- il y a 5 mois
"THE FBI FILES - ABOVE THE LAW" / En Californie, l’agent de police George Gwaltney découvre le corps de Robin Bishop, 23 ans, assassinée près de sa voiture sur une route isolée. Gwaltney déclare qu’il est innocent et il est acquitté à deux reprises mais, lors d’un troisième procès, le FBI convaint le jury de sa culpabilité. Les experts du laboratoire judiciaire du FBI ont établi un lien entre des outils perquisitionnés dans la maison de Gwaltney et des marques qui se trouvaient sur l’arme du crime. De plus, l’analyse de cheveux, de micro-indices et de sperme démontre que le suspect s’est bien trouvé sur la scène du crime.
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00:00En 1982, un agent de patrouille arrête une jeune femme pour excès de vitesse.
00:18Il la contraint à avoir une relation sexuelle avant de la tuer.
00:23Il se sert ensuite de son expérience de 10 ans au sein des forces policières
00:27pour cacher son crime et convaincre les détectives de son innocence.
00:34Arrivera-t-il à l'éberner ?
00:57La jeune Robin Bishop, 23 ans, était partie de Las Vegas pour rendre visite à un ami à Los Angeles.
01:17Robin espérait devenir une actrice.
01:22Son amie lui dit que si elle était vraiment décidée, qu'elle devrait songer à venir vivre à Los Angeles.
01:30Robin reprit le chemin de Las Vegas pour organiser son déménagement.
01:34Elle était excitée des changements qui s'annonçaient.
01:36À Barstow, en Californie, elle s'arrêta pour appeler sa mère et manger un sandwich.
01:45En retournant à sa voiture, le patrouilleur George Gualtney la remarqua.
01:52Cet agent de police respecté de ses collègues et de ses amis avait en fait un passé trouble.
01:58Il arrêtait les femmes pour excès de vitesse.
01:59Si elles acceptaient de répondre à ses avances, il leur promettait de ne pas leur donner de contraventions.
02:05C'est ce qui arriva ce soir du 11 janvier 1982.
02:11Il mémorisa la marque et le modèle de la voiture de la jeune femme.
02:14Il remarqua également qu'elle avait une plaque d'immatriculation du Nevada.
02:22Puis Gualtney aperçut un garçon du quartier qu'il connaissait.
02:26Ce dernier pourrait lui servir d'alibi.
02:27Il fit monter Preston Olsen à bord de sa voiture et lui offrit de le raccompagner chez lui.
02:33Il déposa Preston et salua ses parents.
02:37Maintenant, la jeune femme qu'il avait aperçue était sûrement sortie de la ville.
02:40Il prit la direction du Nevada par l'autoroute 15.
02:47Cette autoroute était moins achalandée qu'à l'habitude.
02:54Il rattrapa la jeune femme à l'est de Barstow.
02:57Il alluma son gyrophare et sa sirène pour qu'elles se rangent sur le côté de la route.
03:06Robin Bishop avait eu plusieurs contraventions pour excès de vitesse.
03:10Elle finissait son année de probation et avait reçu un avertissement.
03:13Au prochain excès de vitesse, on lui retirerait son permis.
03:16Sans voiture ni permis de conduire, Robin aurait du mal à devenir actrice à Los Angeles.
03:21Elle laissa ses clés dans le contact et son sac à main dans la voiture.
03:44Robin était sans doute surprise qu'on lui demande de monter dans la voiture de patrouille, mais elle obtempéra.
03:58Malheureusement, Gwaltney avait d'autres projets que celui de lui donner une contravention.
04:02Il l'empêcha de bouger pendant qu'il lui passait les menottes.
04:05Il la fit ensuite asseoir sur la banquette arrière.
04:17La jeune femme était sans doute effrayée et confuse.
04:20Pourquoi l'agent l'avait-il menottée et où la conduisait-il ?
04:24Gwaltney retourna à la voiture de la jeune femme pour prendre son sac à main.
04:27Au même moment, un automobiliste le croisa.
04:44Gwaltney saisit le sac à main, retourna à sa voiture et partit, laissant l'automobile de la jeune femme sur l'accotement de l'autoroute.
04:57Il en sortit par une bretelle qui donnait accès à une voie rarement utilisée.
05:08Cette voie était parallèle à l'autoroute.
05:10Il avait l'habitude de l'emprunter quand il avait une pause.
05:13De ce poste d'observation isolé, il pouvait voir 120 mètres d'autoroute dans toutes les directions.
05:20Après avoir menacé Robin de lui confisquer son permis de conduire et de la faire emprisonner, il la viola.
05:27Quand il eut terminé, il appela le poste de police pour signaler la présence d'une voiture abandonnée sur l'autoroute.
05:38Il savait qu'un automobiliste l'avait vu s'approcher de la voiture de Robin.
05:41Ensuite, il conduisit sur la voie d'accès pour se rapprocher de la voiture de Robin.
05:57Il lui retira ses menottes et la fit descendre de la voiture de patrouille.
06:03Pour Gwaltney, le plan marchait comme sur des roulettes.
06:06Il avait obtenu ce qu'il désirait et il s'apprêtait à la laisser partir.
06:09Mais au moment où, assise au sol, elle allait remettre ses bottes, quelque chose se produisit.
06:15Maintenant qu'il l'avait relâché, peut-être la colère remplaça-t-elle la crainte.
06:18Peut-être le menaça-t-elle de le dénoncer.
06:20Son frère était procureur au Nevada.
06:23Ce serait sa parole contre celle du patrouilleur.
06:28Puis, alors que l'agent était debout contre sa voiture,
06:30il fut soudain éclairé par le projecteur de l'auto d'un policier qui passait.
06:34Ce policier avait sans doute aperçu la voiture de Gwaltney de l'autoroute.
06:39Gwaltney ignorait s'il avait été reconnu.
06:42Tout d'un coup, les menaces de Robin semblirent de plus en plus vraisemblables.
06:45Comment pourrait-il expliquer qu'il se trouvait sur cette voie d'accès ?
06:49Pris de panique, l'agent George Gwaltney décida de faire taire Robin à jamais.
06:54Il la tua.
07:03Il était maintenant trop tard pour revenir en arrière.
07:10Gwaltney mit rapidement un plan au point.
07:12Il communiqua avec le poste de police
07:14et rapporta avoir trouvé un corps,
07:16possiblement la victime d'un suicide.
