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  • il y a 7 mois
Avec Marie-Gabrielle de La Salle, Psychologue, conseillère d'orientation à Acadomia

En partenariat avec Acadomia.

Retrouvez l'émission "La vie en mieux" avec Catherine Bully, tous les dimanches sur Sud Radio.

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##LA_VIE_EN_MIEUX-2025-06-08##

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Transcription
00:01Academia vous présente La Vie en Mieux, questions d'éducation, Catherine Bulli.
00:07Bonjour à tous et merci d'être avec nous pour ce nouvel épisode de La Vie en Mieux, questions d'éducation.
00:13Nous sommes ravis de vous retrouver comme chaque dimanche à midi.
00:17Merci pour vos questions, vous n'hésitez pas à nous écrire sur lavieenmieux.fr.
00:22Nous essayons de répondre à vos inquiétudes, à vos préoccupations.
00:26Et si vous ne pouvez écouter La Vie en Mieux à midi, vous savez que vous pouvez nous retrouver sur l'application Sud Radio et en podcast sur sudradio.fr.
00:34Alors aujourd'hui, nous allons parler évidemment Parcoursup, on ne peut pas passer à côté quand même, parce que les résultats sont tombés.
00:40Comment gérer les insatisfactions, quelles orientations proposer.
00:43C'est une période qui peut être source de mal-être, source d'angoisse, source de petits conflits parfois.
00:49Comment conseiller finalement ces jeunes et leur famille.
00:53Et on s'aperçoit aussi qu'il y a pour beaucoup de jeunes aujourd'hui des mots, un mal-être psychologique, des conflits, de fortes angoisses.
01:03Donc ce mal-être, il a différentes causes, il se traduit de différentes manières et laisse souvent les parents, il faut le dire, un peu impuissants et démunis.
01:12Alors quels sont ces mots ? Comment les identifier, les accompagner pour permettre aux étudiants de poursuivre des études sereines et épanouissantes ?
01:19C'est quand même l'objectif numéro un. On en parle tout de suite avec notre invitée, Marie-Gabrielle de Lassalle, conseillère d'orientation et psychologue pour Academia.
01:34Bonjour Marie-Gabrielle de Lassalle.
01:37Bonjour Catherine.
01:37Ça va ?
01:38Oui, très bien.
01:38Psychologue, conseillère d'orientation, je le disais pour Academia. Alors bien évidemment, on va parler des résultats Parcoursup, mais on va parler aussi et surtout en fait de la partie psychologique,
01:48c'est-à-dire du côté mal-être, angoisse, conflit émotionnel qu'il peut y avoir. Et c'est vrai que nos étudiants en fait souffrent pas mal de pas mal de mots.
01:59Qu'est-ce que vous diriez qu'ils viennent ? D'où ces mots, Marie-Gabrielle ?
02:03Alors, vraiment ce qui est important de rappeler, c'est qu'on est sur une population de 15 à 20 ans. J'élargis un petit peu la tranche, mais c'est déjà une période de grands chamboulements psychologiques.
02:19On est sur de l'individuation intellectuelle, mais aussi avec ses parents. On essaye de les mettre un petit peu dans la case.
02:25C'était avant ça, quand j'étais petite, maintenant je suis grande, donc je peux m'en extraire de ce lien aussi avec les aînés.
02:32On les teste aussi, par exemple.
02:33On les teste, on les teste, on teste les limites de toute façon, de manière générale. Donc il y a ça comme base.
02:39Et ensuite, se surajoutent différentes difficultés personnelles, d'histoires de vie aussi, mais aussi des traumatismes.
02:47D'autre part, il peut y avoir aussi des addictions très fortes.
02:50Alors, on va parler. Et le comportement, en fait, que vous constatez, il se traduit comment ?
02:56C'est un isolement ? C'est une profonde tristesse ?
02:59Quel est le comportement ?
03:00Je vais parler d'un cas que j'accompagne en ce moment où on a constaté, il y a deux, trois mois,
03:06c'était un jeune homme qui est en première et qui est arrivé avec un sourire gentil, qui dit bonjour.
03:13Et je l'ai accompagné d'un point de vue scolaire.
03:16Et en l'espace de trois semaines, il était fermé, soucieux, plus de sourire.
03:21Plus de bonjour.
03:22Et l'attitude physique était extrêmement renfermée sur lui-même.
