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  • il y a 8 mois
Dans l'Hérault, une Atsem âgée de 59 ans a été mise en examen et écrouée pour viols et agressions sexuelles sur neufs enfants. Arnaud Gallais, cofondateur de l'association de lutte contre les violences faites aux enfants Mouv'Enfants, et Laurent Zameczkowski, responsable à la Fédération des Parents d'Elèves de l'Enseignement Public (Peep) sont les invités événement de RTL Soir.
Regardez L'invité événement avec Gaël Giordana du 31 juillet 2025.

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Transcription
00:00Gaëlle Giordana, RTL Soir.
00:03Il est 18h15 sur RTL, on va revenir sur cette sordide affaire dans une école maternelle de Vic, La Gardiole, une petite commune de Lérault.
00:10Une ADSEM, une agente territoriale spécialisée des écoles maternelles de 59 ans, a donc été mise en examen et écrouée.
00:18Elle est soupçonnée de viol et d'agression sexuelle sur 9 enfants âgés de 3 à 4 ans selon le parquet de Montpellier.
00:24Nous inviter ce soir dans ce studio, Laurence Zameskowski. Bonsoir.
00:28Bonsoir.
00:28Vous êtes responsable à la PEP, la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.
00:33Et nous sommes aussi en ligne avec Arnaud Gallet. Bonsoir.
00:36Bonsoir.
00:37Vous êtes le cofondateur de Mouve Enfants. C'est un mouvement de lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants.
00:42Je vous donne la parole en premier, Arnaud Gallet.
00:45Si les faits sont avérés par la justice, l'impensable s'est déroulé dans cette école maternelle.
00:51Oui, bien sûr. Alors après, bien sûr que c'est terrible.
00:54Un premier soutien apporté à la famille, aux familles, bien évidemment.
00:59Après, malheureusement, si vous voulez, c'est l'impensable.
01:01Et très souvent, les personnes, les prédateurs, les prédatrices, parce que c'est important de le dire, on parle souvent d'hommes,
01:06comme dans 97% des situations, il peut y avoir aussi des femmes, la preuve.
01:09Ces personnes-là travaillent aussi, sont au plus près des enfants.
01:13Alors, il faut rappeler que 80% de ces violences ont lieu au sein de la famille, mais qu'il y en a aussi ailleurs, est la preuve.
01:18Et donc, ce qu'on peut quand même dire aujourd'hui, il y a le soutien, bien évidemment,
01:22mais il y a une décision qui semble cohérente, je ne peux pas dire pour une fois, mais qui est assez rare au niveau de la justice.
01:27C'est-à-dire qu'il y a un principe de précaution qui est appliqué.
01:29Il y a une action concrète qui est menée, après un dépôt de mat au mois de juillet, quand même.
01:35Et là, on se retrouve avec des actions qui vont assez vite.
01:37Et très souvent, la prise en compte de la parole des enfants, enfin, les enfants, la parole des enfants n'est pas prise en compte.
01:46Ce que vous dites, c'est que les prédateurs n'ont pas de genre, n'ont pas d'âge, selon vous ?
01:52Ils n'ont pas de genre, si.
01:53Ce qu'on a bien montré au niveau de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants,
01:57on sait que les violences sexuelles sont des violences sexuées.
01:5997% des agresseurs sont des hommes, donc il y a 3% de femmes.
02:02La preuve, il y a des femmes qui peuvent être agresseuses, c'est important de le rappeler.
02:05Il y a un tabou aussi sur l'inceste maternel, il faut le rappeler.
02:08On n'en parle pas suffisamment, mais rappelons quand même les chiffres que les hommes sont quand même majoritairement.
02:12Ce que je dis simplement, c'est que malheureusement, le loup est souvent dans la bergerie.
02:17Et donc, ça doit venir nous interroger sur la manière dont on pense l'encadrement au niveau des enfants,
02:21dont on doit avoir une obligation de sécurité, c'est ce qu'on appelle de notre vœu,
02:24quand on accueille des enfants dans un établissement,
02:27puisque s'il y a des violences qui se passent en famille,
02:28je le redis, dans 80% des situations que c'est au sein de la famille,
02:31quand on confie son enfant dans une institution,
02:33la moindre des choses, c'est qu'il y a une obligation de résultat,
02:36et qu'on puisse agir, etc.
