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  • il y a 8 mois

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00:00André Valigné est là sur notre plateau, bonsoir à vous, Gauthier Lejeune, Gauthier Lebrette, merci d'être là, Reda Bellach, policier du syndicat de police Unité, porte-parole Lille-de-France, Noémie Allioua, bonsoir à vous, Jean-Sébastien Ferjou.
00:13On va commencer évidemment par écouter le procureur parce que le scénario de Chaumont, le scénario qui nous a décrit concernant ce jeune mis en cause de 14 ans qu'a poignardé à 7 reprises la surveillante scolaire Mélanie, 31 ans, est absolument terrifiant.
00:28Il y avait une intention de tuer, une intention qui était préméditée depuis le vendredi dernier. Écoutons le procureur, M. Devalois.
00:37En garde à vue, l'intéressé se montre détaché tant au regard de la gravité des faits reprochés que des conséquences vis-à-vis de lui-même.
00:50Il ne manifeste au demeurant aucun signe évoquant un possible trouble mental.
00:55Il reconnaît être l'auteur du passage à l'acte, mais ne l'explique pas véritablement.
01:03Il n'exprime pas de regrets, ni aucune compassion pour les victimes.
01:09Il fait part d'une certaine fascination pour la violence et la mort, ainsi que pour les personnages les plus sombres des films ou des séries télévisées.
01:22Il est adepte de jeux vidéo violents, sans pour autant être addict à ses jeux selon ses propres termes et selon les déclarations de ses parents.
01:29Il utilise peu les réseaux sociaux.
01:34D'une manière générale, ce jeune homme apparaît en perte de repère quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher une importance particulière.
01:43Voilà pour ce que vient de dire le procureur de Chaumont, Gautier Lebret, un ado de 14 ans, qui prend un couteau dans la cuisine de sa mère, le plus long possible, 34 cm, pour faire le plus de dégâts, dit-il, et qui frappe à ça.
01:55Parce qu'il cherchait une surveillance, n'importe laquelle.
01:57Il avait été admonesté le vendredi par une autre surveillance, parce qu'il embrassait sa petite amie.
02:02C'est le scénario d'horreur, en fait.
02:03Absolue. Et donc, on voit bien que les propositions du gouvernement d'interdire la vente des couteaux aux mineurs, si vous voulez, ce n'est même pas une mesure utile, puisque les cuisines sont remplies de couteaux et que ce jeune a pris un couteau dans la cuisine de sa maison avec ses parents.
02:21Donc voilà, ça ne sert strictement à rien.
02:24Pendant ce temps-là, on a un président de la République qui vient de faire le plus gros bide télévisuel de l'histoire de la Ve République pour un chef de l'État, un million et demi, en nous dissertant sur les océans,
02:37qui réitère en pointant les chaînes d'infos qui font du lavage de cerveau sur les faits divers, qui parlent même des punaises de lit, on ne comprend rien,
02:46qui ne montre aucun signe d'empathie avec ce qui se passe, avec cette France qui a mal, qui est digne, mais qui n'est plus silencieuse.
02:56Elle n'est plus silencieuse, parce qu'on entend depuis hier, que ce soit le cousin ou le beau-fils de Mélanie, prendre la parole, réagir aux propos du président en disant non, ce n'est pas un fait divers.
03:09Demander, c'était ce matin avec son beau-fils, la levée de l'excuse de minorité.
03:15Alors là, il a 14 ans, donc la loi, évidemment, ne le permet pas. J'ai même vu son cousin demander le retour de la peine de mort.
03:22Alors évidemment, on ne va pas revenir sur la peine de mort, mais sur l'abolition, mais ça dit quelque chose de cette colère qui reste digne,
03:29qui demande des réponses et qui pointe la responsabilité politique. Les politiques ne vont pas pouvoir s'en laver les mains et dire j'y suis pour rien,
03:36je me suis toujours battu pour remettre la sécurité partout alors qu'elle n'est nulle part.
03:39Et on sent bien aussi chez de nombreux Français cette petite musique, et si ça m'arrivait à moi, si ça arrivait à mon cercle familial,
03:46parce que ça se rapproche, ça n'arrive pas qu'aux autres finalement. Et c'est évidemment cette peur-là qui anime chaque parent de France
03:52quand son enfant va à l'école, chaque proche, quand il n'arrive pas à joindre tel ou tel ami, tel ou tel compagne dans les cinq minutes.
