00:00Avec nous en plateau pour en parler, Aurore Malval, rédactrice en chef du site Marianne,
00:05Jean-Marc Sylvestre est avec nous également, économiste, éditorialiste pour Atlantico,
00:08Yoann Gile, bonjour monsieur le député, député du GAR, porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée.
00:13On a vu avec Edgar Becquet effectivement ces menaces de censure, de votre part, de la part de la gauche aussi,
00:20mais il y a aussi des critiques en interne au sein même du gouvernement Bayrou avec Bruno Retailleau,
00:24porte-parole, ministre de l'Intérieur, président des Républicains, qui dit qu'il faut lever le tabou de l'immigration
00:30et il réclame d'ailleurs, dans un entretien au Figaro, de toucher encore à l'AME, l'aide médicale d'État, c'est ce que vous réclamez aussi ?
00:38Bien sûr que c'est ce que nous réclamons, mais Bruno Retailleau est dans un jeu de rôle en réalité, on le sait pertinemment.
00:44Mais c'est votre allié pour cette question ?
00:46Il est envoyé, non c'est pas notre allié parce qu'il emprunte nos mots, il emprunte notre programme,
00:50il emprunte nos souhaits qui sont ceux de millions de Français, mais quand il est aux responsabilités, il ne le fait rien en la matière.
00:57Il dit vouloir s'attaquer à l'AME, il avait dit la même chose il y a plusieurs mois, il n'y a qu'à malheur,
01:02c'est que quand nous proposons, nous concrètement, de nous attaquer à l'AME pour la supprimer au profit d'une aide médicale d'urgence,
01:07c'est ce qu'il dit dans son interview, et bien à l'Assemblée nationale, les députés de son parti politique
01:14ne votent pas ce changement qui est pourtant une nécessité pour notre pays.
01:19Donc en fait, Bruno Retailleau fait tout et son contraire, et est un acteur de la Macronie
01:24pour pouvoir tenter de faire croire à l'électorat du Rassemblement national,
01:29et bien que lui aurait le courage d'agir, mais la réalité c'est que c'est tout le contraire,
01:34Bruno Retailleau est un macroniste comme les autres,
01:37sauf qu'il aime emprunter les mots au Rassemblement national pour in fine agir comme un socialiste.
01:42Et pourtant, Aurore, ce n'est pas non plus un chèque en blanc que donne Bruno Retailleau à François Béroux,
01:46le chef du gouvernement, il veut tenter finalement de peser dans les arbitrages,
01:50l'évolution du budget, et se poser vraiment marqué qu'il est aussi dans ce nouveau statut de chef des Républicains.
01:57Oui, tout à fait, Bruno Retailleau, il est un petit peu, mais comme depuis qu'il est arrivé,
02:01d'ailleurs dans ce gouvernement, il est ministre de l'Intérieur à l'extérieur aussi.
02:06On a du mal à savoir son champ d'action, son champ de compétences.
02:09Il l'a dit très clairement, en tout cas, la critique qu'Emmanuel Macron lui avait adressée
02:15en disant que chaque ministre devait se contenter de ses attributions,
02:19eh bien Bruno Retailleau dit non, je m'exprimerai sur tous les sujets
02:22et je n'entends pas avoir les mains liées.
02:24Alors, c'est d'ailleurs assez ironique parce qu'Emmanuel Macron,
02:26lorsqu'il était ministre de l'Économie en 2015, les mêmes critiques lui étaient faites
02:31et effectivement il disait je suis un homme libre engagé dans un gouvernement.
02:34Donc aujourd'hui, on a Bruno Retailleau qui joue évidemment sur ces deux tableaux,
02:38qui représentent à la fois une famille politique qui sont les LR et qui ont des positions
02:42qui sont assez différentes de l'aile plus macroniste du gouvernement.
02:47Et Bruno Retailleau lui-même aussi prépare, en tout cas, fait grandir l'idée
02:51d'une candidature des Républicains pour l'élection présidentielle de 2027.
02:56Donc il doit en permanence être sur ces deux tableaux et pouvoir se ménager,
03:01et en tout cas sa liberté de parole. Sur l'AME, d'ailleurs, c'est un sujet
03:04que les Républicains défendent. Vous n'êtes quand même pas très sympathique avec eux
03:08parce qu'ils le défendent depuis longtemps. Il y a eu plusieurs rapports.
03:11Ils ont voté contre à trois reprises ces derniers mois.
