- il y a 9 mois
Les amants diaboliques de Compiègne
Employé de l’hippodrome de Compiègne, Jean-Luc disparaît soudainement. Sa voiture calcinée est retrouvée en forêt. Très vite, les soupçons se resserrent autour de sa femme Isabelle, qui mène une double vie avec deux amants. Quand l’un d’eux craque en garde à vue, l’engrenage du crime organisé se dévoile.
Mère diabolique, épouse meurtrière
Éric De Vriendt meurt dans des circonstances troubles. Sa compagne, Geneviève Montillet, multipliait les assurances vie avec clauses doublées en cas d'accident. Entre documents falsifiés, tentatives d’assassinat et implication de ses fils, cette affaire révèle une femme prête à tout pour l’argent.
Le tueur sonne toujours deux fois
Condamné pour avoir tué son ex-femme, Robert Étienne est libéré. Deux ans plus tard, il récidive et poignarde à mort sa nouvelle compagne. Les psychiatres évoquent un deuil pathologique, mais la justice s’interroge : comment a-t-on pu laisser un homme aussi dangereux revenir à la vie civile si vite ?
Employé de l’hippodrome de Compiègne, Jean-Luc disparaît soudainement. Sa voiture calcinée est retrouvée en forêt. Très vite, les soupçons se resserrent autour de sa femme Isabelle, qui mène une double vie avec deux amants. Quand l’un d’eux craque en garde à vue, l’engrenage du crime organisé se dévoile.
Mère diabolique, épouse meurtrière
Éric De Vriendt meurt dans des circonstances troubles. Sa compagne, Geneviève Montillet, multipliait les assurances vie avec clauses doublées en cas d'accident. Entre documents falsifiés, tentatives d’assassinat et implication de ses fils, cette affaire révèle une femme prête à tout pour l’argent.
Le tueur sonne toujours deux fois
Condamné pour avoir tué son ex-femme, Robert Étienne est libéré. Deux ans plus tard, il récidive et poignarde à mort sa nouvelle compagne. Les psychiatres évoquent un deuil pathologique, mais la justice s’interroge : comment a-t-on pu laisser un homme aussi dangereux revenir à la vie civile si vite ?
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00:00:00C'est un homme qui, subitement, un soir, va disparaître.
00:00:05Un homme à la vie rangée.
00:00:07Jean-Luc Lemaire vivait près de Compiègne, avec sa femme et ses cinq enfants.
00:00:12À 47 ans, il était employé, chargé de l'entretien de l'hippodrome de la ville.
00:00:17Jean-Luc menait une vie simple et sans heure.
00:00:21Sa vie, c'était aller au travail, rentrer, regarder la télé, faire les courses le samedi,
00:00:27regarder la télévision dimanche en chaussons.
00:00:31Mais sa voiture est retrouvée entièrement calcinée.
00:00:35Et sur les lieux de la découverte, aucune trace de lui.
00:00:38C'est sur un chemin forestier, pas très loin d'un petit village.
00:00:44Et donc, il y a un véhicule qui est brûlé.
00:00:46Ils ne font pas tout de suite le parallèle.
00:00:48Mais en fait, rapidement, il s'avère que c'est le véhicule de Jean-Luc Lemaire, que c'est sa 806.
00:00:54Qu'est-il arrivé à Jean-Luc Lemaire ?
00:00:57Les gendarmes vont alors découvrir que derrière les murs du pavillon de Jean-Luc,
00:01:01se cachait une autre vie.
00:01:02Au 2008, une femme blonde d'une trentaine d'années ouvre la porte de la brigade.
00:01:23Elle s'appelle Isabelle Lemaire.
00:01:25Elle est venue accompagnée d'un ami.
00:01:26Il est midi.
00:01:28Un gendarme invite Isabelle à s'asseoir et commence à l'écouter.
00:01:33Isabelle Lemaire va voir les gendarmes et leur signale que son mari n'est pas rentré de la nuit,
00:01:39qu'il était parti des pas d'une voiture, etc.
00:01:41Et qu'il devait rentrer par ses propres moyens, qu'il n'est jamais rentré.
00:01:44C'est une femme inquiète, angoissée, qui fait face aux gendarmes.
00:01:50Une épouse qui semble bouleversée par l'absence inhabituelle de son mari.
00:01:57Elle est paniquée, presque épouvantée.
00:02:00Elle a des larmes qui coulent de ses yeux.
00:02:04Mais elle s'englote en fait, puisqu'elle ne pleure.
00:02:07Isabelle Lemaire explique que son mari a quitté le domicile, la veille, à 19h, avec Frédéric Rico, un ami.
00:02:17Tous les deux seraient partis rejoindre un troisième homme, Alain Lanternier,
00:02:22pour dépanner sa voiture au camping de Carle-Pont.
00:02:26Rico aurait aidé Lanternier.
00:02:29Jean-Luc, lui, serait reparti en voiture, seul, de son côté.
00:02:34Et plus personne ne l'aurait revu.
00:02:36À 23h, n'ayant aucune nouvelle de lui, Isabelle est alors partie à sa recherche.
00:02:44Elle, ce qu'elle raconte, c'est qu'elle est allée à la recherche de Jean-Luc, avec Alain Lanternier,
00:02:49qu'ils ont fouillé partout, là où il aimait aller, là où il avait l'habitude d'aller se promener, en forêt,
00:02:55qu'ils ont fait un tour, qu'ils ont même épuisé un plein d'essence, tellement ils ont cherché Jean-Luc.
00:03:01Où est donc passé Jean-Luc Lemaire ?
00:03:04Les gendarmes cherchent à savoir si le couple traverse des difficultés, si Jean-Luc a pu prendre la poudre d'escampette.
00:03:13Alors elle, elle commence par dire qu'ils n'avaient pas de problème particulier,
00:03:17sauf qu'ils avaient des difficultés financières et que son mari était dépressif.
00:03:27En effet, les Lemaire ont du mal à boucler les fins de mois.
00:03:31C'est une grande famille avec cinq enfants à nourrir, mais Jean-Luc est le seul à travailler et son emploi ne rapporte pas assez.
00:03:38Isabelle Lemaire, elle était femme au foyer, elle ne travaillait pas.
00:03:44Donc elle n'avait pas de revenus, mis à part les allocations qu'elle a pour ses enfants.
00:03:49Et lui, Jean-Luc Lemaire, il avait un emploi d'homme à tout faire, en fait, à l'hippodrome de Compiègne.
00:03:55A l'hippodrome, Jean-Luc Lemaire gagne 1800 euros et depuis six mois, il est en arrêt maladie.
00:04:04Il souffre d'une hernie et la situation de la famille s'est dégradée.
00:04:10Le couple Lemaire a des difficultés financières, parfois.
00:04:14Et il est vrai que du témoignage de la collègue de M. Lemaire, on a appris que régulièrement, il demandait des accomptes sur sa paye à son employeur, etc.
00:04:27D'après Isabelle Lemaire, fatiguée et préoccupée par ses soucis d'argent, son mari n'aurait plus le moral.
00:04:35Il aurait même des tendances suicidaires.
00:04:36D'après sa femme, plusieurs fois, il a essayé de se jeter sous le train, voilà, qu'il en a parlé, mais qu'une fois, il a vraiment failli y aller.
00:04:48Effectivement, un passage à niveau jouxte leur pavillon de Langueuil-Annelle.
00:04:53La voie ferrée est seulement à quelques mètres de chez eux.
00:04:57Au vu des déclarations d'Isabelle Lemaire, les gendarmes décident d'intervenir.
00:05:00Ils ouvrent une enquête pour disparition inquiétante et quelques heures plus tard seulement, une découverte vient donner immédiatement une nouvelle tournure à cette affaire.
00:05:12Les gendarmes, eux, vont découvrir un véhicule en forêt.
00:05:17Je crois que c'est sur un chemin forestier, pas très loin d'un petit village.
00:05:22Et donc, il y a un véhicule qui est brûlé.
00:05:26Ils ne font pas tout de suite le parallèle.
00:05:27Mais en fait, rapidement, il s'avère que c'est le véhicule de Jean-Luc Lemaire, que c'est sa 806.
00:05:34La voiture de Jean-Luc Lemaire est donc retrouvée entièrement calcinée au carrefour des Écuyer, à 15 kilomètres de chez lui.
00:05:41Mais autour de la carcasse du véhicule, aucune trace de Jean-Luc et un élément trouble les enquêteurs.
00:05:50L'endroit où vient d'être retrouvé le véhicule est situé en pleine forêt de Compiègne.
00:05:56Une direction totalement opposée à celle que Jean-Luc Lemaire aurait dû emprunter le soir de sa disparition.
00:06:02Des équipes synophiles sont déployées dans les massifs forestiers de Compiègne, là où la 806 a été retrouvée.
00:06:12Les hommes-grenouilles passent au peigne fin les étangs du secteur, mais en vain.
00:06:19Aucune piste ne se profile.
00:06:22Ce n'est qu'une semaine plus tard qu'un nouvel indice est retrouvé, la carte d'identité de Jean-Luc Lemaire.
00:06:28C'est un promeneur qui les retrouve.
00:06:34Ils ont été jetés d'un pont à Toureute, qui est une ville juste à côté de Longueuil-Anel.
00:06:41Et en fait, ils étaient en train de flotter dans le canal latéral à l'Oise.
00:06:46Une voiture entièrement calcinée, des papiers éparpillés dans la nature,
00:06:52et toujours aucune trace de Jean-Luc Lemaire.
00:06:54Les éléments sont trop troublants pour continuer à croire à une simple disparition ou à l'hypothèse d'un suicide.
00:07:04Le 17 novembre 2008, une procédure criminelle est lancée.
00:07:09Nous avons ouvert une information pour séquestration, enlèvement de personnes.
00:07:22Parce qu'à ce moment-là, on ne sait pas.
00:07:24Tout ce qu'on sait, c'est que ce monsieur a disparu.
00:07:28Un juge d'instruction est alors saisi de l'affaire.
00:07:33Les gendarmes vont pouvoir mettre sur écoute et perquisitionner le domicile du couple.
00:07:38Ils vont alors découvrir l'histoire d'une famille singulière.
00:07:42Derrière les murs du pavillon des Lemaire, les gendarmes vont découvrir une famille peu ordinaire.
00:08:01Car lorsqu'ils passent les portes de leur maison de Longueuil à Nel,
00:08:05les enquêteurs s'aperçoivent que la veuve de Jean-Luc Lemaire ne vit pas seul.
00:08:09Un certain Frédéric Rico habite avec elle.
00:08:13Il s'est installé chez les Lemaire, il y a deux ans.
00:08:16Cet homme serait une vieille connaissance d'Isabelle, qu'elle aurait retrouvée par hasard.
00:08:21Rico va rencontrer Madame Lemaire, en réalité, alors qu'il la connaît déjà,
00:08:27puisqu'ils ont vécu dans des villages voisins, ils la connaissaient de vue.
00:08:32Et il va la rencontrer, tout simplement, je dirais, d'une manière très banale,
00:08:37en faisant ses courses dans un hypermarché.
00:08:39Au milieu des rayons, les deux anciens amis discutent.
00:08:43Et Frédéric aurait raconté ses difficultés à Isabelle.
00:08:47Donc là, ils prennent de leurs nouvelles.
00:08:48Donc Frédéric, comment vas-tu ?
00:08:51En ce moment, j'ai une passe à vide, j'ai eu un accident de moto,
00:08:56j'ai des problèmes de santé, j'ai pas de boulot.
00:08:58Et donc, dans sa grande bonté, Isabelle Lemaire propose à Frédéric de venir loger à la maison.
00:09:08Frédéric Rico serait donc venu s'installer sur le canapé des Lemaire, en dépannage.
00:09:13Elle dira à son mari que ça va rapprocher Rico de son lieu de travail.
00:09:21Bon, puisqu'à l'époque, il était un peu éloigné du site où il avait été embauché.
00:09:29Mais en réalité, Isabelle Lemaire et Frédéric Rico vont très rapidement entamer une liaison.
00:09:37À partir de ce moment-là, le mari, la femme et l'amant vont cohabiter, l'air de rire, sous le même toit.
00:09:45Dans la maison, le couple, le maire, dort dans la même chambre,
00:09:50les enfants dans leur chambre et M. Rico dort en bas dans un canapé.
00:09:53Et de ce que comprennent les enquêteurs, Jean-Luc Lemaire tolère cette situation sans broncher,
00:10:01poussé par un amour quasi-aveugle.
00:10:04Jean-Luc Lemaire, c'est quelqu'un qui n'a pas envie d'avoir de problème,
00:10:09qui veut avoir sa vie tranquille, qui est attaché à sa femme.
00:10:13Parce que lui, à partir du moment où il l'a déclaré en mariage, où il a eu des enfants d'elle,
00:10:18enfin, voilà, lui, c'est comme ça, c'est-à-dire qu'on se marie, on vit toute sa vie avec sa femme, quoi.
00:10:25Jean-Luc Lemaire va même jusqu'à tolérer les grossesses adultères de son épouse.
00:10:31Au début de l'année 2007, donc, il y a Isabelle à couche d'une petite fille,
00:10:38qui s'appelle Loïse.
00:10:40Et il s'avère très rapidement que c'est l'enfant d'Isabelle,
00:10:46et non pas de Jean-Luc Lemaire, mais de Frédéric Ricot.
00:10:51On a croisé, donc, la fameuse famille sur une brocante à Langueuillanel,
00:10:55là où il résidait, avec mon épouse et ma belle-mère.
00:10:58Et là, c'était de la cinquième dimension.
00:11:01Puisque M. Lemaire poussait la poussette avec l'enfant, qui sortait d'une hospitalisation,
00:11:04avec Mme Lemaire à côté et Frédéric avec eux.
00:11:06Et on prend des nouvelles, alors ça va mieux, on est content, l'enfant est sorti, tant mieux.
00:11:11Et là, on sentait Frédéric Ricot très gêné, qui s'éloignait, qui revenait,
00:11:13parce qu'on posait des questions légères.
00:11:15Mais lorsqu'on posait des questions sur ce qui s'était passé, l'hospitalisation,
00:11:17c'est M. Lemaire qui répondait.
00:11:19On se dit, mais c'est lui le père ou quoi ?
00:11:22Et les enquêteurs découvrent que cette naissance adultère n'est pas la seule.
00:11:27Car quelques années auparavant, comme par miracle,
00:11:30les Lemaires ont eu un enfant métisse,
00:11:33sur lequel Isabelle a trouvé une explication.
00:11:36Plutôt hasardeuse.
00:11:38À la naissance, on se rend bien compte que là,
00:11:41il n'y a aucune ressemblance avec Jean-Luc, que l'enfant est métisse.
00:11:45Et donc elle fait, oui, en fait, je suis tombée, voilà.
00:11:47Et ça, c'est un bleu.
00:11:49Mais le bleu va s'estomper, hein.
00:11:51Mais voilà, c'est un bleu qui s'est étendu à tout le corps de l'enfant.
00:11:56Donc bon, ça, c'est un mensonge qui est un peu plus gros qu'elle, quoi.
00:12:00Et puis un an passe, deux ans passent, trois ans passent.
