00:00 (Générique)
00:04 "La République contre-attaque", c'est l'expression qu'a employée hier le Premier ministre Gabriel Attal lors de son discours à Viry-Châtillon
00:11 pour lutter contre la violence de certains jeunes. Il veut des changements à l'école, il veut responsabiliser les parents également.
00:18 Et justement, on va en parler avec Laurent Zameskovski, porte-parole de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.
00:24 Bonjour monsieur.
00:26 Bonjour.
00:27 On va parler des mesures dans le détail, mais d'abord sur le constat qu'on a entendu hier, sur les mots employés par le Premier ministre,
00:34 donc sur "saut d'autorité" face à la violence. Il a parlé d'addiction parfois à la violence de certains jeunes.
00:40 D'abord, est-ce que vous partagez, vous, ce niveau d'alerte, ce niveau de mise en garde ?
00:45 Qu'est-ce qui remonte du terrain et des parents d'élèves que vous représentez ?
00:50 Alors effectivement, il y a malheureusement une vulgarisation de la violence qui viendrait aussi quand même à pas mal des médias
00:59 et effectivement aussi des réseaux sociaux qui entraînent justement un effet de meute.
01:05 Et donc, il est nécessaire absolument de pouvoir réguler cela. Et c'est pour ça que, notamment, notre fédération appelle depuis bien longtemps
01:15 à commencer notamment toute l'éducation aux médias et à l'information dès le primaire, dès l'élémentaire.
01:22 Mais au-delà, vous dites qu'on en parle beaucoup dans les médias, mais est-ce qu'il y a plus de violence à l'école selon les parents que vous représentez
01:30 ou est-ce que c'est une exagérée ? Parce que j'ai cru comprendre ça dans votre premier propos.
01:37 Alors je n'ai pas dit que c'était exagéré, je dis simplement qu'effectivement il y avait un effet d'entraînement et aussi de mise en avant par rapport à ça.
01:45 Mais de l'autre côté aussi, malheureusement, l'école est exposée aux maux de la société, aux tensions qui existent dans la société.
01:53 Et donc forcément, nos jeunes, qui sont des réceptacles, le prennent de plein fouet et malheureusement,
02:03 retranscrivent cette violence qui existe dans la société au sein de l'école.
02:07 Deuxième chose qu'a dit le Premier Ministre hier, il dénonce, je cite, des groupes plus ou moins organisés qui cherchent à faire un entrisme islamiste.
02:16 Et il a dit notamment dans les écoles. Alors là encore, c'est la même question que je vous pose, est-ce que c'est une réalité ?
02:23 Alors on assiste de plus en plus à des incidents de ce type-là.
02:28 Effectivement, l'école est quelque chose de stratégique et malheureusement, jusqu'à présent, on avait pu être épargné.
02:36 Mais aujourd'hui, on voit bien ce qui s'est passé avec d'abord Samuel Paty, plus récemment Dominique Bernard,
02:43 ou d'autres situations au point où un proviseur décide de partir prématurément à la retraite.
02:50 Donc là, vous êtes d'accord sur le constat, c'est une réalité.
02:52 Alors on va parler maintenant de la mesure qu'on a gardée en tête, donc la présence obligatoire de 8h à 18h pour les collégiens.
03:01 Alors d'abord, on n'a pas encore parfaitement compris l'étendue de la mesure, mais en priorité dans les zones d'éducation prioritaire,
03:07 est-ce que c'est une bonne mesure ? Est-ce que c'est une mesure même à étendre à tous les collèges, selon vous ?
03:12 Justement, selon nous, il ne faut pas se limiter au seul zone d'éducation prioritaire.
03:18 Parce qu'on a pu constater qu'un certain nombre de parents décidaient de mettre leurs enfants dans le privé,
03:25 notamment par rapport à ça, puisque vous comprenez bien que lorsque vous êtes en primaire, vous avez des horaires fixes,
03:31 et que vous arrivez au collège, vous vous retrouvez donc avec des élèves en 6ème, qui ont entre 10 et 11 ans,
03:38 qui parfois se retrouvent dans la rue à 15h, alors que les parents, eux, ne rentrent qu'à 18h.
03:44 Malheureusement, aujourd'hui, les parents ont besoin de travailler, c'est assez difficile, et je ne parle même pas à des familles monoparentales,
03:52 ou d'autres situations plus compliquées, qui fait que malheureusement, c'est compliqué cette période-là, entre 15h et 18h,
04:00 où vous n'êtes pas en capacité de pouvoir surveiller vos enfants, et que ceux-ci se trouvent à subir des influences diverses et variées,
04:09 et là, forcément, ils sont très jeunes et donc influencés.
04:13 - C'est une bonne idée, selon vous, je vous pose la question, c'est la Une de Ouest France ce matin,
04:17 qui fait sa Une sur le fait qu'il y a 15 millions d'heures de cours perdues chaque année à cause du non-remplacement des profs.
04:23 Comment vont faire les enseignants pour assurer, là vous citez les exemples d'élèves qui finissent à 15h,
04:28 donc comment vont-ils faire pour assurer 3h de plus de cours et d'encadrement des enfants, si déjà on manque de profs ?
04:35 - Exactement, malheureusement, c'est le problème actuel, c'est-à-dire que toutes les réformes qui ont été proposées
04:41 ne sont réalisables de manière satisfaisante que, bien évidemment, avec des enseignants.
04:46 Aujourd'hui, en théorie, nos enfants pourraient déjà être accueillis en permanence ou en études,
04:51 notamment avec le dispositif d'avoir fait etc. au collège,
04:55 malheureusement, les collèges, hormis les questions d'espace, n'ont pas suffisamment de personnel,
05:00 que ce soit aussi bien des enseignants que notamment des assistants d'éducation.
05:04 Les assistants d'éducation qui, pour nous aussi, sont fondamentaux,
05:07 permettent de détecter de manière précoce un certain nombre de situations
05:11 et donc de faire de la prévention plutôt que de la répression.
05:15 - Merci beaucoup, merci d'avoir été avec nous ce matin, Laurent Zameskovski,
05:20 je rappelle que vous êtes porte-parole de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.
05:23 Bonne journée sur RTL, à bientôt.
05:27 Retrouvez cette interview sur RTL.fr
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