07:20Il savait qu'il ne disposait que de quelques minutes avant l'arrivée des agents.
07:25Il fouilla sous la tête de la jeune fille
07:26pour retrouver le projectile qui l'avait tué.
07:29Si cet indice tombait entre les mains des autorités,
07:31il serait à coup sûr fini.
07:34Malheureusement, la balle n'était pas ressortie.
07:36Le détective Milt Rose de la police de San Bernardino
07:39fut envoyé sur les lieux pour enquêter au sujet du corps découvert par l'agent Gwaltney.
07:44En route vers la scène du crime,
07:48le répartiteur du poste de police
07:49lui demanda d'examiner la voiture abandonnée en même temps.
07:53Comme le corps était à une courte distance de la voie d'accès,
07:55il y avait tout lieu de croire que le véhicule et le corps étaient reliés.
08:03Il n'y avait aucun signe évident d'un quelconque problème mécanique.
08:06Les pneus étaient tous en bonne condition.
08:10Le véhicule était en parfait état de fonctionnement.
08:15La clé était dans le contact.
08:18Je ne comprenais pas pourquoi le véhicule se trouvait à cet endroit.
08:24L'agent Gwaltney avait eu le temps de retrouver son calme.
08:27Il décrivit comment il avait retrouvé la victime.
08:31Il avait pris son poux et fouillé dans son sac à main pour trouver ses pièces d'identité.
08:35Le nom inscrit sur le permis de conduire était Robin Bishop.
08:39Elle était la propriétaire du véhicule abandonné découvert un peu plus tôt.
08:42L'agent Gwaltney déclara qu'il croyait à l'hypothèse d'un suicide,
08:46mais le détective Rose élimina immédiatement cette possibilité.
08:50La victime avait reçu un projectile à la nuque à bout portant.
08:53Puis elle avait été déplacée.
08:55À environ 7 cm de sa tête, il y avait une traînée de sang sur le sol.
08:59À n'en pas douter, il s'agissait d'un homicide.
09:02Le sol était humide à cause de récentes averses.
09:04On pouvait aisément discerner les empreintes de pneus et des chaussures de Gwaltney.
09:08Le premier agent arrivé sur la scène critiqua Gwaltney pour le grand nombre d'empreintes qu'il avait laissées.
09:13La scène du crime avait été contaminée.
09:15Contrairement à son habitude, l'agent Gwaltney avait fait preuve de négligence.
09:19En effectuant un examen plus poussé, j'ai remarqué des marques sur les poignées de la victime.
09:26Les policiers ont l'habitude de ce genre de blessure.
09:29Deux marques mains sur le dessus des poignées et une autre en dessous.
09:32Ce sont les marques que laissent des menottes.
09:34En examinant le contenu du sac à main de la jeune femme, Rose remarqua qu'on ne lui avait rien volé.
09:43Cependant, ses papiers d'identité étaient sur le dessus,
09:45comme si elle avait dû les montrer à quelqu'un et les remettre rapidement dans son sac.
09:54Un policier, ou du moins quelqu'un qui se faisait passer pour un représentant de la loi,
09:58était impliqué dans cet homicide.
10:00Il n'y avait sur la scène du crime que des amis ou des collègues de Gwaltney.
10:06A ce stade-ci, personne ne croyait qu'il était impliqué dans ce crime.
10:11On pratiqua une autopsie.
10:14Les résultats confirmèrent que la victime avait été déplacée légèrement après le coup de feu
10:18et que les blessures à ses poignées avaient été causées par des menottes.
10:22La balle meurtrière était restée coincée dans la mâchoire de Robin.
10:25Elle était du même calibre que celui des balles utilisées par la police, mais d'une marque différente.
10:31L'autopsie permit également de déterminer que la victime avait eu une relation sexuelle dans les 24 heures avant sa mort,
10:37mais rien n'indiquait qu'elle avait été violée.
10:39La première chose que nous devions faire, c'était d'éliminer de notre liste
10:44toutes les personnes qui s'étaient trouvées près de la scène du crime.
10:48Pour déjouer les policiers, Gwaltney devait toujours avoir une longueur d'avance sur eux.
10:53Lorsqu'il termina son quart de travail, il s'empressa de retirer le canon de son revolver.
10:59C'eût été la preuve formelle de son implication dans le meurtre.
11:02Gwaltney savait par expérience que le canon avait laissé des marques identifiables sur le projectile qui avait tué Robin Bishop.
11:09Le lendemain matin, il se rendit chez un armurier pour s'acheter un nouveau canon.
11:17Ainsi, les experts en balistique ne pourraient prouver sa culpabilité en analysant son arme.
11:22Mais la pièce n'était pas en stock et devait être commandée.
11:25Gwaltney fait ensuite nettoyer son uniforme et il apporta son holster pour le faire reteindre.
11:31Il ne lui restait plus qu'à essayer de gagner du temps en espérant que l'armurier reçoive le canon au plus vite.
11:37A Barstow, Rose organisa une réunion entre les divers services de police pour discuter de l'enquête.
11:43Il demanda à tous les agents en service au moment du meurtre de remettre leur arme au service balistique
11:48afin qu'on puisse procéder aux analyses et les éliminer de la liste des suspects potentiels.
11:53Gwaltney était présent à la réunion lorsqu'il apprit que la balle avait été retrouvée.
11:56En fin de journée, il était le seul agent à n'avoir pas encore remis son arme à feu.
12:04Les détectives se rendirent chez lui pour la lui demander.
12:11Gwaltney revint les mains vides.
12:13Il leur dit que sa maison avait sans doute été cambriolée.
12:16L'arme avait disparu.
12:17Les déclarations de l'agent étaient suspectes, mais comme Gwaltney était un policier respecté,
12:28le détective Brian English du service de police de San Bernardino était enclin à le croire.
12:32J'avais une certaine empathie pour lui.
12:35Nous tentions en fait de l'éliminer de la liste des suspects.
12:39Pour nous, c'était un criminel qui avait commis ce meurtre par un policier.
12:49Gwaltney accepta de se rendre au quartier général pour y subir un interrogatoire.
12:53Les détectives fouillèrent également son casier, mais son arme à feu n'y était pas.
13:02Deux jours s'étaient écoulés depuis le meurtre de Robin Bishop.
13:07L'arme manquante de Gwaltney et son comportement étrange avaient éveillé les soupçons des enquêteurs.
