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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:0019h, ravie de vous retrouver ce soir pour Face à l'Info.
00:04Au sommaire ce soir, Stéphie Alexandrian, victime d'inceste, lance un cri dans son livre
00:12« Les violences qui tuent l'enfance ».
00:14Elle brise le silence sur l'inceste qu'elle a subi de son père.
00:19Son petit frère Karl s'est suicidé à 12 ans, sa mère aussi.
00:23Devenue militante et étudiante en droit, elle dénonce une justice défaillante
00:28et il se bat pour mieux protéger les enfants.
00:30Un témoignage bouleversant qui interpelle la société entière.
00:34Stéphie Alexandrian est l'invité de Face à l'Info ce soir.
00:39Alors que les derniers sondages placent le Rassemblement national largement en tête
00:43au premier tour de la présidentielle 2027 avec Jordan Bardella ou Marine Le Pen autour de 33-35%,
00:50près d'un électeur suant deux semble être prêt à voter RN dans certaines configurations.
00:56selon une étude de la Fondation Jean Jaurès.
00:59À un an du scrutin, le paysage politique français bascule.
01:03La montée du RN devient un fait majeur que plus personne ne peut ignorer.
01:09L'analyse de Gabriel Cluzet.
01:11L'aile François 1er du château de Chambord, près de Blois, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO,
01:18se dégrade dangereusement.
01:20Il manque des millions pour la sauver.
01:23Pourtant, l'offre généreuse du Puy-du-Fou, près de 100 millions d'euros,
01:27et son expertise a été rejetée par l'État.
01:31Priorité à l'indépendance culturelle ?
01:34Ce refus interroge.
01:35Quand le patrimoine est en péril, faut-il vraiment refuser des mains tendues
01:39le décryptage de Charlotte Dorme-Lasse ?
01:42François Ruffin voulait réparer la France fracturée avec sa BD.
01:46Picardie Splendor, sorti le 7 mai, il se met en scène en député-reporteur-sauveur des précarités.
01:54Résultat, une tempête à gauche.
01:56L'extrême-gauche LFI l'accuse de paternalisme white-sevior en se dressant en héros blanc.
02:02LFI l'accuse de scènes stéréotypées, de privilégier la pacification sur l'antiracisme militant.
02:09Lui, assume, on en parle, le regard de Marc Mouna.
02:12Et puis, personne n'en parle, mais en Espagne, Pedro Sánchez a été sanctionné dans les urnes
02:17lors des élections régionales en Andalousie.
02:20Le PSOE de Pedro Sánchez enregistre son pire score historique avec seulement 28 sièges.
02:25En quoi est-ce un nouveau signal d'alarme pour la gauche espagnole à un an de législative ?
02:30La vague conservatrice continue.
02:32L'analyse de Michel Fayad.
02:35Voilà une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou.
02:38C'est parti.
02:51C'est une note de la Fondation Jean Jaurès sortie vendredi, mais dont personne ne parle.
02:56Et nous allons nous arrêter sur cette note.
02:59Ce soir, près d'un électeur sur deux se déclare prêt à voter RN aux prochaines élections.
03:05C'est un chiffre bien supérieur à tous les autres partis.
03:10Cette note montre que le RN est devenu un parti attrape-tout, avec une sociologie très diverse,
03:16qui dépasse largement son électorat historique.
03:19Quelles parades peuvent imaginer ses adversaires alors que 2027 se profile, Gabriel Cluzel ?
03:25Alors précision, tout d'abord que rien n'est joué pour le RN, évidemment.
03:28Tout peut arriver.
03:30La probabilité d'aller voter RN, pour exprimer par un français sur deux, dont la Fondation Jean Jaurès se fait
03:36l'écho,
03:37est de l'ordre de 50%.
03:38Donc elle n'est pas certaine.
03:40Mais le fait que tant d'électeurs l'envisagent est en soi révélateur.
03:45C'est révélateur de la mise hors service de la diabolisation.
03:48Vous savez, c'est cette technique mise en place par François Mitterrand il y a plus de 40 ans.
03:53« La bête immonde ne fait plus peur ».
03:55C'est l'illophantisation du Rassemblement national.
03:59C'est devenu le monstre gentil, Casimir.
04:03Le plus grand symbole de cette page tournée, c'est que le nouveau maire de Carpentras et RN,
04:08vous vous souvenez, Carpentras qui avait été, après des événements sordides,
04:12le lieu d'une manifestation immense avec à la tête le chef de l'État.
04:16Donc le maire de Carpentras, c'est Hervé de l'épinot.
04:19Donc si la diabolisation est morte et enterrée,
04:21en toute logique, c'est mécanique, le cordon sanitaire l'est aussi.
04:25Parce qu'il ne fonctionne qu'avec la bête immonde.
04:26Nous sommes d'accord.
04:28Donc sinon, l'alliance de la carpe et du lapin ne se justifie pas.
04:32Plus de monstre, plus de barrage.
04:33Ça, c'est le premier renseignement.
04:35Il va donc falloir trouver autre chose.
04:37De même, l'hypothèse judiciaire, ce qu'on peut rappeler la fillonnade,
04:42eh bien, il faut oublier.
04:44Marine Le Pen attend le verdict de son procès.
04:46Et on ne sait pas qui, entre son poulain et elle, se présentera.
04:50On ne le saura que le 7 juillet, sauf erreur de ma part.
04:52Mais cela ne trouble pas les électeurs.
04:55Donc visiblement, ils votent pour un projet au-delà d'une personne.
04:58Alors la Fondation Jean Jaurès, elle réfléchit.
05:00Elle a fait des préconisations.
05:02Elle recommande de s'attaquer à l'économie.
05:04Vous allez voir pourquoi.
05:05Antoine Bristiel, qui est la cheville ouvrier de ce rapport, il dit, voilà.
05:09Si le RN n'est à l'heure actuelle pas beaucoup combattu sur ce terrain,
05:13les autres partis politiques auraient pourtant tout intérêt
05:16à mettre le parti de Marine Le Pen, je le cite,
05:19Desjordan Bardella, devant ces contradictions économiques.
05:23Alors, attention, ce n'est pas tout à fait comme avant.
05:25Non, parce qu'il ne dit pas que le RN serait nul sur le plan économique.
05:29C'est un couplet que l'on entendait beaucoup avant.
05:31Vous voyez, c'est juste après le refrain de la Betty Monde.
05:33Vous vous souvenez de toute la chanson.
05:35Eh bien, on nous disait, le RN va nous emmener dans le mur.
05:38Mais cette petite musique ne fonctionne plus pour la bonne raison
05:41qu'ils ne peuvent pas nous emmener dans le mur.
05:42Nous y sommes déjà.
05:44Donc, avec plus de 3 500 milliards de dettes,
05:48une économie dans les chaussettes,
05:49une industrie en ruine, une agriculture en déroute,
05:51des anciennes emblématiques qui ferment les unes derrière les autres
05:54et même un taux de chômage qui remonte.
05:56Le Mozart de la finance nous a composé un récuém en ré mineur
06:00pour l'économie française.
06:01Donc, pour donner des leçons dans ce domaine,
06:03c'est un peu compliqué.
06:04Mais ce n'est pas ce qu'avance Antoine Bristel.
06:07Lui, il dit,
06:09l'électorat RN est divisé sur la question économique
06:12et c'est donc là qu'il faut les forcer à dévoiler leur batterie
06:15pour susciter des divisions internes.
06:17C'est ce que l'on comprend.
06:18Qu'ils ne puissent pas tenir les quatre coins de leur électorat.
06:20Alors, pourquoi les quatre coins ?
06:22Parce que la Fondation Jean Jaurès, elle divise l'électorat RN en quatre familles.
06:26Et il note un hiatus entre, d'une part, un électorat qui souhaite qu'on laisse la bride sur le
06:32cou aux entreprises,
06:33qu'on leur fasse confiance pour redresser le pays.
06:35Et puis d'autres qui souhaitent que l'État soit interventionniste.
06:39Alors, quelles sont ces quatre familles définies par la Fondation Jean Jaurès ?
06:44Ces familles qui votent, qui voteraient ?
06:47Qui voteraient ou qui émettent l'hypothèse de voter RN.
06:50Alors, il y en a deux qu'ils qualifient d'historiques.
06:53L'une qu'ils appellent la France oubliée.
06:55C'est, pour faire vite, la part populaire de l'électorat, ce que l'on appelle le RN du Nord.
07:01Et puis, il y a les libéraux identitaires, ce qu'on appelle le RN du Sud,
07:06qui ont parfois voté Éric Zemmour au premier tour, aux dernières présidentielles.
07:11Et puis, il note deux familles nouvelles, moins fidélisées.
07:14Alors, d'abord, ce qu'il appelle la famille glissante, moins politique,
07:18plus éparpillée politiquement, plus hésitante, mais qui tend à se rapprocher du RN.
07:25Et puis, il y a ce qu'il appelle la droite radicale, on le voit sur le petit camembert, radicale
07:30opportuniste.
07:31Alors, plus parisienne, des grandes métropoles, une catégorie, moi, je trouve un petit peu plus artificielle
07:35parce qu'elle ressemble beaucoup aux libéraux identitaires.
07:38La seule différence, c'est qu'elle pourrait peut-être être plus facilement attirée
07:41par un candidat de droite forte qui se présenterait face au RN.
07:46Alors, il dit, donc la Fondation Jean Jaurès nous dit,
07:48ben voilà, le problème, c'est qu'entre ces quatre groupes, le problème pour le RN,
07:50c'est que la conception de l'économie ne serait pas la même.
07:55Alors, on peut de fait se poser la question, sont-ils irréconciliables sur le plan économique ?
07:59Alors, à première vue, oui, parce que vous voyez, on garde toujours un prisme très lutte des classes dans notre
08:04pays.
08:04Donc, on se dit, ils ne font pas partie de la même catégorie socio-professionnelle.
08:09Mais à y réfléchir, ce n'est pas si certain.
08:12Parce que, comme le dit la Fondation Jean Jaurès, tous déjà sont contre l'assistanat.
08:17Même l'électorat le plus populaire, c'est la France qui travaille, il est pour la redistribution.
08:21Mais il a conscience que le camembert redistributif, le gâteau social, n'est pas infini.
08:25Et donc, il se dit, ben, il ne faut pas le disperser à tous les vents.
08:29Et par ailleurs, même les CSP+, les classes moyennes supérieures, s'inquiètent pour leurs enfants.
08:33Et ça, c'est assez nouveau.
08:35Il y a une inquiétude économique forte.
08:37Vous savez, on a toujours considéré qu'en France, l'ascenseur social faisait en sorte
08:40que les enfants franchissaient une marge supplémentaire comparée aux parents.
08:45Ils progressaient en confort.
08:47Or, l'ascenseur n'est pas seulement en panne, c'est devenu un toboggan.
08:51C'est un décenseur, si l'on peut dire.
08:53Donc, en réalité, les ouvriers, les agriculteurs ont pris de plein fouet la mondialisation.
08:58Mais les victimes suivantes, c'est les classes moyennes, le secteur tertiaire.
09:02Parce que, sans même parler de l'IA, le télétravail permet de faire bosser des ingénieurs
09:06ou des programmateurs, des informaticiens indiens qui coûtent beaucoup moins cher, par exemple.
09:10Ça, c'est la délocalisation de l'intérieur.
09:12Donc, cet électorat est libéral, mais à la façon, en réalité, asiatique ou américaine.