04:00Est-ce qu'il ne s'est pas passé quelque chose de grave ? Voilà dans quel état est le pays, mais on a un président qui préfère nous parler des océans.
04:05On l'écoutera dans un instant. On parle d'une petite ville de 3500 habitants, effectivement, Geoffroy Lejeune,
04:11avec a priori une petite ville sans histoire et un ado de 14 ans qui devient un tueur.
04:17Évidemment, pour l'instant, il est culpé de meurtre aggravé. On verra ce que ça donne lorsqu'il sera présenté ce soir au juge d'instruction.
04:25C'est absolument effrayant.
04:27C'est absolument effrayant. Il n'y a pas beaucoup de mots pour commenter ce qui vient de se passer.
04:32Moi, je me souviens, quand je suis arrivé au journal du dimanche, c'était il y a presque deux ans.
04:36Et la semaine où on a sorti le premier numéro du JDD, quand je suis arrivé, il y avait eu le meurtre d'un petit Enzo à coup de couteau.
04:46Il avait une quinzaine d'années aussi à coup de couteau, dans un petit village également, de la même manière, sans aucune raison.
04:52C'était une espèce de conflit de jeunes. Et ça s'était terminé au couteau et il était mort.
04:56Et sa maman, à l'époque, avait écrit une lettre ouverte. Elle était rejointe d'ailleurs par beaucoup de victimes.
05:01Et elle avait dit, je rebondis sur ce que vient de dire Gauthier et sur ce que vous dites vous aussi, Laurence,
05:06c'est que les victimes maintenant prennent la parole, disent leur colère.
05:10Et en effet, c'est un propos éminemment politique.
05:13Et moi, ce qui m'a le plus frappé depuis qu'on a appris ce drame terrible, c'est l'humanité de la réponse politique.
05:18En fait, les victimes font de la politique réellement.
05:20C'est-à-dire qu'elles pointent des vrais sujets.
05:22Elles pointent des vraies manières aussi de faire évoluer positivement la société.
05:26Et nos politiques nous ont parlé de portiques et d'interdiction de vente d'armes.
05:30C'est-à-dire encore des collections de mesures toutes les unes que les autres.
05:33Ou de réseaux sociaux.
05:34Et là, on ne considère pas sur les réseaux sociaux.
05:35Et moi, je suis pour qu'on ait tous les débats du monde.
05:38Mais c'est juste que quand vous voyez qu'en fait, on va interdire...
05:40C'est à côté de la plaque.
05:40C'est à côté de la plaque.
05:41On va interdire l'objet du meurtre et on ne va pas agir sur le cerveau de celui qui a décidé de brondir le couteau.
05:47Et je me dis que ces gens, les victimes, ceux qui prennent la parole courageusement,
05:51et ils ont autre chose à faire au moment où ils sont en train de faire leur deuil que de parler aux médias.
05:55Mais ils le font quand même parce que c'est important.
05:57Ils méritent beaucoup mieux que ce qu'on a aujourd'hui comme représentant politique.
06:00On va parler du volet politique dans un instant.
06:02On reste d'abord sur le choc après la mort de Mélanie, 31 ans.
06:06On va écouter son beau-fils, effectivement, qui a été interrogé par les équipes de CNews ce matin.
06:10Écoutez-le.
06:11Mélanie, c'était une femme merveilleuse, une femme pleine d'amour, pleine de joie, pleine de compassion.
06:18Elle aidait tout ce qu'elle pouvait.
06:21C'était vraiment quelqu'un d'incroyable.
06:22Tous les adjectifs qu'on peut utiliser pour qualifier quelqu'un dans le positif lui étaient dus.
06:27C'est un acte absolument innommable.
06:28Je pense que, même s'il a 14 ans, je pense qu'au vu de son acte, il devrait être jugé comme un adulte.
06:33Je ne pense pas qu'on puisse encore considérer quelqu'un qui poignarde quelqu'un d'autre, d'un autre, d'un enfant.
06:40Ça efface tout sentiment d'être candide ou quoi que ce soit.
06:47Il a quand même emmené un couteau à l'école.