00:12:04Et puis le gigantesque bleu qui recouvre tout l'enfant, elle est encore là, quoi.
00:12:09Mais bon, Jean-Luc, qui est toujours conciliant, qui excuse toujours sa femme,
00:12:14reconnaît l'enfant.
00:12:15Sur les cinq enfants des Lemaire, trois au total ne seraient pas de Jean-Luc.
00:12:22Mais malgré les mensonges apparents,
00:12:25les enquêteurs comprennent que Jean-Luc Lemaire a préféré tout accepter.
00:12:29Il y a des chevaux, on leur met des œillères pour qu'ils courent tout droit.
00:12:32Je pense que lui, il avait des œillères et...
00:12:34Et il ne voulait pas les enlever.
00:12:37Les premiers éléments de l'enquête démontrent rapidement
00:12:41que derrière les rideaux du pavillon,
00:12:44se cache un bien étrange ménage à trois.
00:12:47Mais Jean-Luc Lemaire est-il vraiment aveuglé par l'amour ?
00:12:50Ou a-t-il peur de l'amant de sa femme ?
00:12:53Une femme qui semble collectionner les hommes.
00:12:57Elle les a rencontrés par une plateforme téléphonique.
00:13:01En fait, c'est l'opérateur qui vous met en relation avec les hommes de la région.
00:13:06Et donc après, une fois qu'ils ont les numéros de téléphone,
00:13:10que des deux côtés, ils sont d'accord pour se rencontrer,
00:13:13c'est eux qui prennent contact.
00:13:15Donc ils se téléphonent mutuellement, ils s'envoient des SMS.
00:13:18Et à ce moment-là, ils se donnent des rendez-vous.
00:13:21Ces rendez-vous, Isabelle les multiplierait.
00:13:24En marge de sa vie de femme au foyer,
00:13:26Isabelle Lemaire a donc aussi une vie de séductrice.
00:13:30Une attitude qui trouverait son origine dans son enfance.
00:13:33Car la mère d'Isabelle a, elle aussi, collectionné les relations amoureuses.
00:13:38Et l'une d'entre elles va d'ailleurs directement impacter la vie d'Isabelle.
00:13:45Dans son enfance, elle a été abusée sexuellement par le fils de son beau-père.
00:13:52Et elle n'a jamais été crue.
00:13:54On ne l'a jamais crue.
00:13:55Adulte, Isabelle Lemaire semble avoir développé un rapport aux hommes peu commun.
00:14:02Un comportement proche de la consommation de masse.
00:14:05D'ailleurs, dix jours avant la disparition de son mari,
00:14:08Isabelle a jeté son dévolu sur un nouvel amant, Alain Lanternier.
00:14:13L'homme qui l'a accompagné chez les gendarmes pour signaler la disparition de Jean-Luc.
00:14:17Les gendarmes ont alors de plus en plus de mal à croire aux pleurs d'Isabelle Lemaire lorsqu'elle parle de son mari.
00:14:26Et ils décident de placer sur écoute cette épouse peut-être moins éplorée qu'elle n'en a l'air.
00:14:32Les lignes téléphoniques d'Isabelle Lemaire, de Frédéric Rico et d'Alain Lanternier sont placées sous surveillance.
00:14:50Et deux semaines après la disparition de Jean-Luc, les enquêteurs repèrent des messages suspects envoyés par Frédéric Rico à Isabelle Lemaire.
00:14:58Les enquêteurs vont découvrir certains SMS qui laissent penser que peut-être ils auraient voulu faire disparaître M. Lemaire.
00:15:18Des SMS, oui, j'ai peur qu'ils me retrouvent, il y a mes empreintes dessus, j'ai enlevé la boîte à outils.
00:15:26Enfin bon, c'est des SMS, il parle d'empreintes digitales, il parle qu'il a peur de se faire pincer par les gendarmes.
00:15:39Ils vont venir me chercher, à tous les coups, il y a mes empreintes.
00:15:46J'aurais su ça, je l'aurais laissé dans la voiture, la caisse à outils.
00:15:49Les gendarmes s'aperçoivent aussi qu'Isabelle, Rico et Lanternier ont tous menti sur le déroulement de la soirée où Jean-Luc a disparu.
00:16:01Les investigations ont permis de voir qu'il y avait quand même des contradictions
00:16:08dans les déclarations des trois protagonistes et surtout par rapport à leur emploi du temps.
00:16:20Les bandes de vidéosurveillance du camping, où Frédéric Rico dit être allé avec Jean-Luc Lemaire ce soir-là, sont saisies.
00:16:29Et sur les bandes, on ne les voit à aucun moment.
00:16:32Rico a donc menti.
00:16:34Cette soirée-là, Isabelle Lemaire, elle, dit avoir cherché son mari pendant plusieurs heures.
00:16:44Or, au lieu de le chercher, elle apparaît sur les vidéos du camping où habite Alain Lanternier,
00:16:50son deuxième amant, avec qui elle va passer un moment dans son mobilhome.
00:16:57Preuve à l'appui, image à l'appui, on voit Isabelle Lemaire qui rentre dans le camping
00:17:03et qui, une heure et quart plus tard, en ressort.
00:17:06Donc Isabelle Lemaire, contrairement à ce qu'elle a dit,
00:17:09elle n'a pas cherché, voilà, totalement paniqué son mari.
00:17:16Elle n'a pas cherché pendant des heures.
00:17:18Elle est allée avec Alain Lanternier dans sa caravane.
00:17:21Elle y a passé une heure.
00:17:23Et après, elle est ressortie.
00:17:24Ils sont tous les deux rentrés à la maison et au domicile.
00:17:28Il n'est alors plus possible pour les enquêteurs de se fier aux déclarations d'Isabelle et de ses deux amants.
00:17:36La juge d'instruction les place tous les trois en garde à vue.
00:17:39Nous sommes le 26 novembre, deux semaines après la disparition de Jean-Luc.
00:17:43Donc Isabelle et les deux amants sont placés en garde à vue.
00:17:51Et très rapidement, en fait, c'est Alain Lanternier qui va craquer,
00:17:58qui va dire, voilà, moi j'ai été entraînée dans une affaire pas claire.
00:18:04Voilà, Frédéric Rico a tué Jean-Luc Lemaire.
00:18:08Il m'a forcé à l'aider.
00:18:09Avant cette soirée fatale, Lanternier assure qu'il ne connaissait pas Rico.
00:18:16Selon ses déclarations, il aurait suivi en voiture Jean-Luc Lemaire et Frédéric Rico,
00:18:22ce dernier prétextant une panne sur son véhicule stationné un peu plus loin.
00:18:27Mais sur la route, Rico se serait brusquement arrêté dans un virage.
00:18:31Eh bien, M. Rico va timmer l'ordre manifestement à M. Lemaire de garer son véhicule.
00:18:40Lanternier se garera derrière et il verra une dispute, une intercation dans la voiture.
00:18:45Et il verra aussi M. Rico descendre de ce véhicule et attraper à la gorge M. Lemaire et le sortir de la voiture.
00:18:54Alors, Lanternier, dans sa part, Mito, il est complètement pétricié.
00:18:57Ce Laitol, il va trouver le courage de sortir de son véhicule et de demander à Rico d'arrêter.
00:19:02Qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qui se passe ?
00:19:04Et là, eh bien, Rico lui a timmer l'ordre de se mettre de côté, d'ailleurs en le bousculant assez violemment au point de le faire chuter.
00:19:11Et il ne pourra qu'assister à cette scène.
00:19:14Jean-Luc Lemaire serait mort à ce moment-là.
00:19:18Et Frédéric Rico aurait alors caché le corps derrière un talus.
00:19:22Il aurait ensuite forcé Alain Lanternier à le suivre à quelques kilomètres de là.
00:19:29M. Rico s'est emparé d'un tournevis et a percé le réservoir.
00:19:33Donc le véhicule s'est embrasé.
00:19:35Préalablement, il avait vidé le véhicule de ce qu'il pouvait contenir,
00:19:40notamment une caisse à outils, une barre de remorquage.
00:19:42Et puis, semble-t-il, discussion à ce sujet-là d'ailleurs, les sièges enfants qui s'y trouvaient.
00:19:50La voiture aurait pris feu.
00:19:52Et là, Rico serait alors revenu chercher le corps, caché derrière le talus,
00:19:57et aurait forcé Alain Lanternier à le transporter à la sablière de Bitry, qui se trouve juste à côté.
00:20:05Face à ces accusations, les gendarmes veulent connaître la version de Frédéric Rico
00:20:09qu'Alain Lanternier vient de désigner comme le meurtrier.
00:20:15Rico va dire non pas qu'il a assassiné M. Le Maire,
00:20:19non pas non plus qu'il a voulu le tuer.
00:20:22Il va simplement dire qu'il y a eu une altercation entre eux au sujet des enfants
00:20:26et qu'à l'occasion d'une dispute, ils ont échangé des coups.
00:20:32Il va d'ailleurs indiquer que Lanternier est présent,
00:20:37que Lanternier ceinture M. Le Maire,
00:20:42qu'une dispute s'ensuit et qu'à l'occasion de cette bagarre,
00:20:47des coups échangés, des coups portés, M. Le Maire va décéder.
00:20:51La mort de Jean-Luc serait donc un accident.
00:20:55Une fois Jean-Luc Le Maire mort,
00:20:57Rico dit qu'il a bien incendié la voiture
00:20:59et jeté les papiers d'identité du haut d'un pont.
00:21:04Il explique également qu'il aurait prévenu Isabelle de cet événement
00:21:08seulement quelques jours avant cette garde à vue.
00:21:12De son côté, Isabelle Le Maire assure qu'elle n'était pas là.
00:21:15Mais elle avoue avoir été au courant de la mort de son mari.
00:21:18Ici, Rico lui aurait fait comprendre qu'il l'avait tuée.
00:21:23Mais elle aurait eu peur de parler.
00:21:27Elle dit oui, mais il m'a menacée.
00:21:30Il menaçait mes enfants de mort et tout.
00:21:34Voilà, Frédéric Rico m'a déjà frappée.
00:21:37Il a déjà frappé mes enfants.
00:21:40Alain Lanternier et Frédéric Rico
00:21:42sont mis en détention provisoire pour assassinat.
00:21:45Isabelle Le Maire, pour complicité d'assassinat.
00:21:49Les enquêteurs se rendent alors sur les lieux désignés par Frédéric Rico
00:21:52dans la sablière de Bittry.
00:21:55Ils pensent trouver le corps de Jean-Luc Le Maire rapidement.
00:21:58Mais les recherches vont durer plusieurs jours.
00:22:01Il a fallu utiliser des plongeurs, des chiens policiers
00:22:05et véritablement creuser à différents endroits
00:22:09pour essayer de retrouver et de localiser le corps.
00:22:11Ça a été très pénible.
00:22:14Le corps est finalement retrouvé deux semaines plus tard.
00:22:18L'autopsie va alors révéler des marques de strangulation
00:22:20et plusieurs traces de coups.
00:22:23La thèse de l'accident avancé par Rico s'écroule.
00:22:27C'est alors que Rico se rétracte.
00:22:29Non, il n'a pas tué Jean-Luc Le Maire.
00:22:31Le meurtrier, c'est Lanternier.
00:22:34Lui n'a rien fait, pas même enterré le corps.
00:22:36Il explique que cette nuit-là, il a été un spectateur impuissant de la scène.
00:22:44Il dira, l'anternier m'a menacé, il venait de s'en prendre à monsieur Le Maire,
00:22:50il venait de le frapper, quasiment il l'a tué.
00:22:55Effrayé par les menaces du nouvel amant d'Isabelle,
00:22:58Rico n'aurait donc fait qu'obéir aux ordres.
00:23:00Chacun se renvoie la responsabilité du meurtre.
00:23:04Et pour tenter de connaître leur rôle,
00:23:06les gendarmes vont alors s'intéresser à un élément capital, le mobile.
00:23:21Jean-Luc Le Maire a-t-il été tué pour des raisons financières ?
00:23:25Une histoire d'argent ?
00:23:26Pour trouver des éléments qui étayent cette hypothèse,
00:23:29les enquêteurs perquisitionnent chez la maire de Frédéric Rico.
00:23:33Ils mettent alors la main sur de nombreux papiers
00:23:36qui proviennent des comptes bancaires de Jean-Luc Le Maire.
00:23:39En réalité, madame Le Maire est très dispendieuse,
00:23:44monsieur Le Maire est très peu compétent,
00:23:46et en réalité, dans le rôle qui est celui de monsieur Rico,
00:23:52il lui a été, parce qu'il était un peu plus, évidemment,
00:23:54entre guillemets, évolué que les deux autres sur le plan de la gestion.
00:23:59Elle lui a demandé d'abord deux choses.
00:24:02De cacher à son mari un certain nombre de dépenses qu'elle faisait,
00:24:07et demander à monsieur Rico de faire le monsieur bon office
00:24:10pour essayer de calmer les créanciers.
00:24:12Et en approfondissant leur enquête,
00:24:15les gendarmes découvrent que, par le biais de son travail,
00:24:18Jean-Luc Le Maire a mis de côté une somme plutôt conséquente.
00:24:23Jean-Luc a une assurance vie par son travail.
00:24:26Il a à peu près 72 ou 73 000 euros.
00:24:30À ça s'ajoute une somme par enfant.
00:24:34Jean-Luc a 5 enfants.
00:24:36Il a aussi une assurance vie par sa banque.
00:24:41Et donc, en fait, tout cumulé,
00:24:43on se rend compte que Jean-Luc Le Maire, quelque part,
00:24:46il vaut plus mort que vif.
00:24:49C'est-à-dire qu'Isabelle,
00:24:51qui est l'unique destinataire de ses assurances vie,
00:24:54pourrait hériter de 156 000 euros à peu près.
00:24:56Jean-Luc Le Maire serait-il alors devenu l'homme à abattre ?
00:25:02D'autant que depuis qu'il est en arrêt maladie,
00:25:05cela fait maintenant 6 mois
00:25:06qu'il ne ramène plus grand-chose à la maison.
00:25:10Juste des indemnités.
00:25:12Isabelle et Rico étaient-ils au courant de cette somme
00:25:15qu'Isabelle pouvait toucher en cas de décès de son mari ?
00:25:18Rico lui en aurait-il parlé ?
00:25:20Un mobile financier se dessine.
00:25:22Une thèse que rejette en bloc l'avocat de Frédéric Rico.
00:25:26Parce que cette histoire d'assurance vie,
00:25:30ça a été trouvé après coup pour essayer d'habiller l'affaire
00:25:32en disant qu'ils ont tué le maire pour de l'argent.
00:25:35Tu parles ?
00:25:37Chez la maire de Rico,
00:25:39les enquêteurs vont pourtant tomber sur un élément
00:25:41qui tente à confirmer cette hypothèse.
00:25:44Au cours des perquisitions,
00:25:46les enquêteurs trouvent également un bon de commande
00:25:50pour une voiture,
00:25:52une petite coupée,
00:25:54une voiture décapotable.
