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  • il y a 6 mois
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00:0018h45, on en vient aux incendies dans l'Aude. On le disait, le feu est fixé depuis près de 24 heures maintenant, mais la tâche continue évidemment, le combat continue pour les soldats du feu qui doivent éteindre définitivement ces flammes, ces fumeroles sur les 17 000 hectares parcourus.
00:18On va retrouver tout de suite Hugo Smag qui se trouve à Saint-Laurent-de-la-Cabreris. Bonsoir Hugo, vous êtes l'une de nos équipes, l'un de nos envoyés spéciaux sur place et vous êtes en compagnie du maire de la commune, une des communes sinistrées, une des communes martyrs de ces incendies.
00:36Oui, comme vous l'avez dit, effectivement, c'est l'une des communes les plus touchées par cet incendie. Alors, on va rejoindre le maire dans quelques instants, mais d'abord, on voulait vous montrer cette image avec Jérémy Paoloni.
00:50Regardez cette maison qui a été entièrement consumée par les flammes. Peut-être que vous l'aviez vue sur BFM TV, peut-être que vous l'aviez vécue avec nous, avec le propriétaire qui était venu parler justement à notre micro,
01:01nous raconter ce qu'il se passait en direct au moment où les flammes arrivaient sur sa maison parce que ce village a été surpris par cet incendie, pris de vitesse par cet incendie.
01:12Alors, on l'a croisé justement ce propriétaire tout à l'heure et si ça peut vous rassurer, il va beaucoup mieux, même si effectivement sa maison est dans un état catastrophique.
01:22Aujourd'hui, nous avons pu rencontrer le propriétaire. Nous sommes avec le maire du coup de Saint-Laurent-de-la-Cabreris.
01:29Ma question, déjà, c'est de savoir un petit peu comment vous gérez la situation aujourd'hui.
01:34On va avancer un petit peu en même temps parce qu'on va vous montrer d'autres images. Comment vous gérez la situation aujourd'hui ?
01:38Aujourd'hui, elle est différente d'hier et elle sera différente demain et dimanche parce qu'on laisse les services ouverts pendant le week-end
01:47parce qu'on sent qu'il y a des besoins vis-à-vis de la population. Ils attendent des réponses.
01:52Et notre rôle est de recenser dans un premier temps l'ensemble des difficultés que rencontrent nos administrés.
02:01C'est très différent. Ça va de la personne qui a perdu sa maison en entier à la personne qui a un problème de son sac qui est partie.
02:10J'exagère un petit peu, mais il y a vraiment beaucoup de choses qui sont très différentes.
02:13Donc c'est de recenser et de trouver la réponse. Pas de nous parce qu'on n'a pas la connaissance universelle, mais d'une part avec toute l'équipe qui m'entoure
02:25parce que je suis heureusement avec une équipe extraordinaire autour de moi et on va chercher sinon la solution ailleurs.
02:36Et les services de l'État nous ont ouvert un service ouvert 24 heures sur 24 tous les jours.
02:44On peut téléphoner à n'importe quelle heure, comme je disais, pour justement poser des questions où on n'a pas de réponse.
02:49Et sous 24 heures, on peut proposer une réponse concrète à ces personnes en difficulté.
02:56Vous allez nous parler également du bilan de cet incendie parce que j'en profite puisque Jérémy est en train de vous montrer ici ces carcasses de voitures
03:04où le feu est arrivé très très vite ici à Saint-Laurent-de-la-Cabreris.
03:09Et donc tout le monde a été surpris. Et là, on voit effectivement des dégâts assez énormes ici avec ces carcasses de voitures.
03:16Et puis derrière, eh bien, toute la végétation qui a entièrement brûlé.
03:20Aujourd'hui, le bilan pour le village, c'est quoi exactement ?
03:24Il est déjà meurtri parce que, comme vous venez de dire, la brutalité de cet incendie, l'importance de cet incendie.
03:33Quand on regarde les surfaces qui sont brûlées, ça représente 70% de la surface de la commune.
03:39Donc c'est brutal de voir, de passer du vert au noir.
