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  • il y a 5 mois

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00:008h11 sur Europe 1, l'heure de la grande interview. Ce matin nous recevons Aurélie Trouvé, bonjour.
00:07Bonjour Thomas Schnelle.
00:08Débutée la France insoumise de Seine-Saint-Denis, Aurélie Trouvé, vous avez suivi sans doute cette réunion des Européens autour de Donald Trump hier à Washington
00:16et cette annonce d'un sommet à venir entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky.
00:21Est-ce qu'il faudrait s'en réjouir tout d'abord ? Est-ce que cette rencontre entre les présidents russes et ukrainiens, ce sera un premier pas vers la paix ?
00:28Ce que je remarque c'est que hier il y a eu une rencontre, vous le savez, à Washington avec y compris les Européens
00:35qui ont accouru au pied de Donald Trump, ce qui est en fait misérable, puisqu'ils sont venus écouter ce que Donald Trump leur explique,
00:44ce qui doit être fait en Ukraine avec M. Poutine, comme si on s'en fichait de ce que pensent les Européens.
00:50Et si on en arrive là, c'est parce que les dirigeants européens et français ont été en dessous de tout dans ces discussions,
00:56ils ont été marginalisés de leur faute, de la faute notamment de M. Macron.
01:01Ils n'ont rien fait pour entamer des discussions sur de bonnes bases avec la Russie et l'Ukraine quand il était encore temps.
01:07Et ils se sont reposés sur les Etats-Unis, ce qui fait qu'aujourd'hui, les intérêts et ce que pensent les dirigeants européens sont mis de côté.
01:17Après la rencontre qui avait eu lieu au bureau Oval en février entre Trump et Zelensky,
01:23Emmanuel Macron avait quand même initié la coalition des volontaires,
01:26qui va d'ailleurs désormais se réunir pour formaliser les garanties de sécurité à apporter à l'Ukraine.
01:30Est-ce que la France et les Européens devraient participer à une force de réassurance en Ukraine en cas d'accord de paix ?
01:36Alors avant d'aborder cette question de la rassurance qui est importante,
01:40je note aussi que du coup, les dirigeants européens y vont s'emporter leurs propres exigences de sécurité,
01:48notamment de sécurité en Europe.
01:50Je rappelle qu'il faut absolument sécuriser les centrales nucléaires ukrainiennes,
01:54qu'il faut interdire les missiles nucléaires intermédiaires qui peuvent nous atteindre.
01:58Je parle des missiles russes évidemment.
02:00Voyez, donc on est, je vous dis, dans un fiasco diplomatique dû aux dirigeants européens et notamment à M. Macron.
02:07Maintenant, en ce qui concerne cette force de réassurance, il faut être très clair,
02:12ça veut dire qu'on enverrait nos propres troupes armées françaises, nos jeunes, sur la frontière ukraino-russe.
02:22Ça veut dire qu'on accepte d'entrer en guerre directe contre la Russie en cas de violation d'accord de paix,
02:27c'est-à-dire une guerre entre deux puissances nucléaires, ce qui n'est jamais arrivé fort heureusement,
02:31il ne doit jamais arriver.
02:33Donc je le dis, s'il faut envoyer des forces armées, c'est dans le cadre des Nations Unies
02:37et c'est ce que dit la France insoumise depuis le début.
02:40Il faut que tout se passe dans le cadre du droit international et des Nations Unies,
02:44ce que n'ont jamais porté clairement les Européens.
02:46Aurélie Trouvé, la France insoumise est le premier parti politique à se positionner en faveur du mouvement du 10 septembre
02:52qui appelle à tout bloquer en France.
02:54Tout d'abord, à quoi ça va ressembler ce 10 septembre ?
02:57À quoi on doit s'attendre ?
02:59Eh bien on le verra, parce que je le dis, ce n'est pas à la France insoumise évidemment d'orienter, de piloter cette initiative populaire.