00:25:56Et en fait,
00:25:57ils vont voir le garagiste
00:25:59qui lui dit
00:26:01« Oui, bien sûr,
00:26:03j'ai reçu la visite d'Isabelle
00:26:04et de Frédéric Rico. »
00:26:06C'est un petit couple.
00:26:09Ils sont venus me voir.
00:26:11Ils voulaient la voiture
00:26:12et ils m'ont dit
00:26:13qu'ils allaient avoir
00:26:14un apport d'argent assez conséquent,
00:26:16très rapidement.
00:26:17La voiture,
00:26:18je crois qu'elle devait coûter 17 000 euros,
00:26:20quelque chose comme ça.
00:26:22Plusieurs témoins vont alors être entendus.
00:26:25Et deux d'entre eux
00:26:26vont faire des déclarations étonnantes.
00:26:29Frédéric Lepêtre,
00:26:30ami de longue date de Rico,
00:26:32va répéter aux gendarmes
00:26:33des propos tenus par ce dernier.
00:26:35C'est un ami de Rico
00:26:37qui s'appelle Frédéric aussi.
00:26:41Et Frédéric, lui,
00:26:43il assure aussi
00:26:45qu'Isabelle lui a demandé
00:26:47s'il voulait participer,
00:26:50s'il voulait l'aider
00:26:51avec Frédéric Rico
00:26:54à mettre fin
00:26:55au jour de Jean-Luc Lemaire.
00:27:00Selon son ami,
00:27:02Rico aurait très exactement dit
00:27:04« Il n'en a plus pour longtemps ».
00:27:06Et Isabelle aurait répondu
00:27:07« On va le flinguer.
00:27:09On a vu quelqu'un ».
00:27:11Ses propos menaçants,
00:27:12le couple les aurait tenus
00:27:13à une autre reprise.
00:27:15Devant Julien Lemercier,
00:27:17un amant d'Isabelle.
00:27:19Une semaine avant,
00:27:20à peu près,
00:27:21il était au domicile
00:27:22de Jean-Luc Lemaire.
00:27:24Et donc, en fait,
00:27:25Isabelle lui a dit
00:27:26« Voilà,
00:27:27est-ce que moi j'en peux plus ?
00:27:30Voilà, je suis avec Frédéric.
00:27:32Il nous faut un troisième homme.
00:27:33Enfin, il nous faut un deuxième homme
00:27:35en fait pour faire disparaître mon mari.
00:27:39Voilà, est-ce que t'es d'accord ?
00:27:41Donc lui, oh là là,
00:27:41surtout pas.
00:27:43Enfin bon, lui, il est paniqué.
00:27:44Lui, il ne veut surtout pas
00:27:45avoir affaire à une histoire.
00:27:48Je ne veux pas rentrer
00:27:48dans une histoire comme ça. »
00:27:52La relation dirige les enquêteurs
00:27:53vers la thèse de la préméditation.
00:27:55C'est Isabelle et Rico
00:27:57qui auraient agi ensemble
00:27:58pour se débarrasser de Jean-Luc.
00:28:01Pour Alain Lanternier,
00:28:02en revanche,
00:28:03les gendarmes ne possèdent pas
00:28:04assez d'éléments
00:28:05pour l'incriminer
00:28:06au même titre que les deux autres.
00:28:08Le deuxième amant
00:28:09apparaît plus comme un pion,
00:28:11un homme fragile et influençable,
00:28:14un peu simple,
00:28:15qu'Isabelle Lemer
00:28:16aurait utilisé dès leur rencontre.
00:28:18Elle lui tient un discours
00:28:20qui est un discours amoureux.
00:28:24Elle recherche l'amour,
00:28:25dit-elle.
00:28:26Lui, recherche l'amour
00:28:27de son côté
00:28:28et elle lui promet,
00:28:30dès le premier jour,
00:28:31elle lui promet le mariage,
00:28:33une vie ensemble
00:28:35et des enfants à venir.
00:28:38Et visiblement,
00:28:39Alain Lanternier va croire
00:28:40tout ce que lui promet
00:28:41Isabelle Lemer.
00:28:43Il va même,
00:28:44malgré de grosses difficultés financières,
00:28:47prêter de l'argent
00:28:48à Isabelle.
00:28:49Il lui aurait notamment
00:28:50signé un chèque
00:28:51de 1 500 euros
00:28:52pour son loyer.
00:28:54M. Lanternier a été
00:28:55le dindon de la farce,
00:28:55le pigeon.
00:28:56M. Lanternier a été aveugle
00:28:58sur toute la ligne,
00:28:59non seulement concernant
00:29:00sa relation avec Mme Lemer,
00:29:03mais plus généralement
00:29:03Mme Lemer.
00:29:06A la fin de l'instruction,
00:29:08la juge estime
00:29:08qu'il n'y a pas de charge suffisante
00:29:10contre Lanternier.
00:29:12Elle décide alors
00:29:13qu'après 18 mois de détention,
00:29:15Lanternier peut quitter la prison.
00:29:17et être placé sous contrôle judiciaire
00:29:19en attente de son procès.
00:29:21C'est-à-dire que là,
00:29:23il est plus inculpé
00:29:26pour complicité de crime,
00:29:29quelque part,
00:29:30mais juste pour dissimulation
00:29:34de cadavres
00:29:35et non dénonciation de crime.
00:29:37L'enquête touche à sa fin.
00:29:41La juge d'instruction
00:29:41ordonne le renvoi de l'affaire
00:29:43devant la cour d'assises
00:29:45et décide donc
00:29:46que les deux amants
00:29:47ne seront pas jugés
00:29:48pour les mêmes chefs
00:29:49d'inculpation.
00:29:51Alain Lanternier
00:29:52est seulement poursuivi
00:29:53pour destruction de véhicules,
00:29:55non-empêchement de crimes
00:29:56et dissimulation de cadavres.
00:29:59Frédéric Ricot,
00:30:00en plus,
00:30:00pour assassinat.
00:30:02Isabelle Lemaire,
00:30:03quant à elle,
00:30:04semble avoir participé
00:30:05activement
00:30:06à la mise en place
00:30:07d'un scénario macabre
00:30:08pour tuer son mari,
00:30:10ce qu'elle dément formellement.
00:30:12Elle est jugée
00:30:12pour complicité d'assassinat.
00:30:15Va alors s'ouvrir
00:30:16le procès des amants
00:30:17diaboliques de Compiègne.
00:30:18Été 2012,
00:30:31quatre ans après
00:30:32la mort violente
00:30:33de Jean-Luc Lemaire,
00:30:34le procès de son épouse
00:30:35et de ses deux amants
00:30:37s'ouvre
00:30:37devant la cour d'assises
00:30:39de Beauvais.
00:30:41Il y avait du monde
00:30:42parce qu'il y avait
00:30:42un côté croustillant
00:30:44dans l'affaire Lemaire,
00:30:46la femme,
00:30:47les deux amants,
00:30:47le mari,
00:30:48à côté Vaudville
00:30:49qui fait que les articles
00:30:50avaient été très lus
00:30:51quand l'affaire avait éclaté
00:30:52et que cette affaire
00:30:53était attendue.
00:30:55Les jurés découvrent
00:30:56trois accusés
00:30:57qui se rejettent les fautes.
00:30:59Les deux hommes
00:30:59se font face,
00:31:00chacun désigne l'autre
00:31:02comme le tueur.
00:31:03L'avocat de Frédéric Rico
00:31:04le présente
00:31:05comme une victime,
00:31:06un homme apeuré
00:31:07par les menaces
00:31:08d'Alain Lanternier.
00:31:10Rico, lui,
00:31:11dans son box,
00:31:12ne bronche pas.
00:31:14Il vous dit
00:31:14c'est pas quelqu'un
00:31:15d'expressif
00:31:15et qui peut être mal interprété
00:31:17comme quelqu'un,
00:31:18je vous le dis,
00:31:18de froid
00:31:18ou d'insensible,
00:31:20mais c'est vraiment
00:31:21pas le cas.
00:31:21C'est quelqu'un
00:31:21qui intérioreuse beaucoup.
00:31:25De son côté,
00:31:26Alain Lanternier
00:31:27arrive libre,
00:31:28sous contrôle judiciaire.
00:31:30Présenté comme
00:31:30l'homme faible
00:31:31de l'affaire
00:31:31par ses défenseurs,
00:31:33une sorte de pigeon
00:31:34tombé au mauvais endroit
00:31:36au mauvais moment.
00:31:37Monsieur Lanternier
00:31:39est quelqu'un
00:31:39de très faible
00:31:40psychologiquement
00:31:40et qu'il ne supporte pas
00:31:44cette pression,
00:31:47cette angoisse,
00:31:49ces inquiétudes
00:31:49et c'est ce qui m'a fait dire
00:31:51depuis le début
00:31:52que je ne vois pas
00:31:53comment cet homme
00:31:54qui est aussi fragile
00:31:55psychologiquement,
00:31:56qui a si peu de force
00:31:58finalement
00:31:59et puis commettre
00:32:00un crime pareil.
00:32:01Tout le long du procès,
00:32:04Frédéric Ricot
00:32:04et Alain Lanternier
00:32:06n'ont de cesse
00:32:06de s'accuser mutuellement.
00:32:09Et puis il y a
00:32:10Isabelle Lemaire,
00:32:11l'épouse du défunt,
00:32:13la femme du procès
00:32:14qui martèle
00:32:15qu'elle n'y est pour rien.
00:32:16Et dès le début,
00:32:18Isabelle apparaît
00:32:18comme une femme effondrée.
00:32:20Dans le box des accusés,
00:32:22elle s'englote.
00:32:23On ne l'a pas beaucoup
00:32:23entendu lors du procès.
00:32:25Elle pleurait beaucoup,
00:32:26elle se contentait
00:32:28de dire oui ou non
00:32:29ou je ne me souviens pas
00:32:30mais quelquefois
00:32:31sur des sujets
00:32:32donner quelques détails
00:32:33mais c'est très répétitif.
00:32:35Elle a un discours
00:32:35qui est très répétitif
00:32:37et qui...
00:32:38Elle ne se défend pas vraiment.
00:32:44Son avocate
00:32:45veut convaincre les jurés.
00:32:46Isabelle n'a jamais voulu
00:32:48la mort de son mari.
00:32:49Elle n'est pas
00:32:50la commanditaire
00:32:51de ce meurtre.
00:32:52Il n'y a pas eu
00:32:53préméditation.
00:32:55Pourtant,
00:32:55un des témoins
00:32:56appelés à la barre
00:32:57va venir appuyer
00:32:58cette thèse.
00:32:59Julien Lemercier
00:33:00est auditionné,
00:33:02l'amant auquel
00:33:02Rico et Isabelle
00:33:03auraient demandé
00:33:04de les aider
00:33:05à liquider
00:33:06Jean-Luc Lemaire.
00:33:08Et devant la cour,
00:33:08il explique que
00:33:09le soir du meurtre,
00:33:11Isabelle Lemer
00:33:11lui aurait téléphoné
00:33:12pour lui dire
00:33:13ça y est,
00:33:14c'est fait.
00:33:15Madame Lemer,
00:33:17entendu le premier jour
00:33:18du procès
00:33:19par le président,
00:33:20vous avez eu
00:33:20le Mercier en ligne ?
00:33:22C'est plus...
00:33:23Vous avez dit quoi
00:33:24à Lemercier
00:33:24ce soir-là ?
00:33:26Vous lui avez dit quoi
00:33:26au téléphone,
00:33:27madame ?
00:33:29Vous n'en souvenez plus
00:33:30ou vous ne voulez pas
00:33:30le dire ?
00:33:32Je ne veux pas le dire.
00:33:34Ah,
00:33:35vous ne voulez pas le dire ?
00:33:36Pourquoi ?
00:33:37C'est grave.
00:33:38Parce que,
00:33:38dites-voire,
00:33:39l'an dernier,
00:33:41il a entendu,
00:33:42lui,
00:33:42quand il est arrivé
00:33:43que vous aviez
00:33:43le Mercier au téléphone.
00:33:45Et il a dit quoi ?
00:33:46Il a dit que vous lui avez dit
00:33:48ça y est,
00:33:48c'est fait.
00:33:50Face à ces accusations,
00:33:52Isabelle reste muette.
00:33:53puis arrive le dernier jour
00:33:56du procès.
00:33:57Il est 9h,
00:33:58ce vendredi,
00:33:58lorsque les accusés arrivent.
00:34:01Il y a Isabelle Lemaire,
00:34:02Frédéric Ricot,
00:34:04mais Alain Lanternier,
00:34:05lui,
00:34:05n'est pas là.
00:34:06Au théâtre,
00:34:07on lui a mis
00:34:07une telle pression
00:34:09que finalement,
00:34:10M. Lanternier,
00:34:11eh bien,
00:34:12eh bien,
00:34:12eh bien,
00:34:13pour décompresser,
00:34:14tout ça,
00:34:15commet,
00:34:16comme à son habitude,
00:34:17une tentative de suicide.
00:34:18Alors,
00:34:19on dit comme à son habitude,
00:34:21c'est fréquent chez lui ?
00:34:22C'est fréquent.
00:34:24Il y a eu plus de 10 tentatives
00:34:25de suicide,
00:34:26plus de 13 même,
00:34:27certainement,
00:34:28oui.
00:34:31Le président déclare
00:34:32qu'Alain Lanternier
00:34:33ne pourra pas revenir
00:34:34devant la cour.
00:34:35Il décide alors
00:34:36de disjoindre
00:34:37les dossiers
00:34:37des trois accusés.
00:34:39Alain Lanternier
00:34:40sera jugé
00:34:41plus tard.
00:34:42Le lundi suivant,
00:34:4430 ans sont requis
00:34:45pour Frédéric Ricot
00:34:46et Isabelle Lemaire.
00:34:48C'est une image
00:34:49exceptionnelle.
00:34:50Dans la salle
00:34:51réservée aux accusés,
00:34:52Isabelle Lemaire
00:34:53attend son verdict.
00:34:55Je vis très mal
00:34:55la détention
00:34:56et surtout
00:34:58d'être appliquée
00:34:59à une complicité
00:34:59de meurtre
00:35:00que je ne suis pas.
00:35:02Pour moi,
00:35:02ça reste
00:35:03très difficile.
00:35:06Le verdict
00:35:07est plus clément
00:35:08que les réquisitions.
00:35:1012 ans
00:35:10pour Isabelle,
00:35:1118 ans
00:35:12pour Ricot.
00:35:13Isabelle Lemaire,
00:35:14quand elle entend ça,
00:35:15elle baisse la tête.
00:35:17Elle se lève,
00:35:19elle regarde son fils
00:35:20et son fils
00:35:21tout de suite
00:35:22va vers elle
00:35:24en courant.
00:35:26Et voilà,
00:35:26Isabelle Lemaire,
00:35:30elle retrouve un peu
00:35:31son fils
00:35:31avant de repartir
00:35:32en détention.
00:35:35L'avocat d'Isabelle Lemaire
00:35:37a décidé de faire appel,
00:35:38tout comme celui
00:35:39de Frédéric Ricot.
00:35:41Alain Lanternier,
00:35:42quant à lui,
00:35:43sera jugé
00:35:43le 27 novembre prochain.
