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  • il y a 8 mois
Des agriculteurs vont manifester devant le Palais Bourbon pour défendre la proposition de loi "Duplomb" à l'appel du tandem syndical FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA). Selon un communiqué, "dès lundi matin, JA et la FNSEA seront devant l'Assemblée nationale" pour "exprimer le refus" de ce qu'ils considèrent comme une tentative "d'obstruction" par les députés LFI et Écologistes, qui ont déposé des centaines d'amendements sur ce texte, qui vise à "lever les contraintes" pour les agriculteurs. La proposition de loi Duplomb, qui sera examinée par les députés à partir de ce lundi 26 mai, divise les syndicats agricoles. 

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Transcription
00:00Et revoilà sur le terrain les agriculteurs cette fois.
00:03Vous vous souvenez de la crise agricole au début de l'année dernière ?
00:06Eh bien, ils sont de retour parce qu'ils disent que rien, en quelque sorte, n'est réglé pour les réserves d'eau
00:11et pour l'utilisation de certains pesticides.
00:14Il y a bien une loi qui devrait voir le jour dans les prochains jours,
00:17mais cette loi est en train de se vider, semble-t-il, de sa substance au Parlement.
00:22Il s'agit de la loi Duplon dont l'examen débute demain à l'Assemblée nationale, la FNSEA.
00:28Et les jeunes agriculteurs, d'ailleurs, appellent à des rassemblements demain devant l'Assemblée.
00:32Voici, d'ailleurs, pour en parler, notre rubrique Les Éclaireurs.
00:36Vous êtes avec nous en plateau, Frédéric Fernandez.
00:38Que prévoit cette loi au juste qui est au cœur des débats qui débutent demain ?
00:42Alors, cette proposition de loi émane du Sénat et a pour objectif de lever les contraintes sur les agriculteurs,
00:49avec notamment un assouplissement de certaines démarches administratives ou obligations environnementales
00:55en matière, regardez, de produits phytosanitaires, de bâtiments agricoles ou de stockage de l'eau.
01:01On rappelle aussi que les agriculteurs s'étaient déjà mobilisés à deux reprises en 2024
01:05pour que soient justement levées toutes ces contraintes.
01:09Alors, Frédéric, pourquoi les agriculteurs ont décidé de se mobiliser demain ?
01:13Demain, les jeunes agriculteurs et la FNSEA seront devant l'Assemblée nationale
01:17car ils considèrent qu'il y a une tentative d'obstruction du texte,
01:21notamment par les députés de la France Insoumise et les députés écologistes.
01:26Il faut bien noter que déjà, vous le voyez, près de 3 500 amendements ont été déposés.
01:331 500 amendements ont été déposés uniquement par les députés écologistes
01:37qui, eux, considèrent que le projet de loi est un recul environnemental.
01:41Par contre, du côté de la FNSEA, le texte est considéré comme vital
01:45et répond aux attentes des exploitants après la crise agricole de l'an passé.
01:49Et justement, je vous propose d'écouter à ce sujet la réaction d'agriculteurs que nous avons rencontrés.
01:55On attend beaucoup de choses de cette loi
01:57parce que ce serait la loi qui finaliserait les événements que nous avons passés
02:02il y a maintenant plus de 18 mois.
02:04S'il faudra ressortir dans la rue, on sortira, ça c'est pas un problème.
02:08On va pas rester comme ça.
02:11Les agriculteurs, vous l'avez compris, sont donc déterminés.
02:14L'examen de la loi du plomb devrait s'étaler sur plusieurs jours, voire jusqu'au mardi 3 juin.
02:20Et on en parle avec notre invité sur BFM TV.
02:22Il s'agit de Luc Smessard, un des vice-présidents de la FNSEA.
02:26Bonjour monsieur.
02:27Vous êtes en duplex depuis votre ferme à Roi-Boissy dans le département de l'Oise
02:33grâce aux moyens techniques de Mathieu Delvalet.
02:35Première question, pourquoi la pression demain sur le terrain concrètement ?
02:38Juste parce qu'on peut pas nous avoir promis il y a 15 mois quand on a fait des manifestations historiques
02:46tous des engagements pour simplifier la vie des agriculteurs, pour redonner du revenu,
02:51pour qu'on puisse enfin produire en France notre alimentation.
02:55Je le rappelle, on importe 50% de notre alimentation et chaque année on importe un peu plus
03:00parce qu'on ne nous donne pas les moyens de produire.
03:02Et donc ce texte, il est attendu et comme vous venez de le dire, cette obstruction parlementaire nous met en colère.
03:09Aujourd'hui je peux vous dire que la colère est grande puisqu'on est en train d'abandonner,
03:13voire on est même en train de condamner notre agriculture française.
03:17Je lis bien sur votre tracteur derrière, l'État nous plombe notre métier.