06:48On ne va pas me faire croire que ce n'était pas prévu, que ça a été prévu sur Mélanie ou non.
06:54Ça n'a pas tant d'importance.
06:56Le mal est fait.
06:57Mais qu'il aurait voulu s'attaquer à Mélanie ou à qui ce soit d'autre, ou même à plusieurs personnes à la suite.
07:01Dans tous les cas, il avait prévu de faire du mal aux gens.
07:04Et je ne pense pas qu'avec ça, on puisse encore le considérer comme un enfant.
07:07Reda Bellach, vous êtes policier.
07:09On s'est beaucoup dit comment parer à ce genre de situation.
07:13Là, on avait les gendarmes sur place, des contrôles aléatoires,
07:17un gamin qui arrive avec un couteau de 34 centimètres
07:19et qui fait une plaie dans le dos de la victime de 20 centimètres, 18 centimètres, je crois.
07:25Enfin, le coup lui a été fatal.
07:27Il y a eu sept coups qui lui ont été portés.
07:29Est-ce qu'on peut parer à ce genre de catastrophe et d'attaque ?
07:33C'est une question qui est...
07:36Là, c'est compliqué de répondre.
07:38Je pense qu'à chaque fois que vous avez posé une question sur ce plateau,
07:41il y avait toujours un blanc.
07:43En fait, on est tellement touché.
07:44Et puis, même moi qui ai un peu d'expérience,
07:49au bout de 27 ans de police, je ne m'attendais pas à ce qu'elle arrive,
07:53ça, dans des petits villages.
07:54Comme l'a dit, il y avait un témoignage tout à l'heure du maire,
07:57il me semble, une commune de 300 habitants.
08:00Ils n'ont pas l'habitude de ça.
08:02Malheureusement, on doit s'habituer.
08:04Le danger, il est partout.
08:06Maintenant, il faut qu'on mette tout en place
08:08en termes de dissuasion, de prévention, de répression
08:12pour améliorer les choses.
08:15Et peut-être, ça va mettre du temps.
08:16Mais il faut déjà qu'il y ait une conscience.
08:18Et là, comme l'a dit Gauthier Lebrecht juste avant,
08:21les gens se rendent compte
08:23de ce qu'on vit, nous, les policiers.
08:25C'est-à-dire le décalage entre le terrain
08:28et les discours, la technocratie.
08:32Et les beaux discours.
08:32Je n'ai pas le bon mot, je ne sais pas si j'ai le bon mot.
08:35Mais quand vous n'avez pas été touché,
08:37vous savez, on voit, nous, les policiers,
08:40tellement de victimes en souffrance, dans le mal,
08:44par rapport à leurs enfants ou eux-mêmes,
08:46que nous, ça nous bouffe.
08:49Vous voyez ce que je veux dire ?
08:50Et ces gens-là, un jour, j'espère,
08:52et moi, j'espère que tous les...
08:54Quand on parle de justice pour les mineurs,
08:56on m'en parlait tout à l'heure,
08:57j'aimerais bien que les magistrats,
08:59beaucoup de magistrats,
09:00même ceux qui siègent
09:03par rapport aux mineurs et tout,
09:07il serait bien qu'ils tournent avec nous, en fait.
09:09Ils voient la violence,
09:11qu'ils subissent la violence,
09:15comme nous, on la subit, en fait.
09:17Et comment...
09:18Parce qu'à un moment, vous prenez de la hauteur.
09:21Nous, les policiers, c'est notre quotidien
09:22de prendre de la hauteur.
09:23Mais il y a un moment où vous n'arrivez plus
09:24à prendre de la hauteur.
09:25Et je pense que pour ces victimes,
09:26et c'est peut-être ce que vous avez dit,
09:28Gauthier, tout à l'heure,
09:29c'est peut-être ce qui est en train de changer.
09:30C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
09:32nous, les policiers,
09:32il n'y a que les collègues
09:34qui ont des mandats syndicaux
09:35qui peuvent s'exprimer.
09:37Nous, on a un devoir de réserve.
09:38Dès l'école de police,
09:39on nous l'écrit,
09:40on nous le redit,
09:41vous n'avez pas le droit
09:42de sortir de votre devoir de réserve.