09:17C'est-à-dire qu'il veut libérer l'entreprise à l'intérieur, mais le protéger de la concurrence extérieure.
09:21C'est un libéralisme national, donc qui veut défendre les intérêts nationaux face à la mondialisation.
09:27Et en cela, ils peuvent être, d'une certaine façon, d'accord.
09:29Et puis, on peut rajouter qu'ils sont aussi d'accord sur la fiscalité.
09:33Parce que, vous savez, pourquoi les classes populaires sont les premières à hurler
09:36quand on parle de supprimer l'argent liquide ?
09:40Et vraiment, ça susciterait une révolte, je pense.
09:43Certains tournent autour.
09:44Eh bien, c'est une petite liberté d'échange, hors de toute fiscalité,
09:48qui considère-t-il leur appartient.
09:52Il est un point, quand même, que cette mondialisation, qui met les quatre points d'accord.
09:58C'est l'immigration.
09:59Oui, voilà.
10:00Il y a un point qui met toutes les familles.
10:01Exactement.
10:02Alors, c'est une inquiétude partagée par tous.
10:04Vous savez, on disait souvent lors des élections précédentes,
10:07ah oui, non, le sujet majeur, c'est le pouvoir d'achat pour les classes populaires, comme on dit.
10:13Mais c'est vrai, c'est vrai, mais ça vient en premier.
10:16Mais dans le registre des inquiétudes, juste derrière, et en fait, c'est lié,
10:19eh bien, il y a l'immigration, qui n'est donc pas décorrélée des problèmes économiques.
10:24Et avec des vraies inquiétudes aussi culturelles.
10:27Vous savez, quand Hayange se fait traiter de raciste ou de fasciste pour sa fête du cochon,
10:32ça ne fait pas plaisir aux habitants.
10:34Vous vous en doutez, puisqu'on parle de la fondation Jean Jaurès.
10:36Vous savez, il y a une phrase de Jean Jaurès qui est connue.
10:39Marc, je suis sûr qu'il la connaît.
10:41« A celui qui n'a rien, la patrie est son seul bien. »
10:43On leur enlève leur héritage culturel.
10:45C'est le seul héritage qu'ils n'aient jamais reçu.
10:47Et rajoutons que l'insécurité touche tous les milieux,
10:50mais vraiment tous les milieux.
10:51Si je nomme Philippine, Elias, Thomas, Théo, Timothy,
10:55il y en a encore bien d'autres,
10:56ils appartenaient tous à des milieux différents.
10:59Mais leur famille communie dans le même sentiment d'injustice et le même chagrin.
11:05Alors, les opposants au RN se heurtent en réalité à deux difficultés.
11:09La première, c'est l'argument OPE.
11:12Vous savez, c'est l'acronyme de « on peut essayer ».
11:15Tous les autres partis ont été au gouvernement.
11:18Donc sur eux, il pèse une présomption d'insincérité et d'impuissance.
11:22Autrefois, il n'y a pas si longtemps,
11:23c'était un handicap de ne pas être allé dans un gouvernement.
11:26On se disait que c'était des amateurs, des touristes,
11:27qui ne connaissent bien rien au dossier.
11:30Mais aujourd'hui, si vous avez fait partie d'un gouvernement,
11:31vous êtes carbonisé.
11:32Même Mélenchon, finalement, Jean-Luc Mélenchon,
11:35qui est un ancien socialiste,
11:37il a été ministre délégué sous Lionel Jospin.
11:40Et puis l'autre sujet,
11:41et que souligne la Fondation Georges Haurès,
11:43et c'est très intéressant,
11:45puisque l'on parle de LFI,
11:46c'est que la gauche doit avoir du mal à lutter
11:49contre le problème,
11:50parce qu'elle fait elle-même partie du problème.
11:52Elle a un effet repoussoir.
11:54La Fondation Georges Haurès dit par exemple
11:56que la famille glissante,
11:57qui est la plus hésitante,
11:58qui rejoint le RN,
11:59mais elle n'est pas très politique,
12:01eh bien l'épouvantail,
12:03c'est la France insoumise.
12:05Donc LFI, c'est la France du grand soir,
12:08et elle fédère face à elle
12:09la France du petit matin,
12:11celle qui se lève tôt,
12:12la France qui détruit face à celle qui construit,
12:14stricto sensu,
12:15parce que la France qui détruit,
12:17on le voit régulièrement,
12:18j'ai avec les antifas.
12:20Alors l'argument qui fonctionne encore,
12:22peut-être on peut le dire,
12:23c'est commun à tous les opposants,
12:26d'ailleurs du clan macroniste à LFI,
12:29c'est celui du chaos,
12:30c'est-à-dire l'incapacité pour le RN
12:33de mener une politique à bien
12:35parce qu'il va arriver le chaos.
12:37Déjà Emmanuel Macron disait,
12:39vous vous souvenez au dernier présidentiel,
12:40c'est moi ou le chaos.
12:42Alors,
12:43ce n'est pas le chaos que s'aimerait le RN lui-même,
12:46c'est ça qui est assez curieux,
12:47c'est comme dans les universités
12:48quand on annule une conférence.
12:50On ne l'annule pas
12:50parce que le conférencier va mettre le bazar
12:53et tout casser.
12:54On l'annule parce que face à lui,
12:56l'extrême gauche va tout casser,
12:57donc c'est lui qui est puni
12:58et on annule la conférence.
13:00Là,
13:01c'est un peu pareil,
13:01l'extrême gauche et les syndicats
13:03agitent cette peur.
13:04On dit aux Français,
13:05si vous votez pour le RN
13:06et qu'il arrive au pouvoir,
13:07ça va être une catastrophe dans la rue.
13:09Donc,
13:10ça peut jouer de fait sur ces deux Frances,
13:12celles qui seraient tentées
13:13pour leur aliment vers le RN
13:15mais qui sont hésitantes.
13:18Et
13:19dans le même temps,
13:20le macronisme fait passer le message
13:22que rien ne sera possible
13:23puisqu'il verrouille les institutions.
13:26Toutes les têtes sont en train
13:26d'être remplacées,
13:27Conseil d'État,
13:28Conseil constitutionnel,
13:30Cour des comptes,
13:30bientôt la Banque de France,
13:31c'est quand même
13:32que le gouverneur de la Banque de France
13:33s'est gentiment désisté
13:34avant la date
13:36pour arranger son ami
13:38et ainsi pouvoir laisser la place
13:41à quelqu'un
13:41et ne pas être nommé
13:43par le gouvernement
13:44qui sera en place
13:44en octobre 2027.
13:45Il devait partir en octobre 2027.
13:47C'est un sujet.
13:47Donc le message conjoint implicite
13:51et on peut terminer par là
13:52du macronisme et de LFI
13:54est simple,
13:54c'est le même.
13:55Vous pouvez toujours les élire,
13:57nous les verrouillerons en haut
13:59par les institutions
14:00et en bas par la rue
14:01en semant le chaos
14:02et c'est sans doute là
14:03leur meilleure parade.
14:05Merci pour cette analyse
14:07de l'étude de la Fondation Jean Jaurès.
14:10Dans un instant,
14:11on reçoit Stéphie Alexandriand,
14:14les violences qui tuent l'enfance
14:17qui viendra témoigner
14:18et dans un instant,
14:19on parlera de l'Espagne
14:20avec Michel Fayad,
14:21notamment.
14:22On marque une pause
14:22à tout de suite.
14:25Retour sur le plateau de face
14:27à l'info.
14:27Dans un instant,
14:28on reçoit Stéphie Alexandriand
14:30pour son témoignage,
14:32victime d'inceste
14:33et on verra son combat
14:34et on aura Michel Fayad
14:37pour parler de l'Espagne,
14:38Marc Menand
14:39pour parler de la BD
14:41exceptionnelle
14:41de François Ruffin,
14:43Charlotte Dornelas
14:44pour parler du Puy du Fou
14:46et du Château de Chambord.
14:47Alors d'abord,
14:48je voulais partager avec vous
14:49une pétition
14:50pour sauver le cœur régional
14:53Vitoria d'Île-de-France.
14:55Après presque 40 ans d'existence
14:58sous la direction
14:58de Michel Picmal,
15:00chef charismatique
15:01qui a porté ce cœur
15:03amateur au plus haut niveau
15:04à Victoire de la Musique,
15:05tournée internationale,
15:06nombreux CD.
15:07Le cœur va être dissous
15:10le 29 mai
15:11par décision du Conseil
15:12d'administration
15:13et de sa présidente
15:15pour des raisons administratives
15:16jugées fallacieuses.
15:18Les choristes,
15:18une soixantaine,
15:20sont sous le choc
15:20et demandent un soutien
15:22pour que ce cœur
15:23puisse continuer.
15:24Je voulais partager avec vous
15:26ce brin de culture
15:27et puis cette pétition
15:30si vous souhaitez soutenir
15:32ce cœur
15:33avec Michel Picmal.
15:36On parlera culture avec vous,
15:37Charlotte Donnellas,
15:38dans un instant.
15:39D'abord,
15:39Michel Fayad,
15:40on part avec vous
15:41en Espagne.
15:42Pendant que tout le monde
15:44fixe leur regard
15:46sur l'Iran,
15:46le détroit d'Ormuz,
15:47il s'est passé quelque chose
15:48dimanche en Andalousie
15:50que personne ne traite vraiment
15:52et qui nous parle directement.
15:54Pedro Sanchez
15:55vient d'essuyer
15:57une humiliation
15:58historique.
16:0033 jours
16:01pile
16:01après avoir signé
16:02la plus grande procédure
16:04de régularisation
16:05de son papier,
16:06on s'en souvient
16:06de l'histoire récente
16:08de l'Europe occidentale.
16:10Expliquez-nous
16:10ce qui s'est passé.
16:12Oui,
16:12le timing des élections
16:13est franchement
16:14très assassin.
16:15Les résultats,
16:17en fait,
16:18ce ne sont pas vraiment
16:18la vraie histoire.
16:19La vraie histoire,
16:20c'est effectivement
16:23cette réaction
16:24régularisation
16:24et on va le voir.
16:26En fait,
16:26cette régularisation
16:27a eu lieu il y a 33 jours.
16:29Les élections
16:30ont eu lieu dimanche
16:31et vous savez,
16:32en Andalousie,
16:33il y a 8,5 millions
16:34d'habitants à peu près
16:35et cette invasion
16:37socialiste,
16:38ça a été un invasion
16:38socialiste pendant 50 ans
16:40jusqu'en 2019
16:42et cette fois-ci,
16:43le parti populaire
16:44de Juanma Moreno
16:46qui est le centre droit
16:47espagnol
16:48est arrivé en tête
16:49avec 53 sièges
16:50sur les 109
16:51que compte ce Parlement
16:52régional.
16:53mais donc pas
16:54la majorité absolue
16:55qui, elle,
16:56a un seuil
16:57à 55 sièges.
16:59Le parti socialiste
17:00de Sanchez,
17:02lui,
17:02s'est effondré
17:03à à peine 22,7%
17:05des voix
17:05et il tombe
17:06à 28 sièges
17:07et en réalité,
17:08c'est Vox
17:09qui en gagne
17:10un petit peu
17:10puisqu'il gagne
17:11un siège
17:11à 15 sièges.
17:12Vox,
17:13vous savez,
17:13c'est ce parti
17:14dit d'extrême droite,
17:15en tout cas
17:15de droite populiste
17:17et qui devient,
17:18lui,
17:18l'arbitre
17:19incontournable
17:20de ce nouveau
17:21Parlement régional
17:22espagnol.