03:26Donc, clairement, ça, c'est des signaux forts qu'on peut voir dès l'entrée dans l'école, en fait, tout simplement.
03:31Et là, j'ai pu très vite faire une alliance thérapeutique avec lui en disant, en fait, je vois bien que ça ne va pas bien.
03:37C'est clair pour moi.
03:38Donc, maintenant, on va essayer de voir ce que je peux faire pour toi et ce que tout le monde peut faire pour toi dans l'équipe pédagogique.
03:44Et en fait, il vient d'où ce mal-être ?
03:46Alors, en l'occurrence, de manière générale, ce que je constate,
03:50en accompagnant des élèves vraiment sur le terrain, dans un lycée, dans un collège, dans un lycée,
03:56ça va être beaucoup d'addictions, ce que je constate, des addictions à la pornographie,
04:03des addictions aussi au cannabis.
04:07Ce que je peux constater, c'est aussi une phobie très forte, des angoisses extrêmement fortes liées à des histoires personnelles,
04:14mais où les gènes aussi, actuellement, se réfugient aussi dans l'image par rapport aux réseaux sociaux,
04:20l'image des autres, etc.
04:23Et donc, c'est vrai que ça travaille sur l'estime de soi, en fait, chez les gènes.
04:26Alors, vous dites addiction à la pornographie.
04:30Oui.
04:31Donc, il y a beaucoup d'addictions parmi les élèves que vous suivez.
04:35Oui, oui.
04:35Et ce sont des élèves de quel âge ?
04:37C'est des élèves, ça peut commencer très tôt, mais actuellement, j'en ai plusieurs cas,
04:43où on est sur seconde, première, donc du lycée.
04:46Et ça peut être parfois une manifestation, en fait, de stress.
04:49Ce n'est pas forcément le contenu qui est important, mais ça va être plutôt l'utilisation de quelque chose qui va permettre de gérer le stress.
04:56En fait, étant donné qu'il n'y a pas vraiment de relation structurante et que l'adolescent ne veut pas de relation avec des adultes,
05:03il va trouver ce moyen pour lâcher son angoisse.
05:06Mais il va être seul, il va être dans l'isolement.
05:09Et alors, la pornographie, pourquoi ? Parce qu'en fait, c'est une évasion.
05:13Quelle est la raison pour laquelle, en fait, ça pourrait être une autre addiction ?
05:20Oui, alors en fait, ça part de quelque chose de très simple, c'est qu'en fait, on est quand même sur...
05:24Un désert affectif ?
05:25Non, on part sur aussi quelque chose de basique, c'est-à-dire qu'on est encore dans du développement psycho-affectif normal.
05:30La sexualité est un thème normal dans ces âges-là.
05:34Il n'y a absolument pas de problème là-dessus.
05:36Mais parfois, certains vont aller se réfugier vers une solution qui va plutôt les isoler vis-à-vis de ces thèmes,
05:42au lieu de pouvoir en discuter et de pouvoir ne pas avoir honte aussi de parler de ce genre de thème.
05:47Et les réseaux sociaux, ce type d'addiction, ont lieu à des moments où normalement, ils devraient travailler
05:53et finalement, ils s'extraient de leur travail pour s'adonner à ce genre d'addiction ou pour aller sur les réseaux sociaux ?
06:02Alors, en l'occurrence, dans l'établissement dans lequel je travaille,
06:05on prend immédiatement le téléphone à l'entrée, à l'accueil,
06:08pour qu'au sein de l'établissement, il n'y ait pas l'outil.
06:12Mais malheureusement, on n'a pas de contrôle sur tout ce qui se passe en dehors de l'établissement.
06:16Et donc, quand je rencontre les élèves et qu'ils me disent
06:18« je suis rentrée chez moi » et on déroule un petit peu la fin de journée,
06:22ils vont me dire « je suis restée 30 minutes, je suis allée manger,
06:25et puis après je suis restée une heure et puis j'ai travaillé un quart d'heure. »
06:27Et en fait, la proportion est complètement basculée.
06:32Ça devrait effectivement être un plaisir peut-être à la fin.
06:35On n'interdit rien, mais on dose.
06:39Oui, c'est sûr.
06:40Alors, vous me disiez, en préparant l'émission, justement,
06:45qu'il y a quand même des effets entre les nouvelles technologies, les addictions.
