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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:0019h, ravie de vous retrouver, le JT, Maureen Vidal. Bonsoir Maureen.
00:00:06Bonsoir Christine, bonsoir à tous à la ligne de l'actualité.
00:00:11Benyamin Netanyahou affirme qu'Israël a détruit plus de la moitié des lanceurs de missiles iraniens.
00:00:17Il menace le guide suprême d'Iran. Ali Khamenei ne peut être autorisé à continuer d'exister.
00:00:22Après les frappes d'ampleur sur un hôpital à Bercheva, une frappe a entièrement détruit plusieurs services
00:00:27et l'ensemble de cet hôpital a subi d'importants dégâts. L'armée israélienne suspecte que l'Iran a utilisé des bombes à fragmentation.
00:00:34Vigilance orange canicule à partir de ce vendredi midi dans 16 départements, majoritairement dans l'ouest de la France,
00:00:39qui subit déjà une vague de chaleur, a indiqué Météo France. A noter que la journée la plus chaude est prévue ce samedi.
00:00:45Et des images impressionnantes, une méga fusée Starship de l'entreprise SpaceX d'Elon Musk a explosé
00:00:50lors d'un test de routine à Starbase au Texas sans faire de blessés.
00:00:53Une enquête est en cours pour déterminer la cause de l'incident. L'entreprise dénonce une défaillance catastrophique.
00:01:00Merci à beaucoup ma chère Maureen. Et au sommaire ce soir, septième jour d'affrontement entre Israël et l'Iran.
00:01:07Le doute plane toujours sur l'intervention américaine. L'Iran refuse toute rédition.
00:01:13Alors que les tirs se multiplient entre les deux pays avec un hôpital israélien touché tout ce matin,
00:01:18faisant près d'une centaine de blessés, nous nous poserons une question ce soir.
00:01:24Un nouvel ordre international se met-il en place sous nos yeux ?
00:01:28L'édito de Mathieu Bocote.
00:01:31Personne n'en parle. Un énième massacre de chrétiens a eu lieu au Nigeria.
00:01:37Une nouvelle tuerie fait état de plusieurs dizaines de morts parmi les chrétiens,
00:01:41sans doute une centaine. Dans la nuit du 13 au 14 juin,
00:01:44des chrétiens tués par des musulmans, l'état de Bennu comme l'état voisin du plateau dans le centre du pays
00:01:51et le théâtre de conflits récurrents entre des éleveurs peules, musulmans et agriculteurs sédentaires,
00:01:58principalement chrétiens, l'analyse de Gabriel Cluzel.
00:02:03Va-t-on vers un emballement des conflits au niveau international ?
00:02:07Inde, Japon, Pologne et même la France.
00:02:10Quels sont les pays qui ont dopé leurs dépenses militaires ces dernières années ?
00:02:14Qu'est-ce que cela signifie en termes géostratégiques ?
00:02:17Faut-il s'en inquiéter ? Le regard de Marc Menon.
00:02:21Nous nous arrêterons ce soir sur un silence médiatique.
00:02:25La marche mondiale vers Gaza a lancé ce mois-ci,
00:02:28qui a réuni 4000 militants de 80 pays pour se rendre au point de passage de Rafa
00:02:33et attirer l'attention sur la crise humanitaire à Gaza.
00:02:37Sauf que, personne ne le souligne, l'Egypte, pays musulman, surtout de la branche sunnite de l'islam, a réprimé cette manifestation.
00:02:47Pourquoi ? Et plus largement, l'Egypte fait-elle le choix d'Israël avec la Syrie face à l'Iran ?
00:02:51Pourquoi la situation est bien plus complexe que présentée par la gauche dans la région ?
00:02:56Le décryptage de Charlotte Dornelas.
00:02:59C'est peut-être du jamais vu en France.
00:03:01Le groupe France Télévisions s'affiche contre la ministre de la Culture en place.
00:03:07Dans un communiqué, le groupe public apporte son soutien aux équipes de l'émission.
00:03:12On s'est avoué suite au clash de Rachida Dati.
00:03:15Quel a été le tort de la ministre ?
00:03:17Avoir recadré en direct Patrick Cohen, journaliste de l'équipe,
00:03:22quand les politiques contre-attaquent le pouvoir médiatique ?
00:03:25L'édito de Mathieu Boccote.
00:03:27Et puis, Franck Tapirot, communiquant, est l'invité de Face à l'Info ce soir.
00:03:31Nous lui demanderons, est-ce qu'Israël fait le sale boulot pour le reste du monde,
00:03:35comme on a pu l'entendre ?
00:03:36Pourquoi ce deux poids deux mesures lorsqu'un hôpital est touché en Israël
00:03:40et lorsqu'un hôpital est touché à Gaza ?
00:03:43Quoi-t-il ? En la chute du régime des MOLA ?
00:03:46Comment analyser la position diplomatique de la France ?
00:03:50Franck Tapirot est notre invité ce soir.
00:03:53Une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et surtout sans tabou.
00:03:56Et c'est parti.
00:03:57Un nouvel ordre mondial international se met-il en place là, sous nos yeux ?
00:04:16De la guerre entre la Russie et l'Ukraine à celle entre l'Iran et Israël,
00:04:22c'est la question que nous sommes obligés de nous poser, Mathieu Bocoté, ce soir.
00:04:27À moins que le monde ne plonge tout simplement dans un immense chaos.
00:04:32Est-ce le cas ?
00:04:33Alors, je pense qu'on doit tenir pour acquis, c'est presque une position métaphysique,
00:04:36que le monde est d'abord chaos.
00:04:38Le monde est d'abord chaos, c'est-à-dire que fondamentalement,
00:04:40le conflit règle le monde, structure le monde.
00:04:43Et ensuite, nous cherchons péniblement, sociétés humaines,
00:04:46à construire un ordre toujours fragile, toujours précaire,
00:04:50qui risque à tout moment de s'effondrer.
00:04:53Freud disait que la civilisation est fondamentalement précaire.
00:04:56On pourrait dire que l'ordre international est fondamentalement précaire
00:04:59et on est toujours à deux doigts de basculer dans un monde
00:05:01régi seulement par les rapports de force.
00:05:04Alors, qu'on se comprenne bien, il ne s'agit pas ici, dans cet édito,
00:05:08de dire ce qu'on préférait ou ce qu'on ne préférerait pas dans le monde qui vient.
00:05:13Mes préférences, à tout le moins, sont marquées.
00:05:15Je n'ai aucune sympathie pour le régime des mollats, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:05:18Mais une fois qu'on a marqué nos préférences,
00:05:20je préfère lui, je n'aime pas celui-là,
00:05:23il faut chercher à comprendre néanmoins l'ordre qui s'installe,
00:05:26parce qu'un nouveau monde s'installe devant nous
00:05:28et souvent, nous peinons à le décrire parce que nous ne l'aimons pas.
00:05:32Alors, cherchons à voir d'abord ce qui s'effondre devant nous aujourd'hui.
00:05:35C'est ce que j'ai appelé ici l'ordre post-1989.
00:05:38Donc, c'est un ordre qui rêvait d'une forme de souveraineté globale
00:05:42animée par le principe des droits de l'homme.
00:05:45Donc, c'était une forme d'empire universel humanitaire
00:05:48avec un monde où les peuples étaient interchangeables,
00:05:51un monde où la guerre s'effaçait devant les exigences du commerce,
00:05:54un monde où le droit remplacait le politique,
00:05:57un monde où les États souverains acceptaient une souveraineté plus grande
00:05:59qui était celle de la gouvernance globale.
00:06:02Ça, c'est une forme de mélange entre l'ONU, l'Union européenne et les États-Unis.
00:06:05Mais on était censé accepter ce monde, il allait de soi.
00:06:09C'était le monde de la religion des droits de l'homme.
00:06:11C'est une chose qu'on doit garder à l'esprit.
00:06:12L'ensemble de l'humanité était censé converger vers une même vision de l'humanité.
00:06:18C'était un monde qui croyait aussi à la déconstruction des frontières,
00:06:21à l'interchangeabilité des peuples.
00:06:23C'était le monde de la mondialisation.
00:06:25Un monde un peu homogène, homogène juridiquement, homogène culturellement,
00:06:28par la consommation notamment.
00:06:30Un monde où partout sur Terre, on retrouverait les mêmes franchises.
00:06:32Donc, finalement, puisqu'il y a tel restaurant de fast-food bien connu
00:06:36à Pékin, à Hanoi, à Montréal, à Washington et à Paris,
00:06:40on se dit que nous sommes tous pareils et qu'on croyait que les cultures profondes disparaissaient.
00:06:45Or, ce monde était une illusion, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:06:47La diversité profonde du monde remonte à la surface aujourd'hui
00:06:51et l'illusion d'une paix perpétuelle, concept kantien,
00:06:55l'illusion d'un ordre juridique global, concept post-89,
00:06:59s'effondre aujourd'hui devant nous.
00:07:00Traduisons ça à travers le conflit qui se présente avec nous,
00:07:04en fait depuis une semaine, vous l'avez dit, entre l'Iran et Israël.
00:07:07Voyons comment ce conflit n'est pas vu de la même manière selon où on se situe sur la planète.
00:07:12Pour nous, occidentaux, il va de soi que le régime des Mola est un régime absolument détestable.
00:07:18C'est un régime islamiste, c'est un régime apocalyptique,
00:07:20c'est un régime messianique qui a comme objectif la destruction d'Israël.
00:07:24Il ne faut pas l'oublier, c'est un régime qui a cet objectif-là
00:07:27et de notre point de vue, il cherche la bombe nucléaire pour anéantir Israël,
00:07:31pour se donner les moyens d'en finir avec ce qu'ils appellent l'entité sioniste.
00:07:35Nous espérons que si le régime des Mola tombe,
00:07:37puisque la révolution islamiste qui balaie le monde aujourd'hui est née en Iran,
00:07:41on dit que si le régime tombe, eh bien cette révolution pourra commencer à refluer.
00:07:46Mais comment ailleurs dans le monde voit-on l'Iran aujourd'hui et Israël ?
00:07:50Ailleurs dans le monde, dans ce qu'on appelle le sud global,
00:07:52mais ça intègre aussi la Russie, ça intègre aussi la Chine à bien des égards,
00:07:56Israël est vu comme l'avant-poste d'un Occident dont on doit contester la superbe.
00:08:01Israël est vu comme le régime, le pays, l'État,
00:08:04qui incarne la dernière marque de l'arrogance occidentale.
00:08:07Et pour ceux qui pensent le monde ainsi, je rappelle que ce n'est pas mon cas,
00:08:11mais des gens pensent ainsi, eh bien l'Iran, c'est le régime
00:08:14qui, dans les circonstances actuelles, incarne la résistance du sud global
00:08:18contre l'impérialisme occidental.
00:08:20C'est le régime qui incarne la capacité à tenir tête aux États-Unis et leurs alliés.
00:08:26Dans l'esprit de ces gens, la recherche de la bombe nucléaire par l'Iran,
00:08:30ce n'est pas dans une vocation génocidaire contre Israël.
00:08:33Dans leur esprit, c'est cette idée que l'Iran, puissance régionale moyenne,
00:08:38doit se donner les moyens d'une puissance véritable pour équilibrer
00:08:41les autres influences américaines, israéliennes, européennes au Proche-Orient.
00:08:45Donc, dans leur esprit, la bombe iranienne n'est pas défensive,
00:08:51n'est pas offensive, je le dis, mais défensive.
00:08:53Et plus encore, dans leur esprit, l'Iran est le régime agressé en ce moment.
00:08:58Pour eux, Israël est l'agresseur et c'est le régime agressé.
00:09:01Quand je dis tout cela, je le répète, il ne s'agit pas d'approuver.
00:09:04Il s'agit de savoir que des gens voient le monde ainsi.
00:09:08Et j'ajoute qu'en Occident même, ceux qui quelquefois en ont exagérément assez
00:09:12peut-être de la domination américaine, en viennent à avoir de l'affection
00:09:16pour tous les régimes qui s'opposent aux Américains.
00:09:19Et en ce moment, ça les amène quelquefois à faire preuve d'une tendresse exagérée,
00:09:22c'est le moins qu'on puisse dire, pour Téhéran.
00:09:24La principale question posée ici n'était pas celle de l'usage de la force,
00:09:30Mathieu, sans passer par les autorités onusiennes.
00:09:33Vous savez, c'est un vieux rêve du XXe siècle.
00:09:35Il y avait dans les années 1920, si je ne me trompe pas, le pacte brillant-Kellogg
00:09:38qui espérait rendre la guerre illégale.
00:09:40C'est comme rendre la mort illégale, ou c'est comme rendre la tristesse illégale.
00:09:44Donc c'est un décret juridique et éthique.
00:09:47Dans les faits, la guerre, on le disait en tout début,
00:09:48elle fait partie de l'ordre du monde.
00:09:49C'est pas les mosques qui commandent le monde à bien des égards.
00:09:52Donc, cela dit, on a voulu croire, après 1989, encore une fois,
00:09:56à l'idée que la violence désormais serait encadrée par l'ONU
00:09:59qui dirait quelle guerre est permise, quelle guerre ne l'est pas.
00:10:01Mais dans les faits, cette illusion s'est effondrée,
00:10:04on en parlait il y a quelques jours, dès 1999 au Kosovo,
00:10:07dès 2003 quand les Américains se sont permis d'envahir l'Irak,
00:10:11et ensuite la Russie a pratiqué aussi cette politique d'invasion de son côté.
00:10:15Donc finalement, cet ordre n'a jamais véritablement tenu.