03:21En plus vous faites des jeux de mots par rapport à cette loi du plomb qui est attendue demain.
03:25Et vous me disiez hier en préparant cette émission que cette loi a du plomb dans l'aile
03:32parce que tout simplement on est en train, les députés sont en train de la vider de sa substance.
03:38Ce sera une coquille vide ?
03:42En tout cas, on a des députés qui sont complètement hors sol.
03:45On est les boucs émissaires de ce chaos politique.
03:47Que des écologistes, que des gens aujourd'hui de la gauche nous disent qu'il vaut mieux importer notre alimentation,
03:56qu'il vaut mieux l'importer de l'autre bout de la planète.
03:58Je ne vous dis pas le coût de carbone qu'on est en train d'importer de façon une agriculture industrielle
04:05de l'autre bout de la planète alors que chez nous on a des femmes, des hommes passionnés
04:09qui font avec vraiment méthode, avec bien sûr on produit mais on a aussi un vrai intérêt
04:15de maintenir l'environnement, la biodiversité.
04:18Et je crois que juste qu'on a aujourd'hui des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent.
04:22C'est les premiers à avoir voté contre le Mercosur avec nous et qui nous disent aujourd'hui
04:26non on ne veut pas, on ne veut pas de bâtiment.
04:29On ne veut pas de bâtiment pour produire enfin la volaille qu'on achète dans nos rayons.
04:34On ne veut pas stocker un peu d'eau parce que pour produire des légumes, pour produire des fruits,
04:39oui on a besoin d'eau.
04:40Quand on est dans les Pyrénées-Orientales, quand on est en Ardèche, on a besoin d'eau.
04:44C'est indispensable.
04:46Et puis stocker un peu d'eau c'est éviter qu'elle parte à la mer et c'est aussi éviter
04:50que nos ruisseaux, que nos cours d'eau soient asséchés cet été alors qu'on est en pleine
04:55sécheresse.
04:56À un moment donné il faut juste du bon sens.
04:58Il faut qu'on arrête de nous enfumer et que ces extrêmes, ces anti-tous sont en train
05:03de tuer l'initiative.
05:04Et comment dire à un jeune demain, je vais faire ce métier alors qu'on ne nous donne
05:09pas les mêmes moyens puisqu'on nous avait promis d'éviter ces distorsions avec nos
05:14voisins européens.
05:16On parle des produits phytosanitaires.
05:17C'est juste 26 pays sur 27 autorisent ces substances et que nous on sera simplement
05:25demain en dérogation avec ce texte.
05:27Donc arrêtons de nous dire qu'on fera de la décroissance.
05:29On est en train de faire de la décroissance, de la production.
05:33Et c'est pour ça que cette mobilisation demain elle sera forte.
05:36Et si on n'aboutit pas avant les moissons, je peux vous dire que oui, les mouvements vont
05:41reprendre et vont reprendre de plus belle.
05:43Quand rapidement, c'est-à-dire que demain vous serez au Parlement, vous irez mettre la
05:48pression aux députés, mais vous pourriez revenir dans la rue, il pourrait y avoir de
05:53nouvelles initiatives dans les prochains jours dès que vous aurez terminé justement
05:56les moissons ?
05:59– Oui, bien sûr, même avant, puisque en tout cas en ce moment on est en plein
06:04dans les foins, on a énormément de travail sur nos exploitations, mais nous on ne va
06:08pas faire un pas en avant, trois pas en arrière.
06:10On n'est pas question que ces paroles ne soient pas transformées.
06:14Je le disais, on ne va pas accepter cet enfumage politique.
06:17On veut absolument des textes avant la moisson, c'est-à-dire pour le 15 juin.
06:23Quelles que soient les tractations politiques, là on nous parle d'une motion de rejet pour
06:26faire avancer le texte ? Vous savez, c'est difficile à comprendre quand on est sur le
06:30terrain. En tout cas, ce qu'on veut, nous, c'est un texte et il faut que le gouvernement
06:33prenne ses responsabilités, qu'on ait des dates et que derrière il y ait un vote.
06:38– Alors, vous ne bougez pas, Luc Messer, je reviens vers vous pour de nouvelles questions
06:43dans quelques secondes. D'un mot, Charles Sapin, il y avait eu des promesses avec, je me
06:47souviens, dans la région toulousaine, au pied des Pyrénées, l'an dernier, en plein milieu
06:52de la crise, Gabriel Attal, Marc Fénault qui était descendu dans le sud et qui avait
06:57tapé dans la main de Jérôme Baye. Tout ça, ça a disparu ?