06:49Il y a des effets quand même qui sont très importants sur la mémoire des élèves.
06:53Alors, il y a plusieurs choses, effectivement.
06:55Il y a d'une part l'écran en tant que tel, et d'autre part le contenu.
07:01C'est-à-dire qu'on parle beaucoup des nouvelles technologies,
07:03et en l'occurrence, ce qui circule beaucoup au sein du lycée,
07:06c'est par exemple l'intelligence artificielle, notamment le chat GPT.
07:10Il y a des élèves qui m'ont dit « Madame, vous n'avez pas de chat GPT sur votre téléphone,
07:13mais vous êtes… » Enfin bref, je vous passe les détails.
07:16Mais en gros, j'étais une arriérée.
07:18Et on constate quand même sur ces deux éléments, à la fois l'écran,
07:21que c'est une question vraiment de temps passé.
07:25C'est la fréquence qui est importante.
07:27Ce n'est pas forcément l'écran, encore une fois.
07:28Il ne faut pas diaboliser les outils.
07:30Mais en revanche, il faut parler vraiment de la fréquence.
07:33Oui, et puis le scroll.
07:34Parce qu'on passe d'une vidéo qui dure, je ne sais pas, quelques secondes,
07:39et vous passez à une autre.
07:41Et finalement, la concentration est quand même pas mal.
07:43Exactement. Et vous disiez la mémoire tout à l'heure.
07:45Mais il y a aussi la concentration.
07:47C'est-à-dire que plus on utilise ces outils qui vont vite,
07:49plus le cerveau n'a pas forcément le temps de développer justement ces capacités
07:53qu'ils doivent apprendre à ces âges-là, de contrôle, d'inhibition.
07:58Ça, c'est vraiment de la neurologie.
07:59Donc ça a un impact, dans certains cas, attention,
08:02sur effectivement la concentration et la mémoire.
08:04Et vous allez même jusqu'au QI.
08:06C'est-à-dire que ça peut même avoir des conséquences sur le développement,
08:12finalement, l'intelligence de l'étudiant à terme.
08:15Des connaissances cognitives.
08:16Alors, en fait, j'ai lu aussi un article.
08:19C'est quelque chose que certains psychologues ou certains neurologues
08:23commencent vraiment à travailler.
08:25C'est quelles sont les conséquences, notamment, de l'intelligence artificielle
08:27sur le cerveau, le développement cérébral.
08:30Et c'est très intéressant parce qu'il y avait un article qui disait
08:32qu'à court terme, à moyen terme, ça avait un impact.
08:35Mais à long terme, il se pourrait, alors peut-être pas non plus,
08:39mais qu'il y ait un impact sur le fameux quotient intellectuel.
08:42Et alors, il y a justement, Tchad-GPT, finalement.
08:45Quel est l'étudiant qui, pour un devoir d'histoire,
08:48pour un devoir, ne consulte pas Tchad-GPT ?
08:51Finalement, est-ce que la crainte n'est pas justement de se dire
08:53mais ils ne réfléchissent plus par eux-mêmes,
08:56ils ne donnent plus des connaissances qu'ils ont, eux, en fait, acquis ?
09:01C'est une machine qui, finalement, leur donne les réponses.
09:04Donc, c'est quand même, c'est dur de se dire ça.
09:06C'est dur et d'autant plus qu'on peut sentir, et là, je l'ai vu, un cas...
09:09Parce que ce n'est plus le niveau de l'élève qu'on juge, là.
09:11C'est le niveau de la machine.
09:12Et encore, le niveau de la machine est avéré depuis longtemps.
09:16Mais les professeurs sont quand même conscients de cela.
09:18Donc, ils essayent de faire, en tout cas dans l'établissement,
09:20une différence entre les monocopies,
09:23c'est-à-dire celles qui se ressemblent toutes, et la copie qui diffère.
09:26Mais il faut faire attention aussi au sentiment d'injustice,
09:28parce que quelqu'un peut avoir bien travaillé,
09:31mobilisé ses compétences intellectuelles
09:33pour réaliser un travail qu'il a sorti lui-même
09:36et avoir une moins bonne note
09:37que celui qui a pris le DPT.
09:40Donc, c'est vrai qu'il y a aussi, au niveau des professeurs,
09:42je pense, une sensibilisation très forte
09:44et une pédagogie à avoir pour les uns comme pour les autres.