03:43Il faut qu'on s'y habitue. Donc c'est vrai que ça fait déjà trois jours que le feu a opéré sur notre village.
03:53Donc les langues se délient, les gens se vident avec un peu plus de facilité.
04:01Et donc on gère d'autres situations.
04:03Et demain, ça va être de trouver des solutions.
04:07Bon, parce qu'à Saint-Norand, avec le feu qu'il y a eu, il y a pour quelques décennies avant qu'on ait la même chose.
04:14Mais c'est justement la question aussi qui se pose aujourd'hui, c'est est-ce que vous allez du coup devoir vous adapter ?
04:20Les conditions climatiques que l'on a vécues ces dernières semaines, elles vont réapparaître.
04:24Le feu était énorme, mais potentiellement, vous pouvez avoir la même chose l'année prochaine.
04:29Alors est-ce que du coup, il va falloir changer ces habitudes ?
04:31Que ce soit ici ou ailleurs, il faut de même préserver les vies humaines et bien de nos administrés.
04:40Donc ça veut dire qu'il faut, vu cette brutalité qui peut se reproduire, protéger davantage nos alentours du village.
04:47Alors les services incendies, tout ça, sont extraordinaires.
04:51Et on fait un travail titanesque, malgré ces accidents qu'il y a eu.
04:57Mais c'est-à-dire, autour de le village, on voit que les vignes sont des pare-feux extraordinaires.
05:03Or, on peut toujours dire qu'il y a eu conflit agriculteurs, habitants.
05:07Mais c'est de trouver les vignes, peut-être ces pages résistantes où il y a très peu de traitements, autour des villages.
05:15Alors comment, quoi, je n'ai pas toutes les essais aujourd'hui.
05:18Mais c'est une piste à évoquer, forcément.
05:22Autre question également, aujourd'hui, les habitants, vous les croisez tous les jours, vous vous administrez.
05:27Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
05:28J'imagine que le moral est bas, mais quelles sont les remontées que vous avez ?
05:32C'est déjà de garder cette solidarité que nous avons eue.
05:35Je crois que ça, c'est très important.
05:38On aura toujours quelques mécontents, ça fait partie des hommes.
05:41Mais il y a eu un élan de solidarité vraiment extraordinaire.
05:45Donc c'est de garder cet élan, parce que dans une semaine, un mois, trois mois, six mois, vous, vous serez partis.
05:52Mais nous, on sera à gérer des problèmes que je ne connais pas aujourd'hui.
05:57Et on s'adaptera.
05:58Donc ça veut dire que cette solidarité qu'on peut amener à ceux qui ont eu des difficultés,
06:03quelles qu'elles soient par rapport à d'autres qui sont un peu plus solides moralement,
06:07un peu plus solides psychologiquement,
06:09puissent amener cette petite graine qui fasse que tout le monde retrouve un sourire bientôt à Saint-Laurent.
06:16Merci beaucoup d'avoir été avec nous, monsieur le maire.
06:19Et on voulait vous quitter aussi avec ces images.
06:22Vous voyez derrière les montagnes ici qui sont entièrement calcinées, entièrement noires.
06:28Parce qu'ici, même si le feu est fixé, ce sont presque 17 000 hectares qui ont été parcourus par les flammes.
06:34Merci, merci beaucoup Hugo, Hugo Smag et Jérémy.
06:37Paulini sur place pour BFM TV.
06:40Gaëlle Muskenza rejoint sur ce plateau.
06:43On va faire une petite explication de texte, Gaëlle,
06:46parce qu'il faut beaucoup de temps avant de venir véritablement à bout d'un incendie et des feux.
06:51On dit depuis 24 heures que le feu est fixé.
06:53Qu'est-ce que ça veut dire précisément ?
06:54Alors, un feu fixé, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'avant, il est vraiment hors de contrôle.
07:00Donc, on va avoir ce feu qui va progresser sur une ligne, sur ses flancs.
07:04Et donc, on a, dès la détection de ce feu, une volonté de le taper.
