00:00Punchline sur CNews et Europe 1.
00:0318h-19h, Thierry Cabane.
00:1218h15, bienvenue sur Europe 1 et sur CNews, c'est votre Punchline version été.
00:17L'équipe du soir, Najwa et Laïté est avec nous, André Valigny est avec nous, Mathieu Hock est avec nous, Julien Drey est avec nous.
00:24Sans oublier Tanguy Hamon, notre spécialiste police-justice.
00:27On va commencer avec vous, Tanguy Hamon, nous étions à la prison de Vendin-le-Vieil il y a quelques instants au début de cette émission pour annoncer l'arrivée de Mohamed Hamra.
00:38Mais l'autre affaire qui nous a un peu interpellé, et pour ne pas dire davantage, c'est Gérald Darmanin qui est visé par une plainte pour abus d'autorité déposé par l'un des avocats, des détenus justement de Vendin-le-Vieil.
00:50Il est arrivé il y a 48 heures et déjà il y a dépôt de plainte.
00:52Racontez-nous cette affaire.
00:54Exactement, et c'est incroyable.
00:55Il estime que son client, son client qui est un Algérien condamné pour des faits liés à la drogue et aux armes,
01:00et qui est également soupçonné d'associations de malfaiteurs criminels,
01:04et bien il estime que cet individu a été transféré à Vendin sans qu'on ait établi qu'il y avait toujours un lien alors qu'il est en prison,
01:11avec des réseaux de drogue ou des bandes criminelles.
01:14Puisqu'il faut savoir que le Conseil constitutionnel a validé ses mesures carcérales pour les plus gros criminels du pays,
01:20si on peut prouver qu'ils ont toujours des liens avec l'extérieur pour commettre des crimes ou organiser leur trafic.
01:27L'avocat estime donc que ce n'est pas le cas.
01:30Il a attaqué Gérald Darmanin.
01:32Il a dit, je cite cet avocat, il estime que Gérald Darmanin a éhontément piétiné les conditions fixées par le Conseil constitutionnel.
01:41Gérald Darmanin, lui, a réagi.
01:44Il parle d'une, je cite, nouvelle tentative de pression pour faire reculer l'autorité de l'État.
01:50Et il a dit, assumer pleinement son action de grande fermeté.
01:54Merci pour ces précisions.
01:55Alors ça tombe bien, on a deux avocats autour de cette table ce soir.
01:59Pourquoi la Cour de justice de la République, Najwa, elle a été ?
02:03Je me suis posé la question, en termes de compétences.
02:06J'attendais votre réponse.
02:07Oui, je me suis posé la question parce que ce n'est pas devant la Cour de justice de la République que j'aurais déposé cette plainte
02:16ou en tous les cas j'aurais enclenché une procédure.
02:20C'est plus devant le tribunal administratif parce que je rappelle que la Cour de justice de la République,
02:26c'est un sens qui est habilité à juger les ministres en cours d'exercice dans le cas d'un délit ou d'un crime.
02:38Là, ce n'est ni un délit, ni un crime.
02:42J'ai envie de vous dire cet soi-disant abus d'autorité.
02:45Après, il faut le prouver, cet abus d'autorité.
02:47Mais déjà, il y a un problème de compétence, de juridiction qui interpelle.
02:53Quel est le but recherché, André Valigny, alors ?
02:57Je ne sais pas quel est le but recherché.
02:58Je pense que cette plainte va...
03:00A son client, peut-être, sachant qu'évidemment, les projecteurs sont focalisés sur cette prison de haute sécurité.
03:07Je ne sais pas parce qu'il y a une erreur d'aiguillage totale.
03:12Je suis d'accord avec ma consoeur.
03:13La Cour de justice de la République, elle n'est pas faite pour juger ce que font les ministres dans le cadre de leur activité ministérielle,
03:20sauf s'ils commettent un crime ou un délit dans le cadre de leur fonction, ce qui n'est pas le cas, en l'espèce.
03:24Donc, l'avocat, à mon avis, a fait n'importe quoi.
03:26Est-ce que c'est pour faire parler de lui ? Je ne sais pas.
03:28Julien Dré, vous avez un avis sur le sujet ?
03:30Non, je pense que la démarche, elle est simple, elle est politique.
03:33Oui, c'est ça.
03:34Si on va par la justice...
03:34On cherche midi à 14h, en fait, c'est tout simplement politique.
03:36Oui, c'est politique, là.
03:38Si on va par la justice normale, bon, c'est la justice normale, on est à peu près certain du résultat.
03:42La justice va dire qu'il n'y a rien à voir circuler.
03:44La Cour de justice de la République, d'abord...
03:47C'est pas pareil.
03:47C'est pas pareil, ça prend une autre dimension.
03:49C'est l'exercice du métier, c'est l'autorité de M. Darmanin, c'est l'exercice de sa fonction.