09:47Est-ce que, lorsque vous recevez une famille,
09:49vous avez le sentiment que les parents, en fait,
09:52sont conscients de tout ça ?
09:55Est-ce qu'ils ne sont pas un peu démissionnaires, les parents ?
09:59Je vais vous dire, c'est que dans l'ordre,
10:00moi, je crois beaucoup en l'alliance thérapeutique
10:02avec le jeune d'abord.
10:04Et une fois que je l'obtiens, en confiance, attention,
10:08je lui explique qu'il est nécessaire,
10:11et d'autant plus s'il est mineur,
10:13que je puisse prévenir ses parents de notre rencontre,
10:16de leur fréquence et à quoi ça sert.
10:17Donc, on va mettre une boucle d'alliance
10:19et j'appelle les parents, je les préviens,
10:21je préviens le jeune,
10:22mais j'essaie d'être un petit peu sur le fil,
10:24sur les informations.
10:25Je ne peux pas tout dire aux parents,
10:27mais la plupart me disent,
10:27mais en fait, je ne m'en rendais pas compte,
10:29merci beaucoup.
10:30C'est ça, parce qu'un mal-être peut être masqué.
10:32Et ils sont très forts.
10:33Ils sont très, très forts pour masquer.
10:35Et même à moi, donc il faut creuser.
10:37Et moi, je suis là au quotidien,
10:38je les vois dans l'école.
10:39Donc, c'est vrai que les parents ne les voient pas non plus
10:41dans le milieu scolaire.
10:42Et c'est plus facile, quelque part.
10:44Et comme je n'ai pas une historicité avec les jeunes,
10:47avec moi, c'est vrai que c'est plus facile.
10:48Et les parents, parfois, ils se remettent en question.
10:50Mais il ne faut surtout pas culpabiliser.
10:52C'est simplement que moi, je ne suis pas leur mère.
10:54Je suis là, en fait.
10:55Alors, qu'est-ce que vous leur dites aux parents ?
10:57Je leur dis surtout...
10:58Comment doivent-ils les accompagner ?
11:00Qu'est-ce qu'ils doivent faire ?
11:00Surtout ne pas culpabiliser.
11:01Parce que ça, c'est une perte d'énergie énorme.
11:04Et que c'est de la faute de personne.
11:06Et qu'on va essayer ensemble de construire quelque chose
11:08de bienveillant, mais d'immédiat.
11:10Parce que par contre, les jeunes sont dans l'immédiateté.
11:13Et ça, c'est très important.
11:15Parce que ce n'est pas évident, justement,
11:16quand on parlait des études supérieures,
11:18ce n'est pas évident d'imaginer des études supérieures
11:21en ayant un mal-être, une angoisse,
11:23déjà dès le départ.
11:24On va répondre à cette question.
11:26Vous restez avec nous.
11:27On se retrouve dans quelques minutes
11:28dans La Vie en Mieux.
11:29La Vie en Mieux spécial éducation.
11:45Nous sommes ensemble jusqu'à midi et demi.
11:47Merci de rester avec nous pour cette deuxième partie
11:50La Vie en Mieux question d'éducation
11:51avec Marie-Gabrielle de Lassalle,
11:53psychologue et conseillère d'orientation
11:55pour le groupe Academia.
11:56Alors, Marie-Gabrielle,
11:57les résultats de Parcoursup sont tombés.
11:59Il y en a qui vont être très heureux.
12:01Il y en a qui le sont un peu moins,
12:02comme chaque année, forcément,
12:04quand on n'a pas eu ces choix, c'est sûr.
12:07Alors, comment vous accompagnez
12:08les étudiants et leur famille ?
12:09Parce que les parents sont aussi touchés
12:11que les étudiants lorsque les vœux tombent
12:14et que malheureusement, on n'a pas ces choix.
12:16Comment vous les accompagnez ?
12:17Parce qu'on ne peut pas démarrer
12:18des études supérieures.
12:20On ne peut pas même repartir
12:21sur une nouvelle étape,
12:23voire même parfois redoubler pour certains.
12:25si on n'est pas conscient
12:28de ce que ça peut apporter de positif.
12:30Donc, il faut vraiment déjà remettre
12:31la machine en marche
12:32et permettre à l'étudiant
12:34d'y croire à nouveau.
12:35Alors, ce que je recommande vraiment
12:36et ce que je fais avec tous les élèves,
12:38c'est de préparer vraiment
12:39un plan A, un plan B, un plan C.