07:09Donc, vraiment aller brutalement attaquer ce feu pour éviter qu'il progresse.
07:15Donc, il arrête de progresser.
07:16Quand il est fixé, on arrive à le bloquer.
07:20Il est vraiment stoppé, il est contenu, et on arrive à le bloquer.
07:23Il ne progresse plus, ni sur les flancs, ni à l'avant, ni à l'arrière,
07:26puisqu'on a eu des vents tournants, si vous vous souvenez des épisodes précédents.
07:30Donc, ce feu, aujourd'hui, il est fixé.
07:32Il ne recule pas, il n'avance pas, il ne va pas sur les côtés.
07:35Il est vraiment fixé, il est bloqué.
07:37Ce qui nous permet d'aller à l'étape d'après.
07:39Donc, avoir un feu, cette fois-ci, maîtrisé.
07:42Et ça, c'est l'objectif des pompiers à l'heure qu'il erre.
07:44Exactement.
07:45C'est ce à quoi il s'attèle aujourd'hui.
07:46C'est que ce feu, s'il est fixé, il est encore vivant.
07:50Il brûle.
07:51On a encore du combustible, encore aujourd'hui.
07:54Et donc, maîtriser ce feu, c'est aller attaquer les foyers principaux qui restent.
08:00Donc, vraiment, les endroits où ça brûle encore,
08:02où on a encore du combustible, où on a encore des arbres,
08:04où on a encore de la végétation qui brûle.
08:06Donc, il faut vraiment arriver à cette maîtrise du feu.
08:08Et donc, une fois que tous ces foyers principaux seront maîtrisés,
08:13que l'on aura, grâce aux engins, grâce aux soldats du feu sur le terrain,
08:18et parfois, on a besoin aussi des avions,
08:20ça nous permet de passer à l'étape d'après,
08:22où on va, cette fois-ci, circonscrire le feu.
08:25Alors, qu'est-ce que ça veut dire, circonscrire un feu ?
08:27On est en train de l'étrangler.
08:29Là, on va vraiment étrangler ce feu.
08:31Là, on voit effectivement les soldats du feu qui sont au contact,
08:34au plus près de ce qui brûle encore.
08:36L'entourer. Donc, l'idée, c'est vraiment de continuer à taper
08:38avec des engins, avec des hydrants, avec des citernes d'eau.
08:42Vraiment aller au plus près, en fait, de ce feu
08:45pour vraiment arrêter toutes les fumeroles,
08:48les parties incandescentes,
08:50et arriver vraiment à continuer à le faire descendre en intensité.
08:53Parce qu'il est encore vivant, ce feu.
08:55Même s'il est maîtrisé, il est encore vivant.
08:57Et le circonscrire, c'est l'amener à l'avant-dernière étape,
09:02le noyage.
09:02On va noyer ce feu.
09:05Donc là, l'illustration parle d'elle-même.
09:07On va vraiment aller au contact.
09:08Et c'est chronophage.
09:09Donc, c'est des phases qui peuvent prendre des jours, des semaines,
09:13voire des mois, sur des sols où on a de la tourbe.
09:18On l'a vu hier avec du compost qui était copieusement arrosé.
09:22On a un gros stock de compost en ce moment dans le massif à traiter.
09:26Et donc, quand on a ce type de matière, il faut vraiment noyer
09:31et donc arriver à la dernière étape.
09:33Le feu est considéré comme éteint quand on n'a plus aucune matière chaude,
09:39plus rien ne brûle, plus rien n'est en train de se consumer.
09:42Et là, on peut déclarer le feu éteint.
09:44Et ça, ça peut prendre effectivement des mois.
09:45Ça peut prendre des mois.
09:47Et on a vu dans certains pays voir des feux durer plusieurs années.
09:52Ça arrive sur certains sols avec de la tourbe.
09:54Merci, merci Gaël.
09:55Je me tourne vers vous, Maxime Klieruza.
09:58Un point sur l'enquête.
09:59Est-ce qu'on en sait un peu plus à l'heure qu'il est sur l'origine du feu
10:02qui a détruit 17 000 hectares dans l'Aude ?