00:35:45C'est une femme assassine,
00:36:02surnommée
00:36:03la veuve diabolique.
00:36:05Geneviève Montillet,
00:36:06une manipulatrice
00:36:07dotée d'une vénalité
00:36:09hors du commun.
00:36:11Une cupidité
00:36:11sans limite
00:36:12qui l'a conduit
00:36:13à éliminer
00:36:14son concubin
00:36:15Éric Devrien.
00:36:17Une femme
00:36:17prête à tout
00:36:18pour assouvir
00:36:19sa soif de richesse
00:36:20quitte à sacrifier
00:36:22les siens.
00:36:22Tout est comme ça
00:36:23dans sa vie.
00:36:24L'appât du gain
00:36:25et puis une absence
00:36:26totale de moralité.
00:36:28Et lorsqu'elle se sent
00:36:29acculée,
00:36:29sa volonté est simple,
00:36:31c'est tout simplement
00:36:31de faire reporter
00:36:32la responsabilité pénale
00:36:33sur une autre personne,
00:36:35que ce soit
00:36:35son fils,
00:36:38que ce soit
00:36:39ses amis,
00:36:40que ce soit
00:36:41ses proches.
00:36:41Une mère
00:36:43qui n'a pas hésité
00:36:44à sacrifier
00:36:45ses propres enfants.
00:36:47Une femme
00:36:47qui a tenté
00:36:48plusieurs fois
00:36:49d'assassiner
00:36:50les hommes
00:36:51qui l'aimaient.
00:36:52Une meurtrière
00:36:52dont le crime
00:36:54aurait pu rester secret
00:36:55à jamais.
00:36:56L'inquiétude
00:37:07d'une mère
00:37:08C'est la teneur
00:37:09d'un intriguant courrier
00:37:10que reçoit
00:37:11le procureur
00:37:12de la République
00:37:12de Grasse
00:37:13en janvier
00:37:141993.
00:37:16La lettre
00:37:17d'une mère
00:37:17inconsolable
00:37:18et pleine
00:37:19de soupçons.
00:37:20Madame Topinca.
00:37:22Elle vient
00:37:22de perdre
00:37:23son fils
00:37:23et a appris
00:37:24sa mort
00:37:25d'une façon
00:37:25surprenante.
00:37:27Plusieurs jours
00:37:28après son décès
00:37:29et d'un simple
00:37:30coup de téléphone
00:37:31de sa belle-fille.
00:37:33Donc non seulement
00:37:34elle apprend
00:37:34la mort
00:37:35de son fils
00:37:35mais elle apprend
00:37:37également
00:37:37que son fils
00:37:39a été incinéré
00:37:40soi-disant
00:37:41en fonction
00:37:42de ses volontés,
00:37:43de ses dernières volontés
00:37:44et donc
00:37:45elle reste
00:37:46naturellement
00:37:47choquée
00:37:47et interloquée
00:37:49de cette nouvelle
00:37:50qui lui est assénée
00:37:51par ce coup
00:37:52de téléphone
00:37:53un soir,
00:37:54coup de téléphone
00:37:55laconique.
00:37:56Éric Devrien,
00:37:57son fils,
00:37:58est décédé
00:37:59quatre jours plus tôt
00:38:00dans son appartement
00:38:01d'Antibes.
00:38:02À part sa concubine
00:38:03Geneviève Montillet,
00:38:05personne n'a assisté
00:38:06à son incinération.
00:38:08D'après elle,
00:38:09Éric Devrien
00:38:10se serait étouffé
00:38:11en mangeant.
00:38:12Mais Madame Topinca
00:38:13ne croit pas
00:38:14à cette version.
00:38:16Elle ignore
00:38:17quand,
00:38:18comment,
00:38:19pourquoi
00:38:19mais elle a
00:38:21cette absolue conviction
00:38:22que son fils
00:38:23est mort
00:38:24du fait
00:38:24de Geneviève Montillet.
00:38:27La requête
00:38:28de cette mère
00:38:28éplorée
00:38:29aurait pu rester
00:38:30sans suite
00:38:31sans un incroyable
00:38:32concours
00:38:33de circonstances.
00:38:34Car à quelques jours
00:38:35d'intervalle,
00:38:36le commissariat
00:38:37d'Antibes
00:38:37reçoit lui aussi
00:38:39un courrier.
00:38:40Une lettre
00:38:40qui concerne
00:38:41elle aussi
00:38:42Éric Devrien.
00:38:43Cette fois,
00:38:44c'est une compagnie
00:38:45d'assurance
00:38:46qui veut des renseignements
00:38:47sur l'accident
00:38:48dont il a été victime
00:38:49deux mois plus tôt.
00:38:51On reçoit un courrier
00:38:52d'une assurance
00:38:52qui demande de transmettre
00:38:54la procédure
00:38:55d'un accident mortel
00:38:55et les recherches
00:38:56faites par la secrétaire
00:38:58font qu'aucun accident mortel
00:39:00n'est signalé
00:39:01à cette période-là.
00:39:02Donc des recherches
00:39:02sont faites.
00:39:03On retrouve un dossier
00:39:04qui était justement
00:39:05un blessé
00:39:05avec un accident
00:39:07avec délit de fuite
00:39:08mais aucun accident mortel.
00:39:10Ce dossier
00:39:12est bien celui
00:39:13d'Éric Devrien.
00:39:14Il a été renversé
00:39:15par une voiture
00:39:16alors qu'il faisait
00:39:17du vélo
00:39:17et le chauffard
00:39:19n'a jamais été retrouvé.
00:39:22Mais pour les policiers,
00:39:23il y a forcément
00:39:24une erreur
00:39:25car Éric Devrien
00:39:26n'est pas mort
00:39:27dans cet accident.
00:39:29Ils invitent l'assurance
00:39:30à vérifier
00:39:30que la personne
00:39:31est bien décédée.
00:39:33Ils lui demandent également
00:39:34qui est à l'origine
00:39:35de cette requête.
00:39:36Nous informe donc
00:39:39que c'est la concubine
00:39:41qui demande
00:39:42d'apercevoir
00:39:43donc des assurances
00:39:44vies
00:39:45qu'elle avait contractées
00:39:46auprès des assureurs.
00:39:48Sa concubine,
00:39:50Geneviève Montillet.
00:39:52A leur tour,
00:39:53les policiers
00:39:53sont intrigués
00:39:54par l'attitude
00:39:55de cette femme
00:39:55qui ne leur a pas fait état
00:39:57du décès
00:39:58d'Éric Devrien.
00:40:00Dès le lendemain,
00:40:01les policiers
00:40:02du service accident
00:40:03d'Antibes
00:40:03l'interrogent.
00:40:05Immédiatement,
00:40:06elle fait part
00:40:07de son étonnement
00:40:08suite à cette convocation.
00:40:11Elle fait la personne
00:40:12surprise en disant
00:40:13je ne savais pas
00:40:14qu'il fallait venir
00:40:15en service des policiers
00:40:16déclarer un décès.
00:40:18Les policiers
00:40:19lui demandent
00:40:20des précisions
00:40:20sur les circonstances
00:40:21de la mort.
00:40:23Elle explique
00:40:23qu'Éric Devrien
00:40:24s'est étouffé
00:40:25en mangeant
00:40:26chez lui
00:40:26il y a 10 jours
00:40:27et que cet étouffement
00:40:29est conséquent
00:40:30à son accident
00:40:31de la route.
00:40:32On se dit
00:40:32c'est pas clair
00:40:34comme histoire.
00:40:34le fait qu'elle
00:40:35ne déclare pas
00:40:36le décès
00:40:36de M. Devrien
00:40:37qu'en plus de ça
00:40:39elle le fasse incinérer
00:40:40à l'insulte
00:40:40tout le monde
00:40:40de la famille
00:40:41de la police.
00:40:42Ça paraît gros.
00:40:44Surtout que c'est pas
00:40:44une femme qui
00:40:45elle paraît assez intelligente
00:40:46elle maîtrise assez bien
00:40:47elle se maîtrise bien
00:40:48elle est autoritaire
00:40:49sûre d'elle
00:40:50donc c'est pas quelqu'un
00:40:51qui manque d'informations
00:40:53c'est quelqu'un
00:40:53qui sciemment
00:40:55sait ce qu'elle faisait.
00:40:57Les policiers
00:40:58veulent alors inspecter
00:40:59le vélo
00:41:00d'Éric Devrien
00:41:01peut-être
00:41:02porte-t-il
00:41:03des indices.
00:41:04À ce moment-là
00:41:05lorsqu'elle était interviewée
00:41:06par le service
00:41:06Mme Montiel
00:41:07lui déclare avoir récupéré
00:41:08le vélo
00:41:08et l'avoir fait détruit.
00:41:10Donc ce vélo détruit
00:41:11il ne nous restait plus
00:41:13grand chose.
00:41:15Pour le moment
00:41:16rien ne permet
00:41:17d'affirmer
00:41:18qu'Éric Devrien
00:41:19a été victime
00:41:20d'un assassinat.
00:41:22Pourtant
00:41:22grâce aux informations
00:41:23de la compagnie
00:41:24d'assurance
00:41:25les policiers
00:41:26vont découvrir
00:41:26un mobile idéal.
00:41:28Déjà intrigués
00:41:39par le comportement
00:41:40de cette veuve
00:41:41les policiers
00:41:42le sont encore plus
00:41:43lorsque la compagnie
00:41:44d'assurance
00:41:44leur apporte
00:41:45de nouveaux éléments.
00:41:48Eh bien là
00:41:48on se rend compte
00:41:49que nous n'avons pas
00:41:50un seul contrat
00:41:51mais nous en avons
00:41:52huit
00:41:52et qu'on parle
00:41:54de capitaux
00:41:55allant de 200 000 francs
00:41:56français
00:41:57jusqu'à 1 million
00:41:58de francs
00:41:59pour le plus important.
00:42:00Le montant total
00:42:01de ces contrats
00:42:02se chiffre
00:42:03à 10 millions de francs
00:42:04soit 1 million
00:42:05et demi d'euros.
00:42:07Autant de contrats
00:42:08d'assurance vie
00:42:09pour un homme
00:42:10qui n'avait même
00:42:10pas 40 ans
00:42:11pour les policiers
00:42:12c'est plutôt inhabituel.
00:42:15Mais ce qui leur paraît
00:42:16encore plus étrange
00:42:17ce sont
00:42:18les clauses
00:42:18très particulières
00:42:20de certains contrats.
00:42:21Si l'accident
00:42:24survient
00:42:24un jour férié
00:42:25le capital
00:42:26est doublé
00:42:28et en plus
00:42:28si sur certains contrats
00:42:30nous sommes en présence
00:42:31d'un accident
00:42:31de la route
00:42:32le capital
00:42:33est triplé.
00:42:35Or
00:42:35coïncidence troublante
00:42:37Eric Devrien
00:42:38a bien été victime
00:42:39d'un accident
00:42:40de la route
00:42:40le 1er novembre
00:42:421992
00:42:43un jour férié.
00:42:45Plus grave
00:42:46certains de ces contrats
00:42:47ne semblent pas
00:42:48avoir été signés
00:42:49de la main
00:42:50d'Eric Devrien.
00:42:53A partir du moment
00:42:53où vous avez
00:42:54les 8 contrats
00:42:54devant vous
00:42:55vous constatez
00:42:57en regardant attentivement
00:42:59que la signature
00:43:00d'Eric Devrien
00:43:01est un peu différente
00:43:02sur certains contrats
00:43:04par rapport à d'autres.
00:43:06Suspicieuse elle aussi
00:43:07la compagnie d'assurance
00:43:08décide de faire appel
00:43:10à un expert graphologue.
00:43:13L'expert judiciaire
00:43:14que nous choisissons
00:43:15qui est expert
00:43:15devant la cour
00:43:17de cassation
00:43:18étudie les documents
00:43:21et constate
00:43:23que ce n'est pas
00:43:24la même signature
00:43:26il confirme
00:43:27notre analyse
00:43:28mais plus intéressant
00:43:30comme il a
00:43:31la totalité
00:43:32des éléments
00:43:33du dossier
00:43:33donc y compris
00:43:34la déclaration d'accident
00:43:35qui est rédigée
00:43:36par Mme Montillet
00:43:37il nous dit
00:43:38mais attendez
00:43:38la signature
00:43:39que je vois là
00:43:40sur ces contrats
00:43:40et qui est théoriquement
00:43:41Eric Devrien
00:43:42en fait ça semble être
00:43:43de la main
00:43:44de cette personne
00:43:45qui a rédigé
00:43:46la déclaration d'accident
00:43:46c'est à dire
00:43:47de Mme Montillet.
