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  • il y a 5 mois
Avec Isabelle Filiozat, psychologue spécialisée dans les traumas / Emmanuelle Bernier, éleveuse d'ovins dans l'Aude / Magali Gougeon, Présidente de l'Association Collectif Justice Pour Les Victimes De La Route en Mayenne

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##A_VOTRE_ECOUTE-2025-08-12##

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Transcription
00:00Sud Radio sur les routes de l'été, Laurence Perrault
00:06Bonjour à tous et bienvenue sur nos routes de l'été ce matin encore, je vous accompagne pour deux heures d'histoires, d'émotions et de découvertes.
00:14On va parler de cette première heure qui nous attend dans quelques instants.
00:17J'ouvre l'antenne à vos voix, à vos histoires, à évidemment Sud Radio vous écoute, c'est notre dossier de 11 heures
00:23autour des traumatismes qui ont bouleversé les vies et qui ont bouleversé la vôtre.
00:28Avec le regard bienveillant de la psychologue Isabelle Filiosa qui réagira en direct à vos histoires.
00:34Je vous attends donc dès maintenant au standard au 0826 300 300.
00:38Zach vous accueille pour venir raconter vos traumatismes.
00:42A 11h35 on va partir en Normandie pour pousser la porte d'un lieu plein de charme et de nostalgie.
00:47Le petit quinquin c'est un hôtel qui mêle souvenirs et convivialité.
00:51Et puis à midi moins le quart, restez avec nous, on va faire une étape dans l'eau d'auprès des vignerons
00:55qui après l'incendie dévastateur ont tout perdu en partie et ont surtout besoin de notre soutien.
01:01La table de l'été leur donnera la parole.
01:03Merci d'être avec nous.
01:0411h05, les routes de l'été, ça débute maintenant.
01:09Sur les routes de l'été, Sud Radio vous écoute.
01:12Et aujourd'hui dans notre rubrique Sud Radio vous écoute, on va parler de ces blessures invisibles
01:18qui parfois nous suivent toute la vie, les traumatismes.
01:22Qu'ils soient liés à l'enfance, à des événements soudains ou à des épreuves de vie plus récentes,
01:26ils laissent des traces et quelles traces.
01:28Existe-t-il des chemins pour les comprendre et les apaiser ?
01:31C'est ce que je vous propose pour en parler avec nous.
01:34Une voix qui apaise, que beaucoup de parents connaissent.
01:36Isabelle Filiosa, psychothérapeute, écrivaine, conférencière.
01:40Elle a accompagné des milliers de personnes, formé de nombreux professionnels autour de
01:44La Grammaire des Émotions, des livres comme J'ai Tout Essayé, Il Me Cherche
01:48ou L'Intelligence du Cœur sont devenus de véritables références.
01:52Aujourd'hui, Isabelle a accepté de nous éclairer sur ce que sont les traumatismes,
01:56comment ils nous façonnent, comment on peut s'en libérer.
01:59Et vous, je vous attends au 0826 300 300, vous pouvez vous appeler dès maintenant
02:03pour raconter ce que vous avez vécu.
02:05Sud Radio vous écoute, c'est votre émission et c'est pendant une demi-heure.
02:09Mais avec vous Théo Empilac, je voudrais qu'on comprenne mieux ce qui se cache derrière le terme traumatisme.
02:15Oui Laurence, un traumatisme, pour faire simple, c'est un choc violent, physique ou psychologique
02:21qui dépasse les capacités d'une personne à y faire face.
02:24Il peut laisser des séquelles durables, comme par exemple des angoisses, des troubles du sommeil, des flashbacks, etc.
02:29Si la notion semble évidente aujourd'hui, elle n'a pas toujours été reconnue.
02:33Pendant longtemps, les souffrances psychiques étaient minimisées, voire ignorées.
02:38Et c'est qu'à la fin du 19e siècle que la médecine commence à s'y intéresser,
02:42notamment avec les névroses traumatiques observées chez les survivants d'accidents de train.
02:47Le vrai tournant, lui, arrive au 20e siècle avec la guerre.
02:50On parle alors de choc des obus pour décrire les séquelles des soldats profondément marqués par le front.
02:56Aujourd'hui, les traumatismes sont pleinement pris en compte,
02:59qu'ils soient liés à un événement unique ou à des violences répétées.
03:02Une reconnaissance essentielle pour mieux accompagner les victimes vers la reconstruction.
03:06Merci beaucoup Théo Empilac.
03:07Le traumatisme, on en parle avec vous aussi.
03:10N'hésitez pas à venir vous raconter.
03:11Sud Radio vous écoute au 0800 26 300 300.
03:15Bonjour Isabelle Filioza.
03:16Bonjour Laurence et bonjour à chacune des auditrices, chacun des auditeurs.
03:23Quel bonheur de vous trouver, de vous retrouver.
03:25Nous avons eu la chance déjà à l'époque à Sud Radio de faire une émission qui s'appelait Il faut qu'on en parle.
03:30Et vous étiez l'une de mes invitées, privilégiée parce que vous avez ce regard,
03:33mais vous avez aussi cet esprit tendresse, bienveillante qui accompagne tout un chacun
03:38quand on passe des moments un peu compliqués.
03:41Théo Empilac a dénommé un peu le traumatisme.
03:45Quelle définition vous donneriez, vous, Isabelle ?
03:49Eh bien, effectivement, le traumatisme, c'est lorsque le stress, un événement extérieur,
03:57dépasse les capacités de régulation.
04:00Les capacités de régulation, c'est ce qu'on met en place,
04:02comment notre organisme réussit à réagir à notre environnement.