17:23Je fais juste
17:23une petite parenthèse
17:24pour dire que
17:25l'Espagne,
17:25c'est un pays
17:26qui dit,
17:27enfin,
17:27un système
17:27qui dit,
17:28en fait,
17:29autonomique,
17:30c'est-à-dire un système
17:31entre la décentralisation
17:32et le fédéralisme
17:33où, en fait,
17:36toutes les régions
17:37ont leur propre
17:38constitution
17:39dans le cadre
17:40de la constitution
17:41espagnole.
17:41C'est une décentralisation
17:46législative.
17:47Je vais juste
17:48confondre une chose.
17:49La fédération,
17:49c'est une décentralisation
17:50constitutionnelle.
17:51Le régionalisme,
17:52c'est une décentralisation
17:53législative.
17:54Donc,
17:54ils ont leur propre loi,
17:56mais pas justement
17:57leur propre constitution.
17:59Et la candidate
18:00qu'avait envoyée
18:01Sanchez
18:01dans cette région,
18:04c'est sa vice-présidente
18:05du Conseil,
18:06qui est la ministre
18:07également du budget.
18:08Et donc,
18:09c'est une personne
18:09sur laquelle
18:10il comptait énormément,
18:11une figure
18:11très importante
18:12au niveau national.
18:13Et donc,
18:14c'est vraiment une...
18:14Il l'avait envoyée
18:15dans l'espoir
18:16de reconquérir
18:17cette région
18:17qui, comme je le disais,
18:18était pour son parti
18:20pendant 50 ans.
18:21Et ça a été un échec
18:22très important.
18:24Donc,
18:24quand on revient
18:25au 14 avril,
18:26donc les 33 jours
18:26avant les élections,
18:27on se rappelle
18:28qu'effectivement,
18:29Sanchez avait fait
18:30ce décret
18:31qui devrait concerner
18:33entre 500
18:33et 800 000 personnes.
18:35Donc,
18:35ça peut être encore
18:36même plus
18:36que 500 000 personnes.
18:38Les guichets
18:39avaient ouvert en ligne
18:40le 16 avril
18:41et au niveau présentiel
18:43dès le 20 avril.
18:44Et Sanchez avait dit
18:46publiquement,
18:46l'Espagne doit choisir
18:48entre être un pays
18:48ouvert et prospère
18:49ou être un pays
18:50fermé et pauvre.
18:52Eh bien,
18:52un mois après,
18:52les Andalous ont choisi.
18:54Ils ont dit non.
18:56fermés et pauvres.
18:57Comment ?
18:57Non,
18:58je rigole.
18:58Fermés et pauvres.
19:01En tout cas,
19:01ils ont réagi à cela.
19:02Ils ont réagi à cela.
19:04Ils ont répondu
19:05dans les urnes.
19:05Et on ne peut pas dire
19:07que c'est impossible
19:09de ne pas voir
19:09le télescope âgé.
19:11C'est très clair.
19:12Et ce qu'il faut
19:13également dire,
19:14c'est que le sud
19:14de l'Espagne
19:15où se trouve l'Andalousie,
19:16mais aussi,
19:17par exemple,
19:17la Murcie,
19:18les Canaries,
19:19ce sont des régions
19:19qui sont habituellement
19:20justement proches
19:21des socialistes.
19:22Donc,
19:22c'est une vraie défaite
19:23électorale
19:24pour Sanchez.
19:25D'ailleurs,
19:27ce qui est assez surprenant,
19:28c'est que Sanchez
19:30a pris cette décision
19:31un petit peu plus
19:33d'un mois
19:33avant ses élections
19:34à cet endroit-là,
19:35alors même que cette région
19:36subit l'immigration
19:37de plein fouet.
19:38En 2024,
19:39ils ont vu arriver
19:41plus de 64 000 clandestins.
19:43Donc,
19:43ils souffrent en premier lieu.
19:45Ils sont en première loge.
19:46Et il y a eu donc,
19:47quand on leur a annoncé
19:48une procédure
19:49de régularisation massive,
19:51eux ont vu ça
19:52comme étant un acte
19:53non pas un acte
19:54de justice sociale,
19:55mais un acte
19:55d'injustice sociale.
19:57Et en fait,
19:58il y a eu un sondage
19:59qui a été fait en Espagne
20:00même juste avant
20:01les élections
20:01qui montrait
20:02que 57% des Espagnols
20:04disent qu'il y a
20:05trop d'immigrés
20:05dans le pays.
20:07Et Sanchez leur a répondu
20:08« je m'en fiche ».
20:09Et il a fait son décret
20:10et les urnes ont tranché.
20:11Et il y a un certain paradoxe
20:14parce que Sanchez,
20:14il a beau avoir
20:15des discours
20:16pour la régularisation
20:19des sans-papiers,
20:20dans les faits,
20:21il a quand même été
20:21quelqu'un
20:22qui a resserré
20:23un petit peu les vis
20:24puisque,
20:24par exemple,
20:26il a fait chuter
20:27l'immigration
20:27dans les Canaries
20:28de 47 000
20:29à 17 500 personnes,
20:31donc moins 62%
20:32en 2025.
20:33Et bon,
20:34il a fait avec des choses
20:34qu'on ne fait pas en France.
20:36Il a payé 200 millions
20:37d'euros
20:37à Nouakchott,
20:39en Mauritanie.
20:40Il a également payé la Gambie
20:41pour recevoir
20:42donc ses immigrés.
20:44Donc en fait,
20:44ce qu'on n'ose pas faire
20:45en France,
20:45lui, il l'a fait
20:46alors qu'il est plus à gauche.
20:48C'est intéressant de le dire
20:48parce que souvent,
20:49on ne souligne pas ça.
20:50Absolument.
20:51Et puis,
20:51il y a eu le scandale,
20:52vous vous souvenez,
20:52quand Laurent Wauquiez
20:53avait fait la proposition
20:54d'envoyer
20:55certains immigrés
20:56à Saint-Pierre-et-Miquelon
20:57ou quand les Britanniques
20:58voulaient envoyer au Rwanda
20:59ou autre.
21:00Ils ont été choqués.
21:01Exactement.
21:02Et donc,
21:03les Espagnols ont vu
21:04un peu dans l'attitude
21:06de Sanchez
21:07une sorte de double jeu
21:09en régularisant,
21:10en se disant
21:11contre les clandestins,
21:13en diminuant
21:14le nombre de clandestins
21:14et de l'autre côté,
21:15en régularisant
21:17ceux qui sont présents
21:18sur le territoire national.
21:19Parce que vous parlez
21:20d'une chute de 30 000 à peu près
21:21et à côté des 500 à 800 000.
21:23500 à 800 000,
21:23exactement.
21:25Et en réalité,
21:26il y a également
21:27un autre perdant
21:28dans ces élections,
21:29c'est le Parti populaire,
21:30donc ce parti
21:31de centre-droite,
21:32de droite modérée.
21:34Vous savez,
21:35en octobre 2025,
21:37le Parti socialiste,
21:38lui, avait été,
21:40pardon,
21:40le gouvernement régional
21:41avait été secoué
21:42avec donc 2 000 femmes
21:43qui avaient eu
21:44des retards de diagnostic
21:45de cancer du sein.
21:46Il y a eu des démissions,
21:47des plaintes,
21:47des gestions catastrophiques
21:48médiatisées.
21:49Et tout ça,
21:50le Parti populaire
21:51aurait pu en profiter.
21:52Il n'a pas pu en profiter
21:54parce que justement,
21:54il est mou,
21:56il ne tranche pas
21:57sur la question
21:58de l'immigration
21:58et donc il est débordé
22:00par Vox.
22:02Donc,
22:02si le PSOE,
22:04donc le Parti socialiste,
22:05s'est effondré
22:05de manière catastrophique,
22:06le Parti populaire,
22:07lui,
22:07n'en a pas en fait
22:09tiré les profits
22:10jusque-là.
22:12Et il y a une autre chose,
22:14c'est qu'en France,
22:15on regarde un peu
22:16Sanchez
22:17comme étant justement
22:18à gauche,
22:19lui qui a une politique
22:20migratoire justement
22:21ultra-ouverte
22:22avec un effondrement
22:23électoral historique.
22:24À droite,
22:24on a Kerr Steymer,
22:25il a fait une campagne
22:26à gauche,
22:27une gouvernance à droite
22:27sur l'immigration,
22:29il a un durcissement assumé,
22:30il a des centres
22:31de rétention,
22:32des expulsions,
22:32et la France au milieu,
22:34ni l'une ni l'autre,
22:35un flou permanent,
22:36des courbettes en Algérie,
22:37on l'a vu encore hier,
22:38et pour obtenir donc
22:39quelques laissés passés
22:40au compte-gouttes.
22:42Donc,
22:42personne ne s'en sort
22:43un des,
22:43mais l'Espagne
22:45est la première
22:45qui en paye la note.
22:47Donc,
22:48il y a une chose,
22:48c'est que la droite
22:50espagnole,
22:50comme je disais,
22:51elle,
22:51est en train de,
22:53est face en fait
22:54à son destin,
22:55soit elle durcit le ton,
22:57soit elle s'allie
22:58à Vox,
22:59soit elle ne fait rien
23:00telle et elle se fait
23:01complètement déborder
23:02par Vox.
23:03Donc,
23:04on est vraiment
23:04à une période
23:06charnière.
23:06Aujourd'hui,
23:07le Parti populaire
23:08ne peut plus gagner seul
23:09dans plusieurs régions
23:09en Espagne,
23:10notamment en Andalousie,
23:12puisqu'il a besoin
23:13de Vox pour gouverner,
23:14mais également
23:15en Estrema Dure,
23:16en Aragon,
23:16en Castille et Léone.
23:18Et le chef actuel
23:20du Parti populaire
23:20qui s'appelle Feijo,
23:22eh bien,
23:23veut incarner
23:23une droite modérée
23:24en 2027
23:25et ce n'est pas comme ça
23:26qu'il devrait l'emporter
23:27si on en croit
23:27donc le souhait
23:29des Espagnols
23:29qui sont vraiment
23:30à droite.
23:31Et c'est un peu
23:32le piège classique
23:34qu'on observe
23:34en Europe,
23:36notamment en France,
23:37comme vous le savez.
23:39Et...
23:40Est-ce que,
23:42selon vous,
23:43avec tout cela,
23:44Sanchez peut-il survivre ?
23:46Il reste un an
23:47et il vient
23:49d'humilier
23:49sa propre numéro 2
23:51en Espagne.
23:52Oui,
23:53arithmétiquement,
23:54oui,
23:54peut-être.
23:55Il a énormément
23:56survécu jusque-là
23:58grâce à des alliances
23:59parfois un peu
23:59contre-nature
24:00en s'alliant
24:01avec des indépendantistes,
24:02que ce soit
24:03catalans,
24:04basques ou autres.
24:05Il a même
24:06survécu à certains scandales.
24:07Donc,
24:08avec lui,
24:08tout est possible.
24:09Mais tout va dépendre
24:10de voir
24:11si justement
24:12la droite
24:12est,
24:13comme en France,
24:13la droite la plus bête
24:14du monde
24:14ou est-ce qu'elle est capable
24:15de réfléchir un peu plus
24:18et de répondre
24:19vraiment aux aspirations
24:20du peuple.
24:21Est-ce qu'elle peut voir
24:22ce que le peuple voit ?
24:23C'est vraiment là
24:23la question.
