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  • il y a 5 mois

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00:00Si vous avez besoin de médicaments ce week-end, alors soyez prévoyant puisque de très nombreuses pharmacies vont baisser les rideaux pour protester contre la réduction progressive des remises commerciales accordées par les labos sur ces médicaments génériques.
00:13Une mesure d'économie voulue par le gouvernement pour réduire la facture en matière de dépenses de santé.
00:19Avec nous pour en parler ce soir en studio, notre invitée de 20h10, Béatrice Clérasse, bonsoir.
00:24Bonsoir.
00:25Vous êtes la présidente du syndicat des pharmaciens des Hauts-de-Seine et puis à vos côtés, évidemment, nos chroniqueurs de la deuxième heure, Ophélie Roch, enseignante.
00:33Bonsoir.
00:33Bonsoir.
00:34Et Gilles Boutin, journaliste au Figaro, Économie.
00:37Bonsoir, Rudi.
00:38Alors, Béatrice Clérasse, est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste cette réforme et ces économies qui vous sont demandées ?
00:45Alors, ce que le gouvernement veut faire, c'est comme vous l'avez dit, diminuer nos remises sur les médicaments génériques.
00:52Aujourd'hui, lorsqu'on achète un médicament générique au laboratoire, on a 40% de remise, ce qui fait qu'économiquement, ça tient.
01:02Demain, si le gouvernement maintient la mesure qu'il souhaite faire, c'est-à-dire diminuer cette remise à 30%, puis ensuite à 20% en 2027,
01:11eh bien, un certain nombre d'officines vont mettre la clé sous la porte et celles qui ne mettront pas la clé sous la porte vont licencier du personnel.
01:21Je vous rappelle que la pharmacie d'officine en France, c'est 146 000 personnes que nous payons nos charges en France, que nous ne délocalisons pas.
01:28Et donc, le risque, c'est qu'il y ait des licenciements et puis qu'on ne puisse plus assurer nos amplitudes horaires comme on le fait aujourd'hui.
01:36Donc, indirectement ou directement, comme on veut, il va y avoir un impact négatif sur le parcours de soins et sur la santé des gens.
01:44Dans quelle mesure ces revenus qui proviennent de ces médicaments génériques et de cette Ristonde sont importants dans l'économie d'une pharmacie ?
01:53En fait, le modèle économique de la pharmacie aujourd'hui tient beaucoup grâce aux remises génériques,
01:58parce qu'il faut comprendre que depuis quelques années, il y a une sortie de la réserve hospitalière des nouveaux médicaments qui sont des médicaments chers.
02:06Sur ces médicaments chers, les pharmacies ne gagnent pratiquement rien, c'est plafonné.
02:12Donc, on se récupère à la fois sur le conseil, la parapharmacie et les remises que nous accordent les laboratoires génériqueurs.
02:22Alors, selon les syndicats...
02:25Oui, c'est une question un peu vraiment de néophyte, mais quand vous parlez de remise, en fait, c'est quoi ?
02:30C'est l'État qui impose à ces sociétés pharmaceutiques de vous vendre les médicaments à prix un peu moindre ?
02:36Parce que quand on parle de remise, c'est vrai que je me pose la question, et je pense que beaucoup d'auditeurs aussi,
02:40c'est en quoi ça consiste exactement ?
02:42Alors oui, c'est vrai que la question est importante, parce que notre modèle économique est un peu paradoxal,
02:48puisque nous sommes des entreprises privées, mais finalement, notre marge dépend du prix des médicaments, pour la plupart.
02:55Et effectivement, le gouvernement impose un plafond de remise que l'industrie pharmaceutique peut nous accorder,
03:02en fonction de différents critères.
03:05Et en fait, aujourd'hui, si vous voulez, comme le gouvernement veut en plus baisser le prix des médicaments,
03:11que l'industrie pharmaceutique ne veut pas être la seule à absorber cette baisse de prix,
03:16on vient toquer, on vient faire les poches des pharmaciens d'officine.
03:20Gilles Boutin.
03:20Il semble invraisemblable que votre modèle économique repose sur ce système de remise.
03:25Est-ce que ça a toujours été comme ça, ou êtes-vous en mesure de dater à peu près une période où les choses ont changé ?
03:31Non, ça n'a pas toujours été comme ça, d'abord parce que les génériques, ça n'a pas existé,
03:38ça existe depuis un certain nombre d'années, peut-être 20 ans, mais avant, il n'y avait pas les génériques.