10:05On a déjà une certitude.
10:06C'est le foyer d'origine de ce feu.
10:08Il se situe sur la commune de Ribotte,
10:11juste à côté de la route départementale 212.
10:14Et c'est sur cette petite partie que les enquêteurs vont tenter d'en savoir plus,
10:19à savoir si ce feu est volontaire ou accidentel.
10:23A priori de ce que nous dit le parquet de Carcassonne,
10:26à ce stade, rien n'indique qu'il serait à caractère volontaire ce départ de feu.
10:31Mais les enquêteurs vont devoir travailler,
10:33puisqu'une enquête judiciaire a été ouverte en recherche des causes et circonstances de l'incendie.
10:40Autrement dit, les gendarmes, les pompiers, l'Office français de la biodiversité
10:43vont travailler, faire des repérages, mais aussi des prélèvements sur le sol
10:47pour tenter de déterminer si ce feu a été déclaré volontairement.
10:53Une deuxième enquête a elle aussi été ouverte par le parquet de Carcassonne.
10:57Une enquête en recherche des causes de la mort,
11:00puisqu'une sexagénaire, on le rappelle, est décédée au moment du début de cet incendie.
11:04Une sexagénaire qui refusait de quitter son domicile.
11:07Outre ce décès, 24 autres personnes ont été blessées pendant ces 48 heures d'incendie.
11:13Et on est en ligne avec Olivier Verdal.
11:15Bonsoir, monsieur, vous êtes président de l'appellation Corbière et Vignerons.
11:21On l'a dit depuis trois jours, effectivement,
11:24les vignes ont évidemment énormément souffert de ce sinistre.
11:29Est-ce que vous commencez à pouvoir chiffrer justement le préjudice subi ?
11:33Oui, bonsoir à vous.
11:39Oui, on essaye de chiffrer avec les services du syndicat actuellement.
11:43On serait aux alentours de plus de 1000 hectares de vignes impactées par cet incendie.
11:50Voilà, moi, ce que je voudrais vous dire, avant de commencer l'interview,
11:53c'est vrai que j'apporte tout mon soutien aux victimes de cet incendie.
11:57On a des personnes physiques, malheureusement, qui ont disparu et aussi des personnes qui ont été touchées par leurs biens.
12:04Leurs biens aussi.
12:05N'oublions pas les hangars où il y avait beaucoup de matériel agricole.
12:09Et j'apporte tout mon soutien à ces gens-là.
12:11Quelle leçon il faudra tirer, selon vous, de ce qui s'est passé cette semaine dans votre département ?
12:17Il faudra tirer beaucoup de leçons.
12:21L'heure est encore à l'extension de ce feu.
12:25Mais avec beaucoup de recul, je pense qu'il y aura une réflexion sur toutes ces friches qui se sont fermées.
12:35Puisque des friches ont apparu grâce et notamment avec l'arrachage définitif.
12:40Mais je pense que tous ces jeunes qui demandent des lopins de terre, il faudra aller leur rendre.
12:47Et surtout, adapter le marché pour que ces jeunes puissent s'installer.
12:52Et surtout, ce chose qu'on réclame depuis déjà maintenant plus de plusieurs années,
12:57c'est des moyens d'irrigation.
12:58En faisant des bassines et des retenues culinaires et des forages pour qu'on puisse vraiment accéder à remettre ces friches en état de labour et en état de plantation pour de la vigne.
13:13Au fond, il y a un lien entre la crise viticole, le fait qu'on est dans le département arraché beaucoup de vignes,
13:20et l'ampleur du feu qui s'est propagé cette semaine.
13:24Il y a un lien direct. Vous faites un lien direct entre cette crise viticole et les conséquences économiques et écologiques de ces derniers jours ?
13:32Oui, tout à fait. La déprise foncière, malheureusement, est liée à la crise viticole.
13:36La crise viticole qui vraiment nous frappe de plein fouet, surtout sur une zone comme ici, une zone d'AOC, une zone à faible rendement.