24:25Et est-ce que la France
24:26qui est en train
24:27de regarder
24:29l'Espagne s'enfoncer,
24:31est-ce qu'on est en train
24:31de commettre
24:32les mêmes erreurs,
24:33nous,
24:33juste avec un petit peu
24:34de retard en France ?
24:35Oui,
24:35je pense,
24:36mais avec un degré
24:37un petit peu,
24:38disons,
24:38différent.
24:39C'est que nous,
24:40on n'est pas en train
24:40de régulariser
24:41500 à 800 000 personnes.
24:43Par contre,
24:43on accueille 500 000 personnes
24:45chaque année.
24:45Donc,
24:46il y a quand même
24:46une certaine similitude,
24:49notamment aussi
24:50parce que la France,
24:51comme l'Espagne,
24:52est gouvernée sous perfusion
24:54parlementaire,
24:54on n'a pas de majorité stable,
24:56on gère,
24:56on arbitre,
24:57on repousse.
24:58Et tous les sujets
24:59qui intéressent les Français,
25:00c'est-à-dire l'immigration,
25:01l'islamisme,
25:01l'identité nationale,
25:03eh bien,
25:03tout ça est en suspens
25:04des élections de 2027.
25:06Donc,
25:06oui,
25:07il y a quand même
25:07pas mal de similitudes
25:08entre les uns et les autres.
25:10Merci beaucoup,
25:11Michel Fayad,
25:12pour votre regard
25:12sur ce qui s'est passé
25:14en Espagne.
25:14Avant votre chronique,
25:15Marc Menon,
25:16on a appris aujourd'hui
25:17qu'Édouard Philippe
25:17est soupçonné
25:18de détournement
25:19de fonds publics.
25:20qu'un juge d'instruction
25:21va enquêter
25:22sur le maire du Havre.
25:24Je voulais partager aussi
25:25avec vous,
25:26dans le contexte
25:27de la polémique
25:28sur le cinéma,
25:29avec la tribune
25:30Zappé-Bouloré,
25:31la réponse du groupe
25:32Canapus,
25:32la réponse du président
25:34de l'ARCOM,
25:35Martin Hadjari,
25:37président de l'autorité
25:38de régulation
25:39audiovisuelle,
25:39qui a déclaré que,
25:40je cite,
25:41« Tout ce qui va
25:42contre la liberté
25:43d'expression
25:43est un problème.
25:45Nous serons vigilants
25:46au respect
25:46de la diversité
25:47dans le cadre
25:48des obligations
25:49de l'éditeur
25:49et dans le respect
25:50de sa liberté éditoriale. »
25:52Mais d'autre part,
25:53il faut que chacun
25:54redescende un peu
25:55après la vivacité
25:57des polémiques
25:57pour que les intérêts
25:59réciproques
25:59entre Canapus
26:00et les acteurs
26:01du cinéma
26:01trouvent un terrain
26:03d'application.
26:05Voilà pour le président
26:06de l'ARCOM
26:07sur cette polémique.
26:09Marc Menon,
26:10venons-en à ce sujet.
26:11Ce sujet avec
26:12cette bande dessinée
26:13de François Refain
26:14qui fait beaucoup parler
26:15et qui explose
26:16la gauche.
26:18Expliquez-nous pourquoi,
26:19puisque cette bande dessinée
26:20s'appelle
26:22Picardie Splendor.
26:23Elle est sortie
26:23le 7 mai.
26:24Peu de personnes
26:25en parlent
26:26mais elle fait exposer
26:26la gauche.
26:27Expliquez-nous pourquoi.
26:29Alors,
26:29François Refain
26:30s'est dit
26:31« Quelle politique
26:33ne sort pas à l'île ? »
26:35Ce sont des pavés,
26:36souvent indigents.
26:37Il y en a très peu
26:38qui ont du style.
26:40On peut remarquer,
26:41il y a De Villiers
26:41qui a du style
26:42et à Zébourg.
26:43Mais après,
26:43les autres,
26:43c'est vrai,
26:44ça vous tombe
26:44un peu des mains.
26:45Bref.
26:45Alors,
26:46il s'est dit
26:46plutôt que d'avoir
26:48le stylo pâteau
26:50si on faisait
26:51une bande dessinée.
26:53Et cette bande dessinée,
26:54qu'elle soit le reflet
26:56de ce que je vis.
26:57Arrêtons
26:58les grandes déclarations.
26:59Moi,
27:00au quotidien,
27:01je filoche
27:02et je me retrouve
27:03dans des scènes.
27:04Ces scènes,
27:05décidons-les
27:06et montrons
27:07aux uns
27:08et aux autres
27:09ce qu'est la France
27:10aujourd'hui.
27:11Comment on a
27:12un quotidien ?
27:13Un effet miroir.
27:15Alors,
27:15ce n'est pas mal
27:16comme démarche.
27:18Sauf que,
27:20eh bien,
27:21il y a deux secondes,
27:22vous évoquiez
27:23la liberté
27:24d'expression.
27:25La liberté d'expression.
27:27Tout le monde
27:27veut la liberté
27:28d'expression.
27:29Moi,
27:29je suis libre.
27:30On dit ce qu'on veut,
27:31etc.
27:31Mais de moins en moins,
27:33on admet qu'effectivement,
27:34il y a une contradiction.
27:36Il faut s'accrocher
27:37à une doxa,
27:38à un dogme
27:39et sinon d'or.
27:41Alors,
27:41il découvre ça,
27:42le petit père Ruffin.
27:43Dans une des pages,
27:45en l'occurrence,
27:47il montre une scène
27:48qu'il a vécue,
27:49si on se fit
27:51à sa philosophie.
27:52Donc,
27:52il est dans le train
27:54et à côté de lui,
27:55il y a une femme noire
27:57qui est interpellée
27:59par les contrôleurs,
28:01les agents
28:03et elle écope
28:04d'une contravention
28:06car son ticket
28:07ne reflète pas
28:08le prix
28:09qu'elle aurait dû payer.
28:10Elle dit,
28:10mais ce n'est pas de ma faute,
28:11c'est au guichet
28:12qu'on m'a demandé ça.
28:13Il n'est pas question
28:14que je paye
28:16cette contravention.
28:17C'est normal,
28:18on s'énerve dans ces cas-là.
28:19C'est inadmissible,
28:20c'est intolérable.
28:22Et il y a
28:23un personnage
28:24que l'on veut
28:25maghrébin,
28:26toujours dans la bande dessinée
28:28et qui dit,
28:29vous ne pouvez quand même pas
28:32interpeller cette dame
28:33de cette façon,
28:34ne pas tenir compte
28:34de ce qu'elle est,
28:35etc.
28:36Et là,
28:37Ruffin se lève
28:38en impérator
28:39avec son petit costume,
28:41son petit chapeau,
28:43sa petite moto,
28:44tac,
28:44et puis il dit,
28:46ne parlez pas comme ça
28:47à cette dame,
28:49mais également,
28:50vous,
28:51avec vos uniformes,
28:53il faut respecter.
28:54Donc,
28:54il a un appel,
28:56je dirais,
28:56aux uns et aux autres,
28:58un appel
28:58de citoyenneté.
29:00Et il va plus loin.
29:02il paye
29:02la contravention
29:04de la dame.
29:05Bon,
29:06c'est Chicos.
29:06Et puis après,
29:07dans la scène suivante,
29:09on voit
29:09le personnage
29:11qui est censé
29:13refléter un maghrébin
29:14qui se cache un peu,
29:15c'est vrai que ce n'est pas
29:16très valorisant pour lui,
29:17et qui dit,
29:18merci d'être intervenu
29:19de la sorte,
29:20j'ai eu le temps
29:20de parler un peu fort.
29:21Bref,
29:22et ça alors,
29:23ça déclenche,
29:24c'est un raciste,
29:25un raciste complexe.
29:27Si j'avais colligé
29:28tout ce qui est écrit,
29:30les déflagrations,
29:31mais c'est de la haine,
29:33soudain,
29:33il n'y a plus
29:34la moindre nuance,
29:35c'est au-delà
29:36de l'aveuglement,
29:37c'est la mise à mort
29:39d'un homme
29:39qui a cherché
29:40une différence.
29:42Et c'est là
29:43où on se dit,
29:43mais ces gens
29:44ne se rendent même pas compte
29:46qu'ils ne possèdent plus
29:48le vocabulaire,
29:49le traité de raciste.
29:51Pourquoi on le traite
29:52de raciste,
29:52je le fais un
29:53depuis longtemps ?
29:53Qu'est-ce qu'on lui reproche ?
29:54On lui reproche
29:55sa rupture
29:57avec Mélenchon.
29:58Il était un peu
29:59le fils prodige.
30:01On imaginait,
30:02pourquoi pas,
30:03qu'il pourrait devenir
30:04un jour
30:04le successeur
30:05de Mélenchon.
30:06Et un jour,
30:07c'était en particulier
30:08au mois de septembre dernier
30:10à la fête de l'Huma,
30:11il a dit,
30:12eh bien Mélenchon,
30:13c'était la justification
30:15d'avoir quitté le parti,
30:17aujourd'hui,
30:17il n'a plus qu'une obsession,
30:19ce sont les quartiers,
30:20ce sont les immigrés,
30:21mais le peuple profond,
30:24celui qui votait
30:24pour la gauche,
30:25on ne veut plus
30:26en entendre parler.
30:26eh bien ce peuple-là,
30:28qu'il a essayé
30:29de remettre en forme
30:30à travers
30:31cette bande dessinée,
30:33ce peuple-là
30:34est délaissé,
30:35il n'est pas question
30:36d'avoir,
30:37je dirais,
30:38ce racisme politique,
30:40puisque soudain,
30:41vous favorisez
30:42une catégorie.
30:43Et ça,
30:44c'est intolérable
30:45pour les uns
30:47et les autres.
30:47Et entre autres,
30:48il dit
30:49l'immigration choisie.
30:51Là,
30:51on fait venir
30:52des gens
30:53que l'on paye,
30:54que l'on sous-paye
30:55pour venir en urgence
30:57dans les métiers
30:58de tension,
30:58c'est intolérable
31:00et on peut sous-entendre
31:01à travers ces propos,
31:03entendre en filigrane
31:04que c'est ça
31:06le véritable racisme.
31:07Vous faites venir
31:08des pauvres personnes
31:09qui seront dans un système
31:11dont elles ne profiteront
31:12jamais,
31:12mais qui permet
31:14à ce système
31:15d'avoir
31:16un rouage économique
31:18à bon compte.
31:19Voilà ce qu'il condamne.
31:21Eh bien ça,
31:21c'est intolérable.
31:23Et aujourd'hui,
31:23si vous mettez
31:24en rupture,
31:25qu'est-ce qui fait
31:26que moi,
31:26par exemple,
31:27je me suis toujours
31:27voulu de gauche ?
31:28Parce que
31:30j'ai des valeurs
31:31humanistes.
31:32Mais je ne peux pas
31:33admettre
31:33qu'il y ait
31:34des ségrégations
31:36qui se perdent
31:36de la sorte,
31:37des ségrégations
31:39économiques
31:39et qui font que
31:40sous couvert
31:41d'humanisme,
31:42vous devenez
31:43un exploiteur
31:44vous-même,
31:45au moins un exploiteur
31:46moral.
31:47Donc ça,
31:48les gens
31:49qui se disent
31:50de gauche,
31:50qui sont dans
31:51cet enfermement,
31:52dans cette intolérance,
31:54aujourd'hui,
31:55sont devenus
31:56des inquisiteurs.