03:10Nous disons, nous devons nous mettre au service de ce mouvement.
03:13Vous savez, nous l'avons écrit dans une tribune avant-hier, parce que nous en partageons les principales idées,
03:19c'est-à-dire en finir avec le gouvernement de M. Bayrou et son austérité budgétaire terrible,
03:24en finir avec une politique macroniste de malheur pour les gens,
03:28qui sert les ultra-riches mais fait payer le reste de la population,
03:32abroger la retraite à 64 ans.
03:34Voilà des idées qui sont portées dans ce cadre-là.
03:36Mais il y a aussi la volonté d'avoir une assemblée constitutionnelle,
03:40il y a aussi la démission d'Emmanuel Macron, le référendum d'initiative populaire.
03:44C'est quand même une nébuleuse qui va parfois de revendications de la droite populaire jusqu'à l'extrême gauche.
03:50Vous vous retrouvez dans toutes les revendications ?
03:53D'abord, ce mouvement se veut apartisan, il faut qu'il le reste.
03:56Et ce qui importe, ce sont effectivement ce que vous dites, ces revendications.
04:01Moi, nous, ce que nous voyons de ces revendications,
04:03c'est que c'est l'expression d'une colère sociale légitime.
04:07Les gens ne cessent de perdre du pouvoir d'achat.
04:10La pauvreté en France n'a jamais été aussi importante depuis qu'on la mesure.
04:14Et la richesse des ultra-riches n'a jamais été aussi importante.
04:17Et donc, aujourd'hui, nous avons un gouvernement qui sert les ultra-riches,
04:21un gouvernement macroniste, alors même que ce gouvernement est minoritaire à l'Assemblée nationale
04:26et dans la population.
04:28Emmanuel Macron a imposé un gouvernement macroniste.
04:31Et donc, oui, nous en partageons l'esprit, nous en partageons les mots d'ordre, les principes.
04:36On se rappelle qu'en 2018, il y avait eu une hésitation de la gauche
04:40à soutenir le mouvement des Gilets jaunes.
04:41Cette fois, il n'y a pas d'hésitation.
04:44Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui parlent d'opportunisme
04:46à quelques mois des élections municipales ?
04:49Ce n'est absolument pas un opportunisme, bien évidemment.
04:54Ce sont des convictions, des convictions politiques.
04:57C'est qu'aujourd'hui, la bataille contre le macronisme,
05:01elle doit se faire à la fois dans l'Assemblée nationale et par la censure.
05:05Vous savez que nous appelons à une censure cette fois-ci de tous les partis d'opposition
05:10parce que la dernière fois, il a manqué des députés et des partis dits d'opposition.
05:15Et nous appelons aussi à se battre dans la rue et dans la société
05:20parce que le rapport de force doit se faire partout, sur tous les terrains possibles.
05:25Mais est-ce que c'est vous, nécessairement, la France Insoumise,
05:27le prolongement, le débouché politique de ce mouvement-là ?
05:32Est-ce que c'est vous le réceptacle désigné de la colère des Français ?
05:37Alors, ce que nous pensons, en tout cas, c'est que le programme de la France Insoumise,
05:44aujourd'hui, répond à cette volonté de partage des richesses et d'une vie digne.
05:50Et d'une vie digne lorsque le travail, notamment, et de vie digne pour tous les gens, d'ailleurs,
05:54que l'on travaille ou pas, parce qu'aujourd'hui, vous le savez,
05:57malheureusement, il y a un emploi disponible pour 13 chômeurs.
06:00Donc, tout le monde doit pouvoir vivre dignement.
06:03Et je le rappelle, en quelques années, le pouvoir d'achat a dégringolé.
06:08Je vais vous dire, on se dira, le SMIC a augmenté de 12% en 4 ans, c'est vrai.
06:14Mais vous savez de combien augmentaient les prix en grande surface ?