04:06On s'adapte en permanence à l'environnement,
04:09mais parfois, il y a des événements qui, eh bien, bousculent tout
04:12et on n'arrive pas à s'adapter.
04:14Et à ce moment-là, il y a comme dans le cerveau une déconnexion
04:18et qui, du coup, va enquister l'événement extérieur,
04:24va enquister nos réactions émotionnelles.
04:27Et on n'arrive pas à véritablement inscrire cet événement
04:34dans un narratif, dans notre histoire.
04:37Ça reste un petit morceau enquisté.
04:40On le met en général de côté.
04:42On se dissocie, surtout quand c'est très fort,
04:45quand l'événement extérieur, vraiment, on bouleverse complètement.
04:48Ça ne peut pas rentrer dans notre cerveau.
04:51Donc, hop, on le met sur le côté.
04:53Et ce qui se passe à ce moment-là,
04:55donc là, on a parlé tout à l'heure de cauchemar, d'anxiété, d'angoisse,
05:00on a un état d'être qui peut être difficile.
05:03Ou alors, simplement, on est isolé,
05:05mais il suffit d'un petit déclencheur,
05:07quelque chose à l'extérieur va rappeler ou rapporter cette mémoire traumatique.
05:12Et à ce moment-là, on revit l'événement comme si on y était.
05:17On va profiter de vous.
05:19Et j'ai une question à vous poser, Isabelle.
05:22Déjà, je vous proposerais de bien mettre votre téléphone
05:24au plus près de votre bouche,
05:25parce qu'on a sinon des petits sons très bizarres,
05:27et pour être très honnête avec vous.
05:29Vraiment le plus près de votre bouche.
05:32Est-ce que comme ça, c'est bon ?
05:34Oui, on va peut-être vous rappeler tout à l'heure,
05:35mais on va trouver le moyen.
05:38Une question à vous poser, Isabelle Filioza.
05:39« Acceptez-vous d'accueillir les histoires que vont nous raconter
05:42ceux qui nous appellent au 0826-300-300
05:44et d'y apporter votre regard de psychologue spécialisé,
05:47entre autres, en traumatisme ? »
05:49Est-ce que vous acceptez ce challenge ?
05:52Est-ce que j'accepte ?
05:53Est-ce que vous acceptez d'écouter les témoignages qui vont arriver ?
05:58Mais bien sûr, mais bien sûr,
05:59avec très très volontiers,
06:01parce que c'est surtout quand c'est concret
06:02et que c'est enraciné dans notre quotidien
06:05qu'on peut vraiment maîtriser, comprendre les enjeux.
06:08On va tout de suite accueillir Emmanuel
06:10qui a fait le 0826-300-300
06:13et vous allez comprendre pourquoi Emmanuel,
06:15je lui donne la priorité ce matin.
06:17Bonjour Emmanuel.
06:18Bonjour, vous m'entendez bien ?
06:20Oui, je vous entends très très bien.
06:21Emmanuel, vous êtes éleveuse d'auvins dans l'Aude,
06:24vous êtes éleveuse de chèvres,
06:26vous avez perdu 17 chèvres dans l'incendie
06:29qui a ravagé les plus de 16 000 hectares
06:31de ce beau département de l'Aude,
06:34le massif des Corbières.
06:35Je voudrais savoir déjà comment vous allez aujourd'hui
06:39et voilà.
06:42Je vais étonnamment bien.
06:44En fait, j'ai l'impression d'avoir pas atterri.
06:47J'ai observé juste en face
06:50l'incendie, mangeait ma montagne.
06:53J'ai tous mes bâtiments pros
06:54qui sont complètement calcinés,
06:55il n'y a plus rien.
06:56Tous mes souvenirs, tous mes outils,
06:59les animaux à la moitié ont été brûlés.
07:01Je les ai retrouvés au GPS
07:03et en fait,
07:06je me rends compte à quel point c'est affreux
07:10et en même temps,
07:11j'ai l'impression de m'être positionnée
07:13comme une sorte de déni
07:14où je suis un petit peu extraite de la réalité.
07:18Là, vous avez perdu 17 chèvres
07:21dans l'incendie.
07:22Le reste de votre troupeau a été...
07:25Le reste, je les ai confiés
07:26à d'autres éleveurs
07:27parce que je n'ai plus de pâturage,
07:28je n'ai plus de clôture.
07:30On ne va pas garder des animaux
07:32au foin dans des clôtures à faire vite fait.
07:34Ce n'est pas respectueux pour les animaux.
07:36Je les ai confiés.
07:37Isabelle, on est sur un traumatisme là
07:40qui est particulièrement récent
07:42et qui est d'une violence sans nom
07:43comme beaucoup de traumatismes.
07:45Isabelle Filioza,
07:47le témoignage d'Emmanuel est très fort.
07:49Oui, et ce qu'on entend,
07:52c'est cette impression d'irréalité
07:54ou étonnamment bien.
07:56Et en fait, c'est aussi pas atterri.
07:58Donc, on entend cette dissociation
08:00et c'est comme s'il y avait
08:02un flash d'endorphine.
08:04En fait, c'est des petites molécules
08:06dans notre cerveau qui nous protègent
08:08quand c'est vraiment trop difficile
08:09et on a ce flash d'endorphine
08:13qui fait que finalement,
08:14on ne sent pas encore la douleur.
08:17La douleur va arriver un petit peu plus tard.
08:19Ce n'est pas forcément du déni.
08:22On a ce mot là encore trop dans la bouche.
08:26Mais en réalité,
08:27ce que vous avez fait, Emmanuel,
08:28c'est que vous avez agi.
08:30Vous avez agi beaucoup.
08:31Vous avez utilisé votre énergie pour faire.