13:13On lut à l'agent ses droits constitutionnels.
13:15Il était le suspect principal dans cette affaire de meurtre,
13:18mais il n'y avait cependant pas assez d'indices pour procéder à son arrestation.
13:22Gwaltney maintenait qu'il était innocent.
13:24Il accepta que l'interrogatoire soit enregistré.
13:26Il déclara que le 11 janvier, il effectuait sa patrouille sur l'autoroute comme d'habitude.
13:35Après son repas, il avait aperçu le jeune Preston Olsen qui rentrait chez lui à pied.
13:40Il l'avait fait monter à bord de sa voiture et l'avait déposée chez lui vers 20h50.
13:47À 21h15, il avait trouvé la voiture abandonnée,
13:51avait effectué les vérifications d'usage pour savoir si elle était volée,
13:54puis il avait emprunté la voie d'accès.
13:57Il avait alors aperçu une forme dans l'obscurité et s'était arrêté.
14:01C'était le corps de la victime, Robin Bishop.
14:07Ses réactions ne correspondaient pas à celles de quelqu'un qu'on vient d'accuser de crime.
14:14À sa place, j'aurais exigé qu'on prouve ma culpabilité.
14:17J'aurais été très en colère.
14:22L'agent Gwaltney demanda à m'entreprise à subir un test polygraphique.
14:26On le lui fit finalement passer.
14:28Il dut répondre à plusieurs questions dont la plus importante,
14:31avait-il tué Robin Bishop ?
14:33L'analyste ne parvint pas à démontrer que l'agent avait menti.
14:41Dans cette course à obstacles, Gwaltney venait encore de gagner de l'avance.
14:45Nous avons conduit Georges de Bartho à San Bernardino pour l'interroger une nouvelle fois.
14:53C'est à ce moment-là qu'il a consenti à ce que nous fouillons sa résidence.
14:56Les agents cherchaient des traces du cambriolage dont avait parlé Gwaltney,
15:05mais il n'y avait aucune trace d'entrée par effraction.
15:09Les détectives du service des homicides commencèrent alors leur travail.
15:13À l'aube, ils découvrirent la carcasse d'un revolver Smith & Wesson,
15:16modèle 19 de calibre 357, à l'intérieur de la camionnette de Gwaltney.
15:21La carcasse était endommagée.
15:25Il y avait des marques d'outils.
15:27L'arme semblait avoir été démontée par quelqu'un qui s'y connaissait peu en la matière.
15:33Le canon qui devait servir au test de balistique avait disparu.
15:38On ne pouvait donc pas effectuer d'analyse.
15:42L'arme était enregistrée au nom de George Michael Gwaltney.
15:48Il n'y avait qu'une explication au fait que cette arme avait été démontée.
15:52Gwaltney fut mis en état d'arrestation.
15:55Mais l'épreuve était indirecte.
15:56On devait maintenant trouver les outils utilisés pour démonter l'arme.
16:03Les détectives fouillirent à nouveau la résidence de Gwaltney.
16:09Ils recueillirent des pinces et un étau derrière le garage
16:12sur lesquels il y avait des marques encore fraîches de métal.
16:15On les avait donc utilisées récemment.
16:17Dans le placard de la chambre à coucher,
16:24les détectives trouvèrent cinq boîtes de munitions portant le logo de la police.
16:28Parmi ces munitions se trouvaient 27 balles de calibre .357 de marque Remington,
16:38soit la marque du projectile qui avait tué Robin Bishop.
16:42L'épouse de Gwaltney était en état de choc.
16:55Elle ne croyait rien à tout ça.
16:57Lors de son interrogatoire,
16:59elle déclara que son mari avait le même comportement qu'à l'habitude.
17:03C'était un bon père et un bon mari.
17:04La nouvelle de l'arrestation de l'agent secoua la population de Barstow.
17:14Ses collègues le connaissaient et le respectaient depuis des dizaines d'années.
17:17Malgré les preuves contre Gwaltney,
17:19ils ne pouvaient croire à sa culpabilité.
17:25Même les enquêteurs avaient du mal à se résoudre à cette possibilité.
17:29Mon intuition me disait qu'il ne l'avait pas fait,
17:35que c'était impossible puisqu'il était patrouilleur.
17:39Mais les preuves continuaient à s'accumuler.
17:41On retrouva des traces de sperme sur la banquette arrière de la voiture de police de Gwaltney
17:45et sur les jeans de Robin.
17:47L'agent Roger Kaufman déposa un rapport d'une importance cruciale.
17:51Il était parti quelques jours à l'extérieur de la ville
17:53et venait d'apprendre la nouvelle de l'arrestation de Gwaltney.
17:56Il était passé en voiture à l'endroit exact de la scène du crime au moment du meurtre.
18:01De l'autoroute, il avait aperçu les phares d'une voiture sur la petite route secondaire.
18:05Il avait dirigé son projecteur sur l'auto
18:07et avait alors aperçu un agent de police debout contre le véhicule.
18:11Malheureusement, il conduisait trop vite pour l'identifier.
18:15Quelques minutes plus tard, il avait entendu Gwaltney à la radio signaler un suicide.
18:19Il avait été surpris d'entendre la voix agitée de Gwaltney
18:22parce que ce dernier était reconnu pour son sang-froid.
18:25Il n'y avait plus repensé jusqu'à ce qu'il apprenne la nouvelle de son arrestation.
18:32À mesure que l'enquête progressait,
18:35il devenait apparent que Gwaltney avait tiré avantage de son expérience
18:38pour empêcher les détectives d'accumuler des preuves contre lui.
18:41Son uniforme avait été nettoyé et son holster avait été retint
18:47sous prétexte qu'une inspection devait bientôt avoir lieu.
18:50Toute trace de tissu humain ou de sang sur l'arme avait été effacée.
18:54De plus, ses empreintes de pas avaient contaminé la scène.
18:57Les détectives interrogèrent les propriétaires des armureries du secteur
19:04afin de vérifier si Gwaltney avait tenté de remplacer le canon de son revolver de service.
19:09Personne ne se souvenait l'avoir vu dans son magasin.
19:13Après plusieurs mois d'enquête interne,
19:15Gwaltney fut démis de ses fonctions de patrouilleur.
19:17Les détectives étaient maintenant convaincus qu'il avait commis ce crime crapuleux
19:25même s'ils étaient encore incapables de prouver que l'agent mentait.
