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  • il y a 7 mois
Une grève des contrôleurs aériens français à l'appel du deuxième syndicat de la profession, l'Unsa-Icna, a provoqué l'annulation de plus de 1.500 vols sur deux jours. 50% sont annulés à Nice, 40% à Roissy, Orly et Beauvais ou encore 30% à Marseille, Lyon ou Montpellier.

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Transcription
00:00Et avec nous, Arnaud Aimé, spécialiste des transports chez SIA Partners et Jean Serrat, consultant aéronautique de chez BFM TV.
00:13Imaginez que vous deviez prendre l'avion ce matin pour des vacances en famille. C'est aujourd'hui le top départ des vacances d'été.
00:20Eh bien, beaucoup de voyageurs se sont retrouvés face à cette situation. Leur vol annulé. Plus de 1500 entre hier. Aujourd'hui, ce sera pire.
00:27Aujourd'hui, regardez les prévisions de trafic. 50% des vols annulés à Nice. 40% dans les aéroports parisiens. Roissy, Orly et Beauvais.
00:36Ça fait du monde. Ça fait du monde. Et écoutez justement la colère, la colère des voyageurs.
00:42Je devais partir à Nice. Ça a été annulé. Donc il n'y avait pas d'autovol. J'ai pris un vol de Marseille ce matin.
00:46Donc j'ai dormi à l'hôtel, à l'hôtel Ibis, ici à côté. Et ce matin, en arrivant à l'aéroport et en regardant mon application, vol annulé.
00:52Là, j'essaie de trouver une voiture de location. Sauf que voiture de location, Orly, tout est vide.
00:56On sait qu'il y a du retard déjà. Mais peut-être qu'effectivement, il peut être annulé à tout moment.
01:01On s'est dirigé vers notre voyagiste qui ne nous a pas proposé de solution de repli avant le 13 juillet.
01:09On va avoisiner 1500 euros en plus par rapport au prix initial.
01:14Alors Jean, je voudrais qu'on revienne sur les raisons de cette grève qu'on n'a pas forcément beaucoup expliquées.
01:18Tout ça, tout part en fait de la mise en place progressive d'un système de pointage pour les contrôleurs aériens.
01:25Et ce, à la suite d'un incident grave survenu à l'aéroport de Bordeaux en 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision.
01:33Qu'est-ce qui s'était passé ?
01:34Effectivement, ça a été absolument dramatique.
01:37Heureusement, au dernier moment, ils ont été sauvés.
01:40Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:42Il devait être trois dans la tour.
01:44Il y en a deux qui étaient partis.
01:45Où ? Je ne sais pas.
01:46Alors qu'ils devaient être à leur poste.
01:48Voilà.
01:49Ils étaient peut-être en train de prendre le café.
01:51Je ne sais pas.
01:52Enfin, il n'y en avait qu'un seul qui était à la tour.
01:53Donc, le gars qui était à la tour, il s'occupait à la fois de gérer les avions qui se déplacent au sol,
01:59gérer les avions qui vont décoller, gérer les avions qui vont se poser,
02:02plus gérer les avions qui se déplacent autour de l'aéroport.
02:05À un moment donné, on sature.
02:07À ce moment-là...
02:08Mais pardon, pardon, pardon.
02:09Deux étaient partis, mais tout ça n'est pas très légal ni réglementaire.
02:14On est d'accord.
02:15Un sondage de l'année d'avant avait montré que 25% des contrôleurs aériens n'étaient pas à leur poste de travail.
02:2425% sur l'année complète.
02:28C'est-à-dire des gens qui, soit s'absentaient, bon, je vais aux toilettes, soit je vais à la machine à café,
02:34n'étaient pas à leur poste.
02:36Ça porte un nom, je crois.
02:37Ça porte les clairances, c'est ça ?
02:38Une claire en souhait.
02:39Et entre autres, c'est ce qui a amené les résultats de l'enquête post-incident de Bordeaux.
02:46Donc à Bordeaux, qu'est-ce qui se passe ?
02:48Le contrôleur aérien qui est là, il autorise un avion à décoller, cet avion décolle,
02:53et derrière, il autorise un petit avion très léger à s'aligner sur la piste en lui disant
02:58« Vous ne bougez pas, parce qu'il y a les turbulences des réacteurs, attendez que ça se calme, vous restez sur la piste ».
03:03Et puis, il s'occupe d'autres avions, il s'occupe de tas de choses.
03:07Il oublie qu'il y a ce petit avion sur la piste, et il y avait un Airbus 320, disait Jet, qui est arrivé,
03:15il lui dit « Vous êtes autorisé à vous poser ».
03:17Heureusement, le gars qui était dans le petit avion a entendu ça, et il a dit à la tour « Mais on est sur la piste ».
03:24Et là, le gars, il réalise, il dit « Il est déjà remis de gaz ».
03:28Il fait la remise de gaz pour repasser, il est passé 50 mètres au-dessus du petit avion.
03:33Et c'est pour ça qu'à partir de ce moment-là, le BEA dit « On va instaurer un système de pointage »
03:39pour vérifier que les gens sont là, en fait.
03:41Alors, exactement. Il y a eu une enquête, comme tous les incidents, tous les accidents.
03:45Dans le BEA, Bureau, Enquête, Analyse de la DGAC, est là pour analyser toutes les choses,
03:50pour essayer d'en tirer les conséquences, et donc derrière, essayer de corriger ce qui doit être corrigé.