09:44Et là, aujourd'hui,
09:45les Français sont en train
09:46de sortir de leur devoir de réserve.
09:48Les victimes de ses proches,
09:49moi, j'ai jamais vu ça.
09:50Plus ça va, plus vous voyez
09:52que les gens vont...
09:52Et c'est peut-être ça, en fait.
09:54Il y a une espèce de...
09:55Moi, je le ressens comme ça,
09:56comme une espèce de révolution
09:57qui est en train de se passer.
09:59Et les victimes,
10:00et les proches des victimes,
10:01ils vivent ce que vivent
10:02les policiers,
10:03sauf qu'eux,
10:03ils sont en train de sortir
10:04de leur devoir de réserve.
10:05Et c'est peut-être ça
10:05qui va permettre de bouger les...
10:06Bien sûr, bien sûr.
10:07Noémie Aloua,
10:08sur ces victimes qui parlent.
10:10André, ensuite.
10:10Oui, oui, je voulais vous rejoindre
10:12ce que vous venez de dire.
10:13C'est-à-dire que je pense
10:14que pendant longtemps,
10:15pourquoi la voix des victimes
10:16n'a pas été entendue ?
10:17C'est parce qu'il y avait
10:17une chape de plomb,
10:18parce qu'il y avait une crainte
10:19de faire monter
10:20ce qu'on appelait
10:20l'extrême droite.
10:22Vous savez,
10:22quand j'ai publié en 2018
10:24mon livre sur l'affaire Sarah Halimi,
10:26c'était le même problème.
10:27J'avais eu beaucoup de mal
10:29à l'époque
10:29à médiatiser l'affaire Sarah Halimi.
10:31C'était une toute autre affaire.
10:32Mais à ce moment-là,
10:34de la même façon,
10:35on avait peur toujours
10:36de faire monter
10:37cet extrême droite.
10:38Or, aujourd'hui,
10:39qu'est-ce qui se passe ?
10:40C'est que ça ne fonctionne plus.
10:43Les gens ont besoin
10:44de s'exprimer.
10:45Les victimes ont besoin
10:46maintenant de dire
10:47la réalité qu'ils voient
10:48au quotidien,
10:49peu importe
10:49les conséquences politiques.
10:50D'ailleurs,
10:51ce ne sont pas des discours
10:52qui sont politisés
10:52au sens politicien.
10:54Ce sont des discours
10:55qui sont des cris de révolte
10:56et qui s'affirment comme tels
10:57indépendamment
10:59de toute interprétation politique
11:01qui, jusqu'ici,
11:03empêchait ces voix
11:04de vraiment pouvoir s'exprimer.
11:06André Baligny,
11:07puis après on écoutera
11:07le président Macron.
11:09Oui, moi, je suis d'accord.
11:10Les gens, maintenant,
11:12s'expriment davantage,
11:13y compris devant des caméras.
11:17Alors, évidemment,
11:17les portiques,
11:18ce n'est pas forcément la solution.
11:19En plus, ça créerait
11:20des embouteillages
11:20à l'entrée du collège.
11:21Je pense qu'il faut quand même
11:22y réfléchir.
11:23Bien sûr qu'un interdit
11:24à la vente des couteaux,
11:25ça n'empêchera pas
11:26qu'on prenne un couteau
11:26dans la cuisine de sa maman.
11:28Mais je crois quand même
11:28qu'il faut interdire
11:29la vente de couteaux.
11:30Il faut multiplier
11:32toutes les mesures possibles
11:33et imaginables.
11:33Et il faut surtout,
11:34je le répète,
11:36s'occuper de la santé mentale
11:37des adolescents.
11:38Parce que depuis quelques années,
11:39et Pascal Praud,
11:40hier soir,
11:40a fait une litanie
11:41impressionnante,
11:43glaçante,
11:43effrayante
11:44des noms de tous les...
11:45De tous les prénoms
11:45de tous les adolescents
11:47qui ont été tués
11:47à coups de couteau
11:48depuis deux ou trois ans.
11:51Et c'est Bérou,
11:51hier à l'Assemblée nationale,
11:52qui a parlé d'épidémie.
11:54Donc il y a un vrai sujet
11:55de mimétisme
11:56par rapport aux couteaux.
11:57décelé chez l'individu, là.
