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  • il y a 5 mois

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Transcription
00:00Les pharmaciens eux aussi sont en grève aujourd'hui pour cette journée de mobilisation.
00:04Alors je précise pour ce qui concerne votre profession, c'est un hasard du calendrier.
00:08Vous aviez prévu cette journée de mobilisation de longue date.
00:11Vous ne portez pas tout à fait les mêmes revendications.
00:13Il se trouve que depuis le 1er septembre, les labos ne peuvent plus vous faire d'aussi grosse remise commerciale qu'ils ne le faisaient jusqu'ici sur les médicaments génériques.
00:22C'est bien ça, c'est ce qui vous est insupportable.
00:24Oui, en fait c'est un texte réglementaire, un arrêté qui a été pris par le gouvernement Béroud en plein cœur du mois d'août
00:31et qui vise donc à transférer les possibilités d'avoir des conditions commerciales par les pharmacies au laboratoire.
00:39C'est très complexe, c'est un peu technique pour nos auditeurs peut-être.
00:44Mais l'effet, c'est que ça va transférer 20 à 40 000 euros d'une pharmacie, qui est une toute petite entreprise, vers les laboratoires.
00:53Et ça, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, puisqu'on est un secteur qui est en grave difficulté.
01:00Vous avez une pharmacie qui ferme par jour, et notamment dans nos villages.
01:04Une pharmacie par jour, sur à peu près 20 000 pharmacies en France ?
01:08C'est ça, c'est ça.
01:09Donc au mois d'août, on a eu une trentaine de fermetures par exemple.
01:12On a deux communes, deux villages qui ont perdu leur dernière pharmacie au mois d'août.
01:16Et c'est comme ça tous les mois.
01:18Ce sont les pharmacies du monde rural qui sont en première ligne, les plus fragilisées.
01:21C'est ça, parce qu'en fait, dans ces pharmacies, vous comprenez, on a déjà du mal,
01:27parce que les médecins se font de plus en plus rares, et donc l'activité est moindre.
01:34Et par ailleurs, il n'y a pas de secteur comme on peut le trouver en ville, comme la parapharmacie.
01:40Donc on vit uniquement de la délivrance du médicament et des services qu'on rend à la population.
01:44Alors, vous vivez essentiellement, parce que c'est le cœur du sujet qui vous mobilise aujourd'hui,
01:49vous vivez essentiellement, vous comptez sur les marges que vous pouvez vous dégager,
01:53grâce à ces ristournes que vous octroyez jusqu'ici, de l'ordre de moins 40% les labos pharmaceutiques.
01:59C'est comme ça que vous vous y retrouviez financièrement, les petites pharmacies en particulier.
02:03Oui, exactement.
02:04Et cette mesure est incompréhensible, parce qu'elle ne fait pas gagner de l'argent à l'assurance maladie.
02:07Mais oui, parce que c'est ça, si on se met un instant dans la logique du gouvernement,
02:11quelle est l'idée ? C'est de réduire les dépenses de santé de cette façon ?
02:14Ah non, le gouvernement, François Berroux, il voulait répartir les efforts.
02:17Il voulait que tout le monde, vraiment, fasse des efforts.
02:20Et donc, nous aussi, même si là, en l'occurrence, ça ne servait à rien pour l'assurance maladie.
02:26Donc on était, nous, dès le mois d'août, on a dit, mais c'était insupportable.
02:31Donc on a choisi cette date du 18 pour interpeller la population.
02:34Mais de façon plus générale, il faut quand même se dire que les services de santé de proximité,
02:43ils doivent être soutenus et on ne doit pas les disparaître.
02:48Ce n'est pas possible de ne plus avoir de santé de proximité.
02:51Donc là, concrètement, depuis le 1er septembre, avant le 1er septembre,
02:54les labos pouvaient vous faire jusqu'à moins 40% sur les livraisons de médicaments génériques.
02:59Désormais, c'est moins 30% maximum, c'est ça ?
03:02C'est ça, c'est moins 30% et ce sera moins 20 l'an prochain.
03:04Et ça va encore diminuer.
03:06Vous dites que pour un grand nombre de pharmacies, c'est l'arrêt de mort, c'est la clé sous la porte.
03:10En fait, c'est déjà le cas.
03:13C'est déjà une profession qui a beaucoup de difficultés.
03:18Et en fait, ça va accélérer les difficultés au lieu de les régler.
03:21Et donc, c'est vraiment un mauvais texte.
03:24Donc, il faut revenir dessus.
03:25Et vous ne pouvez pas vous rattraper sur tout ce qui est produit parapharmacie ?
03:29Ce n'est pas possible dans des villes où on n'en vend pas, en fait.
03:34La parapharmacie, c'est dans des structures qui sont dans les zones urbaines,
03:40peut-être à côté des grandes surfaces.
03:42C'est ce genre de pharmacie qui sont solidaires quand même.
03:46Elles ferment aussi.
03:47Elles sont solidaires.
03:48Ce qui est très bien dans cette journée, c'est qu'elle est vraiment unitaire.
03:54Il y a toute la profession qui est mobilisée.
03:56Même les étudiants qui nous rejoignent.
03:57Toute la profession.
03:58Alors, effectivement, vous annoncez plus de 90% de grévistes.
04:01On ne peut pas dire, franchement, que les pharmaciens sont une profession va-t'en grève.
04:06Ça veut dire quoi ?
04:06Il y a autre chose.
04:07Je veux dire, le malaise est plus profond.
04:08Vous vous sentez trahi par le gouvernement, Philippe Besset ?
04:11On s'est senti trahi par le gouvernement de François Béroux, c'est clair.
04:14On a, en fait, depuis l'époque Covid, on s'est transformé en couteau suisse.
04:19Le gouvernement nous a demandé de faire les vaccins, de nous occuper de prévention.
04:25Ensuite, il nous a demandé de nous occuper des actes simples,
04:30parce qu'on manquait de médecins.
04:33Donc, on s'occupe des angines, des cystites, de nouveaux actes.
04:37On fait des tests d'orientation.
04:40Enfin, on participe.
04:42Et donc, l'idée du gouvernement était de dire,
04:47on ne va plus vous payer pour les médicaments de moins en moins,
04:50mais on va vous donner du travail en plus pour gagner moins, en fait.
04:56Et nous, ces actes de soins, nous, ça nous intéresse,
05:00parce qu'ils rendent service à la population.
05:03Mais par contre, il faut quand même pouvoir assumer les coûts de l'entreprise.
05:07Et là, actuellement, c'est plus possible.
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