00:43:48Avec ces nouveaux éléments
00:43:50le procureur
00:43:51de la république
00:43:52ouvre une information
00:43:53judiciaire
00:43:54pour assassinat
00:43:55interrogée
00:43:56Geneviève Montillet
00:43:57présente un alibi
00:43:58le jour du décès
00:44:00de son concubin
00:44:01elle était avec une amie
00:44:02Étienne Bernardin
00:44:04elles ont toutes les deux
00:44:06découvert
00:44:06Eric Devrien
00:44:07mort
00:44:08à leur retour
00:44:09vers 18h
00:44:10cet ami
00:44:11confirme l'alibi
00:44:12Eric Devrien
00:44:14est-il décédé
00:44:15des suites
00:44:16de son accident
00:44:16pour le savoir
00:44:18les enquêteurs
00:44:19interrogent
00:44:19les médecins
00:44:20qui l'ont soigné
00:44:21juste après
00:44:21ils découvrent alors
00:44:23qu'il a été
00:44:24sorti de l'hôpital
00:44:25d'une manière étrange
00:44:27à ce moment là
00:44:29son état
00:44:30s'est amélioré
00:44:32mais qu'il doit
00:44:33impérativement
00:44:34selon les médecins
00:44:35rejoindre un centre
00:44:36de rééducation
00:44:36il a été très gravement
00:44:37blessé
00:44:38et
00:44:39sa sortie
00:44:40est prévue
00:44:42quelques jours
00:44:43avant
00:44:43le 11 janvier
00:44:45vers un centre
00:44:46de rééducation
00:44:47cette sortie
00:44:48va être annulée
00:44:50sans raison
00:44:50par
00:44:51Mme Montillet
00:44:52Geneviève Montillet
00:44:55refuse
00:44:56systématiquement
00:44:57les admissions
00:44:58d'Eric Devrien
00:44:58en centre
00:44:59de rééducation
00:45:00prétextant
00:45:01qu'elle souhaite
00:45:02s'occuper de lui
00:45:03ils vont
00:45:04dans cette hypothèse
00:45:06à ce moment là
00:45:06mettre en place
00:45:07une hospitalisation
00:45:08à domicile
00:45:09qui est prévue
00:45:10vers le 20 janvier
00:45:11et
00:45:12contre toute attente
00:45:14sans prévenir
00:45:15personne
00:45:15elle le fait sortir
00:45:17de l'hôpital
00:45:18d'ailleurs
00:45:18à une heure
00:45:19inhabituelle
00:45:19sans attendre
00:45:22Geneviève Montillet
00:45:23a appelé
00:45:24une ambulance
00:45:24privée
00:45:25pour ramener
00:45:25Eric Devrien
00:45:26chez lui
00:45:26hors des horaires
00:45:28de sortie
00:45:28de l'hôpital
00:45:29les soupçons
00:45:31s'accumulent
00:45:31mais les preuves
00:45:32matérielles
00:45:33elles
00:45:33font défaut
00:45:34deux ans après
00:45:36le début de l'enquête
00:45:36le dossier
00:45:37Eric Devrien
00:45:38sommeille déjà
00:45:39dans un tiroir
00:45:40pour pouvoir toucher
00:45:43le montant
00:45:44des assurances vie
00:45:45Geneviève Montillet
00:45:46attend de bénéficier
00:45:47d'un non-lieu
00:45:48avec impatience
00:45:49peut-être
00:45:50un peu trop
00:45:51la veuve
00:45:52va même jusqu'à
00:45:53écrire
00:45:54au ministère
00:45:54de la justice
00:45:55comme ce non-lieu
00:45:58elle l'attendait
00:45:59depuis des années
00:45:59on va dire
00:46:01que dans la dernière
00:46:01ligne droite
00:46:02elle a manifesté
00:46:03une impatience
00:46:04certaine
00:46:04qui a interpellé
00:46:06le magistrat instructeur
00:46:07alors que le dossier
00:46:09était sur le point
00:46:09d'être classé
00:46:10l'attention
00:46:11est à nouveau portée
00:46:12sur cette affaire
00:46:13une nouvelle juge
00:46:14d'instruction
00:46:15reprend alors
00:46:15l'enquête
00:46:16depuis le début
00:46:17une enquête
00:46:18qui cette fois
00:46:18va aboutir
00:46:205 ans
00:46:31après la mort suspecte
00:46:32d'Eric Devrien
00:46:33l'enquête repart de zéro
00:46:35et c'est la police judiciaire
00:46:36de Nice
00:46:37qui en a maintenant
00:46:38la charge
00:46:38les enquêteurs
00:46:40décident de placer
00:46:41à nouveau
00:46:41Geneviève Montillet
00:46:42et son entourage
00:46:43sur écoute téléphonique
00:46:44ils interceptent alors
00:46:46une conversation
00:46:47entre la veuve
00:46:48et Étienne Bernardin
00:46:50son ami
00:46:50qui lui a fourni
00:46:52son alibi
00:46:52Geneviève lui disait
00:46:55et la conversation téléphonique
00:46:57est très désidifiante
00:46:58là-dessus
00:46:59vous vous souvenez
00:47:00Étienne et Attin
00:47:01vous étiez monté
00:47:01à mon domicile
00:47:03c'est ce qu'il faudra dire
00:47:04au policier
00:47:04même s'il ne vous interroge
00:47:06pas dessus
00:47:06vous aviez vu
00:47:08Eric Devrien
00:47:09vous aviez vu
00:47:11Eric
00:47:11il était couché
00:47:12il vous a même souri
00:47:13il vous a fait un signe
00:47:14il faudra le dire
00:47:15au policier
00:47:16ensuite nous étions
00:47:17partis ensemble
00:47:17à l'hôpital
00:47:19et lorsque nous étions
00:47:21revenus ensemble
00:47:22vous étiez monté
00:47:23au domicile
00:47:24et il était mort
00:47:25les fils jumeaux
00:47:27de Geneviève Montillet
00:47:29Valérie
00:47:30et Fabrice
00:47:3023 ans
00:47:31issus de son premier mariage
00:47:33sont eux aussi
00:47:34placés sous surveillance
00:47:36après quatre mois
00:47:38des coups de téléphonique
00:47:39la preuve surgit enfin
00:47:41dans une conversation
00:47:42Valérie parle à son père
00:47:45René Desmuliers
00:47:46tous deux évoquent
00:47:47Fabrice
00:47:48et soudain une phrase
00:47:49va tout faire basculer
00:47:51René dit à Valérie
00:47:55j'avais eu une discussion
00:47:57avec ton frère Fabrice
00:48:00il est toujours perturbé
00:48:01par ce qui s'est passé
00:48:02et notamment par
00:48:04lorsque sa mère
00:48:06lui avait demandé
00:48:07de brancher quelqu'un
00:48:09pour provoquer
00:48:10l'accident
00:48:11d'Éric Devrien
00:48:12Provoquer l'accident
00:48:15d'Éric Devrien
00:48:16avec ces quelques mots
00:48:18les enquêteurs
00:48:19pensent alors tenir
00:48:20le scénario
00:48:21d'une tentative d'assassinat
00:48:22On avait l'élément
00:48:24qui nous permettait
00:48:25de savoir
00:48:26que Fabrice
00:48:27que Valérie
00:48:29était au courant
00:48:30de cette tentative
00:48:32d'assassinat
00:48:33d'Éric Devrien
00:48:34que Fabrice
00:48:35y était impliqué
00:48:36que quelqu'un
00:48:37avait piloté
00:48:38un véhicule
00:48:40pour renverser
00:48:40Éric Devrien
00:48:41et que c'était
00:48:42Geneviève Montillier
00:48:43qui était à l'origine
00:48:44de cette provocation
00:48:47Alors que les enquêteurs
00:48:50seraient en mesure
00:48:51d'interpeller
00:48:51Geneviève Montillier
00:48:52ils décident d'attendre
00:48:54ils veulent réinterroger
00:48:56d'autres témoins
00:48:57notamment le médecin
00:48:59qui a établi
00:49:00le certificat de décès
00:49:01d'Éric Devrien
00:49:02Il a inscrit
00:49:04fausse route alimentaire
00:49:05comme cause de sa mort
00:49:07Mais face aux enquêteurs
00:49:08il n'est plus très sûr de lui
00:49:10On va réinterroger le docteur
00:49:13qui va dire
00:49:16je dirais presque reconnaître
00:49:18qu'il ne peut pas
00:49:21il ne peut pas affirmer
00:49:22que c'était une fausse route alimentaire
00:49:23En réalité
00:49:24c'est sur les indications
00:49:25de Mme Montillier
00:49:25qui fait ce certificat
00:49:27Voilà
00:49:27Donc il le fait
00:49:28de façon
00:49:30de façon imprudente
00:49:31Le lendemain ou deux jours après
00:49:33Geneviève Montillier
00:49:35le rappelle
00:49:36et elle lui demande
00:49:37d'indiquer
00:49:38qu'Éric Devrien
00:49:40est mort
00:49:41d'une fausse route
00:49:41qui est consécutive
00:49:43à un accident de la circulation
00:49:45qui a eu lieu
00:49:46le 1er novembre 1992
00:49:48et c'est ce que va
00:49:50retranscrire
00:49:50le docteur
00:49:52dans un nouveau certificat médical
00:49:54pour qu'elle puisse
00:49:55l'utiliser
00:49:56pour les assurances
00:49:58Cette fois
00:50:00les policiers
00:50:01ont suffisamment
00:50:02d'éléments
00:50:02pour agir
00:50:03En janvier 1999
00:50:05ils interpellent
00:50:06au même moment
00:50:07Geneviève Montillier
00:50:08ses fils jumeaux
00:50:09ainsi que son ex-mari
00:50:11René Desmuliers
00:50:12Confronté aux écoutes téléphoniques
00:50:15Valéry passe aux aveux
00:50:17le 1er
00:50:17Il a été le premier
00:50:20à avoir été sollicité
00:50:21par
00:50:21Geneviève Montillier
00:50:23sollicité
00:50:25pour trouver
00:50:26quelqu'un
00:50:27qui irait renverser
00:50:28donc ce sont les faits
00:50:29du 1er novembre
00:50:301992
00:50:31renverser Éric Devrien
00:50:32alors qu'il faisait
00:50:33du vélo
00:50:34au Cap d'Antibes
00:50:35Il révèle que
00:50:37lorsqu'Éric Devrien
00:50:38est renversé
00:50:39par une automobile
00:50:41le 1er novembre
00:50:42il fait le lien
00:50:43avec la demande
00:50:43qui lui avait été faite
00:50:44par sa mère
00:50:45et qu'à ce moment-là
00:50:46son frère Fabrice
00:50:48lui avoue
00:50:49son expression
00:50:50qu'il a fait
00:50:51une grosse connerie
00:50:51Après les révélations
00:50:53de son frère
00:50:54Fabrice craque à son tour
00:50:56Lui a bien accepté
00:50:58la proposition
00:50:58de sa mère
00:50:59Il avait contacté
00:51:02à l'époque
00:51:02l'un de ses copains
00:51:05également drogués
00:51:07comme lui
00:51:07qui était mineur
00:51:08et qu'il nous citait
00:51:12à savoir Yann Baudet
00:51:14qui devait utiliser
00:51:15une voiture
00:51:16que Fabrice
00:51:17s'était chargé
00:51:19de voler
00:51:19de renverser
00:51:21Éric Devrien
00:51:22et de le tuer
00:51:23Fabrice raconte
00:51:25qu'il présente rapidement
00:51:26son ami Yann Baudet
00:51:28à sa mère
00:51:28Geneviève Montillet
00:51:30va alors
00:51:31s'empresser
00:51:31de le mettre en confiance
00:51:33et tout de suite
00:51:34elle comprend
00:51:35en voyant Yann
00:51:36qu'il s'agit
00:51:37d'une bonne cible
00:51:38parce que
00:51:40c'est un être
00:51:40en état de précarité
00:51:42morale
00:51:44financière
00:51:46toxicomane
00:51:47qui
00:51:48manifestement
00:51:51est en état
00:51:53de détresse
00:51:54à ce moment-là
00:51:55et elle sait faire
00:51:57et elle le place
00:51:58un peu
00:51:58sous sa soi-disant
00:52:00elle protectrice
00:52:02pour lui promettre
00:52:04monts et merveilles
00:52:05et notamment
00:52:05de l'argent
00:52:06L'argent
00:52:08argument suprême
00:52:10de Geneviève Montillet
00:52:11pour convaincre
00:52:12cet adolescent
00:52:13de commettre
00:52:13le pire
00:52:14l'argent
00:52:15des assurances vie
00:52:16c'est alors
00:52:17le pacte
00:52:19Elle lui avait promis
00:52:21500 000 francs
00:52:22ce qui est énorme
00:52:22pour un gamin
00:52:23qui n'avait pas
00:52:24trois sous
00:52:25et elle avait promis
00:52:27un million de francs
00:52:28c'était des francs
00:52:28à l'époque
00:52:29un million de francs
00:52:30à Fabrice
00:52:32Interpellée
00:52:34à son tour
00:52:35Yann Baudet
00:52:36révèle presque
00:52:37immédiatement
00:52:38le scénario
00:52:39machiavélique
00:52:39de l'accident
00:52:40organisé
00:52:41d'Éric Devrien
00:52:42le 1er novembre
00:52:431992
00:52:44vers 18h
00:52:46Geneviève Montillet
00:52:47convainc son compagnon
00:52:48d'aller faire
00:52:49un tour en vélo
00:52:50garé devant la maison
00:52:52et seul à bord
00:52:53du véhicule
00:52:53volé par Fabrice
00:52:55Yann Baudet
00:52:56prend Éric Devrien
00:52:57en filature
00:52:58au bout de 20 minutes
00:52:59ils atteignent
00:53:01une petite route déserte
00:53:02il va accélérer
00:53:04nous dit-il
00:53:05et renverser
00:53:06Éric Devrien
00:53:06de façon
00:53:07très violente
00:53:08il va être projeté
00:53:11il vient meurter
00:53:12sur le
00:53:13le pare-brise
00:53:14et le toit
00:53:16de la voiture
00:53:16et ensuite
00:53:17il va prendre
00:53:19la fuite
00:53:19contrairement à ce que
00:53:20lui a demandé
00:53:21Geneviève Montillet
00:53:23car Geneviève Montillet
00:53:25avait exigé
00:53:26qu'il s'assure
00:53:27d'avoir terminé
00:53:28le travail
00:53:29le précisé
00:53:30c'est lui
00:53:31qui nous le dit
00:53:31qu'il faut
00:53:33absolument
00:53:34l'achever
00:53:35c'est à dire
00:53:35il faut qu'il s'arrête
00:53:36et nous dit-il
00:53:37qu'il fasse marche arrière
00:53:38qu'il lui roule dessus
00:53:39pour être sûr
00:53:40de le tuer
00:53:40devant les révélations
00:53:42de ses fils
00:53:43et de Yann
00:53:44Geneviève Montillet
00:53:45finit par avouer
00:53:46à son tour
00:53:47la tentative
00:53:48d'assassinat
00:53:49du 1er novembre
00:53:50mais elle se pose
00:53:51en victime
00:53:52elle mettra
00:53:54en évidence
00:53:55la dangerosité
00:53:57potentielle
00:53:58d'Eric de Vrient
00:53:59à l'égard
00:54:00de ses enfants
00:54:01c'est à dire
00:54:02les deux enfants
00:54:03nés de sa première union
00:54:04avec René Desmuliers
00:54:07et également
00:54:08la dangerosité
00:54:09potentielle
00:54:10d'Eric de Vrient
00:54:11à l'égard
00:54:12de leur fille
00:54:13pour les enquêteurs
00:54:15ce mobile
00:54:15ne vaut rien
00:54:16ni les jumeaux
00:54:18ni la fille
00:54:18qu'elle a eue
00:54:19avec Eric de Vrient
00:54:20ne confirme
00:54:21des violences
00:54:22de sa part
00:54:22pour eux
00:54:23le seul mobile
00:54:24est l'argent
00:54:25des assurances vie
00:54:26quand il l'interroge
00:54:27à ce sujet
00:54:28la réponse
00:54:29de la veuve
00:54:30les glaces
00:54:31elle ira quand même
00:54:32jusqu'à préciser
00:54:33que finalement
00:54:36la mort
00:54:36d'Eric de Vrient
00:54:37lui permettrait
00:54:38de toucher
00:54:39le prix
00:54:39des assurances vie
00:54:40et elle a cette expression
00:54:41assez étonnante
00:54:42surtout dans ce cadre
00:54:43finalement c'était
00:54:45de faire
00:54:45d'une pierre deux coups
00:54:47mise en examen
00:54:48Geneviève Montillet
00:54:50a reconnu
00:54:50l'organisation
00:54:51de l'accident
00:54:52mais elle maintient
00:54:53qu'Eric de Vrient
00:54:54est mort
00:54:55d'une fausse route
00:54:55alimentaire
00:54:56à son domicile
00:54:57ce n'est pas elle
00:54:58qui a mis fin
00:54:59à ses jours
00:55:00pourtant Yann Baudet
00:55:01va faire