08:34Et donc, on n'est pas encore complètement sorti
08:37du moment traumatique
08:38puisque là, vous avez encore des choses
08:41à faire, à accomplir.
08:43Et donc, ce sera quand ce sera bouclé
08:45que probablement, le risque à ce moment-là,
08:48c'est d'avoir un moment où
08:49les émotions,
08:53on se sent trembler,
08:55les émotions viennent,
08:57on commence à sentir la peur,
08:58la détresse, la fureur,
09:01toutes les émotions
09:02qui jusque-là étaient cachées.
09:05Mais c'est assez typique
09:06de l'événement traumatique.
09:09Pendant l'événement traumatique,
09:10on peut se sentir comme sur un petit nuage.
09:13Et ça veut dire que pour Emmanuel,
09:16si vous me le permettez,
09:17Emmanuel, je pose la question pour vous,
09:19quel travail va-t-elle devoir accomplir
09:22pour ne pas avoir ce retour de flamme,
09:24le retour de bâton,
09:25comme on l'appelle des fois
09:25au moment où elle va prendre conscience,
09:27prendre conscience,
09:28je pense qu'elle l'a déjà,
09:29mais où elle aura plus à se battre
09:31sur plein de choses ?
09:33En fait, ce serait une mauvaise idée
09:34de ne pas l'avoir.
09:35C'est naturel.
09:36C'est-à-dire que là, pour l'instant,
09:38le cerveau protège Emmanuel
09:40de l'émergence de ses émotions
09:42parce que ça la dévasterait,
09:44ce serait trop fort.
09:45Donc, tant qu'il y a des choses à faire en plus,
09:48c'est comme ça.
09:49Alors maintenant, comment faire
09:51pour accueillir cette vague d'émotions
09:53qui est naturelle et normale ?
09:56C'est normal de ressentir de la colère,
09:58c'est normal de ressentir de la peur,
10:00c'est normal d'avoir besoin
10:01de se libérer aussi de toutes ces émotions
10:04et pour s'en libérer,
10:05on a besoin de les exprimer.
10:06Et donc, le mieux,
10:07c'est de s'entourer,
10:08être en relation avec d'autres,
10:10avoir des amis
10:11avec qui on peut pleurer,
10:12avec qui on peut crier,
10:13avec qui on peut trembler.
10:15Vous savez, il y a ces images,
10:17on voit une gazelle
10:18qui se fait attraper par un lion
10:21et donc, elle ne bouge plus,
10:23elle fait la morte.
10:24En fait, on sait aujourd'hui
10:25qu'elle est pleine d'endorphines,
10:27exactement ces endorphines
10:28qui nous insensibilisent
10:30et nous permettent de survivre
10:32à la situation,
10:33de ne pas souffrir pendant.
10:35Mais une fois que le lion est parti,
10:37la gazelle,
10:38bon, cela n'a pas été mangée évidemment,
10:40du coup, elle se secoue,
10:41elle se secoue
10:42avant de repartir pour courir.
10:45Et donc, c'est exactement
10:47ce que nous avons à faire aussi.
10:48quand arrive le moment
10:51où ça y est, c'est fini,
10:53c'est terminé
10:54et j'ai besoin de me secouer.
10:56Donc, il y a une technique
10:57qui s'appelle
10:58le Trauma Releasing Exercise.
11:01C'est donc, on libère le trauma.
11:04C'est aussi tout le travail
11:05de Peter Levin.
11:06Il y a de plus en plus de gens
11:07qui travaillent sur le traumatisme
11:08qui parlent de ce réveil corporel.
11:12Donc, se laisser trembler,
11:13bouger, on s'allonge,
11:14on respire, on tremble,
11:16on bouge, on pleure, etc.
11:17On laisse la vague d'émotions sortir
11:20en étant accompagnée
11:22par des amis,
11:24des gens qu'on aime.
11:25Et à ce moment-là,
11:26après, on peut vraiment relaxer.
11:28Et il ne va pas y avoir
11:30le syndrome post-traumatique.
11:32C'est comment éviter
11:33ce syndrome post-traumatique.
11:35Emmanuel, merci d'être venu avec nous
11:38pour nous parler de cette réalité
11:39que vous avez vécu la semaine dernière
11:40en perdant vos chèvres.
11:42Est-ce qu'on peut faire quelque chose
11:43pour vous aider, pour conclure ?
11:45Et de quoi auriez-vous besoin ?
11:46Est-ce qu'on peut faire
11:47un appel à la solidarité ?
11:49Il y a un appel à la solidarité
11:51qui a déjà été lancé
11:53sur un mode de litchi,
11:56sur les sites d'aide participative.
12:01Effectivement, si vous pouvez relier ça,
12:02c'est génial,
12:03parce que je viens d'apprendre
12:03que mes bâtiments pros
12:05n'étaient pas pris en charge
12:06par l'assurance.
12:07Oh oui.
12:08Et bon, c'était un autre choc supplémentaire
12:11s'il en fallait.
12:11Mon assurant m'a appelée
12:13pour m'aimer que j'étais juste
12:14en responsabilité civile.
12:17Donc, ça rajoute des petites inquiétudes
12:19dont je n'ai pas besoin pour le moment.
12:21Si des gens touchés par cette aventure
12:23peuvent soutenir,
12:24c'est carrément bien.
12:25Si vous pouvez relayer, bien sûr.
12:26Oui, on le fait maintenant.
12:28Emmanuel, comment s'appelle
12:29votre cagnotte, litchi ?
12:32Elle s'appelle la cabane du berger
12:33Renaitras de ses cendres,
12:35un truc comme ça.
12:36La cabane du berger, oui.