31:57Qu'est-ce qu'il peut dire
31:59qui ne correspond pas
32:00au wokisme ?
32:01Qui ne correspond pas
32:02à la doxa d'aujourd'hui ?
32:04Et puis on lui reproche
32:04d'être un héros blanc,
32:06c'est ça ?
32:06C'est le héros blanc,
32:07forcément.
32:08Parce que là,
32:08il est partisanalyste.
32:10Mais imaginez
32:10qu'il a eu le même geste.
32:11Comme il est blanc
32:12et que les autres
32:12sont maghrébins et noirs,
32:14on lui reproche
32:14d'être un héros blanc,
32:15on lui reproche
32:16d'être raciste.
32:17Ça veut dire
32:17que demain,
32:18quand vous donnez
32:19la pièce
32:19à un mendiant
32:20dans la rue,
32:21il faut regarder
32:21s'il est blanc,
32:22s'il est noir,
32:23parce que si vous donnez
32:24un blanc,
32:25c'est du paternalisme,
32:26mais bon,
32:27c'est de blanc à blanc.
32:28Si vous donnez
32:28un noir,
32:29c'est de la condescendance.
32:31Non mais vous vous rendez
32:31compte
32:32où nous en sommes ?
32:33Eh bien,
32:34ça donne quoi ?
32:35Ça donne les réactions
32:36par rapport
32:38au film
32:38qui salue
32:40sa mêle pâti,
32:41alors qu'on devrait
32:42tous aller le voir
32:44avec courage
32:46d'être confrontés
32:47à une réalité
32:48qui aboutit
32:49à l'assassinat
32:50d'un professeur.
32:51Eh bien non,
32:53vous avez
32:53les gens
32:54qui se disent
32:55de gauche
32:55qui voient là
32:56une sorte
32:57de racisme
32:58sous-jacent.
33:00Et puis,
33:01eh bien,
33:01c'est les accusations
33:03contre Bolloré
33:04également.
33:05Il n'est pas
33:06possible
33:07que cet homme
33:08qui gère
33:10une production
33:11de cinéma
33:12le fasse
33:12de manière
33:13objective
33:14simplement
33:14parce qu'il a
33:16une étiquette.
33:16On est dans
33:17la guerre
33:17des étiquettes
33:18et Ruffin
33:19découvre aujourd'hui
33:20que quand il souhaite
33:21la fermeture
33:23de ces news,
33:24il devrait réfléchir
33:25à deux fois.
33:26Laissons les portes
33:27ouvertes
33:28pour avoir
33:28la possibilité
33:29de temps en temps
33:30de ramener sa fraise.
33:32C'est la saison.
33:33Alidjiara,
33:35maire de la
33:36qu'en oeuvre
33:36déclare
33:37Ruffin
33:37raciste
33:38complexé.
33:40François,
33:41le temps
33:41des colonies,
33:42c'est fini.
33:44Vous vous rendez compte ?
33:45Sabrina,
33:46c'est bien eu.
33:46Et oui,
33:46rappelons effectivement
33:47que François Ruffin
33:48a dit qu'il veut
33:49fermer ces news.
33:51Merci beaucoup,
33:53Marc Menand.
33:54Dans un instant,
33:55on reçoit
33:55notre invité
33:56Stéphie
33:57Alexandrillon
33:58qui vient parler
33:59de l'inceste.
34:00Il y a une commission
34:00d'enquête
34:01à l'Assemblée nationale,
34:03commission d'enquête
34:03sur l'inceste.
34:05On en parlera
34:06dans un instant.
34:07Elle viendra
34:07nous parler
34:09avec un témoignage
34:10très poignant.
34:12Charlotte Dornela,
34:12c'est un sujet
34:13qui a beaucoup fait parler.
34:14La presse rapporte
34:14que l'État
34:15a refusé
34:16l'aide
34:16du Puy-du-Fou
34:17pour venir en aide
34:18au château de Chambord
34:20près de Blois
34:21classé à l'UNESCO
34:22qui recherche pourtant
34:24magnifique
34:24effectivement
34:25et qui recherche
34:26pourtant désespérément
34:27des fonds
34:28pour sauver
34:29son aile
34:29François Ier.
34:31Le château
34:32est-il prisonnier
34:33des guerres idéologiques ?
34:35C'est vrai
34:35que ce n'est pas
34:36la première fois
34:36qu'on entend parler
34:37de Chambord
34:37et de polémiques
34:39sur fonds historiques.
34:40Alors le contexte
34:41là en l'occurrence
34:42c'est le château de Chambord
34:43en effet
34:44qui recherche
34:44désespérément de l'argent
34:46pour être sauvé
34:46de l'effondrement
34:47de certaines de ses parties
34:48ou en tout cas
34:49de l'érosion
34:51certaine
34:51de ses parties
34:53notamment de l'aile
34:54vous le disiez
34:55François Ier
34:56en 2023 déjà
34:57donc ça fait 6 ans
34:58maintenant
34:59la Cour des comptes
34:59alertée
35:00elle parlait
35:01d'un état préoccupant
35:02de certaines parties
35:03de ce château
35:03et en avril
35:05donc il y a quelques jours
35:06Pierre Dubreuil
35:07qui est le directeur
35:08du domaine
35:08relançait un appel
35:09à nouveau dans le monde
35:10il avait déjà fait appel
35:11aux donateurs
35:12il avait alerté l'État
35:13évidemment qui est propriétaire
35:14du château
35:16il avait fait appel
35:16à des donateurs privés
35:17petits, gros
35:18en essayant de mobiliser
35:20le plus de gens possible
35:21pour sauver Chambord
35:22il avait déjà
35:23à l'époque
35:24exposé ses ambitions
35:25au-delà de la restauration
35:27des pierres
35:28avec notamment
35:28la volonté
35:29de remettre
35:29François Ier
35:30au cœur
35:31du parcours de visite
35:32disant
35:33on va attirer les gens
35:33aussi en adossant
35:34on va dire Chambord
35:35sur une figure
35:37et d'interroger
35:38notre siècle
35:39aussi à la lumière
35:39de ce qu'il s'est passé
35:40pendant la renaissance
35:42bref
35:42l'occasion était
35:43parfaite
35:44pour que la guerre culturelle
35:46s'invite
35:47dans les lieux
35:48alors l'an dernier
35:48on avait déjà entendu
35:49parler de Chambord
35:50on entend souvent
35:51parler de Chambord
35:51moi je ne vais pas très loin
35:52et je conseille à tous les gens
35:54qui ne connaissent pas
35:54d'aller voir par ailleurs
35:55mais l'historien
35:57Patrick Boucheron
35:58un des artisans
35:59de la cérémonie
36:00d'ouverture
36:00des Jeux Olympiques
36:01de Paris
36:01un historien
36:02qui avait écrit
36:02l'histoire mondiale
36:03de la France
36:03et le metteur en scène
36:05Mohamed El Khatib
36:06qui a non seulement
36:07grandi à Main-sur-Loire
36:08dans la sublime
36:09petite ville de Main-sur-Loire
36:10mais qui a fait études
36:11dans l'incroyable
36:12ville d'Orléans
36:13donc décidément
36:15alors ils avaient approché
36:17le domaine de Chambord
36:18pour lui proposer
36:19une idée de spectacle
36:20historique
36:20sur les renaissances
36:22les frances
36:23les renaissances
36:24les histoires
36:24alors ce projet
36:26avait été accepté
36:26dans un premier temps
36:27on s'était dit
36:28on va mettre en scène
36:28enfin on va faire
36:29un spectacle historique
36:31et populaire
36:31se promettait-il d'être
36:32à Chambord
36:33ça va attirer du monde
36:34c'est exactement
36:35ce qu'il faut à Chambord
36:36mais le projet
36:37avait finalement été rejeté
36:38à mesure qu'il se précisait
36:40les deux avaient notamment
36:41parlé dans une grande enquête
36:43du monde
36:43précisément sur la guerre culturelle
36:45et pourquoi est-ce
36:47qu'il avait été refusé
36:47parce que le directeur
36:48de Chambord
36:49avait refusé
36:50que la programmation
36:51du château
36:51soit je cite
36:52l'otage d'un discours militant
36:53et d'une vision
36:54hémiplégique de l'histoire
36:55et ses auteurs
36:57en effet
36:57s'en étaient donnés
36:58à cœur joie
36:58et de manière assez transparente
36:59pour revendiquer
37:00une offensive
37:01ils avaient expliqué
37:02à l'époque
37:02que notamment
37:04par le biais de ce spectacle
37:05il voulait contrer
37:06le Puy-du-Fou
37:06vous savez
37:07Patrick Boucheron
37:08a une petite obsession
37:09Puy-du-Fou
37:09depuis quelques années
37:10et qu'il voulait
37:11le contrer
37:12il revendique
37:13la guerre culturelle
37:15à gauche
37:16il la revendique
37:17comme telle
37:18et donc le directeur
37:19avait voulu s'extraire
37:20on va dire
37:20de ce débat
37:21et accessoirement
37:22c'est toujours intéressant
37:23au passage
37:23de voir comment
37:24à gauche
37:24ils ont le droit
37:25d'avoir des projets contre
37:26absolument
37:28et accessoirement
37:29le spectacle
37:29devait coûter
37:302 millions d'euros
37:31mais ses auteurs
37:33promettaient l'équilibre
37:34dans ce spectacle
37:35mais l'équilibre
37:36avec un investissement initial
37:37de 2 millions d'euros
37:38de l'état
37:39et cette fois-ci
37:40c'est Nicolas de Villiers
37:42le patron du Puy-du-Fou
37:43qui propose autre chose
37:45un autre projet
37:46devant l'appel
37:47désespéré
37:48du directeur du domaine
37:50de Chambord
37:50il revendique
37:52un savoir-faire
37:53sur un château
37:53de la même époque
37:54le château du Puy-du-Fou
37:56historiquement
37:57moins important
37:58avec une histoire
37:58moins flamboyante
37:59un château
37:59moins flamboyant
38:00avec une histoire
38:01moins importante
38:01je ne fais pas offense
38:02au Puy-du-Fou
38:03en le rappelant
38:04qui fait pourtant
38:05venir plus de 3 millions
38:06de visiteurs par an
38:07contre 1,2 à Chambord
38:08qui embauche
38:09des milliers de gens
38:10qui génère 300 millions
38:11d'euros de chiffre d'affaires
38:13ce qui permet
38:14un investissement annuel
38:15de plusieurs dizaines
38:16de millions d'euros
38:17et donc pourquoi pas
38:18un modèle pérenne
38:20le modèle est pérenne
38:21au Puy-du-Fou
38:21il pourrait le devenir
38:23à Chambord
38:23et pourquoi pas
38:24dans d'autres lieux
38:26comme ça
38:26de patrimoine
38:27alors il imaginait
38:29il proposait au domaine
38:30de Chambord
38:30une délégation
38:31de services publics
38:32c'est-à-dire Chambord
38:33appartient toujours à l'état
38:34évidemment pas au Puy-du-Fou
38:35ni à personne d'autre
38:36il appartient à l'état
38:37mais il y a une sorte
38:37de délégation de services publics
38:39ce que l'état fait très allègrement
38:40sur le terrain régalien
38:41je note
38:42on parle beaucoup
38:43de la délégation
38:44de services publics
38:44qui est faite
38:45par exemple
38:46dans la gestion de l'immigration
38:47bon là ce serait
38:48pour la gestion du patrimoine
38:49que l'état de fait
38:50est incapable
38:51d'assumer désormais
38:53bref
38:53le Puy-du-Fou
38:54ne proposait pas un don
38:55il ne proposait pas non plus
38:56un spectacle subventionné