12:42Ah, carrément !
12:42Oui, je suis énormément dans la sécurité
12:44et donc, en déroulant le fil,
12:46si vous voulez,
12:47de ce qui peut se passer,
12:48de bien comme de moins bien,
12:50on travaille un plan B,
12:51on travaille un plan C.
12:53Et j'ai l'exemple type
12:54d'une jeune fille
12:55qui avait mis des prépas
12:56et qui a ses résultats
12:57et je lui ai dit
12:58prends patience.
12:59Il faut aussi ne pas oublier
13:00qu'en 24 heures,
13:01il peut se passer beaucoup.
13:02Et elle m'a dit ce matin
13:03qu'elle est passée
13:04de la 400e place
13:05à la 150e place
13:06sur une prépa.
13:07C'est fou !
13:08En même pas 24 heures.
13:09Donc, il faut aussi
13:11cette notion de patience
13:12que tous les jeunes n'ont pas.
13:13Alors, c'est vrai
13:14qu'au-delà des problèmes psychologiques,
13:16il y a parfois un delta
13:17entre l'école
13:19que vous avez choisie
13:20et votre domaine de compétence
13:24et votre niveau de compétence.
13:26Comment vous abordez la question
13:27quand vous sentez,
13:28par exemple,
13:29je veux faire médecine,
13:30je ne suis pas très bonne en SVT,
13:32je ne suis pas bonne du tout
13:33en physique et en maths,
13:35ce n'est pas terrible.
13:37Qu'est-ce qu'on fait ?
13:37C'est très délicat
13:38parce que je travaille
13:39avec des jeunes
13:40qui, on l'oublie encore,
13:43mais ils ont un âge
13:43où en fait,
13:44ils n'ont pas cette maturité
13:45et ce recul sur la vie,
13:46même si certains physiquement
13:47ont l'air,
13:48mais en fait,
13:49parfois je les appelle
13:51un peu des bouts de choux
13:52pour les chercher,
13:53mais en fait,
13:53il ne faut pas oublier
13:54que là,
13:55Parcoursup
13:56et l'orientation,
13:58ça peut être structuré
13:59et ça se prépare
14:00et ça se réassure.
14:01C'est ce que je vous disais,
14:02si le plan A,
14:03vous voyez que l'élève,
14:04il est très investi dedans,
14:06émotionnellement,
14:07je ne suis pas là
14:08pour casser cette envie
14:10et surtout,
14:11l'estime de soi
14:12va se construire sur cette envie.
14:13Donc en fait,
14:13ce que je vais travailler
14:14beaucoup plus moi,
14:15c'est insidieusement
14:16le plan B.
14:18Donc je vais lui dire,
14:19sur Parcoursup,
14:19tu peux mettre médecine,
14:21pas de problème,
14:21mais peut-être qu'on va mettre
14:22en plan B,
14:23qu'est-ce que tu penses,
14:24etc.
14:25Et en plan C,
14:25donc toujours sur cette sécurité
14:26et l'élève,
14:27de toute façon,
14:28va être ravi de pouvoir
14:29s'appuyer sur cette sécurité.
14:31Est-ce que vous avez eu
14:32carrément des changements
14:33d'orientation ?
14:34Alors oui,
14:34et j'ai deux exemples
14:36où c'était vraiment
14:38assez fort
14:38parce que
14:39les élèves
14:41voulaient être médecins,
14:42voilà,
14:43et en même temps,
14:43ils hésitaient avec du droit.
14:45Rien à voir.
14:46Eh bien,
14:47eux,
14:47ils voyaient en fait
14:48le lien en disant
14:48je peux aider,
14:50mais de deux manières différentes.
14:52Et donc,
14:52ils n'avaient pas cette notion
14:53effectivement à la fois
14:54des études de droit
14:55et des études de médecine.
14:56Effectivement,
14:57il y a quand même
14:57une partie de la pédagogie
14:58d'aller se renseigner
14:59quand même un minimum,
15:00mais il y en a une
15:02qui m'a dit
15:03bon en fait,
15:03je vais mettre médecine
15:04parce que c'est le plus dur
15:05et après,
15:06si l'année prochaine je rate,
15:07eh bien je mettrai droit
15:08l'année prochaine
15:09sur Parcoursup.