12:37Et ça se trouve,
12:39toutes les infos
12:40sur ce qui se passe ici
12:41et la cagnotte
12:42se trouvent sur mon compte Facebook
12:44qui s'appelle Manu Bernier.
12:46Manu, Manu, évidemment.
12:47Votre prénom est Manuel.
12:48Manu Bernier, B-E-R-N-I-E-R.
12:51En tout cas, merci de la confiance
12:52que vous m'avez accordée
12:53en acceptant de venir témoigner
12:54sur ce traumatisme
12:56que vous avez vécu.
12:57Je vous embrasse fort
12:57et puis je propose à tout le monde
12:59d'aller sur
12:59Manu Bernier sur Facebook
13:02et puis cabane du berger
13:03sur litchi.
13:04Voilà, vous trouvez
13:04toutes les informations.
13:06Même un euro, ça peut aider.
13:07Nous, que l'on soit,
13:08soyons solidaires
13:09les uns les autres.
13:10Emmanuel,
13:11j'ai envie de vous souhaiter
13:12quand même une journée
13:13pas trop mauvaise.
13:14Merci d'avoir été avec nous
13:15sur Sud Radio.
13:16Au revoir.
13:17Merci.
13:18Bonne journée, au revoir.
13:19Au revoir.
13:19Isabelle Filioza reste à mes côtés.
13:21Dans quelques instants,
13:21nous avons un autre témoin
13:24qui arrive.
13:24C'est Marlène
13:25qui a été victime
13:26d'inceste dans son enfance.
13:28Ça la ronge.
13:29Elle est restée dans la honte
13:30et la culpabilité.
13:31Elle va se raconter
13:32dans Sud Radio.
13:33Vous écoutez.
13:33Isabelle Filioza
13:34nous donnera également
13:36son regard bienveillant
13:37de psychologue
13:38puisque c'est mon invité ce matin.
13:39A tout de suite sur Sud Radio.
13:40Vous pouvez vous aussi
13:41nous appeler
13:410826 300 300.
13:44Je vous propose
13:44un rendez-vous
13:45qui s'appelle
13:45Sud Radio vous écoute.
13:46Vous venez témoigner
13:48de vos vies.
13:49Alors, il y a des gens
13:49qui viennent témoigner
13:50parce qu'ils vont changer
13:51de vie complètement.
13:52D'autres pas, par exemple.
13:53Grande famille nombreuse.
13:54Et puis aujourd'hui,
13:55je voulais un rendez-vous
13:55un peu différent.
13:56C'est que j'ai invité
13:57Isabelle Filioza
13:58qui est psychologue
13:59qui est avec nous
14:00sur Sud Radio.
14:01Elle est psychothérapeute,
14:02écrivaine.
14:03Elle fait aussi
14:03beaucoup de conférences.
14:05Elle accompagne
14:05beaucoup de personnes.
14:06Elle a formé d'ailleurs
14:07de nombreux professionnels.
14:08Il y a plein de livres.
14:09J'ai tout essayé.
14:10Il me cherche
14:11ou l'intelligence du cœur
14:12ou la grammaire également
14:13des émotions.
14:14Enfin voilà, Isabelle,
14:15vous êtes quand même...
14:16Enfin moi, je vous aime beaucoup,
14:17vous le savez,
14:17donc je ne vais pas dire
14:18le contraire à l'antenne.
14:19Et vous avez accepté
14:21d'écouter les histoires
14:22et les témoignages
14:24de ceux qui ont composé
14:25le 0800 26 300 300
14:27pour leur donner
14:28votre regard de psychologue
14:29spécialisé dans les traumas.
14:31Isabelle, sans plus attendre,
14:32parce que le standard explose.
14:34On s'en doutait un peu.
14:36On accueille Marlène.
14:37Bonjour Marlène.
14:39Bonjour mesdames.
14:40Merci d'être avec nous.
14:41Marlène, racontez-vous.
14:44Alors, j'ai été victime
14:47d'inceste de mon grand-père
14:49paternel.
14:50Donc moi, je me disais
14:52que c'était vers 5 ans.
14:53On ne m'a jamais cru.
14:58J'en ai parlé donc à mon grand-père
15:00quand j'avais 18 ans.
15:02Je lui ai écrit une lettre
15:03et puis il m'a isolée
15:06dans la salle de bain
15:07et il m'a demandé
15:10si ma grand-mère
15:10avait connaissance
15:11de cette lettre
15:12et qu'il ne fallait plus jamais
15:13en parler,
15:14que j'aurais pu être grave,
15:16que comment je pouvais
15:17penser ça,
15:18qu'il m'aimait
15:18et que jamais
15:20il n'aurait pu faire ça,
15:21qu'enfin c'était mon grand-père
15:22et qu'il ne fallait plus jamais
15:23que j'en reparle.
15:24Donc j'ai énormément
15:25douté de moi.
15:27Je me suis dit
15:27que j'étais mauvaise,
15:28sale, coupable
15:30et que vraiment
15:32j'étais la pire des hontes
15:34en fait d'avoir pu penser ça
15:36et qu'il m'ait fait ça
15:37et tout.
15:38Et à 14 ans,
15:39j'ai frôlé la mort
15:40par anorexie.
15:41J'étais descendue
15:42à 35 kilos
15:42pour 1m76
15:44et à ce moment-là aussi
15:46j'en avais parlé
15:47en fait à mon papa
15:48et qui n'a rien dit
15:50et qui n'a rien fait.
15:52Et sauf que
15:52donc j'ai un rapport
15:55très compliqué
15:55avec mon corps.
15:56Je vais avoir 48 ans
15:57dans une semaine
15:58et c'est toujours compliqué.