38:58par l'état
38:58mais un modèle
39:00et accessoirement
39:01sans aucun argent public
39:03alors le directeur
39:04alors là c'est Nicolas
39:05de Villiers
39:05qui raconte
39:05le directeur était
39:06plutôt intéressé
39:08mais précise
39:08que ça ne dépend pas de lui
39:09et remonte donc
39:10au ministère
39:11de la culture
39:12qui initialement
39:13se dit intéressé
39:14par l'idée
39:14mais doit la faire valider
39:16et huit jours plus tard
39:17le ministère prétexte
39:18finalement
39:18un manque de temps
39:19d'ici à la présidentielle
39:21pour accepter
39:22cette proposition
39:23et précise par ailleurs
39:25à Nicolas de Villiers
39:25qui s'inquiète
39:26de l'avenir de Chambord
39:27que finalement
39:28l'argent a été débloqué
39:29et Nicolas de Villiers
39:30non sans humour
39:31de demander
39:31par quel miracle
39:32un coup de fil
39:33du patron du Puy du Fou
39:34débloque
39:34les 27 millions d'euros
39:36qu'il fallait
39:36à Chambord
39:38pourquoi parlez-vous
39:39de prétexte
39:40faut-il y voir
39:41un rejet idéologique
39:42alors là je passe
39:43à l'analyse libre
39:44des informations
39:45des uns et des autres
39:46mais on ne voit pas
39:47très bien
39:48honnêtement
39:48j'ai cherché
39:49tout l'après-midi
39:49qu'est-ce que
39:50le manque de temps
39:51d'ici la présidentielle
39:52change à l'affaire
39:53c'est-à-dire au pire
39:54il y a un manque de temps
39:54mais ce n'est pas grave
39:55on continuera après
39:56le monde ne va pas s'arrêter
39:57il est évident
39:59qu'à un an
39:59des présidentielles
40:00l'État en l'occurrence
40:01ne veut pas avoir
40:02à frayer
40:02avec le Puy du Fou
40:04qui a été présenté
40:05comme le repoussoir absolu
40:06comme le contre-modèle
40:07par Patrick Boucheron
40:09par Patrick Boucheron
40:11pardon
40:11à qui un
40:12la cérémonie
40:13des Jeux Olympiques
40:13qui était quand même
40:14une cérémonie étatique
40:15cette fois-ci
40:15avait été confié
40:17qui projetait la France
40:18dans le monde entier
40:18c'est à lui
40:19qu'on l'avait confié
40:20or il présente lui-même
40:21le Puy du Fou
40:21comme le contre-modèle absolu
40:23et par ailleurs
40:24qui avait vu son propre projet
40:26pour Chambord
40:28refusé
40:28c'était difficile
40:30et d'ailleurs
40:30je fais une parenthèse
40:32qui n'a pas grand chose
40:32à voir avec notre sujet
40:33sur le fond
40:34mais quand même
40:34que ce soit par manque de temps
40:36ou par crainte
40:37des conséquences éventuelles
40:38d'un partenariat
40:40entre le public
40:41et le privé
40:41avec le Puy du Fou
40:42c'est assez ahurissant
40:43de voir un tel blocage
40:45à un an
40:47de la fin d'un mandat
40:48qui déjà ne dure que 5 ans
40:49donc c'est à dire
40:50que si pendant un an
40:50on ne peut plus rien faire
40:51soit parce qu'on manque de temps
40:52au préalable
40:53soit parce qu'on a peur
40:54des conséquences politiques
40:55par ailleurs
40:55pour un président de la République
40:56qui ne se représente pas
40:58c'est un autre sujet
40:59mais je ne peux pas m'empêcher
41:00de le remarquer
41:02bref
41:02la seule différence
41:03avec le projet
41:04dont je vous parlais tout à l'heure
41:05et qui avait été refusé
41:07c'est que cette fois-ci
41:08personne n'a attendu
41:09de voir ce que proposait
41:10dans le détail
41:11le Puy du Fou
41:12ni chercher à écouter
41:13ce qu'il avait à proposer
41:15sur le modèle lui-même
41:16pas forcément sur le fond
41:17ni même à tenter
41:19de négocier un droit de regard
41:20sur le fond des spectacles
41:22qui auraient pu être proposés
41:23à Chambord
41:23ils ont très bien pu dire
41:24écoutez
41:25le modèle nous intéresse
41:26factuellement
41:26comment le modèle fonctionne
41:28le modèle nous intéresse
41:29et on va discuter ensemble
41:30de ce que l'on met
41:31ou pas dans les spectacles
41:32le seul nom du Puy du Fou
41:34a suffi
41:34malgré des réussites
41:36qui sont objectivement admirables
41:37sur le terrain entrepreneurial
41:38et qui pourraient sauver
41:40évidemment
41:40nombre de joyaux patrimoniaux
41:42et Chambord en particulier
41:43précisément
41:44parce que le parc
41:45et je précise là également
41:47que le parc du Puy du Fou
41:48a été élu deux fois
41:49meilleur parc du monde
41:51contrairement aux controverses
41:53générées
41:53c'est factuel
41:55mondialement
41:55par quelques scènes
41:56de la cérémonie
41:57des Jeux Olympiques
41:57donc je note que
41:59ceux qui voulaient faire ce projet
42:01donc Patrick Boucheron
42:02et pardon
42:03je retrouve le nom
42:04Mohamed El Khatib
42:05qui voulaient faire ce projet
42:07expliquent qu'ils veulent faire
42:07contre le Puy du Fou
42:08parce qu'ils veulent réunir
42:10je note que factuellement
42:12ce n'est pas le cas
42:13factuellement
42:14ils génèrent
42:15des polémiques
42:16notamment parce qu'il y a
42:17des gens qui ont dit
42:18c'était peut-être pas la peine
42:18de nous insulter
42:19en l'occurrence
42:20les chrétiens
42:21de nous insulter
42:22et le blasphème
42:23n'est pas exactement
42:24une revendication d'État
42:25normalement
42:25je referme la parenthèse
42:27donc en effet
42:29eux n'ont pas
42:30eux ont reçu deux fois
42:32la récompense
42:33d'être le meilleur parc
42:34du monde
42:35et pardon
42:37parce que le Puy du Fou
42:38voilà
42:38je reprends le fil
42:40est devenu une référence
42:41en raison de son succès
42:43populaire
42:44cette fois-ci
42:44mais surtout
42:45en raison de sa conception
42:46de l'histoire
42:47c'est évidemment
42:47le succès inquiète
42:49parce que la conception
42:50de l'histoire
42:50du Puy du Fou
42:51est évidemment
42:54indigeste
42:55pour nos historiens
42:57Patrick Boucheron
42:58et ses amis
42:58vous dites
42:59sa conception d'histoire
43:00c'est-à-dire
43:01quel est le fond
43:01de la bataille culturelle
43:02que chacun décrit
43:04revendique
43:04ou redoute
43:05au cours du Puy du Fou
43:06est-ce que c'est pas
43:07l'histoire tout court ?
43:08alors l'avantage
43:10c'est comme vous le disiez
43:11tout à l'heure
43:11c'est qu'il y a
43:12une certaine transparence
43:13dans les revendications
43:14du côté de Patrick Boucheron
43:16on peut lui reconnaître ça
43:17et la volonté d'ailleurs
43:18non pas juste
43:19de taper sur le Puy du Fou
43:20mais d'essayer de proposer autre chose
43:21déjà ça nous change
43:22bon alors
43:23Patrick Boucheron
43:24avait expliqué
43:24au monde
43:25décidément
43:26son offensive
43:27alors je recommande à tout le monde
43:28l'enquête du monde
43:29sur la guerre culturelle
43:30parce qu'alors là vraiment
43:31vous avez tout le détail
43:32de leur revendication
43:33il se cache de rien
43:34il avait expliqué
43:35que son offensive
43:36était clairement
43:37pour contrer le succès
43:38du Puy du Fou
43:38donc comme ça au moins
43:39voilà
43:40il refuse que
43:41je cite
43:41le récit national
43:42soit nationaliste
43:43alors j'aurais aimé
43:44avoir la définition
43:45de nationaliste
43:46dans les circonstances
43:47et veut représenter
43:48je le cite encore
43:49un récit national
43:50à travers les tableaux
43:51d'une histoire mondiale
43:52de la France
43:53donc il ne faut pas
43:54qu'elle soit nationaliste
43:55donc l'échelle nationale
43:56d'un récit national
43:57ça ne va pas
43:58il faut que l'histoire
43:59soit mondiale
44:01le récit national
44:02donc soit mondial
44:03c'est original
44:04comme conception
44:05après tout
44:05pourquoi pas
44:06mais bon
44:06c'est original
44:07mais le tout
44:07ça ne marche que si
44:09c'est subventionné
44:09c'est le petit détail
44:11alors le Puy du Fou
44:13assume d'offrir
44:14un légendaire
44:15à ses visiteurs
44:15le Puy du Fou
44:16le registre du Puy du Fou
44:18c'est le légendaire
44:18c'est l'émotion
44:19et ils assument
44:21un roman commun
44:22d'ailleurs le directeur
44:23de Chambord
44:23disait que
44:24un monument
44:26comme ça
44:27historique
44:27qui appartient à l'État
44:28préfère le récit
44:29au roman
44:30là c'est un débat
44:31qu'on peut avoir
44:32en effet dans un spectacle
44:33c'est beaucoup plus romancé
44:34mais pourquoi est-ce que
44:35le Puy du Fou
44:36assume ça
44:36parce qu'ils assument
44:37de dire que le roman
44:39commun génère
44:39des émotions
44:40communes
44:41et que donc
44:42ça fait de l'histoire
44:43un héritage
44:44qui provoque du commun
44:45jusqu'à aujourd'hui
44:46pour qu'il y ait une trame
44:47on va dire
44:48au fil des siècles
44:49ces détracteurs
44:50eux
44:51eux pardon
44:51veulent prendre l'histoire
44:53comme un écrin
44:54je me souviens de la phrase
44:55de Gabriel
44:55qui m'avait marqué
44:57au sujet de l'art contemporain
44:58mais c'est vrai aussi
44:59de cette histoire
45:00l'histoire
45:01la longue histoire
45:01la grande histoire
45:02doit être un écrin
45:03qui serve à imposer
45:05l'inclusion
45:06de toutes les minorités
45:07le terme revient
45:07je ne régule pas
45:08toutes les dix lignes
45:09il faut inclure
45:10les minorités
45:11la cérémonie des JO
45:12était réussie
45:13parce qu'elle incluait
45:14les minorités
45:15l'histoire n'est plus
45:16un héritage
45:16mais éventuellement
45:17un point de départ
45:18à condition
45:19qu'on ne l'ait pas
45:21déconstruit
45:21donc il y a
45:22nous sommes le point de départ
45:23finalement de l'histoire
45:24que nous allons construire
45:25tout ce qui est dans le passé
45:26donc on se demande
45:27pourquoi Chambord
45:27les intérêts
45:28si ce n'est précisément
45:29pour déconstruire
45:30donc il y a
45:31des visions de l'histoire
45:33absolument antinomiques
45:34et des visions de la culture
45:35par définition
45:37qui en découlent
45:38Patrick Boucheron
45:39revendiquait d'avoir
45:40pour défi
45:40je cite
45:41la politisation
45:41de l'art humaniste