15:10Donc elle passe de la médecine
15:11à la magistrature ?
15:12En fait,
15:12en un semestre,
15:14elle m'a appelée,
15:15elle m'a dit
15:15en fait,
15:15c'est Kata,
15:16c'est pas fait pour moi,
15:17donc je me remets
15:18sur Parcoursup,
15:18on avait préparé ça,
15:19je vais mettre que du droit,
15:20maintenant je suis plus assurée.
15:21On peut prendre son temps.
15:23Et est-ce qu'il arrive,
15:24parce que moi j'en ai vu
15:26quelques-uns,
15:27des cas où les familles
15:29en fait sont encore plus déçues
15:31que les étudiants
15:32et finalement ne les aident pas
15:34dans la poursuite,
15:36on va dire,
15:37de cette trajectoire ?
15:38Mais oui.
15:39Est-ce que vous arrivez
15:39à avoir un discours,
15:40une conversation vraiment
15:41avec des parents
15:42pour leur montrer que finalement
15:43c'est pas si grave ?
15:44Non, exactement.
15:45Et ce qui est la différence,
15:47c'est que certains parents
15:48ont connu une génération
15:50d'inscriptions sur des filières
15:52qui sont très monofilières,
15:54il n'y avait pas autant de choix
15:55et autant de passerelles
15:56et donc en fait souvent
15:58je prends un rendez-vous téléphonique
15:59et je leur dis
16:01voilà en fait
16:01toutes les passerelles
16:02qui existent,
16:03ne vous inquiétez pas
16:04sur le long terme
16:05et le chemin,
16:06l'orientation c'est un chemin
16:07donc il peut se passer
16:08plein de choses.
16:10Et sinon le sentiment d'échec,
16:12comment vous l'abordez ?
16:13Il y a des élèves
16:14qui ont un sentiment d'échec.
16:16Mais pour moi,
16:17je vais un peu peut-être...
16:19Ça va être très surprenant
16:20mais l'échec
16:20ça fait partie de la vie.
16:22Et donc en fait,
16:23c'est comment l'élève
16:24va être outillé
16:26pour en fait développer
16:28au-dessus de l'échec.
16:29C'est un échec,
16:29c'est un résultat.
16:30C'est un résultat,
16:31oui mais il va le vivre
16:31comme un échec,
16:32vous avez raison.
16:33Mais c'est comment dépasser
16:34cet échec
16:35et c'est ça qui fait
16:35des étapes de vie
16:36constructives aussi.
16:37Est-ce que vous êtes favorable
16:38ou non au redoublement
16:40quand on n'a pas eu
16:41finalement son choix
16:42d'école
16:43ou quand on se rend compte
16:45que finalement
16:46l'ESPE qu'on a choisi
16:47elle risque d'être
16:49un petit peu trop difficile ?
16:50Est-ce que vous êtes
16:51pour le redoublement ?
16:52J'ai des cas
16:52très particuliers en tête,
16:54notamment les terminales.
16:55Là, je déconseille
16:56le redoublement.
16:58Bon, évidemment,
16:59à part si on n'a pas le bac,
17:00il ne faut pas oublier
17:01qu'il y a le bac derrière.
17:02Mais si on est très déçu
17:03par Parcoursup,
17:03il est important
17:04de se mettre en relation
17:05avec des filières
17:06et d'avancer.
17:06Si on a le bac,
17:07il faut avancer.
17:08Il y aura toujours
17:08un choix possible.
17:10Si je prends les classes
17:11en deçà,
17:12il y a des élèves
17:13pour qui les spécialités
17:14sont extrêmement importantes
17:15et je crois vraiment
17:16qu'il faut mettre l'élève
17:16au centre de la discussion.
17:17Il ne faut pas que ce soit
17:18des adultes
17:19qui discutent entre eux,
17:20à la fois la direction,
17:21la CPE, etc.,
17:22ou sans demander son avis.
17:24Là, je parle des classes
17:24de seconde et de première,
17:25mais même de troisième,
17:27à l'élève.
17:27Et on est surpris
17:28parce que certains élèves
17:29comprennent que ça peut
17:30être bénéfique,
17:31un redoublement,
17:32notamment pour le choix
17:32des spécialités,
17:33ou pour se redonner une chance
17:35sur Parcoursup
17:36si la première
17:37n'a pas été efficace.
17:38C'est une discussion pour moi.
