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Depuis 8 ans, il pénètre dans des lieux que personne ne veut voir. Nettoyeur post-mortem, Julien Martel témoigne d'un métier méconnu, mais essentiel. Découvertes tardives, suicides, homicides : il nettoie là où la vie s'est arrêtée brutalement.

Ancien employé de pompes funèbres, il a créé sa propre entreprise après avoir constaté un manque d’accompagnement dans ce domaine. Combinaisons, masques, gants : chaque intervention nécessite des équipements de protection contre les risques biologiques.

Entre réalité du terrain et idées reçues, il évoque les défis techniques et l'impact psychologique d'un métier qui « use», mais reste une passion.


#NettoyagePostMortem #MétierAtypique #ScèneDeCrime #Témoignage

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Transcription
00:00Quand on vit vraiment avec la mort 365 jours par an,
00:04ce que je veux dire, c'est qu'au bout d'un moment,
00:06vous avez aussi envie de parler d'autres choses.
00:12Mon métier, c'est nettoyeur post-mortem.
00:15C'est-à-dire que l'on va intervenir dans les logements suite à des décès.
00:18Ça peut être une découverte tardive.
00:21Ce sont des gens qui sont restés de quelques jours à plusieurs mois,
00:24voire années dans le logement,
00:25soit sur des suicides par arme à feu ou par arme tranchante,
00:30ou dans le cadre d'homicides,
00:33soit via aussi des réquisitions judiciaires par les parquets
00:36ou mandatées par les familles,
00:38et très rarement, heureusement, dans le cadre d'attentats.
00:41Pour beaucoup de gens, nettoyage après décès,
00:44ce serait comme du nettoyage dit courant de bâtiment.
00:47C'est un peu plus compliqué que ça et plus complexe que ça.
00:49Il faut savoir, c'est comme un dégât des eaux.
00:51Mettons, je prends un exemple, dans votre salle de bain,
00:54vous allez avoir un dégât des eaux, la machine déborde.
00:56Vous allez avoir de l'eau qui va s'infiltrer.
00:58C'est pour ça, d'ailleurs, des fois,
00:59que le dégât des eaux est passé,
01:01tout d'un coup, quelques mois après,
01:02tout d'un coup, dans le séjour, on ne comprend pas pourquoi,
01:04mais le parquet flottant commence à gondoler,
01:06parce que c'est dû aux infiltrations d'eau.
01:08Les fluides biologiques humains, c'est pareil.
01:10C'est-à-dire, il y a ce que vous voyez tout de suite,
01:12et il y a ce que vous ne voyez pas,
01:14qui est vraiment infiltré.
01:15Deux choses à prendre en compte,
01:16il y a deux facteurs,
01:17c'est le temps que la personne est restée dans les lieux,
01:19les dégâts que ça a occasionnés,
01:20mais il y a aussi la construction, en soi,
01:22qui va faire qu'on va avoir aussi plus de dégâts ou pas.
01:25C'est ce qui fait que, des fois,
01:26vous êtes obligés de découper de la chape,
01:29d'enlever des cloisons,
01:32enlever des solives aussi, et ainsi de suite.
01:34Et vous pouvez avoir deux fois le même décès,
01:36mais vous n'aurez pas les mêmes dégâts.
01:37Dans le cadre des réquisitions judiciaires,
01:40c'est sûr qu'on n'a pas la même approche
01:41que quand ça serait une famille qui nous appellerait.
01:43Quand un magistrat nous contacte,
01:46ce que l'on fait, c'est de demander des clichés photos de la scène.
01:51Ces clichés photos vont nous permettre
01:53de pouvoir quand même avoir une vision vraiment globale
01:57de ce qu'il y a à faire,
01:59même si ça reste que des clichés photos.
02:01Et on va pouvoir comme ça préparer notre intervention.
02:03Quand on vient nettoyer une scène,
02:06forcément on va se protéger.
02:07Pourquoi ?
02:07Parce qu'il y a quand même un potentiel risque biologique.
02:11Donc on va utiliser des EPI,
02:13on va être en combinaison,
02:14on va avoir des gants, des surchaussures,
02:15des surbottes, masques.
02:17Et les déchets que l'on va extraire de cette scène,
02:20eux-mêmes vont suivre la filière des déchets d'Astri.
02:24La scène qui a été le plus difficile à nettoyer émotionnellement,
02:27ça a été lors d'un double homicide.
02:29Parce qu'il y avait une petite fille
02:31qui était dans cette histoire et qui n'avait rien demandé.
02:33J'ai pas forcément découvert des compétences,
02:37pour ma personne, je pense.
02:38Et ça ne regarde que moi et ça ne concerne que moi.
02:40Mais je pense que pour faire ce métier-là,
02:41il faut déjà avoir les compétences avant de le faire.
02:43Après, ça m'a permis juste une chose de relativiser sur la vie en elle-même.
02:47Quand on va sur une intervention,
02:49ce que l'on fait, c'est qu'on toque toujours à la porte.
02:51On va pouvoir me dire, oui, c'est débile,
02:53il n'y a personne dans le logement ou autre.
02:54Mais c'est juste une question de respect,
02:56parce qu'en fait, on pénètre chez quelqu'un.
02:58Même si la personne n'est plus là, elle est décédée,
03:01c'est juste une forme de respect.
03:02Après, une fois l'intervention finie,
03:06on peut comprendre ce que les gens traversent.
03:08On peut comprendre leur tristesse,
03:10leur désarroi ou leur questionnement par moments.
03:12Mais ce n'est pas notre vie, ce n'est pas ma vie.
03:15Il ne faut pas que le professionnel empiète sur votre vie privée,
03:18parce que sinon, avec toutes les images,
03:20toutes les histoires que l'on peut rencontrer,
03:23après, c'est vous qui perdez les pédales.
03:25Donc, il faut savoir vraiment dissocier le professionnel et la vie privée.
03:29Est-ce que je pourrais faire ça toute ma vie ?
03:31Alors ça, c'est vraiment une bonne question.
03:33Ça fait quand même 8 ans qu'on fait ça.
03:34Je ne sais pas si je pourrais faire ça jusqu'à mes 65 ans,
03:37puisque de toute façon, la retraite, ça va être...
03:40Voilà. Pour être très honnête avec vous, je ne pense pas,
03:43parce que ça vous use.
03:45Votre corps est quand même usé.
03:47Vous avez quand même le mental,
03:48même si vous faites la séparation du pro au privé,
03:51vous encaissez quand même des images qui sont quand même violentes.
03:55Donc, je pense qu'à un moment donné ou à un autre,
03:57même si on en parle, voilà,
03:59c'est des choses qui sont gravées en vous.
04:01Vous gardez quand même foi en l'humanité ?
04:04Oui.
04:06Comme je le dis souvent,
04:08l'être humain, quand il s'est resté raisonnable,
04:11c'est une machine qui est merveilleuse.
04:13Mais c'est rare qu'il s'est resté raisonnable.
04:14C'est toujours dans l'excès,
04:15c'est toujours dans des choses comme ça.
04:17Mais oui, parce que pour faire ce métier-là,
04:19il faut quand même aimer un minimum les gens.
04:21Et puis, il faut aussi aimer les défunts ou les défeintes.
04:25Quand je dis aimer, qu'on s'entende bien,
04:26parce que ça peut être mal interprété.
04:28C'est plus dans le sens où on va avoir vraiment
04:30cette grande forme de respect.
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