00:00Il y a 4 ans, je vous avais fait une série sur la toute première saison de l'histoire de la Formule 1.
00:03On avait remonté le temps jusqu'en 1950 et tous ceux qui avaient regardé la série pour vous dire
00:08que toutes les courses ont été remportées par une seule écurie, Alfa Romeo.
00:14Les Alphas pilotés par les 3F, Fangio, Fagioli et Farina, qui avaient terminé champion du monde.
00:20Et pour ceux qui n'étaient pas encore abonnés à cette chaîne et qui n'ont pas pu voir la série,
00:25bah t'attends quoi pour le faire ?
00:27Moi je bouge pas tant que t'as pas rattrapé ton retard.
00:30Alors oui, il y a certains puristes de la Formule 1 qui me diraient
00:34« C'est faux, les 500 Miles Indianapolis ont été remportés par Curtis Offenhorst. »
00:38Et t'aurais raison, mais vas-y, on fait comme si les 500 Miles Indianapolis n'avaient jamais existé dans l'histoire de la Formule 1.
00:44Parce que de toute façon, tout le monde s'en fout et tout le monde a oublié
00:46qu'il y avait eu 10 éditions des 500 Miles au championnat de Formule 1.
00:49Donc on va faire comme si tout était bien et comme si Alfa Romeo avait remporté tous les grands prix.
00:54Bon, pour 1951, la F1, qui commence seulement son existence,
00:57espère quand même avoir le droit à un peu plus de suspense.
01:01La saison débute en Suisse et, dommage, c'est Fangio qui l'emporte sur son Alfa Romeo.
01:06Au 500 Miles Indianapolis, c'est encore Curtis Offenhorst qui l'emporte, mais on a dit que ça comptait pas.
01:12Et les grands prix suivants sont remportés par les pilotes Alfa Romeo, respectivement Farina et Juan Manuel Fangio.
01:18On arrive alors au Grand Prix de Grande-Bretagne, sur le circuit,
01:21ayant accueilli la première course de l'histoire de la Formule 1.
01:25Et c'est là que l'histoire qui nous intéresse commence.
01:28On est donc le 14 juillet 1951.
01:3225 pilotes sont inscrits pour participer au Grand Prix, mais seuls 18 parviendront à se qualifier.
01:38Et c'est un petit événement parce que, pour la première fois de l'histoire de la Formule 1,
01:43Alfa Romeo n'est pas en pole position.
01:45Ah oui, parce qu'en fait, j'avais oublié de vous dire,
01:46à défaut d'avoir remporté toutes les courses,
01:48Alfa Romeo a aussi signé à chaque fois la pole position depuis 1950.
01:52Et après, on ose me dire que la F1, c'était mieux avant.
01:55Bref, du coup, c'est Ferrari qui signe la première non-pole position Alfa Romeo
02:00par l'intermédiaire de José Fraulein González.
02:03Bon, Ferrari, c'est peut-être une écurie que vous ne connaissez pas.
02:05Elle a été créée quelques années auparavant par un certain Enzo Ferrari,
02:10un petit gars de la Formule 1 dont je vous parlerai sûrement un jour.
02:13Mais pour l'instant, dans notre histoire, sachez juste que c'est un ancien employé de chez Alfa Romeo.
02:18Bon, il avait été pilote chez eux et il avait également travaillé en tant qu'ingénieur,
02:23notamment au développement moteur de l'Alfeta.
02:25Une voiture qui a dominé sa catégorie depuis 1946.
02:30Rien que ça.
02:31La course va faire environ 420 km et nécessitera un arrêt ravitaillement,
02:35ce qui va nous donner un petit peu de suspense et de stratégie dans ce Grand Prix.
02:39Le départ est bon pour tous les pilotes de la première ligne,
02:41mais est encore meilleur pour Bonneto, pourtant parti 7e,
02:45et qui, sur son Alfa Romeo, prend la tête du Grand Prix et termine leader à la fin du premier tour.
02:50Décidément, Alfa est vraiment la meilleure écurie dans cette catégorie.
02:55Mais, rassure-toi, ça va durer qu'un temps,
02:57puisque José Freulán González retrouve la tête de la course à la fin du deuxième tour
03:02et il va adopter un style de pilotage très particulier,
03:05balançant littéralement sa voiture dans les virages.
03:07Droite, gauche, droite, gauche.