17:39D'accord.
17:40Est-ce que lorsqu'il y a
17:41des conflits psychologiques,
17:43émotionnels,
17:44importants,
17:45en fin de parcours,
17:46en fin de terminale,
17:47vous avez déjà proposé
17:49à un étudiant
17:50de tout arrêter,
17:52de faire un break,
17:53d'attendre,
17:54pour qu'il se ressource,
17:56pour qu'il reprenne
17:56confiance en lui,
17:58pour qu'il retrouve
18:01la motivation ?
18:01Ça ne m'est pas arrivé.
18:03Et là, j'ai un cas
18:04en particulier
18:04où j'ai un peu
18:05proposé l'inverse.
18:07C'est-à-dire que ce que
18:08je propose,
18:09c'est un coaching
18:10avec l'accord parental,
18:11bien sûr,
18:12sur son téléphone personnel.
18:14C'est-à-dire qu'il m'envoie
18:15son emploi du temps,
18:16je check et je lui dis
18:17ça, tu peux y arriver.
18:18C'est-à-dire que je vais
18:19renforcer la partie scolaire,
18:21non pas pour effacer
18:21les problèmes psychologiques,
18:23mais pour dire que,
18:23pour l'instant,
18:24l'échéance,
18:25c'est le bac
18:25la semaine prochaine,
18:26en fait,
18:27pour lui,
18:27en l'occurrence.
18:28Et on va se concentrer
18:30là-dessus.
18:30Et après,
18:31on va travailler
18:32sur les fondements
18:33psychologiques.
18:34Mais lui,
18:34il ne veut pas redoubler.
18:36Attention,
18:36c'est lui qui est d'accord
18:37au départ,
18:38encore une fois.
18:39Il a cette énergie.
18:40Si je vois,
18:40effectivement,
18:41on a eu quand même
18:41des cas aussi
18:42de personnes
18:42qui ont été hospitalisées,
18:47doivent prendre soin d'eux.
18:49Sur toi,
18:49cet âge-là,
18:50rien n'est...
18:50Évidemment.
18:51Est-ce qu'il y a aussi
18:52des moments
18:53dans la vie des étudiants
18:55lorsqu'ils ont leur
18:56parcours sup
18:57a été favorable,
18:58ils ont leur vœux
18:59et qu'ils veulent faire
19:00une année de césure ?
19:02Vous dites quoi ?
19:03Pourquoi pas ?
19:04Si c'est structuré,
19:05encore une fois,
19:06c'est-à-dire que structuré,
19:07l'année de césure
19:08doit,
19:09sur un CV,
19:11pouvoir être utile
19:12à son parcours,
19:13à son projet.
19:14Et c'est quoi,
19:14une année de césure utile ?
19:16Ça peut être
19:16un voyage à l'étranger ?
19:17Ça peut être une expérience
19:18en entreprise ?
19:19Ça peut être n'importe quoi ?
19:20En fait,
19:20ça peut être n'importe quoi.
19:21Le voyage à l'étranger
19:22est souvent prédominant
19:24puisqu'on a fini le scolaire,
19:26on a envie d'aller voir
19:27un peu ailleurs.
19:28Et ce que je recommande
19:29beaucoup,
19:30c'est de revenir
19:30avec un bagage en langue,
19:33tout simplement passer
19:34un test en langue
19:35pour montrer qu'il y a eu
19:36vraiment un avant
19:37et un après.
19:38Et ça,
19:38sur un CV
19:38ou pour des écoles,
19:40c'est très favorable.
19:41Alors,
19:42maintenant,
19:42on va prendre
19:43les deux catégories d'élèves.
19:45Ceux qui ont eu
19:46parcours sup,
19:46donc qui ont eu
19:47leur choix,
19:48leur vœu,
19:49qu'est-ce qu'il faut
19:50avoir en tête
19:52pour bien démarrer
19:53ces études supérieures ?
19:55Alors,
19:56déjà,
19:56c'est aller
19:58déjà aux réunions
20:00que propose la formation.
20:01Souvent,
20:01ils proposent des réunions
20:02aux nouveaux,
20:03se déplacer,
20:04aller rencontrer des gens.
20:06Ça,
20:06c'est très important.
20:07Et puis aussi,
20:08profiter de son été,
20:09j'ai envie de dire.