16:00D'ailleurs,
16:00je me suis retrouvée,
16:01je reprends la marche à peine
16:03puisque j'étais en fauteuil roulant
16:04là pendant 3 mois.
16:05J'ai des maladies auto-immunes
16:06et des problèmes musculaires.
16:09Je ne travaille plus
16:10depuis son invalidité
16:12en 2016.
16:15Et en fait,
16:16j'ai appris
16:19que mon père
16:21était au courant
16:22et en fait,
16:23c'est en février.
16:24Là,
16:24je ne parlais plus trop
16:25à mon papa
16:26et puis je l'ai appelé
16:27parce que je me suis éliminée
16:28géographiquement
16:29de ma famille à 20 ans.
16:30Je ne pouvais plus,
16:31les odeurs,
16:32je me sentais très très sale.
16:34Et en fait,
16:34je me suis...
16:35Je suis partie
16:36et professionnellement aussi
16:37pour sortir.
16:39En fait,
16:39je ne voulais plus avoir
16:40de...
16:40de lien
16:41ou de rapprochement.
16:43Et en fait,
16:44j'ai appelé mon papa
16:44et je lui ai dit
16:45écoute,
16:46je ne sais pas,
16:47je ne sais pas,
16:48je sens que tu as un secret
16:49et tout ça,
16:50il faut que tu me le dises.
16:52Et donc,
16:52il m'a appelée,
16:53c'était un lundi matin,
16:54on a parlé
16:55et il m'a avoué
16:55en fait qu'il avait vu.
16:58Il avait vu
16:59ce que mon grand-père,
17:00son père,
17:00m'avait fait
17:01un jour.
17:03Donc,
17:03quand je devais avoir
17:044-5 ans.
17:06Et bon,
17:07il parlait
17:07et puis moi,
17:08je n'arrivais plus
17:09entendre tellement
17:09que c'était horrible
17:10en fait
17:10et que ça allait plus loin
17:11que ce que je pensais
17:12et donc,
17:13je voyais tout noir
17:13et ça me prend la gorge.
17:15D'ailleurs,
17:15j'ai toujours peur
17:16qu'on m'étrangle.
17:17Et même là,
17:17quand j'en parle,
17:18j'ai les émotions
17:19qui remontent
17:20et ça prend au niveau
17:20de la respiration.
17:22Et puis donc,
17:23au départ,
17:24je lui ai dit,
17:25je lui ai dit,
17:26je te remercie
17:27d'avoir eu cette franchise.
17:30Et puis,
17:30j'écoute beaucoup
17:31de conférences
17:32en fait,
17:33de philosophes,
17:34de psychologues
17:35qui disent que la mémoire
17:36en fait,
17:37le cerveau ne fait pas
17:38la différence entre la réalité
17:39et la fiction.
17:41Et je lui ai dit,
17:42écoute papa,
17:43j'envoie un message,
17:44si tu pouvais revenir
17:44en arrière,
17:45qu'est-ce que tu ferais ?
17:46Et là,
17:47il m'a tué.
17:47Il a dit,
17:48je ne changerai rien,
17:49je me suis longtemps
17:50posé la question.
17:51Car peut-être
17:52que je sauverai ta vie,
17:53mais j'en détruirai d'autres.
17:56Ça m'a tué en fait.
17:58Votre témoignage
17:58est très très lourd
17:59et c'est très particulier
18:00pour moi
18:01de faire le métier
18:01que je fais aujourd'hui.
18:02C'est-à-dire
18:02de vous couper la parole
18:03ou tout au moins
18:03d'arrêter ce témoignage
18:08de donner la parole
18:08à Isabelle.
18:11Là, Isabelle,
18:11on est sur un vrai traumatisme
18:12de l'enfance,
18:13on est sur le corps
18:14qui réagit à ce traumatisme.
18:16Encore maintenant,
18:17Marlène,
18:18sur Sud Radio,
18:18nous dit,
18:19même en vous racontant,
18:20je sens mon corps.
18:21Là, on est...
18:22Waouh !
18:23Isabelle.
18:24Ah oui,
18:25tout à fait.
18:26C'est absolument poignant
18:28et ce qui est vraiment intéressant
18:31dans ce témoignage de Marlène,
18:33c'est de mesurer
18:34à quel point
18:34c'est elle
18:35qui porte la honte
18:37et la culpabilité
18:38et non pas le grand-père
18:39et non pas le papa.
18:42Et donc,
18:42c'est vraiment
18:43un travail intérieur
18:44d'arriver à sortir de ça.
18:46Donc, oui,
18:47bien sûr que c'est fantastique
18:49que le père
18:49ait osé dire
18:50la vérité
18:52parce que maintenant,
18:53Marlène,
18:53elle sait
18:54que c'est vrai
18:55parce que,
18:56malheureusement,
18:57le grand-père,
18:58lorsqu'à 18 ans,
18:59elle l'a confronté
19:00et lui a dit
19:00mais il a fait
19:02ce que tout prédateur
19:04va faire.
19:04Il va mentir.
19:06Mais le simple fait
19:07qu'il ait dit,
19:08surtout,
19:08il ne faut pas en parler
19:09à ta grand-mère,
19:10montre bien
19:11qu'il y avait un secret.
19:12Dès que le violeur,
19:14l'abuseur,
19:15cherche à mettre du secret,
19:17on peut avoir confiance
19:19dans le fait
19:19que c'est probablement vrai.
19:22Dès qu'il y a secret,
19:23il cherche à se dissimuler
19:26et à se justifier.
19:27Donc,
19:29c'est vrai,
19:30vous avez subi ça maintenant,
19:32vous le savez
19:32et quand on sait ça,
19:34on a vraiment besoin
19:34de sentir
19:35et de se laisser
19:36exprimer
19:37toutes les émotions.
