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00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h-21h, Guillaume Lariche.
00:04Allez, on poursuit Europe 1 Soir Week-end avec mes éditorialistes Vincent Roy et Alexandre Malafaille.
00:09Ça y est, le temps des vacances est passé pour nos politiques.
00:11Fini la baignade, retour pour certains aux choses sérieuses, ou pas, ça dépend du point de vue qu'on a.
00:17Certains politiques sont de retour, c'est le cas de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise qui appelle à la censure de François Bayrou.
00:22Il soutient aussi le mouvement de blocage du 10 septembre prochain.
00:25Jean-Luc Mélenchon ratisse large Alexandre Malafaille et prend tout ce qu'il y a à prendre, a priori.
00:32La rentrée, le gouvernement, tiens, il y a Bloquontour le 10 septembre, Pelle-Melle, on ratisse large et tout dans le même panier pour pouvoir peut-être recruter et pour pouvoir se faire entendre.
00:41Il faut bien exister. Dans le cas de Mélenchon, c'est un grand classique, c'est-à-dire qu'on prend un peu tout et n'importe quoi et on fait du bruit avec, et ça marche puisqu'on en parle.
00:49Après, très sincèrement, sur le mouvement du 10 septembre, je pense quand même que la présence de LFI de manière massive, avec cette espèce de volonté de se rattacher et d'encourager,
00:59ça peut engalvaniser certains, mais ça peut agir comme un repoussoir pour d'autres.
01:03Parce que, rappelez-vous, c'est comme avec les gilets jaunes. Les gilets jaunes ne voulaient pas de politisation de leurs démarches, de reprise, de récupération, ni par les syndicats, ni par les partis politiques.
01:12Là, si tout d'un coup, vous avez un certain nombre de fous furieux, il y en a quelques-uns quand même dans la France Insoumise, qui revendiquent le fait d'être avec, de manifester avec, etc.
01:20Non, mais j'assume parfaitement. Quand on appelle à tout ce qu'ils appellent au quotidien sur toute une série de sujets où ils sont en permanence sur la frontière de la légalité, en particulier sur le domaine de l'antisémitisme,
01:28j'ai aucun respect pour eux. Et donc, ils sont capables, à des fins qu'ils vont considérer comme étant électoralistes, d'aller, voilà, on va effectivement faire ce que vous évoquiez avec Mélenchon, qui ratisse large,
01:37mais ça aura un effet contre-productif et ça peut faire beaucoup de mal à ce mouvement, qui pour le coup, en revanche, sur un point, Jean-Luc Mélenchon a raison,
01:44en effet, il y a une colère très profonde et très sourde dans la société, et il y a un risque, en effet, mais c'est pas cette récupération-là qui risque, à mon avis, d'accélérer le processus.
01:51Alors, je vous vois, Vincent Roy, opiné de la tête, comme ça, opiné du chef, par rapport à ce que dit Alexandre Malafaille.
01:57Dans la tribune dimanche, le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, et plusieurs responsables aussi de l'FI apportent leur soutien, apportent leur soutien, donc, à tout bloquer le 10 septembre,
02:05ce fameux mouvement qui appelle à la désobéissance civile, l'idée c'est vraiment de, un petit peu, le shutdown à la française.
02:12C'est le rêve de LFI de voir un nouveau mouvement des Gilets jaunes ?
02:15Le programme de M. Mélenchon, c'est 1, le chaos, 2, le chaos, 3, le chaos. Pourquoi ?
02:19Pourquoi ? Parce que c'est quelqu'un qui connaît très bien l'histoire de France, qui connaît très bien l'histoire de la Révolution française,
02:26et qui a compris que, finalement, toute l'histoire de la Révolution et toute l'histoire française se résumait à un conflit de légitimité.
02:34Je m'explique. Vous avez la légitimité des urnes, la légitimité de l'élection, la légitimité de l'Assemblée, c'est le serment du jeu de paume.
