00:00Alors, ce mouvement de baisse du rideau des officines, plutôt que parler de grève,
00:06c'est parce que nous sommes furieux contre une des mesures prises par le gouvernement
00:10qui est de baisser les remises sur les médicaments génériques,
00:15ce qui impacte fortement l'économie des officines.
00:18Pourquoi baisser ces remises ? Expliquez-vous comment ça se passe.
00:22Alors, en fait, aujourd'hui, quand on achète un médicament générique,
00:25on a des conditions commerciales, on a 40% de remise sur les génériques.
00:30Demain, le gouvernement veut les baisser à 30% et puis en 2027 à 20%.
00:35Or, aujourd'hui, une partie de l'économie des officines tient grâce à ces remises génériques
00:42et toucher à ces remises, c'est impacter négativement l'économie de l'officine
00:46avec comme risque des licenciements, puisque aujourd'hui, la pharmacie d'officine,
00:52c'est 146 000 emplois en France. Nous payons nos cotisations en France,
00:56nous payons nos impôts en France, et puis, forcément, des fermetures d'officines,
01:02pas uniquement en ruralité, également dans beaucoup d'endroits,
01:05parce que les pharmacies vont avoir du mal à tenir.
01:08Réduction, finalement, des horaires d'ouverture des officines.
01:13Et puis, indirectement, les patients vont être touchés,
01:15parce qu'à ce moment-là, il y aura des difficultés d'accès aux soins,
01:18tout en sachant que la pharmacie, c'est parfois la première porte d'entrée dans le parcours de santé.
01:26Et il ne faut pas oublier également, dans certains quartiers, le rôle social des officines.
01:31Quand tous les commerces ferment, souvent, le seul commerce qui reste, c'est la pharmacie d'officine.
01:35Ça, c'est donc pour le fond, sur la forme.
01:38Ce mouvement de rideau baissé ne fait pas l'unanimité.
01:41Certains de mes collègues estiment que faire ça un lendemain de jour férié,
01:44une veille d'un dimanche, ce n'est pas franchement respectueux pour les patients.
01:49Non, mais vous savez, quand on prend des décisions, on ne fait jamais l'unanimité à 100%.
01:53Et il ne faut pas faire le jeu du gouvernement,
01:56qui pense que pendant la période estivale, on ne fait rien, il ne se passe rien.
02:01C'est des pharmaciens qui...
02:03Il faut, mais évidemment, parce que c'est notre syndicat qui a appelé à ce mouvement de fermeture.
02:08Donc, d'autres voix s'élèvent avec des arguments qui sont les leurs et qu'on leur laisse.
02:13Mais il faut maintenir la pression et maintenir le fait qu'on est en colère et qu'on ne veut pas lâcher.
02:21Et de toutes les façons, si vous voulez, dans certains départements, dans certains endroits de France,
02:25des pharmacies ont été réquisitionnées.
02:28Donc, les patients pourront trouver des médicaments et certaines pharmacies ouvertes.
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