19:39Ces émotions
19:39qui ont été vécues
19:40ont besoin de sortir
19:41plutôt que de se retrouver
19:42contre vous.
19:43La maladie auto-immune,
19:45c'est lorsque
19:46nos propres défenses
19:47se retournent contre nous
19:48et on dirait
19:49que c'est un peu
19:50en miroir,
19:51c'est la métaphore
19:52de ce qui se passe
19:53dans cet inceste
19:54où c'est vous
19:56qui êtes la victime
19:57et vos défenses
19:58au lieu d'agresser
20:00votre père
20:02ou votre grand-père
20:03ou ce qu'ils ont fait
20:04plus exactement,
20:05eh bien,
20:05vous retournez
20:06vos défenses
20:07contre vous-même
20:08et donc ça,
20:09ça a besoin absolument
20:11de stopper
20:11et donc
20:12que ce soit clair
20:14et c'est pour ça
20:14que c'est important
20:15de le dire
20:16et merci d'avoir témoigné
20:18parce que ce témoignage
20:19montre
20:19je suis là,
20:21j'ai vécu ça
20:21et donc je vous propose
20:23vraiment de sentir
20:24et peut-être
20:24tous les auditeurs
20:25et auditrices
20:26qui ont vécu
20:26ce même genre de choses
20:27et bien
20:28oui,
20:29j'ai raison,
20:30je suis là
20:31et ça n'est pas
20:32ma faute
20:33et puis Isabelle,
20:34ça n'est pas ma faute
20:34rapidement
20:35parce qu'on a aussi
20:36Lily et Magali
20:37au 0826 300 300
20:38c'est marrant
20:39ce ne sont que les femmes
20:39qui témoignent
20:40comme si les hommes
20:41avaient beaucoup de pudeur
20:42et avaient du mal aussi
20:43à témoigner de leur trauma
20:44je voudrais qu'on revienne
20:45juste sur ce que disait Marlène
20:46c'est-à-dire la trahison
20:47de son papa à la fin
20:48c'est-à-dire
20:48une charge supplémentaire
20:49quand il lui dit
20:50qu'il ne changerait rien
20:51qu'il a vu
20:52qu'il n'a rien fait
20:52et qu'aujourd'hui
20:53s'il s'était à refaire
20:54il referait sans doute
20:55la même chose
20:56avec ce mot
20:56pour protéger d'autres
20:58waouh
20:59quel poids
21:00exactement
21:01quel poids
21:02et c'est pour ça
21:02que ça montre
21:03à quel point
21:03votre émission
21:04est super importante
21:05Laurence
21:06et toutes les émissions
21:07et à chaque fois
21:07qu'on parle
21:08parce que nous avons besoin
21:09de changer la culture
21:10autour du trauma
21:11et de cesser
21:13d'être dans cette dynamique
21:14où on peut mesurer
21:16la peur
21:16la terreur
21:17même
21:17c'était son propre père
21:19et donc lui-même
21:20était probablement
21:21probablement
21:22avait subi aussi
21:23quelque chose
21:24de cet ordre-là
21:24et en tout cas
21:26était dans une dynamique
21:27où il était
21:27dans une impasse totale
21:29et il ne savait pas
21:30comment choisir autrement
21:31il était dans cet état
21:32de dissociation
21:33et on a vraiment besoin
21:35de sortir
21:35dans notre société
21:37de l'idée
21:38que alors bien sûr
21:39il y a l'agresseur
21:40et la victime
21:40et en même temps
21:42nous avons besoin
21:42de mesurer
21:43que tout le monde
21:44est victime
21:45quelque part
21:46parce que
21:47si on ne mesure pas
21:48que c'est cette dissociation
21:50qui mène le monde
21:52en fait
21:52qui fait que
21:53cette dissociation
21:54nous empêche
21:54de sentir
21:55le contact
21:56avec ce que nous ressentons
21:57mais nous empêche aussi
21:59toute empathie
22:00envers l'autre
22:00et donc
22:01le papa
22:02était complètement dissocié
22:05au moment
22:05c'est tellement effarant
22:07de voir
22:07son propre père
22:09en train
22:09de violer sa fille
22:11que là
22:12il a dû se dissocier
22:13c'est un traumatisme
22:14pour lui
22:15donc il est sous le coup
22:16de ce traumatisme
22:16il n'a pas encore
22:18suffisamment guéri
22:18pour pouvoir avoir
22:19une autre attitude
22:20donc on a besoin
22:21de parler
22:21parler
22:22de savoir
22:22qu'est-ce que c'est
22:23que cette dissociation
22:24pour dire
22:24non stop
22:25Isabelle
22:26on n'oublie pas
22:26évidemment
22:27que la grande victime
22:27et la première victime
22:28c'est Marlène
22:29et merci de votre confiance
22:30Marlène
22:31d'être venue
22:32vous livrer
22:33au micro
22:34de Sud Radio
22:34Sud Radio
22:35vous écoute
22:35continue
22:36rapidement
22:36Marlène
22:37merci
22:37je vais donner la parole
22:38aussi à Magali
22:39le standard expose
22:400826 300 300
22:42bonjour Magali
22:43Magali
22:45un autre trauma
22:46vous avez vécu
22:48je vous écoute
22:49alors moi
22:52j'ai été fauchée
22:53par une moto
22:54j'étais piéton
22:55en juin 2023
22:56lors des motards
22:58du coeur
22:59waouh
23:01où j'étais bénévole
23:02et aujourd'hui
23:04en 2025
23:05vous êtes encore
