00:00La colère des maires face au mariage impliquant des clandestins.
00:03Ils se donnent rendez-vous ce matin devant l'Assemblée nationale pour faire pression sur les députés
00:08alors qu'une proposition de loi doit être examinée le 26 juin prochain.
00:12On est justement avec Nicolas d'Aragon, maire les Républicains de Valence.
00:16Vous êtes à l'origine, vous, d'une pétition intitulée « Mariage insincère ».
00:21Nous, maires de France, demandons à l'État d'arrêter, de fermer les yeux.
00:25Pourquoi cette pétition ?
00:28Tout simplement parce qu'on nous donne des responsabilités
00:31qui sont celles de contrôler la sincérité des mariages.
00:34C'est le Code civil qui nous donne cette responsabilité
00:36et donc la possibilité de conduire un entretien préalable au mariage.
00:40Lorsqu'il a eu lieu, on donne un avis au procureur de la République
00:43qui, quasi systématiquement, parce qu'il n'en a pas les moyens bien souvent,
00:47classe sans suite lorsqu'on lui dit que le mariage est insincère.
00:50Et nous sommes ensuite, en tant que maires, obligés de célébrer le mariage.
00:53Et quand je dis obligés, ça veut dire que si on refuse, on se retrouve assignés devant le tribunal correctionnel.
00:59C'est ce qui arrive en ce moment à mon collègue de Béziers, Robert Ménard.
01:02C'est ce qui peut arriver à ma collègue de Bourg-les-Valences, Marlène Mouriez, à mon collègue Villemotte.
01:07Ils sont des dizaines, ces maires, qui sont traduits devant les tribunaux
01:10tout simplement parce qu'ils dénoncent le dévoiement du mariage
01:14qui, dorénavant, sert de visa pour les personnes en situation irrégulière
01:17ou ce mariage qui sert parfois à obtenir des avantages du conjoint qui est lui-même dupé.
01:24Ça veut dire qu'on défend en plus ceux qui sont parfois les victimes de ces mariages blancs, de ces mariages gris.
01:29Et donc aujourd'hui, on demande aux législateurs de changer la loi.
01:31On demande la possibilité que les maires puissent refuser de célébrer un mariage
01:36tout simplement parce qu'ils ont la conviction qu'il est insincère.
01:39Les maires qui refusent risquent 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité.
01:44Est-ce que vous, personnellement, vous avez été confronté à ce cas de figure ?
01:48J'ai été confronté il y a une vingtaine d'années lorsque j'étais adjoint au maire à Valence.
01:52Aujourd'hui, j'en suis le maire.
01:54Nous avions été mis en cause, nous avions démissionné collectivement.
01:58À l'époque, le procureur avait convoqué le maire de Valence, Patrick Labonne, devant le tribunal correctionnel.
02:03Il avait été condamné.
02:04Ce qui veut dire que cette dénonciation du détournement de ce qu'est le mariage,
02:09c'est-à-dire la célébration de l'amour et pas finalement une énième filière d'immigration illégale, par exemple,
02:16eh bien ce refus d'accepter ce détournement du mariage, la victime principale, la première victime, c'est le maire.
02:24Et c'est terrible parce que finalement, c'est l'ordre républicain qui est remis en cause.
02:28Finalement, c'est la confiance dans les maires qui est remise en cause.
02:31Et nous, aujourd'hui, on dit aux législateurs, et le sénateur de Milie a défendu cette loi qui a été adoptée au Sénat,
02:37on dit aux députés, vous devez adopter cette loi, vous devez reconnaître que les maires sont capables de distinguer ce qui est un mariage sincère ou non,
02:46et refuser de le célébrer.
02:48Et vous faites confiance aux députés aujourd'hui pour voter cette loi ?
02:51Plus tôt, j'espère en tout cas que l'Assemblée nationale sera réaliste face à ça.
02:56Vous savez, le président de l'Association des maires de France, David Lissnard, s'est annoncé solidaire lorsque Marlène Mouriez était mise en cause.
03:02Ce qui veut dire que ce que nous exprimons aujourd'hui, je suis moi-même vice-président de l'AMF au niveau national,
03:06c'est une position qui est transpartisane.
03:09La plupart des maires de France, la grande majorité des maires de France, valident cette position en disant
03:14on ne peut pas nous confier la responsabilité de conduire une enquête préalable, nous confier la responsabilité de donner un avis,
03:19et ensuite, finalement, ne pas en tenir compte, et même nous mettre en cause et nous convoquer devant un tribunal pour un avis qu'on a rendu.
03:26Ça n'est pas possible, ça n'est pas acceptable et ce n'est pas une question de bord politique.
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