00:10:18Ce qu'on voit, c'est que quand leur intérêt vital est en question,
00:10:21les nations se permettent, les États se permettent d'utiliser la force.
00:10:25Dans les circonstances, Israël dit, si le régime de Téhéran a l'arme nucléaire,
00:10:30notre existence comme nation, comme peuple, est en danger.
00:10:34On ne va quand même pas demander la permission à l'ONU
00:10:36de s'en prendre à un régime qui veut notre destruction.
00:10:40Vous nous permettez, oui ou non, la frappe proportionnelle,
00:10:43mais n'allez pas trop loin.
00:10:44Israël dit, à l'instant, c'est vital pour nous.
00:10:46Donc, on prend les moyens nécessaires.
00:10:47Et j'ajouterais qu'aujourd'hui, les États, en général,
00:10:50lorsqu'ils considèrent que leur intérêt vital est en question,
00:10:53se permettent de faire un tel usage de la violence.
00:10:56Par ailleurs, il y a une autre chose qui change aujourd'hui.
00:10:59C'était le mythe post-1945.
00:11:01La guerre nucléaire, la menace de la guerre nucléaire,
00:11:03nous mettait à l'abri de la guerre classique.
00:11:05Parce qu'on se disait que dès lors que deux puissances nucléaires se confrontent,
00:11:08eh bien, ils savent qu'elles peuvent aller vers la destruction mutuelle assurée,
00:11:11qu'on disait à l'époque.
00:11:12Donc, la menace nucléaire fait en sorte que la guerre classique disparaît.
00:11:16C'est faux. La guerre classique est de retour aujourd'hui,
00:11:20même entre puissances potentiellement nucléaires.
00:11:22Donc, retour de la guerre classique,
00:11:23on le voit, par exemple, en Ukraine, en Russie,
00:11:26avec une dimension aussi de régime proxy.
00:11:28Quelquefois, l'Ukraine est vue comme la pointe avancée de l'Occident dans les circonstances.
00:11:32La Russie dit justement, vous êtes la pointe avancée de l'OTAN,
00:11:34donc vous voyez la complexité de l'enjeu.
00:11:37C'est le retour des guerres d'invasion.
00:11:38On avait oublié ça, ou des guerres de conquête territoriale.
00:11:40On avait oublié cette chose très simple,
00:11:42c'est que la conquête de territoire est une constante dans l'histoire humaine.
00:11:45Et si on a voulu suspendre ça après 1945,
00:11:48manifestement, la conquête territoriale, à l'extérieur,
00:11:51ou même à l'intérieur de nos sociétés,
00:11:52quand des gangs s'emparent de territoire et y imposent leurs lois,
00:11:56quelquefois parce qu'une culture nouvelle s'y installe,
00:11:59la conquête territoriale fait partie de la vie humaine de l'histoire, en fait.
00:12:04Il y a aussi aujourd'hui, dans ce nouveau monde qui se dessine,
00:12:06le choc des empires.
00:12:07Et je redonne un exemple qui est très important ici,
00:12:10Taïwan.
00:12:10Parce que là, on parle d'autre chose,
00:12:12mais le jour où la Chine dit
00:12:14« Taïwan, c'est à nous, les Américains, dégagez,
00:12:16de quel droit vous mêlez-vous de ce qui se passe à Taïwan ? »
00:12:19Eh bien, vous voulez un choc des empires ?
00:12:20Il va être particulièrement brutal
00:12:21parce que les deux grands rivaux du siècle à venir,
00:12:23la Chine et les États-Unis,
00:12:25risquent de s'y rencontrer.
00:12:28Et là, on se dit,
00:12:28que se passe-t-il si jamais,
00:12:30dans le conflit entre l'Iran et Israël,
00:12:32si les Américains décident d'intervenir ?
00:12:34Parce qu'il semble qu'il va intervenir,
00:12:36de quelle manière ça reste à voir ?
00:12:38Est-ce qu'on va franchir un point de non-retour ?
00:12:40Parce que le Moyen-Orient
00:12:41est ce coin dans le monde aujourd'hui
00:12:43où les conflits, les guerres classiques
00:12:45peuvent devenir apocalyptiques,
00:12:47justement parce que deux États
00:12:48à la légitimité mutuellement exclusive,
00:12:51le régime des Mola et Israël,
00:12:52pourraient s'affronter
00:12:53et le monde pourrait s'en mêler.
00:12:55Il y a toujours un seuil irréversible
00:12:57qu'on peut franchir, ne l'oublions pas.
00:12:58Soyons prudents.
00:13:00Alors, observons bien
00:13:01et revenons à la première question.
00:13:04À quoi ressemble l'ordre international
00:13:07qui est en train de se mettre en place sous nos yeux ?
00:13:09Les structures, on pourrait dire,
00:13:11qu'on a connues de l'ONU,
00:13:12l'Union européenne, le G7, l'OMS,
00:13:15sont en train de devenir
00:13:15des structures un peu périmées.
00:13:17Donc, la structure est là juridiquement,
00:13:19mais il y a de moins en moins de vie
00:13:20dans ces grandes organisations
00:13:21qui étaient censées organiser le monde.
00:13:23Par exemple, le Conseil de sécurité
00:13:25de l'ONU aujourd'hui.
00:13:26Dans les faits, il ne correspond plus
00:13:27au vrai rapport de pouvoir
00:13:29qui existe dans le monde.
00:13:29Donc, on le vide un peu de son intérêt.
00:13:31Les grandes organisations commerciales
00:13:34qui régulaient la mondialisation,
00:13:36qu'est-ce qu'on voit ?
00:13:37Depuis les politiques de Trump
00:13:38en matière tarifaire,
00:13:40ces grandes organisations
00:13:40se montrent bien impuissantes.
00:13:42Je pourrais donner d'autres exemples
00:13:43où je pense qu'on se dirige
00:13:44vers un monde, soyons très clairs,
00:13:46où les rapports vont être
00:13:47davantage bilatéraux,
00:13:49multilatéraux,
00:13:50entre différents pays,
00:13:51entre différents états civilisationnels,
00:13:53entre différentes nations.
00:13:54Et les grandes structures
00:13:55censées rassembler l'humanité
00:13:56sous un même parapluie juridique
00:13:58vont peut-être demeurer
00:13:59à la manière de résidus administratifs
00:14:01des temps anciens,
00:14:02mais la vie des nations,
00:14:04des peuples, des civilisations
00:14:05ne s'y investira plus.
00:14:06Et dernière réflexion
00:14:07pour terminer tout cela.
00:14:09C'est pour ça que j'ai commencé
00:14:10le tout en disant
00:14:11qu'il ne s'agit pas de décrire
00:14:12ce que l'on souhaite
00:14:13et ce que l'on voit.
00:14:15Il faut que dans le monde
00:14:15qui se présente à nous,
00:14:17il faut que les Occidentaux
00:14:18évitent de croire
00:14:19leur propre propagande.
00:14:21Je vais donner quelques exemples.
00:14:22On a voulu croire
00:14:23au début de la guerre
00:14:24entre l'Ukraine et la Russie.
00:14:25Ha !
00:14:25L'économie de la Russie
00:14:27va s'effondrer
00:14:27en quelques semaines.
00:14:29Ils ne tiendront pas.
00:14:29On va même pouvoir
00:14:30les mettre à genoux,
00:14:31disait un ministre génial.
00:14:33Manifestement,
00:14:34ce n'est pas arrivé.
00:14:35Donc, on a voulu croire
00:14:36que la Russie
00:14:36était au seuil de l'effondrement.
00:14:37Ce n'était pas vrai.
00:14:39Certains nous disent
00:14:40Trump va gouverner
00:14:41pour tous les Occidentaux.
00:14:42Ce qu'on constate aujourd'hui,
00:14:43c'est qu'il gouverne assurément
00:14:44pour les Américains,
00:14:45mais pas pour l'ensemble
00:14:46de l'Occident.
00:14:47Et par ailleurs,
00:14:47même aux États-Unis,
00:14:48l'homme qui se voulait
00:14:49tout puissant
00:14:49rencontre beaucoup d'obstacles.
00:14:51En Iran, aujourd'hui,
00:14:53certains croient
00:14:53que les Iraniens
00:14:54espèrent plus que tout
00:14:55qu'on les libère
00:14:56du régime des Mollahs
00:14:57de l'étranger
00:14:58et qu'au fond d'eux-mêmes,
00:14:59ils seraient peut-être
00:15:00même un peuple
00:15:00pro-israélien.
00:15:02Je serais prudent
00:15:03avec cette affirmation.
00:15:05Ou encore,
00:15:06on se dit
00:15:06la Chine, demain,
00:15:07pourra se démocratiser
00:15:08et devenir,
00:15:09par la prospérité
00:15:10et le commerce,
00:15:11notre grand allié
00:15:12dans le monde qui vient.
00:15:13Je ne suis pas certain
00:15:14que ce soit vrai.
00:15:14De ce point de vue,
00:15:15la lucidité
00:15:16n'est pas un autre nom
00:15:18de la lâcheté.
00:15:19La lucidité,
00:15:19ça consiste à avoir
00:15:20le monde tel qu'il est
00:15:21pour être capable
00:15:22de s'y orienter correctement.
00:15:24Merci pour votre regard.
00:15:26On continuera
00:15:27à parler de ce conflit
00:15:29avec Marc et Charlotte.
00:15:32D'abord,
00:15:33regardons un peu
00:15:34ce qui se passe
00:15:34justement au niveau
00:15:36international.
00:15:37Au Nigeria,
00:15:38par exemple,
00:15:39avec Gabriel Cluzel,
00:15:40personne n'en parle.
00:15:41Un nouveau massacre
00:15:42de chrétiens
00:15:43a eu lieu au Nigeria
00:15:44dans la nuit
00:15:45du 13 au 14 juin.
00:15:47Des islamistes
00:15:48sont entrés
00:15:49au cri de Allah Akbar
00:15:50et ont tué 200 personnes.
00:15:53Aucun média ou presque
00:15:54n'en a parlé.
00:15:55Pourquoi ?
00:15:56Oui,
00:15:57en effet,
00:15:57aucun média ou presque.
00:15:59Le peuple,
00:16:00lui,
00:16:00en a parlé
00:16:00pendant l'Angélus
00:16:01dimanche.
00:16:02Il a demandé
00:16:03qu'on prie
00:16:03pour eux
00:16:05en citant précisément
00:16:07l'État
00:16:08qui avait été frappé.
00:16:09Pourquoi on n'en parle pas ?
00:16:10Peut-être parce que
00:16:11ce ne sont ni
00:16:12les bonnes victimes
00:16:13ni les bons assassins.
00:16:15Que s'est-il passé
00:16:16dans l'État
00:16:17de Bennu,
00:16:18dans le village
00:16:19de Yélewata,
00:16:21profitant d'une pluie
00:16:22battante,
00:16:23des assaillants
00:16:24ont massacré
00:16:25des familles entières
00:16:26appartenant
00:16:26à des communautés
00:16:27chrétiennes rurales.
00:16:29Selon l'aide
00:16:30à l'Église en détresse,
00:16:31ils ont mis le feu
00:16:32aux maisons
00:16:32et ont tué
00:16:33à coups de machettes
00:16:34et d'armes à feu
00:16:35ceux qui tentaient
00:16:36de fuir.
00:16:37Il faut dire
00:16:37que c'était un village
00:16:38dans lequel
00:16:39s'étaient réfugiés
00:16:40des chrétiens
00:16:40parce qu'ils le pensaient sûr.
00:16:42Comme il est sur
00:16:43un grand axe
00:16:43qui mène à une grande ville,
00:16:45ils se disaient
00:16:45que là,
00:16:46ils étaient à l'abri.
00:16:46Mais c'était déjà
00:16:47des chrétiens déplacés
00:16:48parce qu'ils se savaient
00:16:50menacés
00:16:50sur leur propre terre.
00:16:54De toute évidence,
00:16:55les islamistes
00:16:55se sont concertés
00:16:56puisqu'ils sont arrivés
00:16:58par plusieurs axes
00:16:59qui menaient
00:17:00dans le village.
00:17:02Un prêtre
00:17:03qui a échappé
00:17:04de peu à la mort
00:17:04décrit une scène
00:17:05d'horreur
00:17:06avec des personnes
00:17:07égorgées,
00:17:08des corps calcinés,
00:17:09y compris des enfants
00:17:09et des nourrissons.
00:17:11Ces prêtres
00:17:12reprochent
00:17:12aux forces
00:17:13de sécurité locale
00:17:14d'avoir mis
00:17:16beaucoup de temps
00:17:17à intervenir.
00:17:19Même si,
00:17:19plus tôt dans la soirée,
00:17:21la police se défend
00:17:22parce qu'elle avait
00:17:22dû repousser
00:17:23une attaque
00:17:24contre l'église
00:17:25Saint-Joseph
00:17:26de Yéléwata,
00:17:27une église dans ce village
00:17:28où dormaient
00:17:29700 chrétiens
00:17:31déplacés.
00:17:33Il faut connaître
00:17:34le contexte.
00:17:35Dans cet état,
00:17:36il y a une vague
00:17:37de violence
00:17:37absolument épouvantable
00:17:39ces derniers mois.
00:17:41Il y a plus de 100 personnes
00:17:42qui ont été tuées
00:17:43ces dernières trois semaines.
00:17:44et en avril,
00:17:45déjà,
00:17:45il y avait une soixantaine
00:17:48de personnes également
00:17:49qui ont été tuées.
00:17:50Ce qui explique
00:17:51ces déplacements
00:17:52dont je vous parlais.