03:42En revanche, c'est vrai que la question qu'il faut se poser aussi aujourd'hui,
03:46c'est qu'il faut réfléchir sur le modèle économique des officines,
03:49et c'est ce que nous demandons aujourd'hui, en fait.
03:52Parce que ce n'est pas normal qu'on ne puisse pas vivre de notre métier,
03:56de tout ce que l'on fait aujourd'hui, et que notre modèle économique tienne beaucoup sur ces remises de génériques.
04:03Qu'est-ce qui a changé depuis une vingtaine d'années dans le monde de la pharmacie ?
04:06Est-ce que ce sont les charges ? Qu'est-ce qui rend le quotidien des pharmaciens plus compliqué ?
04:11Oui, alors les charges de personnel, on est comme tout le monde.
04:15On a du personnel, d'abord pendant la période Covid, je vous rappelle qu'on n'a jamais failli.
04:20On a toujours été présents du premier jour au dernier jour.
04:23Il y a eu la période des tests.
04:24Il a fallu aussi qu'on embauche du personnel pour pouvoir satisfaire à la demande et à l'exigence du gouvernement,
04:30qui était bien content de nous trouver à ce moment-là.
04:33Donc on a embauché.
04:34Quand vous embauchez des gens, vous ne pouvez pas te débaucher comme ça.
04:37Et puis il y a eu des mesures de déremboursement des tests,
04:40beaucoup de choses qui ont impacté négativement l'économie de l'officine.
04:43Mais la vie augmente, il y a l'inflation, les charges de personnel augmentent,
04:47et nous sommes des chefs d'entreprise.
04:49C'est aussi ça qui est paradoxal,
04:51c'est-à-dire qu'on est à la fois professionnel de santé, chef d'entreprise,
04:54et comme tout bon chef d'entreprise,
04:56il y a un équilibre économique à avoir.
04:59Et le challenge, c'est de trouver le juste équilibre entre la santé et l'économie.
05:02Ophélie Rock.
05:03J'ai vu passer des chiffres, mais ils sont peut-être faux,
05:05donc vous allez pouvoir nous dire si c'est vrai ou pas,
05:07qu'un pharmacien en moyenne, si vous prenez sa semaine,
05:10il passe entre 8 à 12 heures par semaine à chercher des solutions aux pénuries des médicaments.
05:15C'est-à-dire de dire, je vais appeler telle pharmacie,
05:17voir s'ils ne peuvent pas me mettre en contact avec un labo.
05:19C'est tout à fait vrai, on l'a à peu près chiffré,
05:23et le problème des ruptures de médicaments, c'est un sujet qui est compliqué,
05:27et ça ne risque pas de s'arranger avec les mesures qu'ils nous proposent.
05:31Mais vous voyez, ça, ça fait partie de tout ce qu'on fait au quotidien,
05:34qui est invisible, qui n'est pas valorisé,
05:38et on oublie souvent le rôle social des pharmaciens d'officine,
05:41des pharmacies, en zone rurale,
05:43mais pas que, vous avez des endroits dans Paris, dans le 93,
05:46où quand tous les commerces sont fermés, il ne reste plus que la pharmacie,
05:50et que parfois la pharmacie, c'est aussi la première porte d'entrée
05:53dans le parcours de santé des patients.
05:55Alors, selon les syndicats, cette baisse des marges
05:57pourrait provoquer la fermeture d'une officine sur trois en France.
06:01Est-ce que ces chiffres sont réels ?
06:04Alors, on a souvent alerté sur les fermetures d'officines,
06:08et ce qui nous inquiète aujourd'hui, c'est que ces fermetures risquent de s'accélérer,
06:12et que, alors qu'on avait un maillage officinal territorial
06:15qui était exemplaire, et qu'il n'y avait pas de désert pharmaceutique,
06:20eh bien, on se demande si, aujourd'hui, le gouvernement
06:21n'est pas en train d'organiser les désert pharmaceutiques.
06:25Alors, le gouvernement qui cherche, désespérément, à faire des économies,
06:28demande évidemment des efforts à tous les Français, à tous les secteurs.
06:33Cette réforme, elle s'inscrit dans un plan du gouvernement
06:35qui vise 1,7 milliard d'euros d'économies
06:38sur les dépenses de santé pour l'année qui vient,
06:40dont 500 millions ciblent spécialement les médicaments.
06:44Est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a des efforts à faire
06:48dans ce secteur du médicament ?