19:28De plus, ce dernier avait l'appui de son épouse et de ses amis.
19:34Neuf mois plus tard, le procès débuta.
19:37Même si les preuves contre Gwaltney étaient indirectes,
19:39le procureur Betty Kennedy espérait qu'il serait inculpé rapidement.
19:42Lors de sa déclaration d'ouverture,
19:49l'avocat de la défense, George Porter,
19:51déclara au jury que George Michael Gwaltney
19:53était victime d'un complot,
19:55possiblement de quelqu'un qui travaillait dans le même service de police que lui.
19:59Quelqu'un avait bien arrêté Robin Bishop tel qu'il allait le démontrer,
20:02mais il ne s'agissait pas de George Gwaltney.
20:05La défense présenta un ouvrier de la voie ferrée comme témoin.
20:09Dennis Gubler avait aperçu la voiture de Robin Bishop
20:11sur l'autoroute au cours de la soirée.
20:14Il y avait une voiture de couleur clairgarée environ 20 mètres derrière elle.
20:18Gubler décrivit au jury un homme muni d'une torche électrique
20:21s'approchant de la voiture de Bishop.
20:23Sa description ne correspondait pas à celle de Gwaltney.
20:26L'avocat de la défense demanda à ce que les enquêteurs cherchent de nouveaux suspects.
20:34De son côté, le procureur avait procédé à une reconstitution des événements du 11 janvier,
20:38du dernier appel de Robin à sa mère à Barstow,
20:41jusqu'à l'appel radio de Gwaltney lors de sa découverte du corps.
20:46Tous les gestes connus de Gwaltney avaient trouvé leur place dans cette reconstitution
20:49qui ménageait par ailleurs aux policiers le temps requis pour commettre le meurtre.
20:55La poursuite était convaincue d'avoir une cause solide.
20:58On avait tout calculé, les trajets dont la promenade avec le jeune Olsen,
21:01l'agent qui avait aperçu Gwaltney, ainsi que les communications radio.
21:04Mais l'avocat de la défense riposta en faisant comparaitre des dizaines de témoins,
21:09des collègues et des amis de l'accusé.
21:12Tous parlèrent du passé irréprochable de Gwaltney.
21:15L'avocat se servit même de la reconstitution des événements déposés par la poursuite
21:18pour mettre en doute certains de ces événements.
21:21Comment son client avait-il pu commettre tout ce dont il était accusé en aussi peu de temps ?
21:26La défense n'eut aucun mal à contester la validité des analyses scientifiques
21:29des échantillons de sperme recueillis dans la voiture et sur la victime.
21:33Les analyses en matière d'ADN ne seraient acceptées en cours que six ans plus tard.
21:38De plus, Porter parvint à semer le doute sur l'analyse des marques d'outils,
21:41sur la carcasse de l'arme et sur les outils réquisitionnés dans le véhicule et la résidence de Gwaltney.
21:48Néanmoins, la poursuite espérait que le projectile et l'arme démontée suffiraient à convaincre le jury.
21:55L'indice le plus important que nous avions en main était la carcasse de l'arme.
21:59Comment pouvait-on expliquer qu'elle se trouvait dans son véhicule ?
22:06Pourquoi cette arme avait-elle été démontée ?
22:10Et pourquoi le canon manquait-il ?
22:12Et la crosse, le marteau et la détente ?
22:15Gwaltney avait tout prévu.
22:21Il était impeccable.
22:23Il fournissait à la défense son meilleur témoin, lui-même.
22:26Il avait réponse à toutes les questions.
22:32Et ses réponses étaient cohérentes.
22:34La tactique de la défense consistait à semer le doute sur toutes les preuves présentées contre lui.
22:46Et c'est ce que l'avocat a fait.
22:49George a fait un excellent travail lorsqu'il a témoigné.
22:51En dépit des 50 témoins provenant de 30 champs d'expertise qui avaient comparu,
23:00les preuves accumulées contre Gwaltney ne convainquirent pas le jury.
23:04Après 4 jours de délibération, le procès fut ajourné pour défaut d'unanimité.
23:098 des 12 jurés étaient en faveur de l'acquittement.
23:12George Gwaltney était un homme libre.
23:14Rien n'est jamais sûr.
23:21On ne sait jamais de quel côté le jury va pencher
23:23et quelles preuves le juge va accepter ou refuser.
23:28Je ne suivais pas le procès de près
23:29et j'ai donc été très surpris d'apprendre que George avait été acquitté.
23:34Le procureur était cependant toujours convaincu de la culpabilité de Gwaltney
23:38et refusait d'abandonner.
23:40Moins d'un an après l'ajournement du procès,
23:42Gwaltney fut sommé à comparaître en cour supérieure.
23:45Mais il y avait peu de nouveaux éléments de preuve.
23:48Le procès se termina par un autre ajournement.
23:50Cette fois-ci, 7 jurés étaient en faveur de l'acquittement.
23:53George Gwaltney échappait à nouveau à la justice.
24:01Nous étions convaincus que George avait tué cette femme
24:05et que nous devions le faire condamner pour ce qu'il avait fait.
24:12Le juge rejeta la requête du procureur de tenir un autre procès
24:17déclarant qu'il s'agissait de harcèlement.
24:26Depuis l'arrestation de Gwaltney,
24:28le FBI suivait l'affaire avec intérêt.
24:31Lorsqu'un homicide implique un agent de police,
24:33le FBI a le mandat de suivre l'enquête.
24:35Après le second acquittement de Gwaltney,
24:38le public fit main de pression
24:40afin que le meurtrier de Robin Bishop soit retrouvé.
24:43Les agents du bureau du FBI de Los Angeles
24:45décidèrent qu'il était temps pour eux d'intervenir.
24:53George Gwaltney ne pourrait plus jamais
24:55comparaître devant la cour de Californie
24:56pour le meurtre de Robin Bishop.
24:58Mais en cour fédérale,
25:00on pouvait peut-être le faire accuser
25:01d'avoir violé les droits civiques de la jeune femme.
25:03Antoine Robin Bishop,
25:06pendant qu'il était dans l'exercice de ses fonctions,
25:08George Gwaltney avait contrevenu à la loi fédérale.
25:12Il avait violé ses droits civiques.