00:17:52Il y a plusieurs milliers
00:17:53de personnes
00:17:53qui essaient de se déplacer
00:17:55pour trouver
00:17:55un lieu sûr.
00:17:57C'est une population
00:17:58en principe
00:17:59rurale
00:18:00et sédentaire
00:18:01qui est attaquée
00:18:03par des gens
00:18:04qui,
00:18:04au contraire,
00:18:05sont nomades,
00:18:06qui sont des éleveurs
00:18:07de vaches,
00:18:08me dit-on.
00:18:09Et il y a aussi
00:18:10énormément d'enlèvements.
00:18:12En 2023,
00:18:13l'ONG protestante
00:18:14Portes Ouvertes
00:18:15rapportait que
00:18:158 chrétiens
00:18:16sur 10 persécutés
00:18:18dans le monde
00:18:18sont nigérians.
00:18:20Dans la nuit
00:18:21du 23 au 24 décembre 2023,
00:18:23je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:18:24on en avait quand même
00:18:24parlé un peu,
00:18:25il y avait eu
00:18:26un Noël sanglant,
00:18:27un Noël noir.
00:18:28200 chrétiens
00:18:30avaient été massacrés,
00:18:31plus de 500 blessés
00:18:32par des groupes djihadistes
00:18:33dans 26 villages.
00:18:35Là, c'était l'état
00:18:35dont vous avez parlé au début,
00:18:36l'état de plateau.
00:18:38Et depuis 10 ans,
00:18:39chaque année,
00:18:40le Nigeria
00:18:41est sur vraiment
00:18:41le podium macabre
00:18:43des pays
00:18:43les plus persécutés.
00:18:46En France,
00:18:47pas de drapeau
00:18:48du Nigeria,
00:18:50pas de revendication,
00:18:51pas de soutien,
00:18:52pas de tour éfeuille éteinte
00:18:53pour ces chrétiens.
00:18:56en marque une pause
00:18:57où on revient
00:18:57pour bien comprendre
00:18:58comment cette situation
00:19:00tragique
00:19:01a-t-elle pu arriver.
00:19:08Dans un instant,
00:19:09nous recevons
00:19:10Franck Tapirot
00:19:11pour parler de la situation
00:19:12en Israël
00:19:13et en Iran.
00:19:15Dans un instant,
00:19:15avec Charlotte Dornelas,
00:19:17nous parlerons
00:19:17d'un sujet
00:19:18dont personne ne parle,
00:19:19cette marche
00:19:20vers Gaza.
00:19:21Charlotte,
00:19:22vous pouvez vous lever,
00:19:23pas de souci.
00:19:24Pardon,
00:19:25mais pendant la pub,
00:19:26on a entre le signe
00:19:26et des t-shirts
00:19:27dédicacés
00:19:28pour ceux qui avaient gardé.
00:19:28On prépare le marché
00:19:29du dimanche matin.
00:19:31Tous les t-shirts
00:19:32sont sur la table,
00:19:33on essaie de gagner du temps
00:19:34pendant la pub.
00:19:35Donc je disais
00:19:36que tout à l'heure,
00:19:37à Charlotte Dornelas,
00:19:38on va parler
00:19:39de cette marche mondiale
00:19:40vers Gaza.
00:19:41Personne ne parle
00:19:42de cette marche
00:19:43qui a été perturbée
00:19:45par qui ?
00:19:46Par l'Egypte,
00:19:47un pays musulman,
00:19:48on en parlera
00:19:48pour bien comprendre
00:19:49ce qui se passe.
00:19:51Et avec Marc Menand,
00:19:52on parlera de ces pays
00:19:53qui ont dopé
00:19:54leurs dépenses militaires
00:19:56pourquoi ?
00:19:57On voit ça
00:19:58dans un instant.
00:19:59D'abord,
00:20:00zoom sur le Nigeria
00:20:01puisque personne
00:20:02n'en parle là non plus.
00:20:03Comment expliquer
00:20:04cette situation tragique
00:20:06pour les chrétiens
00:20:07nigériens ?
00:20:08Alors,
00:20:08j'ai posé la question
00:20:09à un prêtre
00:20:10qui est là-bas,
00:20:11que j'ai eu au téléphone.
00:20:12Il est tout seul
00:20:13dans son village.
00:20:15Non,
00:20:15il n'est pas tout seul,
00:20:15mais il est le seul
00:20:16occidental là-bas,
00:20:18un prêtre franco-britannique.
00:20:20Et donc,
00:20:21je lui ai demandé
00:20:21du reste s'il n'avait pas peur.
00:20:22Il est à trois heures
00:20:23dans l'endroit
00:20:24où s'est passé
00:20:24ce massacre.
00:20:27Et il m'a dit
00:20:27qu'il n'avait pas peur
00:20:28parce qu'il est
00:20:28dans le sud-est
00:20:30du pays
00:20:31qui est complètement
00:20:33chrétien.
00:20:34Il m'a dit
00:20:34que tout ce que je risque,
00:20:36c'est peut-être
00:20:36un kidnapping
00:20:37sur la route
00:20:38en allant à Port-Arcourt.
00:20:39Mais il m'a dit
00:20:40que les preneurs d'otages
00:20:42savaient qu'il fallait
00:20:42rendre les otages
00:20:43en bon état
00:20:44s'ils voulaient avoir
00:20:44une rançon
00:20:45la fois d'après.
00:20:46Donc,
00:20:46il m'a dit
00:20:46je suis tranquille.
00:20:48On ne va pas
00:20:49m'assassiner.
00:20:50Vous voyez,
00:20:50je l'ai trouvé
00:20:50très serein
00:20:53mais en tout état de cause
00:20:55il était quand même
00:20:55extrêmement peiné
00:20:57pour les chrétiens
00:20:59qui étaient
00:20:59en grande difficulté
00:21:00en revanche
00:21:00dans le nord du pays.
00:21:03Il m'a expliqué
00:21:04qu'il y avait
00:21:05une sorte de partition
00:21:07du territoire.
00:21:09Au nord,
00:21:10le Nigeria
00:21:10était musulman.
00:21:12Au sud,
00:21:12et en particulier
00:21:13au sud-est,
00:21:14il était majoritairement
00:21:15chrétien.
00:21:16Il faut savoir
00:21:17que le Nigeria
00:21:18est le pays d'Afrique
00:21:18le plus peuplé
00:21:19avec plus de 200 millions
00:21:22d'habitants
00:21:22sans doute plus.
00:21:24Il disait que
00:21:25la fiabilité du recensement
00:21:27est faible.
00:21:28Alors,
00:21:28on dit qu'il y aurait
00:21:2852% de musulmans,
00:21:3048% de chrétiens,
00:21:32quelque chose comme ça.
00:21:33Mais là encore,
00:21:35il me dit
00:21:36que ces chiffres
00:21:36sont assez
00:21:37peu fiables.
00:21:40Et ça,
00:21:41cette partition,
00:21:42elle dure depuis
00:21:42des siècles.
00:21:43Et l'éducation occidentale
00:21:45et les entreprises
00:21:45se sont développées
00:21:46plus vite
00:21:47dans le sud
00:21:48que dans le nord,
00:21:49créant des dissensions
00:21:51entre les deux parties.
00:21:52Et c'est sous le protectorat anglais,
00:21:53puisque c'était
00:21:54sous le protectorat anglais,
00:21:55que décision a été prise
00:21:56en 1914
00:21:57par le gouverneur
00:21:58de rassembler
00:21:59ces deux parties
00:22:01pour en faire
00:22:01un seul pays,
00:22:03le Nigeria.
00:22:05Alors,
00:22:05on se souvenait peut-être
00:22:06dans mon livre d'histoire
00:22:06de la guerre du Biafra,
00:22:08c'est cette guerre,
00:22:10c'est celle
00:22:11de cette partie sud
00:22:12et chrétienne
00:22:14du Nigeria
00:22:14qui aurait voulu
00:22:16faire sécession
00:22:17et ne pas
00:22:17rejoindre le nord.
00:22:19Mais ça a été
00:22:20un échec.
00:22:23Alors,
00:22:23c'est les chrétiens
00:22:24qui sont au nord,
00:22:25en réalité,
00:22:25qui sont extrêmement
00:22:26attaqués.
00:22:27Donc,
00:22:27je l'ai dit,
00:22:28ce sont des fermiers
00:22:29sédentaires,
00:22:29attaqués par
00:22:30ce qu'on appelle
00:22:31les foulanis
00:22:31ou les peuls musulmans,
00:22:33qui eux sont des
00:22:33éleveurs nomades
00:22:35de vaches.
00:22:37Alors,
00:22:37le prêtre me dit,
00:22:38la vie d'une vache
00:22:39pour eux
00:22:40est plus précieuse
00:22:41que la vie humaine.
00:22:42C'est quand même
00:22:42assez terrible.
00:22:44Il me dit que depuis
00:22:44deux siècles,
00:22:45il y a un mouvement
00:22:46de ces paysans nomades
00:22:48qui veulent prendre
00:22:49les fermes
00:22:50de ces paysans
00:22:51sédentaires.
00:22:53Alors,
00:22:53c'est vrai qu'il y a
00:22:53une quête de l'eau,
00:22:55de la terre agraire,
00:22:57car,
00:22:57il m'explique-t-il
00:22:58que le Sahara
00:22:59est en train de manger
00:22:59le Sahel
00:23:00et donc,
00:23:00il y a des raisons
00:23:01économiques
00:23:02qui viennent se greffer
00:23:03là-dessus.
00:23:03Il y a des raisons
00:23:04ethniques également,
00:23:05mais il me dit
00:23:05qu'évidemment,
00:23:06la principale raison,
00:23:08c'est ce djihad
00:23:09qui anime
00:23:10les agresseurs.
00:23:12Alors,
00:23:12ce n'est pas Boko Haram
00:23:13parce que moi,
00:23:13je lui ai posé la question.
00:23:15Par l'islamiste
00:23:16en Afrique,
00:23:16je dis Boko Haram.
00:23:17Il me dit non,
00:23:18c'est encore
00:23:18un d'autres groupes.
00:23:21Et ce qui est très dur
00:23:23pour ces chrétiens,
00:23:23c'est qu'ils ont le sentiment
00:23:24que la fédération
00:23:25du Nigeria
00:23:26qui est entre les mains
00:23:27de dirigeants
00:23:29de confessions musulmanes,
00:23:31eh bien,
00:23:31laisse faire
00:23:33ce djihad.
00:23:34c'est ce que les prêtres
00:23:35rapportent
00:23:36et c'est ainsi
00:23:37qu'ils le ressentent.
00:23:38Alors,
00:23:39il m'a dit
00:23:39qu'il était très admiratif
00:23:40de ces familles
00:23:41catholiques
00:23:42qui étaient,
00:23:43il y a aussi des protestants,
00:23:45mais qui étaient
00:23:46extrêmement pratiquants.
00:23:4892%
00:23:49des catholiques
00:23:50nigériens
00:23:51sont pratiquants.
00:23:52Quand on voit,
00:23:53en France,
00:23:53ce n'est pas tout à fait pareil.
00:23:54Pourtant,
00:23:54il y a des risques,
00:23:55on le voit,
00:23:56à aller dans les églises.
00:23:57Alors,
00:23:58il me dit
00:23:58que la natalité
00:23:59est un peu moins forte
00:24:00chez les chrétiens
00:24:01parce qu'évidemment,
00:24:02les mariages sont monogames
00:24:03et par ailleurs,
00:24:04pour des raisons économiques,
00:24:05ils se marient plutôt tard,
00:24:06vers 30 ou 35 ans.
00:24:09Alors,
00:24:09ce qui est amusant,
00:24:10c'est que leur saint patron,
00:24:11après Notre-Dame du Nigeria,
00:24:12du coup,
00:24:13je les fais parler,
00:24:14eh bien,
00:24:14c'est saint Patrick.
00:24:15C'est quand même
00:24:16assez étonnant
00:24:17parce que ce sont
00:24:18des missionnaires irlandais,
00:24:19des missionnaires
00:24:20du Saint-Esprit
00:24:20qui,
00:24:21au XIXe,
00:24:22les ont évangélisés
00:24:24et puis ils ont même
00:24:24un bienheureux
00:24:25qui a été fait
00:24:26par Jean-Paul II,
00:24:27un prêtre devenu moine,
00:24:29Cistercien,
00:24:30Cyprien,
00:24:31Tansy,
00:24:32Iwine.
00:24:33Voilà.
00:24:34Question.
00:24:37Tous ceux qui se sont
00:24:38agenouillés
00:24:39pour George Floyd,
00:24:41ceux qui ont réclamé
00:24:43justice
00:24:44pour Adama,
00:24:46pourquoi ne s'agenoutent-ils pas,
00:24:49là aussi,
00:24:50pour défendre
00:24:51ces Noirs-là,
00:24:52pourquoi ne réclament-ils pas
00:24:54justice ?
00:24:55Oui,
00:24:56voilà,
00:24:56c'est exactement la question
00:24:57parce que ceux
00:24:58qui dénoncent à longueur
00:24:59de journée
00:24:59le racisme en France,
00:25:01qui dénoncent
00:25:02des micro-agressions,
00:25:03vous savez,
00:25:04c'est le terme consacré,
00:25:04ça vient des Etats-Unis,
00:25:06ces petites phrases
00:25:07qui constitueraient
00:25:08des micro-agressions
00:25:09à l'endroit des racisés,
00:25:11comme on dit,
00:25:12eh bien,
00:25:12ils sont muets
00:25:13sur ces macro-agressions,
00:25:15convenons-en.