02:44C'est la légitimité du jeu de paume. Et puis, vous avez la légitimité de la rue, qui a fonctionné durant la Révolution, c'est la légitimité de la Bastille.
02:52Et Mélenchon se réclame de cette légitimité. Donc, 1, le chaos, 2, le chaos, 3, le chaos.
02:56Et je suis particulièrement d'accord avec ce qu'a dit Alexandre, c'est-à-dire que récupérer les mouvements, bon, effectivement, ça peut en galvaniser certains.
03:03Et ça peut jouer, justement, un rôle de repoussoir dans l'autre camp.
03:08C'est-à-dire que, évidemment, Mélenchon a toujours voulu tout récupérer.
03:12C'était vrai pour les Gilets jaunes, ça n'a pas marché, d'ailleurs.
03:15Mais il a toujours tout voulu récupérer.
03:17Plus il y a le bazar, plus il y a le chaos, plus, selon lui, il va en ressortir quelque chose.
03:22Parce qu'il faut, de toute façon, faire du bruit, continuer d'exister.
03:26Jusqu'à preuve du contraire, et jusqu'à plus ample informé.
03:29Jusqu'à maintenant, ça n'a pas marché.
03:31Mais dans le cadre de la présidentielle, il a fait des très bons scores.
03:35C'est pas attention.
03:37Donc, voilà.
03:39Il est sur une ligne droite, et il est dans son couloir, et il n'en sort pas.
03:43Donc, Jean-Luc Mélenchon, le milieu récupérateur, qui va peut-être faire un bon tir, en tout cas, à la rentrée.
03:47Mélenchon qui prend peut-être ses rêves aussi pour ses réalités.
03:50Alexandre Malafaille, il demande que l'Assemblée nationale soit réunie en session extraordinaire.
03:53LFI veut déposer une motion de censure pour faire tomber le gouvernement.
03:56Est-ce que LFI peut être suivi sur ce couloir ou ses voies à ne pas fonctionner ?
03:59À court terme, je ne crois pas.
04:01Je crois que c'est un tout petit peu trop tôt pour envisager de faire procéder à un tel renversement.
04:06La rentrée va se passer.
04:07Elle va être très compliquée, parce qu'en effet, au-delà des problématiques de mouvements sociaux et de mobilisation syndicale,
04:12parce qu'il ne faut pas perdre de vue que le 1er septembre, les syndicats vont se réunir dans le cadre d'une intersyndicale complète.
04:18Donc c'est assez rare, il faut le signaler.
04:21C'est une seule voie pour l'instant.
04:22Voilà, exactement.
04:23Ils sont peut-être tentés eux aussi de menacer un nombre d'actions sur un plan de la mobilisation, d'appel à la grève.
04:28Donc on va voir comment tout ça va se décanter dans les premiers jours de la rentrée.
04:31Mais ce n'est sans doute pas une bonne nouvelle pour le gouvernement.
04:33Et ensuite, il y a l'échéance budgétaire.
04:35Je pense qu'à court terme, personne ne fera tomber le gouvernement,
04:38de manière un peu coalisée, entre les insoumis, les socialistes, les écologistes.
04:42Déjà, il faudrait qu'ils se mettent d'accord entre eux.
04:43Et ça ne suffira pas pour faire tomber le gouvernement.
04:45Là encore, il faudrait rajouter à ça un autre groupe parlementaire, le RN, ou d'autres.
04:50Après, pourquoi pas, on peut faire n'importe quoi.
04:52Mais voilà, à ce stade, ça ne le fera pas.
04:54Donc là encore, c'est le fameux bruit et la fureur.
04:55On dit tout, on dit n'importe quoi, on occupe l'espace politique,
04:58on fait le devant de la scène, et puis derrière, tout le monde court.
05:00Alors, au pinceau au week-end, bientôt 19h40, Vincent Roy, c'est ça ?
05:03Le bruit et la fureur, pour au final, rien du tout ?