23:05en soins
23:05me dit-on
23:06oui
23:08aujourd'hui
23:08je suis toujours
23:09en soins
23:09j'attends une autre
23:10opération du bassin
23:11au mois de septembre
23:12et il y a un pénal
23:15aussi
23:15qui a été
23:17en cours
23:18et la personne
23:19qui m'a fauchée
23:19n'a même pas eu
23:20une suspension
23:21de permis
23:21alors que j'ai failli
23:22mourir
23:23plusieurs traumas
23:24traumas physiques
23:25traumas aussi
23:26évidemment
23:26de l'esprit
23:27parce que
23:28vivre ce type
23:28de choses
23:29oui Lili
23:30un corps
23:31complètement cassé
23:32et brûlé
23:34puisque j'ai
23:35la moto
23:36m'est retombée dessus
23:37et j'ai eu
23:38de très graves
23:38brûlures
23:39aux jambes
23:39qui ont nécessité
23:40grève de peau
23:41et bras
23:41gros trauma
23:43crânien
23:43avec perte
23:44de connaissance
23:45et aussi
23:46un gros
23:47trauma
23:48mental
23:51enfin psychologique
23:53mais qui est
23:55apparu
23:56quelques mois
23:58après
23:58Isabelle
23:59Filiosa
24:00parce que
24:00je ne me suis pas
24:01du tout rendu compte
24:02de mon état
24:02au départ
24:03là on est sur
24:04un trauma
24:05encore différent
24:06oui parce que
24:08là il y a
24:08la dimension
24:09physique
24:10aussi
24:11donc il y a
24:11le trauma
24:12physique
24:13le corps
24:13qui est dévasté
24:14et qui fait
24:15que c'est long
24:16de se réparer
24:17et puis il y a
24:18le double trauma
24:19il y a
24:20la surprise
24:21et la terreur
24:23on a été
24:24fauchis par un motard
24:25mais il y a
24:26en plus cette dimension
24:27j'étais bénévole
24:28et c'était
24:29les motards
24:29ont du coeur
24:30donc dans le trauma
24:32cette confusion
24:34ce décalage
24:36entre l'intention
24:37et voilà
24:38ce qui s'est passé
24:39c'est encore plus
24:40traumatique
24:41c'est encore plus
24:43encore plus fort
24:44donc là
24:45il y a
24:45toute la guérison
24:47à faire
24:47sur le corps
24:49petit à petit
24:50accepter
24:51ce qui est
24:52et il y a
24:53aussi
24:54à sentir
24:55la colère
24:56la peur
24:57toute la gamme
24:58des émotions
24:59qu'on a pu
24:59traverser
25:00à ce moment là
25:01forcément
25:03dans un trauma
25:04comme ça
25:04ça dépasse
25:05nos capacités
25:06d'adaptation
25:07et donc
25:07on a besoin
25:08de temps
25:08et pas seulement
25:10de temps
25:10on ne peut pas
25:11juste laisser
25:11le temps faire
25:12on a besoin
25:13de regarder
25:14chacune des émotions
25:15de plonger dedans
25:16et de la sortir
25:18il y a aussi
25:18parce que là
25:20c'est vraiment
25:20très fort
25:21et c'est dévastateur
25:22donc il y a aussi
25:24aujourd'hui
25:24des techniques
25:25extrêmement efficaces
25:27dont disposent
25:28les psychothérapeutes
25:29il y a le MDR
25:31il y a Mosaïque
25:32il y a les sons
25:33binauraux
25:34bref
25:34il y a
25:35toutes sortes
25:36d'outils
25:37de psychothérapie
25:38qui aident
25:39à intégrer
25:41l'événement
25:42psychologique
25:43qui aident
25:43à intégrer
25:44le trauma
25:45et qui font
25:45qu'on récupère
25:47toutes nos capacités
25:48Lily
25:48est-ce que vous êtes aidée
25:50psychologiquement
25:51est-ce que vous suivez
25:51une thérapie
25:52pardon
25:54Magalie
25:54pardon
25:55oui
25:56alors moi
25:57j'ai
25:57en fait
25:58quand on arrive
25:59en CHU
26:00les victimes
26:01de la route
26:01ont des psychologues
26:02qui arrivent
26:02dans la chambre
26:03quelques jours
26:04après
26:04et moi
26:05j'ai pu bénéficier
26:06de la thérapie
26:06EMDR
26:07qui m'a fait
26:08énormément de bien
26:09en tout cas
26:10merci beaucoup
26:11merci de votre témoignage
26:12Lily
26:12j'aime beaucoup
26:13la confiance
26:14que vous nous accordez
26:15ce matin
26:15sur Sud Radio
26:15de vous livrer
26:16sur ces moments de vie
26:17si traumatisants
26:19et si particuliers
26:20merci beaucoup
26:21Magalie
26:21on vous souhaite
26:22tout plein de bonnes
26:24enfin le mieux possible
26:25n'hésitez pas
26:25à nous donner
26:26des petites nouvelles
26:26même par mail
26:27vous m'envoyez un petit mail
26:29je participe
26:29arrobas
26:30sudradio.fr
26:30voilà pour qu'on suive
26:32un petit peu
26:32ce qui vous arrive
26:33en ce moment
26:33bon courage Magalie
26:34je vous embrasse
26:35tendrement
26:35et avec beaucoup
26:36de douceur
26:37merci d'avoir été
26:39avec nous
26:40Lily sans doute
26:41pour conclure
26:41Isabelle Filioza
26:42on le savait
26:43que cette émission
26:44au sujet
26:45allait plaire
26:46et c'est vrai
26:47que moi
26:47la première
26:47quand on s'occupe
26:48de moi
26:48j'adore