03:10Il est secoué dans sa Ferrari et ça lui permet de grappiller quelques secondes sur ses plus proches poursuivants.
03:16Cependant, derrière lui, un certain Juan Manuel Fangio,
03:20petit pilote argentin dont je vous parlerai prochainement,
03:22remonte comme une balle.
03:23Il aligne tout et il passe de 6e à 2e en quelques virages.
03:27Il a environ 6 secondes de retard sur son compatriote, leader du Grand Prix,
03:32et ce retard va progressivement diminuer.
03:35Avec un style beaucoup plus coulé,
03:36Fangio parvient à aller plus vite et à gratter 10e par 10e sur José Freulán González.
03:42Et ce style plus calme va permettre de rattraper progressivement González
03:46et de le dépasser au tour 10e.
03:48Dites-vous que les deux sont tout seuls dans leur catégorie
03:51parce que leur plus proche poursuivant est à 25 secondes.
03:55Personne ne va pouvoir leur contester la victoire,
03:57sauf problème mécanique, ce qui était récurrent à l'époque.
04:00Pour González, son agressivité du début de Grand Prix a forcément laissé un peu de traces.
04:05Sa voiture répond un peu moins bien
04:07et Fangio s'échappe prenant jusqu'à 5 secondes d'avance sur son compatriote.
04:11L'écart va se stabiliser quelques tours
04:13avant que les deux ne commencent à jouer de l'accordéon,
04:17se rapprochant, puis se distanciant, puis se rapprochant,
04:19González retrouvant régulièrement de la performance dans sa voiture.
04:22Ils vont se battre pour la tête du Grand Prix
04:24et José va parvenir à retrouver le leadership au tour 38,
04:29creusant un infime écart d'une seconde 8 sur Jean-Manuel.
04:33Pendant une dizaine de tours, González s'échappe,
04:35puis Fangio le rattrape.
04:36Malheureusement, il a trop puisé dans son Alfa Romeo
04:40qui est énergivore en termes d'essence
04:42et il est contraint de s'arrêter au stand.
04:45Alors, il va ressortir deuxième, donc pas trop de panique,
04:47mais à plus d'une minute de González
04:48qui, lui, a une Ferrari plus légère en termes d'essence
04:52et donc qui va grappiller du temps jusqu'à 1 minute 30 sur Fangio.
04:56Et il est tellement rapide que quand son équipe lui demande de s'arrêter au stand,
04:59il va attendre deux tours et rentrer au 60e tour pour ravitailler.
05:04Il aura besoin que de 23 secondes pour remettre de l'essence
05:07et forcément, quand il ressort, il est encore en tête du Grand Prix.
05:11Fangio est trop loin et González va pouvoir gérer sa course
05:14et passer la ligne d'arrivée en vainqueur.
05:17Avec quand même 51 secondes d'avance sur son compatriote Fangio.
05:22Jamais une Ferrari n'avait battu une Alfa Romeo
05:24et pour la première fois depuis le début du championnat du monde,
05:28Alfa Romeo chute.
05:30Et cette course est un tournant dans l'histoire de la Formule 1.
05:32Tout simplement parce que Ferrari va remporter les deux courses suivantes
05:35et que si Fangio est champion du monde à la fin de la saison,
05:39Alfa Romeo va décider de quitter la Formule 1.
05:41Et qui va prendre les titres 52 et 53 ?
05:45Bah c'est Ferrari.
05:45Pour l'anecdote, Enzo Ferrari, qui comme je vous le disais,
05:47avait travaillé sur le moteur de l'Alfetta,
05:49va pleurer comme un gamin à la fin de ce Grand Prix
05:51puisque c'est la première fois qu'il va remporter une course
05:55en championnat du monde de Formule 1
05:56qui est la catégorie ultime encore à l'époque.
05:59et il va lâcher cette phrase mythique
06:01« J'ai pleuré de joie, mais mes larmes pleines d'enthousiasme
06:04se mélangeaient à des larmes de chagrin
06:06car en ce jour, je pensais avoir tué ma mère. »
06:10C'est beau, un homme passionné.
06:11J'espère que cette courte histoire t'aura plu.
06:14Si c'est le cas, pense à liker cette vidéo,
06:16pense également à t'abonner à ce compte.
06:19Et puis je te dis à la prochaine pour deux nouvelles histoires de la Formule 1.
06:22Salut !
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