25:14On n'avait jamais présenté ainsi un homicide en cours auparavant,
25:17mais le FBI et le procureur fédéral
25:19étaient convaincus que cette affaire
25:21était une occasion idéale de le faire.
25:24L'enquête fut assignée à l'agent spécial,
25:26Michael Randolph.
25:28Gwaltney était comme le loup dans la bergerie.
25:30Les enquêteurs ignoraient que l'auteur du crime
25:35était parmi eux.
25:36Ils s'arrangeaient toujours pour garder
25:38une longueur d'avance sur eux
25:39en éliminant les indices.
25:42C'est pourquoi les enquêteurs
25:44n'avaient pas réussi à le faire inculper.
25:46Ils ignoraient à qui ils avaient affaire.
25:48L'agent Randolph examina soigneusement
25:54les photographies de la scène du crime.
25:56L'une d'elles retint son attention.
25:59C'était la photo du contenu du coffre arrière
26:01de la voiture de police de Gwaltney
26:02le soir du meurtre.
26:03Il y remarqua une petite boîte de munitions.
26:06Il envoya les photos au laboratoire
26:07pour les faire agrandir et examiner.
26:10Le laboratoire du FBI nous a informés
26:13après l'analyse des photos
26:14qu'il s'agissait d'une boîte de munitions
26:16magnum de calibre 357.
26:21Ces munitions sont illégales
26:23et Gwaltney avait déclaré
26:24qu'il n'en avait pas en sa possession
26:25le soir du meurtre.
26:28Je crois également que c'était
26:29la même boîte de munitions
26:30recueillie par la suite chez lui.
26:35L'agent Randolph venait de prouver
26:37que George Gwaltney avait menti.
26:40Nous savions donc qu'il avait menti
26:41au cours des deux procès.
26:42Nous voulions maintenant vérifier
26:43s'il avait menti à propos d'autre chose.
26:46En travaillant étroitement
26:48avec le bureau du shérif de San Bernardino
26:50et la patrouille de l'État de Californie,
26:52l'agent Randolph examina à nouveau
26:54toutes les preuves présentées
26:55au cours des deux procès.
26:59Plutôt que de traiter cette affaire
27:02comme une enquête criminelle normale,
27:04nous avons pris une approche plus large,
27:07un peu comme si on effectuait
27:09les vérifications du vol 800 de la TWA,
27:11c'est-à-dire examiner chacun des rivets,
27:15chacune des vis.
27:20La montagne de rapports, de transcriptions,
27:22de photos et les indices physiques
27:24furent examinés un à un
27:25par les experts du laboratoire du FBI
27:27et les agents des bureaux locaux.
27:29Nous avons renvoyé au laboratoire
27:32les éléments clés comme la carcasse de l'arme.
27:36Cette dernière avait été recueillie
27:37par la police et ils avaient effectué
27:39une analyse des marques d'outils.
27:42Ils n'étaient pas parvenus
27:43à déterminer qui l'avait démonté.
27:45La carcasse fut envoyée aux experts
27:52du laboratoire du FBI à Washington.
27:57Ce laboratoire est unique au monde.
28:00On y trouve une collection de 2000 armes à feu,
28:02du pistolet de John Dillinger
28:04jusqu'aux fusils d'assaut militaire
28:05les plus récents.
28:08On y trouve également des échantillons
28:10de tous les projectiles existants
28:11depuis les 50 dernières années.
28:15Comme les armes, ces balles servent
28:17aux analyses et aux comparaisons.
28:21Les experts se servent de la pièce insonorisée
28:24du service de balistique
28:25pour tirer et recueillir des projectiles.
28:27Ils ont également recours à des stéréoscopes
28:30pour examiner les canons des armes à feu.
28:34Mais l'atout principal de ce laboratoire,
28:37ce sont sans contredit les spécialistes d'expérience
28:39qui ont l'habitude de cas aussi complexes
28:41que celui du meurtre de Bishop.
28:45Jim Cadigan, du service des armes à feu
28:49et des marques d'outils du FBI,
28:51fut appelé à mener une analyse
28:52sur la carcasse de l'arme
28:54et sur les 15 outils recueillis chez Gualtney.
29:02Les outils d'acier laissent presque toujours
29:04des marques distinctes microscopiques
29:06lorsqu'on les utilise.
29:08Ces marques sont aussi uniques
29:09qu'une empreinte digitale.
29:10Le laboratoire qui analyse les marques d'outils
29:14du FBI est l'un des plus importants
29:16et des plus sophistiqués au monde.
29:20Dès le début, il était évident
29:22que la personne qui avait démonté
29:23cette arme à feu connaissait la criminalistique.
29:28Elle avait pris soin de retirer
29:30toutes les pièces de l'arme
29:30qui pouvaient être examinées par un expert.
29:32L'agent Cadigan commença son analyse.
29:41Son but, relier les marques d'outils
29:43sur l'arme à feu
29:44aux 15 outils recueillis chez Gualtney.
29:50La question de base était de savoir
29:52si l'un de ces outils
29:53avait pu servir à tenir la carcasse
29:55pendant que le canon était retiré.
29:57En l'examinant,
30:04j'ai noté près de l'endroit
30:05où une tige retient le barillet
30:07une petite marque d'environ 1,5 mm,
30:12comme si c'était la marque
30:13de la pointe d'un petit tournevis
30:14qu'il y avait là,
30:16sous ce trou.
30:21La marque avait la même légère imperfection
30:23qu'un des outils de Gualtney.
30:27En examinant les outils de Gualtney,
30:31j'ai remarqué sur une clé anglaise
30:33qu'une dent était brisée par le milieu
30:35et qu'il y restait du métal.
30:40Cela ressemblait à la marque
30:43laissée sur l'arme.
30:46En me basant sur cet indice,
30:48je me suis mis à faire des marques
30:49avec cette clé anglaise.
30:53À l'examen au microscope,
30:55j'ai pu en venir à la conclusion
30:56que c'était cette clé
30:58qui avait servi à créer
30:59les marques trouvées sur l'arme.
31:05En plus des analyses de marques d'outils,
31:08le laboratoire du FBI
31:09effectua d'autres examens
31:11sur les balles recueillies
31:11chez Gualtney.
31:14L'absence du canon de l'arme
31:15de Gualtney rendait
31:17les analyses balistiques impossibles
31:18et c'est ce qui avait fait
31:20le plus mal au procureur
31:21lors des deux procès.
