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  • il y a 8 mois

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00:0013h, 14h, 13h47 sur Europe 1, Europe 1, 13h, dernière partie, vous écoutez Céline Giraud et avec vous aujourd'hui Céline Gabrielle Cluzel,
00:08rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire et l'écrivain essayiste Paul Melun.
00:12Et cette question, où en est le Rassemblement National ? On est un an, jour pour jour, après la dissolution et un an après le triomphe du Rassemblement National,
00:19la victoire de Jordan Bardella aux élections européennes, le Rassemblement National qui a organisé hier une réunion publique dans le Loiret, la fête de la victoire.
00:27Alors on peut le dire, c'est une démonstration de force, il y a une séquence qui est compliquée, menace d'inéligibilité autour de Marine Le Pen,
00:34la perte de 4 députés, la montée en puissance de Bruno Retailleau qui chasse sur les terres du RN, c'est un casse-tête pour le Rassemblement National, Gabrielle Cluzel ?
00:44Non mais il est évident que l'inéligibilité potentielle déjà de Marine Le Pen, qui est quand même une épée de Damoclès au-dessus de la tête,
00:51mais sans qu'on sache réellement s'il faut tourner la page, c'est très compliqué à gérer pour le mouvement.
00:59Alors on peut remarquer que ça n'a pas, pour le moment, aiguisé les appétits.
01:03Oui parce qu'on est à peu près à 31, et puis il y a 31% des sondages, il reste en tête, malgré tout cela.
01:08Marine Le Pen reste assez, comment dire, bien installé, et Jordan Bardella aussi.
01:13Mais c'est vrai que tous les deux ne sont pas interchangeables, on sait qu'une présidentielle s'est incarnée,
01:17donc dire à la dernière minute 8, finalement on alterne, enfin on change, ça peut être compliqué.
01:25Alors c'est vrai qu'il y a l'émergence de Bruno Retailleau qui peut redonner confiance à une partie de ceux qui étaient venus de la droite
01:32et qui avaient rejoint, en tout cas dans l'électorat, le Rassemblement National.
01:36Maintenant le vrai sujet c'est, et pour le moment cette partie de l'électorat est très captive du Rassemblement National,
01:44c'est les classes populaires, ce qu'on a coutume d'appeler les classes populaires,
01:48celles qui ont été finalement abandonnées par la gauche,
01:50qui s'est reportée sur le prolétariat de substitution que sont les électorats d'importation, si j'ose dire,
01:57plutôt les populations immigrées.
01:59Et donc ceux-là, ils sont très attachés au Rassemblement National et aussi à la figure de Marine Le Pen,
02:04à la personne de Marine Le Pen.
02:07Et ça Bruno Retailleau, avant qu'il les capte, je crois qu'il y a un coup à faire.
02:11Parce que c'est pas du tout son ADN pour le moment.
02:13Est-ce que le Rassemblement National peut sortir de cette spirale un peu morose
02:17dans laquelle effectivement le parti semble enfermer ces derniers mois ?
02:21Le RN peut en sortir parce que le RN a un axiome idéologique
02:25qui va quand même dans le sens de l'opinion publique et de sa transformation.
02:29C'est-à-dire que sur plein de sujets, les frontières, l'immigration, le rapport à l'idéologie woke.
02:35Marine Le Pen en a parlé dans le Loiret, elle a parlé du wokeisme,
02:37elle a dit que l'Union Européenne était wokeiste.
02:39Avec Victor Orban, je le précise, et Matteo Saluni.
02:43L'idée c'est de montrer que les patriotes, ça marche à l'étranger.
02:48Ça peut marcher dans d'autres pays.
02:49On se demande pourquoi ça n'a pas encore marché en France d'ailleurs, mais ça c'est un autre débat.
02:52Mais en tout cas, sur l'axiome idéologique qu'est le sien et celui de son parti,
02:56globalement, ça emporte une majorité des Français.
02:59Donc moi, ce que je me pose comme question, c'est pourquoi est-ce que dans les urnes,
03:02ça fait 30-33%, donc un tiers des suffrages,
03:05et pourquoi est-ce que quand on prend les enquêtes du Cevipov, par exemple,
03:07vous avez 60-70% des Français qui, sur à peu près tous les sujets,
03:10veulent de la fermeté, veulent plus de frontières, veulent moins de wokeisme, etc.
03:14Et pour autant, le Rassemblement National n'arrive pas à percer le mur du son,
03:18le fameux plafond de verre, et à se hisser au-delà du second tour, à l'Elysée,
03:22ou à remporter une majorité aux législatives,
03:24puisque beaucoup pensaient que Jordan Bardella serait Premier ministre,
03:27et il n'en a rien été, et ça a été quand même une forme de...
03:29Donc là, ils font la fête de la victoire pour les Européennes,
03:31mais les législatives ensuite, c'est plutôt une défaite, enfin une défaite relative.
03:34Donc à un moment donné, il y a cette complexité-là.
03:36Et puis ensuite, deuxième point, la bataille judiciaire pour Marine Le Pen,
03:39il est vrai qu'il y a des éléments où le RN n'a pas les cartes en main.
03:42L'avenir judiciaire de Marine Le Pen, avec cette exécution provisoire,
03:46et avec cette inéligibilité, c'est quelque chose qui échappe aux mains du Rassemblement National.
03:51Et moi, personnellement, même si je ne suis pas de ce parti-là,
03:53et que je ne soutiens pas Marine Le Pen,
03:55je dois dire que cette exécution provisoire m'a choqué,
03:57et que Marine Le Pen doit pouvoir concourir pour une question de démocratie.
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