00:55:02une révélation
00:55:03qui laisse entendre
00:55:03le contraire
00:55:04il raconte
00:55:05que deux mois
00:55:06après l'accident
00:55:07Geneviève Montillet
00:55:08l'a fait venir
00:55:09au chevet
00:55:10de son compagnon
00:55:11à l'hôpital
00:55:12et elle lui propose
00:55:13d'introduire
00:55:14dans la perfusion
00:55:15qui alimente
00:55:16Eric de Vrient
00:55:17des bulles d'air
00:55:18qui devrait provoquer
00:55:20pense-t-elle
00:55:21un arrêt cardiaque
00:55:22il nous dit
00:55:23ne pas avoir
00:55:24eu le courage
00:55:25de le faire
00:55:25et que c'est elle
00:55:26qui a deux reprises
00:55:27à essayer
00:55:28avec une seringue
00:55:30de rentrer de l'air
00:55:31dans la perfusion
00:55:32mais Geneviève Montillet
00:55:35nie farouchement
00:55:36et elle décide
00:55:37de faire porter
00:55:38toute la culpabilité
00:55:39sur ses propres enfants
00:55:41les jetant en pâture
00:55:42au pire soupçon
00:55:44les enquêteurs
00:55:45découvrent alors
00:55:46le vrai visage
00:55:47de cette femme
00:55:47diabolique
00:55:48Geneviève Montillet
00:56:00est non seulement
00:56:01désignée
00:56:02comme l'instigatrice
00:56:03d'une double tentative
00:56:04d'assassinat
00:56:05mais désormais aussi
00:56:06comme la potentielle
00:56:08meurtrière
00:56:08d'Eric de Vrient
00:56:09pour se défendre
00:56:11elle va alors
00:56:12tout tenter
00:56:13même l'impensable
00:56:15et en premier lieu
00:56:17la veuve revient
00:56:18sur ses déclarations
00:56:19Lorsque Geneviève Montillet
00:56:21rétracte les aveux
00:56:22qu'elle a passés
00:56:23dans le temps
00:56:24de la garde à vue
00:56:24elle indique
00:56:26que ces aveux
00:56:28ont été passés
00:56:29dans le dessin
00:56:30dans le souhait
00:56:31de protéger
00:56:33ses enfants
00:56:34Une confrontation
00:56:37entre Fabrice
00:56:38et sa mère
00:56:39est donc organisée
00:56:40dans le bureau
00:56:40de la juge d'instruction
00:56:42Geneviève Montillet
00:56:43n'hésite pas
00:56:44à désigner
00:56:45son fils
00:56:46comme instigateur
00:56:47du complot
00:56:47Elle affirme
00:56:48qu'il a imaginé
00:56:49l'accident
00:56:50du 1er novembre
00:56:51avec Yann Baudet
00:56:52Les policiers
00:56:54retiennent alors
00:56:55le fils indigné
00:56:56qui se jette
00:56:56sur sa mère
00:56:57Je crois qu'il serait
00:56:59tombé du 50ème étage
00:57:01ça lui aurait fait
00:57:02le même effet
00:57:03c'était quand même
00:57:04la dernière chose
00:57:07à laquelle il s'attendait
00:57:08Mais la veuve
00:57:09ne s'arrête pas là
00:57:10Pour la mort
00:57:11d'Eric de Vrient
00:57:12Geneviève Montillet
00:57:13accuse cette fois
00:57:14son autre fils
00:57:15Valéry
00:57:16et parvient à convaincre
00:57:18Le jour du décès
00:57:19il se trouvait
00:57:20dans l'appartement
00:57:21il est alors
00:57:22mis en examen
00:57:23mais clame son innocence
00:57:24Il n'était jamais
00:57:26au domicile de sa mère
00:57:27jamais
00:57:27Il vivait dans un squat
00:57:28et c'est vrai que
00:57:30ce jour là
00:57:31elle l'a fait venir
00:57:32le 15 janvier
00:57:32de façon
00:57:34tout à fait exceptionnelle
00:57:36et c'est ce qui fera dire
00:57:37à Valéry
00:57:38qu'elle l'a fait venir
00:57:39pour tenter
00:57:40de lui faire porter le chapeau
00:57:41Quelques semaines plus tard
00:57:43Valéry retrouve la liberté
00:57:45quand l'alibi de sa mère
00:57:46s'effondre
00:57:47Placé en garde à vue
00:57:48Étienne-Nette Bernardin
00:57:50est confronté
00:57:51aux écoutes téléphoniques
00:57:52Ben Bernardin s'effondre
00:57:53en disant
00:57:54c'est mon ami
00:57:54qui m'a dit de dire ça
00:57:55et voilà
00:57:56je vous l'ai dit
00:57:57mais c'est pas la vérité
00:57:58Geneviève Montillet
00:58:00s'est donc retrouvée seule
00:58:02avec Éric Devrien
00:58:03ce jour là
00:58:04Les enquêteurs
00:58:06sont alors convaincus
00:58:07que c'est elle
00:58:08qui l'a assassinée
00:58:09et petit à petit
00:58:11ils découvrent le visage
00:58:12d'une femme
00:58:13calculatrice
00:58:14et perverse
00:58:15obsédée par l'argent
00:58:16utilisant ses proches
00:58:18comme des marionnettes
00:58:19depuis bien longtemps
00:58:20C'est ce que révèlent
00:58:21les jumeaux
00:58:2211 ans plus tôt
00:58:23elle a déjà tenté
00:58:24de les manipuler
00:58:25pour se débarrasser
00:58:27d'Éric Devrien
00:58:28Le prétexte
00:58:30c'est une partie de chasse
00:58:31et à l'occasion
00:58:32de cette partie de chasse
00:58:33elle dit à Fabrice
00:58:34tu lui tireras
00:58:34avec ta carabine
00:58:35en pleine tête
00:58:36A l'époque
00:58:37Fabrice et Valérie
00:58:38sont âgés de 12 ans
00:58:40à peine
00:58:40Tout le monde croit alors
00:58:42à un accident de chasse
00:58:43Et c'est Fabrice
00:58:46qui avait utilisé
00:58:48cette carabine
00:58:49pour lui tirer
00:58:49dans la tête
00:58:50Éric Devrien
00:58:51avait été hospitalisé
00:58:53et n'avait été
00:58:54que blessé
00:58:54à la suite
00:58:55de ces faits
00:58:58Après le portrait
00:58:59de la mère manipulatrice
00:59:00dressée par les frères jumeaux
00:59:02René Desmuliers
00:59:03l'ex-mari
00:59:04de Geneviève Montillet
00:59:05va quant à lui
00:59:06révéler
00:59:07une autre facette
00:59:08de sa personnalité
00:59:09celle d'une femme
00:59:11assassine
00:59:11Au cours de son audition
00:59:13il affirme
00:59:14que Geneviève Montillet
00:59:16avait tenté
00:59:17de l'éliminer
00:59:17lui aussi
00:59:18par peur
00:59:19qu'il ne refuse
00:59:20le divorce
00:59:20au moment de sa rencontre
00:59:22avec Éric Devrien
00:59:23Elle avait fait paraître
00:59:25une petite annonce
00:59:26cette petite annonce
00:59:27parlait simplement
00:59:29d'un coursier
00:59:31elle lui avait demandé
00:59:32s'il était susceptible
00:59:34de faire certaines choses
00:59:36s'il était susceptible
00:59:36d'avoir une arme
00:59:37au départ
00:59:38et ensuite
00:59:39elle lui avait expliqué
00:59:40qu'il fallait
00:59:40avait-elle dit
00:59:43se débarrasser
00:59:43d'une crapule
00:59:44Le jeune homme
00:59:46avait finalement
00:59:47reculé
00:59:48et prévenu la police
00:59:49A l'époque
00:59:50le couple vit dans le nord
00:59:52et le commissariat
00:59:53de Roubaix
00:59:53est chargé
00:59:54de l'enquête
00:59:54C'est René Desmuliers
00:59:58qui a été convoqué
00:59:59à la police
01:00:00pour lui dire
01:00:00voilà
01:00:01vous avez failli
01:00:02être la victime
01:00:03d'un assassinat
01:00:05qui était commandité
01:00:06par votre épouse
01:00:08Pour protéger
01:00:10ses enfants
01:00:10René Desmuliers
01:00:12refuse de porter plainte
01:00:13Geneviève Montillet
01:00:15n'est jamais inquiétée
01:00:16Mais pour le meurtre
01:00:18d'Éric Devrien
01:00:19cette fois
01:00:20Geneviève Montillet
01:00:21doit faire face
01:00:22à la justice
01:00:22Avant même
01:00:24d'être jugée
01:00:25la veuve
01:00:25est surnommée
01:00:26par la presse
01:00:27la diabolique
01:00:28Le procès
01:00:30s'ouvre
01:00:33dans une ambiance
01:00:34d'une lourdeur extrême
01:00:36Les faits
01:00:39dont il s'agit
01:00:40et la personnalité
01:00:41de Geneviève Montillet
01:00:43ont fait l'objet
01:00:45au jour
01:00:46de l'ouverture
01:00:47du procès
01:00:47mais des avant
01:00:48le procès
01:00:49lui-même
01:00:50d'une forme
01:00:51de médiatisation
01:00:52Le procès
01:00:55se tient à Nice
01:00:56devant la cour
01:00:56d'assises
01:00:57des mineurs
01:00:58car Fabrice et Yann
01:00:59n'avaient que 17 ans
01:01:00à l'époque des faits
01:01:02Geneviève Montillet
01:01:03doit répondre
01:01:04de deux tentatives
01:01:05d'assassinat
01:01:06sur Éric Devrien
01:01:07et de son meurtre
01:01:08et de son meurtre
01:01:08avec préméditation
01:01:09mais face à la cour
01:01:11elle reste stoïque
01:01:13J'ai considéré
01:01:14J'ai considéré que c'est un animal
01:01:14à sang froid
01:01:15c'est à dire
01:01:17qu'elle vous regardait
01:01:17avec une absence totale
01:01:18de sentiments
01:01:20dans le regard
01:01:21l'impression d'avoir fait
01:01:24le travail accompli
01:01:26et puis toujours une volonté
01:01:28de se sauver
01:01:29un peu comme un animal
01:01:30quand un animal est acculé
01:01:32et de toute façon
01:01:32tous les moyens sont bons
01:01:34pour se sauver
01:01:34ce sauver
01:01:36quitte à mentir
01:01:37et à rejeter
01:01:38l'entière responsabilité
01:01:40sur son fils Fabrice
01:01:41et sur Yann Baudet
01:01:43eux sont accusés
01:01:44de complicité
01:01:45de tentative d'assassinat
01:01:46mais les avocats
01:01:48s'appliquent
01:01:48à dresser le portrait
01:01:49d'un monstre
01:01:50dont les deux garçons
01:01:51ont été les victimes
01:01:53même du côté
01:01:54des partis civils
01:01:55on voulait
01:01:56aussi les défendre
01:01:58c'est pas question
01:01:59d'accabler
01:02:00deux jeunes mineurs
01:02:0217 ans
01:02:03à l'époque des faits
01:02:04manipulés
01:02:06comme ils l'ont été
01:02:07chaque témoignage
01:02:09noircit un peu plus
01:02:10l'image de Geneviève Montillet
01:02:12et lorsque son ex-mari
01:02:14se présente à la barre
01:02:16c'est le coup de grâce
01:02:17il nous dit
01:02:18que c'est quelqu'un
01:02:19qui est cupide
01:02:20que c'est quelqu'un
01:02:21qui ne regrette jamais
01:02:23c'est quelqu'un
01:02:24qui est toujours
01:02:29persuadé
01:02:29de détenir la vérité
01:02:32ce qui nous a
01:02:33certainement
01:02:33le plus surpris
01:02:34et qui a surpris
01:02:35les gens qui la connaissent
01:02:36c'est qu'elle a pu avouer
01:02:38à un moment
01:02:39en tout cas
01:02:41une partie des faits
01:02:41à l'égard de Yann et Fabrice
01:02:45le tribunal se montre
01:02:47clément
01:02:47et les condamne
01:02:49à 5 ans de prison
01:02:50la diabolique d'Antibes
01:02:52elle
01:02:52échappe tout de même
01:02:54à la peine maximale
01:02:55Eric Devrien
01:02:56ayant été incinéré
01:02:58il n'existera jamais
01:03:00de preuve formelle
01:03:01de son assassinat
01:03:02Geneviève Montillet
01:03:04écope d'une peine
01:03:05de 25 ans
01:03:067 ans plus tard
01:03:08gravement malade
01:03:09elle décède en prison
01:03:10c'est un homme
01:03:12qui va tuer sa femme
01:03:13deux fois
01:03:13sa première épouse
01:03:15puis sa seconde
01:03:17deux meurtres
01:03:18d'une rare violence
01:03:19à 9 ans d'écart
01:03:21les mêmes faits
01:03:22les mêmes circonstances
01:03:23c'est la réplique
01:03:24exactement à l'identique
01:03:26de ce qui s'était passé
01:03:279 ans auparavant
01:03:28cet homme
01:03:29ne tue personne d'autre
01:03:31que les amours
01:03:32de sa vie
01:03:32à chaque fois
01:03:33il va avouer son crime
01:03:35à son voisin
01:03:36de palier
01:03:39ce matin-là
01:03:50à l'aube
01:03:51ce sont des cris
01:03:52qui alertent les voisins
01:03:54dans cette résidence
01:03:55sur les hauteurs de Sedan
01:03:56au deuxième étage
01:03:58de cet immeuble
01:03:59un couple se dispute
01:04:00c'est Brigitte Oudry
01:04:02et Robert-Etienne
01:04:03qui sont en train
01:04:04de se quereller
01:04:05en fait il semblerait
01:04:07que la dispute
01:04:08ait commencé la veille
01:04:09pour un motif assez futile
01:04:12une histoire de chat
01:04:14qui faisait trop de bruit
01:04:15et qui le gênait
01:04:16qui était dans la chambre conjugale
01:04:19et qui l'empêchait de dormir
01:04:20elle n'avait pas d'enfant
01:04:22donc elle reportait
01:04:23beaucoup d'affection
01:04:23sur ses animaux
01:04:24elle adorait ses animaux
01:04:26et je pense que les animaux
01:04:27lui rendaient bien
01:04:28Robert-Etienne
01:04:30ne supporte pas
01:04:31les deux chats
01:04:32de Brigitte
01:04:33mais elle tient énormément
01:04:34à ses animaux
01:04:35suffisamment en tout cas
01:04:36pour lui tenir tête
01:04:38la discussion s'envenime
01:04:39chacun campe
01:04:40sur ses positions
01:04:41les reproches
01:04:42se multiplient
01:04:43les vieilles rancœurs
01:04:44ressurgissent
01:04:45par la suite
01:04:48on a appris
01:04:49cette fois-ci
01:04:50par les enquêteurs
01:04:51de Reims
01:04:51qu'il y aurait eu
01:04:55des discussions
01:04:56des discussions
01:04:59d'ordre pécuniaire
01:05:00une histoire aussi
01:05:01de vacances
01:05:02et de frais
01:05:05occasionnés
01:05:05par les vacances
01:05:06qui l'énervent
01:05:08Brigitte voudrait
01:05:10plus de loisirs
01:05:11plus de vacances
01:05:12plus de sorties
01:05:13mais Robert
01:05:14visiblement
01:05:15serait plutôt du genre
01:05:16à garder son argent
01:05:18au chaud
01:05:18elle ne vivait pas
01:05:20sur un train de vie
01:05:20extraordinaire
01:05:21elle avait
01:05:22une voiture
01:05:23qui date de 21 ans
01:05:24bon
01:05:25elle prenait des vacances
01:05:26elle allait
01:05:27en Normandie
01:05:28c'est pas comme si
01:05:29elle faisait des voyages
01:05:30autour du monde
01:05:30enfin bon
01:05:32je pense pas
01:05:33que c'était essentiel
01:05:34ça
01:05:34pour elle
01:05:35une chose est certaine
01:05:37entre Robert et Brigitte
01:05:39l'échange est très vif
01:05:40et la querelle
01:05:42tourne à l'affrontement
01:05:43Brigitte Audrey
01:05:45dit de toute façon
01:05:46je m'emmerde avec toi
01:05:48ou quelque chose
01:05:49d'approchant
01:05:49et en tout cas
01:05:51qu'est-ce qui se passe
01:05:52dans sa tête
01:05:52mais il pète les plombs
01:05:53le ton monte
01:05:54la colère aussi
01:05:55les insultes fusent
01:05:57et subitement
01:05:58Robert-Etienne
01:05:5966 ans
01:06:00bascule dans la violence
01:06:02on sait que brusquement
01:06:05il a
01:06:06il a explosé
01:06:07il a pris un couteau
01:06:09de cuisine
01:06:10il voit rouge
01:06:11il pète les plombs
01:06:12elle
01:06:12elle va dans le couloir
01:06:14il lui fait une prise
01:06:16de
01:06:16il l'a fait tomber
01:06:18par terre
01:06:18et après