31:22Le FBI décida alors
31:24de créer un nouveau type
31:25d'analyse.
31:26C'était la première fois
31:27qu'on faisait appel
31:28à la technologie nucléaire
31:29en criminalistique.
31:33Lorsqu'un manufacturier de plomb
31:35comme la Remington Arms
31:36fabrique un lot de plomb,
31:38il mêle les différents éléments
31:39ensemble,
31:40un peu comme on fait
31:41quand on prépare un pâté.
31:43Chaque lot est donc unique.
31:44Nous avions recueilli
31:46environ 200 projectiles
31:47chez George Michael Gualtney
31:48lors de l'enquête.
31:50Nous les avons soumis
31:50au laboratoire.
31:52On les a alors rendus
31:53radioactifs de façon
31:54à obtenir leur poids moléculaire,
31:56leur empreinte digitale chimique.
31:59Nous avons découvert
32:00que le plomb de 27 projectiles
32:02était identique à celui
32:04du projectile
32:05qui avait tué la victime.
32:06Les échantillons dans le réacteur
32:14absorbent les neutrons
32:15et deviennent radioactifs.
32:18Cette radioactivité
32:19est ensuite mesurée
32:20et fournit une lecture précise
32:22des éléments chimiques du plomb.
32:23C'est en quelque sorte
32:24son empreinte digitale atomique.
32:28Les analyses radioactives
32:29étaient incontestables.
32:30Les 27 projectiles
32:31recueillis dans le placard
32:32de Gualtney,
32:33projectiles qu'il avait juré
32:35de ne pas avoir en sa possession,
32:36provenaient du même lot
32:37que celui qui avait tué
32:38Robin Bishop.
32:43Les analystes
32:44du laboratoire du FBI
32:45avaient enfin établi
32:46un lien entre la carcasse
32:47de l'arme à feu de Gualtney
32:49et sa clé anglaise,
32:50ainsi qu'entre le projectile mortel
32:52et ceux qui avaient été
32:52recueillis chez lui.
32:54L'agent Randolph
32:55fit ensuite dresser
32:56les profils psychologiques
32:57de George Gualtney
32:58et de Robin Bishop.
33:00Il fallait à tout prix
33:00que le jury comprenne
33:01qu'elle avait été une victime.
33:06Robin Bishop avait été violée
33:12par un individu
33:13qu'elle devait respecter
33:14et à qui elle pouvait
33:15faire confiance,
33:16un agent de la loi.
33:18Cela nous permettait
33:19d'illustrer pourquoi
33:20il n'y avait eu
33:21aucune trace de lutte
33:22ou de violence
33:22sur la scène du crime
33:23autre que le meurtre lui-même.
33:25Elle s'est pliée
33:26aux exigences.
33:27Elle respectait
33:28l'autorité d'un agent de police.
33:30Elle était le genre de personne
33:31qui accepte de se ranger,
33:33de montrer ses papiers,
33:34de sortir de son auto
33:34et de se laisser menotter
33:36même si tout ce qu'elle avait fait
33:37c'était d'avoir eu
33:38une contravention
33:39pour excès de vitesse.
33:40C'était facile
33:40d'en faire une victime.
33:44Les experts du FBI
33:46examinèrent ensuite
33:47le passé de Gualtney
33:48pour comprendre
33:49son comportement
33:50envers les femmes.
33:53Ils interrogèrent
33:54une de ses anciennes maîtresses.
33:56Elle le rencontrait
33:56chaque fois au même lieu isolé
33:58pour avoir une relation sexuelle.
34:00Ce lieu était situé
34:01sur la voie d'accès même
34:02où Gualtney
34:03avait conduit
34:04Robin Bishop.
34:09On contacta
34:10toutes les femmes
34:10à qui Gualtney
34:11avait donné des contraventions
34:12depuis les deux dernières années.
34:14Un profil
34:15commença à émerger.
34:16Plus d'une dizaine
34:17de femmes déclarèrent
34:18que Gualtney
34:19leur avait fait
34:20des avances sexuelles
34:21ou les avait touchées
34:22de façon suggestive.
34:25Cela indiquait
34:25que l'agression sexuelle
34:27n'était pas un cas isolé
34:28chez Gualtney.
34:30C'était sa façon habituelle
34:31de se comporter.
34:33Nous en avons conclu
34:34que lorsqu'il portait
34:35son uniforme,
34:36il devenait une sorte
34:37de prédateur.
34:43Les témoignages
34:44des deux procès
34:45furent également
34:45soigneusement examinés.
34:47On espérait trouver
34:48des contradictions.
34:49Dans certains cas,
34:51l'autorité du FBI
34:52facilita les choses.
34:53L'entêtement des agents
35:01du FBI
35:02fut bénéfique
35:03dans l'affaire Gualtney.
35:04Les détectives
35:05de la police
35:06de San Bernardino
35:07avaient interrogé
35:08les propriétaires
35:08des armuries
35:09de Barstow
35:10pour démontrer
35:11que le policier
35:11avait tenté
35:12d'acheter un canon
35:13de remplacement
35:13pour son revolver
35:14le lendemain du crime.
35:16Ils avaient tous déclaré
35:17ne pas l'avoir vu.
35:18L'un d'entre eux
35:24s'appelait
35:24William Haddington.
35:26Son commerce
35:27s'appelait
35:27le Powderhorn.
35:29Au cours
35:30des deux procès,
35:31il avait affirmé
35:31que George Gualtney
35:32n'était pas venu
35:33dans son magasin
35:34le lendemain du meurtre.
35:36Mais ses relevés
35:37téléphoniques
35:38prouvaient qu'il mentait.
35:44Nous avons trouvé
35:45des documents
35:46qui indiquaient
35:47que le lendemain
35:48de l'homicide,
35:49après la réunion
35:49à laquelle Gualtney
35:50avait participé,
35:52M. Haddington
35:53avait téléphoné
35:54à sa succursale
35:55de Sacramento
35:55pour commander
35:57un canon
35:57pour une arme
35:58du même modèle
35:59que celle de Gualtney.
36:06Lorsque les agents
36:07du FBI
36:07montrèrent
36:08ces informations
36:09à Haddington,
36:10ce dernier reconnut
36:11que Gualtney
36:11était bienvenu
36:12à son commerce
36:13pour acheter un canon
36:14le lendemain
36:14du meurtre
36:15de Robin Bishop.
