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  • il y a 7 mois
Dans son édito du 21/06/2025, Jules Torres revient sur l'union des droites en France.

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Transcription
00:00On peut dire aujourd'hui, Jules, que l'union des droites en France n'est plus un tabou.
00:03Mais l'union des droites, elle est déjà là.
00:06Ça a longtemps été quelque chose de tabou, mais désormais, l'idée fait son chemin dans les têtes.
00:12Les électeurs de droite n'y voient plus une provocation, mais une évidence.
00:15Ils votent de plus en plus de la même façon, s'informent via les mêmes canaux
00:19et partagent bien souvent les mêmes angoisses.
00:21Et ils ne comprennent plus pourquoi, justement, leurs représentants s'acharnent à entretenir une séparation
00:26qui, dans leurs esprits, n'existe plus.
00:28D'ailleurs, cette union, vous l'avez dit, Anthony, existe déjà en silence.
00:31À l'Assemblée nationale, LR, UDR et l'ERN votent bien souvent ensemble sur l'autorité,
00:36sur l'immigration, sur les sujets liés à l'école.
00:39Au Parlement européen, c'est encore plus vrai, puisque tous les partis dits de droite
00:44mènent un combat contre la technocratie bruxelloise et notamment contre la gauche
00:48sur les sujets, par exemple, de diplomatie et d'international.
00:52Et sur le terrain, on voit bien qu'en vue des municipales, les alliances officieuses se multiplient.
00:57Il ne manque que l'aveu.
00:59Ce qui a changé, ce n'est pas la doctrine, c'est le pays.
01:01Une partie croissante de la droite veut en finir avec le cordon sanitaire.
01:05Vous savez, ce piège mitterrandien taillé sur mesure pour fracturer la droite
01:09à force d'avoir servi d'alibi.
01:11Ce bricolage moral s'est vidé de son sens.
01:14Il ne reste que la colère, la lassitude et l'envie d'en finir avec l'hypocrisie.
01:19L'union des droites n'est plus du tout une hypothèse sulfureuse.
01:21Sur le fond, est-ce qu'il reste encore de vraies différences entre les électeurs de droite ?
01:25En tout cas, sur le plan des idées, le match est plié entre les électeurs RN, RN et Reconquête.
01:30Les différences idéologiques ne tiennent plus qu'à un fil.
01:33Depuis plus de 15 ans, les lignes ont convergé.
01:36Les trois piliers du vote à droite, ce qui sont aujourd'hui l'immigration, l'insécurité et l'identité,
01:41forment désormais un socle commun, pour reprendre un terme à la mode.
01:45Le cœur battant de la droite est aujourd'hui dans le régalien, dans la nation et dans l'autorité.
01:50Les électeurs ont la même exaspération face à la violence, la même inquiétude devant la pression migratoire
01:56et la même volonté de défendre l'école, la famille ou même le travail.
02:00Sur ces sujets-là, les électeurs de droite pensent donc la même chose.
02:03Ils n'attendent plus qu'un discours capable d'unifier ce qu'ils ressentent déjà communier.
02:07Alors évidemment, il y a des différences qui subsistent sur l'Europe, par exemple sur l'économie, sur les retraites.
02:13On le verra lors de l'examen du budget, mais elle ne structure plus vraiment le vote.
02:18Elle nuance, elle freine parfois les alliances, mais elle ne divise plus.
02:22Le vrai clivage n'est plus idéologique, il est réellement stratégique.
02:26Il oppose ceux qui assument une clarification et donc une alliance et ceux qui tentent encore de l'éviter.
02:32Une partie de la droite classique fait partie de cela.
02:34Elle regarde encore ailleurs, mais l'autre n'a plus peur du Rassemblement national.
02:38Elle la regarde avec lucidité, parfois même avec envie.
02:41Il ne manque plus qu'un visage pour rassembler ce bloc d'une même voie, d'un même récit et d'une même dynamique.
02:48Car une fracture n'est plus possible entre les Républicains et l'ERN.
02:52Elle est entre les électeurs qui sont prêts et les partis qui jouent à se faire peur.
02:56Alors qu'est-ce qui empêche encore cette union d'avoir lieu, Jules ?
02:58Les partis, mon général, si je puis dire, c'est ce que les États-majors...
03:02Attention, on a un vrai général.
03:03On a un vrai général qui est là, mais ce ne sont pas les partis qui feront cette union de la droite.
03:08En réalité, ce seront les électeurs parce qu'ils n'attendent plus, parce qu'ils n'y croient plus.
03:12Ils ont tourné la page des petits calculs, des alliances de congrès, des comités stratégiques du dimanche soir.
03:18La droite du pays réel ne demande plus l'autorisation.
03:21Elle avance seule.
03:22Ils sont d'ailleurs nombreux à avoir suivi Éric Ciotti,
03:24celui qui a osé ce que beaucoup d'autres n'ont jamais envisagé ou redouté,
03:28tranché le nœud gordien, tendre la main au Rassemblement National, rompre avec une ligne molle.
03:33Il a brisé le tabou.
03:34Alors oui, il a été lâché par une partie des siens,
03:37mais il a quand même récupéré une partie de l'électorat.
03:41Car quand le centre se redessine,
03:43quand la gauche s'enfonce de plus en plus dans un mélanchonisme le plus outrancier,
03:48le cordon sanitaire n'a plus vraiment d'effet.
03:50Il parle encore aux éditorialistes,
03:52il parle encore aux derniers gardiens du temple progressiste,
03:56mais en réalité, il ne parle plus à personne.
03:58Celui qui parle en revanche, c'est une colère froide,
04:01une impatience, un besoin de clarté, une certitude.
04:04Les partis ne servent plus à rien.
04:06Alors oui, cette union des droites ne viendra sans doute pas d'un accord de bureau.
04:09Elle ne sera pas le fruit d'un pacte entre les grands chapeaux à plume des partis,
04:13mais elle surgira comme un ras-le-bol,
04:16comme un réflexe de survie
04:17et comme un sursaut face à une menace de type soviétique ou mélenchoniste.
04:21Et ce jour-là, il ne faudra plus parler de stratégie, mais de réalité,
04:24car une élection, ce n'est pas une addition de partis,
04:27mais une addition de voix.
04:28Et les voix de droite, aujourd'hui en France,
04:30elles sont majoritaires.
04:31Sous-titrage Société Radio-Canada
04:35– Sous-titrage Société Radio-Canada
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