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  • il y a 7 mois

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00:00Bonjour Christian Estrosi, bienvenue à la grande interview sur CNews et Europe 1, vous êtes évidemment le maire de Nice, vice-président du parti Horizon, qui est présidé par Edouard Philippe, un homme en colère, on parlera d'ailleurs de lui, monsieur Estrosi, mais puisqu'on parle de colère...
00:13Il n'est pas le seul, hein.
00:14Vous êtes aussi en colère ce matin ?
00:16Oh, ça m'arrive.
00:17Est-ce que vous êtes en colère de constater qu'après les graves violences de samedi soir au total, sur 253 gardes à vue, monsieur le maire, il y a eu 29 comparutions immédiates et seulement 4 individus qui ont dormi derrière les barreaux.
00:28Êtes-vous en colère ce matin de voir que la journée des comparutions immédiates, hier, a été quasiment du même acabit que les précédentes journées, c'est-à-dire du sursis, des amendes qui seront certainement pas payées ?
00:39Alors, est-ce que vous êtes un homme en colère ?
00:40Oui, on voit bien que ce sont des décisions de justice qui ne suivent pas les interpellations faites par la police.
00:45Je suis heureux de voir qu'aujourd'hui, il y a un couple entre le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux, ministre de la Justice, qui aujourd'hui ont envie de faire avancer la machine ensemble, avec détermination et fermeté, parce qu'on ne peut plus accepter une telle situation.
01:03Par ailleurs, je m'étonne un peu parce que, vous voyez, il se trouve qu'en mars 2010, j'ai fait adopter une proposition de loi lorsque j'étais à la commission des lois,
01:14qui luttait contre les violences organisées en groupe, qui fixait un délit de participation à un groupement en vue de commettre violences, dégradations, etc.
01:28C'est une des rares lois de l'époque de la présidence de Nicolas Sarkozy, qui aujourd'hui n'a pas été annulée, elle est toujours là, elle existe, c'est-à-dire qu'il suffit qu'un individu casse une vitrine,
01:40et que toute la bande qui l'accompagne soit sanctionnable de la même punition.
01:48C'est l'agression bande organisée, tout simplement.
01:52Et je suis étonné qu'aujourd'hui, la justice ne se saisisse pas de ce qui est dans la loi pour pouvoir sanctionner plus largement.
02:00Vous êtes étonné, c'est-à-dire, monsieur Sarkozy, disons les choses, est-ce que certains magistrats, parce qu'il ne s'agit pas d'essentialiser, sont laxistes et ne se rendent pas compte aujourd'hui du niveau de violence dans notre société ?
02:10Je pense que chacun a assumé une part de responsabilité face à ces violences.
02:16C'est l'avenir de notre démocratie qui est fragilisée aujourd'hui.
02:21Donc, je comprends que, où que l'on soit, dans la fonction publique, dans des postes de responsabilité, dans la justice,
02:32on puisse avoir ses convictions et son idéologie personnelle.
02:35J'ai toujours été un peu surpris, d'ailleurs, que des magistrats puissent appartenir à un syndicat.
02:40Un syndicat de la magistrature, en l'occurrence.
02:42Mais, admettons-le, mais il y a un moment où l'intérêt général doit prévaloir, où on doit se dire, j'ai une part de responsabilité assumée pour qu'on ne casse plus dans mon pays.
02:52Responsabilité des magistrats et responsabilité du politique.
02:55Vous avez cité ce que vous avez mis en place, mais en ce moment, monsieur Struz, on voit bien, le gouvernement multiplie les propositions en faveur, notamment, des peines minimales.
03:03Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant ?
03:05Ça a été proposé par un parti, en l'occurrence le RN, et le Bloc Central ne l'a pas voté.
03:10C'était lors de sa niche parlementaire il y a quelques mois.
03:12Mais dites-moi, Sonia Mabouk, vous êtes une journaliste expérimentée, nous dirons.
03:19Ça commence comme ça, il y a un mai après, oui, je vous écoute.
03:22Vous ne vous souvenez pas qu'il y avait un député de la Commission des lois, en l'occurrence moi-même, en 2004,
03:30qui déposait une proposition de loi pour les peines planchées, avec un garde des Sceaux qui s'y était opposé au prétexte, Dominique Perben,
03:40que c'était inconstitutionnel.
03:42Et comme par hasard, lorsque j'étais dans le gouvernement du président Nicolas Sarkozy,
03:48eh bien, ce n'était plus inconstitutionnel, puisque nous l'avons fait adopter.
03:51Et lorsque vous me parlez de cette nouvelle proposition, naturellement, je ne peux qu'y être favorable,
03:57puisque en 2004, je déposais déjà une proposition de loi.
04:01Ce qui montre donc les fractures du Bloc Central.
04:03Je vois dans le parti auquel j'appartiens et dont je suis vice-président, aux côtés d'Edouard Philippe,
04:08que nous avons été, en 2023, les premiers, sur une proposition de loi déposée par Naïma Moutchou,
04:16à demander le rétablissement de ces peines planchées.
04:19Eh bien, voilà, ça n'a pas été adopté, ni soutenu par les uns, par les autres.
04:25Donc, vous voyez...
04:26Alors, quelle est la cohérence, monsieur le maire ?
04:28Faire des petits coups dans les appareils politiques que je déteste de plus en plus...
04:34Vous faites partie d'un Bloc Central, aujourd'hui ?
04:36Non, mais je fais partie d'un maire de France qui est excédé par tout ça.
04:40Moi, je suis au service de tous mes concitoyens.
04:43Je suis du parti de l'intérêt général et du bien public.
04:46Alors, parlons-en. Est-ce que les juridictions, certaines juridictions françaises et organisations administratives,
04:51eh bien, entendent l'intérêt général ?
04:54Je voudrais vous parler de ce qui s'est passé à Nice.
04:56La CNIL, la Commission nationale d'informatique et des libertés, exige que vous débranchiez,
05:02je l'explique à nos auditeurs et téléspectateurs,
05:04les caméras de surveillance algorithmiques mises en place devant les écoles.
05:07Je précise que depuis ces 2020, monsieur le maire,
05:09les écoles de la ville de Nice sont équipées de ce système qui est très sophistiqué de caméras.
05:14Le dispositif, évidemment, rassure les parents d'élèves et on peut les comprendre.
05:17Et la CNIL se retranche derrière la loi.
05:21C'est-à-dire que si vous ne respectez pas ce que dit la CNIL, vous seriez, vous, hors la loi ?
05:24Naturellement.
05:26D'ailleurs, je...
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