00:25:16On veut bien défendre
00:25:17les Africains persécutés,
00:25:18mais encore faut-il
00:25:19que les persécuteurs
00:25:20rentrent dans la bonne grille
00:25:21de lecture idéologique
00:25:22et d'ailleurs
00:25:23les persécutés aussi,
00:25:24sinon,
00:25:24visiblement,
00:25:25on s'en cogne
00:25:26absolument complètement.
00:25:27Alors,
00:25:28n'oublions pas au passage,
00:25:29vous en aviez peut-être parlé
00:25:30sur ce plateau,
00:25:31le supplice en mai 2022
00:25:33de Déborah Samuel,
00:25:35une jeune étudiante
00:25:36nigérienne,
00:25:36chrétienne,
00:25:37lapidée à mort
00:25:38par des dizaines
00:25:39d'étudiants de son école,
00:25:40l'accusant de blasphème
00:25:42contre le prophète Mahomet
00:25:44dans l'état du Sokoto
00:25:46au nord-ouest.
00:25:46Alors,
00:25:46elle avait été frappée,
00:25:47flagellée,
00:25:48brûlée,
00:25:49insultée par des hommes,
00:25:50elle cochait toutes les cases
00:25:51pour susciter l'indignation
00:25:52féministe.
00:25:53Eh bien,
00:25:54tous les cas sauf une,
00:25:56ces agresseurs
00:25:56étaient des Africains musulmans,
00:25:58cela a suffi
00:25:59pour l'invisibiliser
00:26:01médiatiquement.
00:26:02Convenant que s'ils avaient été
00:26:03autres,
00:26:04on en aurait entendu parler.
00:26:06Et alors,
00:26:07j'ai dit tout à l'heure
00:26:07que personne n'en avait parlé
00:26:08de cet affreux massacre
00:26:10récent.
00:26:11Le Courrier international
00:26:13a fait cependant
00:26:14une notule,
00:26:15enfin,
00:26:16un petit article
00:26:17sur son site
00:26:18pour l'évoquer,
00:26:19mais on peut lire
00:26:20le titre
00:26:21dont je vous dis
00:26:22« Le massacre de Yelewata,
00:26:24révélateur des conflits fonciers
00:26:25et climatiques
00:26:26au Nigeria. »
00:26:27Vous voyez ?
00:26:28Nulle part,
00:26:29il n'est question
00:26:29de chrétiens dits
00:26:30islamistes.
00:26:31On suppose qu'à l'Akbar,
00:26:33ça doit vouloir dire
00:26:34« Donnez-nous des terres
00:26:35suite au réchauffement climatique. »
00:26:37Vous voyez ?
00:26:37Tout ça,
00:26:38visiblement,
00:26:38ça a été complètement occulté.
00:26:40Et puis,
00:26:41un exemple
00:26:41qui me semble
00:26:41vraiment prégnant,
00:26:43extrêmement important,
00:26:44en tout cas symbolique,
00:26:46vous savez,
00:26:46Meghan Merkel,
00:26:48célèbre,
00:26:49maintenant dans la famille
00:26:51royale anglaise,
00:26:52elle a rendu hommage
00:26:53jadis à George Floyd.
00:26:56Eh bien,
00:26:56il se trouve que
00:26:57Meghan Merkel,
00:26:57elle se revendique nigérienne.
00:26:58Elle a fait un test ADN,
00:26:59elle a découvert,
00:27:00paraît-il,
00:27:01qu'elle serait à 43% nigérienne.
00:27:03Donc,
00:27:03elle est venue dans ce pays
00:27:04triomphalement,
00:27:06elle appelle le Nigeria
00:27:07son pays,
00:27:08sa maison,
00:27:09elle a fait montre
00:27:09de grands trosspeurs
00:27:10d'affection
00:27:12avec les populations
00:27:13lors d'un instant déplacement.
00:27:14Alors,
00:27:14petite anecdote,
00:27:16elle était dans une tenue
00:27:17très décolletée,
00:27:18elle s'est fait rabrouer
00:27:18par la première dame
00:27:19du Nigeria
00:27:20qui a dit
00:27:20« votre culture dépravée,
00:27:22c'est pas la peine
00:27:23de nous l'importer »,
00:27:23là,
00:27:24qui l'a accusée
00:27:24de néocolonialisme.
00:27:27Eh bien,
00:27:27j'ai cherché,
00:27:28sur les réseaux sociaux,
00:27:29partout,
00:27:30j'ai poursuivi
00:27:30tous les comptes
00:27:31de Meghan Merkel.
00:27:33Elle n'a pas eu
00:27:33un mot,
00:27:34un mot pour les chrétiens
00:27:35nigériens.
00:27:36Alors,
00:27:37pourquoi pour George Floyd ?
00:27:38Pourquoi pas
00:27:39pour les chrétiens nigériens ?
00:27:40Eh bien,
00:27:41cette question reste ouverte
00:27:43à moins que la réponse
00:27:43soit dans la question.
00:27:45Black Lives Matter.
00:27:49Marc Menon,
00:27:50on va regarder un peu
00:27:52ce qui se passe
00:27:52au niveau international,
00:27:55à l'angle
00:27:56avec le conflit
00:27:57aussi israélo-iranien.
00:27:58est-ce qu'on va
00:28:00vers un emballement
00:28:01des conflits
00:28:02au niveau international ?
00:28:04Puisque lorsqu'on voit
00:28:04l'Inde,
00:28:05le Japon,
00:28:06la Pologne,
00:28:07même la France,
00:28:07d'ailleurs,
00:28:08qui sont des pays
00:28:08qui ont dopé
00:28:09leurs dépenses militaires
00:28:10ces dernières années,
00:28:12comment le comprendre
00:28:13et pourquoi ?
00:28:15Alors,
00:28:16on est loin
00:28:16de cette illusion
00:28:17qui consiste à dire
00:28:19qu'il y aura
00:28:19les grandes puissances nucléaires
00:28:21et dans cette neutralisation,
00:28:23je reviens
00:28:24sur les propos de Mathieu,
00:28:26on pourra dormir tranquille,
00:28:28on aura imposé
00:28:29une sorte de respect,
00:28:31même contraint,
00:28:32mais il sera respecté
00:28:33vaille que vaille
00:28:34dans la peur,
00:28:35la terreur
00:28:36de l'apocalypse.
00:28:38Alors,
00:28:38tout à l'heure,
00:28:38Mathieu,
00:28:39dans son édito,
00:28:41il disait
00:28:41qu'on se croyait
00:28:43à l'abri
00:28:44donc de la guerre classique.
00:28:47Eh bien,
00:28:47la guerre classique,
00:28:48aujourd'hui,
00:28:48elle rejaillit
00:28:49parce qu'on se dit
00:28:50qu'il ne va pas y avoir
00:28:51un dinde
00:28:51qui va oser
00:28:52appuyer sur le bouton.
00:28:53Alors,
00:28:54par conséquent,
00:28:55il nous faut des chars,
00:28:56il nous faut des armes,
00:28:57il nous faut être capables
00:28:59d'aller trucider
00:29:00le voisin
00:29:01et ça donne quoi ?
00:29:02Alors,
00:29:02je vais me placer
00:29:03dans une situation
00:29:04de comptable
00:29:05sinistre
00:29:06et cynique
00:29:07et en espérant
00:29:08pas trop vous embrouiller
00:29:09avec les chiffres.
00:29:112024,
00:29:132718 milliards
00:29:15de dollars,
00:29:172718 milliards
00:29:20de dollars
00:29:21investis
00:29:22dans l'armement
00:29:22par l'ensemble
00:29:24des pays
00:29:24de la planète.
00:29:25Quand je dis l'ensemble,
00:29:27on va voir
00:29:27que tous ceux
00:29:28qui ont un minimum
00:29:29de budget,
00:29:30tous ceux
00:29:30qui ne crèvent pas
00:29:31littéralement de faim
00:29:32investissent
00:29:34dans les armes.
00:29:35Ça correspond
00:29:36à 9,4%
00:29:39par rapport
00:29:40à 2023
00:29:41et sur les
00:29:42dix dernières années
00:29:44consécutives,
00:29:46c'est la plus forte
00:29:47augmentation
00:29:47que l'on a pu noter.
00:29:50Donc,
00:29:51chaque jour,
00:29:52on investit
00:29:52encore plus.
00:29:53parmi les audacieux
00:29:57en la matière,
00:29:58vous avez d'abord
00:29:59les USA,
00:30:01vous avez la Chine,
00:30:02la Russie,
00:30:04l'Allemagne
00:30:04et l'Inde.
00:30:05Alors,
00:30:05vous allez me dire
00:30:06et la France,
00:30:06et la France,
00:30:07et la France,
00:30:0868 milliards,
00:30:1068 milliards,
00:30:12soit 6,1%.
00:30:15Ce n'est pas négligeable,
00:30:16mais c'est vrai
00:30:17que comparé
00:30:17à d'autres chiffres,
00:30:19on fait un peu
00:30:20riquiqui.
00:30:20pour les Européens,
00:30:24c'est un investissement
00:30:25de 155% de plus.
00:30:29105% !
00:30:31155% !
00:30:32Vous vous rendez compte ?
00:30:33C'est colossal !
00:30:33Sur combien de temps,
00:30:34là,
00:30:34c'est 155% ?
00:30:34Dans la comparaison
00:30:37par rapport
00:30:37à 2023.
00:30:40Et alors,
00:30:41vous avez 16 pays
00:30:42de l'UE
00:30:42qui s'y sont mis.
00:30:44Vous avez donc
00:30:45la Commission européenne,
00:30:48parce qu'au départ,
00:30:48on ne peut pas dépasser
00:30:49un certain budget.
00:30:50Vous savez,
00:30:51on est contraints,
00:30:52il faut faire attention,
00:30:53parce que sinon,
00:30:54vous allez être puni,
00:30:54mon guerrière.
00:30:55Et là,
00:30:56il y a une possibilité
00:30:58de franchir
00:31:00les limites
00:31:01simplement parce que
00:31:03vous investissez
00:31:03militaire.
00:31:05Et en la matière,
00:31:06vous avez la Belgique,
00:31:07la Bulgarie,
00:31:08la République tchèque,
00:31:09la Grèce,
00:31:09la Croatie,
00:31:10la Hongrie,
00:31:11la Slovaquie,
00:31:12la Finlande
00:31:12et l'Allemagne.
00:31:14L'Allemagne
00:31:15a pour objectif
00:31:18dans les trois ans
00:31:19arriver
00:31:20à avoir
00:31:2160 000 soldats
00:31:23de plus.
00:31:25Elle veut être,
00:31:26c'est le quatrième
00:31:27acheteur d'armes,
00:31:28quatrième acheteur d'armes
00:31:30et elle a dépensé
00:31:3288 milliards,
00:31:34500 millions,
00:31:35soit plus 28%.
00:31:37La Pologne,
00:31:394%
00:31:40de son budget.
00:31:42Elle,
00:31:42elle se rêve,
00:31:43première armée
00:31:44de terre
00:31:45de l'Europe.
00:31:46Première armée de terre,
00:31:47les Allemands,
00:31:48ils ambitionnent
00:31:49à peu près
00:31:49220 000.
00:31:50Eh bien,
00:31:51les Polonais,
00:31:53eux,
00:31:53rêvent d'avoir
00:31:53carrément
00:31:54500 000 bonshommes
00:31:56sur le terrain.
00:31:57Vous voyez
00:31:58dans quel état d'esprit
00:31:59on est.
00:31:59Alors après,
00:32:01une fois qu'on aura
00:32:01toutes ces potentialités,
00:32:04qu'en fera-t-on ?
00:32:05C'est ça.
00:32:05Sera-t-on capable
00:32:07déjà d'engager
00:32:08quelle guerre
00:32:08et quelle guerre
00:32:09dans quelles conditions ?
00:32:11Quand on voit
00:32:11ce qui se passe
00:32:12au Moyen-Orient
00:32:13ou en Ukraine
00:32:14aujourd'hui,
00:32:15on est véritablement
00:32:16dans des échanges
00:32:18où la population
00:32:19civile
00:32:20subit de façon
00:32:22inouïe
00:32:23et macabre
00:32:24ce qui se passe
00:32:25sur le terrain.
00:32:26Donc,
00:32:26plus on investit,
00:32:27plus on est dans
00:32:28cette logique,
00:32:29plus on se dit
00:32:30que l'on menace
00:32:31nous-mêmes
00:32:32nos propres populations.
00:32:34Question.
00:32:35Question,
00:32:36oui.
00:32:36Est-ce que dans
00:32:37un autre moment
00:32:38de l'histoire,
00:32:39on s'est retrouvé
00:32:40dans une situation
00:32:40pareille
00:32:41avec cette augmentation
00:32:44des dépenses militaires
00:32:45au niveau planétaire ?
00:32:47Alors,
00:32:47je crois qu'au niveau planétaire,
00:32:49on n'a jamais vu ça.
00:32:50D'abord,
00:32:51parce que,
00:32:52regardez la Chine,
00:32:53elle n'existait pas
00:32:54sur le plan militaire.
00:32:55Il a fait
00:32:56le Mao,
00:32:56que Mao s'installe
00:32:58et que soudain,
00:32:59aidé par l'Union soviétique
00:33:01et aujourd'hui,
00:33:02il faut voir
00:33:03l'armement chinois
00:33:04et surtout
00:33:05les prétentions chinoises.
00:33:07Ils ont un désir
00:33:08hégémonique
00:33:09de tenir
00:33:09les mers
00:33:11autour
00:33:12de leur compte
00:33:13dépasser.