13:45C'est vrai que cette déprise foncière est malheureusement accentuée.
13:48On se trouve ici sur des vignes. Vous voyez qu'à côté de moi, c'était des vignes il y a quelques années.
13:55Cette déprise foncière a fait que le milieu s'est fermé.
13:58L'incendie aussi a touché gravement ces friches et a accéléré le processus.
14:03Et malheureusement, on voit ce que ça donne.
14:05Merci. Merci beaucoup, Olivier Verdal, d'avoir été en direct ce soir dans BFM Story.
14:11Gaël Musquet, on parlait à l'instant de ces zones brûlées.
14:15Il va peut-être falloir replanter dans les prochains mois, les prochaines années.
14:19Est-ce qu'il faut, là aussi, revoir ce qui peut être planté de façon à prévenir à nouveau des sinistres de ce type ?
14:26Oui, il va falloir avoir un équilibre entre les essences qui vont être plantées pour plein de raisons.
14:31Leur consommation en eau, leur résistance à la sécheresse, leur caractère aussi allergène.
14:37Certains pollens sont difficiles pour des personnes qui ont des difficultés respiratoires.
14:42Donc, tout ça doit être pris en compte.
14:46Et évidemment, tenir compte aussi des capacités du territoire à trouver de l'eau.
14:50Trouver de l'eau pour irriguer, trouver de l'eau potable, arriver à gérer cette eau.
14:55C'est un des défis aussi qui attend cette région, qui, on le rappelle, a une sécheresse.
15:00Donc, il faut que ces arbres qui vont être plantés puissent aussi survivre à des aléas climatiques qui les attendent.
15:06Et donc, c'est pour ça aussi que le GIEC insiste sur le fait que planter des arbres dans des zones tempérées ou des pays riches,
15:14ce n'est pas forcément la solution immédiate.
15:17Il le faut, mais ce n'est pas suffisant.
15:19Il faut aussi le faire dans des zones tropicales où planter des arbres est beaucoup moins cher
15:22et où ces arbres vont arriver à stocker aussi beaucoup plus de carbone.
15:27Donc, c'est plus intéressant de planter ces arbres dans la bande subsaharienne, par exemple.
15:32Il faut aussi de la sécurité, il faut des moyens, il faut de l'ingénierie,
15:36il faut de l'agronomie, mais il ne faut jamais oublier que ces pays pauvres
15:40que l'on a négligés sur les précédentes COP sont nos assurances-vie
15:43et qu'il va falloir aussi, en parallèle de nos forêts, travailler aussi à d'autres forêts tropicales
15:49que malheureusement nous avons détruites, pour des raisons agricoles, pour des raisons industrielles,
15:54pour de l'huile de palme, pour du soja.
15:56La déforestation, elle touche d'autres zones du monde qu'il va falloir aujourd'hui travailler
16:02pour pouvoir compenser ce que nous perdons ici aussi sur notre sol.
16:06On va regarder les images avant, après, c'est assez effarant.
16:11On voyait hier les images évidemment d'hélicoptères qui sont stupéfiantes de pouvoir...
16:17Voilà, on voit avant, après, et on voit toute la zone qui a été effectivement concernée
16:22à l'échelle du département et du sud-ouest du pays.
16:25C'est évidemment considérable.
16:27Gaëlle, ce dont vous parliez, le fait de replanter différemment,
16:30il y a quand même une prise de conscience, c'est en réflexion, on avance là-dessus
16:33ou ça reste un peu au stade d'intention et on est encore très loin de...
16:37Non, non, non, on a une belle agence, l'ONF, l'Office nationale des forêts, qui travaille
16:42sur ces sujets et j'ai eu le privilège quand j'étais au ministère de l'écologie de travailler
16:47avec ses collègues.
16:48Ils sont très à la pointe de ce qu'il faut faire parce qu'on n'a pas que ces problèmes
16:53de sécheresse et d'accès à l'eau.
16:55On a aussi, compte tenu de la tropicalisation de notre territoire, des insectes, xylophages,
17:02des champignons, des insectes qui vont attaquer aussi nos forêts.
