00:00Alors le trouver, moi ça fait 40 ans que je fais ce métier, donc je pense avoir une petite expertise dans l'identification au moins des compétences.
00:07Des CV, on en reçoit énormément. Ils ne sont pas tous très très qualitatifs, voire même très loufoques,
00:13puisque moi je peux avoir un BEP chaud-bronnier qui va postuler pour être second de cuisine chez moi.
00:21Après des CV, il y a plein de plateformes aujourd'hui très efficaces, Indy, de l'hôtellerie, des cabinets de recrutement.
00:30Moi ce que je crois surtout, c'est qu'aujourd'hui il faut vendre aussi, il ne faut pas vendre uniquement une saison,
00:35il faut vendre un climat social, avec des logements décents, des horaires également dans les clous de la loi.
00:45Il y a une pointeuse chez nous. J'ai mon lot de galères et moi aussi, j'ai 5 ou 6 saisonniers qui ont fait des périodes d'essai
00:55et qui sont repartis parce qu'ils ne convenaient pas. Mais je suis assez surpris de ce que dit la gérante du camping.
01:02Le petit moyen, la gérante du camping, oui.
01:04Oui, je suis assez surpris parce que des CV, il y en a beaucoup.
01:08Alors, maintenant, la salle c'est assez facile. C'est beaucoup plus compliqué pour la cuisine.
01:16Je pense que les belles maisons, restaurants étoilés, nous prennent les bons éléments.
01:21Il faut savoir que les lycées hôteliers se vident également. Les classes sont de moins en moins remplies.
01:26Même si on a pu penser à un moment donné que les émissions qui mettaient en avant la cuisine allaient être détonateurs de vocation.
01:34Vincent Géribeau, juste pour rebondir sur ce que vous disiez, qu'est-ce qui a changé très concrètement pour les personnes qui nous regardent ce matin et qui s'interrogent ?
01:42Qu'est-ce qui a changé par rapport à il y a quelques années dans le recrutement des saisonniers ?
01:48En fait, les exigences ont changé de camp. Alors, le Covid a un petit peu déclenché tout ça.
01:54Pour un poste de pâtissier, il y a 15 ans, je recevais 50 CV. Il y en avait une vingtaine qui correspondaient au profil.
02:05Aujourd'hui, j'en reçois 10. Et il y a deux candidats potentiels pour être la valeur ajoutée dans ma cuisine.
02:13C'est qualitativement. Je pense que ça a beaucoup changé.
02:19Rapidement, vous dites que vous, vous n'avez pas de mal à recruter d'une manière générale.
02:23Pourtant, les chiffres en France le disent. La restauration, ce sont des métiers sous tension.
02:28La plupart des professionnels ont du mal à recruter des saisonniers, que ce soit l'été ou bien l'hiver.
02:33Et on note aussi, selon les chiffres notamment de différents syndicats, une augmentation des profils sans expérience.
02:39C'est-à-dire qu'auparavant, il s'agissait de profils qui avaient de l'expérience, qui connaissaient le métier.
02:44Aujourd'hui, est-ce que vous, vous pouvez le confirmer, vous avez des profils, des CV de personnes qui n'ont jamais travaillé dans la restauration et qui veulent tenter leur chance ?
02:52Oui, je les ai, les CV. Mais moi, je ne peux pas embaucher ces gens-là.
02:56Nous, on fait tout maison.
02:58Moi, effectivement, j'ai une absence de technique chez les cuisiniers aujourd'hui.
03:04Je vous le disais tout à l'heure, les belles maisons, les restaurants étoilés prennent les meilleurs profils.
03:08Nous, on est classifié brasserie de luxe.
03:10Alors, moi, j'ai besoin d'un second de cuisine.
03:15Enfin, j'ai la chance d'avoir...
03:17Nous, on est 80 au mois d'août.
03:19Sur les 80, j'ai quand même 50 CDI, moi.
03:21Donc, avec 35 personnes qui sont avec moi depuis une quinzaine d'années et qui tirent vers le haut, les gens qui arrivent.
03:30Mais effectivement, débiter un ton de 80 kilos correctement, ce n'est pas donné à tout le monde.
03:36C'est parti.
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