00:33:14Le Japon
00:33:15ont gagné pratiquement
00:33:16jusqu'à l'Indonésie.
00:33:17Ils rêvent,
00:33:18bien évidemment,
00:33:18de Taïwan.
00:33:20Le Japon,
00:33:20dans ces conditions,
00:33:22lui aussi,
00:33:23se surarme.
00:33:24Nous sommes dans
00:33:24une sorte de folie.
00:33:26À une époque,
00:33:27on nous dit,
00:33:27attention,
00:33:27avec votre diesel,
00:33:28vous polluez un peu trop.
00:33:30Là,
00:33:30vous ne polluez pas
00:33:31pour fabriquer des armes,
00:33:32vous ne polluez pas
00:33:33pour vous envoyer
00:33:34de la canarde
00:33:35sur la trogne.
00:33:35Non,
00:33:36tout cela est possible.
00:33:38On est dans
00:33:38le meilleur des mondes
00:33:40envisageables
00:33:41et qui nous est réservé
00:33:42dans les années à venir.
00:33:44Très intéressant
00:33:45d'observer
00:33:46ce qui se passe
00:33:47au niveau international.
00:33:50Dans ce contexte,
00:33:51de regarder
00:33:52ce qui se passe
00:33:52au niveau international,
00:33:53Charlotte,
00:33:54on va parler
00:33:54d'un sujet
00:33:54dont personne ne parle.
00:33:56Un certain silence médiatique
00:33:57sur cette marche
00:33:58et ce qui s'est passé.
00:33:59Le jeu des alliances
00:34:00dans la région
00:34:01du Proche-Orient
00:34:02semble parfois
00:34:03nettement plus compliqué
00:34:04que ce qui est présenté
00:34:05de façon générale.
00:34:07Que comprendre,
00:34:08par exemple,
00:34:09la répression
00:34:10de la marche
00:34:11vers Gaza ?
00:34:13La répression
00:34:13par qui ?
00:34:14Par l'Egypte.
00:34:16Vous avez raison
00:34:17et c'est un peu le problème
00:34:18quand on réduit
00:34:18n'importe quel conflit
00:34:19dans le monde
00:34:20à un affrontement
00:34:21entre des gentils
00:34:22et des méchants.
00:34:23En général,
00:34:24sur le long terme,
00:34:24ça devient compliqué
00:34:25de le comprendre
00:34:26et de le suivre,
00:34:27on va dire,
00:34:27de manière évolutive.
00:34:28Ce que je dis
00:34:29est vrai en général,
00:34:30particulièrement
00:34:31au Proche-Orient
00:34:32où le jeu d'alliance
00:34:33est non seulement
00:34:34compliqué initialement,
00:34:36évolutif,
00:34:36ça change à peu près
00:34:37tout le temps
00:34:38et c'est parfois même
00:34:40l'objet de tensions
00:34:41entre deux pays
00:34:42qui sont alliés
00:34:43et qui s'opposent le lendemain
00:34:44mais entre les populations
00:34:45et leurs propres dirigeants
00:34:46parfois dans le positionnement,
00:34:49on va dire,
00:34:49l'exemple le plus flagrant
00:34:52étant évidemment
00:34:53la cause palestinienne
00:34:54qui est extrêmement portée
00:34:56par la rue Arab,
00:34:57par les populations
00:34:57des pays même
00:34:58du Proche-Orient
00:34:59de manière générale
00:35:00et parfois moins
00:35:01par les dirigeants
00:35:02qui eux voient
00:35:03un intérêt certain
00:35:04à entretenir
00:35:05des relations
00:35:06au minimum cordiales
00:35:08avec l'État hébreu.
00:35:09Sauf l'arc chiite,
00:35:11on a beaucoup parlé
00:35:12ces derniers temps,
00:35:12du Hezbollah
00:35:13en passant par la Syrie
00:35:14d'avant,
00:35:15la Syrie d'Assad
00:35:16jusqu'à l'Iran,
00:35:18cet arc-là
00:35:18qui lui
00:35:19était en guerre
00:35:20et toujours en guerre
00:35:22avec Israël.
00:35:23Alors en effet,
00:35:26la lecture de l'affrontement
00:35:27par exemple
00:35:27sur le conflit
00:35:28qui nous occupe aujourd'hui,
00:35:29vous disiez tout à l'heure,
00:35:30la lecture de
00:35:31le monde se divise
00:35:32entre des antisémites
00:35:33et des islamophobes,
00:35:35c'est un peu compliqué
00:35:35pour le comprendre
00:35:36parce que comment faire
00:35:37avec l'accusation
00:35:38d'islamophobie
00:35:39pour comprendre
00:35:40la réaction égyptienne,
00:35:41pays évidemment
00:35:42majoritairement musulman,
00:35:44envers cette marche
00:35:45internationale
00:35:46vers Gaza.
00:35:47Alors le but
00:35:48de cette marche
00:35:49visait à briser
00:35:49symboliquement
00:35:50le blocus
00:35:51qui pèse
00:35:51aujourd'hui
00:35:52sur Gaza
00:35:53et il y a
00:35:55évidemment
00:35:55aujourd'hui
00:35:56et on le comprend
00:35:57dans la réaction
00:35:57de l'Egypte
00:35:58un enchevêtrement
00:35:59d'intérêt
00:36:00et de réaction
00:36:01qui s'ajoute
00:36:02évidemment
00:36:03à une lecture
00:36:03binaire
00:36:04du conflit.
00:36:05En l'occurrence,
00:36:06d'abord premièrement,
00:36:07c'est une région
00:36:08du monde
00:36:08qui voit
00:36:09d'un très mauvais oeil
00:36:10de manière générale
00:36:11toutes les ambitions
00:36:12internationales
00:36:14révolutionnaires
00:36:14surtout portées
00:36:15par des occidentaux
00:36:16qui sont évidemment
00:36:18des ferments potentiels
00:36:18de déstabilisation.
00:36:20C'est tellement vrai
00:36:21d'ailleurs...
00:36:21Même si c'est avisé humanitaire.
00:36:22Même si c'est avisé humanitaire.
00:36:24Et c'est tellement vrai
00:36:25que les organisateurs
00:36:26de la marche
00:36:27elles-mêmes
00:36:27avaient refusé
00:36:28qu'il y ait une délégation
00:36:29égyptienne
00:36:29dans la marche
00:36:31pour prouver
00:36:32leur bonne foi
00:36:32vis-à-vis
00:36:33du pouvoir égyptien.
00:36:34On a regardé,
00:36:35on n'a pas du tout
00:36:35vocation à rester ici,
00:36:37on ne demande même pas
00:36:38aux Égyptiens
00:36:38de participer,
00:36:39simplement ils voulaient
00:36:40arriver à Gaza.
00:36:41Donc ça c'est la première chose.
00:36:42Ensuite,
00:36:43l'Egypte n'a pas
00:36:44formellement interdit
00:36:45cette marche.
00:36:46Pourquoi ?
00:36:46Parce que l'Egypte
00:36:47affiche une solidarité
00:36:49notamment pour répondre
00:36:50aux Égyptiens,
00:36:51à la population égyptienne
00:36:52attendue
00:36:54envers les Palestiniens.
00:36:55Donc cette solidarité
00:36:56affichée et répétée
00:36:58empêche évidemment
00:36:59les autorités égyptiennes
00:37:00d'interdire la marche.
00:37:02Mais elle a tout fait
00:37:02pour l'empêcher,
00:37:03notamment en procédant
00:37:04à des arrestations
00:37:05parfois assez violentes
00:37:07et houleuses,
00:37:08parce qu'elle a aussi
00:37:09des intérêts stratégiques
00:37:10avec son voisin israélien.
00:37:12Et dans l'accord
00:37:12entre l'Egypte et Israël,
00:37:14je ne vais pas vous faire
00:37:15une histoire
00:37:15du lien
00:37:17entre l'Egypte et Israël,
00:37:19il faudrait trois jours,
00:37:20mais simplement
00:37:20les relations
00:37:21évidemment variaient
00:37:22au cours du temps,
00:37:22mais elles étaient
00:37:23plutôt bonnes
00:37:23ces dernières années,
00:37:24depuis notamment
00:37:25avec Sisi
00:37:26qui avait été soutenue
00:37:28au moment de son coup d'État
00:37:29par Israël
00:37:30et jusqu'au début
00:37:32de cette année.
00:37:33Depuis janvier 2025,
00:37:35Israël a régulièrement
00:37:36accusé l'Egypte
00:37:37de bafouer
00:37:39les accords
00:37:39de Candaville,
00:37:40l'Egypte accusant
00:37:40également Israël
00:37:41de le faire.
00:37:42Donc là,
00:37:43on ne va pas rentrer
00:37:43dans le détail,
00:37:44mais simplement
00:37:44Israël a beaucoup répété
00:37:45que l'Egypte était
00:37:46une menace militaire
00:37:47à sa porte,
00:37:48ce qui était très nouveau.
00:37:49Pourquoi ?
00:37:50Parce que Sisi,
00:37:51qui est un soutien
00:37:52d'Israël
00:37:53depuis ces dernières années,
00:37:54a catégoriquement refusé
00:37:56le déplacement
00:37:57des Gazaouis
00:37:57dans la partie égyptienne,
00:37:59de l'autre côté
00:38:00de la frontière
00:38:00pour qu'ils s'installent
00:38:01en Égypte.
00:38:02Ça avait déjà été le cas,
00:38:04simplement Sisi a dit
00:38:04cette fois-ci,
00:38:05étant donné les destructions
00:38:06et la situation,
00:38:08si les Gazaouis
00:38:09viennent,
00:38:09probablement
00:38:10ils ne repartiront pas.
00:38:11Et ça devient donc
00:38:12une potentielle menace
00:38:13en Égypte.
00:38:15Pourquoi ?
00:38:16Parce que d'abord,
00:38:16il y a des combattants
00:38:17parmi les Gazaouis
00:38:18et qu'il a déjà des problèmes
00:38:19avec des islamistes
00:38:20dans cette partie-là
00:38:21de l'Égypte,
00:38:22qu'il a dû réprimer
00:38:23ces dernières années
00:38:24et que par ailleurs,
00:38:25si les Gazaouis se déplacent,
00:38:26il risquerait d'y avoir
00:38:27des attaques envers Israël
00:38:28et donc en retour,
00:38:30potentiellement,
00:38:30des bombardements israéliens
00:38:31sur l'Égypte
00:38:32et que Sisi n'a pas du tout
00:38:33envie de cet affrontement.
00:38:35Donc on comprend
00:38:36une immense prudence
00:38:37de l'Égypte
00:38:38au moment où Israël
00:38:39lui demande
00:38:39de bloquer cette marche
00:38:41et qu'en effet,
00:38:42l'Égypte n'a pas du tout
00:38:43envie de mettre en péril
00:38:46ses intérêts
00:38:47ou sa relation
00:38:47avec Israël
00:38:49pour cette marche
00:38:50de délégation
00:38:50devenue d'un peu partout
00:38:51dans le monde
00:38:52pour quelques jours
00:38:52pour parvenir à Gaza.
00:38:54Vous voyez qu'on est loin
00:38:55de la binarité
00:38:56dont on a l'habitude
00:38:58parfois malheureusement
00:38:59ici.
00:39:00Mais à l'inverse,
00:39:02le nouveau président syrien,
00:39:03pourtant islamiste,
00:39:05Charlotte,
00:39:06n'a pas condamné
00:39:07les frappes israéliennes
00:39:09sur l'Iran.
00:39:10Comment l'expliquer ?
00:39:11Et en effet,
00:39:11toute la région
00:39:12a remarqué silence radio
00:39:13du ministère syrien
00:39:14des Affaires étrangères
00:39:15depuis le début
00:39:15de ce conflit-là
00:39:16entre l'Iran et Israël
00:39:19et Damas est désormais
00:39:20la seule capitale
00:39:21de la région
00:39:22tout simplement
00:39:22à ne pas avoir condamné
00:39:24les frappes
00:39:25même l'Arabie saoudite
00:39:28a condamné
00:39:28les frappes d'Israël
00:39:29sur l'Iran.
00:39:30Ce qui était
00:39:31plus étonnant,
00:39:32on va dire,
00:39:32moins attendu
00:39:33que la Syrie
00:39:33qui est en guerre
00:39:34depuis 1948
00:39:35officiellement
00:39:35avec Israël.
00:39:36C'est toujours le cas
00:39:37aujourd'hui.
00:39:38Le nouveau président syrien
00:39:40n'a pas signé
00:39:41un accord de paix.
00:39:41Alors vous me direz,
00:39:42il a autre chose à faire
00:39:42et Israël aussi en ce moment.
00:39:44Mais en tout cas,
00:39:45c'est sûr.
00:39:45Et beaucoup ont remarqué
00:39:46qu'à l'inverse,
00:39:47l'armée israélienne
00:39:48aujourd'hui
00:39:49pour atteindre l'Iran
00:39:50se sert de l'espace
00:39:51aérien syrien.
00:39:53Alors beaucoup disent
00:39:53évidemment,
00:39:54avant c'était impossible
00:39:55se servir de l'espace
00:39:56aérien syrien
00:39:57sous l'ancienne mandature,
00:39:59sous le régime d'Assad,
00:39:59c'était inimaginable
00:40:01évidemment.
00:40:02C'est vrai que la Syrie
00:40:02aujourd'hui n'a pas du tout
00:40:03les moyens de s'y opposer
00:40:04mais cela pourrait s'expliquer
00:40:05différemment.
00:40:06Le président syrien lui-même
00:40:08a expliqué que son ciel
00:40:09était ouvert aux Israéliens,
00:40:11ce qui en a étonné plus d'un.