01:06:19il s'acharne
01:06:20avec elle
01:06:21avec son couteau
01:06:22de cuisine
01:06:23et là
01:06:24Robert-Etienne
01:06:25ne s'arrête plus
01:06:26il s'acharne
01:06:27sur Brigitte
01:06:28il lui porte au total
01:06:2966 coups de couteau
01:06:30elle a crié
01:06:34elle a appelé au secours
01:06:35certains voisins
01:06:36l'ont entendu
01:06:36mais il semblerait
01:06:40que tout soit allé
01:06:41très vite
01:06:41et donc
01:06:44il lui est porté
01:06:45plusieurs coups
01:06:46fatales
01:06:4666 coups de couteau
01:06:50un acharnement
01:06:51inouï
01:06:52les cris de Brigitte
01:06:53alertent les voisins
01:06:55et puis
01:06:56plus rien
01:06:57il est 6h30 du matin
01:06:59il n'y a plus
01:07:01un seul bruit
01:07:02dans la résidence
01:07:03jusqu'au moment
01:07:04où une sonnette
01:07:05retentit
01:07:06c'est Robert-Etienne
01:07:08qui sonne
01:07:09chez son voisin
01:07:10il est très tôt
01:07:16le voisin doit emmener
01:07:17son fils au travail
01:07:19donc il est
01:07:20il est un peu pressé
01:07:21il le voit débarquer
01:07:23donc déjà
01:07:24il se demande
01:07:24qui vient sonner
01:07:25à sa porte
01:07:26au dépôt trominer
01:07:28lorsque le voisin
01:07:29du dessous
01:07:30a ouvert la porte
01:07:31Robert-Etienne
01:07:32a l'air
01:07:34complètement perdu
01:07:35il est
01:07:36hébété
01:07:37Robert-Etienne
01:07:39est là
01:07:39face à son voisin
01:07:41les mains en sang
01:07:42Robert lui annonce
01:07:44j'ai tué ma femme
01:07:46le voisin
01:07:49le voisin
01:07:49lui dit
01:07:51bon
01:07:51à ce moment là
01:07:52qu'est-ce qu'on fait
01:07:53on appelle la police
01:07:55et Robert-Etienne
01:07:56lui dit
01:07:56oui je crois
01:07:56qu'il faut appeler la police
01:07:57il lui a dit
01:07:58de s'asseoir
01:07:59dans le couloir
01:08:00il y a une petite chaise
01:08:01dans le couloir
01:08:01juste devant lui
01:08:02pendant que lui
01:08:03appelait
01:08:03les policiers
01:08:05les deux hommes
01:08:06attendent les secours
01:08:07Robert-Etienne
01:08:08abasourdi
01:08:09par ce qu'il vient de faire
01:08:10reste assis
01:08:12dans le couloir
01:08:13Robert-Etienne
01:08:14a les mains couvertes
01:08:14de sang
01:08:15donc il se dirige
01:08:17vers la salle de bain
01:08:18il se lave les mains
01:08:19et le voisin
01:08:22lui propose un verre
01:08:23propose un verre d'eau
01:08:25parce qu'il était
01:08:26vraiment dans un état
01:08:27un état de
01:08:30il était ailleurs
01:08:33il avait l'air
01:08:33complètement ailleurs
01:08:34et il lui tend
01:08:35un verre d'eau
01:08:36et Robert-Etienne
01:08:38tremblait tellement
01:08:39qu'il est obligé
01:08:39de prendre le verre
01:08:40à deux mains
01:08:41pour pouvoir boire
01:08:41donc il tremble
01:08:43de la tête aux pieds
01:08:44rapidement
01:08:44plusieurs voitures
01:08:46de police
01:08:46arrivent à la résidence
01:08:48Sainte-Claire
01:08:48où Robert-Etienne
01:08:50attend toujours
01:08:51chez son voisin
01:08:52et là il lui a dit
01:08:53écoutez monsieur Etienne
01:08:54il y a des gens
01:08:54je pense qu'il faut
01:08:55que vous descendiez
01:08:56et il se rappelle
01:08:58de monsieur Etienne
01:08:59allant se rendre
01:09:00au policier
01:09:01avec toujours
01:09:02le torchon
01:09:02le torchon à la main
01:09:04qui lui a permis
01:09:05de s'essuyer
01:09:07les mains
01:09:08qu'il attachait
01:09:09du sang
01:09:10de ce crime
01:09:11Robert-Etienne
01:09:13se rend sans difficulté
01:09:14il conduit lui-même
01:09:16les forces de l'ordre
01:09:17jusqu'à son appartement
01:09:18où les policiers
01:09:19découvrent
01:09:20un carnage
01:09:21le corps de Brigitte
01:09:22est là
01:09:23derrière la porte d'entrée
01:09:24lardée
01:09:25de coups de couteau
01:09:26le commissaire est stupéfait
01:09:28car ce n'est pas
01:09:30la première fois
01:09:30que ce policier
01:09:31vient chez Robert-Etienne
01:09:33il l'a déjà arrêté
01:09:34neuf ans plus tôt
01:09:35pour la même raison
01:09:37dans ce même immeuble
01:09:38Robert-Etienne
01:09:51n'en est pas
01:09:51à son premier meurtre
01:09:52en novembre 2002
01:09:54il a tué
01:09:55sa précédente compagne
01:09:56dans les mêmes circonstances
01:09:58et à l'époque
01:09:59Robert-Etienne
01:10:00est déjà venu
01:10:01sonner
01:10:01à la même porte
01:10:02chez ce même voisin
01:10:04pour lui annoncer
01:10:05hébété
01:10:06ben voilà
01:10:07j'ai tué ma femme
01:10:08ah ben je dis bravo
01:10:09à votre avis
01:10:11qu'est-ce qu'on fait
01:10:11si on appelle
01:10:13la police
01:10:14je dis ah oui
01:10:15puis alors
01:10:15d'un temps tout peu
01:10:16nous autres
01:10:17donc là on est en 2002
01:10:19on est en 2002
01:10:20et hier matin
01:10:22j'étais en train
01:10:22de finir
01:10:23de prendre mon petit déjeuner
01:10:24quand ça a sonné
01:10:25mais je vais voir
01:10:27alors le même voisin
01:10:28il me dit
01:10:30je vais tuer ma femme
01:10:31ah ben je dis pas possible
01:10:33j'ai failli lui dire
01:10:34encore
01:10:35deux meurtres
01:10:36au même endroit
01:10:37deux victimes
01:10:38poignardées
01:10:40avec le même acharnement
01:10:41en 2002
01:10:42la victime
01:10:43s'appelle
01:10:44Marie-Odile Gilles
01:10:45elle venait d'épouser
01:10:46Robert-Etienne
01:10:47quatre mois plus tôt
01:10:48ça se passe
01:10:51à l'heure du déjeuner
01:10:52donc là encore
01:10:54Robert-Etienne
01:10:55est un compagnon
01:10:58attentif
01:10:59plutôt dévoué
01:11:00puisqu'il avait préparé
01:11:01le repas de Marie-Odile
01:11:02il y avait du poulet
01:11:03dans le micro-ondes
01:11:04il lui avait préparé
01:11:06son appareil
01:11:07d'un lasso
01:11:08de massage pour les pieds
01:11:09la petite bassine
01:11:10pour qu'elle se relaxe
01:11:12Marie-Odile vient
01:11:13de rentrer du marché
01:11:14Robert est là
01:11:15il a préparé le déjeuner
01:11:17Marie-Odile s'installe
01:11:18quelques minutes plus tard
01:11:20il la tue
01:11:21avec un couteau
01:11:22il y avait des coups de couteau
01:11:23sur l'ensemble du corps
01:11:24je me souviens que
01:11:26Madame Gilles
01:11:27était assise
01:11:28dans un fauteuil
01:11:29et donc
01:11:30Monsieur Robert
01:11:33l'a frappé
01:11:35essentiellement
01:11:36de haut en bas
01:11:37il s'acharne
01:11:38il s'acharne
01:11:39sur cette femme
01:11:41il lui porte au total
01:11:4273 coups de couteau
01:11:44dans un accès
01:11:45véritablement de rage
01:11:47des dizaines
01:11:49de coups de couteau
01:11:50près de deux minutes
01:11:51de supplice
01:11:52Robert-Etienne
01:11:53frappe Marie-Odile
01:11:54avec une bouteille
01:11:55de champagne
01:11:56il l'égorge
01:11:57la poignarde
01:11:58au bout de deux minutes
01:12:00Robert-Etienne
01:12:01cesse de s'acharner
01:12:02sur Marie-Odile
01:12:03il est face
01:12:04au corps de sa compagne
01:12:05qui baigne dans son sang
01:12:07il était hors
01:12:10il était hors de lui
01:12:11c'est ce qu'il a dit
01:12:14et qu'il se rappelle
01:12:14lui dit
01:12:16qu'il ne se rappelle plus
01:12:16très bien même
01:12:17de ce qui s'est passé
01:12:18pendant ce moment
01:12:19où il s'acharnait sur elle
01:12:21les 74 coups de couteau
01:12:22après il s'est rendu compte
01:12:24de ce qu'il a fait
01:12:24mais que sur le moment
01:12:25il a totalement
01:12:27il a perdu le contrôle
01:12:30de lui-même
01:12:31à gare
01:12:32il sonne
01:12:33chez son voisin
01:12:34pour se rendre
01:12:35à la police
01:12:35Robert-Etienne
01:12:36vient de commettre
01:12:38son premier meurtre
01:12:39un meurtre
01:12:40pour une dispute
01:12:42visiblement
01:12:43monsieur Etienne
01:12:44est quelqu'un
01:12:44qui est très économe
01:12:46qui pour
01:12:47l'économie
01:12:48ça a toujours été
01:12:50quelque chose
01:12:50qui a été
01:12:51important pour lui
01:12:52il a un profit
01:12:54après ce que disent
01:12:55les experts
01:12:55plutôt de quelqu'un
01:12:56d'obsessionnel
01:12:57donc de très rangé
01:12:58et donc qu'elle
01:13:00ait des découvertes
01:13:01et un mode de vie
01:13:02plus libre
01:13:03et moins rigoureux
01:13:05Marie-Odile
01:13:06aurait réservé
01:13:07des vacances au Maroc
01:13:09sans prévenir Robert
01:13:10elle voudrait aussi
01:13:12de l'argent
01:13:12pour payer
01:13:13un voyage en Autriche
01:13:14à son fils
01:13:15ses dépenses
01:13:16horripiles
01:13:17Robert-Etienne
01:13:18car Marie-Odile
01:13:19est déjà
01:13:20interdite bancaire
01:13:21mais elle lui
01:13:22tient tête
01:13:23le ton monte
01:13:24la discussion dérape
01:13:26en gros elle dit
01:13:28qu'elle s'emmerde
01:13:29avec lui
01:13:29elle lui fait
01:13:31des remarques
01:13:33d'ordre sexuel
01:13:35donc lui
01:13:35se sent
01:13:36comme quoi
01:13:36elle s'ennuie
01:13:38avec lui
01:13:39qui ne lui donne
01:13:39pas satisfaction
01:13:40elle lui avait dit
01:13:41mais tu es
01:13:42tu es nul
01:13:44enfin
01:13:44tu n'es pas d'une
01:13:45elle lui reprochait
01:13:46son peu de dynamisme
01:13:47son peu d'appétit sexuel
01:13:49son impuissance
01:13:50Marie-Odile
01:13:51a une sexualité
01:13:52plus libre
01:13:53que celle de Robert
01:13:54une sexualité
01:13:55qui visiblement
01:13:56pose problème
01:13:56à son compagnon
01:13:57elle apparemment
01:13:58l'entraîne
01:14:00à fréquenter
01:14:01un établissement
01:14:02pour couple échangiste
01:14:04il la suit
01:14:05mais il semblerait
01:14:07que ce soit pas
01:14:08exactement
01:14:08son truc à lui
01:14:14donc il est plutôt
01:14:15en retrait
01:14:16il reste sur la réserve
01:14:18il reste assis
01:14:20dans un coin
01:14:20il a l'impression
01:14:21que sa virilité
01:14:23est diminuée
01:14:24je crois qu'il prend
01:14:26du viagra
01:14:26bref
01:14:27en tout cas
01:14:28il y a un problème
01:14:29d'ordre intime
01:14:30entre deux
01:14:30qui fait qu'ils sont
01:14:32pas du tout
01:14:33sur le même rythme
01:14:34pas du tout
01:14:34sur les mêmes attentes
01:14:35le couple ne fonctionne
01:14:36pas bien
01:14:37Robert et Marie-Odile
01:14:38sont aussi dépressifs
01:14:40tous les deux
01:14:41monsieur Etienne
01:14:42voulait se faire hospitaliser
01:14:43je sais avant
01:14:44et je sais qu'à un moment donné
01:14:46elle s'y opposait
01:14:47parce qu'elle voulait pas
01:14:48rester toute seule
01:14:48au moment du drame
01:14:49Robert-Etienne
01:14:50est particulièrement fragile
01:14:52et instable
01:14:53il est à ce moment
01:14:54la soignée pour dépression
01:14:55et il est amené
01:14:57à faire
01:14:58un ou plusieurs séjours
01:15:01en hôpital psychiatrique
01:15:02Robert-Etienne
01:15:04se fait hospitaliser
01:15:05mais peut-être
01:15:06pas suffisamment longtemps
01:15:08il reste seulement
01:15:09trois jours
01:15:10puis sort
01:15:11contre l'avis des médecins
01:15:12le lendemain
01:15:13il poignarde
01:15:14Marie-Odile
01:15:15de plusieurs dizaines
01:15:16de coups de couteau
01:15:17pour ce meurtre
01:15:18Robert-Etienne
01:15:19est condamné
01:15:19à 12 ans de prison
01:15:20les experts ne l'ont pas
01:15:22déclaré irresponsable
01:15:24c'est pas du registre
01:15:25d'une perversion
01:15:26c'est pas du registre
01:15:27d'une paranoïa
01:15:28c'est pas du registre
01:15:29d'une psychose grave
01:15:30s'il voulait
01:15:31mais s'il n'est pas fou
01:15:32alors pourquoi
01:15:34Robert-Etienne
01:15:35assassine-t-il
01:15:36ses compagnes
01:15:37Lors du procès
01:15:49de Robert-Etienne
01:15:49pour le meurtre
01:15:50de son épouse
01:15:51Marie-Odile
01:15:52les experts
01:15:53vont diagnostiquer
01:15:54chez lui
01:15:55un deuil pathologique
01:15:56la mort d'une femme
01:15:58l'aurait profondément marqué
01:15:59cette femme
01:16:01c'est Evelyne
01:16:02sa toute première épouse
01:16:04Robert-Etienne
01:16:05est resté marié avec elle
01:16:06pendant 32 ans
01:16:08il avait eu une vie
01:16:09disait-il
01:16:10très heureuse
01:16:11dans son premier mariage
01:16:12il décrit
01:16:13son mariage
01:16:15comme le mariage parfait
01:16:16il insistait
01:16:17beaucoup
01:16:18sur
01:16:19il n'y a jamais eu de problème
01:16:21avec ma première femme
01:16:22on s'aimait beaucoup
01:16:23Robert et Evelyne
01:16:26ont une fille
01:16:27une famille heureuse
01:16:28mais au bout
01:16:29de 27 ans
01:16:30de mariage
01:16:31les médecins
01:16:32diagnostiquent
01:16:33un cancer des jambes
01:16:34chez Evelyne
01:16:35Robert-Etienne
01:17:03ne peut rien faire
01:17:04face à la maladie
01:17:05si ce n'est penser
01:17:06les plaies
01:17:06de son épouse
01:17:07pendant plusieurs années
01:17:09il va soigner
01:17:10ce corps blessé
01:17:11meurtri par la maladie
01:17:13un corps en sang
01:17:14que Robert ne peut sauver
01:17:16selon les psychiatres
01:17:18cette mort
01:17:19aurait traumatisé
01:17:20Robert-Etienne
01:17:21et déclenché
01:17:22chez lui
01:17:22un deuil pathologique
01:17:24le deuil pathologique
01:17:25c'est en fait
01:17:26quand à un moment donné
01:17:28on perd quelqu'un
01:17:29et qu'on est déjà
01:17:31dans une relation compliquée
01:17:32avec cette personne-là
01:17:33une relation
01:17:34où on se sent coupable
01:17:36par exemple
01:17:37et ça c'est très fréquent
01:17:38c'est-à-dire
01:17:39quand on commence
01:17:39à se sentir coupable
01:17:40on va
01:17:41on aurait besoin
01:17:45de mourir
01:17:46à la place
01:17:46de cette personne-là
01:17:47donc on va vivre
01:17:48quelque chose
01:17:48une dépression
01:17:49assez prolongée
01:17:50d'autres formes
01:17:51de deuil pathologique
01:17:52c'est quand on est resté
01:17:53sur un conflit
01:17:54avec cette personne
01:17:54et ce conflit
01:17:55n'est pas dénoué
01:17:56donc on a encore
01:17:57une charge agressive
01:17:58vis-à-vis de cette personne
01:17:59mais qu'en faire ?