20:10Et fin août,
20:12au début septembre,
20:13pour certaines écoles,
20:14essayer d'aller voir
20:16des étudiants
20:17qui vont commencer
20:19le cursus avec eux.
20:20Je trouve que
20:21de pouvoir développer
20:22déjà des amitiés
20:23ou en tout cas
20:24des connaissances,
20:24ça aide à démarrer
20:26aussi l'entrée
20:26dans le supérieur.
20:28Souvent,
20:28beaucoup de familles
20:29conseillent à leurs enfants
20:31de faire une prépa
20:32quand ils ne savent pas
20:32exactement vers quel choix
20:35se destiner.
20:36Vous êtes favorable
20:37à la prépa.
20:37Est-ce que tous les élèves
20:38sont capables
20:39de faire une prépa ?
20:40Parce que c'est
20:40un gros travail,
20:41la prépa.
20:42Oui,
20:43je vais reprendre
20:45le mot de capable.
20:46En fait,
20:46je pense que
20:48ce n'est pas une question
20:48d'une capacité,
20:49c'est plutôt une question
20:50vraiment d'identité,
20:52d'intelligence,
20:52d'identité aussi,
20:53de compétences.
20:55La prépa mobilise
20:56des compétences
20:57extrêmement scolaires,
20:58ça veut dire
20:59de l'apprentissage par cœur,
21:00beaucoup de capacité
21:01de travail scolaire,
21:02donc passer à peu près
21:03une à deux heures par soir
21:04en plus de la prépa.
21:06Et certains élèves
21:07n'ont pas ces compétences,
21:09mais ils en ont d'autres.
21:10Donc la prépa n'est pas faite
21:11pour tout le monde.
21:12Donc vous ne la recommandez
21:13pas systématiquement ?
21:14Non,
21:14pas du tout.
21:15Ce n'est pas toujours
21:15le bon choix
21:16quand on ne sait pas
21:17exactement ce que l'on veut faire ?
21:18Il y a d'autres solutions.
21:19De passer par quelques-unes.
21:21Donnez-nous quelques exemples.
21:23Eh bien,
21:23en fait,
21:23tout simplement,
21:24il y a aussi des formations
21:25BAD plus 2
21:27qui sont intéressantes
21:29à aller exploiter.
21:30Et notamment,
21:30là,
21:31j'ai deux jeunes filles
21:31qui m'ont dit
21:32en fait,
21:33le scolaire,
21:34ce n'est pas pour moi,
21:35mais j'ai envie
21:36juste de voir
21:37ce que c'est le supérieur.
21:38Eh bien,
21:38tout simplement,
21:38on a trouvé une licence 1
21:40intéressante.
21:42Ils n'y pensaient pas.
21:44Donc j'ai dit,
21:44pourquoi pas éco-gestion
21:45ou pourquoi pas
21:46communication
21:47avec derrière un objectif.
21:49Toujours,
21:49mon plan A,
21:50mon plan B,
21:50mon plan C.
21:51Mais effectivement,
21:52ils peuvent aller voir
21:53aussi à l'université.
21:54C'est fait pour ça.
21:56Merci beaucoup,
21:57Marie-Gabrielle de la salle
21:58pour cet éclairage
21:59très intéressant
22:00sur l'état psychologique,
22:01émotionnel
22:02et les conséquences
22:03d'ailleurs
22:03pour tous nos étudiants.
22:05Je vous retrouve
22:05dimanche prochain,
22:07mais avant de vous quitter,
22:07je voulais vous faire part.
22:09Jeudi prochain,
22:10c'est la journée nationale
22:11de sensibilisation
22:12au TDAH
22:13qui touche 7%
22:15des enfants.
22:16Il y a un dossier spécial
22:18qui a été magnifiquement
22:19bien réalisé
22:20sur le magazine
22:21Zèbres et compagnie.
22:22Donc vraiment,
22:23si c'est un sujet
22:24qui vous concerne,
22:25n'hésitez pas,
22:26Zèbres et compagnie
22:27qui est en vente
22:28d'ailleurs
22:29dans tous les kiosques.
22:30C'est un mag très sympa
22:31et extrêmement quali
22:33et très très très bien fait.
22:35Merci à tous,
22:35on se retrouve dimanche prochain.
22:37À la semaine prochaine.
22:39Academia vous a présenté
22:40La vie en mieux.
22:42Question d'éducation.
22:45Catherine Bulli.
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