06:51Alors, en fait, ce qui est ennuyeux, si vous voulez,
06:53c'est que la santé et le médicament en particulier,
06:55c'est toujours la variable d'ajustement.
06:57Ça fait des années qu'on dérembourse les médicaments,
07:00qu'on diminue les prix,
07:01et le trou de la sécurité sociale, il est encore abyssal.
07:05Donc, on voit bien que c'est une mesure qui ne fonctionne pas.
07:08Après, on nous dit,
07:09c'est peut-être pas le sujet,
07:11mais on va parler des franchises sur les boîtes de médicaments.
07:15Mais enfin, les gens, il y a bien des prescripteurs derrière.
07:18Ou alors, ça veut dire que les prescriptions,
07:19elles ne servent à rien,
07:20si on pense qu'on consomme trop de médicaments ?
07:22Donc, vous voyez, il faut revoir tout le système dans son ensemble.
07:27Sauf que là, on est dans une situation d'urgence.
07:28Oui, mais on fait des mesurettes qui ne fonctionnent pas,
07:31puisque ça a déjà été fait il y a quelques années,
07:34qu'on en est toujours au même point,
07:35et à chaque fois, on rediminue les remboursements,
07:38on dérembourse les médicaments,
07:40et que ça ne fonctionne pas.
07:41Nous, ce qu'on demande aujourd'hui,
07:42c'est qu'on ne demande pas pour l'instant une revalorisation de nos actes,
07:46on veut juste garder ce qu'on a.
07:48L'industrie pharmaceutique a qu'à absorber la baisse de prix des médicaments.
07:52Il ne faut pas faire les poches des pharmaciens.
07:54Gilles Boutin.
07:55Donc, le nombre de pharmacies qui pourraient fermer,
07:58s'élève à 6 000, une sur trois.
08:00C'est ça.
08:01J'imagine que vous en avez parlé avec le ministère de la Santé.
08:06Que vous répondent vos interlocuteurs,
08:07lorsque vous leur faites part de ce risque de fermeture massive,
08:11de pharmacies partout sur le territoire ?
08:14Alors, ils l'entendent.
08:16Maintenant, est-ce que ça monte au niveau droit ou au niveau gauche du cerveau ?
08:19Je ne sais pas, parce que de toutes les façons,
08:21quand on leur explique qu'il y a un certain nombre d'officines qui vont fermer,
08:25on se demande si leur volonté, ce n'est pas justement de diminuer le nombre d'officines sur le territoire.
08:32Et donc, on voit bien que la santé, ce n'est pas tout à fait leur priorité aujourd'hui.
08:36Ce qui serait quelque chose d'assez pervers, en fait,
08:38de dire que les gens ne peuvent pas acheter des médicaments parce que la pharmacie n'est plus là.
08:42Donc, du coup, il y en a moins.
08:44Donc, pour les assurances maladie, il y a moins à rembourser.
08:47Enfin, si c'est le cas, c'est vraiment grave, je trouve.
08:49Parce qu'on prend, enfin, comment dire, on fait le choix conscient de détricoter un maillage
08:55qui était en effet assez efficace.
08:56C'est vrai qu'où qu'on aille dans n'importe quel, presque village même,
08:59parfois on trouve encore ça, même parfois quand le boulanger n'est pas là.
09:03Mais moi, je suis surtout surprise depuis le Covid, en fait,
09:05c'est de voir à quel point votre travail a changé aussi.
09:07Parce que j'ai le sentiment que de simples, comment dire ?
09:11Oui, pousseurs de boîtes.
09:13Voilà.
09:13Allez-y, dites-le.
09:14De simples vendeurs, j'allais dire.
09:15Je ne me serais pas permise quand même.
09:17Mais de simples vendeurs, en tout cas pour le grand public,
09:19qui ne voyait pas forcément tout ce que vous faisiez à côté.
09:22Mais bon, il y avait quand même...
09:23Là, on a l'impression que vous pouvez faire les vaccins,
09:25que vous pouvez faire les tests,
09:26que vous pouvez...
09:27De plus en plus, on vous encourage à aller voir les pharmaciens pour des petites bricoles.
09:32On a vraiment le sentiment que vous êtes à la fois une sorte de courroie de transmission,
09:36une soupape de sécurité.
09:38Et c'est vrai que je trouve que c'est très, très étonnant de voir à quel point,
09:42finalement, l'État, en plus, vous remet une difficulté supplémentaire dans les pattes,
09:47alors même qu'il ne cesse de vous en demander davantage et davantage.