06:17Ils ont augmenté de 23%. Voilà. Et la vie est de plus en plus chère.
06:21Les gens ont de plus en plus de mal à finir les fins de mois, à nourrir leurs enfants,
06:28à faire en sorte que chacun dans le foyer ait une vie digne.
06:32Et ceci est insupportable.
06:33On a un gouvernement qui, maintenant, veut voler deux jours fériés aux travailleurs
06:37après avoir volé deux ans de retraite.
06:39Et on a un gouvernement qui veut baisser les pensions,
06:43qui veut dérembourser les médicaments,
06:44qui veut baisser les allocations familiales,
06:46qui veut s'en prendre à tout le monde.
06:48Aurélie Trouvé, après quand même deux années politiques,
06:52particulièrement chahutées depuis la dissolution,
06:54les élections législatives anticipées,
06:55est-ce que vous pensez vraiment que là, à cette rentrée 2025,
06:59en septembre, les Français ont besoin qu'on vienne à nouveau
07:01souffler sur les braises de la division ?
07:03C'est-à-dire, quelle division ?
07:07Ce mouvement-là du 10 septembre est un mouvement de colère,
07:10qui n'est pas partagé forcément par l'ensemble des Français,
07:12qui va sans doute provoquer des fractures, des ruptures dans la société.
07:16Alors d'abord, je peux vous dire que leur mot d'ordre,
07:19c'est-à-dire, par exemple, l'abrogation de la retraite à 64 ans,
07:22une immense majorité des Français le partagent.
07:25Le fait de penser que les ultra-riches, maintenant,
07:29ils payent leur juste part d'impôt,
07:31une immense majorité des Français le partagent.
07:34Donc je pense qu'au contraire,
07:36c'est un mouvement qui peut être extrêmement populaire.
07:40Et ceux qui divisent aujourd'hui la population,
07:42je vais vous dire, c'est qui ?
07:43C'est un gouvernement, ce sont des responsables politiques
07:46qui ne cessent de dire aux Français
07:48qu'ils sont responsables de la situation budgétaire,
07:51alors que c'est la faute de ces gouvernements macronistes.
07:54C'est un gouvernement, par exemple, M. Retailleau,
07:57qui pointe du doigt les étrangers,
07:59qui pointe du doigt les migrants,
08:01qui pointe du doigt les chômeurs,
08:03qui pointe du doigt les fonctionnaires.
08:04C'est eux qui divisent la population.
08:06Mais est-ce que vous allez réussir à les regrouper ?
08:08Moi, je me rappelle, il y a 7 ans,
08:09pendant les Gilets jaunes,
08:10où à l'issue du mouvement,
08:11il y avait eu les élections européennes.
08:13La France insoumise avait fait un peu plus de 6%
08:15à ces élections-là.
08:16Est-ce que cette fois-ci,
08:17ce n'est pas de la récupération
08:18pour justement afficher de meilleurs scores
08:20au prochain scrutin ?
08:22Encore une fois, je vous le dis,
08:24il n'y a pas évidemment de récupération ici.
08:27Il y a la volonté de se mettre au service,
08:29c'est ce que nous avons dit,
08:30de se mettre au service de ce mouvement
08:33qui décidera de ses propres modalités,
08:36qui décidera de la façon dont il veut évoluer.
08:40Mais jusqu'à présent,
08:42nous en partageons les mots d'ordre.
08:44Donc, il est logique,
08:46il est de bon sens
08:47que nous soutenions, évidemment,
08:50cette mobilisation du 17 ans.
08:54Mais je le dis,
08:54ça doit être aussi lié
08:57à l'Assemblée nationale,
08:59à une motion de censure
09:00qui, j'espère,
09:02permettra de faire tomber ce gouvernement.
09:05Et vous avez vu,
09:05nous demandons l'ouverture
09:06d'une session extraordinaire
09:08de l'Assemblée nationale
09:09pour pouvoir voter cette motion de censure
09:10au plus vite,
09:11pour ne pas perdre de temps.