00:40:12En réalité,
00:40:13d'abord,
00:40:14un,
00:40:14pour expliquer le jeu
00:40:15des alliances,
00:40:15toujours,
00:40:16c'est notre but ici,
00:40:18le nouveau gouvernement syrien,
00:40:20même islamiste
00:40:21et même qui a surpris
00:40:21tout le monde
00:40:22et qui a inquiété tout le monde
00:40:23ces dernières semaines
00:40:24ou mois,
00:40:25est issu
00:40:25de l'opposition syrienne
00:40:27qui a reçu
00:40:28le soutien de l'Occident
00:40:29pendant
00:40:30toutes les années
00:40:31de la guerre
00:40:32contre le régime
00:40:33de Bachar al-Assad
00:40:34qui lui,
00:40:34avait le soutien de l'Iran.
00:40:36Donc à la fois
00:40:37dans son gouvernement
00:40:37et dans une partie
00:40:38de la population syrienne,
00:40:40l'hostilité est totale
00:40:43envers le régime iranien,
00:40:45envers le gouvernement
00:40:46iranien aujourd'hui.
00:40:47Donc il peut difficilement
00:40:48prendre le parti de l'Iran,
00:40:49il peut difficilement
00:40:50le faire aujourd'hui
00:40:52mais la stratégie
00:40:53n'est pas illisible
00:40:54dans ce soutien de l'Occident
00:40:55parce qu'on se dit
00:40:56mais l'Occident s'inquiète
00:40:56aujourd'hui du nouveau
00:40:57gouvernement syrien
00:40:58après l'avoir soutenu
00:40:59pendant des années.
00:41:01Mais cette stratégie
00:41:02elle se répète.
00:41:04Elle existe d'ailleurs
00:41:04à Gaza
00:41:05dans le lien
00:41:06entre Israël et Gaza.
00:41:07Il y a quelques jours
00:41:08l'ancien ministre israélien
00:41:09de la Défense
00:41:10a accusé Netanyahou
00:41:11d'armer
00:41:12des milices rivales
00:41:13du Hamas
00:41:14à Gaza.
00:41:15Il a notamment cité
00:41:16celle d'un homme
00:41:18à Gaza
00:41:19qui avait été
00:41:20remarqué
00:41:21pour avoir pillé
00:41:22une
00:41:22comment dire
00:41:23une distribution
00:41:25humanitaire
00:41:25pour semer le chaos
00:41:26dans la bande de Gaza
00:41:27il y a quelques temps
00:41:27et cet ancien ministre
00:41:29de la Défense
00:41:30accuse Netanyahou
00:41:31de les armer
00:41:33et Netanyahou
00:41:33de répondre
00:41:34qui sera le travail
00:41:35en effet
00:41:35je cite
00:41:35à vaincre le Hamas
00:41:37par divers moyens.
00:41:39Cette stratégie
00:41:40est ancienne
00:41:41elle est révélatrice
00:41:42elle est connue
00:41:42partout dans le monde
00:41:43divisée pour me régner
00:41:44jouer des jeux
00:41:45d'alliances
00:41:46pour atteindre une stratégie.
00:41:48Alors c'est pas toujours
00:41:48lisible
00:41:49c'est rarement idéologique
00:41:51très franchement
00:41:52c'est évidemment
00:41:53toujours en fonction
00:41:54des intérêts
00:41:54et parfois
00:41:55en effet
00:41:56ça divise
00:41:57les pays eux-mêmes
00:41:57à l'intérieur
00:41:58ça provoque des débats
00:41:59et certains
00:42:00mettent en cause
00:42:01et c'est exactement
00:42:02ce qui est en train
00:42:02de se passer
00:42:03avec Gaza
00:42:03sur les conséquences
00:42:04potentiellement désastreuses.
00:42:06C'est donc bien
00:42:06que les guerres
00:42:07sont le résultat
00:42:07de choix
00:42:08qui sont faits
00:42:09et qui peuvent être
00:42:10défaits.
00:42:11Donc le lien
00:42:12avec le gouvernement syrien
00:42:13relève aussi de cela
00:42:14des deux côtés.
00:42:16Je vous l'ai dit
00:42:16la Syrie est toujours
00:42:17officiellement en guerre
00:42:17avec Israël
00:42:18mais il y a à peine
00:42:19un mois
00:42:20donc là aujourd'hui
00:42:20Israël se sert
00:42:21du ciel syrien
00:42:22en effet
00:42:22pour atteindre l'Iran
00:42:24et il y a à peine
00:42:25un mois
00:42:25Israël bombardait
00:42:26le sud de la Syrie
00:42:27en disant
00:42:28on frappe
00:42:28toutes les réserves
00:42:29militaires
00:42:30qu'on a identifiées
00:42:30parce qu'on ne veut pas
00:42:31qu'elles tombent
00:42:32entre les mains
00:42:33du nouveau gouvernement.
00:42:34Vous voyez que l'alliance
00:42:35n'est pas non plus
00:42:36ils ne sont pas prises
00:42:36dans les bras
00:42:37par amour
00:42:38pour toujours.
00:42:39Et par ailleurs
00:42:39depuis la chute d'Assad
00:42:41Israël a déplacé
00:42:42ses forces
00:42:42dans la zone
00:42:43qui est contrôlée
00:42:43par les Nations Unies
00:42:44entre Israël
00:42:45et la Syrie
00:42:46pourquoi ?
00:42:47Pour atteindre
00:42:48ses cibles militaires
00:42:49en expliquant
00:42:50qu'elles jugeraient
00:42:51toute attaque
00:42:52de la Syrie
00:42:54provenant de la Syrie
00:42:55qu'elles jugeraient
00:42:56le nouveau gouvernement
00:42:57responsable.
00:42:58Donc vous voyez
00:42:59qu'en effet
00:42:59on n'est pas dans
00:43:00une lune de miel
00:43:00totale.
00:43:02Ce qui est sûr
00:43:03c'est qu'une lecture
00:43:03trop simple
00:43:04de la région
00:43:05et de son histoire
00:43:06et de ce qui se passe
00:43:07sur place
00:43:08empêche de comprendre
00:43:09ce qui arrive
00:43:10et c'est ce qui semble
00:43:12avoir échappé
00:43:13à certains en France.
00:43:14C'est vrai que depuis
00:43:15très longtemps d'ailleurs
00:43:16mais depuis
00:43:17quelques temps
00:43:18plus particulièrement
00:43:19on invoque
00:43:20pour certains
00:43:20des raisons électorales
00:43:21pour d'autres
00:43:22l'importation
00:43:23d'un conflit
00:43:24mais pour importer
00:43:25réellement un conflit
00:43:25et pour que ça fonctionne
00:43:26pour que le conflit
00:43:27soit réellement importé
00:43:28il faut évidemment
00:43:29le réduire
00:43:29à la situation
00:43:30qui existe en France.
00:43:31Or la situation
00:43:33en France
00:43:33même avec les détestations
00:43:35que l'on commode régulièrement
00:43:36même avec la fracturation
00:43:37française
00:43:37ressemble assez peu
00:43:38à la situation
00:43:39du Proche-Orient
00:43:40qui dure depuis
00:43:42maintenant des décennies.
00:43:43Donc on a
00:43:44toutes les bonnes raisons
00:43:45par cette importation
00:43:46de ne rien comprendre
00:43:47à ce qui arrive
00:43:48réellement là-bas
00:43:49et d'ailleurs
00:43:49qui expliquait
00:43:50également Mathieu
00:43:52parce que les guerres
00:43:53là-bas comme ailleurs
00:43:54sont évidemment
00:43:55des enchevêtrements.
00:43:56Il y a une hostilité
00:43:57de manière régionale
00:43:59on va dire
00:44:00à l'égard d'Israël
00:44:00et des Etats-Unis
00:44:01il y a aussi par exemple
00:44:03une alliance entre Israël
00:44:04et l'Azerbaïdjan
00:44:05Azerbaïdjan
00:44:05qui a attaqué l'Arménie.
00:44:07Donc que comprendre ?
00:44:09Il y a la question
00:44:09de la cause palestinienne
00:44:10il y a aussi
00:44:11plusieurs gouvernements
00:44:12qui passent des alliances
00:44:13avec Israël
00:44:14et plusieurs autres
00:44:15qui craignent
00:44:16la présence palestinienne
00:44:17sur leur sol.
00:44:19Il y a la guerre
00:44:19entre les chiites
00:44:20et les sunnites
00:44:21il y a aussi
00:44:21le soutien iranien
00:44:22au Hamas
00:44:23le gouvernement iranien
00:44:24est en chiite
00:44:25et le Hamas est en sunnite.
00:44:26Vous voyez
00:44:26c'est plus compliqué
00:44:27évidemment
00:44:28que des affrontements
00:44:29dans les grandes lignes
00:44:30et il est impossible
00:44:31de comprendre
00:44:32sans accepter
00:44:33une fois encore
00:44:34et nous le savons
00:44:34depuis bien longtemps
00:44:35que l'Orient
00:44:35est décidément compliqué.
00:44:37Merci pour votre analyse
00:44:40dans un instant
00:44:41avec Mathieu Bocoté
00:44:42on va s'arrêter
00:44:43sur un fait
00:44:44qui selon moi
00:44:46est plutôt inédit
00:44:47en France
00:44:48c'est-à-dire
00:44:49un groupe de services
00:44:51public audiovisuel
00:44:52qui est contre
00:44:53sa ministre de la culture
00:44:55sa ministre de tutelle
00:44:57on en parle
00:44:58dans un instant
00:44:58d'abord
00:44:59Franck Tapirot
00:44:59est notre invité
00:45:00ce soir
00:45:00on va l'accueillir
00:45:02Franck Tapirot
00:45:03qui est consultant
00:45:03on le connait
00:45:05sur tous les plateaux télé
00:45:06il était chez
00:45:07Jean-Marc Morandini
00:45:07ce matin
00:45:08et on a fait
00:45:09le tour de l'actualité
00:45:10et je souhaitais
00:45:11qu'il soit avec nous
00:45:12ce soir
00:45:12pourquoi ?
00:45:13Bonsoir Franck Tapirot
00:45:14parce que
00:45:14j'aimerais avoir
00:45:16votre analyse
00:45:17alors on sait que
00:45:18le symbole que vous avez
00:45:19vous soutenez
00:45:20les otages
00:45:21retenus
00:45:22on sait
00:45:23d'où vous parlez
00:45:24et on aimerait
00:45:25avoir votre regard
00:45:26d'abord
00:45:27est-ce que
00:45:28Israël
00:45:29fait le sale boulot
00:45:30pour le reste du monde
00:45:32comme on l'a beaucoup
00:45:32entendu dire
00:45:33ces derniers jours ?
00:45:35Alors j'aime pas le mot
00:45:35sale boulot
00:45:36parce que pour moi
00:45:37Israël fait au contraire
00:45:38une mission existentielle
00:45:39et vitale
00:45:40pour lui
00:45:41pour le peuple iranien
00:45:43et pour le monde entier
00:45:43il faut bien comprendre
00:45:45que la menace
00:45:46nucléaire iranienne
00:45:47ce n'est pas un fantasme
00:45:48que certains
00:45:49essaient de le faire croire
00:45:50aujourd'hui
00:45:50ce ne sont pas
00:45:52les armes de destruction
00:45:53massive
00:45:54mythique
00:45:55de 2003
00:45:56en Irak
00:45:56ce n'est pas du tout
00:45:57la même chose
00:45:57il y a un enrichissement
00:45:58d'uranium
00:45:59et même si la IEA
00:46:00a dit qu'ils n'ont pas vu
00:46:01les armes nucléaires
00:46:02il y a tout
00:46:03pour fabriquer
00:46:04les armes nucléaires
00:46:05à la fois sur les lanceurs
00:46:06et puis surtout sur
00:46:07l'uranium enrichi
00:46:08donc aujourd'hui
00:46:08Israël fait cette mission
00:46:10pour se protéger
00:46:12et c'est un devoir
00:46:13on parle souvent
00:46:14de droit international
00:46:14mais le droit international
00:46:16il ne faut pas oublier aussi
00:46:16le devoir international
00:46:17et le devoir international
00:46:19c'est aussi la conscience
00:46:20de tous ces états
00:46:21qui ont permis
00:46:21à l'Iran
00:46:23je vous parle d'abord
00:46:24d'Obama
00:46:24qui devrait rendre des comptes
00:46:26qui ont permis
00:46:27justement ce nucléaire
00:46:28et qui ont été
00:46:28non pas d'une naïveté
00:46:29mais d'une lâcheté absolue
00:46:31donc aujourd'hui
00:46:32c'est facile
00:46:33d'avoir ce petit pays
00:46:34qui est un grain de riz
00:46:35dans un risotto islamiste
00:46:36qui se bat tout seul
00:46:37qui arrive
00:46:39plus ou moins à ses fins
00:46:41quand même
00:46:41ils ne sont pas encore
00:46:42arrivés au bout
00:46:42attention ne crions pas victoire
00:46:43il manque encore
00:46:44pas mal de choses
00:46:46à faire
00:46:46pour que le nucléaire
00:46:47soit écrasé
00:46:48mais ça c'est uniquement
00:46:49la première partie du travail
00:46:50parce que la deuxième partie
00:46:51du travail
00:46:51c'est de ne pas s'arrêter là
00:46:52si c'est juste
00:46:53écraser le nucléaire
00:46:55et s'en aller
00:46:55et laisser les molats en place
00:46:56ça ne va pas jusqu'au bout
00:46:58et je pense qu'Israël
00:46:59devrait aller jusque là
00:47:00je vous demanderai
00:47:01jusqu'où on peut aller
00:47:03Israël peut aller
00:47:04est-ce que vous croyez
00:47:05en la chute du régime des molats
00:47:06d'autant plus
00:47:07qu'on apprend à l'instant
00:47:07que Donald Trump
00:47:08prendra à déclarer
00:47:10qui prendra une décision
00:47:11sur l'Iran
00:47:12au cours des deux prochaines
00:47:14semaines
00:47:15donc là
00:47:15on prend un petit peu
00:47:17de distance
00:47:17par rapport à la pression
00:47:18qu'on avait ces derniers jours
00:47:19on en parle dans un instant
00:47:20mais d'abord
00:47:21une question
00:47:22que tout le monde se pose
00:47:23lorsqu'il regarde
00:47:24les actualités
00:47:26en ce moment
00:47:27pourquoi ce deux poids
00:47:28deux mesures
00:47:29entre un hôpital
00:47:30attaqué
00:47:31à cibler
00:47:32tôt ce matin
00:47:33en Israël
00:47:34et un hôpital
00:47:36attaqué
00:47:37à cibler
00:47:38à Gaza
00:47:39par Israël
00:47:40alors très tôt
00:47:41juste après le massacre
00:47:42du 7 octobre
00:47:43un hôpital avait été bombardé
00:47:45au début on a fait croire
00:47:46que c'était Israël
00:47:46qui l'avait bombardé
00:47:47et là c'était faux
00:47:48on s'est rendu compte
00:47:48que c'était un but
00:47:49contre son camp
00:47:50au gros
00:47:50des jets islamiques
00:47:51et on voyait
00:47:52la grenade éclater
00:47:53un hôpital
00:47:53alors les 700 morts
00:47:54ont ressuscité
00:47:55dans la nuit
00:47:56il n'y en avait que 10
00:47:57un peu chiffre avait été annoncé
00:47:58mais Israël n'était pas coupable
00:48:00et ensuite
00:48:01quand Israël a bombardé
00:48:02des hôpitaux
00:48:02il y en a bombardé quelques-uns
00:48:04pourquoi ?