02:38Alors, des fois, il y a des choses comme un accident, etc.
02:41Bref, il y a des choses qu'on ne peut rien faire.
02:44Là, en l'occurrence, j'ai un sentiment quand même,
02:46au regard des éléments qui m'ont été transmis,
02:48que j'ai pu dire que ça a pu quand même,
02:50il y a un dépôt de plainte au début juillet,
02:52les choses avancent quand même assez rapidement.
02:54Laurent Zamechkowski, en tant que parent d'élèves,
02:57et il y en a beaucoup qui nous écoutent ce soir sur RTL,
02:59comment les rassurer, ce soir ?
03:01Déjà, moi, je pense aux enfants et aux familles,
03:05et puis moi, en tant que parent, je suis horrifié,
03:08mais évidemment, c'est extrêmement traumatisant.
03:12Vous vous doutez bien que lorsqu'on met nos enfants à l'école...
03:16L'école n'est plus un sanctuaire ?
03:20Malheureusement, on a vu tous les derniers événements,
03:23que ce soit au collège, lycée, en élémentaire, maternelle aussi maintenant.
03:29Après, malheureusement, des prédateurs,
03:32il peut en avoir partout, c'est malheureusement pas nouveau.
03:35Là, on ne sait pas vraiment ce qui s'est passé,
03:37donc il faut quand même la présomption d'innocence.
03:40La parole des enfants, ce n'est pas évident,
03:42parce que souvent, elle est minorée.
03:44Là, elle a été entendue.
03:45Mais ils sont quand même très très jeunes, 3 et 4 ans.
03:47Ben oui, c'est terrible.
03:48Je veux dire, on parle de petite et moyenne section de maternelle.
03:52Les interactions possibles d'une ADSEM avec un enfant,
03:56c'est qu'il y a deux situations.
03:58Il faut savoir qu'ils sont présents dans la classe pour aider l'enseignant,
04:02parce qu'en maternelle, ils sont petits,
04:03et notamment pour aller, par exemple, aux toilettes.
04:06C'est l'ADSEM qui va accompagner l'enfant en toilette,
04:09le ou les enfants en toilette,
04:11alors que l'enseignant reste dans la classe avec les autres enfants.
04:13Mais justement, ces agents, ces ADSEM, comment sont-ils recrutés ?
04:17Est-ce qu'il y a une vérification du casier judiciaire ?
04:20Est-ce qu'il y a un suivi psychologique ?
04:22Alors, déjà, ce sont des agents territoriaux,
04:25donc ils dépendent en fait de la mairie.
04:27Ils ne sont pas recrutés par l'éducation nationale.
04:29Et il y a normalement une compétence,
04:32il y a un CAP qu'on est censé avoir fait,
04:34où on peut avoir une équivalence lorsqu'on a eu 3 enfants.
04:37Et après, il y a un examen.
04:40Ça, c'est les cas de personnes qui sont titulaires,
04:42mais on peut aussi recruter ce qu'on appelle les contractuels,
04:44qu'on manque.
04:45On manque aujourd'hui d'enseignants, on manque un peu partout.
04:48Et donc, effectivement, les villes sont parfois aussi
04:50contraintes d'engager des gens.
04:52Ils font des vérifications,
04:53la vérification des casiers judiciaires, elle est obligatoire.
04:56En revanche, après,
04:58ce n'est pas parce que le casier judiciaire vierge
04:59que la personne n'a pas déjà commis des choses
05:01ou ne va pas en commettre.
05:02Le but de notre débat,
05:03ce n'est pas de jeter l'opprobre sur toute une profession.
05:06Mais Arnaud Gallet,
05:08est-ce qu'il y a des moyens de prévention,
05:10éventuellement, sur ce type de cas ?
05:14Ce qui est sûr, si vous voulez,
05:15c'est que nous, ce qu'on appelle de notre vœu,
05:17c'est la mise en place notamment
05:18de tout ce qui est éducation à la vie affective,
05:20qui permet de rappeler au niveau des enfants,
05:21mon corps, c'est mon corps,
05:23qui permet de rappeler aussi aux prédateurs, aux prédatrices,
05:26que si on sensibilise les enfants,
05:27c'est que, possiblement, on aura une vigilance
05:30quand même à avoir auprès des adultes
05:31qui sont auprès des enfants.