07:01– En fait, c'est ça. Pour comprendre la colère des agriculteurs, il faut revenir un petit
07:04peu en arrière. Il faut revenir au mois de février 2024 où le Premier ministre de
07:08l'époque, Gabriel Attal, avait, au milieu des bottes de paille, multiplié les mesures
07:14et les propositions pour les agriculteurs, des mesures qui étaient alors considérées
07:18comme vitales par les agriculteurs. Le problème, c'est que la mise en application de ces
07:23mesures a pris du temps. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la dissolution, ensuite il y a eu la
07:26chute du gouvernement Barnier. Et jusqu'à ce que ces mesures soient reprises dans cette
07:30loi, loi Duplomb, jusque-là tout va bien, qui a été adoptée au Sénat en janvier
07:36dernier. Et puis, lorsque cette loi a été examinée la semaine dernière à l'Assemblée
07:40nationale, elle a été totalement détricotée en commission. Pire, vous avez les groupes
07:45écologistes et de la France insoumise qui ont multiplié les amendements, près de
07:49plus de 1000 amendements chacun sur le texte, pour faire de l'obstruction parlementaire
07:53pour que ce texte, en fait, n'arrive pas à son terme. Donc, existe l'idée d'une
07:59souveraineté alimentaire gravée dans le marbre de la loi. Exit les dérogations
08:03pour l'utilisation de certains pesticides, comme c'était promis. Exit le caractère
08:08d'intérêt général supérieur reconnu aux retenues d'eau. C'est quelque chose de
08:14très inflammable. Pourquoi ? Parce qu'il faut le rappeler, vous avez un suicide d'un
08:18agriculteur tous les deux jours. Depuis 30 ans, 60% des exploitations ont fermé.
08:24Le Premier ministre sait que cette situation est très inflammable. Il avait fait de la
08:30colère paysanne l'un des principaux axes de sa campagne présidentielle en 2007. Là,
08:35il se prépare à y faire face.
08:37Luc Sbessard, dernière question. On vous sent très en colère, très remonté. Vous pouvez
08:44mettre la pression, vous nous dites dans les prochaines semaines, ça c'est sûr, c'est-à-dire
08:48la FNSEA, les jeunes agriculteurs et les amis de Jérôme Bayle, les ultras de la 64 ?
08:57Oui, très clairement, puisqu'on est déterminé. On ne va pas nous la faire à l'envers. Nous,
09:03ce qu'on demande, c'est de travailler, qu'on nous donne la boîte à outils pour justement
09:06répondre à cet enjeu de produire chez nous notre alimentation. Je peux vous dire que
09:10tout le monde s'en portera mieux. Le porte-monnaie des Français, l'environnement, il faut qu'on
09:15arrête, ces escrolos, ces gens qui sont aujourd'hui des extrémistes, des anti-tous, qui veulent
09:20tuer la France. Nous, on a envie de travailler et on a envie de continuer à produire les
09:24bons produits, le bon lait ici, le bon blé, c'est tous ces éléments-là. Et je peux vous
09:28dire qu'il y a des jeunes qui veulent faire ce métier. Donc demain, on attend des députés
09:33de nous donner un signe et ne nous la faites pas à l'envers. Sinon, oui, la France sera
09:38debout pour réagir, pour que justement, on ne tue pas notre agriculture.
09:43D'un mot, Lux Messa, ça ne vous a pas échappé. Il y a des taxis dans la rue en ce moment,
09:48très en colère. La convergence des luttes, c'est possible avec les chauffeurs de taxi
09:51dans les prochains jours ?
09:54Je pense que la France aujourd'hui a besoin de se relever. Elle n'a pas besoin d'être
09:58au chaos. Le problème, c'est que si on est tous ensemble à bloquer Paris, à bloquer
10:02la France, on sait faire. Mais on est là surtout aussi pour aider et ne pas bloquer les gens
10:07qui vont au travail demain, qui vont aller aussi se retrouver pour ce pont de l'ascension.
10:11On a aujourd'hui besoin surtout d'un gouvernement qui tienne ses engagements. On ne croit plus
10:16en la parole politique. C'est ça qui est grave en France. Et on fait encore partie
10:20de ces professions qui disent, oui, donnez-nous les moyens. Et comme ça a été dit par votre
10:24reporter, on a besoin aussi de tous ces engagements sur la simplification.
10:28Ramenons du bon sens. Et je peux vous dire que le bon sens, nous, on l'a encore.
10:32On veut simplement pouvoir produire notre alimentation. Et aussi, oui, faire des avancées,
10:37continuer à ces transitions pour que demain, on puisse faire aussi encore mieux d'environnement
10:43et mieux de biodiversité. Je pense que sur les exploitations, et notamment ici, quand
10:47on a 22 km de haie, moi, j'attends tous ces gens-là qui viennent aussi passer une journée
10:51avec nous. Et ils verront que finalement, ah oui, ils étaient complètement hors sol.
10:55Merci, Luc Smessard, pour ce témoignage ce matin et ce rassemblement prévu à l'appel
11:01de la FNSEA et des JIA demain devant le Parlement à Paris. Merci également à
11:05Mathieu Delvalet pour les moyens techniques.
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