45:43donc il revendique
45:44lui la politisation
45:44de l'art
45:45ça ne dérange personne
45:46je note
45:46bon
45:47il veut gagner
45:47la bataille culturelle
45:48je cite encore
45:49à gauche
45:50et c'est dans cette optique
45:51qu'il créait pour Chambord
45:52donc il y avait
45:53une politisation
45:54assumée
45:54de son projet
45:55pour Chambord
45:56ce qui n'est pas le cas
45:57du Puy du Fou
45:57qui jusqu'à preuve du contraire
45:59ne proposait qu'un modèle
46:00jusqu'à maintenant
46:00on aurait pu en débattre
46:01plus tard du projet
46:02mais factuellement
46:03il n'était pas politisé
46:04c'était un modèle
46:05entrepreneurial en l'occurrence
46:06et d'ailleurs
46:07c'est bien de rappeler
46:08que c'est vrai
46:09que c'est un modèle
46:09et Le Monde ne fait pas
46:10semblant non plus
46:11le journal Le Monde
46:12cette fois-ci
46:13ils écrivent je cite
46:14que la cérémonie d'ouverture
46:15des Jeux Olympiques
46:16fut une incontestable
46:17victoire idéologique
46:20voilà
46:20et Le Monde
46:21toujours
46:22le journaliste
46:23s'inquiétait en ces termes
46:24qu'après
46:24je cite
46:25qu'après des années
46:26de domination culturelle
46:27de la gauche
46:28les répliques esthétiques
46:30humanistes
46:30par contre
46:31il faut prendre un doliprane
46:32avant de lire
46:32la conception de la culture
46:34mais
46:34les répliques esthétiques
46:35humanistes
46:36sont fortement concurrencées
46:37par des représentations
46:39nationalistes
46:39donc Le Monde lui-même
46:41au terme de son enquête
46:42sur la guerre culturelle
46:43explique qu'après des années
46:44de domination culturelle
46:45de la gauche
46:45il y avait bien des raisons
46:47de s'inquiéter
46:47du Puy du Fou
46:47donc des années
46:49de domination
46:50et bien les répliques
46:51esthétiques humanistes
46:52c'est-à-dire la domination
46:53culturelle de la gauche
46:54est désormais concurrencée
46:55quelle horreur
46:56avec une petite différence
46:58de taille
46:58et j'insiste à nouveau
46:59la première
47:00survie d'argent public
47:01la seconde
47:02vit de son succès
47:03factuellement populaire
47:04quoi qu'on en passe
47:05et le modèle
47:06semble donc
47:07plus pérenne
47:08dans un pays
47:08qui cherche partout
47:09les dizaines d'euros
47:11donc les millions
47:11à fort survie
47:13très intéressante analyse
47:15de cette polémique
47:16merci beaucoup
47:17Charlotte Dornet
47:18c'est incroyable
47:19je sais que vous avez
47:20envie de réagir
47:20non mais parce que
47:21on en revient
47:23à ce que j'ai tenté
47:24de dire tout à l'heure
47:25c'est un dogme
47:26il n'y a plus d'intelligence
47:27il y a une sorte
47:27de fil conducteur
47:28non c'est à dire
47:29que faire d'un spectacle
47:30Victor Hugo
47:32Alexandre Dumas
47:33c'était du roman
47:34mais c'est ce qui a ancré
47:35en nous des images
47:37et c'est ça
47:38qui est essentiel
47:38on n'est pas là
47:39on ne va pas être
47:40docte
47:40attention
47:41non
47:41faites rêver les gens
47:43déjà
47:43ça leur donnera
47:44l'appétit
47:45de la culture
47:45c'est le minimum
47:46non
47:47merci beaucoup
47:48alors vous savez
47:50que la commission
47:51d'enquête parlementaire
47:52sur le traitement judiciaire
47:54de l'inceste
47:54a été créée
47:55à l'unanimité
47:56fin janvier 2026
47:57à l'Assemblée Nationale
47:58cette commission
47:59examine pourquoi
48:00la justice protège
48:01insuffisamment
48:02les enfants
48:03victimes de violences sexuelles
48:04incestueuses
48:06parentales
48:06et les parents protecteurs
48:08souvent les mères
48:09elles auditionnent régulièrement
48:11des magistrats
48:12des policiers
48:12des ministres
48:13des experts
48:14en ce moment
48:15il y a eu l'audition
48:16de Gérald Darmanin
48:18de Laurent Nunez
48:19sur ce sujet
48:20de l'inceste
48:21nous avons choisi ce soir
48:22de recevoir
48:23une femme exceptionnelle
48:25elle s'appelle
48:26Stéphie
48:27Alexandrian
48:28merci de nous rejoindre
48:29sur le plateau
48:29bonsoir
48:31Stéphie
48:31pour votre livre
48:33les violences
48:35qui tuent
48:35l'enfance
48:36l'enfer
48:37très
48:38l'enfer
48:40intrafamilial
48:41vous êtes
48:41Stéphie
48:42merci d'être avec nous
48:43ce soir
48:44une survivante
48:45de l'inceste
48:46abusée
48:47dès l'enfance
48:48par votre père
48:49dans une famille
48:50en apparence idéale
48:52vous avez brisé
48:53le silence
48:54à 13 ans
48:55malgré cela
48:56votre petit frère
48:57Karl
48:57lui aussi
48:58est victime
48:59s'est suicidé
49:00à 12 ans
49:01suivi de votre mère
49:02du suicide
49:03de votre mère
49:04vous avez réussi
49:06à transformer
49:07votre tragédie
49:09en combat
49:10vous avez fondé
49:11l'association
49:12Karl
49:12pour accompagner
49:13les enfants victimes
49:14de violences sexuelles
49:15intrafamiliales
49:16vous étudiez
49:17aujourd'hui le droit
49:18pour devenir avocate
49:19des enfants
49:20et vous militez
49:21pour une meilleure
49:22protection judiciaire
49:23votre livre
49:24et vos actions
49:25visent
49:25à briser le silence
49:27et à changer
49:28le système
49:29je vous ai rencontré
49:30il y a plusieurs années
49:31avec mon association
49:34et vous étiez déjà
49:36très militante
49:38une force
49:38un courage
49:39incroyable
49:40parler de son
49:41ses blessures
49:43pour pouvoir aider
49:44les autres
49:44quel regard
49:45vous portez
49:46sur vos blessures
49:47aujourd'hui
49:48vous qui avez subi
49:49l'inceste
49:50et qui avez vu
49:51cet inceste
49:52exploser
49:53toute votre famille
49:54oui il est vrai
49:55que en ce qui me concerne
49:57l'inceste a tué
49:58non seulement l'enfance
49:59mais ma mère
49:59et mes deux frères
50:00j'ose le dire
50:02peut-être qu'il y a 5 ans
50:03j'ai témoigné
50:03avec beaucoup de force
50:04beaucoup de colère
50:05aujourd'hui je suis
50:05un peu plus apaisée
50:06et ça je le dois
50:07à tous les langues
50:08d'humanité que j'ai reçues
50:09reste que
50:10je fais partie
50:11de ces personnes
50:11qui pensent
50:12qu'on ne peut pas vivre sans
50:13et qu'on ne se remet jamais
50:15à 100% de cela
50:16c'est à dire que
50:16si j'arrive si bien
50:18ou malgré
50:19c'est parce que
50:20je vis au quotidien
50:21avec cette conscience
50:21que je ne connaîtrais
50:23jamais le bonheur
50:23que qu'on est en certain
50:24et une part d'innocence
50:26que je ne retrouverai pas
50:27non plus
50:27j'en ai fait le combat
50:28de ma vie
50:28parce que j'ai fait
50:29ce choix de vivre avec
50:30et non pas de plonger
50:32dans un déni
50:32qui est de me dire
50:33que c'est loin derrière moi
50:34la réalité c'est que
50:35ça revient souvent
50:36et je dirais
50:38ad vitam aeternam
50:40Stéphie
50:40votre histoire est longue
50:41elle est dense
50:43est-ce que vous pourriez
50:44nous la résumer
50:45pour les téléspectateurs
50:46qui nous écoutent
50:47qui vous écoutent
50:48et peut-être
50:49certains qui vous découvrent
50:50ce soir
50:50bien sûr
50:51alors pour situer
50:52j'ai 29 ans aujourd'hui
50:54moi je parle à ma mère
50:55j'ai 11 ans
50:5611 ans je dénonce
50:57à ma mère
50:57que mon père
50:58m'agresse sexuellement
50:59voire me viole
51:00et à ce moment-là
51:01je suis l'aînée
51:01d'une fratrie
51:02de 3 enfants
51:04et peu après
51:05viendra mon petit frère
51:05Carl
51:07ma mère
51:07me protège pas
51:08pendant 2 ans
51:09et c'est seulement
51:10à l'âge de 13 ans
51:10donc mon père
51:11est mis en examen
51:12ma mère aussi
51:13il sera condamné
51:13par la suite
51:14non pas pour des viols
51:15mais pour des agressions
51:16sexuelles
51:16il prendra seulement
51:17un an de détention
51:18et sortira le soir même
51:19de son procès
51:20en 2011
51:21moi je suis placée
51:22en foyer pendant 2 ans
51:23où je me fais agresser
51:24à différents égards
51:25par les professionnels
51:26mais aussi les jeunes
51:27du foyer
51:27et j'obtiens tant bien
51:29que mal mon bac
51:29à l'âge de 16 ans
51:30je suis devenue maman
51:31très jeune
51:31à l'âge de 17 ans
51:32un âge où on n'est pas apte
51:34de mon point de vue
51:35à choisir vraiment peut-être
51:36celui avec qui on fera sa vie
51:38mais cela fait de moi
51:39aujourd'hui
51:39la maman la plus heureuse
51:40au monde
51:40d'une petite fille
51:41de 11 ans
51:42et en fait
51:43ma maman se suicide
51:43d'abord en 2019
51:44et là je sollicite
51:45la garde de mon plus jeune frère
51:47celui qui est arrivé
51:48bien après
51:48mes frères et moi
51:49Carl
51:50qui a 9 ans
51:51j'en obtiens la garde
51:52et pendant 2 ans
51:52jusqu'en 2021
51:54je me bats dans les tribunaux
51:55pour faire entendre
51:56sa parole
51:57le fait qu'il dénonce
51:58lui aussi
51:58des agressions sexuelles
51:59puisque
52:00je dirais
52:01la plus grande faille
52:01de mon histoire
52:02c'est que mon père
52:03qui a pourtant été condamné
52:04pour des faits de pédocriminalité
52:05a continué à avoir le droit
52:06de voir mes frères
52:07au parloir
52:08mais après
52:08un week-end sur deux
52:09la moitié des vacances
52:10sans nulle surveillance
52:11il avait l'autorité parentale
52:13y compris sur moi
52:14y compris sur vous
52:15malgré sa condamnation
52:17et votre petit frère Carl
52:19vous disait
52:19s'il te plaît
52:21Stéphie
52:21protège-moi de mon père
52:23oui
52:23il ne disait même pas mon père
52:24il l'appelait par son prénom
52:25et il me suppliait
52:26oui
52:26ça a été ses premiers mots
52:27quand je lui annonçais
52:28le suicide de notre maman
52:29il disait aux juridictions
52:31au magistrat
52:31quand je pense à mon père
52:32je pense à la mort
52:33il a laissé des traces
52:33un journal intime
52:34où il écrit
52:35cette nuit
52:35j'ai fait le plus beau rêve
52:36de ma vie
52:37mon père était mort
52:39et à l'heure où je vous parle
52:40parce qu'en 2021