03:54C'est la possibilité, peut-être, qu'à l'Assemblée nationale, ça soit relayé par des députés qui demandent, eux, la Constitution.
04:00Voilà, c'est un chemin politique.
04:03Sauf que ça peut aller vite, ça peut aller vite.
04:04Dans 15 jours, la CJR peut se déclarer incompétente et ce sera fini.
04:08T'as raison, André, pardon.
04:09T'as raison, André, mais ça permet de faire de l'agitation pendant 15 jours.
04:12Voilà, ou trois semaines, ou un mois.
04:14Et ça renvoie au débat qu'on a eu au début.
04:16Vous voyez, ça devient tout d'un coup, ce rassemblement-là va devenir la cible.
04:21Une cible politique.
04:22D'autant que je l'évoquais, on le sait, Julien, à travers tous les sondages qu'on peut faire,
04:28les Français attendent des réponses fermes, du concret.
04:32Et là où Gérald Darmanin est assez malin, c'est que là, c'est du concret.
04:37C'est-à-dire qu'en fait, il parque dans deux établissements, les plus gros narcotrafiquants.
04:42On parle des prisons modulaires.
04:43On sait que là, il n'est pas très empêché.
04:46Et là, c'est une réponse concrète peut-être aux attentes aussi.
04:48C'est là où je rejoins peut-être sur l'aspect politique.
04:50Peut-être.
04:50La démarche, c'est effectivement de remettre la politique dans le dispositif judiciaire
04:57pour essayer de fragiliser l'autorité de M. Darmanin,
05:01de faire que l'Assemblée, ça soit relayée, que des questions écrites, des questions orales,
05:04tout ce que vous voulez.
05:05Et qu'à ce moment-là, l'institution commence à être fragilisée par cette politisation-là.
05:12Alors, c'est une tentative.
05:14Mais ça renvoie à quoi ?
05:16Ça renvoie à ce que représentent tous ces détenus.
05:18C'est-à-dire, ces détenus, c'est une pieuvre.
05:21Ils ont tellement d'argent qu'ils sont capables de mobiliser des avocats
05:24qui sont prêts à faire n'importe quoi parce qu'ils sont très bien payés pour le faire.
05:28Des relais médiatiques, tout ce que vous voulez, etc.
05:30C'est ça le problème auquel on s'affronte.
05:32Et ça me permet de revenir sur le débat.
05:34Oui, il faut protéger les fonctionnaires.
05:36Mais la vraie question qui est posée, c'est est-ce qu'on va avoir le courage
05:38d'aller à cet affrontement avec les narcotrafiquants ?
05:41Est-ce qu'on va aller jusqu'au bout ?
05:42Or, là, la bataille qui a commencé, c'est celle-là.
05:44La bataille judiciaire, etc., c'est d'essayer de faire peur pour qu'on recule.
05:48Vous avez bien vu ce qui s'est passé, Julien.
05:50On l'a commenté ensemble sur ce plateau.
05:51Quand il y a eu l'annonce de ce projet,
05:54il y a eu des exactions autour d'un certain nombre d'établissements.
05:58Parce qu'évidemment, à partir du moment où vous commencez
06:00à aller sur le terrain des narcotrafiquants,
06:02ils n'aiment pas ça, par définition.
06:04Et là, si vous voulez parquer dans deux établissements,
06:07privés de téléphone, etc.,
06:09évidemment, ça les dérange, on peut le comprendre.
06:11Ils vont chercher ce qu'on appelle
06:13les accommodements raisonnables avec l'institution.
06:16C'est-à-dire, ils vont commencer des pressions
06:18pour obtenir des concessions.
06:20On aurait le disé, tel portable qui va réussir à passer,
06:23telle visite qui n'était pas autorisée.
06:24C'est ça qui est en train de se passer pour eux.
06:26C'est-à-dire d'établir leur territoire, en fait.
06:29Rétablir leur territoire.
06:30Alors, peut-être que cette plainte,
06:31elle n'est pas si anodine que ça,
06:33et que c'est peut-être le début de quelque chose.
06:35Oui.
06:35C'est là où c'est très intéressant,
06:37parce que vous allez me dire,
06:38le vrai sujet, c'est qu'aujourd'hui,
06:39eux, ils cherchent à créer par cette plainte
06:41une affaire politique.
06:43Une affaire politique qui peut être ensuite après reprise
06:45par certains élus,
06:46notamment à l'Assemblée nationale.
06:48On peut se demander si certains élus,
06:49notamment de la France Insoumise,
06:51ne vont pas s'empresser d'utiliser
06:52cette plainte-là pour affaiblir Gérald Darmanin,
06:55pour demander une démission du gouvernement,
06:58voire pour demander peut-être même
06:59la démission de François Bayrou, etc.