09:50Mais on est bien d'accord, si vous voulez.
09:51Ils n'ont pas...
09:52En fait, il faudrait...
09:53C'est ce qu'on dit.
09:54On ne fait pas du corporatisme.
09:55Il faut revoir le système de santé dans son ensemble,
09:59et que ce soit l'hôpital, la ville.
10:01Aujourd'hui, il y a des nouvelles compétences.
10:03Donc, il faut tenir compte de ces nouvelles compétences, comme vous l'avez dit,
10:07les remettre dans le parcours de santé.
10:09Et au contraire, tout le monde n'arrête pas de se plaindre qu'il y a un engorgement des urgences.
10:13Utilisons les compétences des pharmaciens pour désengorger les urgences,
10:17pour faire du filtre.
10:18Et ensuite, on est capable d'orienter les patients quand c'est nécessaire.
10:23On le fait déjà quand on est de garde le dimanche.
10:25Et quand vous voyez parfois des gens qui passent 4, 5, 6 heures aux urgences
10:28et qui reviennent avec des choses qu'on aurait pu nous prendre en charge,
10:32c'est à tout ça qu'il faut réfléchir.
10:34C'est dans la globalité.
10:36Et je pense que ce travail, il aurait dû être fait depuis cette réflexion depuis très longtemps.
10:40Il y a eu le Covid.
10:41On a montré qu'on était capable, qu'on était agile de réagir tout de suite,
10:45de prendre en charge les patients, de le faire correctement.
10:48Utilisons nos compétences plutôt que de les sabrer.
10:50Béatrice Clérasse, cela fait plusieurs mois, voire plusieurs années,
10:55qu'il y a une grogne dans le secteur de la pharmacie,
10:58avec d'autres enjeux que le plan dont nous parlons ce soir.
11:02Des problèmes de recrutement, notamment.
11:04Des problèmes de stock, la hausse des charges.
11:08Comment se faire entendre, alors qu'à la rentrée,
11:12on va dire qu'à peu près toute la France va se faire entendre ?
11:15Eh bien, si vous voulez, c'est pour ça que mon syndicat, l'USPO,
11:19a choisi de ne pas profiter de la période estivale pour calmer le jeu.
11:25C'était important pour nous de rester mobilisés,
11:28de mettre la pression sur le gouvernement et pour dire,
11:30on est là, on ne baisse pas les bras.
11:33Certes, c'est l'été, les gens sont en vacances.
11:36Nous aussi, on est en vacances, mais on maintient quand même notre pression.
11:39Et je pense que c'est pour ça que cette action du 16 août est importante,
11:43qu'elle est majoritairement suivie.
11:45Et qu'elle sera ensuite suivie en septembre d'autres actions plus fortes et plus concrètes.
11:50Et donc, on le rappelle, 90% des officines seront fermées, selon vous, ce samedi ?
11:55Oui, ce sont les chiffres qu'on a au niveau national.
11:58C'est très suivi.
11:59Gilles Boutin, vous avez une question ?
12:00Oui, je crois que vous voulez prolonger ensuite le mouvement
12:02en faisant la grève des gardes, aussi, à compter fin septembre.
12:07Jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?
12:09Et surtout, quels sont vos objectifs ?
12:11Est-ce que vous voulez un compromis avec le gouvernement ?
12:14Ou un renoncement total à son projet de réduire ses marges ?
12:19Alors, il y a plusieurs questions.
12:21Concernant les actions, effectivement, on souhaite...
12:24Alors, ce n'est pas faire la grève des gardes.
12:26On est déjà en grève des gardes illimitée depuis début juillet.
12:30Ce qu'on souhaite, c'est qu'on est aussi en charge de l'organisation des gardes sur le territoire.
12:34Donc, on va abandonner cette action-là, si on n'est pas entendus.
12:39On va arrêter... On n'en parle pas beaucoup, mais je voudrais quand même parler de cette action-là aussi.
12:43Vous savez, dans les EHPAD, il y a un bon nombre d'EHPAD, à peu près 28% sur le territoire,
12:48qui n'ont pas de pharmacie.
12:49Ce sont donc des pharmaciens qui préparent les piluliers pour les personnes âgées.
12:52Et ces pharmaciens-là ne sont pas rémunérés.
12:54Ils se rémunèrent sur les génériques.
12:57Eh bien, là aussi, on va arrêter.
12:59Donc, les personnes âgées dans les EHPAD n'auront plus de piluliers.
13:02On fournira les boîtes et ils vont se débrouiller.