36:16En reconstituant
36:18les événements,
36:19le FBI
36:20découvrit également
36:21que Gualtney
36:21avait créé
36:22un faux alibi
36:22pour camoufler
36:23sa visite
36:24chez l'armurier
36:24et le cordonnier
36:25où il avait fait
36:26reteindre son holster.
36:27Il avait déclaré
36:28être de service
36:29ce jour-là.
36:32Les déclarations
36:33de Gualtney
36:34tombaient en pièce.
36:36Mais la partie
36:36la plus importante
36:37de la reconstitution
36:38était l'épisode
36:39au cours duquel
36:40le jeune Preston Olsen
36:41avait été reconduit
36:42chez lui.
36:42Le problème
36:45c'est qu'aucun détective
36:46n'avait pensé
36:47en parler sérieusement
36:48avec Preston Olsen.
36:50Il avait témoigné
36:51lors des deux procès
36:52et il avait corroboré
36:53les déclarations
36:53de Gualtney.
36:56Mais en examinant
36:57minute par minute
36:58les événements
36:58avec Preston
36:59et sa mère,
37:00ils réalisèrent
37:01que l'agent Gualtney
37:02avait en fait déposé
37:03le garçon
37:0430 minutes plus tôt
37:05qu'il l'avait déclaré
37:06lors de son premier témoignage.
37:07Cette nouvelle information
37:11ainsi que la reconstitution
37:13qui en résulta
37:13furent très importantes
37:15dans l'enquête.
37:18Il ne pouvait plus
37:19changer les faits.
37:20Il avait fait
37:21les mêmes déclarations
37:22lors des deux procès.
37:24La reconstitution
37:24des événements
37:25était donc très importante.
37:27Cela nous donnait
37:27une période
37:28de 30 minutes
37:29pour laquelle
37:29nous n'avions jamais
37:30obtenu de compte rendu.
37:31L'agent Gualtney
37:35avait donc disposé
37:36de 20 à 40 minutes
37:37pour arrêter Bishop,
37:38la menotter,
37:39la forcer à avoir
37:40une relation sexuelle
37:41puis la tuer.
37:47On fit appel
37:48à Edward Blake
37:49pour qu'il réexamine
37:50le sperme présenté
37:51comme élément de preuve
37:52lors des deux procès.
37:56Il était problématique
37:57de présenter
37:57ce genre de preuve
37:58avant le développement
37:59de l'analyse génétique.
38:01Malgré tout,
38:02les agents du FBI
38:03espéraient trouver
38:04une façon
38:04de présenter cette preuve.
38:07Gualtney avait subi
38:08une vasectomie
38:09puis il avait subi
38:10une seconde intervention
38:11pour revenir
38:11à son état antérieur.
38:13Y avait-il un moyen
38:14de se servir
38:14de cette information
38:15pour prouver
38:16que le sperme recueilli
38:17sur la scène du crime
38:18était le sien ?
38:19Le procureur demanda
38:20au sérologue
38:21Edward Blake
38:21s'il y avait
38:22une quelconque avancée
38:23scientifique
38:24qui pouvait aider
38:24l'enquête.
38:27Il m'a dit
38:28la science progresse
38:30rapidement, n'est-ce pas,
38:31docteur Blake ?
38:33Peut-être y a-t-il
38:33un aspect que vous
38:34pourriez regarder
38:35et qui serait en rapport
38:36avec notre cause.
38:38Je lui ai répondu
38:39que je connaissais
38:40des spécialistes
38:41en fertilité.
38:41L'un des éléments
38:45importants
38:46était que
38:47Gwaltney
38:47avait subi
38:48une vasectomie
38:49puis qu'il avait
38:50fait annuler
38:51par la suite.
38:56Blake apprit
38:57par la suite
38:57de ses collègues
38:58de l'Université
38:59de Californie
38:59que cette seconde
39:01intervention
39:01provoque parfois
39:02la production
39:02d'anticorps
39:03antispermes.
39:05Le corps réagit
39:06au sperme
39:06qui entre dans
39:07le système sanguin
39:08comme s'il s'agissait
39:09de germes.
39:10Comme ce phénomène
39:11est assez rare,
39:12il pourrait peut-être
39:13servir à l'identification
39:14du fluide séminal.
39:16On envoya donc
39:17des échantillons
39:17du sperme de Gwaltney
39:18au laboratoire
39:19de l'Université
39:20de Californie.
39:23Non seulement
39:24nous avons découvert
39:25que les fluides
39:26contenaient des anticorps
39:27mais de plus
39:28qu'il y en avait
39:29une forte concentration.
39:30Cela nous donnait
39:31l'information
39:32qui nous permettait
39:33d'approfondir
39:34encore plus
39:34nos analyses.
39:38Blake apprit
39:39alors l'existence
39:39d'une nouvelle analyse
39:40en matière de fertilité.
39:42Cette analyse
39:43permettait de mesurer
39:44la présence d'anticorps
39:45dans les échantillons
39:46recueillis
39:46sur la scène du crime.
39:54Nous avons préparé
39:55des échantillons
39:56à partir du sperme
39:58trouvé sur le jean
39:59que portait Robin Bishop
40:00et celui
40:01qui avait été recueilli
40:02sur la banquette arrière
40:03de la voiture de police.
40:04Ces échantillons
40:09ont été analysés
40:13et on a retrouvé
40:14les mêmes anticorps
40:15dans les deux cas.
40:20Au cours de l'enquête
40:21de six mois du FBI,
40:23tous les indices
40:23qui avaient été réexaminés
40:25et tous les nouveaux témoignages
40:26permirent aux agents
40:27impliqués dans l'affaire
40:29d'atteindre la certitude
40:30de la culpabilité
40:31de Gwaltney.
40:31Nous savions
40:34que nous détenions
40:35le coupable
40:35et que nous allions
40:36enfin gagner.
40:39Gwaltney
40:40comparaîtrait
40:40à nouveau en cours.
40:44George Michael Gwaltney
40:46fut accusé
40:47d'avoir violé
40:47les droits civiques
40:48de Robin Bishop
40:49et il fut mis
40:49en état d'arrestation.
40:52Il était le premier
40:53agent de police
40:54de la Californie
40:55à être accusé
40:55en vertu de la loi fédérale
40:57des droits civiques.
40:59À nouveau,
41:00il plaida non coupable.
