet de frapper tous les jours une personne, toujours la même.
02:26Alors ce sont des adultes, mais ce spectacle, il peut être regardé par des mineurs.
02:31Et ça fait penser à quoi ?
02:32Évidemment, on pense tout de suite au harcèlement scolaire.
02:35Les personnes, en gros, qui s'attaquent toujours à la même personne, l'humilie, l'insulte, la frappe régulièrement.
02:42Et tout ça avec l'allure d'un jeu.
02:46Donc évidemment, ce sont des spectacles de violence qui vont à l'encontre des valeurs de la société
02:51et à l'encontre des valeurs qui sont portées évidemment au sein notamment de l'éducation nationale,
02:57qui s'occupent des mineurs, avec la plus grande difficulté d'ailleurs,
03:00parce que ces mouvements de harcèlement scolaire et de harcèlement sur les réseaux, parce que c'est lié.
03:07On harcèle dans la classe et ensuite on harcèle sur les réseaux.
03:11Les enseignants ont le plus grand mal à le contenir.
03:14On a le programme phare qui est mis en place.
03:17On a des cours d'empathie maintenant qu'on doit dispenser en maternelle
03:21pour qu'on fasse comprendre aux enfants qu'il ne faut pas faire du mal à l'autre.
03:26On est bien obligés d'en arriver là.
03:30Et on voit bien que ces spectacles font un travail de sape finalement, du travail qui est venu dans les établissements solaires.
03:38Il faut attendre ce drame absolu pour réagir.
03:42Absolument, pour réagir.
03:43Mais on attend un peu plus de réactions tout de même, parce que la question qui se pose aujourd'hui,
03:48c'est que la commissaire à l'enfance a demandé une régulation de ces types de contenus
03:55auxquels sont exposés les mineurs.
03:59Mais on le voit en ce moment.
04:01L'affaire fait qu'aujourd'hui, vous ouvrez Twitter, vous ouvrez Instagram, vous ouvrez tous les réseaux sociaux.
04:08Toutes les scènes où on voit cet homme se faire martyriser continuent à tourner en ce moment sans fil.
04:15Donc on attend aujourd'hui des mesures, sans doute de la part des autorités, pour mettre un terme à ces spectacles-là.
04:22Parce que là, il y a une multiplication, une démultiplication d'ailleurs de l'exposition à ce spectacle depuis l'affaire.
04:29Et ça traduit également l'impuissance, bien sûr, de l'État face à ces enjeux technologiques également.
04:34Qu'est-ce au dialogue ?
04:35Il était très connu, ce streamer, justement, Jean Portmanoff, avec ceux qui l'humiliaient gratuitement.
04:44On sait qu'il y avait plusieurs milliers d'euros de dons qui étaient versés pour qu'ils se fassent frapper gratuitement.
04:50On a du mal, nous, autour de ce plateau, à imaginer cela.
04:53Mais pourtant, ça existe bien.
04:55Sur Twitch, il a été quand même suivi par plus de 500 000 personnes.
04:59Sur qui, qu'un peu moins, on était à 193 000 abonnés.
05:02C'est quand même beaucoup.
05:03Et il faut savoir qu'il y a aussi beaucoup de personnes qui ont donné de l'argent pour le voir se faire humilier en direct.
05:08Certains parlent de mise en scène.
05:10Mais il y a aussi ce problème-là où on se dit qu'on a des spectateurs qui donnent de l'argent pour voir une personne se faire humilier.
05:18Et Kik autorise ça parce que, justement, les règles, elles sont très permissives.
05:22On peut avoir des contenus problématiques.
05:24Et ces contenus violents, ce n'est pas le seul problème qu'on a avec la plateforme.
05:27On peut aussi avoir des contenus à caractère sexuel, des contenus pédopornographiques.
05:31Donc, au-delà de cet homme en question, c'est aussi toute une question qui se pose autour de Kik et de ces règles qui sont trop permissives.
05:38– Véronique, comment est-ce qu'on a réagi au ministère aujourd'hui ?
05:42– Pour l'instant, on n'a pas beaucoup de réactions.
05:45Là, pour l'instant, on sait que la ministre était à La Réunion et auparavant à Mayotte.
05:51Elle prépare aujourd'hui sa conférence de presse pour mercredi prochain.
05:55On n'a pas pour l'instant de réaction.
05:57On attend évidemment celle de Clara Chappas, la ministre du Numérique, tout à l'heure.
06:00– Bien sûr, en tout cas, on reviendra évidemment sur cette affaire, puisque Paul Conge, vous le disiez à l'instant,
06:05ce n'est pas parce que l'autopsie révèle qu'il n'y a pas de lien direct entre la mort du streamer et les violences subies
06:09que l'enquête va évidemment s'arrêter là, bien sûr.
06:12– Bien sûr, il va falloir qu'elle investigue aussi sur l'état de santé de Jean-Port Manoff,
06:17voir si aussi, à des moments, peut-être son état de santé ne permettait pas qu'il s'expose à des sévices ou à des choses de ce genre.
06:24Donc, pour l'heure, l'autopsie exclut effectivement que les maltraitances qui ont eu lieu dans les jours qui ont précédé sa mort
06:31aient engendré son décès, mais voilà, il y a d'autres causes qui peuvent encore être déterminées.
06:36De fait, on ne sait pas encore précisément de quoi il est mort, le parquet ne l'indique pas.
06:40S'il est mort de crise cardiaque, s'il est mort d'un oedème pulmonaire, s'il est mort d'autre chose,
06:43pour le moment, cette cause du décès, on ne l'a pas.
06:47Et il subsiste aussi une autre enquête, toujours en cours, ouverte par le parquet de Nice,
06:50sur les violences volontaires qui avaient été infligées à Jean-Port Manoff dans les mois précédents encore son décès.
06:57En quelques secondes, vous voulez rajouter quelque chose, Véronique, en quelques secondes sur cette enquête ?
07:00Non, je pense aussi que le fait qu'on n'ait pas eu l'autopsie explique peut-être aussi le silence des autorités,
07:04parce qu'il y avait une prudence aussi vis-à-vis des jugements qu'on pouvait porter sur l'affaire,
07:10dans la mesure où on ne savait pas s'il était mort de ces mauvais traitements.
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