00:00L'heure de vérité, c'est comme ça qu'on doit l'appeler aujourd'hui sur BFM TV, cette rencontre ce soir historique.
00:05Donald Trump d'un côté avec Vladimir Poutine de l'autre, on va suivre ça évidemment toute la journée avec nos équipes.
00:11Avec cette question que l'on se pose, ce sommet peut-il être un succès ? Et pour qui ? C'est le thème de notre 7 minutes pour comprendre.
00:22Et on en parle évidemment avec tous nos invités qui sont avec nous en plateau.
00:26Vous le voyez également à distance sur le terrain, Naoufel El-Kawafi depuis l'Alaska, où on suivra de très près justement l'arrivée notamment de Donald Trump et de Vladimir Poutine.
00:37En parlant de Donald Trump, on va l'écouter. Écoutez ce qu'il a déclaré ces dernières heures. Ça donne le ton.
00:44Je pense que le président Poutine aimerait avoir un accord. Je pense que si je n'étais pas président, il prendrait le contrôle de toute l'Ukraine.
00:51C'est une guerre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Si je n'étais pas président, à mon avis, il préférait de loin prendre le contrôle de toute l'Ukraine.
00:59Mais je suis président et il ne fera pas le malin avec moi.
01:01Donald Trump qui donne le ton, qui hausse le ton même, on peut dire, et qui montre les muscles.
01:08Naoufel El-Kawafi, vous êtes à Anchorage, en Alaska. C'est donc là que Donald Trump atterrira d'ici quelques heures pour rencontrer Vladimir Poutine.
01:16Anchorage, une ville que beaucoup ne connaissaient pas, il y a encore peu, qui est devenue le centre du monde et qui est, on peut le dire, sous cloche en termes de sécurité.
01:23Oui, et plus précisément, la base militaire d'Ankorage qui n'a absolument pas été choisie au hasard, bien au contraire, parce que c'est un lieu confiné, un lieu qui est fermé, isolé,
01:36pour éviter tout simplement que des manifestations spontanées ne soient organisées contre la venue de Vladimir Poutine.
01:41Mais c'est surtout et avant tout un endroit ultra sécurisé avec la présence de plusieurs milliers de militaires américains.
01:49D'ailleurs, durant toute la durée de cette rencontre, l'espace aérien ici sera fermé.
01:55Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a un enjeu sécuritaire extrêmement important concernant la venue de ces deux hommes.
02:01D'ailleurs, depuis quelques jours, vous avez une centaine d'agents du secret américain qui sillonnent l'État pour préparer la sécurité de cette rencontre en coordination avec les autorités russes,
02:13parce que la sécurité est un point très important pour le Kremlin qui est omnibulé par sa sécurité.
02:20D'ailleurs, depuis l'invasion russe de l'Ukraine, il n'est pas allé beaucoup de fois à l'étranger.
02:25C'est la raison pour laquelle son dispositif de sécurité sera très important.
02:28Il sera accompagné de plusieurs dizaines de gardes du corps lourdement armés, des convois de véhicules blindés qui l'accompagneront et qui viennent tout droit de la Russie.
02:37Un dispositif de sécurité qui sera assez similaire pour le président américain.
02:41Autant vous dire qu'aujourd'hui, tout le monde a les yeux rivés sur cette petite ville d'Ankorej, en Alaska, avec l'avenir de l'Ukraine qui risque de se jouer.
02:51Merci Naoufel, sur le terrain avec Julie Roser.
02:54Et puis, ces déclarations, on peut le dire comme ça, Ulrich Bounat, déclaration de la nuit, dont celle-là.
02:59On voulait s'arrêter dessus.
03:00Je saurais, dit Donald Trump, dès les 2, 3, 4 ou 5 premières minutes, si ce sera une bonne réunion ou une mauvaise réunion.
03:08Pourquoi il dit ça avant l'entretien ?
03:10Je pense qu'il y a plusieurs choses.
03:11Bon, déjà, il faut toujours prendre un peu de recul sur ce qu'il dit.
03:14Mais après, je pense que ça reflète véritablement sa façon de faire de la diplomatie.
03:17C'est-à-dire qu'effectivement, il pense que la diplomatie, ce n'est pas des gens qui préparent des réunions, etc.
03:22C'est vraiment des rencontres, en fait, entre deux personnages.
03:24Et donc, effectivement, c'est une façon de mettre un petit peu la pression à Vladimir Poutine en lui disant
03:28« Même si je accepte de te rencontrer, ce n'est pas pour ça que les choses sont faites. »
03:32Et puis, c'est un message aussi de fermeté.
03:34Enfin, il pose un petit peu auprès de sa base et du public américain comme quelqu'un de dur.
03:39Et surtout, c'est une façon de répondre aussi à certaines critiques de la part de la presse américaine
03:45qui disent « Voilà, vous invitez Vladimir Poutine aux États-Unis, c'est déjà un cadeau fait à Vladimir Poutine. »
03:50Et c'est vrai que c'est un petit peu une réhabilitation pour quelqu'un qui est quand même sous mandat de la Cour pénale internationale.
03:55Et donc, voilà, c'est une façon de répondre en disant « Je ne l'invite pas, ce n'est pas un cadeau que je lui fais.
03:59Si jamais ça se passe mal, je n'hésiterai pas à le faire. »
04:00Il y a quelque chose qui nous intrigue ce matin.
04:03Une conférence de presse commune était censée avoir lieu à l'issue de cette rencontre.
04:07C'est ce qu'avait annoncé le Kremlin.
04:09On a reçu l'agenda de Donald Trump.
04:11Notre envoyé spécial, Laurent Saïm, nous disait que cette conférence de presse ne figurait pas au programme.