17:06Donc, il faut avoir en tête qu'on a énormément de variables dans cette équation de la reforestation,
17:11de la lutte contre la désertification, de la lutte contre la déforestation, contre
17:15les feux de forêt.
17:15C'est tous ces équilibres qu'il faut trouver.
17:18On a un certain nombre d'arbres aujourd'hui qui sont coupés parce qu'on les remplace
17:21par des essences qui sont plus résistantes à certains champignons.
17:24Donc, on est un pays riche, encore une fois, qui a les capacités de se défendre, qui a
17:29les moyens aujourd'hui, même si on réduit les budgets, à l'ONF aussi, malheureusement.
17:35Mais on a les moyens d'y arriver.
17:37Maintenant, il faut aussi avoir en tête que chacune de nos actions doit avoir un pendant
17:42international.
17:43national. C'est compliqué en ce moment, mais c'est très important de comprendre,
17:48et le GIEC l'écrit très bien, le documente très bien, qu'un arbre planté en zone tropicale
17:52ou dans un pays pauvre coûte 100, plusieurs centaines de fois moins cher que sous nos latitudes.
17:58Donc, il faut avoir aussi ces deux variables dans la balance.
18:03Travailler sur nos forêts, c'est très important et on en a les moyens.
18:06Mais aussi des pays pauvres, les aider à protéger et à recréer parfois de leurs forêts.
18:12Alors, un feu fixé, on l'a dit, 17 000 hectares parcourus et près de 2 000 pompiers qui sont
18:18toujours mobilisés.
18:20Anthony Ferry, évidemment, on scrute toujours les conditions météo.
18:24Est-ce qu'elles sont favorables ? Est-ce qu'elles restent favorables pour les pompiers qui
18:27continuent le travail au sol ? Alors, c'est peut-être moins spectaculaire que des largages,
18:31évidemment, aériens, mais le combat reste acharné et il continue.
18:34Alors, très concrètement, on peut diviser la journée en deux.
18:38Jusqu'au milieu d'après-midi, les conditions étaient assez défavorables en termes, évidemment,
18:43Jérémy, de température, puisqu'on a dépassé les 30 degrés, mais aussi en termes de vent
18:48où on avait des rafales qui étaient encore assez importantes.
18:50En revanche, à partir de 20 heures ce soir, le vent va tomber, avec lui, l'humidité
18:57va augmenter, on aura 80% d'humidité dans l'air et évidemment, la température, elle
19:03aussi, va diminuer.
19:04Donc, de ce soir à peu près 20 heures jusqu'à demain après-midi, les conditions seront
19:09vraiment optimales, si je puis dire, pour les pompiers, en attendant demain après-midi
19:14où là, malheureusement, une nouvelle fois, les conditions se dégraderont à nouveau.
19:18Et on va partir sur le terrain, on va retrouver Célia Avalet à Talleyrand.
19:21Bonsoir, Célia.
19:23Trois jours après le sinistre, on voit la solidarité qui continue à se mettre en place
19:28parmi les habitants, les habitants sinistrés notamment.
19:33Oui, c'est une très belle scène de solidarité à laquelle on assiste ce soir.
19:36On va vous montrer, exactement, Pires de Souza, ces pompiers qui attendent parce que
19:40c'est l'heure du repas ici à Talleyrand et ils vont pouvoir se restaurer grâce aux bénévoles
19:44qui sont en place désormais depuis mardi.
19:46Charlotte, bonsoir, merci d'être avec nous.
19:48C'est grâce à vous et à toute votre équipe que les pompiers peuvent se restaurer gratuitement
19:52et gracieusement.
19:54Oui, tout à fait.
19:55Depuis mardi soir, en fait, suite à un petit message sur le Facebook de Talleyrand,
20:01on a décidé de mettre en place une aide humaine pour que les pompiers puissent se restaurer
20:05correctement le matin, le midi et le soir.
20:08Et ça s'est révélé extraordinaire au niveau de tous les villages de Talleyrand.
