00:00Comment voulez-vous que nous soyons craints par le pouvoir algérien ?
00:04Je dis bien le pouvoir, par le gouvernement,
00:05puisque le pouvoir et le gouvernement, là-bas, c'est deux choses différentes.
00:09Avant, le pouvoir politique avait un certain poids.
00:13Depuis Tebboune, il n'en a pas.
00:16Le pouvoir est entièrement entre les mains des généraux
00:19qui sont derrière le rideau et qu'on ne voit pas,
00:21et avec qui on ne discute pas.
00:23Donc, on a, je le répète encore une fois,
00:26aucun moyen de coercition sur ces sujets vis-à-vis de l'Algérie.
00:30Vous pouvez abandonner tous les traités de 68.
00:35Ça ne changera rien ?
00:36Voilà.
00:36Ça ne changera rien.
00:37On peut arrêter certaines choses, quand même.
00:38On peut dire tous les visas, c'est fini.
00:42On peut s'occuper de nos frontières.
00:44On peut se protéger des gens ou pas.
00:46Mais rien ne fait pression sur l'Algérie ?
00:48Mais la pression sur le régime, non.
00:50Toute pression qu'on fera et qui, au contraire,
00:53fera souffrir soit les Algériens d'Algérie,
00:55soit les Franco-Algériens de France,
00:57sera une arme pour le régime.
00:59Donc, de toute façon,
01:00ce n'est même pas la crainte des émeutes
01:02ou des violences en France.
01:03Ce n'est pas ça.
01:03C'est que ce pouvoir, il faut bien comprendre,
01:06ce n'est pas un pouvoir démocratique
01:07qui attend d'être populaire parmi la population.
01:10C'est un pouvoir qui manipule, qui est faible.
01:12C'est un pouvoir marxiste.
01:13Il est faible.
01:14Mais plus il est faible,
01:15moins il peut céder à quoi que ce soit
01:17et qu'il manipule son opinion autant qu'il peut
01:20en ayant un ennemi, c'est la France.
01:22Bien.
01:22Et qu'il travaille la communauté algérienne
01:24par tous les moyens.
01:25Mais donc, ça, il faut s'occuper de savoir
01:28ce que nous, nous allons faire des EQTF
01:29qu'on ne veut pas reprendre.
01:30Alors, les envoyer au Rwanda, moi, je veux bien,
01:32mais même les Anglais ont échoué dans cette affaire.
01:34C'est-à-dire qu'en fait, on arrive...
01:36Ça ne marche pas vraiment, ça.
01:38Et ça ne fera pas changer le régime algérien.
01:40Ça, c'est ma première remarque.
01:41C'est que sur ce terrain-là,
01:43occupons-nous de savoir ce que nous,
01:44nous en faisons chez nous,
01:45comment on conforte nos frontières
01:48et qu'on n'en prend plus.
01:50Ça, c'est une chose.
01:51Ensuite, il y a un autre problème
01:53qui, pour moi, est très important.
01:55C'est celui de ce que j'appelle les otages.
01:58Ils prennent des otages.
01:59Donc, ils ont pris Voix-Ème Sanssalle.
02:00Ils en ont pris...
02:01Christophe Glees, le journaliste.
02:02Voilà, bon.
02:04Là, ce n'est plus la même chose.
02:05On n'est plus dans un problème
02:06de rapport normal d'État à État.
02:09On est dans un problème de guerre.
02:13Il faut bien comprendre quand même
02:15que c'est un cas de figure
02:17qui est très répandu maintenant dans le monde.
02:19Il y a les Iraniens qui le font,
02:20les Russes le font,
02:21mais ils ne sont pas les seuls.
02:21Les Américains le font.
02:23Ils nous l'ont fait sur Al-Sov.
02:25Ils l'ont fait aux Chinois
02:26sur une grande entreprise chinoise
02:28en faisant arrêter la numéro 2
02:30du groupe par les Canadiens.
02:32Bon.
02:33Tout ça, ça se traite autrement.
02:36Alors, une chose est certaine,
02:38c'est que dans aucun des deux cas,
02:39ça se traite sur la scène publique.
02:40C'est-à-dire, moi, je ne suis pas d'accord
02:42avec la façon dont Bruno Rotaillot
02:43traite ce problème.
02:44Je l'aime beaucoup.
02:46J'ai beaucoup d'essicc pour lui.
02:47Mais si vous le faites,
02:48si vous lancez des ultimatums
02:49sur la scène publique,
02:50vous êtes sûr d'une chose.
02:51Mais Henri, on a fait toute la stratégie d'avant,
02:53on l'a fait,
02:53et ça n'a pas marché non plus.
02:54Ça ne peut pas marcher.
02:55Mais Henri, ça n'a pas fonctionné.
02:56Non, non, attendez.
02:56On a essayé la diplomatie discrète.
02:57On a essayé la gentille, la caresse.
03:00Ça ne marchera pas.
03:01Mais si vous faites des ultimatums,
03:03ça, vous êtes sûr de toute façon
03:04qui n'a aucune issue.
03:06Voilà.
03:06Parce qu'ils ne peuvent pas s'aider.
03:09Donc, vous lancez des ultimatums
03:11sur des pays que vous pouvez étouffer,
03:13isoler, écraser.
03:16D'accord.
03:16Mais là, vous ne pouvez pas.
03:17Donc, ça ne sert à rien.
03:18Au contraire.
03:19Reste le problème des otages.
03:22Là, ça se traite autrement.
03:23Toujours derrière le rideau,
03:24mais ça se traite comme font les autres pays,
03:26comme fait tout le monde.
03:27C'est-à-dire que là,
03:28on est renvoyé à la guerre de l'ombre.
03:30C'est un problème d'utilisation
03:33de nos services.
03:35Il faut aussi prendre des gages.
03:38Voilà.
03:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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