03:12Oui, mais peut-être sur cette question précisément, parce qu'il y a plusieurs...
03:16Par quoi pourrait être remplacé l'AME ? Il y a aussi plusieurs pistes.
03:21Ils ont voté contre la suppression, ils ont voté contre la transformation en aide médicale d'urgence.
03:25C'est Véronique Louvagier, justement, des Républicains, qui a fait un rapport sur les réformes
03:32qui devaient être apportées à cette aide. Et il faut bien dire aussi que c'est un totem, l'AME,
03:36parce que 1 milliard, ça représente à peu près 1 milliard d'économies.
03:41Donc ce n'est pas non...
03:41Il y a déjà eu une diminution de 200 millions à voter lors du précédent budget au Sénat,
03:45avec l'appui de Michel Barnier.
03:48Une diminution de la hausse.
03:49Une diminution...
03:50Ce n'est pas tout à fait la même chose.
03:51Donc il y avait quand même une hausse du budget dédiée à l'AME.
03:54Mais les LR avaient souhaité toucher à l'aide médicale d'État.
03:57Bruno Rotailleau l'avait rappelé.
03:58Jean-Marc Sylvestre, combien ça coûterait de supprimer l'AME ?
04:01Et surtout, est-ce que ça rapporterait plus que ça ne coûterait ?
04:04Je pense que ça rapporterait un peu d'argent, parce que c'est effectivement,
04:07c'est un coût qui sort des caisses de l'assurance maladie.
04:12Combien ça rapporterait d'un autre coût ?
04:13Combien ça coûterait au final ?
04:15Je ne sais pas, parce qu'il y a quand même un risque, en supprimant l'AME,
04:19c'est le risque de contagion d'État sanitaire de la France.
04:23On ne peut pas laisser sur le territoire une masse de population
04:27sans soins, sans prévention, sans rien,
04:30de façon à protéger le reste de la population.
04:35C'est un vrai débat qui ne peut pas se traiter comme ça
04:38au moment d'un départ en vacances,
04:41alors que l'Assemblée nationale est fermée,
04:43alors qu'on part un peu sur tout,
04:45où on passe des jours fériés aux retraites,
04:49qu'il va falloir écorner, et à l'AME.
04:51Non, ce sont des problèmes qui rentrent
04:53dans un traitement global de l'immigration, je crois.
04:56Et tant qu'on n'aura pas résolu la politique migratoire de la France
05:00avec le partage exact de l'immigration économique nécessaire,
05:07autorisée, et de l'immigration sauvage,
05:09on ne s'en sortira pas.
05:10Mais c'est un débat dans un débat plus global sur le budget,
05:13on a l'impression que ça part un peu dans tous les sens,
05:15et les Français même ont du mal à y voir clair sur réellement
05:17le constat d'abord, où est-ce qu'on en est,
05:20et les pistes, les vraies solutions.
05:22Moi je crois que c'était presque dans le plan de François Bayrou,
05:25parce que François Bayrou, il a quand même une longue expérience
05:28de la vie politique, il a beaucoup roulé,
05:31il a quand même fait un état de la France,
05:34et je crois que c'est l'essentiel de son discours,
05:37qui prévient la population que nous sommes dans une situation critique.
05:40Mais est-ce que justement ce discours qui parle de l'état de la France
05:44n'a pas été après submergé par toutes ces annonces,
05:47et finalement est-ce que c'est ça qu'on retient ?
05:48Oui, mais on va retenir ça une fois qu'on aura purgé un peu
05:53tous les débats, j'allais dire gadgets,
05:55mais le terme n'est pas approprié,
05:59mais les gadgets qu'il a proposés.
06:00Tout ce qu'il a proposé n'est pas effectivement à la hauteur
06:04de ce qu'il faudra faire.
06:06Le choix des jours fériés, ça va animer les apéros dans les campings,
06:11sur les plages de l'Atlantique, sûrement, tout l'été.
06:15La retraite, on va se perdre dans les calculs,
06:17parce qu'on ne sait plus très bien ce que ça représente.
06:20La suppression de l'abattement, le remplacement de cet abattement,
06:24un forfait, ce qui va permettre à un certain nombre de gens,
06:28et notamment de petits gens, de récupérer finalement le risque de perte.
06:33L'année blanche, vous savez, l'année blanche,
06:35avec 1% d'inflation, ça ne représente pas énormément.