05:32Et on voit bien qu'aujourd'hui, en France,
05:33il faut le rappeler,
05:34il y a que 15% d'élèves qui en bénéficient.
05:38Donc, on est face à quelque chose.
05:39Et puis, vous savez ce que je disais tout à l'heure ?
05:40L'obligation de sécurité.
05:41Peut-être que si vous me donnez juste deux minutes
05:43pour présenter ce que c'est.
05:44Alors, rapidement, beaucoup moins, s'il vous plaît.
05:47Oui.
05:47Non, non, mais bien sûr, très rapidement.
05:49Vous avez aujourd'hui une obligation de sécurité
05:50quand vous êtes employeur auprès des salariés
05:51que vous employez, d'accord ?
05:52Parce que, simplement, c'est la question
05:54de la santé au travail, etc.
05:55Pourquoi est-ce que, donc, vous mettez en place
05:57un certain nombre d'actions pour limiter les risques ?
05:58Pourquoi est-ce que, finalement,
05:59quand on accueille des enfants,
06:01on ne fait pas la même chose ?
06:01On pourrait faire de la formation,
06:03on pourrait faire de la sensibilisation,
06:05des affichages, limiter certaines situations,
06:07etc.
06:09Et je pense qu'aujourd'hui,
06:10on n'est pas du tout bon là-dessus.
06:11On est toujours sur l'idéal, en fait,
06:13de l'offrir des enfants.
06:14Et malheureusement, les bras nous entombent
06:15systématiquement.
06:17Là où on tombe juste derrière
06:18l'affaire Bétarame et plein d'autres,
06:19on a bien vu...
06:20Laurence Zamechkowski,
06:23qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
06:25Comment envisager une rentrée sereine
06:27avec de tels faits ?
06:29De toute façon, la personne est évincée.
06:30Alors, je voudrais juste apporter une précision.
06:32L'égalisation à la vie affective,
06:34elle commence à partir du CP,
06:35donc ça ne consomme pas les maternelles.
06:37La deuxième chose, ce qu'il faudrait savoir aussi,
06:39c'est que, par exemple,
06:40les toilettes qui sont une zone de non-droit,
06:42mais quels que soient les niveaux,
06:44on l'a vu aussi dans les collèges et lycées,
06:46mériterait d'avoir une certaine surveillance
06:48pour que ça soit plus dissuasive.
06:49Une surveillance de qui, alors, dans ce cas-là ?
06:50Peut-être un personnel d'entretien.
06:52Ça permettrait déjà d'avoir du savon,
06:54d'avoir du papier toilette, etc.
06:56Par exemple, au collège et au lycée,
06:57ils sont régulièrement détériorés.
06:59Il y a des enfants qui se retiennent
07:00toute la journée, etc.
07:01Après, l'ATSEM,
07:02effectivement, il y a sept zones de toilettes
07:04qui sont une espèce de zone de non-droit,
07:06aujourd'hui,
07:06donc il y a une surveillance qu'on aimerait avoir.
07:08Malheureusement, ça coûte cher,
07:09du personnel en plus pour les mairies,
07:10surtout dans les petits villages.
07:12Et après, la deuxième chose,
07:13effectivement, c'est la partie de la sieste,
07:15parce que les petits et moyennes sections
07:16maternelles font des siestes.
07:18Donc, souvent, il y a l'enseignant
07:19ou il y a l'ATSEM,
07:21et c'est à ce moment-là aussi,
07:22il peut y avoir des interactions.
07:23C'est vrai que si on avait plus,
07:25aussi, de personnel,
07:26ça serait un encadrement meilleur,
07:27mais il y a aussi la question de la formation.
07:28Mais selon vous,
07:29est-ce qu'il y a eu dysfonctionnement,
07:30en fait, dans cette école maternelle ?
07:33Visiblement, les faits se sont déroulés
07:34entre le 1er octobre 2024
07:36et le 2 juillet 2025.