04:16Ça n'augure rien de très bon si on parle de succès ou pas de ce sommet.
04:20Je suis quand même assez l'ubitatif sur le fait que ce sommet soit un échec.
04:24Je ne pense pas que Donald Trump et Vladimir Poutine peuvent se le permettre.
04:28Ce n'est pas pour ça qu'il y aura des avancées extraordinaires.
04:31Mais ils conviendront, à mon avis, au moins de se revoir.
04:34Je pense que c'est la première chose.
04:35Et après, Vladimir Poutine a été assez habile pour avoir une délégation relativement large,
04:39avec par exemple le ministre des Finances, le responsable du Fonds souverain.
04:42Et donc, en fait, il va y avoir beaucoup de sujets bilatéraux qui vont être abordés.
04:45Probablement de la coopération économique, probablement peut-être de la levée de sanctions,
04:48probablement aussi la discussion stratégique pour la prolongation d'un accord
04:52sur le nombre de têtes nucléaires qui s'appelle New Start,
04:55qui normalement va prendre fin l'an prochain.
04:58Et donc, il y aura des choses à dire, il y aura des choses à annoncer,
05:00peut-être pas sur l'Ukraine, mais il est clair que les deux hommes
05:03ne peuvent pas se permettre un échec.
05:05Violetta Moskalou, merci d'être avec nous également.
05:07Vous qui êtes maître de conférence et présidente fondatrice de Global Ukraine,
05:11cette autre déclaration qu'il faut décortiquer ce matin pour bien comprendre ce qui va se passer ce soir.
05:18Si je n'étais pas président, Vladimir Poutine voudrait prendre toute l'Ukraine, dit Donald Trump,
05:23mais je suis président et il ne fera pas le malin avec moi.
05:27On s'interroge, peut-on croire à un succès ?
05:29Peut-on donc croire à un succès pour Donald Trump ce soir ?
05:32C'est son narcissisme qui malheureusement nous fait peur parce qu'il part comme ça très confiant
05:40et il ne connaît pas vraiment les codes non plus de la diplomatie internationale.
05:45Ce que disait mon collègue tout à l'heure, effectivement, il est obligé maintenant de se justifier un peu
05:50par rapport à la presse internationale.
05:53Il n'a pas compris que déjà, en tant que telle, cette rencontre, c'est déjà quelque chose que la Russie gagne.
05:59Il aurait dû nous demander, ne serait-ce qu'un cessez-le-feu inconditionnel pour que la rencontre puisse avoir lieu.
06:05Par exemple, par contre, quand on regarde ce qui se passe sur le terrain, l'Ukraine a encore été bombardée.
06:10Il y a eu deux missiles balistiques cette nuit et une centaine de drones, deux tiers à peu près, qui ont été arrêtés.
06:17Et puis on se dit qu'il ne vient pas, Vladimir Poutine, avec une attitude pacifique.
06:20Absolument pas. Il est vraiment jusqu'au boutiste.
06:23Il se pense, en fait, il place la Russie en héritière de l'ex-URSS à l'époque de la guerre froide.
06:30Sauf qu'aujourd'hui, la Russie d'aujourd'hui n'a rien à voir avec ce qui était l'ex-URSS au XXe siècle.
06:35Donc lui, il sera très gourmand.
06:37Et c'est peut-être ça, en fait, que Donald Trump va essayer quand même.
06:42Il devra lui donner des signaux très forts, d'emblée, pour dire qu'il est obligé de faire des concessions.
06:49Et que si Poutine reste avec sa posture de demander la capitulation de l'Ukraine, le cessez-le-feu en échange des territoires et tout ça, et tout ça, et tout ça,
06:59en fait, il n'a pas démordu d'Agnota, de sa liste de 2022, en fait.
07:04Donc Poutine est jusqu'au boutiste et le cessez-le-feu, déjà en tant que tel, si on y arrivait, ça peut être effectivement considéré comme une victoire pour Donald Trump.
07:13Sauf que ça sera quelque chose de très fragile, parce qu'entre l'Ukraine et la Russie, il y a déjà eu une vingtaine de cessez-le-feu depuis 2014 qui ont tous été violés par la Russie.
07:21On va retourner sur le terrain, retrouver notre envoyé spécial, Naoufel El-Kawafi.
07:24Naoufel, on se pose la question, nous, ici, depuis Paris, mais vous qui êtes en Courage, quel est le ressenti ?
07:28Est-ce qu'il y a une possibilité que ce sommet débouche vraiment sur quelque chose ?
07:32C'est la grande interrogation. Donald Trump lui a dit lui-même hier, il y a 25% de chances que cette rencontre aboutisse à un échec.
07:42Et c'est la raison pour laquelle, vous parliez tout à l'heure de son agenda, ne figure pas dans l'agenda officiel de la Maison-Blanche.
07:47Cette conférence de presse commune entre Vladimir Poutine et Donald Trump, une manière de laisser planer le doute de la part du président américain.
07:54Mais selon lui, il reste quand même, malgré tout, 75% de chances que cette rencontre aboutisse à un cessez-le-feu.
08:01C'est difficile d'anticiper ce qui va réellement se passer, tant la relation entre les deux hommes a été très compliquée ces dernières semaines,
08:08ces derniers mois, alternant des moments de tension, des moments d'approche amicale.
08:12Autant vous dire que tout peut se passer lors de cette rencontre qui va avoir lieu à 21h30, ici, avec ce tête-à-tête entre les deux hommes.
08:20Merci Naoufel, donc sur le terrain avec Julie Roser. Merci aussi à nos deux experts en plateau avec nous.
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