00:48:05parce qu'ils abritaient
00:48:06des terroristes
00:48:06ou dans l'hôpital
00:48:07ou sous l'hôpital
00:48:08et il faut savoir
00:48:09que dans le droit de la guerre
00:48:10parce qu'il y a un droit de la guerre
00:48:11quand un hôpital
00:48:13ou une école
00:48:14abrite des terroristes
00:48:15ou abrite on va dire
00:48:15des combattants
00:48:16il y a un changement
00:48:17de destination
00:48:18comme on dit
00:48:18ce n'est plus une école
00:48:19ce n'est plus un hôpital
00:48:20c'est le droit qui veut ça
00:48:21donc toutes ces personnes
00:48:23qui ne connaissent rien
00:48:24au droit international
00:48:25devraient déjà lire
00:48:26le droit de la guerre
00:48:26et donc l'hôpital
00:48:27le tient une base militaire
00:48:29le droit international
00:48:29évidemment que c'est faux
00:48:32puisque à chaque fois
00:48:33qu'ils ont attaqué un hôpital
00:48:34même le Hamas
00:48:35avec ses chiffres fantaisistes
00:48:36n'ont pas réussi à prouver
00:48:37qu'il n'y avait pas
00:48:38leurs combattants
00:48:39comme ils disent
00:48:39les terroristes
00:48:40dans l'hôpital ou au-dessous
00:48:41et dans les tunnels
00:48:42première chose
00:48:43deuxième chose
00:48:43l'hôpital qui a été ciblé
00:48:45hier et ce matin
00:48:46pardon à 7h du matin
00:48:47en Israël
00:48:48abritait que des civils
00:48:49et là
00:48:50on a vu le Guardian
00:48:51étonnant
00:48:52qui a repris d'ailleurs
00:48:53qui a été repris un peu partout
00:48:54dans le monde
00:48:54en disant
00:48:54ah non il n'y a pas que des civils
00:48:56comme si on devait justifier la frappe
00:48:57il y avait aussi des militaires israéliens
00:49:00blessés
00:49:00et là pareil
00:49:02dans le roi de la guerre
00:49:03un militaire israélien blessé
00:49:04c'est une personne qui est blessée
00:49:05et à ce moment là
00:49:07pardon
00:49:07le Guardian veut justifier la frappe
00:49:09la frappe
00:49:09mais l'Iran même dit
00:49:11qu'il n'a pas visé l'hôpital
00:49:12enfin on va dire
00:49:13qu'il y a des hasards
00:49:14on va dire qu'il tombe bien pour l'Iran
00:49:15moi je n'ai jamais cru au hasard
00:49:16n'oublions pas qu'en plus
00:49:18les missiles qu'ils ont tirés
00:49:19depuis hier
00:49:20sont des missiles téléguidés
00:49:21donc si les premiers missiles
00:49:23au démarrage
00:49:23étaient un petit peu
00:49:24au bonheur
00:49:25au petit bonheur la chance
00:49:25en espérant que ça fasse le plus de victimes civiles
00:49:27puisque aucun objectif militaire
00:49:29n'était ciblié volontairement
00:49:30ils voulaient faire
00:49:31plein de morts civiles
00:49:32de toute façon ils disent
00:49:33qu'ils veulent exterminer Israël
00:49:34depuis 46 ans
00:49:35il faut finir par les croire
00:49:3646 ans
00:49:37il faut de la suite dans les idées
00:49:38ils l'ont montré ce matin
00:49:39en visant cet hôpital
00:49:40et derrière
00:49:41le rétropédalage
00:49:42en justifiant
00:49:43en disant
00:49:43mais il y avait des militaires dedans
00:49:44comme si ça justifiait le fait
00:49:46de bombarder un hôpital
00:49:47où il y a eu un miracle
00:49:48puisqu'hier soir
00:49:48il y avait des familles
00:49:49avec des enfants
00:49:50qui ont été évacués
00:49:51en prévention
00:49:52et on pourrait appeler ça un miracle
00:49:54donc moi je crois plus au miracle
00:49:55de ce qui s'est passé hier soir
00:49:56qu'au hasard
00:49:57de l'Iran
00:49:57qui frappe comme par hasard
00:49:58un hôpital
00:49:59en précisant
00:50:00qu'il y a des militaires dedans
00:50:03ce qui est absolument immonde
00:50:03comme...
00:50:04Franck Tapirou
00:50:05lorsqu'on regarde
00:50:06ces 25 dernières années
00:50:09on en parle avec Mathieu
00:50:11on en parle depuis le début de la semaine
00:50:12cela fait longtemps
00:50:14qu'Israël menace
00:50:16de répondre à l'Iran
00:50:18que l'Iran menace
00:50:19de rayer Israël
00:50:20sur la carte
00:50:21là apparemment
00:50:23bon là tout le monde est passé
00:50:24on va dire à l'action
00:50:25mais est-ce que vous croyez
00:50:27réellement
00:50:28en la chute des Mullah
00:50:29du régime des Mullah
00:50:30je le crois
00:50:31mais surtout je l'espère
00:50:32je l'espère pas seulement
00:50:33pour Israël
00:50:34et le peuple israélien
00:50:35je l'espère pour le peuple
00:50:37perse
00:50:37pour les Iraniens
00:50:38pour les 90 millions
00:50:40d'Iraniens
00:50:40qui vivent
00:50:41sous le joug des Mullah
00:50:42depuis 46 ans
00:50:44je l'espère aussi
00:50:45pour la région
00:50:46je l'espère pour
00:50:47tous les pays du monde
00:50:48qui ont eu à souffrir
00:50:49du terrorisme islamique
00:50:50par leur proxy
00:50:51que ce soit
00:50:51les Cardinals de la Révolution
00:50:53le Hamas
00:50:54que ce soit
00:50:55le Hezbollah
00:50:55et d'autres partout dans le monde
00:50:56arrêtons de nous cacher
00:50:58derrière notre petit doigt
00:50:58une forme de naïveté
00:51:00de bien-pensance
00:51:00encore une fois
00:51:02vouloir négocier
00:51:02avec des terroristes
00:51:03ça n'existe pas
00:51:04ce qui est bizarre
00:51:05c'est qu'on pense
00:51:05aujourd'hui peut-être
00:51:06à négocier
00:51:07mais avec Hitler
00:51:08est-ce qu'on l'a fait
00:51:09avec les nazis
00:51:10est-ce qu'on l'a fait
00:51:10il y a eu la paix
00:51:11uniquement parce qu'on a
00:51:12éradiqué les nazis
00:51:14c'était le prix à payer
00:51:15c'était les conditions
00:51:16pour que la paix en Europe
00:51:17ce qui a fonctionné
00:51:17puisse le faire
00:51:18il n'y aura pas de paix
00:51:20aux proches
00:51:20au Moyen-Orient
00:51:21tant que les mollas
00:51:22seront là
00:51:23en plus c'est la tête
00:51:24de la pieuvre
00:51:25on sait très bien
00:51:26que ce sont eux
00:51:26qui financent
00:51:27qui organisent
00:51:28tout le terrorisme
00:51:29partout dans le monde
00:51:29le trafic de drogue
00:51:30etc
00:51:30donc il faut se battre
00:51:32aux côtés d'Israël
00:51:34et non pas contre Israël
00:51:35ou en attendant
00:51:36de voir ce qui va se passer
00:51:36parce qu'on va rater
00:51:38le train de l'histoire
00:51:38et moi je le souhaite
00:51:39vraiment pour les Iraniens
00:51:40et ils le souhaitent
00:51:41eux je peux vous le dire
00:51:42malgré les bombardements
00:51:43se battre aux côtés
00:51:45d'Israël
00:51:46que pensez-vous
00:51:47de la position diplomatique
00:51:48de la France
00:51:49alors c'est simple
00:51:50on est passé du en même temps
00:51:51au moonwalk
00:51:52le moonwalk
00:51:53vous savez c'est la danse
00:51:54de Michael Jackson
00:51:55qu'il a inventé
00:51:56il y a une quarantaine d'années
00:51:57où il fait croire
00:51:57qu'il avance
00:51:58et en fait il recule
00:51:58et c'est exactement ça
00:52:00ce qui se passe aujourd'hui
00:52:01on a une France
00:52:02qui dit au début
00:52:02nous nous battons
00:52:04pour le droit de défense
00:52:05d'Israël
00:52:06le droit d'Israël
00:52:08à se défendre
00:52:08c'est important
00:52:09et dans le même temps
00:52:10on recule
00:52:10on vient mettre
00:52:12un tchador noir
00:52:12autour des stands
00:52:13du Bourget
00:52:15on vient dire
00:52:16qu'Israël
00:52:17n'a pas le droit
00:52:17de bombarder
00:52:18des choses
00:52:18qui sortiraient
00:52:19du cadre nucléaire
00:52:20mais en fait
00:52:20on donne des leçons
00:52:21à Israël
00:52:22qui non seulement
00:52:23ont fait une mission
00:52:23existentielle
00:52:24pour nous en France
00:52:25on a oublié
00:52:26nous les morts
00:52:26que l'Iran a provoquées
00:52:27on a oublié
00:52:28les morts du 7 octobre
00:52:29les morts français
00:52:30on a oublié
00:52:31les morts
00:52:31de tous les attentats
00:52:32en France
00:52:32pilotés
00:52:33financés
00:52:34organisés
00:52:34par l'Iran
00:52:35donc c'est bizarre
00:52:36qu'on ait cette amnésie
00:52:37volontaire
00:52:38donc moi j'aimerais
00:52:39qu'on arrête
00:52:40ce moonwalk
00:52:40et vraiment ce moonwalk
00:52:41c'est joli sur une scène
00:52:42mais il faut beaucoup de talent
00:52:44parce que ce moonwalk
00:52:45n'en a pas de talent
00:52:46parce qu'on est en train de
00:52:47moi je vais vous dire
00:52:47franchement en tant que français
00:52:48vous savez à quel point
00:52:49je me bats pour la France
00:52:50moi j'ai honte
00:52:51j'ai honte
00:52:52quand je vois cette attitude
00:52:53de lâcheté absolue
00:52:54laisser ce petit pays
00:52:56je vous ai dit
00:52:56ce tout petit pays
00:52:57se battre pour nous
00:52:58on lui tape dessus
00:52:59du matin au soir
00:53:00on lui met la pression
00:53:00que sur Israël
00:53:02quand j'entends les gens
00:53:02même pour Gaza
00:53:03mettre la pression
00:53:04sur Israël
00:53:04et pas sur Hamas
00:53:05mais on se croit où
00:53:08vraiment
00:53:08on se croit où
00:53:08moi j'ai honte
00:53:09en tant que français
00:53:10il faudrait que
00:53:10l'opinion se réveille
00:53:11qu'on soit de gauche
00:53:12de droite
00:53:13c'est un faux problème
00:53:13même si l'extrême gauche
00:53:14s'instrumentalise
00:53:15mais aujourd'hui
00:53:16Israël se bat pour nous
00:53:17pour nos valeurs
00:53:18et pour notre avenir
00:53:18une dernière question
00:53:20en 10 secondes
00:53:21je vais essayer
00:53:22comment voyez-vous
00:53:23l'Israël d'après
00:53:25l'Israël d'après
00:53:26c'est la paix
00:53:27c'est Shalom
00:53:28le Shalom
00:53:28le Salam
00:53:29c'est la paix avec ses voisins
00:53:30c'est la paix aussi sociale
00:53:33la paix politique
00:53:33vous savez il faut se réinventer
00:53:35Israël c'est un jeune pays
00:53:36on sait très bien
00:53:37que leur constitution
00:53:38ils en ont pas
00:53:38ils ont des lois fondamentales
00:53:40ils ont encore
00:53:41une problématique
00:53:42sur la proportionnelle intégrale
00:53:43qui je pense
00:53:44provoque
00:53:45cette espèce
00:53:45de position politique
00:53:48impossible
00:53:49vous êtes obligé
00:53:49de pactiser avec vos ennemis
00:53:51donc il y a plein
00:53:52de révolutions internes
00:53:52à faire
00:53:53et puis la paix
00:53:54viendra
00:53:54quand il n'y aura plus
00:53:55les mollahs
00:53:56qu'il n'y aura plus
00:53:56les islamistes
00:53:57moi j'y crois vraiment
00:53:58et les accords d'Abraham
00:53:59seront un moteur
00:54:00je pense formidable
00:54:01pour amener la paix
00:54:01dans cette région
00:54:02la paix toujours espérée
00:54:03toujours
00:54:04jamais arrière
00:54:05restez avec nous