07:02On voit jusqu'où ça peut aller,
07:04ce type de propositions.
07:06Ensuite, après, je suis d'accord
07:07avec ce que vous venez de dire aujourd'hui.
07:08Ce qui se joue sur le narcotrafic
07:10et plus globalement sur ce qu'on appelle,
07:12Georges Lennon appelait
07:13les territoires perdus de la République,
07:15c'est une lutte spatiale
07:17entre des narcotrafiquants
07:18et des gens qui veulent occuper un espace
07:20et qui y arrivent dans un certain nombre,
07:21justement, de territoires perdus de la République,
07:23parce qu'aujourd'hui, l'État,
07:24d'une certaine façon, est faible
07:26et a adopté la doctrine
07:27de l'accommodement raisonnable,
07:29du pas de conflit, pas de vague,
07:30on le formule un peu comme on veut,
07:31mais c'est qu'aujourd'hui,
07:32on a trop laissé,
07:33on a trop reculé
07:34parce qu'on a pratiqué, je pense,
07:36une certaine idéologie de l'excuse,
07:38une culture de l'excuse
07:39qui a mené à une culture d'impunité
07:41et qui crée justement aujourd'hui
07:42de la récidive où des jeunes
07:44et des moins jeunes aujourd'hui
07:45contestent l'autorité de l'État
07:47et pratiquent et mettent en place
07:49une société véritablement parallèle,
07:51avec une économie parallèle,
07:53avec des moyens de sécurité
07:56qui sont parallèles,
07:57avec même parfois des tribunaux
07:59qui sont parallèles
07:59et c'est de ça aujourd'hui
08:00dont il s'agit.
08:02Je veux bien qu'on dise
08:04que c'était la culture de l'excuse
08:05si je vois bien ce qu'il y a derrière,
08:07c'était la gauche
08:07qui était généreuse,
08:09qui pensait que...
08:11On peut en discuter,
08:12certainement qu'à un moment donné,
08:13il y a eu cela dans les années 2000,
08:15mais on n'est plus
08:15dans cette situation-là.
08:16Parce que ce à quoi
08:17on s'affronte aujourd'hui,
08:19c'est une mafia.
08:20Organisée, structurée.
08:22Ce n'est pas des jeunes délinquants
08:23qui sont en mal d'être
08:25dans leur cité, etc.
08:26D'ailleurs, la plupart des chefs
08:28ne sont pas en France.
08:29Ils ne sont pas en France,
08:30ça c'est clair.
08:30Dans les Émirats,
08:31la plupart,
08:32ou dans quelques États voisins,
08:34ils gèrent des réseaux financiers considérables.
08:39Des blanchisseuses,
08:39vous en avez plein en France
08:40en ce moment.
08:41Posez-vous la question de savoir
08:42comment ça se fait
08:42qu'il y a autant d'ongleries
08:43qui s'ouvrent.
08:45Et de barbeurs aussi.
08:46Alors, les barbeurs,
08:46n'en parlons pas,
08:47les ongleries.
08:48Il fut un temps,
08:49c'était les kebabs.
08:50Maintenant, les kebabs,
08:51ça marche moins.
08:51Et puis d'un coup,
08:52vous avez...
08:52Je suis à peu près certain
08:54que si on commence à regarder,
08:55on va découvrir...
08:56Moi, j'en ai vu une ouvrir
08:57la coté.
08:57Moi, il n'y a jamais personne.
08:58Donc, je me dis
08:59quelle est la personne
09:00qui a décidé d'ouvrir
09:02une onglerie
09:02dans un endroit
09:03où on savait
09:03qu'il n'y avait pas de clientèle.
09:04Mais c'est comme ça
09:05que circule l'argent.
09:07C'est pour ça que je n'arrête
09:08pas d'insister
09:09depuis quelques semaines,
09:15derrière, il y a autre chose
09:16aujourd'hui.
09:17Ce n'est plus de la même dimension.
09:19La dimension,
09:19c'est que vous avez
09:20une mafia organisée
09:21qui se permet des choses
09:22qu'on n'aurait jamais imaginées
09:24il y a encore quelques années.
09:25Quand vous êtes capable
09:26d'aller prendre un dealer
09:28dans une cité du 93,
09:29le descendre à Avignon,
09:31le brûler vif
09:31et de filmer ça
09:33et de le mettre partout,
09:34j'ai le degré où on en est.
09:35Et regardez l'actualité
09:36quasiment tous les jours.
09:37Tous les jours, comment ?
09:38Tous les jours.
09:38C'est à Nîmes.
09:39Vous faites référence au...
09:40Tous les jours.
09:41C'est tout territoire.
09:42Parce que c'est plus simplement
09:42quelques cités.
09:43C'est tout un territoire.
09:44C'est toute une organisation.