05:05Vous y croyez, vous ?
05:06Pour au final, rien du tout.
05:07Pour au final, rien du tout.
05:08Attendez, il y a une colère française, il y a une cote au plus bas de M. Bayrou,
05:15pour rien du tout, on n'en sait rien.
05:17Pour l'instant, attendons de voir.
05:21Parce que, écoutez, sur le budget, M. Bayrou peut tomber à l'instar des feuilles en automne.
05:32Donc, non, le Rassemblement National n'est pas extrêmement favorable à M. Bayrou,
05:39c'est le moins qu'on puisse dire.
05:41Et les filles, on connaît sa position.
05:43On va voir comment, ce que disent les communistes et les socialistes.
05:47Mais enfin, la partie ne paraît pas jouer,
05:50et la place de M. Bayrou est fort fragile.
05:53Alexandre Malafaille.
05:54Oui, je veux bien remondir sur un point,
05:55parce qu'en fait, je pense qu'on rentre maintenant dans ce que certains voient déjà
05:58comme la dernière ligne droite, en tout cas le début de la ligne droite de la présidentielle.
06:02Et Jean-Luc Mélenchon veut jouer la partie.
06:04Il veut jouer la course.
06:05Oui, mais en fait, du point de vue tactique,
06:07il a raison de se mobiliser pour dire maintenant,
06:10je suis sur le terrain,
06:12j'ai intérêt à cranter,
06:14j'ai intérêt à montrer que je suis là,
06:16d'occuper un certain nombre de positions,
06:17et de faire en sorte qu'à gauche,
06:19on me voit comme étant le seul qui est capable d'incarner.
06:22Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, la gauche a un problème un peu de fond.
06:25D'ailleurs, c'est un peu la même difficulté qu'à la droite.
06:27Aujourd'hui, c'est qui, demain, pour porter de manière un peu unique
06:30qu'une candidature qui a une chance d'arriver au deuxième tour.
06:32Aujourd'hui, à gauche, je ne la vois pas trop.
06:34À droite, ce n'est pas encore très clair.
06:36En revanche, Jean-Luc Mélenchon...
06:37Donc, il va être plus large, et puis en plus, il prend la lumière.
06:39Exactement.
06:39Et il va se retrouver, parce que le ticket de calife au deuxième tour,
06:42de la présidentielle, c'est entre 15 et 18%.
06:44Donc, il se dit, cette espèce d'échéance-là,
06:46je l'ai déjà vécue, je l'ai déjà eue, je suis capable de renouveler.
06:48Et avec un peu de change, il suit.
06:49Après, il est requis en face de lui, on verra.
06:51Probablement Jordan Bardella ou Marine Le Pen.
06:53Ou, peut-être une surprise, on n'est jamais à l'abri non plus.
06:55Rien n'est écrit.
06:56En tout cas, il joue cette échéance-là.
06:57Et donc, je pense qu'il est rentré dans le...
06:59Voilà, c'est une espèce de marathon de fond,
07:00mais qu'il l'amène en 2010 et 27.
07:02La présidentielle a déjà commencé, Vincent Roy ?
07:03Ah ben, bien entendu.
07:05Il s'est trompé de formule, Jean-Luc Mélenchon.
07:06Il a crié, tout le monde l'a entendu.
07:08La République, c'est moi ?
07:09Il s'est trompé.
07:10Il aurait dû dire, la gauche, c'est moi.
07:11Car aujourd'hui, la gauche, c'est lui.
07:13La gauche, c'est lui.
07:20Du Parti Socialiste, sauf dans le tissu des villes, des merdes.
07:25Mais, sur le qui porte, aujourd'hui, dans ce pays haut et fort,
07:31les valeurs de gauche, enfin, ce qu'elles sont devenues,
07:35c'est Jean-Luc Mélenchon.
07:36Il incarne, à lui seul, l'opposition de gauche face à la droite, au RN.