20:13Tout le monde a amené des tartes salées, sucrées, des salades.
20:17Et en fait, depuis mardi, les pompiers peuvent manger quelque chose d'un peu différent tous
20:23les jours.
20:24Ils arrivent par vagues.
20:25Ce soir, ils vont être plus de 80.
20:27C'est quand même beaucoup.
20:28Comment vous faites ?
20:29Il y a aussi le traiteur qui fait des prêts, c'est ça ?
20:31C'est ça, donc on a le traiteur Mathieu qui nous a fait une belle macaronade.
20:36Voilà.
20:37Et puis, tous les Talleyrandais qui amènent au quotidien des salades et des tartes.
20:42Donc, en fait, on arrive juste avec tout ce bénévolat et l'aide des Talleyrandais
20:47à faire manger tous les soirs plus de 80 à 100 personnes.
20:50C'était indéniable pour vous d'aider les pompiers.
20:52Ah oui, totalement.
20:53Ils nous ont sauvé le village, ils nous ont sauvé le département.
20:57Donc, c'était une évidence.
20:58Merci beaucoup.
20:59Bon courage alors pour ce soir.
21:00Voilà, vous voyez ce bel élan de solidarité dont tout le monde nous parle ici.
21:03Tous les villageois qu'on rencontre se solidarisent entre eux, entre habitants, mais aussi avec
21:08les pompiers.
21:09Unis dans l'adversité.
21:10Merci Célia, Célia Vallée et Simon Pires à Talleyrand pour BFM TV.
21:14Anthony, un mot sur la pollution aussi.
21:16On en a moins parlé, mais il y a une pollution en particules importante suite à ces nuages
21:21et à ces fumées.
21:22Les habitants et les touristes le constatent évidemment.
21:25On peut avoir des irritations lorsqu'on respire l'air.
21:28Pourquoi ? Eh bien parce que ce panache de fumée, il contient des micro-particules
21:34qui font pour certaines moins de 10 micromètres.
21:37Alors, c'est quoi moins de 10 micromètres ?
21:38Eh bien, c'est 10 fois plus petit que le diamètre d'un cheveu.
21:41Et le problème, eh bien c'est lorsqu'on les inhale, ces micro-particules dans l'air
21:46que l'on détecte vraiment, on le détecte en Occitanie,
21:49eh bien elles vont pouvoir s'immiscer jusque dans nos alvéoles pulmonaires
21:53et les plus petites vont pouvoir aller jusque dans le sang.
21:56Le problème, vous l'aurez compris, eh bien c'est notamment pour les personnes allergiques,
22:01par exemple qui souffrent d'asthme, mais aussi les personnes souffrant de maladies cardio-respiratoires.
22:06Cela peut aggraver certains symptômes, certains facteurs.
22:10Il est donc très important déjà d'éviter toute pratique sportive
22:14lorsque l'on sent, eh bien, qu'on respire avec une gêne.
22:17Et puis aussi, évidemment, si on habite dans une zone qui est proche du feu,
22:21de calfeutrer ses fenêtres avec un linge humide, Jérémy.
22:23On parlait du vent tout à l'heure.
22:25Il y a un autre facteur qu'on surveille, c'est évidemment la chaleur.
22:28Et dans les prochains jours, ça ne va pas forcément aider les pompiers.
22:31Non, effectivement, puisque nous attendons la deuxième canicule de cet été.
22:36C'est confirmé.
22:36Alors aujourd'hui, il y a 11 départements en vigilance,
22:39mais vous le voyez sur la carte à droite de l'écran,
22:4228 départements seront en vigilance ce samedi.
22:46Une quarantaine seront en vigilance, en théorie, dimanche.
22:50Alors, que va-t-il se passer ?
22:52Eh bien, regardez justement cette animation.
22:55On prend un petit peu de hauteur avec le satellite.
22:57Il y a de l'air chaud qui est aspiré par la dépression.
23:00C'est le D en rouge au-dessus.