41:01Mais pour la première fois
41:02depuis la mort
41:03de Robin Bishop,
41:04les parents
41:05de la jeune fille
41:05avaient l'espoir
41:06que le procès
41:07n'aurait pas
41:07la même conclusion.
41:09Cette fois-ci,
41:10George Gwaltney
41:11était en cours fédéral
41:12et il devait affronter
41:13le FBI.
41:15Ce procès
41:16serait à coup sûr
41:17différent des deux premiers.
41:23Le procès
41:23commença
41:24le 17 janvier 1984
41:26à la cour
41:27du district
41:27de Los Angeles.
41:28George Gwaltney
41:31était représenté
41:32par l'avocat
41:33Carol Douglas
41:34qui avait décidé
41:35de ne pas faire témoigner
41:36son client
41:36car le policier
41:37était dans une mauvaise situation.
41:41Gwaltney
41:42savait que nous avions
41:44détruit ses alibis,
41:45ses déclarations
41:46et qu'il devait
41:47trouver quelque chose.
41:50Il avait lui-même
41:51bloqué
41:51toutes ses issues
41:52et nous avions
41:53bien l'intention
41:54de nous servir
41:55de cette situation
41:55pour l'envoyer
41:56en prison.
41:59Au fur et à mesure
42:01que le procès
42:01avançait,
42:02le FBI
42:03détruisait
42:03tous les arguments
42:04utilisés
42:05par Gwaltney.
42:07Le procureur
42:08déclara au jury
42:09que Gwaltney
42:10avait repéré sa proie
42:11lorsqu'il l'avait vu
42:11la première fois
42:12au restaurant.
42:15Grâce au témoignage
42:16des autres femmes
42:16qu'il avait agressé,
42:18l'image irréprochable
42:19de cet agent
42:19tomba en pièce.
42:21Après avoir reconduit
42:22Preston Olson
42:23chez lui,
42:24il avait ordonné
42:24à Bishop
42:25de se ranger
42:25le long de la route
42:26et de monter
42:27à bord
42:27de sa voiture
42:28de police.
42:29Le nouveau témoignage
42:30démontrait
42:31qu'il en a vu
42:31pleinement le temps.
42:34Puis,
42:34comme il l'avait fait
42:34à maintes reprises,
42:36il la conduisit
42:36dans un endroit isolé
42:37et la força
42:38à avoir une relation
42:39sexuelle avec lui.
42:41Le sperme
42:41trouvé sur la banquette
42:42arrière
42:42et dans les jeans
42:43de la victime
42:44corroborait ce fait.
42:46Pendant qu'elle
42:47était assise
42:47et tentait
42:48de remettre ses bottes,
42:49le projecteur aveuglant
42:50de l'agent Kaufman
42:51éclaira Gwaltney
42:52prouvant que ce dernier
42:54se trouvait bien
42:54sur la voie d'accès
42:55avec Robin Bishop.
42:57Comme il ignorait
42:58qu'il l'avait éclairé
42:59et s'il avait été reconnu,
43:00il fut pris de panique
43:01et tua Robin Bishop.
43:03Puis,
43:03encore secoué,
43:04il appela
43:05le poste de police
43:06pour signaler
43:07un suicide.
43:07L'autopsie
43:12et les photos
43:12de la scène du crime
43:13prouvaient
43:14qu'il ne lui avait pas
43:15déplacé la tête
43:16en prenant son coup.
43:17Le déplacement
43:18était trop grand.
43:19Il cherchait désespérément
43:20la balle
43:21qui l'avait tuée.
43:22Il allait ensuite
43:23tenter de cacher son crime
43:24par toute une série d'actions.
43:27Le même soir,
43:28Gwaltney enleva
43:29le canon de l'arme
43:30du crime
43:30et laissa du même coup
43:32des marques microscopiques
43:33qui correspondaient
43:34à l'un de ses outils.
43:37Mais l'analyse du sperme
43:40fut sans doute
43:40la preuve la plus convaincante
43:41présentée en cours.
43:43On pouvait y voir
43:43des petites billes
43:44s'agglutiner au sperme
43:46provenant des jeans
43:47de la victime
43:47et de la banquette arrière.
43:53Ce qu'on pouvait voir
43:56sur cet enregistrement,
43:58c'était l'analyse finale
43:59des échantillons
44:00qui contenaient
44:00les anticorps.
44:01On pouvait clairement
44:07y voir des spermatozoïdes
44:08nager et les billes
44:10s'y agglutiner,
44:11ce qui indiquait
44:12que des anticorps
44:12étaient présents
44:13dans les deux échantillons.
44:15Le juge ne permit
44:16à Edward Blake
44:17que de donner
44:18les résultats
44:18de ces analyses
44:19en pourcentage.
44:20Blake déclara
44:21que le groupe sanguin
44:22de Gwaltney
44:23était celui de 12%
44:24de la population.
44:25De ces 12%,
44:26on ne retrouve
44:27des anticorps
44:28que chez 5% des sujets.
44:29moins de 1%
44:35de la population masculine
44:37pouvait avoir eu
44:38une relation sexuelle
44:39avec Robin Bishop
44:40au cours de cette soirée.
44:44Même si la défense
44:45riposta en déclarant
44:46que les preuves
44:46étaient indirectes,
44:48les analyses scientifiques
44:49étaient trop convaincantes.
44:52Le jury en arriva
44:53rapidement à un verdict.
44:56Lorsque les jurés
44:57sont revenus,
44:59aucun d'entre eux
44:59ne regardaient Gwaltney.
45:01Il était évident
45:02qu'ils l'avaient trouvé coupable.
45:05En ce qui me concerne,
45:07j'étais content
45:07de savoir que George
45:08allait enfin payer
45:09pour son crime
45:09et que nous savions
45:11pourquoi Robin Bishop
45:12était morte.
45:15C'est une enquête
45:17que je n'oublierai jamais.
45:18Gwaltney a eu droit
45:26à la sentence
45:26la plus sévère possible.
45:2890 ans d'emprisonnement
45:29dans une prison fédérale
45:31et un minimum de 30 ans
45:32avant d'être éligible
45:33à la liberté conditionnelle.
45:3612 ans plus tard,
45:38Gwaltney mourut en prison
45:39des suites d'une crise cardiaque.
45:41Jusqu'à la fin,
45:42il a déclaré
45:42qu'il était innocent
45:43et qu'il avait été victime
45:45d'un complot.
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