11:59En l'occurrence,
12:00le procureur a dit
12:00pas de troubles.
12:01Oui, a priori,
12:02mais il a eu deux antécédents
12:03quand même.
12:04Il avait quand même
12:05essayé d'étrangler
12:05un camarade.
12:06Oui, mais pas de troubles.
12:08Il y avait eu
12:08deux sanctions disciplinaires
12:09au collège.
12:11On va continuer.
12:12Je voudrais juste
12:12qu'on écoute Emmanuel Macron
12:14parce que c'est vrai
12:15qu'on parle beaucoup
12:15de la déconnexion
12:16des élites
12:17avec le pays réel.
12:18Là, il nous saute aux yeux
12:19à chaque fois
12:19qu'il prenne la parole.
12:20Hier, il y avait une émission
12:21qu'il avait sans doute lui-même
12:23demandé à France 2
12:24d'organiser
12:25puisque c'est comme ça
12:25que ça se passe en réalité
12:26dans les rapports
12:27entre l'Elysée
12:28et le service public.
12:30Donc, il a fait organiser
12:31cette émission
12:32pour les océans.
12:34Une très belle cause.
12:35Et évidemment,
12:36les journalistes
12:37ont posé des questions
12:37sur l'actualité
12:38et la mort de cette surveillance.
12:39Écoutez.
12:41On ne peut pas vivre
12:41dans une société
12:42où on passe
12:43d'un fait divers à l'eau.
12:44Qui brainwash ?
12:45Certains de vos collègues,
12:46il faut bien le dire
12:47et certains des mouvements politiques
12:49qui considèrent
12:50que c'est bon pour eux
12:51d'être tout le temps là-dedans
12:52et qui disent au fond
12:53vous ne faites jamais rien.
12:54Et donc,
12:55ils finissent par rendre
12:56les gens fous
12:57parce que les gens
12:57ont le sentiment
12:59de vivre dans un monde
12:59d'un fait divers à l'autre.
13:01Et en effet,
13:02on passe des punaises
13:02de l'île le matin
13:03à un drame
13:04qui s'est passé la journée.
13:06Donc, c'est la faute
13:07des journalistes ?
13:07C'est la faute des chaînes d'info ?
13:09Je dis tous
13:10qu'on devrait avoir
13:11une forme de discipline collective
13:13qui est évidemment
13:15de commenter l'actualité
13:16mais aussi de parler
13:16comme on le fait ce soir
13:17des sujets de fond.
13:19C'est-à-dire que
13:20oui, il faut être aux côtés
13:21de celles et ceux
13:23qui sont des victimes.
13:25Oui, il faut répondre
13:26de manière intraitable.
13:27Mais il faut s'attaquer
13:28aux causes profondes.
13:30En tout cas,
13:30si on veut une société
13:31qui avance.
13:32Alors, André Valigny,
13:33ça vous choque en fait.
13:34Non, mais bien sûr
13:35qu'il faut s'attaquer
13:35aux causes profondes,
13:36il vient de le dire.
13:37Il faut être proche
13:38des victimes,
13:38il vient de le dire.
13:39Mais enfin,
13:39quand il a commencé
13:40en parlant des faits divers
13:42et en mettant sur le même plan,
13:43si j'ose dire,
13:43les punaises de lit
13:44et le drame atroce
13:46qui était intervenu
13:46le matin même,
13:47le matin même,
13:48là vraiment,
13:48après le brainwashing,
13:50là vraiment Emmanuel Macron,
13:51pourtant Dieu sait,
13:51si je ne fais pas
13:52d'antimacronisme primaire
13:53et je reconnais parfois
13:55certains de ses mérites,
13:56ses talents,
13:56ses réussites,
13:57mais là vraiment,
13:57il est à côté de la plaque,
13:58complètement à côté de la plaque.
14:00Il est extrêmement grave
14:02de mon point de vue
14:02parce qu'il ne sait
14:03de démonétiser
14:04la parole publique.
14:05Les punaises de lit,
14:05c'était quoi ?
14:06Les punaises de lit,
14:07on a appris a posteriori
14:08que ça avait été instrumentalisé
14:10par vraisemblablement
14:12les Russes
14:14pour justement
14:15accentuer
14:16les peurs en France.
14:17Mais ça n'a rien à voir.