07:42Et y compris, d'ailleurs, au centre.
07:44Le centre, avec M. Macron, on ne sait plus trop ce que c'est.
07:49Il y a, on ne sait pas, le centre est mou.
07:54On ne sait pas ce que c'est que le centre.
07:56Il y a M. Attal qui tire un coup à droite, un coup à gauche.
07:59On ne sait pas qui s'est rallié, d'ailleurs,
08:01enfin, qui a fait barrage avec LFI, il ne faut pas l'oublier.
08:04Donc, tout ça a laissé des traces, on ne sait pas ce que c'est que le centre.
08:07En tous les cas, le personnage influent à gauche,
08:11celui qui l'incarne, c'est M. Mélenchon.
08:13Et pour le coup, il a déjà gagné ça.
08:16Alors, par rapport à ce gouvernement qui va peut-être être chahuté à la rentrée pour LFI,
08:20on joue en équipe.
08:21On faisait tout à l'heure des références, des images au monde footballistique.
08:26Mais voilà, vraiment en équipe.
08:27Pour Mathilde Panot, la chef des députés LFI,
08:30et le coordinateur du parti, Emmanuel Bompard,
08:31c'est simple, ce gouvernement est incapable d'entendre raison
08:33et préparer la rentrée avec un projet de budget dévastateur.
08:36C'est leur avis.
08:36Alexandre Malafaille, pour vous aussi, le gouvernement n'écoute pas
08:39ou alors c'est nous qui ne le comprenons pas ?
08:42En tout cas, s'il écoute, il n'écoute pas tout le monde.
08:45C'est déjà ce que vont vous dire les partenaires sociaux
08:47qui ne sont pas du tout contents de la façon dont ils ont été traités
08:50et à nouveau traités par ce nouveau pouvoir.
08:52Parce qu'en fait, ça fait globalement huit ans
08:53qu'avec Emmanuel Macron, ils ont été cornerisés.
08:57François Bayrou est avec une promesse de faire un peu autrement
08:59parce que c'est un peu sa patte ou sa méthode.
09:01En tout cas, c'était son intention.
09:03Là, visiblement, il y a sur un certain nombre de sujets
09:05une espèce d'intention de passer en force
09:08ou de provoquer des renégociations,
09:10notamment sur les questions d'assurance chômage.
09:12Donc là, les partenaires sociaux ne sont pas du tout satisfaits
09:14de la façon dont ça se passe.
09:15Donc je pense qu'il n'écoute pas tout le monde.
09:17Après, là encore, c'est comme avec les questions internationales.
09:20On est dans beaucoup de paroles,
09:21mais concrètement, qu'est-ce qui peut sortir de tout ça ?
09:23La vraie difficulté pour François Bayrou,
09:25c'est que sur tous les sujets auxquels il s'attaque aujourd'hui,
09:27c'est qu'à un moment ou à un autre, il faudra qu'il y ait des textes,
09:29il faudra qu'il y ait des lois et qu'elles soient votées.
09:31Donc je ne sais pas comment il fera son budget,
09:34en tout cas par rapport à son ambition de plus de 40 milliards.
09:37S'il revoit la voie de l'heure à la baisse
09:39parce qu'il aura écouté les uns et les autres,
09:41qu'il aura touché les limites du réel
09:42et la capacité à remporter le morceau sans avoir une censure,
09:45ce sera sans doute effectivement sur une voie de l'heure
09:47qui sera largement réduite par rapport aux 44 milliards.
09:50Sur les partenaires sociaux,
09:51il va bien voir ce qui va se passer à partir de la rentrée,
09:54voir s'il peut maintenir son intention de réformer encore une fois l'assurance chômage
09:58d'une manière qui sera perçue par beaucoup comme étant une logique purement économique
10:02et pas du tout pour lutter contre le chômage.
10:05Le but avoué c'est ça,
10:07mais le but réel c'est évidemment de faire des économies.
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