13:04Ça fait partie des actions.
13:06Les autres actions, le 18 septembre, nous appelons à une grève générale nationale
13:11et à aller manifester pour se faire entendre.
13:14Et l'objectif, c'est qu'il n'y a pas de négociation possible.
13:17On veut garder nos 40%.
13:18Il y va de notre survie.
13:20Ophélie Roch.
13:21Ce n'est pas une question, c'est plutôt une remarque.
13:22Mais c'est vrai qu'en vous écoutant, on se rend compte à quel point, finalement,
13:24la situation, pour que 90% des officines acceptent de faire grève,
13:28c'est que, en tout cas, journée de fermeture, c'est qu'il y a un vrai souci.
13:31Mais c'est de voir que, peu importe le secteur dans lequel vous travaillez,
13:34on a l'impression qu'il y a une vraie jacquerie sociale
13:36qui est en train de se mettre en place pour en septembre.
13:38Et c'est vrai que, peut-être, en effet, que finalement,
13:40c'est cette convergence, entre guillemets, des différents intérêts
13:43qui va faire que le gouvernement va devoir céder sur certains points.
13:46Parce que je pense qu'il ne pourra pas...
13:48Comment dire ?
13:49Il n'y aura pas suffisamment d'eau pour éteindre les flammes, là.
13:52Et j'ajouterais que, concernant les pharmaciens,
13:54ce qui est surprenant, c'est que dans la pensée collective,
13:56dans les clichés même, le pharmacien est souvent vu comme le nantier
14:00du quartier, de la ville ou du village.
14:03Mais quelle est la réalité ?
14:04Il y en a qui s'en sortent bien, quand même, j'imagine.
14:07Mais est-ce que vous avez des données sur les difficultés ?
14:11Est-ce que c'est territorial ?
14:12Est-ce que ça se retrouve également en ville ?
14:14Non, c'est général.
14:16Parce qu'il ne faut pas croire.
14:17Si je prends Paris Intramuros,
14:20j'ai des exemples très concrets de pharmaciens
14:22qui mettent la clé sous la porte,
14:23qui n'y arrivent plus.
14:25Parfois avec des drames.
14:26On a eu cette année un pharmacien qui s'est suicidé.
14:28Donc, ça existe aussi dans notre profession.
14:31Et effectivement, l'image du pharmacien nantiste,
14:33c'est l'image d'épinale, c'est fini.
14:35La réalité, elle est toute autre.
14:37Et quand on dit qu'il y a des pharmacies qui ferment tous les jours,
14:40ce n'est pas par plaisir.
14:40C'est parce qu'à un moment donné,
14:43les gens, ils ne peuvent plus.
14:44Vous avez aussi des officines qui ne sont pas vendables.
14:48Il n'y a pas de repreneurs.
14:49On a en tête cette pharmacienne qui a vendu sa pharmacie,
14:53qui a mis en vente sa pharmacie pour un euro.
14:56Les métiers de la pharmacie n'attirent plus ?
14:58C'est compliqué aujourd'hui d'attirer.
15:00Alors, on a eu une période post-Covid
15:03où on était vraiment en grande difficulté
15:05par rapport à l'attractivité de la profession.
15:07Et là, on est en train, si vous voulez,
15:09de réexpliquer parce que notre métier,
15:11il n'est pas connu.
15:13En fait, il est méconnu.
15:14Mais c'est un métier où on peut faire plein de choses
15:17et où on fait beaucoup de choses pour les patients.
15:20Et donc, de plus en plus de choses.
15:21Et de plus en plus de choses.
15:24Mais c'est un métier génial, en fait.
15:25On fait vraiment beaucoup de choses.
15:27Et puis, il y a le côté, c'est ce que je vous disais,
15:29le challenge, c'est vraiment de trouver l'équilibre
15:31entre je suis un professionnel de santé,
15:33mais en même temps, je suis un chef d'entreprise.
15:36Et je vous rappelle encore une fois ce chiffre
15:37parce que les gens ne le connaissent pas.
15:38c'est 146 000 employés en pharmacie d'officine.
15:43C'est important, ce n'est pas neutre.
15:45Et donc, une grande majorité baissera le rideau samedi
15:48en signe de protestation.
15:50Merci, Béatrice Eclairage.
15:52Je rappelle que vous êtes pharmacienne, évidemment,
15:53et porte-parole de l'Union des syndicats
15:55de pharmaciens d'officine.
15:57Merci d'avoir été avec nous.
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