14:19Les faits divers,
14:19ils existent.
14:20Ce ne sont pas des fake news.
14:21Et moi,
14:22je me souviens
14:22qu'il y a quand même
14:23quelques jours à peine,
14:24le président de la République,
14:24en tout cas l'Élysée,
14:25a éprouvé le besoin
14:26de dire que ce qui était
14:27des images vraies,
14:28on se souvient,
14:30de la scène entre lui
14:31et son épouse,
14:32était en réalité
14:33des fake news.
14:33Et donc en fait,
14:34il est dans la confusion absolue,
14:35dans la confusion de tout.
14:36Mais c'est comme interdire
14:37les réseaux sociaux
14:38au moins de 15 ans.
14:39Mais que faisait-il
14:40Emmanuel Macron à 14 ans
14:41et rencontrer Mme Macron ?
14:43Bon, écoutez,
14:43Gautier Lebrecht.
14:44Non, mais pardon,
14:45mais nous n'allons pas
14:45sur le terrain de la vie privée.
14:46Mais ça n'est pas
14:47de la vie privée.
14:47Je ne crois pas que ce soit là.
14:48Je ne crois pas que ce soit...
14:49Ce n'est pas le sujet.
14:50Je ne crois pas que ce soit...
14:51Si, parce que ça a à voir
14:52avec le regard qu'il porte
14:53sur la société
14:54et le regard qu'il porte
14:55sur la transgression.
14:56Gautier Lebrecht.
14:57Sur les propos du président
14:58de la République.
14:59Donc, il cible CNews
15:01parce qu'à un moment donné,
15:02il faut le dire,
15:02il nous cible nous.
15:03On fait donc, selon lui,
15:04du lavage de cerveau
15:05en passant des punaises de lit
15:07aux faits divers.
15:08C'est comme ça
15:08qu'il le formule.
15:11C'est le président de la République.
15:12Non, mais vous vous rendez compte
15:13le niveau de la parole
15:14du président de la République.
15:16Il y a une femme
15:17qui vient de se faire tuer
15:18par un gosse de 14 ans
15:20à coups de couteau.
15:21On apprend après
15:22qu'il a visé
15:24une surveillante au hasard.
15:25Il y a un petit garçon
15:26de 3 ans
15:27qui vient de perdre sa mère
15:28et qui grandira
15:29toute sa vie sans mère.
15:31Au moment où il parle
15:32de brainwashing,
15:33de lavage de cerveau,
15:34il y a une famille à Dax
15:35qui vient d'enterrer
15:36un gamin de 17 ans
15:37qui allait fêter
15:38sa majorité
15:39quelques jours après.
15:42Il y a une mère
15:42qui se bat
15:43alors que son fils
15:46a été tué
15:46à coups de machette
15:47en sortant du foot
15:48pour que ça n'arrive pas
15:49à d'autres mineurs.
15:51Et au lieu
15:51d'embrasser
15:52cette cause-là
15:54et de trouver des solutions,
15:55il nous dit
15:56qu'il faut parler
15:56des sujets de fonds
15:57sous-entendant
15:57que les océans
15:58c'est des sujets de fonds.
15:59Ça c'est sûr,
15:59oui c'est les grands fonds marins
16:00et peut-être que
16:01la présidence de la République
16:03prend l'eau également.
16:04Mais en sous-entendant
16:06que ce qui s'est passé
16:07avec Mélanie,
16:08ce n'est pas des sujets de fonds
16:09mais un fait divers
16:10parmi tant d'autres
16:10comme il s'enchaîne
16:11tous les jours
16:12sur les chaînes d'info.
16:13Enfin franchement,
16:14c'est le président
16:14de la République qui parle
16:15et il nous parle
16:16des punaises de lit
16:17d'enfants.
16:18Allez, petite pause,
16:18on se retrouve dans un instant
16:19dans Punchline
16:20sur CNews et sur Europe 1.
16:22On écoutera
16:22d'autres réactions
16:24notamment de collégiens,
16:25de nos gens
16:25qui disent leur tristesse
16:27et leur grande émotion.
16:28A tout de suite
16:29sur CNews et Europe 1.
16:34Punchline,
16:3518h-19h,
16:37Laurence Ferrari
16:37sur CNews et Europe 1.
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