09:45Et de ce point de vue-là,
09:46la question de l'organisation
09:47de la justice et de la police,
09:50elle va être posée.
09:51Parce qu'il va falloir chercher
09:52pour pouvoir faire tomber
09:54ces gens-là.
09:55Il faut faire comme
09:55l'avaient fait les Italiens
09:57avec la mafia en Sicile.
09:59Comme l'ont fait les Américains
10:00quand ils ont voulu vraiment
10:01enfin s'attaquer.
10:02Il faut s'attaquer
10:03aux réseaux financiers.
10:05Parce que tant que vous n'arrivez pas
10:05à casser ces réseaux financiers,
10:07vous n'en sortez pas.
10:08Et donc ça veut dire...
10:09Voilà.
10:09Et je finis une chose
10:10parce que ça m'obsède.
10:11Je ne comprends pas,
10:12par exemple,
10:13qu'il n'y ait pas un pôle
10:13contre la DZ Mafia
10:15qui ait déjà été installé.
10:17Parce que ça devient maintenant...
10:18Je vois autour de moi.
10:19Je vois même maintenant
10:19dans les métros,
10:20des choses comme ça,
10:21DZ Mafia.
10:22C'est devenu un cycle
10:23de rassemblement.
10:24DZ Zorro.
10:25C'est ça le truc.
10:26Or, normalement,
10:27on devrait avoir
10:27un parquet spécialisé
10:28qui est déjà constitué
10:29avec des policiers préparés,
10:31avec des enquêtes
10:31qui sont faites
10:32et avec, comme on me dit,
10:33la war room
10:33où on met les têtes
10:35et on dit cela, cela.
10:35Et on perd du temps.
10:36La DZ Mafia,
10:37c'est une pieuvre.
10:38Oui, c'est une pieuvre.
10:40La DZ Mafia
10:40est en train de faire
10:41une opéa
10:42sur l'ensemble du territoire.
10:44C'est ça qu'il faut comprendre.
10:45Et la puissance de feu
10:46est considérable.
10:46Et elle est considérable.
10:47Je vois la IT.
10:48Un dernier mot sur le sujet ?
10:49Oui.
10:51Je pense que Julien Dray
10:53a tout dit.
10:54C'est-à-dire que la guerre...
10:56Une bonne partie.
10:57Non, mais tout dit
10:58dans le sens
10:59où la guerre,
11:00elle est contre un système parallèle,
11:03j'ai envie de vous dire,
11:04avec ses codes,
11:05ses règles,
11:07où vous le disiez,
11:08où les règlements de comptes
11:10sont de plus en plus violents,
11:12avec des jeunes,
11:14de plus en plus jeunes d'ailleurs,
11:15des mineurs,
11:16qui sont attirés
11:17par l'agent facile
11:18en pensant que
11:19c'est plus une partie
11:21de plaisir.
11:22D'ailleurs,
11:22il y en a qui communiquent
11:24de manière éhontée,
11:26comme si c'était,
11:29on va dire,
11:31une partie de plaisir
11:32de vendre de la drogue,
11:34c'est fun, etc.
11:35Il y a des personnes
11:36qui communiquent
11:37comme dans des clips de rap
11:38où on dit,
11:39regardez,
11:40c'est sympa,
11:40vous gagnez de l'argent
11:41et en plus,
11:42c'est plutôt sympathique.
11:43Eh bien non,
11:44je le disais,
11:45non,
11:45c'est d'une extrême violence,
11:47on bascule tout de suite
11:48vers la barbarie.
11:50Et là,
11:50tout à l'heure,
11:51vous disiez,
11:51les mots ont un sens.
11:52On bascule tout de suite
11:53vers la barbarie
11:55où il y a des mineurs
11:56qui périssent
11:57dans des conditions
11:58mais ignobles,
12:00calcinés
12:00dans des coffres
12:01de voitures
12:02et c'est ça la réalité
12:04du trafic de stupes.
12:06On arrive à des scènes
12:07dans lesquelles
12:07on n'a assisté
12:08absolument pas en France
12:09il y a quelques années.
12:10Julien Drey.
12:11Un dernier élément
12:12de blanchissement,
12:14les influenceurs.
12:15Vous avez des influenceurs
12:16tout d'un coup
12:17qui se retrouvent
12:17avec des centaines
12:18de milliers de followers.
12:19On ne sait pas
12:20comment ces followers
12:20sont arrivés.
12:21Et en fait,
12:21derrière,
12:22c'est les mafias
12:22qui achètent les followers
12:24pour faire monter
12:25ces influenceurs
12:25parce qu'à un moment
12:26de nous ou un autre,
12:27ces influenceurs
12:27vont leur servir
12:28pour mener
12:29telle ou telle campagne,
12:30désinformer, etc.
12:31Là, il est en train
12:32de se passer aussi
12:33quelque chose,
12:33c'est nouveau.
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