01:18:00Alors on a tous
01:18:01des circonstances atténuantes
01:18:02vous savez
01:18:03bon là c'est vrai
01:18:04qu'un deuil
01:18:05mais si tous les gens
01:18:07qui perdent un être cher
01:18:08commençaient à assassiner
01:18:10les autres
01:18:10moi je pense
01:18:12que c'est pas un argument
01:18:13qui tient la route
01:18:13tout ça
01:18:14Robert-Etienne
01:18:15serait donc un homme
01:18:17sous tension
01:18:17en profonde dépression
01:18:19mais même traumatisé
01:18:21Robert-Etienne
01:18:22a tout de même
01:18:23fait preuve
01:18:23d'une rage
01:18:24d'une violence inouïe
01:18:26contre Marie-Odile
01:18:27Cet acharnement
01:18:29il se retrouve aussi
01:18:29dans les crimes passionnels
01:18:30c'est-à-dire qu'il y a
01:18:32à un moment donné
01:18:32quelque chose
01:18:33qu'on détruit
01:18:33presque
01:18:34qu'on détruit de soi
01:18:35à travers l'autre
01:18:36et c'est relativement fréquent
01:18:40dans ces crimes
01:18:41qui sont heureusement rares
01:18:42mais dans lesquels
01:18:43ça va très loin parfois
01:18:45même temps
01:18:46mais pas sur un registre sadique
01:18:48sur un registre
01:18:48d'un acharnement immédiat
01:18:50c'est-à-dire ce pas-là
01:18:51qui va jusqu'à
01:18:52jusqu'à se noyer
01:18:53finalement
01:18:54dans le sang
01:18:55de l'autre
01:18:55et noyer
01:18:57quelque chose
01:18:58d'une détresse
01:18:59en même temps
01:18:59Cet acharnement
01:19:01les experts
01:19:02l'expliquent peut-être
01:19:03en partie
01:19:03par un effet médicamenteux
01:19:05Au moment du meurtre
01:19:07de Marie-Odile
01:19:07Robert-Etienne
01:19:09était sous antidépresseur
01:19:10et prenait en particulier
01:19:11un médicament
01:19:13qui peut avoir
01:19:14des effets désinhibants
01:19:15rien qui puisse
01:19:17expliquer un meurtre
01:19:18mais qui aurait pu
01:19:19exacerber
01:19:21la violence
01:19:21dont il a fait preuve
01:19:22C'est dans le rapport
01:19:24des psychiatres
01:19:25qui effectivement
01:19:26ont décrit
01:19:29le traitement
01:19:30qui était suivi
01:19:30à cette époque-là
01:19:31par M. Etienne
01:19:32et qui ont considéré
01:19:34que ce traitement
01:19:36avait pu avoir
01:19:38une incidence
01:19:40sur le geste
01:19:43de M. Etienne
01:19:43Par la suite
01:19:45les blessures
01:19:46laissées par les coups
01:19:47de couteau
01:19:47sur le corps
01:19:48de Brigitte
01:19:49lors du second meurtre
01:19:50amènent aussi
01:19:51à s'interroger
01:19:51sur la relation
01:19:52de Robert
01:19:53avec les femmes
01:19:54Brigitte Audry
01:19:55a eu 66 coups
01:19:56de couteau
01:19:57dont visiblement
01:19:59beaucoup
01:20:00seraient portés
01:20:01à la poitrine
01:20:02et au bas-ventre
01:20:03Est-ce qu'il y a
01:20:04une signification
01:20:05par rapport
01:20:05à cela ?
01:20:07Pour l'instant
01:20:08là encore
01:20:08il faudra attendre
01:20:10les experts
01:20:11psychologiques
01:20:12Ce n'est pas la même chose
01:20:13effectivement
01:20:14de s'acharner
01:20:15à étrangler quelqu'un
01:20:16ou de taper
01:20:17sur le ventre
01:20:18ou des coups de couteau
01:20:19dans le ventre
01:20:19d'une femme
01:20:20c'est quand même
01:20:20tout un symbole
01:20:21C'est pour ça
01:20:22que tout à l'heure
01:20:22j'évoquais cette dimension
01:20:23qui va très loin
01:20:24dans les limbes
01:20:26de M. Etienne
01:20:28qui certainement
01:20:29touche à quelque chose
01:20:30du maternel
01:20:31d'une souffrance
01:20:32par rapport à ça
01:20:33Une mère
01:20:33qui visiblement
01:20:35drivait un petit peu
01:20:36le foyer
01:20:38et le foyer
01:20:39un père
01:20:40un peu moins
01:20:41pas absent
01:20:44mais un père
01:20:45un peu plus faible
01:20:46donc c'était
01:20:47visiblement plus
01:20:48la femme
01:20:49qui dans la famille
01:20:51de M. Etienne
01:20:52te portait la culotte
01:20:54comme on dit
01:20:54Robert Etienne
01:20:55aurait-il mal supporté
01:20:57une femme castratrice ?
01:20:58En tout cas
01:20:59à chaque dispute
01:21:00avant les meurtres
01:21:00les compagnes
01:21:01de Robert Etienne
01:21:02se sont opposées
01:21:03à lui
01:21:04Elle lui reprochait
01:21:05de s'ennuyer
01:21:06de ne pas faire l'amour
01:21:07des reproches
01:21:08qui auraient pu déclencher
01:21:10une rage incontrôlée
01:21:12chez cet homme
01:21:12Si on a une hypothèse
01:21:15et on verra après
01:21:16c'est celle
01:21:17qui a
01:21:18un très vieux compte
01:21:20douloureux
01:21:21à régler
01:21:22qui est passé
01:21:23à travers
01:21:24ces femmes
01:21:25et qu'à un moment donné
01:21:26une maladresse
01:21:28de l'une ou de l'autre
01:21:29mais simplement
01:21:30une maladresse
01:21:31est venue
01:21:32réveiller quelque chose
01:21:33d'énorme
01:21:34et d'incontrôlable
01:21:36Quelque chose
01:21:37a submergé
01:21:38monsieur Etienne
01:21:39quelque chose
01:21:39qu'il n'a pas réussi
01:21:40à contrôler
01:21:41et qu'il a conduit
01:21:43une pulsion
01:21:43qu'il a conduit
01:21:44à commettre
01:21:45ces faits-là
01:21:45sans qu'il ne puisse
01:21:46véritablement
01:21:47fournir d'explication
01:21:49pour le moment
01:21:49puisque lui-même
01:21:51n'a pas compris
01:21:52Jugé responsable
01:21:54de ses actes
01:21:54pour le meurtre
01:21:55de Marie-Odile
01:21:56Robert Etienne
01:21:57est condamné
01:21:58à 12 ans de prison
01:21:59pour avoir tué
01:22:00sa première compagne
01:22:01Robert Etienne
01:22:02est un prisonnier modèle
01:22:04calme
01:22:04qui sait se faire oublier
01:22:06et au bout de 7 ans
01:22:07le mari au couteau
01:22:09sort de prison
01:22:10C'était quelqu'un
01:22:11qui avait pendant 30 ans
01:22:12aucune histoire
01:22:15aucun problème
01:22:15et on analysait son geste
01:22:18par plus un concours
01:22:19de circonstances
01:22:20une rencontre
01:22:21un petit peu déséquilibrée
01:22:23qui lui avait complètement
01:22:25fait péter les plans
01:22:26pour parler vulgairement
01:22:27il n'y avait pas de violence
01:22:28particulière
01:22:30dans son comportement
01:22:31il n'y avait pas de traces
01:22:34dans sa vie
01:22:35c'est pas un père violent
01:22:37détenu exemplaire
01:22:39avec un faible risque
01:22:41de récidive
01:22:42Robert Etienne
01:22:43sort de prison
01:22:44et 2 ans
01:22:45après sa libération
01:22:46il tue Brigitte
01:22:48sa dernière compagne
01:22:50un meurtre violent
01:22:51c'est-à-dire pas
01:22:53un meurtre ordinaire
01:22:5412 ans
01:22:56si j'ai bonne mémoire
01:22:57et 12 ans
01:22:59il est ressorti
01:23:00il a fait un peu plus
01:23:01de la moitié de sa peine
01:23:02la vie des hommes
01:23:08compte vraiment
01:23:09pour peu de choses
01:23:10aux yeux de certains
01:23:10tellement qu'on puisse dire
01:23:12alors messieurs les assassins
01:23:15n'avouez je n'ai pas
01:23:17je ne sais qu'une chose
01:23:18c'est qu'il a doué ma fille
01:23:20et que je l'enverrai plus
01:23:21c'est tout
01:23:21les experts ont-ils minimisé
01:23:26la dangerosité
01:23:27d'un homme
01:23:28visiblement complexe
01:23:30et malade
01:23:30un regret émerge
01:23:32chez ce psychiatre
01:23:34qui a examiné
01:23:35Robert Etienne
01:23:36le problème des expertises
01:23:38c'est d'ailleurs pour ça
01:23:38que j'ai arrêté
01:23:39les expertises
01:23:40c'est que souvent
01:23:41nos conclusions
01:23:42sont entendues
01:23:44à moitié
01:23:45chez ces hommes-là
01:23:46nous avons des conclusions
01:23:47où il y a en même temps
01:23:48ce très peu de risque
01:23:52de récidive
01:23:53c'est évident
01:23:53c'est vraiment exceptionnel
01:23:55ce qui se passe là
01:23:56mais en même temps
01:23:57on prend la précaution
01:23:58de dire
01:23:58il faut un soin
01:23:59sauf qu'il y a
01:24:00une seule partie
01:24:01des conclusions
01:24:02qui sont prises en compte
01:24:03c'est celle
01:24:04de l'absence de récidive
01:24:06et tout le monde
01:24:06va dans ce sens-là
01:24:07donc voilà
01:24:08je crois que si
01:24:08si on écoute les experts
01:24:10dans l'ensemble
01:24:10des conclusions
01:24:11peut-être on évitera
01:24:12ce genre de problème
01:24:13à sa sortie de prison
01:24:15Robert-Etienne
01:24:16n'avait donc bénéficié
01:24:17d'aucune prise en charge
01:24:18aucun traitement
01:24:19aucun suivi psychologique
01:24:21et deux ans
01:24:22après sa libération
01:24:23il tue
01:24:24sa seconde compagne
01:24:25Brigitte
01:24:26un nouveau procès
01:24:27doit s'ouvrir
01:24:28pour ce deuxième meurtre
01:24:29parce qu'on espère déjà
01:24:30qu'il va être condamné
01:24:31à perpète
01:24:32et puis qu'on ne reverra plus
01:24:33parce que je crois
01:24:34que si
01:24:34alors là
01:24:35on va mettre encore
01:24:36une deuxième fois
01:24:37en liberté
01:24:37je pense que là
01:24:38ce ne serait plus
01:24:39de la justice
01:24:40ce serait de la conscience
01:24:41c'est tout ce que
01:24:43le mal que je lui souhaite
01:24:44c'est qu'il meure en prison
01:24:45et je suis polie
01:24:46quand je dis meure
01:24:47parce que je pourrais dire
01:24:48qu'il crève
01:24:49c'est tout ce que je peux vous dire
01:24:50un procès
01:24:52où les experts
01:24:53auront une nouvelle fois
01:24:54la lourde tâche
01:24:55de comprendre
01:24:55les insondables pulsions
01:24:58de Robert-Etienne
01:24:58et d'évaluer
01:25:00la dangerosité réelle
01:25:02de cet homme
01:25:03à la northeast
01:25:06la alleine
01:25:06et de la queue
01:25:06de la queue
01:25:09d'évaluant
01:25:10et la source
01:25:11de la queue
01:25:12de la queue
01:25:13d'évaluant
01:25:14et de la queue
01:25:16de la queue
01:25:18d'évaluant
01:25:18d'évaluant
01:25:20la queue
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