09:13Parce que, en attendant,
09:15les gens ont de plus en plus de mal
09:17à vivre dignement.
09:18Aurélie Trouvé,
09:19c'est une tradition à gauche.
09:21Les partis font leur rentrée.
09:22C'est cette semaine,
09:23jeudi pour les écologistes,
09:25les communistes,
09:26la France insoumise.
09:27Ensuite, les insoumis
09:29qui avaient pris l'habitude
09:30depuis plusieurs années
09:31de convier des membres du gouvernement
09:32pour débattre.
09:33On se rappelle de Marlène Schiappar,
09:35Rachida Dati.
09:35Cette année,
09:36aucun ministre n'est au programme
09:37de l'université d'été.
09:38Vous avez envoyé les invitations ?
09:42Oui, mais je remarque
09:44que nous avons d'abord
09:46des députés qui font partie,
09:48d'ailleurs de la Macronie,
09:49qui vont venir.
09:50Je pense à Violette Spilbou
09:51et on va discuter, évidemment,
09:53du rapport sur Bétarame.
09:56Moi-même, par exemple,
09:57je vais discuter aussi
09:58avec le président.
10:01J'aurai un débat
10:02avec le président de la CPME,
10:03de la Confédération
10:04des petites et moyennes entreprises
10:06qui représente le patronat
10:08de ces petites et moyennes entreprises.
10:09Donc, vous voyez,
10:10nous avons un espace,
10:12un lieu de débat
10:14extrêmement ouvert.
10:16Nous allons pouvoir confronter
10:17nos idées
10:18et c'est évidemment
10:18cela qui nous importe
10:20et nous allons avoir
10:20d'ailleurs des milliers
10:21de personnes.
10:23Nous avons un record
10:23d'inscription à ces journées
10:25de la France Insoumise.
10:27Vous voyez,
10:28nous en sommes très heureux.
10:29Et en ce moment-là,
10:29il y a d'ailleurs
10:30des milliers de jeunes aussi
10:31qui sont en train
10:32de discuter,
10:34d'échanger sur place
10:37puisque nous avons
10:37des universités
10:38pour les jeunes également.
10:39S'il n'y a pas
10:40de membres du gouvernement
10:41qui participent
10:41à votre université d'été,
10:43est-ce que c'est parce que
10:44vous êtes devenu sulfureux ?
10:45Est-ce qu'il y a eu
10:46un effet avant
10:47et après cet octobre 2023 ?
10:49Je ne crois absolument pas.
10:52Ensuite,
10:52c'est dommage
10:53qu'il n'y ait pas
10:54de membres du gouvernement
10:55qui viennent,
10:57mais je vais vous dire,
10:58nous ferons tout à fait sans
10:59puisque, je vous le dis,
11:01il y a la qualité
11:02et il y a la diversité,
11:04la pluralité.
11:05Et d'ailleurs,
11:05je suis très heureuse,
11:06je le dis,
11:06de débattre avec
11:07M. Reza Tofighi
11:09sur un débat
11:10qui sera
11:11« L'État doit-il aider
11:12les entreprises ? »
11:13Voyez-vous ?
11:14Et donc,
11:14nous débattrons
11:15de cette question
11:16des aides aux entreprises
11:17et avec une confrontation
11:19aussi qui est juste.
11:22Et voilà comment
11:23nous construisons aussi
11:24et je vais vous dire,
11:25nous n'avons pas de problème
11:29à faire vivre
11:30cette pluralité
11:32de points de vue
11:33dans nos universités.
11:35Merci Aurélie Trouvé.
11:36Merci à vous.
11:37Merci d'être venu en direct
11:38sur Europe 1,
11:39député La France Insoumise
11:40de Seine-Saint-Denis.
11:41Très bonne journée à vous.
11:42Et très bon début de journée à vous.
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