23:02En fait, c'est une ancienne tempête tropicale, Dexter,
23:04qui aspire donc l'air chaud et va nous l'envoyer directement.
23:08Par conséquent, regardez les températures très concrètement
23:11que l'on attend déjà demain.
23:14On atteindra donc les 39 voire 40 degrés sur une large moitié sud
23:18sur cette zone rouge que vous voyez à l'écran.
23:21Globalement, on sera au-dessus des 30 degrés
23:23sur la très très large majorité du pays,
23:26excepté peut-être la pointe bretonne jusqu'au côte de la Manche.
23:29Et puis, cette température, elle va ne faire que s'accroître
23:33dans les prochaines heures, dans les prochains jours.
23:36Regardez cette carte de dimanche.
23:38On attend notamment sur le pourtour méditerranéen
23:41des points allant jusqu'à 41, 42 degrés
23:44au pied des Cévennes, mais aussi dans la basse vallée du Rhône.
23:4740 degrés globalement, majoritairement sur toute la moitié sud.
23:51Et le problème, c'est que cette chaleur,
23:53elle va encore gagner du terrain.
23:56Là, je vous ai mis la journée de mardi.
23:57C'est pour vous dire que la canicule est loin d'être finie
24:00à la fois dans le sud.
24:01Elle ne devrait se terminer qu'aux environs du 15 août,
24:04mais aussi sur la moitié nord.
24:06Lundi, donc entre dimanche et mardi,
24:08ce sera la journée la plus chaude à l'échelle nationale.
24:12Lundi, ce sera même plus.
24:14Et mardi, pourquoi est-ce que je vous ai mis mardi ?
24:17Parce que ça va effectivement encore augmenter,
24:20notamment sur le nord,
24:22où l'on devrait atteindre 35 degrés à Paris
24:25ou encore à Rennes.
24:26Et avec ces températures très chaudes en journée,
24:28évidemment, Jérémy, vous le savez, les nuits aussi seront chaudes.
24:31Pas moins de 25 degrés, parfois de minimale,
24:34dans le sud, la nuit.
24:35Gaëlle Musquet, pour conclure,
24:37il y a une forme de soulagement dans l'eau
24:38parce que le pire est derrière nous et le feu est fixé.
24:41Mais malgré tout, il y a encore beaucoup de départements
24:42qui sont en vigilance incendie pour les prochains jours.
24:45Oui, tout à fait.
24:46On a plus de neuf départements demain,
24:48donc quatre aujourd'hui et encore plus demain
24:51qui seront jusque dans la Vienne.
24:53Donc vous voyez jusqu'où on remonte sur les vigilances.
24:56Les Deux-Sèvres, la Vienne,
24:58ce sont des départements qui seront eux aussi en vigilance.
25:01Feu de forêt.
25:02Donc dire à quel point les journées qui viennent,
25:06les jours qui viennent,
25:07sont des journées où il faudra être vigilant.
25:09Je peux l'étendre vraiment sur tout le territoire.
25:13Faites attention à l'usage du feu.
25:15Faites attention à l'entretien de vos véhicules.
25:18Faites attention à vos niveaux d'huile,
25:20vos niveaux de liquide de refroidissement,
25:22vos pneumatiques,
25:22parce que beaucoup de ces feux, malheureusement,
25:24partent en bord de route à cause de véhicules en feu.
25:27Les barbecues, les cigarettes,
25:30tous ces moyens de mettre le feu
25:32et qui peuvent faire s'embraser des forêts.
25:35Si les massifs forestiers sont interdits,
25:37vous n'y allez ni en vélo ni à pied.
25:39Juste la friction de deux pierres
25:41au moment d'une chute ou une chute de pierre
25:44peuvent suffire.
25:45Ces étincelles peuvent suffire à embraser un massif.
25:48Donc restez vraiment prudents
25:49à l'écoute des vigilances sur la météo des forêts
25:52et au niveau des vigilances, bien évidemment,
25:53pour la canicule.
25:54Prudence tout ce week-end.
25:55Merci, merci Gaël.
25:57Merci à vous trois.
25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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