03:57Voilà sa réponse à la fin de l'enquête.
04:00La DSNA, c'est-à-dire la Direction des services de la navigation aérienne,
04:04équipe les centres de contrôle d'un moyen automatique et nominatif
04:11d'enregistrement de présence des contrôleurs sur position et sur le lieu de travail.
04:19C'est-à-dire qu'on a bien compris, ce n'est pas un badge pour dire
04:22« Je suis venu ce matin au travail, je repars ce soir ».
04:25Non. C'est un enregistrement biométrique pour vérifier si la personne est bien devant son micro,
04:32devant son écran radar et non pas ailleurs dans la tour de contrôle.
04:36Est-ce qu'il est bien à sa place ?
04:38Et ça, c'est un élément crucial qui est contesté par les deux syndicats.
04:42Pas le syndicat majoritaire.
04:43Pas le syndicat majoritaire.
04:44Le syndicat majoritaire, c'est 60% et les deux syndicats européens, ça fait tant.
04:46Il dépasse les 60%. Les deux autres, ils représentent, l'un représente 16%, l'autre à peu près 14%.
04:52Oui, 14, oui.
04:53On va aller faire un tour du côté de l'aéroport d'Orly.
04:55On va retrouver Milan Argelas.
04:57Milan, comment ça se passe ce matin du côté des voyageurs ?
05:01C'est compliqué pour les voyageurs.
05:05La situation est compliquée.
05:06Ce matin, ceux qui voient leur vol annulé sont contraints d'aller au guichet des compagnies aériennes
05:10pour essayer de trouver une solution de rechange.
05:13Je suis justement avec Catherine.
05:15Catherine, vous, vous venez de La Réunion.
05:17Vous deviez faire une escale de seulement deux heures à Paris pour vous rendre à Toulouse derrière.
05:21Mais au final, vous êtes bloquée à Paris, c'est ça ?
05:22Oui, c'est ça.
05:23Donc, on est bloquée à Paris.
05:25On a été informé de l'annulation lors de l'enregistrement de nos bagages à La Réunion.
05:29On a quand même pris le risque de venir sur Orly.
05:33Et au final, arrivé ici, tous les trains sont complets.
05:36Les vols vers Charles de Gaulle sont complets aussi.
05:39Il y aurait une possibilité seulement pour demain.
05:41Mais comment être hébergé ?
05:43Là, la compagnie nous dit que si on est hébergé, l'hébergement, le repas et le transport,
05:51c'est à nos frais et ensuite, on se fait rembourser.
05:54Donc, ça fait un surcoût de plus alors qu'on est venu ici pour passer des vacances.
05:59Merci beaucoup Catherine et bon courage pour aujourd'hui.
06:02On voit de plus en plus d'annulations ici sur les panneaux de cet aéroport d'Orly ce matin.
06:08Et tout simplement, les personnes, les voyageurs qui voient leur vol annulé,
06:11la prennent sur les panneaux ou alors ils reçoivent une notification ou un email.
06:15Alors, Arnaud aimait 1500 vols annulés en 48 heures.
06:18Quelques 300 000 voyageurs touchés.
06:20Est-ce que l'on sait évaluer le coût de cette grève ?
06:24Oui, il y a déjà des estimations du coût des grèves,
06:27puisque hélas, les grèves du contrôle aérien sont assez courantes en France.
06:33La France est un peu championne là-dessus.
06:34C'est d'ailleurs dommage, puisque non seulement ça impacte les vols au départ et à l'arrivée en France,
06:39mais aussi tous les vols qui ne font que survoler le territoire.
06:43Et comme la France est un peu au centre de l'Europe occidentale,
06:45ça impacte aussi beaucoup de voisins européens.
06:49Oui, voilà, c'est quand même énormément de vols qui sont impactés.
06:52Ce que considère un organisme qui coordonne la sécurité de la navigation aérienne en Europe,
06:59c'est qu'une minute de retard pour un vol, ça coûte à la compagnie aérienne 100 euros.
07:05Donc pour une seule minute et pour un seul vol.
07:07Donc quand c'est des heures et des milliers de vols, évidemment c'est gigantesque.
07:12Et l'annulation complète d'un vol, ce qui est en train de se produire en ce moment,
07:16pour chaque vol, ça représente un petit peu moins de 20 000 euros.
07:20Si on fait la multiplication, si c'est le cas de Ryanair,
07:23qui est la première compagnie européenne en termes de nombre de passagers,
07:28elle dit avoir annulé à date 170 vols, avec 30 000 voyageurs qui sont concernés.
07:34Et là, ce que se prend du coup la compagnie aérienne, c'est à peu près 3 millions d'euros de pertes.
07:41Et ça sans prendre en compte les retards qu'il y aura aussi en plus de ces annulations de vol.
07:45Donc c'est vraiment gigantesque, rien que pour une seule compagnie aérienne.
07:49272 contrôleurs en guerre, c'est ce qu'il faut retenir aussi pour une profession qui n'est pas malheureuse, Arthur Bernard.
07:55Non, absolument pas. La profession des contrôleurs aériens, c'est environ 4 000 personnes en France.
08:00Il faut le dire rapidement, c'est un salaire minimum de 5 500 euros pour ces fonctionnaires de catégorie A
08:04qui travaillent en moyenne 32 heures par semaine, un jour sur deux, avec des pics d'activité, bien sûr, qui peuvent arriver.
08:10Mais donc des conditions très favorables.
08:11Merci à tous.
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