00:00Terroriste jusqu'en 2008.
00:03Tu savais que Nelson Mandela a été sur la liste noire des États-Unis jusqu'en 2008 ?
00:08Pas 1988, hein !
00:102008 !
00:12Aujourd'hui, on célèbre Mandela comme une icône de paix.
00:16Mais ce qu'on oublie, c'est que pendant des décennies, on l'a traité comme un terroriste.
00:22Les États-Unis l'ont fiché, comme je le disais, jusqu'en 2008.
00:25Oui, même après sa présidence.
00:26Alors, comment un homme emprisonné 27 ans, membre d'un mouvement armé, devient une figure aseptisée vendue dans les manuels d'école ?
00:36On va parler de ça.
00:41En 1961, Nelson Mandela cofonde « Ucomto with Seas Way », ce qui veut dire « la lance de la nation ».
00:49Un bras armé de l'ANC créé après les massacres de Sharpeville.
00:54Quel était l'objectif ?
00:56Sabotage ? Sabotage économique ?
00:58Pas d'attentat contre des civils, mais oui, une lutte armée.
01:02Mandela ne croit plus à la non-violence.
01:04Il s'entraîne en Algérie.
01:06Il demande aussi de l'aide à Cuba.
01:08Ce n'était pas un apôtre pacifiste de façon Gandhi.
01:12C'était un stratège révolutionnaire.
01:15Après sa libération en 1990, Mandela est utilisé comme un symbole de réconciliation.
01:27Et ce symbole, on le transforme.
01:29Fini les références à l'Algérie, à Fidel Castro ou à Kadhafi même.
01:34On gomme la radicalité de sa pensée.
01:37On oublie qu'il a refusé de condamner la lutte armée avant sa libération.
01:41On ne parle plus de Wendy Mandela, ni des émeutes, ni des mouvements de jeunes.
01:45Juste un vieux monsieur souriant, un Nobel, une figure inoffensive.
01:50Ça, c'est ce qu'on appelle la dépolitisation des icônes.
02:00Ce blanchiment est dangereux.
02:03Parce qu'il envoie un message, un message très clair.
02:06Pour être respecté, il faut renoncer à la lutte.
02:10Il faut se taire, se faire pardonner d'avoir résisté.
02:14Mais l'apartheid n'est pas tombé grâce à un sourire.
02:17Il est tombé sous la pression des grèves.
02:20Des boycotts, des combats du sang.
02:24Et Mandela n'était qu'un homme parmi d'autres.
02:27Il y avait Desmond Tutu, Chris Haney, Steve Biko et surtout le peuple.
02:33Mais dans les récits dominants, tout ça disparaît.
02:40Célébrer Mandela aujourd'hui, c'est bien.
02:43Mais le respecter vraiment, c'est rappeler qu'il n'était pas un mythe.
02:47C'était un homme politique, un combattant, un ancien prisonnier.
02:51Pas une marque, pas un logo.
02:54Et surtout, pas un outil pour étouffer les luttes d'aujourd'hui.
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