00:54:07si vous voulez bien
00:54:07Franck Capirot
00:54:08parce qu'on va
00:54:08vous qui avez un regard
00:54:11très pointu
00:54:12sur les médias français
00:54:13il s'est passé
00:54:15quelque chose
00:54:15d'exceptionnel hier soir
00:54:16à la télévision
00:54:18sur le service public
00:54:19Mathieu Bocoté
00:54:20en fait
00:54:21c'est la vidéo virale
00:54:22du moment
00:54:23du passage
00:54:24de Rachida Dati
00:54:26sur C'est à vous
00:54:27sur France 5
00:54:28qui s'en est pris
00:54:29fermement
00:54:29à Patrick Cohen
00:54:30en mentionnant
00:54:31à l'antenne
00:54:32un dossier
00:54:33à charge
00:54:34mené contre lui
00:54:35par Mediapart
00:54:36au-delà de la polémique
00:54:38du moment
00:54:38Mathieu
00:54:39que dit cette scène
00:54:40d'une rudesse
00:54:41à laquelle nous ne sommes
00:54:42pas réellement habitués
00:54:44Ah c'est le moins
00:54:45qu'on puisse dire
00:54:45alors on peut
00:54:46on peut visionner
00:54:48évidemment sur les réseaux
00:54:49sociaux la scène
00:54:49en gros Patrick Cohen
00:54:50mène son interview
00:54:52il l'amène de manière
00:54:53assez agressive
00:54:54et Rachida Dati
00:54:56plutôt que de jouer
00:54:56le rôle
00:54:57du politique
00:54:58consentant
00:54:59se faire tabasser
00:55:00par un journaliste
00:55:01qu'on cherche à faire
00:55:02passer pour objectif
00:55:03décide de
00:55:04contre-attaquer
00:55:05elle décide de
00:55:06contre-attaquer
00:55:06cela dit
00:55:07et je reviens tout de suite
00:55:08il y a différents modes
00:55:09de contre-attaque
00:55:10elle ne contre-attaque pas
00:55:11en attaquant par exemple
00:55:12seulement la crédibilité
00:55:13de Cohen
00:55:14elle ne le contre-attaque pas
00:55:16en remettant en question
00:55:17par exemple
00:55:17le fait qu'il soit
00:55:17biaisé idéologiquement
00:55:19ou biaisé politiquement
00:55:20elle contre-attaque
00:55:21sur le mode un peu menaçant
00:55:22c'est-à-dire
00:55:23vous savez
00:55:23il y a une enquête
00:55:24de Mediapart
00:55:24et on pourrait décider
00:55:25d'ouvrir sur vous
00:55:26demain
00:55:27une enquête
00:55:28parce que vous êtes
00:55:28par exemple
00:55:29vous pratiquez le harcèlement
00:55:30au travail
00:55:30vous êtes très agressif
00:55:31au travail
00:55:32vous ne respectez pas
00:55:33vos collaborateurs
00:55:33et ainsi de suite
00:55:34donc non seulement
00:55:35elle contre-attaque
00:55:37ce qui est une chose
00:55:37mais elle se fait
00:55:39menaçante
00:55:39ce qui désarçonne
00:55:41complètement Cohen
00:55:42dans les circonstances
00:55:43et qui ouvre
00:55:44une polémique
00:55:45d'une autre nature
00:55:46c'est-à-dire que
00:55:47vous l'avez mentionné
00:55:47en tout début d'émission
00:55:48France Télévisions
00:55:49décide de se porter
00:55:50à la défense de Cohen
00:55:52mais contre
00:55:53dans les circonstances
00:55:54Rachida Dati
00:55:54qui est la ministre
00:55:55de tutelle
00:55:56donc on est
00:55:57d'une forme
00:55:57de guerre civile
00:55:58à l'intérieur
00:55:59d'un même environnement
00:56:00cela dit
00:56:01pardonnez-moi
00:56:03cela dit
00:56:03donc il y a une dimension
00:56:04particulière ici
00:56:05d'autant que
00:56:06Mme Dati
00:56:06utilise l'argument
00:56:07Mediapart
00:56:07alors on peut considérer
00:56:09légitimement que
00:56:10Mediapart
00:56:10c'est du journalisme
00:56:12de vie d'ordure
00:56:13je le dis en tout respect
00:56:14c'est du journalisme
00:56:15de caniveau
00:56:16ça consiste normalement
00:56:17à faire un dossier
00:56:18à charge contre quelqu'un
00:56:19pour détruire sa réputation
00:56:20et plusieurs ont suivi
00:56:22dans l'histoire
00:56:22les attaques de Mediapart
00:56:24donc il est étonnant
00:56:25qu'une ministre de droite
00:56:26s'empare de la référence
00:56:27à Mediapart
00:56:28pour déconstruire quelqu'un
00:56:29mais on dira peut-être
00:56:30gauche contre gauche
00:56:30finalement ils finissent
00:56:31par s'entretuer
00:56:32cela dit
00:56:33est-ce que c'était
00:56:34vraiment la première fois
00:56:35qu'il y a une forme
00:56:36de contre-attaque
00:56:37contre un journalisme
00:56:38agressif
00:56:39je rappellerai
00:56:40deux ou trois événements
00:56:41relativement récents
00:56:42premier élément
00:56:43rappelez-vous
00:56:44cette scène
00:56:45entre Sarah Knafow
00:56:46et Benjamin Duhamel
00:56:47une scène
00:56:48où Benjamin Duhamel
00:56:48dit est-ce que vous n'êtes
00:56:49pas un peu privilégié
00:56:51en vous projetant
00:56:52dans la liste européenne
00:56:53vous parce que
00:56:54vous êtes la compagne
00:56:55d'Éric Zemmour
00:56:55femme de et fils de
00:56:56et là soudainement
00:56:57elle répond
00:56:57et vous vous avez profité
00:56:59d'aucun avantage familial
00:57:00cher monsieur
00:57:01tout le monde
00:57:02avait cette question en tête
00:57:03mais personne
00:57:03n'osait la poser
00:57:04et là elle contre-attaque
00:57:06en disant
00:57:06vous me posez cette question-là
00:57:07je réponds sur le même registre
00:57:08et elle attaque donc
00:57:10elle dit
00:57:11vous avez les mêmes
00:57:12privilèges que moi
00:57:13et là on voit Duhamel
00:57:14désorienté
00:57:15parce que normalement
00:57:16le politique
00:57:17ne se permet pas
00:57:18de contre-attaquer
00:57:18le médiatique
00:57:19sur un autre registre
00:57:20Marion Maréchal
00:57:21qui on lui dit
00:57:22la théorie du grand emplacement
00:57:24la théorie du grand emplacement
00:57:25elle répond
00:57:25l'avez-vous lu
00:57:25est-ce que vous avez lu
00:57:26et là on voit
00:57:27les journalistes
00:57:27qui répétaient en boucle
00:57:28la formule
00:57:29grand emplacement
00:57:29grand emplacement
00:57:30ils étaient complètement
00:57:31désorientés
00:57:32ils n'avaient pas lu
00:57:32on pourrait donner
00:57:34d'autres exemples
00:57:34donc cette idée
00:57:35d'une contre-attaque
00:57:36des médias
00:57:37par les politiques
00:57:38s'impose de plus en plus
00:57:40comme si le rapport
00:57:40de force s'inversait
00:57:42et que le discours médiatique
00:57:43n'était plus vu
00:57:44comme une forme de discours
00:57:45de sainte autorité
00:57:46devant lequel il fallait
00:57:47se plier
00:57:47de manière automatique
00:57:49c'est ce qu'a fait
00:57:49aujourd'hui une contre-attaque
00:57:50mais comme je disais
00:57:51avec une dimension
00:57:52menaçante
00:57:52un peu étonnante
00:57:54Rachida Dati
00:57:55on avait l'habitude
00:57:56de le voir avec
00:57:57Jean-Luc Mélenchon
00:57:58en revanche
00:57:58oui bien sûr
00:57:59vous avez tout à fait raison
00:58:00vous avez souvent dit
00:58:02ici Mathieu
00:58:03qu'il était normal
00:58:04que les politiques
00:58:04ripostent aux journalistes
00:58:06qui se comportent
00:58:06en commissaires politiques
00:58:08avec eux
00:58:08est-ce que c'est pas
00:58:09un bon exemple
00:58:10de cette logique
00:58:11de la contre-attaque
00:58:12en fait là
00:58:12ce que l'on voit
00:58:13aujourd'hui
00:58:14c'est que le récit
00:58:15des médias
00:58:15comme contre-pouvoir
00:58:16ou comme quatrième pouvoir
00:58:17ne tient plus
00:58:18les médias sont
00:58:19le premier pouvoir
00:58:19les médias ont le pouvoir
00:58:21de fixer les paramètres
00:58:22du réel
00:58:23ils décident de l'étiquette
00:58:24qu'ils vont vous coller
00:58:25ils décident de la réputation
00:58:27qu'ils vont chercher
00:58:27à vous faire
00:58:27ce sont les médias
00:58:28qui collent l'étiquette
00:58:29extrême droite
00:58:30droite
00:58:30gauche humaniste
00:58:32gauche très très humaniste
00:58:33bon ça c'est normalement
00:58:34c'est pour ce qui tourne
00:58:35autour de LFI
00:58:35donc les médias
00:58:37ont ce pouvoir immense
00:58:38de définir les paramètres
00:58:39du réel
00:58:40dès lors que les politiques
00:58:42acceptent d'évoluer
00:58:43dans les catégories
00:58:44médiatiques fixées
00:58:45ils sont condamnés
00:58:46à la neutralisation
00:58:48ils sont condamnés
00:58:49à l'effacement
00:58:49parce que vous évoluez
00:58:50dans un environnement
00:58:51qui vous est formellement
00:58:52hostile
00:58:53et dès lors
00:58:54les politiques veulent
00:58:55aujourd'hui
00:58:56et s'appuient sur
00:58:57les réseaux sociaux
00:58:58pour cela
00:58:58s'émanciper justement
00:59:00de ce qu'ils voient
00:59:00comme une forme
00:59:01de tyrannie médiatique
00:59:02donc ça ce qui est intéressant
00:59:04ici c'est qu'ils disent
00:59:04vous n'aurez plus
00:59:05le monopole du récit
00:59:06vous n'aurez plus
00:59:07le monopole du pouvoir
00:59:08qui vient avec la question
00:59:09désormais
00:59:10je vous contre-attaque
00:59:12je nomme votre subjectivité
00:59:13je nomme votre orientation
00:59:15et on pourrait dire
00:59:15que toute figure politique
00:59:17qui accepte de jouer
00:59:18selon les règles des médias
00:59:19sera vaincue
00:59:20c'est presque inévitable
00:59:22vous jouez selon les règles des médias
00:59:23vous serez neutralisé
00:59:25ensuite je le redis
00:59:26contre-attaquer idéologiquement
00:59:28nommer les biais
00:59:29nommer l'orientation
00:59:30nommer le militant
00:59:31c'est des médias
00:59:31c'est une chose
00:59:32menacer de les poursuivre
00:59:35c'en est une autre
00:59:35c'est curieux quand même
00:59:38que Patrick Cohen
00:59:39ait été complètement bloqué
00:59:41parce que
00:59:41en fait en gros
00:59:42c'était facile de dire
00:59:43que Mediapart
00:59:44c'est un tribunal médiatique
00:59:45mais ce n'était pas
00:59:46un tribunal tout court
00:59:46et il n'y a pas eu de plainte
00:59:47apparemment
00:59:48donc c'est bizarre
00:59:49qu'il ait été complètement
00:59:49bloqué
00:59:51en arrêt sur image
00:59:52et je pense que c'est
00:59:52aussi ce blocage
00:59:54qui joue un peu aussi
00:59:55contre lui
00:59:55et qui a fait de Rachida Letty
00:59:57quelqu'un qui finalement
00:59:58venait l'agresser
01:00:00sur quelque chose
01:00:01qui a l'air de l'arranger
01:00:02c'est une séquence
01:00:03épouvantable
01:00:04on termine
01:00:05merci Franck Tapirod
01:00:07merci à vous
01:00:07on termine avec cette information
01:00:10que je vous ai donnée
01:00:10il y a quelques instants
01:00:12Donald Trump
01:00:13prendra une décision
01:00:14sur l'Iran
01:00:15au cours des deux
01:00:16prochaines semaines
01:00:17merci à tous
01:00:18l'heure des pros de Pascal Praud
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