52:41un soir de juin
52:42je rentre chez moi
52:43mon frère s'est suicidé
52:44il devrait avoir 17 ans
52:45il est décédé à l'âge de 12 ans
52:47il y a 5 ans
52:47c'est ce qui a motivé
52:48à la fois ma prise de parole
52:50non pas parce que
52:51j'avais envie qu'on pleure avec moi
52:52même si il faut le dire
52:52ça m'aide parfois
52:54mais parce que
52:54je ne voulais pas
52:55qu'il soit mort pour rien
52:57la vie d'un enfant
52:58ne peut pas disparaître
52:59à l'âge de 12 ans
52:59sans qu'on n'en fasse rien
53:00et donc j'ai médiatisé
53:02j'ai raconté
53:02ce que j'avais eu
53:03toutes ces années
53:03pendant 24 ans
53:06et j'ai créé une association
53:07qui porte son prénom
53:08l'association CARL
53:09et depuis
53:10on accompagne
53:101500 situations
53:11environ en France
53:12avec 150 bénévoles
53:13et c'est un bel exemple
53:15de solidarité
53:16mais aussi d'impuissance
53:17face à ce que le système
53:18continue
53:19indirectement
53:20de cautionner
53:20en ne se donnant pas
53:21les moyens
53:21de ses ambitions
53:23Lorsque vous parlez
53:24d'impuissance
53:25qu'est-ce que vous
53:26soulignez
53:27dans les défaillances
53:29de la justice
53:30qu'il faut absolument
53:31changer aujourd'hui
53:32l'autorité parentale
53:34le fait que
53:35même une fois
53:37le père incestueux
53:39a été condamné
53:41il a encore
53:41cette autorité parentale
53:42ou bien
53:43il a la possibilité
53:45de vivre pas loin
53:46vous l'avez vu
53:46à travers les exemples
53:48de personnes
53:48d'enfants
53:49que vous avez aidées
53:51Oui, très récemment
53:52on a contribué
53:53au vote de la loi
53:54à l'Assemblée nationale
53:54sur l'information
53:55de la victime
53:56aussi l'interdiction
53:57qui devrait être
53:58presque systématique
53:59d'interdire
53:59de résider à proximité
54:00il y a effectivement
54:01cette temporalité
54:02qui est qu'est-ce qu'on fait
54:03pour l'enfant
54:03après la condamnation
54:04de l'auteur
54:05mais reste qu'est-ce qu'on fait
54:06avant et qu'est-ce qu'on fait
54:06aussi pour les autres enfants
54:08autour de loin ou de près
54:09d'un homme qui a été condamné
54:11pour des faits de pédocriminalité
54:12la loi a avancé
54:13sur la question
54:13de l'autorité parentale
54:15mais en pratique
54:16cela reste plus complexe
54:17aujourd'hui
54:17je suis la grande soeur
54:18d'un demi-frère
54:18qui a 10 ans
54:19cet enfant est libre
54:20de voir mon père
54:20sans surveillance
54:21ou plutôt mon père
54:22est libre de le voir
54:22sans surveillance
54:23alors que je suis quand même
54:24médiatisé
54:25que je crie depuis 5 ans
54:26à l'aide, protégez-le
54:27et la juridiction me répond
54:29c'est outre notre volonté
54:30donc la question
54:31du maintien du lien
54:32est finalement
54:32elle est centrale
54:33au sein de ce livre
54:34puisque je n'aborde pas seulement
54:35les violences sexuelles
54:35mais je parle des violences éducatives
54:37combien de parents
54:38condamnés pour des violences physiques
54:39sur leur enfant
54:40continuent d'avoir le droit
54:42de voir celui-ci
54:43sans surveillance
54:46qu'aux victimes de violences conjugales
54:47dont on continue de leur dire
54:48ok, ils frappaient maman
54:49pas tous les hommes certes
54:51mais beaucoup d'hommes quand même
54:52et on leur impose
54:54le lien avec ce parent
54:55qui s'avère au final
54:56maltraitant par la suite
54:57puisque l'enfant reste aussi
54:58un moyen d'avoir
54:59l'emprise sur l'autre parent
55:00par exemple
55:00dans le cas des violences conjugales
55:03Dans votre livre
55:03vous parlez de l'enfer
55:06intrafamilial
55:06quel message principal
55:08vous avez envie
55:08de se faire passer
55:09aujourd'hui
55:10à travers ce livre Stéphine ?
55:12Je crois que le titre
55:13c'est mon message
55:13ces violences
55:14elles tuent l'enfance
55:15il serait temps
55:18qu'on arrête
55:19d'attendre un drame
55:19un fête d'hiver
55:20pour mesurer
55:21l'ampleur de ce fléau
55:22et jusqu'où il peut y aller
55:23ça brise non seulement
55:24des vies à l'instant T
55:26ça brise les vies adultes
55:27il y a une perte de chance
55:28qui est considérable
55:28on le sait
55:29en termes de santé
55:29d'avenir
55:30etc
55:31mais ça brise aussi une vie
55:33au point que
55:33vous avez près d'une victime
55:34sur deux
55:35d'enfants
55:35victimes de violences sexuelles
55:37qui tentent de se suicider
55:39et on attend toujours un drame
55:40par exemple
55:41cette proposition de loi
55:41super c'est une victoire
55:42on apprend enfin
55:43en 2026
55:44qu'il faut informer les victimes
55:45les enfants victimes
55:46après la libération
55:47de leur agresseur
55:48merveilleux
55:48mais il a fallu qu'un an avant
55:50un jeune qu'on accompagnait
55:51Yannis se suicide
55:52je me pose la question aujourd'hui
55:53de qu'est-ce qu'il faudra
55:54à la France
55:56pour investir ce sujet
55:57et mettre des moyens
55:57parce que oui
55:58la réponse n'est pas seulement
55:59financière
55:59mais elle est là aussi
56:00et vous le voyez bien
56:01les magistrats
56:02les travailleurs sociaux
56:03tout le monde se plaint
56:04de ne pas avoir les moyens
56:04de faire bien son travail
56:06et je peux le dire aussi
56:07à titre personnel
56:08puisque je fais une recherche
56:09universitaire
56:09à l'heure où je vous parle
56:10je n'ai aucun espèce
56:11de financement
56:12tout ce que je fais
56:13et ce livre
56:13à tous les égards
56:14je le fais de manière pro-bono
56:15est-ce normal
56:16qu'on dévoue nos vies
56:18notre santé
56:18nos nuits parfois
56:19pour oeuvrer
56:19et pourquoi à nous
56:21de nous substituer
56:21aux défaillances étatiques
56:23vous parlez de votre santé
56:26même votre santé
56:26c'est un sujet
56:27dites-nous pourquoi
56:29parce que
56:30vous oeuvrez au quotidien
56:31vous prenez sur vos nuits
56:32cet ouvrage
56:32j'en suis très heureuse
56:33mais je l'ai écrit sur mes nuits
56:34vous essayez de contenter chacun
56:36et finalement
56:36quoi que vous fassiez
56:37ce n'est jamais assez
56:38c'est-à-dire que ce jeune
56:40dont je vous parlais
56:40qui était un enfant
56:41qu'on accompagnait depuis 4-3 ans
56:43quand il s'est suicidé
56:44on a absolument
56:45tout ce qu'on pouvait pour lui
56:47et pour autant
56:48il s'est suicidé
56:48parce qu'à un moment
56:49il s'agit d'une chaîne
56:50et si on ne prend pas chacun
56:51nos responsabilités
56:52dans cette même chaîne
56:53et bien on n'empêche pas
56:54ce type de drame
56:55et je crois que c'est
56:56notre responsabilité à tous
56:57Yanis s'est suicidé
56:58parce que son agresseur
56:59a été libéré
57:00d'accord
57:01et l'angle
57:02donc ça
57:03ça vous a beaucoup mobilisé
57:05pour pouvoir
57:07faire cette proposition
57:08de loi
57:09et puis
57:10quand je parlais
57:11des problèmes de santé
57:11c'est-à-dire que vous êtes
57:12complètement abandonnée
57:14oubliée
57:15pour pouvoir porter ce combat
57:17et que vous manquez de moyens
57:19vous personnellement
57:19hier un extrait sortait
57:21sur Instagram
57:22sur le fait que par exemple
57:23le 2 janvier
57:23j'ai appris que je devais
57:24me faire poser un implant
57:25j'ai 29 ans
57:25à 29 ans
57:26on n'a pas très envie
57:27on ne prévoit pas ce type de frais
57:28si ce dentiste
57:29n'était pas tombé
57:30sur mes témoignages
57:31comment j'aurais fait
57:31je me serais endettée
57:32est-ce que c'est normal
57:33parce que j'ai d'autres
57:34au quotidien
57:34que je n'ai pas les moyens
57:35de me soigner
57:36c'est un exemple parmi tant d'autres
57:38est-ce que c'est normal
57:38que mes derniers
57:39deux jours off d'affilée
57:40remontent à l'été dernier
57:42et ce n'est pas moi
57:43qui suis complètement
57:44je dirais obstruée
57:45ou dans le déni
57:46je suis capable de couper
57:48mais quand il s'agit
57:48d'une vie d'enfant
57:49quand je dois appeler la RS
57:50ou dénoncer un risque
57:52d'infanticide
57:53à 3h du matin
57:54bien sûr que je vais le faire
57:55c'est le sens de ma vie
57:56quand vous avez perdu autant
57:57enterrez toutes vos familles
57:58vous êtes seul au monde
58:00ou presque
58:00en tout cas dans cet aspect familial
58:03vous faites quelque chose
58:03de votre vie
58:04oui
58:04vous voulez vivre
58:04pour ceux qui ont perdu leur vie
58:06avant vous
58:06comment vous tenez
58:07Stéphie ?
58:09j'ai la chance d'être
58:10la maman d'une petite fille
58:11incroyable
58:11et je pense qu'il y a
58:13beaucoup de parents ici
58:13enfin en tout cas
58:14qui nous écoutent
58:15et quand vous donnez la vie
58:16c'est pas pour montrer autre chose
58:17à votre enfant
58:17qu'elle en vaut la peine
58:18et ça je tiens parole au quotidien
58:20je ne m'efforce pas
58:21c'est inné
58:21c'est ainsi
58:22et pour ce qui est du reste
58:23je crois en ce que je fais
58:24et je crois en l'être humain
58:25si je renonçais quant à croire
58:26à la justice
58:27ou à l'humanité
58:28et aux valeurs que sont
58:29la solidarité
58:30peut-être que j'aurais renoncé
58:31mais chaque jour
58:36merci pour l'espoir
58:37que vous nous transmettez
58:39et j'invite
58:40tes spectateurs
58:41à aller voir
58:42tout votre témoignage
58:44sur Instagram
58:45vos pleurs
58:46vous vous êtes
58:46vous livrez
58:47vous êtes très sensible
58:49et votre parcours
58:50est très très très poignant
58:52merci pour ce courage
58:53que vous avez
58:54le courage d'aider
58:55surtout les autres
58:57et votre association
58:58Carl
58:59pour pouvoir vous aider
59:00merci à tous
59:01merci pour cette émission
59:02merci encore d'avoir été avec nous
59:04excellente suite des programmes
59:05tout de suite
59:06l'heure des produits
59:06à demain
59:07merci
59:07merci à tous
59:09merci à tous
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