06:39Donc on va discuter de tout ça, sachant que derrière ça,
06:43il faudra nécessairement un plan de restructuration global
06:47sur l'état de l'administration, la façon dont les services publics fonctionnent,
06:52la santé, l'éducation nationale, etc.
06:54Mais ça, ça ne va pas se traiter entre le 14 juillet et le 15 août.
06:58En l'état, le Rassemblement national censure ou censurerait le gouvernement
07:02avec ces pistes proposées par François Bayrou,
07:04c'est Marine Le Pen qui le dit.
07:06Quelles sont vos lignes rouges ?
07:07Qu'est-ce que vous allez demander à la rentrée de septembre ?
07:08On a été très clair.
07:10On a dit que l'on ne souhaitait pas que le gouvernement s'attaque
07:14au pouvoir d'achat des Français.
07:15Or, dans ce qui est proposé par François Bayrou,
07:18on s'attaque au pouvoir d'achat des Français
07:20à travers des hausses d'impôts ou une baisse du pouvoir d'achat,
07:24et on ne s'attaque pas à des réformes structurelles dont la France a besoin.
07:28Les mesures structurelles proposées par François Bayrou
07:32feraient économiser de l'ordre de 1,8 milliard d'euros.
07:37Donc, c'est rien, c'est peanuts.
07:38Nous nous disons qu'effectivement, il y a le sujet de l'immigration
07:41sur lequel on peut faire beaucoup d'économies.
07:43Mais je voudrais d'ailleurs vous renvoyer à l'interview de Bruno Rotaillot
07:46qui, finalement, fait l'aveu.
07:48Il ne souhaite pas s'attaquer à l'immigration puisqu'il dit lui-même
07:52qu'il a proposé au Premier ministre une augmentation de 160 millions d'euros
07:57du droit de timbre pour les naturalisations, pour le droit d'asile.
08:02Ce qui veut dire qu'en fait, il propose des recettes supplémentaires
08:04en augmentant le prix du timbre dans certains dossiers liés à l'immigration.
08:10Ce qui prouve bien qu'il ne veut pas s'attaquer, en réalité,
08:13à la masse de l'immigration qui nous submerge,
08:16mais qu'il veut s'attaquer simplement à ce que rapportent ces timbres
08:20nécessaires dans les dossiers d'immigration.
08:22Mais nous disons aussi au gouvernement qu'il y a des économies structurelles
08:25à faire sur les strates administratives, sur le millefeuille administratif.
08:30Nous avons été les seuls à dire, lors du dernier budget, par exemple,
08:33qu'il fallait se poser la question du devenir des conseils régionaux.
08:36Pourquoi avons-nous des communes, des communautés de communes
08:39ou des agglomérations, des départements, des régions, puis l'État,
08:43alors même que nous pourrions envisager, par exemple,
08:45de transférer les compétences des régions au département.
08:48Et il faut également, et nous le disons depuis bien longtemps,
08:50s'attaquer à ces 1 500 agences d'État, agences gouvernementales,
08:56qui coûtent 80 milliards d'euros par an.
08:58Et encore une fois, sur l'année blanche, là aussi, je souhaite rebondir,
09:017 milliards d'euros d'économie, soi-disant, pour cette année blanche,
09:06alors même que nous nous apprêtons à la France,
09:08à donner 5 à 7 milliards d'euros de plus par an à l'Union européenne.
09:13Donc ce n'est pas acceptable.
09:14– Et la contribution de la France à l'Union européenne a été baissée,
09:17annonce d'Amélie de Monchers, la ministre des Comptes privés.
09:19– Une baisse de la hausse, là aussi.
09:20– On y reviendra évidemment durant tout l'été,
09:22parce qu'au fond, François Bayrou veut utiliser ces deux mois
09:25pour une forme de maturation.
09:27Et on vous réinvitera, évidemment.
09:28– Mais sur le point, sur le pouvoir d'achat, pardonnez-moi,
09:32vous avez totalement raison.
09:34Il va falloir faire un gros effort sur la durée du travail.
09:37Vous n'en parlez pas.
09:37sur la longueur, sur la compétitivité.
09:41On a besoin de compétitivité,
09:42on a besoin d'investissement, de productivité.
09:45Or actuellement, on est coincé par le montant des dépenses.
09:47– Merci à vous.
09:48– Cela donne une idée du débat qui s'amorce pour les deux mois à venir.
09:51Merci à tous d'avoir participé à ce débat aujourd'hui sur BFM TV.
09:56– Sous-titrage ST' 501
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