26:49bonjour Lini
26:50oui bonjour
26:51alors vous
26:52c'est un autre
26:53traumatisme encore
26:55très différent
26:55oui c'est un traumatisme
26:57et j'interviens
26:59pour essayer
26:59d'aider toutes les mamans
27:00ou même tous les papas
27:02qui ont perdu un enfant
27:03puisque c'est mon cas
27:04alors j'ai
27:05effectivement
27:06ça rejoint un petit peu
27:07le premier témoignage
27:09quand la gendarmerie
27:10m'a appelée
27:11pour me dire
27:12votre fils est décédé
27:14dans la nuit
27:14j'ai première réaction
27:17bon je me suis mis
27:18à crier
27:18mais je l'ai
27:19mais je ne l'ai pas cru
27:20pendant des jours
27:22et des jours
27:24je ne l'ai pas cru
27:25je ne voulais pas
27:26le croire
27:27j'ai été témoignée
27:29bien sûr
27:30à la gendarmerie
27:31parce qu'il y avait
27:33une coupable
27:34et j'étais comme un robot
27:36j'étais ailleurs
27:38j'avançais
27:40j'avançais
27:40parce qu'il fallait avancer
27:42j'avais mes enfants
27:43avec moi
27:44les deux autres
27:44mais
27:45j'étais complètement
27:47sur une autre planète
27:48et quand je suis
27:50au bout d'un moment
27:51dans la nuit
27:53le lendemain
27:54même je crois
27:55dans la journée
27:56que tout est redescendu
27:58et là
27:59je me suis mis
28:00à pleurer
28:02dans la nuit
28:02je n'ai pas dormi
28:03effectivement
28:04et après
28:05j'ai
28:06j'ai mis deux mois
28:08je n'ai pas voulu consulter
28:09tout tout tout de suite
28:10j'ai consulté
28:11d'abord
28:13je suis chrétienne
28:15donc j'ai été voir
28:16des hommes
28:18de foi
28:19qui m'ont aidé
28:21beaucoup
28:21il faut le dire
28:23qui m'ont aidé
28:25à porter ce malheur
28:26aussi
28:27et
28:28j'ai été aidé
28:29par une psychologue
28:31mais une psychologue
28:33qui
28:34qui m'a écouté
28:35parce que des amis
28:36vous voyez
28:37la famille
28:37oui
28:38mais
28:39tu sais
28:40tu en as d'autres enfants
28:41oh là là
28:42là là
28:42mais c'est
28:43mais t'as tes petits enfants
28:45je ne voulais pas
28:47entendre ça
28:48mais
28:48voilà
28:49j'étais obligée
28:50de me
28:50de me couper
28:51de tout ça
28:52et d'aller voir
28:53vraiment des gens
28:54des gens
28:56qui m'écoutaient
28:57c'est pour ça
28:57que mon témoignage
28:58c'est les mamans
28:59qui ont perdu des enfants
29:00parce que j'en connais d'autres
29:01qui ont entendu
29:02ce genre de choses
29:03qu'elles aillent voir
29:05des spécialistes
29:06pour se faire
29:07aider
29:07de façon
29:08à ce que la douleur
29:09ça va faire 15 ans
29:11qu'il n'est plus là
29:11j'ai eu ce traumatisme là
29:14et j'ai eu aussi
29:15le traumatisme
29:16de
29:17de la
29:18procès
29:20parce qu'on a perdu
29:22le procès
29:22parce que
29:23il a été tué
29:24plusieurs coups
29:25de couteau
29:25et du coup
29:26comme il était
29:27c'était une fête
29:28bien arrosée
29:28les
29:29les torts
29:31les torts
29:32j'étais là
29:33et voilà
29:34donc j'ai eu
29:35plusieurs traumatismes
29:36mais surtout
29:37c'est se faire aider
29:37surtout se faire aider
29:38ça c'est un joli témoignage
29:39enfin c'est un joli témoignage
29:40pardon
29:41le mot est mal choisi
29:41je m'en excuse
29:42Lili
29:42merci de cette confiance aussi
29:44de ce témoignage
29:44rapidement
29:45parce qu'il nous reste
29:46moins de 40 secondes
29:47Isabelle
29:47elle a raison Lili
29:48n'hésitons pas
29:49à nous faire aider
29:50oui
29:52et quand on est témoin
29:53quand on est à côté
29:54de quelqu'un
29:55qui vient de subir
29:55un trauma
29:56et bien apprendre
29:57à écouter
29:58et à entendre
29:59plutôt que de chercher
30:00à rassurer
30:01et à faire du bien
30:03non
30:03ce qui fait du bien
30:04c'est juste d'écouter
30:05et d'être là
30:06notre présence
30:07Isabelle Filioza
30:08était notre invitée
30:09pour Sud Radio
30:09vous écoute ce matin
30:10merci beaucoup Isabelle
30:11j'aurais peut-être
30:12l'occasion de vous inviter
30:13de nouveau
30:13merci à tous ceux
30:15qui ont composé
30:15le 0826 300 300
30:17Sud Radio vous écoute
30:18spécial trauma
30:19de la vie ce matin
30:20on va maintenant
30:21prendre les routes
30:22de l'été
30:23de façon peut-être
30:24un peu plus légère
30:24merci à vous tous
30:25et à vous toutes
30:26d'avoir témoigné
30:27sur ce sujet
30:28sur vos traumatismes
30:30dans quelques instants
30:30moi je vous propose
30:31de partir pas très loin
30:33du Mont-Saint-Michel
30:34dans un hôtel particulier
30:36ça va sentir un peu
30:37les vacances
30:38à tout de suite
30:38sur Sud Radio
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