07:38On revient toujours à la même chose,
07:39c'est-à-dire d'avoir, justement,
07:42plus de contrôle
07:42et de pouvoir mieux accompagner
07:44les personnels,
07:45mais aussi bien d'un enseignant.
07:47Par exemple,
07:47on peut avoir un enseignant
07:47qui peut être très bien toute sa vie,
07:49qui, tout d'un coup,
07:50a un choc psychologique
07:50ou une situation,
07:52et tout d'un coup,
07:52ce sont des humains.
07:54Donc, il y a plein de paramètres.
07:55Et si on n'accompagne pas suffisamment les gens,
07:57et malheureusement, aujourd'hui,
07:58on n'a pas suffisamment de personnel,
08:00par exemple,
08:01la mairie pourrait, justement,
08:04faire convoquer plus régulièrement,
08:05venir suivre les gens,
08:06faire des inspections
08:07de manière aléatoire.
08:10Enfin, il y a des choses à faire,
08:11mais ça nécessite des moyens humains
08:13que la plupart des mairies
08:15et ou même l'éducation nationale n'a pas.
08:17Là, en ce qu'on concerne,
08:17c'est vraiment la mairie.
08:18Arnaud Gallet,
08:19le dernier mot pour vous
08:20dans un communiqué.
08:22Le rectorat de Montpellier
08:23exprime son soutien
08:24et sa solidarité
08:26aux enfants
08:27et aux familles concernées
08:28par ces faits
08:28d'une gravité exceptionnelle.
08:31Que peut-il faire d'autre,
08:32finalement,
08:32le rectorat de Montpellier ?
08:35Je pense qu'il ne peut pas faire
08:36grand-chose de plus.
08:37Tout à fait.
08:38De toute façon,
08:38il y a une action qui est menée,
08:39une action judiciaire.
08:40Aujourd'hui,
08:40le rectorat
08:41ne peut faire que ça
08:42et peut rappeler éventuellement
08:43quand même qu'en cas de doute,
08:45pas de doute,
08:45faites le 119.
08:46Enfin, je veux dire,
08:47je pense qu'il y a aussi
08:47des choses qui sont à rappeler.
08:48Le 119,
08:49c'est quoi, Arnaud Gallet ?
08:50C'est à l'enfance en danger.
08:52En fait,
08:52vous avez un doute,
08:53vous posez des questions
08:54ou là,
08:54vous avez des faits
08:55extrêmement graves
08:56qui sont portés
08:57à votre connaissance.
08:58Vous faites le 17,
08:59vous allez à la gendarmerie nationale.
09:01Il ne faut pas hésiter
09:02à parler,
09:04à dénoncer.
09:05Bien sûr.
09:06Bien sûr.
09:06Et prendre en compte
09:07la parole des enfants,
09:08en fait,
09:08les enfants ne mentent pas,
09:09les enfants sont des personnes sérieuses,
09:10c'est important de le rappeler.
09:11Et donc, derrière,
09:12il faut que nous,
09:13on soit en capacité
09:13de se mettre à hauteur d'enfants
09:14et de les protéger.
09:15Et c'est ça le message
09:16qui me semble essentiel
09:16en fait de rappeler
09:17et que le rectorat
09:18pourrait éventuellement rappeler
09:20même si effectivement,
09:21ils font bien de rappeler
09:22que là, pour le coup,
09:23la justice a été mise
09:25en ordre de marche.
09:26Merci beaucoup,
09:27Arnaud Gallet.
09:27Vous êtes le co-fondateur
09:28de Mouve Enfants,
09:29mouvement de lutte
09:30contre toutes les formes
09:31de violences faites aux enfants.
09:32Et merci Laurent Zameshkovski,
09:34responsable de la PEP,
09:35la Fédération des parents d'élèves
09:36de l'enseignement public.
09:37Merci beaucoup
09:38d'avoir été notre invité ce soir.
09:40Restez avec nous,
09:41on va essayer de vous redonner
09:42un peu le sourire
09:42malgré les événements.
09:43On vous emmène dans la nature,
09:45dans la forêt primaire
09:45de Fontainebleau
09:46pour votre chronique La France
09:47face au changement climatique.
09:49A tout de suite.
09:49Gail Giordana
09:50RTL Soir
09:53Merci à tous.
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