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  • il y a 1 an
Ce jeudi 17 juillet, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur les réactions de l'opposition face au réalisme du budget 2026 de François Bayrou. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin sur BFM Business.

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Transcription
00:00Évidemment, de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par certains représentants du bloc central,
00:04les réactions sont vives aux propositions d'économie de François Bayrou, Raphaël.
00:08Vous vous dites qu'on a rarement vu un budget aussi honnête en fait.
00:10Bah oui, quand on voit les réactions, la violence des réactions des oppositions, c'est pas tant surprenant,
00:14mais tout de même, tout de même, ça faisait longtemps, moi je trouve qu'on n'avait pas eu un Premier ministre
00:19tenir un discours aussi lucide sur l'état de nos comptes publics.
00:23Le Premier ministre a dit tout haut ce que tous les experts des finances publiques savent et écrivent
00:28dans des rapports depuis des années.
00:31Votre serviteur qui a commis quelques centaines d'articles sur le sujet peut vous en dire quelque chose.
00:36Et très franchement, son plan de redressement pour 2026, il faut le reconnaître,
00:41est sans doute habile, courageux et équilibré.
00:45Habile parce que les deux jours fériés annoncés, c'était un peu l'effet waouh, par surprise,
00:50vont servir de chiffon rouge pour occuper la galerie politique le temps que tout le monde parte en vacances
00:55et se calme. Courageux parce qu'il ose solliciter une partie de la population
01:00qui, traditionnellement, a toujours bénéficié d'un totem d'immunité
01:04parce qu'elle se mobilise en masse aux élections, je veux bien sûr parler des retraités.
01:09Courageux aussi parce qu'il ose s'attaquer aux dépenses de santé,
01:13on attend des mesures plus précises de Catherine Vautrin à l'automne pour l'examen budgétaire,
01:17mais on s'attaque enfin à l'un des deux sujets majeurs de la dépense publique,
01:23la santé, avec les pensions.
01:25Et équilibré, enfin, parce que toutes les catégories,
01:29jeunes, vieux, actifs, inactifs, sont mises à contribution,
01:34avec en plus une logique de justice sociale et fiscale quand ils ont pu le faire,
01:39comme sur le remplacement de l'abattement pour 10% pour frais professionnels
01:43par ce forfait de 2 000 euros chez les retraités,
01:46les plus aisés paieront bien davantage que les plus modestes qui sont épargnés.
01:50Il n'en reste pas moins que deux jours fériés en moins et une année blanche,
01:53c'est difficile à avaler.
01:54Oui, mais Sandra, il n'y a pas de redressement sans effort
01:57et c'est une bonne chose que cet effort soit partagé par tous.
02:01La France dépense 200 milliards d'euros de dépenses publiques chaque année
02:05en plus que la moyenne de ses voisins européens.
02:07Ils travaillent 200 heures de moins, ça ne peut pas fonctionner comme cela.
02:11Ad vitam, il est temps de remplacer le réflexe de l'impôt par celui du travail.
02:17Si nous avions le taux d'emploi des jeunes et des seniors allemands,
02:22eh bien nos budgets seraient à l'équilibre.
02:25Il n'y aurait plus de déficit.
02:26C'est du Jean-Marc Daniel dans le texte, ce que vous nous dites.
02:29Il faut travailler plus et il faut qu'on soit plus nombreux à travailler.
02:31Pourtant, la classe politique n'a pas l'air de l'avoir compris, Raphaël.
02:34Et c'est probablement qu'il est dans le juste, François Bayrou.
02:37Ou alors oui, on peut regretter, comme Édouard Philippe, l'absence de réformes structurelles.
02:41Mais comment passer la moindre réforme un peu importante au vu de la situation politique du pays ?
02:48Et encore, et encore, l'ancien Premier ministre est assez critique vis-à-vis de l'actuel.
02:53Mais on attend quand même, très probablement, une loi Bayrou 1
02:57dans la lignée des réformes El Khomri et Pénicaud sur le marché du travail
03:02pour tenter de le dynamiser, ce marché de l'emploi,
03:05et d'opéer notre potentiel de croissance qui se réduit comme peau de chagrin.
03:09Après, encore une fois, la situation politique est très compliquée.
03:12On verra ce qu'il en est à la rentrée.
03:14Oui, il y a très clairement une menace de censure, justement, à la rentrée, à l'automne.
03:17Est-ce que François Bayrou a sous-estimé le risque politique ?
03:20Non, il le connaît parfaitement et il a prévu le coup.
03:22Je disais tout à l'heure que son plan était habile.
03:24C'est aussi parce que le Premier ministre a prévu cette année
03:27une enveloppe très importante pour négocier avec les oppositions.
03:32Les 44 milliards d'efforts annoncés par le Premier ministre
03:37ont une position de départ dans la négociation.
03:40Et comme toute négociation, on commence sur une position dure
03:42avant de lâcher quelques concessions.
03:45Les documents budgétaires qui ont été envoyés dans la nuit de mardi à mercredi
03:50au parlementaire montrent qu'en réalité, on en parlait hier sur ce plateau,
03:55ce n'est pas 44 milliards d'euros qui seront nécessaires,
03:58mais seulement 30 milliards pour tenir les 4,6% de déficit l'année prochaine.
04:05Cela veut dire qu'il y a 14 milliards de grains à moudre avec les oppositions.
04:10Ça n'est pas rien, c'est un tiers de la copie budgétaire.
04:13C'est important.
04:14La clé de vote dans ces négociations, ce sera le PS, comme l'année dernière, évidemment.
04:19Et s'il est évident que le Rassemblement National ou la France Insoumise
04:23voteront la saussure, il n'est pas sûr que les socialistes
04:26veuillent créer du désordre institutionnel à trois mois des municipales.
04:29Si Bayrou arrive à jouer ce coup-ci, ce sera un vrai coup de main.
04:32Oui, ça va effectivement reposer sur eux.
04:34Merci beaucoup Raphaël Legendre.
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